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mercredi 24 juin 2026

Le Pas du Monde du Collectif XY au Festival Montpellier Danse: la danse des rochers, des arbres, des montagnes....

On définit en général la danse comme l'art du mouvement. Tout ce qui est mouvement est danse pourrait-on dire en un raccourci rapide. Et le travail du Collectif XY qui nous présente Le Pas du Monde au Festival Montpellier Danse pourrait, dans la même démarche être considérée comme de la danse (et non du cirque comme une première approche qui considère la technique acrobatique comme base de ce collectif). Ils oeuvrent depuis plus de vingt ans dans un esprit d'ouverture en balayant large. Cependant, les vingt-deux artistes qui constituent cette troupe ne sont pas des danseurs, et pourtant le spectacle qu'ils proposent avec cette pièce apporte une certaine magie qui va plus loin que le simple spectacle de cirque et leur introduction avec une suite de traversées dont une en marche arrière nous alerte sur la liberté qu'ils prennent sur la perception. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier

Et la magie des constructions et métamorphoses qu'ils vont nous proposer tout au long de cette heure durant laquelle ils vont nous faire voyager à travers des paysages mouvants et imaginaires qu'ils construisent et déconstruisent dans une sorte de morphing humain. Avec eux, l'individu est au service d'une cause commune, une brique indispensable dans un tout qui nous raconte par exemple des transformations millénaires de montagnes qui se forment et s'érodent, de paysages qui grandissent et évoluent, de masses qui se constituent et coulent dans une totale fluidité, tout en souplesse et en surprises renouvelées. Il nous semble y découvrir des arbres qui grandissent, des sommets de hautes montagnes (le Cervin ?) qui se dressent par un jeu d'assemblage discret et complice. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier

Les performances acrobatiques et les sauts et chutes semblent couler de source et les mélopées et chansons qui soutiennent les numéros d'acrobatie les rendent naturelles et poétique, une poésie du geste de de la figure. Chaque membre de ce tout est naturellement à sa place ou la prend sans friction et sans heurt, dans une dynamique fluide et les constructions en hauteur où l'on arrive à des portés à trois personnes (et même quatre pour le bouquet final) se font tout en souplesse dans la construction et la déconstruction, très naturellement, comme coulant de source. 


Collectif XY - Le Pas du Monde - Photo: Fabrice-Dimier


Chaque personne, élément de ce rouage en perpétuelle évolution trouve sa place dans la mécanique générale et contribue à la magie des tableaux qui émergent, évoluent et se dissolvent, soutenus par les mélopées et les chants, quelques percussions et une escapade dans un univers peuplé d'une faune fantastique, apporte une touche plus humoristique pour clore ce voyage extraordinaire où l'on découvre la nature et ses métamorphoses sous un nouvel éclairage, qui nous fait à la fois danser les montagnes et valser des monstres sympathiques. Une expérience dépaysante et originale.


La Fleur du Dimanche


Le Pas du Monde

Montpellier - 24 et 25 juin 2026

Création : Collectif XY
Collectif en tournée : Airelle Caen, Alejo Bianchi, Alice Noël, Amaia Valle, Antonio Terrones y Hernandez, Cyril Héritier, Camille de Truchis, Clémence Gilbert, Consuelo Burgos Bustos, Denis Dulon, Diego Ruiz Moreno, Etienne Revenu, Florian Sontowski, Guillaume Sendron, Hamza Benlabied, Julie Calbete, Kritonas Anastasopoulos, Xavier Lavabre, Pedro Guerra, Raimon Mato Rabassedas, Raphaela Abreu Olivo de Almeida, Virginie Benoist
Direction musicale et composition vocale : Virginie Benoist
Création sonore : Jack McWeeny
Création lumière : Éric Soyer assisté d’Aliénor Lebert
Création costumes : Céline Perrigon assistée d’Ophélie Parmentier
Collaborations artistiques : Julie Calbete, Fanny Soriano, Maja Zimmerlin
Accompagnement dramaturgie : Olivia Burton
Direction de production : Antoine Billaud, Johanna Autran assisté(e)s d’Alicia Gicquel
Régie générale : Sébastien Hérouart
Régie son : Jack McWeeny, Aude Pétiard (en alternance)
Régie lumière : Aliénor Lebert, Clara Boulis Valence (en alternance)
Production : XY
Résidences : Le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle européen de création, Tandem, Scène nationale (Hippodrome de Douai), Le Bateau Feu, Scène nationale Dunkerque, Théâtre du Beauvaisis, Scène nationale, Beauvais, Le Volcan, Scène nationale du Havre, La Brèche – Cherbourg, Pôle national cirque en Normandie, Circa, Pôle national cirque, Auch
Coproductions : Le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle européen de création, Chaillot – Théâtre national de la Danse Paris, Maison de la danse Lyon, Le Volcan, Scène nationale du Havre, EPPGHV, Parc de La Villette Paris, Tandem, Scène nationale (Hippodrome de Douai), Théâtres de Compiègne, Maison de la Culture d’Amiens, Scène nationale, La Comédie de Clermont, Scène nationale, Clermont-Ferrand, Château Rouge, Scène conventionnée, Annemasse, Scène nationale Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles,Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale, Beauvais, Le Bateau Feu, Scène nationale Dunkerque, Scène nationale Albi – Tarn, Espace 1789 de Saint-Ouen, scène conventionnée pour la danse, Festival Roma Europa (Italie)
Aides et soutiens à la création : Ministère de la Culture au titre de l’aide nationale à la création pour les arts du cirque Région Hauts-de-France au titre de l’aide aux projets à rayonnement culturel et artistique
Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels
Remerciements : La ville de Puget-Théniers, La Carrière, école des arts du cirque Saint-Barthélemy d’Anjou
XY bénéficie du soutien du Ministère de la Culture, DRAC Hauts-de-France au titre du conventionnement pluriannuel. Depuis 2016, Le collectif est accompagné par la Fondation BNP-Paribas. Depuis 2017, le collectif est associé pour l’ensemble de ses projets par le Phénix scène nationale Valenciennes – Pôle international de production et de diffusion. Depuis 2021 il est également associé à Chaillot-Théâtre National de la Danse, Paris et depuis 2025 à la constellation de la Maison de la Culture d’Amiens.


dimanche 23 novembre 2025

Le calendrier 2026 de La Fleur du Dimanche arrive. Il sera chez vous avant Noël

 Ca y est, le Calendrier 2026 de La Fleur du Dimanche est arrivé. 

Sélectionné parmi plus de soixante-dix photos de fleurs soumises à votre jugement, j'ai fait le choix de celles ayant remporté vos suffrages et correspondant aux mois de l'année. Et comme d'autres photos ont également eu un grand succès, j'ai décidé de réaliser un deuxième calendrier et de vous proposer les deux. 

Ainsi, vous n'avez plus à choisir LA fleur qui va illustrer chaque mois, mais LE calendrier qui a votre préférence. Et si les deux vous plaisent, vous pouvez commander tous les deux ou offrir le deuxième à un parent ou un ami proche pour être sûr(e) de voir de temps en temps d'autres fleurs aimées. 


Voilà donc sans tarder le premier choix (le deuxième arrive très vite). 


Calendrier 2026 - Choix 1


Couverture

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Couverture - Clématites - Photo: Robert Becker

Janvier

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Chatons de noisetier - Photo: Robert Becker

Février

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Février - Fleurs de saule,  chatons - Photo: Robert Becker

Mars

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mars - Magnolia - Photo: Robert Becker

Avril

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Avril - Fleurs de pommier - Photo: Robert Becker

Mai 

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mai - Oeillets des Chartreux - Dianthus - Photo: Robert Becker

Juin

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juin - Ophris abeille - Photo: Robert Becker

Juillet

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juillet - Coquelicots - Photo: Robert Becker

Août

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Août - Nénuphars - Photo: Robert Becker

Septembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Septembre - Roses - Photo: Robert Becker

Octobre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Octobre - Berberi jaune - Photo: Robert Becker

Novembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Novembre - Clématite - Photo: Robert Becker

Décembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Décembre - Cornouiller sanguin - Photo: Robert Becker



Choix 2  - A venir


Couverture

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Couverture - Gaillarde ou Rudbeckia? - Photo: Robert Becker


Janvier

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Perce-neige - Photo: Robert Becker


Février

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Février - Chatons de saule - Photo: Robert Becker


Mars

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mars - Magnolias - Photo: Robert Becker


Avril

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Avril - Fleurs de pommier - Photo: Robert Becker


Mai 

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mai - Iris - Photo: Robert Becker


Juin

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juin - Tulipes - tulipa humilis - Photo: Robert Becker


Juillet

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juillet  - Bardane - Photo: Robert Becker


Août

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Août - Solanum rantonetti - Photo: Robert Becker

Septembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Septembre - Iris - Photo: Robert Becker


Octobre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Octobre - Astrance - Photo: Robert Becker


Novembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Novembre - Eglantine - Photo: Robert Becker


Décembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Décembre -Pommier du Japon ou Pommier Evereste ? - Photo: Robert Becker



Comme vous avez le choix, c'est à vous de décider: 

1. Du nombre de calendriers

2. De la version. 


Le résultat ? Un colis avec au moins un calendrier et le plaisir de l'accrocher chez vous.

Comment il arrive ? Par la Poste: tarif lettre suivie - livraison possible à Strasbourg et proche.... avec éventuellement un café partagé - c'est plus sympa.

Encore des questions ? Toujours un mail ou un commentaire ci-dessous.

Sinon, merci de compléter le formulaire de demande d'information complémentaire et de commande de votre Version choisie ; V1 ou V2 ou V1 et V2 en précisant derrière la Version le nombre de calendriers - Exemple:  V1 2 cal et V2 1 Cal  


Vive le Calendrier 2026 !


La Fleur du Dimanche

Mon mail: lafleurdudimanche [at] gmail [point] com


mardi 4 février 2025

Emily Loizeau au PréO pour son nouvel album La souterraine - Une voix haut debout et engagée

 Dix-huit ans après son premier album L'Autre Bout du Monde, son premier disque qui l'a fait connaitre, Emily Loizeau sort un nouvel album La Souterraine qui confirme son virage vers une musique plus électrique, avec un trio guitare, basse et batterie. Et c'est avec cette formation qu'elle donne un concert très généreux au PréO à Oberhausbergen. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Sur la gauche de la scène, un grand piano sur une caisse à roulette, drôle d'engin que l'on croirait encore en fabrication, à part la structure et la partie musicale, il n'y a pas d'habillage, mais au final quand elle en joue, la musique qui en sort est magnifique. Pour commencer, ses musiciens arrivent avec des lampes de poche et se positionnent sur la scène - Tomas Poli à la guitare et quelques synthétiseurs, côté gauche, Boris Boublil  à la basse et aux claviers au fond à droite et du côté droit à la batterie, Sacha Toorop - et mettent une ambiance pour annoncer l'arrivée de l'oiseau blanc, Emily, en robe blanche brodée et un haut doré qui se positionne derrière un clavier au milieu sur l'avant de la scène.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Elle démarre avec la première chanson Eclaire-moi qui nous éclaircit sur la mise en scène à laquelle nous venons d'assister. Cela commence cool comme la chanson suivante, toujours sur un rythme lent Je vois dans tes yeux, qu'elle interprète sur son "grand" piano. La troisième, presqu'un tube déjà, La route de Vénus la voit siffler la mélodie et nous permet de retrouver les belles caractéristiques de sa voix particulière qui peut aller autant dans les aigus bien soutenus et des sonorités qui vont chercher dans les graves qu'elle porte au fond de sa voix. La mélodie nous berce et les ritournelles s'immiscent insidieusement dans notre cerveau alors que nous nous laissons bercer par l'étoile du Berger.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Changement de rythme et de style avec Strong Enough, une chanson en anglais où elle est bien à l'aise, étant bilingue et binationale et où le groupe se laisse aller à des riffs de guitare et quelques éclats. Elle continue avec un mégaphone dans lequel elle chante des slogans en précisant s'adressant à la salle qu'il faut rester vigilant et sauvegarder la culture qui nous élève et nous relie.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Sur ce elle dresse elle-même deux tentes couvertes d'ombres de fleurs, et après un morceau instrumental, elle nous offre la chanson qui a donné son titre au disque La souterraine et qu'elle nous chante au piano, une très belle chanson qui parle de fête et de feu, sombre et lumineuse à la fois, qui nous entraine dans son élan.

"il semble que rien en nous arrête 
il semble que rien ne puisse  troubler la fête"

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Tout change avec I want to turn the volume down, chanson pour laquelle elle va se mettre à danser avec force et frénésie sur la scène, dans une chorégraphie habitée et sous des éclat de lumière stroboscopiques. La suite est également bien martelée, elle-même battant tambour, bien soutenue par Sacha Toorop et la guitare et la basse se faisant très électrique pour Stuck inside où elle martèle qu'elle entend des voix à l'intérieur d'elle.... 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Le chanson suivante, plus calme, toujours en anglais est en hommage à Elaha, une jeune réfugiée afghane de 14 ans pleine d'énergie, assez pour soutenir tout l'espoir de toute la famille qui migre et essaie de venir en Europe. C'est une chanson qu'elle a composé pour le film La vie devant elle que sa soeur Manon Loizeau a réalisé sur Elaha, avec des images que la jeune fille a également tournées et qui respirent le bonheur et l'espoir dans le malheur et les difficultés de leur vie.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Le tour de chant s'achève, comme le disque, avec la nostalgique chanson, cependant pleine d'espoir et de résilience, Ici commence la mer:

Laissons nos larmes
Irriguer les champs
Et nos yeux sécher dans le vent

Laissons nos rages
Tonner dans la nuit
De nos mains recueillons la pluie

Ici commence la mer
Le paradis sur terre
Nous avons la vie pour le faire

Laissons nos cœurs
Serrés et distants
Nos corps abîmés, chancelants

Laissons nos peaux
Comme le font les serpents
De nos yeux regardons devant

Ici commence la mer
Ici finit l'enfer
Nos peines seront passagères

Ici commence la mer
Le paradis sur terre
Nous avons la vie
Pour le faire.

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau descend de scène et vient s'immerger dans le public, comme pour prendre un bain de mer, cette mer qui est une ligne d'horizon de ses chansons, tout comme le bout du monde, les frontières, les autres, le vent, la nuit, les orages et les vagues. Les nuages, les rivières et les bouts du Monde... Elle est très consciente - et engagée - dans les actions pour sauvegarder la nature, les arbres, le climat, les animaux, les autres. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Elle a d'ailleurs invité des associations à tenir un stand, dont SOS Méditerranée, et pour le rappel, après une belle interprétation de Sur la route; elle chante s'accompagnant seule au piano une chanson pour les Sioux, Danser sur un volcan où elle dit: "La vie tient du miracle, Il en faudrait si peu pour l'abattre". Elle nous offre bien sûr en très beau cadeau - et sûrement beaucoup sont venus pour communier avec cette chanson - "L'autre bout du monde" avec sa voix inimitable qui nous emporte loin, très loin. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Et pour revenir sur terre et nous rappeler que celle-ci est à défendre et que nous aussi nous devons nous lever, elle nous y invite avec son orchestre et Rise, la musique qu'elle a fait pour le film La fabrique des pandémies qui pose un regard positif sur ce genre d'engagement. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker


Ainsi s'achève un très beau concert plein d'énergie, de sentiments et d'émotions, plein de découvertes aussi, avec une chanteuse qui fait son chemin depuis plus de quinze ans sans perdre sa foi et en se renouvelant, et dont l'énergie d'aujourd'hui s'exprime avec force et électricité.


La Fleur du Dimanche


Chant, piano : Emily Loizeau 
Basse, claviers : Boris Boublil 
Guitare : Thomas Poli 
Batterie : Sacha Toorop 
Régie générale : Nicolas Legendre 
Régie son/façade/retours : Sébastien Bureau 
Régie lumières : Laura Sueur / Lucas Delachaux 
Mise en scène : Julie-Anne Roth 
Scénographie : Salma Bordes Chorégraphie : Juliette Roudet 
Création lumières : Samaële Steiner

dimanche 9 juin 2024

Un songe, une nuit, l'été au Guensthal: jouir de la faveur magique de la vallée

Il est des rendez-vous qu'il ne faut absolument pas rater. Celui du Théâtre Forestier de la Vallée de la Faveur est de ceux-là. Depuis 2019 ils nous ont transportés dans cette vallée perdue dans la forêt des Vosges du "grand" Nord, et même en l'année 2020 ils nous ont servis Sauvage de Tchekhov, dont ils nous ont également gratifié du superbe Platonov. Ils nous ont présenté pour fêter dignement Molière et avec énergie un Scapin suivi d'un Misanthrope l'année dernière. Et pour Shakespeare, après York qui nous montrait ensemble Henri VI et Richard III en 2021, voici le magnifique Songe d'une nuit d'été dans la version Un songe, une nuit, l'été.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Cette pièce de Shakespeare parle aussi de rendez-vous. Mais ici ils sont tous ratés et c'est ce qui fait notre bonheur. Mais "tout est bien qui finit bien" comme aurait dit le grand William. La pièce est pleine de rebondissements et d'action, "de bruit et de fureur" pourrait-on aussi dire. Elle mélange les genres et il faut s'accrocher (aux branches de l'arbre généalogique) pour suivre les personnages. Tout commence sur un ton de comédie romantique non dénuée d'humour (l'amoureux qui se voit refuser la main d'Hermia par son père, Egée, propose à ce dernier d'épouser son futur gendre puisqu'il l'aime). 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La scène se passe à Athènes et tout en découvrant un premier cercle de personnages - les deux pères, la fille et ses deux prétendants, le promis, Démétrius et le spontané Lysandre, nous assistons à une belle joute verbale, très bien interprétée bien sûr par cette équipe de comédiens remarquables et qui ont l'habitude de travailler ensemble - on le sent au plaisir qu'ils prennent au jeu. Tout cela serait bien simple si Egée ne voulait pas, lui aussi se marier avec Hyppolite, mais ça ce n'est pas le plus grave, c'est qu'il y a aussi Héléna qui était amoureuse de Lysandre. Cela se corse quand le couple d'amoureux, contrecarrant les plans du père s'enfuit pour se marier ailleurs. Et nous voilà parti dans une course poursuite sans fin où les poursuivants et les poursuivis vont allégrement changer - mais ça c'est une autre histoire. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


En fait non, elle va juste apparaître plus tard. Laissons d'abord les artisans de la ville prendre place pour jouer une pièce de théâtre - du théâtre dans le théâtre effectivement. Et là, bien sûr nous allons, bien avant Brecht, avoir droit à un regard distancié sur le métier de comédien et quelques tableaux hauts en couleur et bien critiques des moeurs du spectacle et des spectateurs. En une sorte d'intermède ou d'interlude, nous naviguons entre le cirque et la comédie drolatique où ces comédiens-là vont faire preuve de naïveté ou d'autosatisfaction si ce n'est de mégalomanie pour ce qui est le cas de Nick Bottom, le personnage qui se targue de pouvoir jouer tous les rôles dans cette pièce, Pyrame et Thisbé, qui sera donnée en réjouissance à la fin. Notons que c'est Serge Lipszyc, fondateur de la compagnie du Matamore lui-même qui avec courage se charge de ce rôle. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Comme si cela ne suffisait pas pour embarquer le spectateur dans un tournis envoûtant, notre cher Shakespeare greffe là-dessus, comme l'indique le titre des séquences oniriques où nous sommes plongé dans le monde des fées et des esprits moqueurs et enchanteurs. Une vraie gageure pour les comédiens qui endossent allègrement un deuxième rôle à savoir le roi et la reine des esprits et toutes les fées, et, qui s'est perdu là-dedans - mais cela lui pendait au nez de par sa grande bouche - le tisserand Bottom qui par la magie de Puck (virevoltant et déconcertant Yann Siptrott) se retrouve affublé d'une tête d'âne et, de plus devenant par la sortilège de la fleur "pensée d'amour" enchantée par Cupidon l'objet de l'amour de la Reine des Fées selon la volonté moqueuse de son mari, le roi des fées, Obéron. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Obéron qui, pour s'amuser, et nous par conséquent, ne s'arrête pas à cette farce puisqu'il va également jeter un sort aux deux hommes qui vont successivement tomber eux aussi amoureux de celle qui était en dehors de l'histoire, à savoir Héléna (interprétée avec délicatesse mais aussi énergie par Magalie Ehlinger). Ce qui donnera à la fois de cocasses scènes de révolte de cette dernière, d'exubérant combats de coqs et de burlesques assauts de ces deux "traîtres en amour" par l'abandonnée Hermia qui ne se résout pas à son sort et s'accroche comme un pittbull bien que pas du tout à la hauteur de l'enjeu (elle se décrit elle-même "je suis si petite et si naine"), mais Emma Massaux qui l'interprète ne manque pas de force et de puissance. 


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


De l'énergie, les comédiens en ont à revendre car en plus des nombreuses courses pour aller se marier ailleurs ou suivre ou fuir l'amoureux aimé ou craint (les choses s'inversant au fil des épisodes), il vont encore nous démontrer leur vivacité - et la taille du domaine du Guensthal parce qu'ils vous apparaître au fin fond du paysage dans toutes les directions et qui en fait une des plus grande, sinon la plus grande scène d'Europe.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Nous n'arrêtons pas de basculer d'un univers onirique et magique, un rêve éveillé qui sied bien à ce décor magique de cette clairière isolée de tout à des entremets à la sauce comico-grotesque façon Commedia del'Arte auto-risée (dans le sens d'auto-moquée) avec tout un pan critique des moeurs de l'époque (statut et droits de la femme, marriages arrangés, indépendance,...) dans un théâtre classico-romantique. Le tout superbement rythmé et sans temps mort. L'entracte permettant à la fois de souffler un peu et d'échanger avec les autres spectateurs autour d'une bonne soupe, de délicieux fromages de la ferme voisine et d'un éventuel deuxième verre de très bon vin, le premier ayant été offert à l'arrivée pour nous récompenser d'avoir trouvé le chemin.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker

Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La troupe met les bouchées doubles, sinon triple si l'on prend en compte pour Bruno Journée son rôle de père d'Héléna, d'artisan et de lion (bien inoffensif) ou Isabelle Ruiz, à la fois charpentier et Prologue qui en fait trop (il raconte la pièce) mais aussi fée dans le Songe. Bruno Journée, à la fois, fée, truffe le rétameur et Thisbée nous offre un beau et comique (de répétition) suicide d'amour. Sophie Thomann en mur est très crédible et pas du tout décrépie (et pas décrépite). Muriel-Inès Amat nous éclaire de sa lunatique blancheur dans la nuit qui vient de tomber.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


Une note particulière aux costumes, que ce soient ceux des artisans et de la troupe de théâtre, bien dans le côté un peu clownesque que pour les personnages athéniens antiques et aussi celui du monde des fées, tous en noir qui va chercher dans le monde de la nuit. Le personnage de la reine des fées qu'incarne avec grâce Blanche Giraud-Beauregardt en est toute avantagée, tout comme ses fées. Elle est aussi bien valorisée dans ses multiples costumes comme Reine des Amazones. C'est également le cas de David Martins qui trône royalement à la fois sur la nuit, en Obéron bien allumé et le jour en Thésée autocrate mais magnanime et indulgent. Nous n'oublions bien sûr pas Yann Siptrott, l'électron libre de tout ce cirque, en grand ordonnateur et tireur de ficelles invisibles qui habite la scène et les lieux et transmet toute son énergie.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


A tous, nous disons un grand merci de nous offrir cette échappée hors du temps qui nous offre un regard amusé et critique sur nous et notre civilisation, maintenant et et perspective de l'époque élisabéthaine. Merci pour cette parenthèse nature où c'est la forêt qui fait office de micro et les vaches écossaises qui peuplent le décor. Et le soleil, quand il revient, nous éclaire de sa chaleur. Et la fraternité des spectateurs, favorisée par l'accueil des hôtes de cette terre, les Siptrott et toutes les personnes engagées dans cette aventure humaine qui nous rend humble.  Un rendez-vous indispensable, nécessaire, vital.


Un songe, une nuit, l'été - Guensthal - Compagnie du Matamore - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche. 


Un songe, une nuit, l'été


Tous les vendredis, samedis et dimanches du 8 juin au 7 juillet 2024 au Théâtre forestier du Guensthal

Création en salle du 14 au 19 janvier 2025 au Point d’Eau d’Ostwald


 Distribution : 

David Martins – Thésée (Duc d’Athènes) et Obéron (Roi des fées)

Muriel-Inès Amat / Blanche Giraud-Beauregardt – Hyppolite (reine des Amazones) et Titania (Reine des fées)

Patrice Verdeil – Egée (Père d’Hermia), Toile d’araignée (Fée au service de Titania) et Snut dit Le douillet (menuisier) / le lion dans l’intermède

Yann Siptrott – Philostrate (Maître des réjouissances) et Robin Goodfellow, dit Puck la caresse (Serviteur d’Obéron)

Charles Leckler –     (Jeune Athénien)

Geoffrey Goudeau – Démétrius (Jeune Athénien)

Emma Massaux – Hermia (fille d’Egée et Jeune Athénienne)

Magalie Ehlinger – Hélèna (Jeune Athénienne)

Isabelle Ruiz – Peter Quince dit Lecoing (charpentier) / prologue dans l’intermède et L’elfe (Fée au service de Titania)

Sophie Thomann – Tom Snout dit La truffe (rétameur) / mur dans l’intermède et Grain de moutarde (Fée au service de Titania)

Bruno Journée – Francis Flute (raccommodeur de soufflet) / Thisbé dans l’intermède et Phalène (Fée au service de Titania)

Serge Lipszyc – Nick Bottom (tisserand) / Pyrame dans l’intermède

Muriel-Inès Amat / Blanche Giraud-Beauregardt  – Fleur des pois (Fée au service de Titania) et Robin Starveling dit L’éflanqué (tailleur) / la lune dans l’intermède

Adaptation et mise en scène: Serge Lipszyc

Lumières: Jean-Louis Martineau

Scénographie: Sandrine Lamblin

Costumes: Maya Thébault