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vendredi 6 mars 2026

Ambra Senatore à Pôle Sud avec Par d'autres voix: Le corps dansant parlant chantant

 L'année a commencé avec elles à Pôle Sud et elle continue aussi très bien avec elle, Ambra Senatore qui nous offre son solo Par d'autres voix. Elle n'y va d'ailleurs pas par quatre chemin et annonce dès la départ la couleur avec sévérité mais non sans contradictions. Les consignes sont transgressées puis fortement rappelées, "Interdiction de sortie, pas de photo, même pas de téléphone". Mais alors qu'elle est sortie de scène, nous l'entendons en réflexion sur l'inhumanité de ces règles, nous mettant en face de certaines contraintes et même nous faisant constateur que les règles peuvent être basculées en leur contraire: certains sont obligés de partir, on ne les accueille pas. Ce procédé nous amène à une certaine déstabilisation, à nous surprendre, tout comme sa gestuelle quelquefois partant à l'opposé de ce que l'on attendait. Ou, en terme de mimiques et d'attitudes, elle peut passer instantanément de quelque chose à son contraire.




Elle a à la fois cette précision du geste, de la position, du mouvement (on se dit que sa formation avec Carolyn Carlson y est pour quelque chose) et cette capacité de nous surprendre par ses mouvements saccadés, ses gestes vifs. Sa présence est forte, même de dos, quand elle est assise au fond de la scène, en jean bleu et en pull rouge, et que ses bras tels des sémaphores forgent une grammaire géométrique du mouvement en angles et en figures géométriques tout en liaisons. Quand elle continue debout, articulant et reliant jambes et bras, sa grâce, sa souplesse et sa précision sont éblouissantes. Son vocabulaire et sa gestuelle est très inspirée du quotidien et elle le transcende avec brio. Qu'elle le fasse debout ou assise sur une chaise, ses enroulés et ses torsions, ou ses chutes souples et rebondissantes sont d'adorables sculptures vivantes de toute beauté. Cependant elle ne se restreint pas à des figures spectaculaires, elle endosse aussi des personnages de mère, de femme, pour lesquelles ses expressions - que ce soit la peur, la colère, l'amusement, l'empathie - sont tout aussi précis que ses gestes dansés, quelquefois infime comme un nez à peine froncé. Et aussi, et ce n'est pas la moindre de ses expressions, elle donne de la voix. Que celle-ci renforce ses gestes et ses attitudes, ou qu'elle, nous conte des histoires (de poissons et de sirènes ou de la liberté de l'oiseau) ou encore qu'elle nous fait prendre conscience par des remarque bien senties de l'oppression de la femme (et de la seule chose qu'elles ont le droit de faire: "le crochet"). 


Ambra Senatore - Pôle Sud - Par d'autres voix

Elle est également très à l'aise dans la performance et l'improvisation verbale jusqu'à cette synchronisations parfaite entre geste et parole - toujours aussi précise, même dans l'immobilité. Et au niveau de la voix, elle nous gratifie, dans une étroit et complice dialogue avec la musique et la régie son, de quelques belles interprétations vocales, autant dans la chanson que dans une magnifique improvisation. Ce mélange de poésie, d'humour (également dansé, par exemple dans une chorégraphie musicale qui s'emballe), de narrations, de danse et de performances nous présente les multiples voies que peut prendre Ambra Senatore et qui en font un spectacle complet. Mais aussi la beauté du corps et la beauté du geste alliées à la précision et la qualité de la chorégraphie et la force et la surprise de la narration font de cette soirée un moment précieux et sensible. Une représentation belle, rare et sensible


La Fleur du Dimanche


Par d'autres voix


A Pôle Sud le 5 et 6 mars 2026


Chorégraphie, textes, interprétation et voix : Ambra Senatore
Citations d’autrices : Shokoofeh Azar, Parwana Fayyaz, Nawal El Saadawi, Benedetta Tobagi, Teresa Vergalli, Homeira Qaderi
Musique originale : Jonathan Kingsley Seilman
Musiques additionnelles : Tomaga, Rita Iannotta
Régie son et manipulation live en dialogue avec Ambra Senatore : Jonathan Kingsley Seilman ou Solène Le Thiec
Lumières : Fausto Bonvini
Regard extérieur : Agustina Sario
Remerciements : Caterina Basso, Claudia Catarzi, Andrea Roncaglione

Production déléguée : Cie EDA
Production : CCN de Nantes
Coproduction : Théâtre de Suresnes Jean Vilar ; L’Espace Michel Simon – Noisy-le-Grand
Soutiens : Le CND, Centre National de la Danse – Pantin ; La Briqueterie-CDCN du Val-de-Marne ; Le Théâtre Jacques Carat – Cachan ; Le Carreau du Temple – Paris ; Le Théâtre du Garde-Chasse – Les Lilas ; Le Théâtre Francine Vasse – Les Laboratoires Vivants – Nantes ; Le Conservatoire de Bagneux ; Angers Nantes Opéra – Nantes ; La SACD / Maison des Auteurs – Paris

dimanche 13 novembre 2022

Espaces parallèles - se raconter des histoires dans le temps, il n'aurait fallu...

Aujourd'hui je vous propose un petit retour dans le temps... 

1. la semaine dernière : 

Il y a 11 ans (onze), le 6 novembre était aussi un dimanche et je vous postais déjà) des fleurs: des liserons, et curieusement j'en ai photographiées hier... et des suzannes aux yeux noirs, dont je ne connaissais pas le nom.


Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd


De plus, c'était (aussi) le début du festival Jazzdor, déjà. Mais il a commencé bien avant, en 1985 et je me souviens, c'était deux ans avant, d'un concert de jazz à l'Ange d'Or avec Didier Malherbe, sacré souvenir !


Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd


En guise de TVA et pour suivre vos conseils, je vais faire court, mais pas facile, enfin ça dépend de vous, peut-être avez-vous une réponse immédiate et rapide à la questions posée par ce Texte à Valeur Ajoutée qui parle de "raconter une histoire" et de votre expérience de cette situation/action, soit que vous aimez (ou pas) raconter des histoires, soit que vous adorez en lire ou en écouter.

Dites-moi, donnez-moi votre avis et racontez-moi votre expérience. Envoyer-moi un récit, une anecdote ou une pensée à ce sujet, je partagerai...


Liseron du 6 novembre 2022 - Photo: lfdd


Pour ce qui est du TVA, le voici:

"Raconter, c'est désirer"

Voila ! C'est dit !

Pour plus d'explication, je dirai que c'est Florence Bouchy qui écrit cette phrase en conclusion de son article intitulé "La création romanesque, roman" dans le Monde des Livres du 4 novembre 2022 à propos du livre d'Anne Serre Notre si chère vieille dame auteur. Et c'est la conclusion de don 'article, disant que c'est ce que raconte le livre... 
Elle dit aussi: "Qu'est ce que raconter? Et pourquoi, surtout, peut-on avoir l'envie, le besoin ou le plaisir de raconter ?
Et énonce plus loin:
'Sous la plume d'Anne Serre, le mystère de la création romanesque et de l'art du récit se représente sous la forme d'un petit théâtre intime où chaque pulsion comme chaque modalité d'appréhension du réel tient un rôle. [...] Une façon pour l'auteur [...] d'ordonner le monde tout en laissant le feuilleté des significations ouvert. De se mettre à l'écoute de ses émotions et de ses débats intérieurs pour en proposer au lecteur une forme dans laquelle il puisse aussi se reconnaître."  

Pour finir en chanson, une chanson dont il était question le 23 septembre de l'année d'après, donc en 2012, à lire et à écouter, plus un autre poème et un clin d'oeil au chanteur du jour:

Jacques Douai - Colchiques dans les prés - Démons et merveilles:




Rappel: les colchiques, cette année, ont été photographiées le 15 août et publiées le 21 août!


En complément une chanson sur des paroles d'Aragon (voir aussi la version chantée de Léo Ferré) par le même Douai. 

Jacques Douai - Il n'aurait fallu




Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne
 
Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immensité
Des choses humaines


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche