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mercredi 1 avril 2026

Bachar Mar Khalifé au PréO : un ilot de sérénité dans un monde meurtri

Bachar Mar Khalifé revient au PréO d'Oberhausbergen pour un nouveau concert intitulé Postludes, après son passage ici même en novembre 2022. C'est dans une salle pleine (le programme affichait complet depuis déjà un moment et l'on y a vu des personnes venant de loin, même d'Allemagne) que le musicien franco-libanais arrive sur scène sobrement et s'installe au clavier de son grand piano à queue noir pour nous emmener dans un voyage musical varié mais où son style à la fois épuré et son toucher précis et virtuose nous envoûte et nous transporte. 




Pour commencer la balade, il nous offre un air doux et nostalgique qui, en vagues mélodiques successives enflent et accélèrent, montent en puissance puis, comme une mer qui s'échoue sur la plage se calme pour mieux rebondir, repartir, puis nous poser en douceur sur le rivage. La suivante s'enroule en ritournelles joyeuses set mélodieuses qu'il dynamisent avec un instrument de percussion posé sur son piano et dont il joue d'une main tout en continuant à jouer du piano. Et c'est avec une interprétation magnifique de la chanson de Nirvana Something In The Way qu'il nous chuchote à l'oreille, puis nous chante presque en blues, qu'il continue de construire cette relation intime avec nous, dans une communion silencieuse. C'est presqu'une surprise de l'entendre dire le nom du groupe à la fin et de s'adresser à nous pour nous rappeler des souvenirs communs.




Son autre intervention, en introduction de la chanson suivante c'est la dédicace: "A mon pays lointain, à mon pays imaginaire, à mon pays meurtri". Il chante dans la belle langue de son pays, pays qu'il a dû quitter alors qu'il n'avait que six ans pour se réfugier en France. Il va aussi nous interpréter en écho une lumineuse version de la chanson de Christophe Les Paradis Perdus minimaliste et émouvante. Les notes du piano s'envolent claires et cristallines et l'on sent la concentration extrême du public. Rappelant qu'il adorait Christophe et qu'il avait enregistré un morceau avec lui, Jnoun* (folie en arabe) il l'interprète, laissant le fantôme de Christophe apparaître en se mettant dans le noir lorsqu'il interprète ses parties de chant. 

S'ensuivent quelques autres belles pièces au piano où Bachar Mar Khalifé prouve sa formidable qualité de jeu, son agilité, sa capacité de développer un thème, de le faire varier, d'explorer le piano à fond en nous ensorcelant de ses doigts agiles, de ses enroulements, de ses montées et descentes de gamme, de ses poussées en rythme et de sa formidable capacité de nous redéposer à terre après nous avoir projeté à mille mètres au-dessus du sol. 




Avant de finir sur un ton plus grave, tout d'abord sur un extrait de poème de Khalil Gibran sur lequel il explore aussi le registre des basses de son piano:

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Et puis, s'effaçant pour devenir une ombre, il chante un air en soutien de son peuple et de sa Patrie: Mawtini, chanson qu'il fredonne ensuite sans paroles, presque dans le noir et qu'il donne à la salle qui la reprend avec lui en fraternité et avec empathie.
C'est à contrejour qu'il continue d'explorer son piano, poussant les limites du jeu, le transformant en instrument de percussion puis en synthétiseur, plongeant carrément dans le coeur de l'instrument et nous  submergeant de sons à foison. Au point que le public lui fait un salut triomphal. Cela vaut un double bonus en rappel, dont le premier, comme un hommage à sa mère qui jouait du Chopin, la nuit, au début de ses années en France et dont il interprète une Variation.Variation dont il construit sa propre improvisation en nous ramenant à la musique d'aujourd'hui. Puis, en final, une chanson traditionnelle en arabe qu'il interprète au piano et aux percussion avec énergie. Pour finir, il conclut avec cette capacité magique qu'il a, d'à la fois nous emporter dans des hauteurs incroyables et de nous ramener rassénérés et apaisés sur terre, en nous laissant dans nous coeurs de très belles émotions et sensations que nous gardons bien au chaud en sortant dans la nuit encore bien fraîche de cette belle pleine lune "rose" d'avant Pâques.


La Fleur du Dimanche.


*Mon appareil photo ayant fait défaut, je vous offre en cadeau, une interprétation de Bachar Mar Khalifé et de Christophe de Jnoun.




Et comme "il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous", à l'instant où je vous écris, de l'autre bout du monde, en Malaisie, un ami m'envoie de Penang cette photo en direct (transmission de pensée....) que je vous offre aussi:


Lune rose de Claude Debeauvais




mardi 4 février 2025

Emily Loizeau au PréO pour son nouvel album La souterraine - Une voix haut debout et engagée

 Dix-huit ans après son premier album L'Autre Bout du Monde, son premier disque qui l'a fait connaitre, Emily Loizeau sort un nouvel album La Souterraine qui confirme son virage vers une musique plus électrique, avec un trio guitare, basse et batterie. Et c'est avec cette formation qu'elle donne un concert très généreux au PréO à Oberhausbergen. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Sur la gauche de la scène, un grand piano sur une caisse à roulette, drôle d'engin que l'on croirait encore en fabrication, à part la structure et la partie musicale, il n'y a pas d'habillage, mais au final quand elle en joue, la musique qui en sort est magnifique. Pour commencer, ses musiciens arrivent avec des lampes de poche et se positionnent sur la scène - Tomas Poli à la guitare et quelques synthétiseurs, côté gauche, Boris Boublil  à la basse et aux claviers au fond à droite et du côté droit à la batterie, Sacha Toorop - et mettent une ambiance pour annoncer l'arrivée de l'oiseau blanc, Emily, en robe blanche brodée et un haut doré qui se positionne derrière un clavier au milieu sur l'avant de la scène.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Elle démarre avec la première chanson Eclaire-moi qui nous éclaircit sur la mise en scène à laquelle nous venons d'assister. Cela commence cool comme la chanson suivante, toujours sur un rythme lent Je vois dans tes yeux, qu'elle interprète sur son "grand" piano. La troisième, presqu'un tube déjà, La route de Vénus la voit siffler la mélodie et nous permet de retrouver les belles caractéristiques de sa voix particulière qui peut aller autant dans les aigus bien soutenus et des sonorités qui vont chercher dans les graves qu'elle porte au fond de sa voix. La mélodie nous berce et les ritournelles s'immiscent insidieusement dans notre cerveau alors que nous nous laissons bercer par l'étoile du Berger.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Changement de rythme et de style avec Strong Enough, une chanson en anglais où elle est bien à l'aise, étant bilingue et binationale et où le groupe se laisse aller à des riffs de guitare et quelques éclats. Elle continue avec un mégaphone dans lequel elle chante des slogans en précisant s'adressant à la salle qu'il faut rester vigilant et sauvegarder la culture qui nous élève et nous relie.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Sur ce elle dresse elle-même deux tentes couvertes d'ombres de fleurs, et après un morceau instrumental, elle nous offre la chanson qui a donné son titre au disque La souterraine et qu'elle nous chante au piano, une très belle chanson qui parle de fête et de feu, sombre et lumineuse à la fois, qui nous entraine dans son élan.

"il semble que rien en nous arrête 
il semble que rien ne puisse  troubler la fête"

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Tout change avec I want to turn the volume down, chanson pour laquelle elle va se mettre à danser avec force et frénésie sur la scène, dans une chorégraphie habitée et sous des éclat de lumière stroboscopiques. La suite est également bien martelée, elle-même battant tambour, bien soutenue par Sacha Toorop et la guitare et la basse se faisant très électrique pour Stuck inside où elle martèle qu'elle entend des voix à l'intérieur d'elle.... 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Le chanson suivante, plus calme, toujours en anglais est en hommage à Elaha, une jeune réfugiée afghane de 14 ans pleine d'énergie, assez pour soutenir tout l'espoir de toute la famille qui migre et essaie de venir en Europe. C'est une chanson qu'elle a composé pour le film La vie devant elle que sa soeur Manon Loizeau a réalisé sur Elaha, avec des images que la jeune fille a également tournées et qui respirent le bonheur et l'espoir dans le malheur et les difficultés de leur vie.


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Le tour de chant s'achève, comme le disque, avec la nostalgique chanson, cependant pleine d'espoir et de résilience, Ici commence la mer:

Laissons nos larmes
Irriguer les champs
Et nos yeux sécher dans le vent

Laissons nos rages
Tonner dans la nuit
De nos mains recueillons la pluie

Ici commence la mer
Le paradis sur terre
Nous avons la vie pour le faire

Laissons nos cœurs
Serrés et distants
Nos corps abîmés, chancelants

Laissons nos peaux
Comme le font les serpents
De nos yeux regardons devant

Ici commence la mer
Ici finit l'enfer
Nos peines seront passagères

Ici commence la mer
Le paradis sur terre
Nous avons la vie
Pour le faire.

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau descend de scène et vient s'immerger dans le public, comme pour prendre un bain de mer, cette mer qui est une ligne d'horizon de ses chansons, tout comme le bout du monde, les frontières, les autres, le vent, la nuit, les orages et les vagues. Les nuages, les rivières et les bouts du Monde... Elle est très consciente - et engagée - dans les actions pour sauvegarder la nature, les arbres, le climat, les animaux, les autres. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Elle a d'ailleurs invité des associations à tenir un stand, dont SOS Méditerranée, et pour le rappel, après une belle interprétation de Sur la route; elle chante s'accompagnant seule au piano une chanson pour les Sioux, Danser sur un volcan où elle dit: "La vie tient du miracle, Il en faudrait si peu pour l'abattre". Elle nous offre bien sûr en très beau cadeau - et sûrement beaucoup sont venus pour communier avec cette chanson - "L'autre bout du monde" avec sa voix inimitable qui nous emporte loin, très loin. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker

Et pour revenir sur terre et nous rappeler que celle-ci est à défendre et que nous aussi nous devons nous lever, elle nous y invite avec son orchestre et Rise, la musique qu'elle a fait pour le film La fabrique des pandémies qui pose un regard positif sur ce genre d'engagement. 


Emily Loizeau - Le PréO - Photo: Robert Becker


Ainsi s'achève un très beau concert plein d'énergie, de sentiments et d'émotions, plein de découvertes aussi, avec une chanteuse qui fait son chemin depuis plus de quinze ans sans perdre sa foi et en se renouvelant, et dont l'énergie d'aujourd'hui s'exprime avec force et électricité.


La Fleur du Dimanche


Chant, piano : Emily Loizeau 
Basse, claviers : Boris Boublil 
Guitare : Thomas Poli 
Batterie : Sacha Toorop 
Régie générale : Nicolas Legendre 
Régie son/façade/retours : Sébastien Bureau 
Régie lumières : Laura Sueur / Lucas Delachaux 
Mise en scène : Julie-Anne Roth 
Scénographie : Salma Bordes Chorégraphie : Juliette Roudet 
Création lumières : Samaële Steiner

mercredi 17 avril 2024

Clara Ysé au PréO: Une voix dans la nuit chante le feu et éclaire l'amour

 Dans sa tournée française où elle présente son nouvel album Oceano Nox, Clara Ysé fait deux étapes en Alsace, la première, avant le Noumatrouff à Mulhouse, a lieu au PréO à Oberhausbergen, une salle à échelle humaine avec un public qu'elle comble plus qu'espéré (voir la fin du billet).


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Le disque et la tournée sont placés sous le signe de Virgile et d'un vers de l’Énéide: 

Et ruit Oceano Nox / Et la nuit s’élance de l’océan.

Cela parle de la Guerre de Troie, mais regarde aussi du côté de Victor Hugo et de son poème qui a chanté les marins disparus:

Oceano Nox
 
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ?

 Son inspiration, pour ne pas dire le déclic qui l'a peut-être aussi poussée à devenir  chanteuse, c'est aussi cet océan, plutôt cette mer qui lui a volé sa mère Anne Dufourmantelle. Cet océan, qu'elle appelle même dans les chansons d'amour: 

Ensemble souviens-t-en, nous vécûmes un amour enivrant
Et j'ai gardé brûlant, en moi ton océan


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Et comme vous pouvez le constater, la mer n'est pas très éloignée du feu. Parce que Clara Ysé est extrême, autant dans ses sentiments, dans sa poésie que dans sa voix. Le feu, tout comme l'eau, s'embrasent, la nuit s'oppose au jour, sa douceur se fait violence: 

Si tu savais la haine qui coule dans mes veines, 
Tu aurais peur, tu aurais peur (Douce)


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Ses titres, comme PyromaneMagicienne, Souveraine sont pleins d'énergie, de poésie aussi. Ses vers, tout en rimes qui résonnent et se répètent, en ritournelles entêtantes, s'insinuent dans notre esprit, nous vrillent, nous hypnotisent. Et sa voix, tout aussi extrême nous emporte dans des mondes autres, un espace imaginaire. Ses intonations qui lorgnent autant dans la clarté de la diction de Barbara que d'intonations plus graves, profondes et ondulantes, font le grand écart avec des suraigus sans effort.


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Tout comme ses différents styles d'écriture qui, ancrés dans une technique classique impeccable, une voix posée idéalement, presque de cantatrice, ou de choeurs polyphoniques, va également s'inspirer des chansons populaires grecques ou espagnoles ou arabisante (Le Desert)- Elle nous offre aussi en V.O. une très belle version de La Llorona


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Quand elle chante, elle a la grâce d'une danseuse de flamenco et le délié d'une danseuse classique. Beaucoup de ses chansons sont très dansantes et en dehors de ses douleurs et doutes, de son deuil (Lettre à M., La Maison), elle chante avec passion et force l'Amour, heureux ou perdu. Elle maîtrise totalement le rythme de ses chansons, sachant ménager les silences et pour son tour de chant elle s'est entourée d'une belle équipe: à la guitare Ingrid Samitier, toute en délicatesse mais capable de pousser les distorsions avec de magnifiques soli, à la batterie Philippe Boudot qui donne le rythme sans frapper trop fort, aux claviers et aux synthés Rémy Fanchin qui fait de superbes accompagnements et, au saxophone, ronronnant à souhait, surtout quand il joue à souffle continu, le discret Peter Corser. Ses musiciens font aussi très discrètement les choeurs de quelques chansons.


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Vers la fin du concert Clara Ysé se présente seule avec sa guitare acoustique (sa mère lui a offert une guitare à 13 ans, alors qu'elle avait suivi des cours de violon dès ses 4 ans puis de chant lyrique exceptionnellement déjà à 8 ans) pour un moment d'intimité et de musique partagée. 


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Et en rappel, au bout d'une belle heure et demie de concert, après une dernière chanson, elle descend dans la salle et, en compagnie du public, chante à capella avec tout le monde, à l'unisson, preuve que ses fans sont très actifs.


Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker

Clara Ysé - Oceano Nox au PréO - Photo: Robert Becker


Même que, quand elle est dans les coulisses, avant de retrouver les fans pour dédicacer ses disques, une partie du public continue de chanter.

Et pour votre plaisir, en souvenir, je vous offre un petit bout de ce moment mémorable:

 :

Merci Clara Ysé, merci le public !


La Fleur du Dimanche 

samedi 24 février 2024

Weepers Circus au PréO : Tous ensemble en fanfare, ce n'est pas du cirque

Le groupe Weepers Circus a l'habitude de brasser large. On leur connait des collaborations avec des artistes, des chanteuses (Olivia Ruiz, Juliette, Juliette Gréco, Caroline Loeb,...), des chanteurs rock (Mathias Malzieu, Serge Bégout, Jean Fauque,...) des comédiens (Jean Rochefort, Jean-Claude Carrière,..) des auteurs, et même des politiciens (Michel Rocard). Ils ont fait des concerts, des spectacles pour petits et grands, des disques, des livres-disques, des hommages à des musiciens (dont Brassens). Ils ont fait des tournées avec l'Orchestre Symphonique des Jeunes de Strasbourg et même avec l'Orchestre Symphonique de Strasbourg.


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


Pour cette soirée au PréO, c'est dans une configuration originale également que nous les retrouvons. Avec l'Harmonie municipale de Reichshoffen dirigée avec élan par Marc Albert, le mariage est heureux. Ce sont les vents, les cuivres et quelques percussions qui donnent le ton, un ton enjoué, envoutant même. Les musiciens amateurs (comme l'a énoncé avec humour Christian Houllé, "entre deux concerts, eux travaillent") nous ont emmenés dans une bonne ambiance, rejoints par le saxophone de Denis Léonhardt, la basse de Franck George et le synthé de Christian Houllé.


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


Et c'est parti pour une bonne heure et demie de concert, enchaînant les morceaux récents, plus contemporains, un peu électro, ou franchement rythmés avec des bonnes variations de synthé, ou des chansons plus anciennes, avec, entre autres L'oiseau de Paradis, L'ombre et la demoiselle, Tout le monde chante, Le président de la Lune, et bien d'autres encore. Pour les reprises - presque timide - des "anciennes", l'on retrouve le côté plus folk ou musique ethnique ou festive, les airs plus dansants ou même orientalisants.


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker

Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


Les trois mousquetaires se relaient pour alterner les chansons ou les solos et même le batteur Alexandre Goulec Bertrand a droit à son tour de chant avec une composition rythmée et rapide. Denis Léonhardt nous envoûte de ses magnifiques variations à ses saxophones. Franck George jonglant entre basse et violoncelle, fait de même au chant, entre des confidences plus graves et des airs chantés plus dans les aigus. 


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker

Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


On sent vraiment une très belle complicité et une unité dans la troupe, même avec le discret Mathieu Pelletier à la guitare. C'est aussi à l'ukulélé que Franck George commence tout seul une très belle chanson émouvante, rejoint par le groupe, et l'Harmonie pour finir. Belle montée en puissance. 


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker

Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


L'équilibre entre l'orchestre d'Harmonie et le groupe est impeccable, la distribution de jeu, ensemble ou chacun pour leur tour de piste, est impeccable et fait de cette soirée un moment mémorable qui a même permis au public jeune et moins jeune de pousser également la chansonnette ou plutôt des variations pour lesquelles il s'est très bien débrouillé. 


Weepers Circus - le Préo - Photo: Robert Becker


Les textes des chansons passent d'une style qui pourrait presque être des comptines à des textes de pure poésie, quelquefois un peu ténébreux ou énigmatique. Mais les spectateurs sont comblés et pour le rappel ils ont droit non pas à une ou deux, mais à toutes une série de chansons qui ainsi terminent la soirée en apothéose, pas en pleurant mais dans une joie contagieuse.


La Fleur du Dimanche