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dimanche 23 novembre 2025

Le calendrier 2026 de La Fleur du Dimanche arrive. Il sera chez vous avant Noël

 Ca y est, le Calendrier 2026 de La Fleur du Dimanche est arrivé. 

Sélectionné parmi plus de soixante-dix photos de fleurs soumises à votre jugement, j'ai fait le choix de celles ayant remporté vos suffrages et correspondant aux mois de l'année. Et comme d'autres photos ont également eu un grand succès, j'ai décidé de réaliser un deuxième calendrier et de vous proposer les deux. 

Ainsi, vous n'avez plus à choisir LA fleur qui va illustrer chaque mois, mais LE calendrier qui a votre préférence. Et si les deux vous plaisent, vous pouvez commander tous les deux ou offrir le deuxième à un parent ou un ami proche pour être sûr(e) de voir de temps en temps d'autres fleurs aimées. 


Voilà donc sans tarder le premier choix (le deuxième arrive très vite). 


Calendrier 2026 - Choix 1


Couverture

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Couverture - Clématites - Photo: Robert Becker

Janvier

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Chatons de noisetier - Photo: Robert Becker

Février

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Février - Fleurs de saule,  chatons - Photo: Robert Becker

Mars

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mars - Magnolia - Photo: Robert Becker

Avril

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Avril - Fleurs de pommier - Photo: Robert Becker

Mai 

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mai - Oeillets des Chartreux - Dianthus - Photo: Robert Becker

Juin

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juin - Ophris abeille - Photo: Robert Becker

Juillet

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juillet - Coquelicots - Photo: Robert Becker

Août

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Août - Nénuphars - Photo: Robert Becker

Septembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Septembre - Roses - Photo: Robert Becker

Octobre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Octobre - Berberi jaune - Photo: Robert Becker

Novembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Novembre - Clématite - Photo: Robert Becker

Décembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Décembre - Cornouiller sanguin - Photo: Robert Becker



Choix 2  - A venir


Couverture

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Couverture - Gaillarde ou Rudbeckia? - Photo: Robert Becker


Janvier

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Janvier - Perce-neige - Photo: Robert Becker


Février

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Février - Chatons de saule - Photo: Robert Becker


Mars

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mars - Magnolias - Photo: Robert Becker


Avril

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Avril - Fleurs de pommier - Photo: Robert Becker


Mai 

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Mai - Iris - Photo: Robert Becker


Juin

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juin - Tulipes - tulipa humilis - Photo: Robert Becker


Juillet

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Juillet  - Bardane - Photo: Robert Becker


Août

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Août - Solanum rantonetti - Photo: Robert Becker

Septembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Septembre - Iris - Photo: Robert Becker


Octobre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Octobre - Astrance - Photo: Robert Becker


Novembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Novembre - Eglantine - Photo: Robert Becker


Décembre

Calendrier 2026 - La Fleur du Dimanche - Décembre -Pommier du Japon ou Pommier Evereste ? - Photo: Robert Becker



Comme vous avez le choix, c'est à vous de décider: 

1. Du nombre de calendriers

2. De la version. 


Le résultat ? Un colis avec au moins un calendrier et le plaisir de l'accrocher chez vous.

Comment il arrive ? Par la Poste: tarif lettre suivie - livraison possible à Strasbourg et proche.... avec éventuellement un café partagé - c'est plus sympa.

Encore des questions ? Toujours un mail ou un commentaire ci-dessous.

Sinon, merci de compléter le formulaire de demande d'information complémentaire et de commande de votre Version choisie ; V1 ou V2 ou V1 et V2 en précisant derrière la Version le nombre de calendriers - Exemple:  V1 2 cal et V2 1 Cal  


Vive le Calendrier 2026 !


La Fleur du Dimanche

Mon mail: lafleurdudimanche [at] gmail [point] com


mercredi 12 novembre 2025

Un petit tour à Paris Photo: La photo majuscule

 Paris Photo avec ses 28 ans de présence à Paris, après avoir débuté au Carrousel du Louvre prend cette année la suite de Art Basel Paris avec plus de 220 exposants de 33 pays, 179 galeries et 43 éditeurs - plus de 1300 artistes représentés, c'est dire que faire le tour de tout cela est un travail de Titan. Je vous propose un parcours aléatoire, picorant de ci de là, entre découverte et artistes plus connu(e)s. Je vais vous les présenter - et les compléter au fur et à mesure - par ordre alphabétique.



Alia Ali

Alia Ali, artiste yemeni-bosniaque-Etas-unienne est née en Autriche mais vit entre la Nouvelle Orléan, Paris, Marrakech et Jaipur. Elle fait une résidence grâce à une bourse de Art Jameel au Victoria & Albert Museum à London. Son travail couvre à la fois la photographie, les installations et interroge autant le langage, que la colonisation, le sexisme, le racisme et les clichés. Elle expose à la galerie Loft Art son travail sur le textile.

Paris Photo - Alia Ali - Galerie Loft Art - Photo: Robert Becker


Maud Arsenault

Le travail de la Canadienne Maud Arsenault est à voir dans le détail - par exemple pour la photo ci-dessous, Bouquet, des draps pliés, son délicat travail de broderie de fils d'or ne se voit que si vous regardez de très près. Elle est présentée par la galerie écho 119 à Paris


Maud Arsenault - Bouquet -Galerie écho 119


Hiba Baddou

Hiba Baddou, artiste marocaine, née en 1997 a fait des études de cinéma puis l'académie Julian. Elle vit à Paris et a obtenu le prix Art for Change 2024 de M&C Saatchi avec son court métrage Paraboles. Elle présente avec la galerie Loft Art où l'on a aussi vu Alia Ali sa Dakar's Série:


Paris Photo - Hiba Baddou - Dakar's Series - Galerie Loft Art

Paris Photo - Hiba Baddou - Dakar's Series - Galerie Loft Art


Johanna Calle

La Colombienne Johanna Calle expose à la galerie parisienne Tuluca un travail très orienté graphique, utilisant la photo, le matériau comme outil d'expression la photo Architecturas par exemple est recouverte de vernis à ongles de différentes couleurs.


Johanna Calle - Architecturas -Galerie Toluca


 Hisaji Hara 

L'artiste japonais, né à Tokyo en 1964 et parti aux Etas-Unis en 1993 est retourné au pour travailler comme directeur de la photo à la télévision est retourné au Japon en 2001. Il avait vu un livre sur Balthus quand il était étudiant et c'est suite un avoir littéralement rêvé d'un tableau de Balthus en 2005 qu'il a commencé sa série "After Balthus" où il remet en scène avec son humour japonais quelques peintures du Maître disparu en 2001. C'est la Galerie Three Shadows +3 de Pékin qui la présente.


Paris Photo - Hisaji Hara - After Balthus - Galerie Three Shadows +3


Alma Haser 

L'artiste Alma Haser, née en Forêt-Noire et vivant en Angleterre ne manque pas d'humour et sur le stand de The Photograper's Gallery elle présente des photos avec des structures en papier plié comme des origamis.


Paris Photo - Alma Haser - The Photograper's Gallery 

Paris Photo - Alma Haser - The Photograper's Gallery 

Paris Photo - Alma Haser - The Photograper's Gallery 



Mari Katayama

L'artiste japonaise Mari Katayama, née en 1987 avec des malformations de jambes et de la main gauche s'interroge deuis sa jeunesse sur son rapport avec son corps. A neuf ans elle décide de se faire amputer des deux jambes et de mettre des prothèses. Son travail photographique est pour elle "une tentative d'objectiver mon propre corps insaisissable à travers les actes de mesurer, démonter et reconstituer. Les objets qui remplissent la zone de sécurité qu’est ma chambre lui donnent l'aspect d'une armurerie."

Paris Photo - Mari_Katayama - Galerie Suzanne Tarasiève


Justine Kurland 

Née à Warsawn New-York, a un parcours photographique où elle travaille par séries, des portraits de jeuens filles, des friches, des trekkers marchant nus (qui ont donné lieu à une novelle et un film), des femmes enceintes (lorsqu'elle l'a été à, des trains (quand son fils s'y est intéressé. Voici sa dernière série chez Higher Picture de New-York.


Justine Kurland - Trout and Fly - Galerie Higher Picture

Justine Kurland - Still Life with Squid - Galerie Higher Picture


Agnès Varda

On ne présente plus la cinéaste et plasticienne Agnès Varda. Elle faisait aussi de la photo et donc voici une Nature morte aux tulipes et aux fruits avec un vase de Valentine Schlegel et un carreau d'Andrée Vilar (vers 1955), à la galerie Nathalie Obadia: 

Agnès Varda - Nature morte aux tulipes et aux fruits - Galerie Nathalie Obadia



Et pour changer d'approche, une vision du point de vue des galeristes:


Galerie Maubert

Le choix de la galerie Maubert avec ses artistes "historiques": Agnès Geoffray et Les Chutes Séries (L'échappée et L'abandonnée),  Arnaud Lesage et ses Anatopées et Payram et son travail sur le Moyen-Orient : les polaroïds Chanson orientale:


Paris Photo - Agnès Geoffray Les Chutes Séries - Galerie Maubert

Paris Photo - Arnaud Lesage - Anatopées - Galerie Maubert

Paris Photo - Payram - Chanson orientale - Galerie Maubert


 

A suivre....


La Fleur du Dimanche 

vendredi 1 septembre 2023

Le Temps des Ardoises est arrivé: laissez libre cours à votre imagination

 C'est la rentrée, bientôt,... En tout cas c'est la rentrée culturelle et la première exposition de la saison frappe fort.

Sandra Blum dans sa nouvelle et jeune, mais déjà reconnue galerie éponyme accueille 52 artistes qu'elle a invité(e)s, avec Michel Déjean et Catherine Gangloff, les commissaires à l'origine de la réactivation du projet "Ardoises" dont certains se rappellent peut-être encore la première manifestation organisée par l'association le Faisan(t) au début des années 90.

C'est donc "Le Temps des Ardoises" qui s'ouvre aujourd'hui à 18h00 avec le vernissage et qui va durer jusqu'au 23 septembre - du mercredi au samedi - dans la galerie 6 rue des Charpentiers, entre la place Broglie et la rue des Juifs. L'exposition est aussi ouverte exceptionnellement le dimanche 3 septembre en pré-rentrée. 



Ce sont donc 52 artistes* qui ont chacun et chacune reçu deux ardoises pour les interpréter à leur façon. Je vous laisse les découvrir. Pour ma part, je vous annonçais le 20 août dans mon billet "Une page blanche, un tableau blanc, ou noir, une ardoise pour laisser parler les images et poser les mots derrière" que cette sollicitation a été l'occasion pour moi de concrétiser - sur ardoise - le projet "Derrière l'image" qui mûrit depuis quelques années. Vous verrez d'ailleurs dans l'exposition une oeuvre "Purity - Secret" dont la matière date du 28 avril 2016. 




Pour piquer votre curiosité, mais également vous donner quelques pistes de lecture et de vision de ce travail, et sans trop vous dévoiler le mystère, je vous rappelle que ce travail interroge le rapport du texte et de l'image, questionne les images et leur contexte "texte" en vous laissant visible ce qui "illustre" (une photo ou un dessin dans une publication) et occultant (en les cachant dans un premier temps) les textes, mots, phrases, pistes à suivre. Ces textes, citations, relations qui se tissent autour et même derrière l'image sont "extraites", tamisées, sélectionnées pour essayer d'arriver à une sorte de concaténation de pensées, de sagesse ou d'interrogations. Cet amalgame vous permettra d'explorer par vous-même le fond de la pensée (ou de ces pensées qui s'enrichissent les unes les autres) et, ainsi, créeront de nouveaux chemins de réflexions, de relations, d'échanges, à expérimenter.

Interroger à la fois l'image et le texte, sa production, sa diffusion, sa réception, en rendant ainsi le spectateur (vous), regardeur et lecteur, actif (si vous le voulez bien). Sinon passez votre chemin. Mais j'imagine que vous êtes suffisamment curieux - curieuses pour résoudre ces petites énigmes illustrées dont vous avez chacun, chacune une réponse.

Et cela fait du bien aussi de s'arrêter un moment et de regarder une image et d'imaginer..

ou de lire des mots et de délirer (dans le bon sens du terme).

Alors à bon entendeur, salut et à bientôt

Pour vous en donner une idée et l'envie de voir l'original, je vous renvoie vers la fiche descriptive de la première ardoise que j'ai réalisée et qui s'appelle "L'Annunciata - Peindre avec les mots" (cliquez sur le lien).

L'Annunciata -Peindre avec les mots - Robert Becker


Et "Purity - Secret":

Derrière l'image - Purity - Secret - Robert Becker



La Fleur du Dimanche


* La liste des artistes: 52 artistes ont réinterprétés l’ardoise d’écolier.

Commissaires d’exposition Catherine Gangloff et Michel Dejean

Corinne Albrecht – Alfred Angeletti – Emmanuel Antoine – Patrick Bastardoz – Robert  Becker – Marine Bourgeois – Christiane Bricka – Anne Bulliot – Geneviève Charras – Philippe Charvolin – Nicolas Clair – Roger Cochard – Rose-Marie Crespin – Louis Danicher – Benoit Deck – Camille Dejean – Michel Dejean – Daniel Depoutot – Solene Dumas – Catherine Gangloff – Marie-Amélie Germain – Kevin Helan – Valérie Graftieaux – Antoine Halbwachs – Veronique Hauss-Jbil – Emmanuel Henninger – Erwin Heyn – Denis Jully – Klaus Kadel – Sylvie  Lander – Claude Lory – Dominique Lutringer – Kim Lux – Gabriel Micheletti – Hafid Mourbat – Suzanne  Obrecht – Marielle Paul – Jérôme Pergolesi – Pascal-Henri Poirot – Lucia Reyes – Germain Roesz – Chris Rul – Anna Sadler – Patrick Sadler – Franco Salas Borquez – Jean-Marc Scanreigh – Reza Seyfi Zoubaran – Robert Stephan – Jacques  t’Kindt – Alain Tanguy – Raymond E. Waydelich – Nini Yu



dimanche 18 juillet 2021

De la gaillarde à la camarde, il n'y a qu'un pas

 Cela fait bien longtemps que je ne vous ai écrit hors exposition concert et spectacle. Je ne vous ai même pas salué pour la Fête Nationale. A vrai dire c'est depuis deux mois et deux jour (le 16 mai avec le "Soi" et le "Dasein") avec l'écriture de soi que j'ai lâché, tout comme les gaillardes du jour qui ne le sont plus trop et peinent sous la pluie:

Gaillarde pas gaillarde - Photo: lfdd


Mais certains souvenirs ressurgissent et la disparition de Christian Boltanski qui jouait avec la mort et de retomber sur un texte que j'avais écrit pour la disparition d'Alain m'ont incité à partager avec vous ces deux récits.

D'abord Boltanski. Vous connaissez peut-être son travail sur la mémoire et la mort et avez peut-être entendu qu'il avait "vendu" sa vie à un collectionneur, David Walsh qui l'exposait dans son Museum of New and Old Art (MONA) à Hobart en Tasmanie. 


Ceci n'est pas un pissenlit - Photo: lfdd


Depuis 2010, trois caméras filmaient l'atelier de Christian Boltanski et envoyaient les images à David Nash qui les difusait dans son musée et payait une personne pour enregistrer cela sur DVD et en faire une sélection hebdomadaire.

Un entretien avec Christian Boltanski réalisé l'été 2020 à Vevey pour le magazine du Grand Théâtre de Genève et en partie réalisé par Heidi.news (que vous pouvez trouver ici) en présente l'origine et le contexte:

"Le commissaire d’exposition Jean-Hubert Martin travaillait à l’époque avec David Walsh au MONA. Il lui semblait que mon travail conviendrait à ce musée consacré au sexe et à la mort. C’était juste. David Walsh est passé un jour par Paris. Il était tellement intriguant que, au bout d’une heure de discussion, je lui ai dit que j’avais envie de jouer avec lui, puisqu’il est un parieur professionnel.

...[L'idée] remonte à loin. Dans le premier texte que j’ai écrit, en 1969, je notais que la mort est une chose honteuse et que je voulais mettre ma vie en boîte. Face à David Walsh, j’ai pensé que la technologie permettrait de réaliser cette idée autrement. Ce qui me plaisait aussi était que l’oeuvre devait prendre place en Tasmanie, le plus loin possible de l’Europe et des gens qui me connaissent. J’ai proposé à David Walsh de lui vendre cette œuvre en viager. On a convenu d’un prix assez élevé. Il a décidé de me payer cette somme par mensualités. Il y a peu de temps, la somme fixée dans le contrat a été atteinte. Mais je suis toujours vivant. Du coup, la mensualité a désormais augmenté. David Walsh a perdu son pari de me voir mourir avant l’échéance du contrat. Celui-ci avait été signé devant notaire après un contrôle médical

.. Si on regarde quelqu’un vivre, on n’a soi-même plus d’existence. Si David Walsh me regardait en permanence, il n’aurait plus de temps pour lui. D’autre part, et c’est lié à l’univers informatique, plus on accumule des informations, moins on en sait. Mon oeuvre en Tasmanie compte désormais des dizaines de milliers d’heures d’enregistrement. Cela revient à ne rien pouvoir voir. Mais si je dis que David Walsh a acheté ma vie, lui préfère dire qu’il a acheté ma mémoire. Il peut savoir qui j’ai accueilli chez moi il y a deux ans à pareille époque. Moi, je l’ai oublié. En réalité, David Walsh ne possède rien de moi. Il a cette masse de DVD impossible à regarder. Il ne sait rien de mes pensées.

...

Je n’ai pas de désir d’immortalité. En revanche, j’ai toujours eu le désir de sauver ce que j’appelle la petite mémoire. Celle-ci consiste à se souvenir de sa grand-mère, d’une histoire drôle ou de l’endroit pour acheter le meilleur gâteau à la crème. Ces petits souvenirs disparaîtront avec nous. Cette question m’obsède. Chaque personne est unique et importante. Mais tellement fragile. Moi, j’essaie de sauver tout le monde en sachant que c’est impossible."


Christian Boltanski enregistrait aussi son battement de coeur qui résonnait à l'autre bout du monde - et il a fait de même avec des visiteurs de ses expositions: chacun pouvait enregister son coeur pour le futur...


Fleur avec antennes - Photo: lfdd


Cette photo me ramène à Alain, amateur d'OVNIs en son temps, Alain qui, sans prévenir, nous a aussi quitté l'année dernière, sereinement et tranquilement quelques jours après m'avoir appelé pour me proposer de partager une coupe post-confinement.

Et je pense à l'autre Alain, tenace avec ses trois cancers, qui vient de gratter un an de plus à la camarde.... On continue!

Je vous livre ci-dessous tel quel un texte que j'avais écrit en novembre 2020:

"Alain, à l’aide… A l’autre…, à nous…


Alain, copain, peut-on l’appeler ainsi ?

Oui, j’avais des amis, fugaces mais forts, qui passaient... mais le temps de l’amitié, ils étaient là pour partager ces moments de la jeunesse qui use toutes les ficelles de l’enfance. Les quatre cent coups pour lesquels il n’y a pas eu de film, ni photo. Mais des aventures, de westerns ou de Till l’espiègle,  de batailles de cow-boys et d’indiens ou de patinage, d’explorateurs animaliers dans la jungle rhénane, de blagues de potaches et d’escapades boueuses. Mais jeunesse passe et l’on se plonge dans le monde, on essaie de le décrypter, le comprendre, l’ordonner.

Cela s’est fait avec Alain, à tous les rayons, les livres, 1984 et Orwell étaient déjà des préoccupations d’avenir dystopiques, la conquête de la Lune, sur l’écran bleuâtre et bombé, en direct un sujet qui ne l’a pas quitté – il prévoyait de sortir un livre avec la NASA. Les mathématiques étaient l’objet de discussions enflammées pour démontrer un théorème que le professeur à la barbe en collier ne nous avait pas encore présenté. Le dictionnaire « Petit Robert » l’occasion d’une joute de mots tirés au hasard. Et que le meilleur gagne! Tout était matière à aiguiser notre soif de connaissance, à étancher notre désir de savoir. Les différentes éditions « horaires » de France Soir un feuilleton pour prendre l’air du pays. Le Tour de France une invitation à parcourir les routes en petites boucles, les championnats d’athlétisme l’occasion de tester un Fosbury-flop et les dimanche après-midi une énorme plage de variété entre Mireille Mathieu, la fille d’une famille nombreuse qui devenait une vedette populaire, lui qui était d’une fratrie de 7 garçons qui précédaient la petite dernière. Ce furent aussi des passions pour le tennis, le ski et les courses automobiles objet de longues séances télé qui auraient pu aboutir à une mission au Nürburgring pour assister à la victoire de Jacky Ickx – mais c’est resté un rêve. C’était aussi sur le poste transistor tout frais arrivé le hit-parade d’Europe 1 – ou de RTL l’autre frère ennemi (ou alors les deux puisqu’Alain avait à la fois acheté le double Album Blanc d’origine et le Sticky Finger à braguette des deux groupes antagonistes de Pop Music britannique) – suivi fidèlement, tout comme les émissions musicales de Pop allemandes en direct à la télévision pour la nouvelle jeunesse post-Woodstock.

Frères ennemis, nous l’étions aussi un peu, dans notre sympathique bataille pour les places sur le podium dans les matières principales de la cinquième à la troisième – heureusement qu’il y avait les deux "filles" qui devenaient nos adversaires renouvelées. Mais nous trouvions toujours des sujets de débat, même la théologie furent le sujet de guerres de religions - le schisme des catholiques et des protestants, alors que nous avions le même baptême, mais l’enfant de choeur biberonné à quelques cours de rhétorique protestante n’était pas en reste sur des sujets où les arguments  allaient aussi chercher du côté du bouddhisme. Puis, nos destinées s’écartèrent, lui externe, moi interne, jusqu’au baccalauréat que nous avions choisi de partager dans la même filière innovante bien sûr – électrotechnique en était l’appellation barbare mais qui ne fut pas tentée, ce fut bien "Maths Elem" qui fut réussi avec les honneurs puis les Universités scientifiques, fatales à divers titres et de tristes conséquences pour l’un et l’autre. Mais la fidélité perdura avec les années, avec comme lien fidèle le troisième Mousquetaire qui partagea le sport et les amours soeurs."


J'allais oubler l'article - d'actualité - qui m'a motivé à republier un billet. C'est Heidi News dont je parlais plus haut qui m'en a conseillé la lecture. C'est dans le Monde e  concerne le réchauffement climatique. C'est d'une part pour que l'on soit conscient de ce qui nous arrive et d'autre part que l'on puisse dire aux jeunes et à nos enfants non pas que c'est la fin du monde, mais que le monde continue et que c'est nous qui ferons le nécessaire pour qu'il puisse continuer avec nous. Le titre:

Comment le changement climatique va bouleverser l’humanité

Avec une vidéo que vous pouvez trouver ici:

https://dai.ly/x82e4yx


Le changement climatique, on en parle beaucoup, mais les problèmes qu’il va poser ne sont pas toujours évidents à comprendre. Ils sont pourtant très inquiétants. Alors, concrètement, quelles vont être ses conséquences ? 

Un degré, deux degrés, trois degrés, quatre degrés… Au cours du siècle à venir, la température de la planète va continuer de monter. Plus l’humanité émettra de gaz à effet de serre, plus le réchauffement climatique sera important. Mais en quoi ce dérèglement du climat est-il un problème ? Pourquoi doit-on se soucier de quelques degrés de plus ?

Naturellement, la hausse des températures va avant tout entraîner des canicules de plus en plus fréquentes et meurtrières. Et ces épisodes de chaleur s’accompagneront de sécheresses très problématiques pour l’agriculture.

Mais ce n’est pas tout. Un autre mécanisme risque d’être mis à rude épreuve : le cycle de l’eau. Entre la fonte des glaciers, la montée des eaux et les inondations, les conséquences pourraient bien être meurtrières pour les humains, mais aussi pour l’ensemble de la biodiversité.


Et pour finir en chanson, une pour la "gaillarde" et deux pour la "camarde".

La première, une chanson "gaillarde" de Colette Renard - Les Nuits D'Une Demoiselle:



La deuxième, pour les pissenlit par la racine de Daisy (Marguerite) Mortem - La vie c'est mort:



Et pour finir "Immortels" d'Alain... Bashung

Immortels

Je ne t'ai jamais dit
Mais nous sommes sommes immortels
Pourquoi es-tu parti avant que je te l'apprenne?
Le savais-tu déjà?
Avais-tu deviné?
Que des dieux se cachaient sous des faces avinées
Mortels, mortels, nous sommes immortels
Je ne t'ai jamais dit
Mais nous sommes immortels 




Bon dimanche

La Fleur du Dimanche




dimanche 24 janvier 2021

Le temps, encore, suspendu, pour le conjurer et sauver le moment où: Ils ont aimé !

 S'arrêter, faire une pause, laisser passer le temps pour mieux le sentir, sentir le présent, sentir la présence, être présent, là dans l'instant totalement. Le sentir, l'instant, intensément, au moment où il passe.

Je vous avais préparé des réflexions d'actualité mais finalement, je laisse filer, cela arrivera à temps, d'autant plus que la thématique du temps lancée le 3 janvier ici même n'est pas (dé)passée....

Je vais en TVA vous parler du spectacle vivant, sujet d'actualité, Art qui nous manque douloureusement et qu'un comédien, qui vient de sortir un livre, nous fait sentir au plus près.

Mais place à la photo - je ne dis pas fleur parce que cette fleur est devenue fruit et même symbole, un peu sapin de Noël, et elle va bien avec le titre, ce temps suspendu, cette attente.... 

Quand va-t-elle tomber, vont-elles tomber? Isaac?

Pommes ... du temps de Noël .. suspendues - Photo: lfdd


Donc, je disais, Nicolas Bouchaud, grand comédien que nous avons pu voir de nombreuses fois au TNS, puisqu'il y est "artiste associé", à l'occasion de la parution de son livre "Sauver le moment" parle de son métier dans une interview dans le Monde du 23 janvier 2021 intitulée "Jouer, c’est inventer du temps". Pour commencer, il explique l'origine du titre de son livre: c'est une expression de Serge Daney qui qualifie le cinéma de John Ford dans son livre "La Loi du Marcheur" où il dit:

"Ford filme si vite qu’il fait deux films à la fois: un film pour conjurer le temps (en étirant les récits par peur d’en finir) et un autre pour sauver le moment (celui du paysage, deux secondes avant l’action)."

Ce qui, chez John Ford, dans le film "sauve le moment", c'est pour Serge Daney ceci:

"On sort d’une cabane ou d’un plan et il y a là des nuages rouges au­-dessus d’un cimetière, un cheval abandonné dans le coin droit de l’image, le grouillement bleu de la cavalerie, le visage bouleversé de deux femmes: ce sont des choses qu’il faut voir tout au début du plan, car il n’y aura pas de deuxième fois."

Parce que pour regarder un film de John Ford il faut avoir "l'oeil vif":

"Impossible de regarder un film de Ford d’un oeil torve. L’oeil doit être vif parce que, dans n’importe quelle image d’un film de Ford, il risque d’y avoir quelques dixièmes de seconde de contemplation pure juste avant que l’action n’arrive."

Et donc, ce qui chez Nicolas Bouchaud "sauve le moment", ce peut être:

"Ces moments suspendus que l’on peut vivre au théâtre, quelques secondes avant l’action, c’est une des plus belles choses qui soient, je trouve. Je l’ai vécu, en compagnie de Norah Krief, quand nous jouions Le Roi Lear dans la cour d’honneur du palais des Papes, à Avignon, en 2007. Juste avant la scène de la tempête, nous ménagions un petit moment de silence. Cette pause, ce suspens donnent une extraordinaire sensation du temps à l’acteur comme au spectateur. C’est très concret, absolument pas théorique.

Cette faille dans le temps, ce temps que l’on éprouve sur scène et dans la salle, c’est ce que j’appelle un « reste », quelque chose qui nous appartient en propre: c’est le temps de l’expérience. Un temps d’ouverture, un temps de rien, sans action, où l’on sent, au sens propre, la vie qui passe." 

Et à propos du "jeu", Nicolas Bouchaud précise:

"Si ce que l’on cherche à atteindre sur un plateau ce sont des moments d’intensité de vie, on ne peut pas se mettre dans une position de sagesse, de sachant. Etre à l’endroit de la vie, c’est être à celui de la métamorphose, et donc se laisser traverser par des états et des émotions contradictoires. Cela rejoint Brecht, d’ailleurs, qui disait qu’un acteur peut jouer deux choses complètement opposées dans une même phrase."

Et il précise ce qu'est la "présence du comédien" pour lui, comment il y est arrivé:

"La première chose qui se manifeste chez un être humain qui monte sur un plateau, c’est la fragilité. La présence, c’est peut­ être d’accepter cette fragilité et d’en faire un élément de son travail. Il y a autant de façons de jouer que d’acteurs, et la présence, c’est sans doute accepter d’apparaître, soi."

Je vous laisse lire le reste de l'article en ligne et vous offre la conclusion avec la question de Fabienne Darge:

"Est-­ce là la grandeur et la misère du métier, pour vous? 

- C’est sa grandeur, sans la misère. Justement parce que ce temps éphémère que l’on crée et que l’on vit en tant qu’acteur est d’autant plus intense qu’il s’enfuit au moment où on l’éprouve."

Pommes ... du temps de Noël .. suspendues - Photo: lfdd


Mais dites-moi, le temps, suspendu, ça ne vous rappelle pas quelque chose, quelqu'un ?

Si, là: Le Lac, Lamartine, 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !
 


Et le reste n'est que silence...

Pommes ... du temps de Noël .. suspendues - Photo: lfdd


Allez, une petite chanson d'Alexis HK pour finir: Un beau jour




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche