Blog culturel sur les Arts: littérature, danse, théâtre, musique, classique ou contemporaine, jazz, concerts, Arts plastiques, expositions, et des photos de fleurs.
Premier mai, jamais recommencé, toujours à inventer. Aujourd'hui avec des casseroles ? Ou un silence plein d'espoir ?
Il y a deux ans, je vous donnais déjà (prémonitoire?) "L'appel de la forêt... lointaine" écrit le deux mai pour vous offrir un cor au fond des bois que je vous invite à regarder et écouter (en cliquant sur le lien du titre), souvenir du deuxième confinement,non "freinage",annoncé par le Président de la République. Le muguet, je vous l'offrais le 1er avril avec un mois d'avance. Cette année il a un peu de retard, alors je vous montre l'ail des ours qu'il ne faut pas confondre avec le muguet (comme je vous l'expliquais un jour avant en complétant les informations sur l'histoire du 1er mai et du muguet (si vous vous posez des questions c'est par ici: Premier mai ? Travail, famille, royauté ? Où est le parfum de la révolution ?).
Ail des ours du 1er mai - Photo: lfdd
La première partie de ces explications se trouve l'année d'avant dans le billet "Mai commencé, mais re-commencer, comment c'est?" intéressant également pour son aspect "mémoire" parce qu'il nous replonge dans l'ambiance du premier confinement (et si vous avez le temps et voulez vous plonger vous aussi dans cette période qui s'éloigne et se perd dans nos mémoires, je vous invite à parcourir les courts épisodes avec des vidéo de deux minutes ou moins Court -19 qui courraient du 17 mars au 1er avril et dont le résumé se trouve le 3 avril avec Résumé des Court-19, les 14 épisodes précédents avec Fleurs, TVA, vidéos et chansons. Et pour conclure j'au annoncé le vert le dimanche 5 avril avec Couleur 19: Peur bleue, colère noire et verte nature.
Après toutes ces explications et ces souvenirs, vous pourrez recommencer à défiler tranquille et puis aller cueillir le muguet s'il ne pleut pas trop... Le mien est encore timide. D'ailleurs je vous invite à le trouver sur la photo. Si vous l'avez trouvé je vous offre un cadeau...
Muguet du 1er mai - Photo: lfdd
Passons aux TVA et aux explications de titre avec à la fois un retour à la nature et un crochet par le bac.
Retournons, non pas sur les bancs d'école mais dan la forêt avec Hélène Dorion, une autrice québécoise dont le livre de poésies vient d'être mis au programme du baccalauréat littéraire pour l'année 2023/2024. C'est la première fois que le choix est fait avec une femme poète encore vivante. Pour la célébrer - et célébrer la forêt, je vous offre un extrait de son livre Mes forêts (vous en aurez un autre dans le Monde des Livres du 14 avril dans l'article de Raphaëlle Leiris intitulé "Ecrire pour apprendre à être et à aimer".
Mes forêts
Mes forêts sont de longues traînées de temps elles sont des aiguilles qui percent la terre déchirent le ciel avec des étoiles qui tombent comme une histoire d’orage elles glissent dans l’heure bleue un rayon vif de souvenirs l’humus de chaque vie où se pose légère une aile qui va au cœur mes forêts sont des greniers peuplés de fantômes elles sont les mâts de voyages immobiles un jardin de vent où se cognent les fruits d’une saison déjà passée qui s’en retourne vers demain mes forêts sont mes espoirs debout un feu de brindilles et de mots que les ombres font craquer dans le reflet figé de la pluie mes forêts
sont des nuits très hautes
Dans l'article elle dit à Raphaëlle Leiris, après avoir expliqué qu'elle a découvert la poésie grâce à une professeure qui soudain s'est mise à réciter un poème en se promenant dans la classe:
"J'ai compris que, si j'engageais pour la vie dans ce chemin qu'était l'écriture, il ne s'agirait pas seulement de "faire des livres", l'un après l'autre, mais que ce serait une manière d'apprendre à vivre, à être, à aimer,- pour le dire banalement, mais sincèrement: à devenir un meilleur être humain. Et, très vite, le dépouillement m'est apparu comme la voie à suivre pour l'écriture et la vie."
Allez, je vous offre quand même un joli bouquet du premier mai:
Muguet du 1er mai - le bouquet - Photo: lfdd
L'autre auteur sélectionné pour le programme est Francis Ponge dont on connait Le Partipris des Choses et le livre sélectionné est un recueil de textes et de notes en cours La rage de l'expression publié dix ans après, en 1952 et dont il dit:
"Il s'agit de savoir si l'on veut faire un poème ou rendre compte d'une chose (dans l'espoir que l'esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau). C'est le second terme de l'alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l'esprit) sans hésitation me fait choisir. Ma détermination est donc prise... Peu m'importe après cela que l'on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m'avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir."
Alors, pour sortir du ronron, je vous offre quelques chansons d'un groupe Sages Comme Des Sauvages: Ismaël Colombani et Ava Carrère à découvrir:
Pour ce douzième 1er mai du blog de La Fleur du Dimanche, je ne peux que vous renvoyer à mon billet de l'année dernière pour toutes celles et tous ceux qui se posent encore des questions sur le muguet et le premier mai, jour du travail et/ou des travailleurs (en remontant à Charles IX pour le muguet ou encore en 1884 pour les travailleurs). Et attention, le muguet est toxique, pas l'ail des ours qui lui ressemble et peut même pousser à côte de lui....
Le muguet de cette année se repose doucement sur ses feuilles dans son bouquet odorant... vous le sentez ? Là:
Muguet du 1er mai - Photo: lfdd
A propos de parfum, sachez qu'il est très très difficile de capturer le parfum naturel du muguet, la technique, abandonnée depuis 1930 est remise sur l'établi par une société, AB 1882, maison de parfumerie nantaise, qui remet au goût du jour la technique ancestrale d’enfleurage du muguet, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Plus dans un reportage d'Ouest France ici.
Les fleurs sont fabuleuses, non ?
A propos de fleurs fabuleuses et à l'occasion de l'exposition* "Fleurs Fabuleuses", le travail de collaboration artistique de Robert Becker et Dominique Haettel qui est visible à l'Iloz dans le Grand Parc de Miribel-Jonage à côté de Lyon jusqu'au 22 mai, je vous en offre une et son texte associé, écrit par Jean-Michel Maulpoix:
Connaissez-vous le cyclope bleu ? Ce
n’est pas un géant brutal. Semblable au tissu de nos songes, sa peau est
soyeuse, sensible au soleil et au vent. Son œil unique ne s’entrouvre que le
soir. Les lucioles, dit-on, viennent souvent s’y poser : elles éclairent
d’une lumière étrange ce trou laissé naguère par le pieu d’Ulysse. Trou de
mémoire, dit-on : le cyclope bleu ne se souvient de rien et répète du fond
de sa nuit : « je ne suis personne ! »
Jean-Michel
Maulpoix
Et pour finir en chanson, la chanson du premier mai de Georges Brassens, "Le discours des Fleurs", interprété par Thomas Fersen:
Bon premier mai
La Fleur du Dimanche
* L’exposition « Fleurs Fabuleuses » présente les œuvres de Robert Becker (photographe) et Dominique Haettel (peintre). Elles dialoguent avec des œuvres issues de l’artothèque de Lyon dans un décor inédit réalisé par la Cie Tonton ballons. Cette exposition jette un regard artistique sur les fleurs. Et la botanique nous emmène vers un monde de créatures étranges: des pétunias qui nagent comme des poissons dans un univers féérique, un coquelicot danse le flamenco, un massif de fleurs nous tire la langue, un pavot devient un petit monstre sympathique, la clématite un mannequin de mode… Les interprétations ne manquent pas et les textes d’auteurs vous invitent à un voyage où le spectateur fait son propre parcours. L’exposition présente les œuvres originales (peinture sur photographie) ainsi que les pages du livre d’artiste « Fleurs Fabuleuses » avec les textes et les oeuvres qu’ils décrivent.
L'exposition « Fleurs Fabuleuses » est présentée à l’Iloz à Miribel Jonage du 16 avril au 22 mai 2022.
Galerie Iloz – Grand Parc de Miribel Jonage - Chemin du Moulin de Cheyssin, 69330 Meyzieu
L’exposition sera ouverte pendant les congés scolaires tous les jours de 10h30 à 18h30
Et les samedis - dimanches de 10h30 à 18h30.
Pour la clôture, finissage le 22 mai 2020 à 15h00, 16h00 et 17h00 - Animations:
– Lecture par Gaspard Bardel des textes des auteurs sur ces Fleurs Fabuleuses et performance « Fabula Rasa » chantée et dansée par Geneviève Charras, charivarieuse.
Nous sommes le 1er mai si cela vous avait échappé....
Le onzième premier mai de ce blog où, marronnier à moitié, le sujet du muguet et des travailleurs travaille toujours les questionneurs, en même temps que celle du Bonheur !
Alors à quoi attribuer ce dernier? Au travail (c'est la santé disait Henri) ou à la fleur?
Ou peut-être aux douces vibrations infimes des clochettes du convallia (la vallée encaissée) - Lili of the valley en anglais. Puisque la fleur est de la famille des liliacées, donc des lis - délice de la vallée (du Rhin entre autres).
Mais attention, ne confondez pas le muguet (toxique) avec son "double" l'ail des ours (Allium ursinum) Bärlauch en allemand (les mamifères hibernant s'en servaient pour se purger) que l'on peut manger (comme l'ail cultivé). Le voici en "Nature morte" planche naturelle:
Ail des ours - Photo: lfdd
Pour en revenir au muguet - et au premier mai - ne mélangeons pas les deux qui se sont rencontrés "officiellement"* le 1er mai 1936 au défilé (enfin autorisé) du premier mai - juste avant la victoire du Front Populaire (le 3 mai 1936).
Ce muguet (la fleur blanche) a (curieusement et paradoxalement) battu le coquelicot - ou l'églantine (rouge) - ou encore le triangle rouge (l'insigne qui symbolisait dès 1890 au revers de la veste des travailleurs la revendication pour la journée de huit heures de travail maximum, qui réservait 8 heures de sommeil et 8 heures de loisir).
Voici donc le muguet:
Muguet du 1er mai 2020 - Photo: lfdd
Pour ce qui est de son histoire (ancienne qui remonte à Charles IX), je vous invite à aller voir mon billet du 1er mai 2013 intitulé "Un brin de bonheur, un brin de soleil, un brin de muguet pour le premier mai" qui vous "conte fleurette" à prpopos du muguet depuis le XVIème siècle et ce roi jusqu'au XXème avec les grands couturiers (Dior, Coty) et leurs parfums.
Complétons avec le 1er mai 1941 de Pétain où le 1er mai devient la "fête du Travail et de la Concorde sociale", avec la devise Travail, Famille, Patrie en débaptisant la "fête des travailleurs" qui fait trop "lutte des classes". Ce jour devient férié, chômé et payé. Il n'était que "chômé" précédemment. Là encore le muguet (blanc) et le coquelicot - ou l'églantine (rouge) se retrouvent face à face, mais le muguet (qui permet de faire se rencontrer les "vendeurs" et le "peuple") donnera un avantage (et une "virginité" au muguet, et des "sous" aux vendeurs - dont le Parti Communiste, historiquement - les fleuristes maintenant...
A propos d'églantine, sachez aussi que le premier "Jour du Travail fut institué par Fabred'Eglantine dans le calendrier républicain et fixé au 19/20 septembre, et que Saint-Just institua dans ce même calendrier une "Journée des travailleurs". Mais la premi-ère "Fête du Travail" fut instituée par le fouriériste Jean-Baptiste André Godin (celui des poêles) le 2 juin 1867 - qui fut ensuite déplacée au 1er mai. Il fit construire un "Familistère" pour ses ouvriers, et en dit, en 1874, dans La richesse au service du peuple. Le familistère de Guise: "Ne pouvant faire un palais de la chaumière ou du galetas de chaque famille ouvrière, nous avons voulu mettre la demeure de l'ouvrier dans un Palais: le Familistère, en effet, n'est pas autre chose, c'est le palais du travail, c'est le PALAIS SOCIAL de l'avenir."
Entre parenthèses dans les années 50 et 60, le premier mai - et ses défilés - reviennent en 1968.
Pour faire le tour complet du muguet, je vous offre le "Faux-muguet" ou sceau de Salomon qui a également des clochettes et dont les feuilles, disposées le long de la tige resssemblent à celles du muguet et de l'ail des ours:
Faux-muguet ou sceau de Salomon - Photo: lfdd
Et pour rester dans l'ambiance (un peu détournée) et rendre hommage à Anita Lane qui vient de nous quitter, quelques-unes de ses chansons. Anita Lane a pas mal collaboré avec Nick Cave, notamment, son groupe les Bad Seeds.
A côté de ses albums en solo, elle a aussi collaboré avec Einstürzende Neubauten, Gudrun Gut et Blixa Bargeld ou Barry Adamson.
Tout d'abord donc, chanson de circonstance - et précédemment de lutte des travailleurs, Bella Ciao:
Une autre chanson, "The World's a girl" dont les images ont été filmées en super 8 en 1994 pa Mick Harvey, son complice artistique des années 80:
Avec Nick Cave une version d'une chansons que vous reconnaîtrez avec Anita Lane & Nick Cave I Love You Nor Do I:
Pas mal aussi, celle-là, pas très catholique :
Je vous en mets les paroles:
There is a keyhole in my can of beer And there's an eye behind it Sizing me up and sizing me down And my hangover's becoming a thorny crown And dawn is coming over me
Love is cruel Love is truly absurd Jesus almost got me I don't know how many prayers he overheard
There's no relief in the garden The morning birds are like nerves The hand of the man that stilled the water The hand that calmed the sea Is pouring a drink for me
Love is cruel Love is truly absurd Jesus almost got me I don't know how many prayers he overheard
Love is cruel Love is truly absurd Jesus almost got me I don't know how many prayers he overheard
Autre ancien membre des Bad Seeds, Barry Adamson qui réalise ce clip avec Anita Lane: These Boots Are Made For Walking.
Allez, je vous fais une fleur - et même deux, la première, seule - Blume:
Et la deuxième Blume avec Einstürzende Neubauten, les auteurs de la chanson:
Et pour finir, il faut la faire:Do that Thing:
En P.S. et pour compléter le billet du dimanche dernier "L'abandon, la méfiance, la liberté, les femmes, vues par... et défendues par..." qui s'est achevé par un petit tour (politique) autour du 8 mai de des femmes, féministes, il se trouve q'une autre Olympe fait l'objet d'un livre qui vient de paraître: Olympe. Etre femme et féministe au temps de Napoléon III de Liesel Schieffer, Vendémiaire.
Olympe Audouard a écrit une trentaine de livres et fondé quatre revues. Elle a fréquenté Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Victor Hugo. Mais elle n’hésitait pas à répondre à ceux qui s’insurgeaient, comme Barbey d’Aurevilly, contre cette femme qui "demand[ait] même des droits politiques!". Quand sa plume acérée ne suffisait plus à faire taire les fâcheux, elle les provoquait en duel.
Elle disait dans la revue qu'elle avait fondée, Papillon:
"Selon la loi, nous sommes considérées comme des enfants, nous sommes toujours en tutelle, nous n’avons voix nulle part, l’Académie même est interdite aux femmes, comme si le talent avait un sexe".
Et par le biais des faits divers, elle y dénonçait la non-condamnation des hommes qui tuent leurs compagnes.
Bon Premier mai
La Fleur du Dimanche
* Pour préciser la cohabitation du muguet et de l'églantine,
sachez que le muguet est déjà une fleur citée dans la mythologie grecque:
Apollon, dieu du Mont Parnasse en tapissa le sol pour protéger les pieds de ses neuf muses.
Dans la tradition chrétienne, le muguet est associé aux larmes de sang de la Vierge Marie qui se seraint transformées en clochetttes blanches.
Le retour du muguet et de la célébrité d'une certaine manière, ce fut Félix Mayol ! Il en parle dans une de ses lettres, adressée à Jean Bernard, historiographe de Paris, auteur de "La vie de Paris" (paru en 1927):
"Quant au muguet c'est après en débarquant à Paris, à la Gare St Lazare le 1er mai on vendait le muguet porte-bonheur 2 sous et une camarade Jenny Cook qui était venue m'attendre m'en offrit un bouquet pour ma chance car je venais auditionner au Concert Parisien. Je le mis à ma boutonnière et je fus engagé par Mr. Dorfeuil un bien brave homme. C'est en 1896-98 je crois que vous m'avez présenté à la Bodinière [*]. Ce muguet a porté bonheur à d'autres, aussi, car le Concert Parisien qui est devenu en 1910 le Concert Mayol appartient aujourd'hui à Mr Dufrenne le Roi des Directeurs de music-hall qui y fit ses début en directeur de music-hall en 1914. À l'époque, c'était la Guerre et je croyais que c'était fini et qu'on ne chanterait plus jamais. Je le vendis 200.000 f. payables par année (en 6 ans)
Recevez, cher ami, une cordiale poignée de mains de votre tout dévoué
Félix Mayol"
Clos Mayol
Mayol qui devint très très célèbre et chantait avec ce brin de muguet à la boutonnière
Sinon, du côté de l'histoire du 1er mai, et du combat du muguet et de l'églantine, à l'origine, en 1895 Paul Brousse, dans La Petite République française, propose aux lecteurs et lectrices de choisir le signe qui mobilisera le mieux les socialistes pour le défilé du 1er mai: "Ce n'est pas avec le cerveau qu'on émeut les masses, c'est avec le cœur, l'image, l'art, les sentiments."
Dès la première manifestation du 1er mai, en 1890, un insigne à la boutonnière permettait aux participants de se faire remarquer dans les rues parisiennes. C'était un petit triangle rouge, symbole dela division harmonieuse de la journée en "trois huit" -travail, sommeil, loisir -, revendication initiale du 1er mai.
Les lectrices et les lecteurs choisirent la fleur et parmi les fleurs citées: le lilas, le myosotis, le bleuet... C'est l'églantine qui devient finalement le symbole de la foi en la Révolution,devançant l'oeillet encore trop associé au boulangisme, ce mouvement populiste, militariste et xénophobe qui venait de connaître un triomphe éphémère. L'églantine était traditionnellement cueillie dans le Nord de la France, région où le 1er mai prit son essor et où L'Internationale fut chantée pour la première fois.
En 1907 le muguet, en parallèle de l'églantine, fait son apparition dans la presse à l'occasion du 1er mai:
"Hier, les ouvriers ont travaillé comme de coutume et on n'aurait jamais su que l'on était au 1er mai sans l'abondance des muguets qu'on vendait sur les petites voitures et un défilé de cuirassiers sur les boulevards." En 1909, même L'Humanité se joint au concert: "Le 1er mai n'est pas seulement une journée de revendications ouvrières. C'est aussi la fête du muguet et des petites jeunes femmes qui s'en font offrir par leurs soupirants."
"En 1936 une étape a été franchie lors du rassemblement politique et symbolique qu'était le Front populaire. Le "compromis" du muguet cravaté de petits noeuds rouges, remarqué par les journalistes dans les meetings de mai 1936, ira de pair avec le chant de La Marseillaise et la récupération des valeurs d'une culture nationale, amorcée, au premier chef, par les communistes."
Un dessin paru dans L'oeuvre le 1er mai 1936 était intitulé: "Parait que Muguet est battu? Oui, il s'est fait sonner les cloches par Coquelicot!"
Voir : "Le premier mai 1936 entre deux tours et deux époques" de Miguel Rodriguez
Mais c'est définitivement en 1941 que l'églantine est balayée par le Maréchal Pétain. A noter qu'il institue aussi la célébration Saint Philippe ce jour-là (c'est son prénom!). On fêtait la Saint Jacques et Saint Philippe le 1er mai - en 1955 le pape les a remplacés par Saint Joseph, le charpentier et l'artisan, l'époux de Marie.
Allez, je vous souhaite un très bon premier mai ! Bonne chance à vous toutes et tous pour le mois à venir...
Et je vous offre le brin de muguet du jour:
Muguet du 1er mai le 1er avril 2021 - Photo: lfdd
Non, ce n'est pas un poisson d'avril, c'est bien du muguet sauvage de la forêt du Rhin en plaine d'Alsace, réchauffement climatique oblige.
Autre aberration constatée, le pommier qui va fleurir très bientôt alors qu'il porte encore les fruit (pas défendus) de l'an dernier:
Pommes du 1er avril avec fleurs en bouton - Photo: lfdd
Et pour finir en chanson, le temps du muguet par
Dorothée:
Francis Lemarque:
Les Choeurs de l'Armée Rouge:
Allez, encore une pomme!
Pommes du 1er avril avec fleurs en bouton - Photo: lfdd
Bon on n'est pas le 1er mai, mais le 1e avril alors je vous mets à la place du muguet des roses blanches par les Sunlights près de la Place Blanche (pas le peintre, le gypse...) :
En ce premier mai exceptionnel, personne ne va (se) défiler. C'est une première depuis bien longtemps... très longtemps. Pour rappel, le premier mai était, au début la "journée des travailleurs", lancée suite aux revendications, aux Etats-Unis pour la journée de travail de huit heures qui a vu, le 1er mai, en 1884 ce jour (mooving day - nouveaux contrats pour les travailleurs) comme jour de grève et de manifestation pour défendre leurs droits. En 1886, à Chicago, la grève s'est achevée le 3 mai par des morts, un procès et des exécutions (4 condamnés à mort en 1887). En France, Jules Guesde instaure cette "fête du travail" à partir de 1889. Et c'est le maréchal Pétain qui, en 1941 en fait la "la fête du Travail et de la Concorde sociale", appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie.
Mais place aux fleurs (le muguet caché):
Muguet caché du premier mai - Photo: lfdd
Pour le TVA, je vais commencer au commencement, la question étant: Quand est-ce que cela a commencé?
La maison aux glycines - avril 2020 - Photo: lfdd
L'histoire continue Ou plutôt, je vais aller à après, quand il s'agira de re-commencer... C'est quoi recommencer? Re-commence-t-on vraiment ou continue-t-on comme avant, à empiler sur le passé? Comment ne pas (se) répéter (ses erreurs)... Que garde-t-on du passé, comment l'histoire s'écrit-elle? Georges Duby n'a-t-il pas écrit un livre qui s'appelle L'histoire continue?Dans les deux sens? Ne disait-il pas "la réalité vivante est inévitablement déformée. (...) Reconstituer un système de valeurs, voilà tout ce qu'il m'est possible de faire à partir de ces mots proférés" (cf. Extrait)
Extrait - Georges Duby - Dames du XIIe Siècle
Et Antoine Lilti, au sujet des "Lumières" dans son livre L'Héritage des Lumières. Ambivalence de la modernité: "L'histoire des Lumières n'est pas celle d'un héritage qui s'imposerait à nous comme une évidence, mais celle d'une longue transmission faite de réinterprétations, de contresens, de redéfinitions."
La maison aux glycines - avril 2020 - Photo: lfdd
Le geste d'écrire Comment allons-nous nous adapter, écrire ce qui nous attend, qu'attendons-nous d'écrire? A ce sujet - écrire - deux incursions dans le hors-texte. D'une part Camile Laurens et sa magnifique conclusion dans son article dans le Monde du 4 octobre 2019 à propos du livre d'Alice Pauly Avant que j'oublie, où elle dit: "En lisant Alice Pauly, j'ai pensé aux mots de Georges Perros: "La vie ne ressemble à rien. La littérature ne ressemble à rien." Le beau titre Avant que j'oublie, pourrait en effet servir d'épitaphe au geste même d'écrire, de mettre des mots sur la mort: car cette phrase incomplète qu'est la vie, c'est la littérature qui seule l'achève et lui permet de s'envoler comme un oiseau guéri." En écho, la conclusion de Raphaëlle Leyris dans le Monde du même jour, au sujet du dernier livre de Patrick Modiano Encre Sympathique dont elle dit: "Il dit aussi que quand il avait commencé son travail de romancier, il était convaincu qu'"il arrivait un moment où l'on avait écrit ce qu'on avait à écrire, où l'on était comme soulagé de ça, on avait l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait. Alors, on pouvait arrêter". A 74 ans, il sait que ce jour n'arrivera pas, qu'il lui faudra toujours se remettre à l'ouvrage. Il a l'air de prendre comme une malédiction ce qui est la chance de ses lecteurs."
La maison aux glycines - tapis mauve - Photo: lfdd
Re-commencer à écrire Ecrire, commencer, re-commencer, comment recommencer, vaste question, qui me ramène au journal de mon ami Albert Strickler dont je vous parle régulièrement - le confinement m'a permis de terminer celui de l'année 2018 et j'ai la chance d'avoir reçu le dernier, La constellation du Labyrinthe - Journal 2019 en avant-première... Et je me suis demandé, venant de finir 2018 par ces mots: "Aller outre! Dépasser les frontières, à commencer par celle, mais existe-t-elle, entre l'an qui s'écoule et l'an qui vient. Une frontière de sablier qu'on renverse!" comment il allait re-commencer une année...
J'ai bien sûr la réponse et je vous en offre le début: "1er janvier Démarrer le tricot sans maille! Tout ce blanc, tout ce vide! tout ce silence! Comme d'être penché sur le miroir aveugle d'un ordinateur. Sur son puit sans fond(s). Sur le bleu nuit de la nuit profonde. La voûte céleste pour ombre. Un labyrinthe de gouffres en toi. Tu te réclames d'une poétique de l'abîme autant que de celle de l'Ouvert - Venise parfois t'en renvoie l'image - et voilà que sa réalité te dérobe la terre sous tes pieds. Nouvelle petite nuit, normale celle-ci, mais dont j'ai d'autant plus savouré les plages de repos. Comme des ornières de lumière mouillée dans le sable à perte d vue. La mer en impacts de plantoir hors d'elle. L'éternité qui ocelle le temps. Ses yeux qui cherchent à tâtons les tiens pour l'échange du regard fécond." .... La fin de l'Univers
Commencer, recommencer, jusqu'où? Petite fable sur l'univers: On supposer que l'univers a commencé avec le Big Bang il y a 13.7 milliards d'années... Mais qu'y avait-il avant? D'aucuns disent qu'il y avait quelque chose, d'autres qu'il y avait un autre espace-temps (théorie des Cordes) où les lois répondent à la physique quantique (vous savez, le chat de Schroedinger...). Certains disent qu'on ne peut pas encore le savoir... Pourquoi? Parce qu'à priori les trous noirs (découverts par Steven Hawkins en 1974) perdaient peu à peu leur masse par "évaporation quantique" et qu'une fois qu'ils auront disparus, on pourrait mesurer cet "avant"... Mais il va falloir attendre 10 puissance 80 années au moins pour cela... Partir dans les étoiles
Ah, les étoiles, ces "osselets de lumière jetés par hasard" dans le ciel comme les appelle Albert Strickler, combien de connaissances les ont rejointes ces dernier temps... Annie Greiner, Marie Frering, Pia Jung, Pierre Diependaele, et d'autres, comme Marc Syren, dont je viens de retrouver un livre dans lequel il "illustre" par ses poèmes les peintures de Krycha Le mot juste approche le réel et je vous en livre un poème: Homme debout qui fréquente l'oisellerie du grand large, anime l'atelier des gammes, alors te sera donnée la possibilité d'écrire le poème de la chance Et puis, hier, André Pomarat, qui avait fondé le TNS - Centre Dramatique de l'Est avec Hubert Gignoux au début puis le TJP (MAL - Maison des Arts et Loisirs à la Petite France). Il avait organisé des projections de film en plein air à la Petite France en été et fait venir de nombreuses troupes, dont Yolande Moreau quad elle tournait dans les petites salles avec son spectacle qui a donné son film Quand la mer monte, et aussi Jean-Roger Caussimon, grand poète- chanteur, compagnon également de Léo Ferré. Il était l'invité de Christian Daniel sur FR3 Alsace dans son émission Pour le plaisir pour interpréter accompagné par Jean-Marie Hummel les chansons qu'il avait écrites pour Léo Ferré Mon Camarade puis Dieu et les autres et Le Temps du Tango: Je ne sais plus combien ça fait de mois Qu'on s'est rencontrés, toi et moi Mais depuis, tous deux, on se balade... On ne prend jamais le vent debout C'est lui qui pousse et on s'en fout Mon camarade... En avril, tous les prés sont verts Ils sont tout blancs quand c'est l'hiver En mars, ils sont en marmelade Mais il y a pour deux vagabonds Un coin d'étable où il fait bon Mon camarade! On se souviendra du balthazar Qu'on a fait ce soir, par hasard Avec un vieux corbeau malade... On a tout mangé, même les os Et tu vas roupiller bientôt Mon camarade... Voilà la première étoile qui luit Les grenouilles, dans le fin fond de la nuit En choeur, lui font une sérénade... Les grenouilles ont des petits points d'or Dans les yeux, tu le savais?... Tu dors Mon camarade... De Jean-Roger Caussimon - je vous offre Nous Deux
Pour revenir à mai, je vous offre une version "live" de la chanson Mai Paris par Claude Nougaro:
Et dernier hommage, celui à Tony Allen, lui aussi parti pour les étoiles, ici avec Hugh Masekela: We've landed (nous avons atterri)
En ce premier mai 2017, le souvenir d'un premier mai chaud de 2002 nous revient en mémoire. Dehors il pleut, mais faisons que le Bonheur soit dans nos coeur, partageons à la fois les fleurs (le muguet est le symbole de Flora déesse des Fleurs) mais aussi l'amitié, l'accueil et contribuons chacun à notre niveau à l'avenir des fleurs, des plantes, des hommes, de la diversité et de la culture, de la poésie aussi et des chansons. Après le muguet du jour, une pensée à Danièle Darrieux, née le 1er mai 1917 et qui fête ses cent ans.
Muguet du premier mai - Photo: lfdd
Danielle Darrieux pour ses 100 ans nous chante le temps du muguet. Danielle Darrieux - Le temps du muguet: J'ai caché Mieux que partout ailleurs Au jardin de mon coeur Une petite fleur Cette fleur Plus jolie qu'un bouquet Elle garde en secret Tous mes rêves d'enfant L'amour de mes parents Et tous ces clairs matins Faits d'heureux souvenirs lointains Quand la vie Par moment me trahit Tu restes mon bonheur Petite fleur Sur mes vingt ans Je m'arrête un moment Pour respirer Ce parfum que j'ai tant aimé Dans mon coeur Tu fleuriras toujours Au grand jardin d'amour Petite fleur Prend ce présent Que j'ai toujours gardé Même à vingt ans Je ne l'avais jamais donné N'ai pas peur Cueillie au fond d'un coeur Une petite fleur Jamais ne meurt. Elle a aussi chanté les fleurs: Danielle Darrieux chante "Petite Fleur"
Et Les fleurs sont des mots d'amour (1942)
Et en guise de conclusion, une chanson du poème d'Aragon Il n'y a pas d'amour heureuxchanté par Danielle Darrieux:
Parce que l'on peut aimer les fleurs, aimer les hommes, aimer les femmes et s'engager.
Filer la métaphore ou se défiler en s'oubliant dans un livre? Tiens, entre deux pages, j'ai trouvé un papier d'Arménie, ou plutôt un papier sur le papier d'Arménie. Et c'est mon libraire qui m'a offert ce livre d'images où les paroles rencontrent les images par hasard (pas le même Hazard qu'hier) pour la Saint Jordi - vous en souvenez-vous, c'est la fête des libraires, commencée en Espagne où l'on offrait une rose et un livre le jour de la Saint Jordi - Georges (voir mon billet du 27 avril 2013 et le résultat le 4 mai 2013). Cette année, le livre est une magnifique édition des Cahiers Dessinés pilotée par Frédérik Pajak "Une Année Dessinée" où des citations de libraires ou d'auteurs rencontrent par un hasard fortuit dans leur correspondance de magnifiques dessins de Bosc, Chaval, Gébé, Muzo, Pajak, Steinberg, Topor, Tetsu et bien d'autres.
Voici donc le mot que me renvoie à mon billet de dimanche dernier:
"Allumer une allumette le matin pour faire brûler le papier d'Arménie. C'est la seule odeur qui convient à ma librairie Rue de Verneuil; Henri Vereuil est Arménien." Vous l'avez deviné, il est offert par le libraire de la rue de Verneuil à Annecy, à la date du 13 juillet. Et avant de vous offrir le muguet fleuri, je vous cite la pensée à la page du 1er mai: "Travailler moins pour lire plus" Alain Serres, Editions rue du Monde - Librairie Entre les lignes, Creil
Muguet du 1er mai fleuri - Photo: lfdd
Et comme le premier mai il y a aussi des chansons, je vous en mets tout plein, rapport au "défilé-pélerinage" de Jean-Claude Meunier (interprété par Gérard Darmon) pour rencontrer Charles Aznavour dans le film "Emmenez-moi" de Gérard Bensimon dont je vous ai parlé dimanche dernier:
Et pour finir, une actualité drôle: "Aujourd'hui les défilés du premier mais seront très courts: Les organisateurs ayant prévu de défiler en ordre dispersé, la manifestation se terminera dès le début dans la dispersion.