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dimanche 12 novembre 2023

Albert Strickler : Où vont les nuages ?

 Sa maison était au dessus du brouillard, près des nuages et il est parti ... définitivement.

Albert, l'ami d'enfance, celui qui aimait la forêt du Rhin, qui y revenait comme à ses anciennes amours.

Celui à qui le grand-père calfat avait fait découvrir la jungle des bras morts du Rhin

Celui qui est parti tutoyer l'horizon vaste et lumineux sur son échelle du ciel

Celui qui, jour après jour, nuit après nuit tissait en liens indélébiles les mots des uns et des autres avec les siens

Celui qui s'émerveillait des riens somptueux et chantait la nature et l'Homme, les femmes aussi..

Celui qui déployait une énergie au dessus de ses forces pour chanter et célébrer la poésie de la vie et des ami(e)s

Albert restera auprès de nombreux amis, lecteurs et lectrices comme une éphéméride des souvenirs, un almanach de la météo de nos sentiments

Son sourire brillera encore longtemps dans nos yeux, sa bonté nous réchauffera les jours de pluie

Sa joie de vivre ensoleillera les jours futurs

Et sa faconde nous racontera encore mille histoires en poèmes ou en prose.


Il avait participé au bouquet des Fleurs Fabuleuses, le livre d'artiste de Robert Becker et Dominique Haettel et avait choisi, en troubadour facétieux, la photo de l'Iris qui tire la langue, devenu masque vénitien et je vous l'offre - à lui aussi par dessus les nuages, ainsi que le texte qu'il avait avec sa faconde et sa fantaisie habituelle rédigé dès qu'il avait eu la proposition à laquelle il avait bien sûr répondu sans hésiter. 




Le carnaval de Venise avait lieu cette année-là en automne. On avait asséché la plupart des canaux, sauf un qui servit d’immense soliflore pour une fleur fabuleuse, afin d’élargir les zones piétonnes.
Une magnifique gondole sur roulettes – en fait, une espèce de cercueil en forme de brouette – avait valu à son concepteur le premier prix du concours Lépine.
Les Vénitiens et les touristes qui les avaient rejoints en masse, et en masques, était plus fous que jamais, en dépit du manque d’eau dû au curage évoqué.
Et la faune, ni plus ni moins que la flore d’ailleurs, n’était de loin pas en reste. Car les loups, comme sortis des bois de l’hiver, se mêlèrent vite aux masques aussi.
Un vieux Doge, costumé en vieille chouette, à la main un sceptre en forme de trompe d’éléphant orné d’un sourire de lune malicieuse, et bombant d’orgueil la poitrine quoique mort, s’était en même temps travesti en sirène de proue ornant son propre corbillard.
Le plus intrigant  étant qu’il paraissait se multiplier au fur à mesure qu’il fendait les flots à sec.
Moi qui avais appris à danser la valse sur le sirupeux mouvement de l’été de Vivaldi, je profitai de la zizanie ambiante pour retourner sur la tombe de Stravinsky et y déposer mon bouquet qui sacre traditionnellement le printemps.
Quand j’en revins du cimetière San Michele, je croisai Claudia, la seule qui ne fût ni maquillée ni même habillée.
«  - Qu’est-ce que tu fous là, à poil ?
 -Si je me suis costumée en nue, c’est qu’on n’a pas de temps à perdre. Tu es bien sûr le seul à ne pas savoir que nous sommes confinés.
Viens, je nous ai déniché un superbe palais près de La Fenice.  On se met sous la couette, c’est quand mieux que de se voler dans les plumes, non ! »
Le temps d’enregistrer sa proposition – il y a moins alléchant ! – et un nombre incroyable de ses clones sortirent de son dos comme des anges pour aller puiser dans le corbillard du doge des fleurs de toutes  sortes et les jeter, avec force clins d’œil, hors de leur char, comme jadis, chez nous, les jeunes filles lors de la Fête-Dieu.
"


Vous pouvez le revoir dans l'émission Rund Um  il parle de cette expérience ici:




Lui qui aimait le jaune m'avait sollicité pour la photographie de couverture de son "Journal du Confinement" Un silence icandescent pour une photo de genets, moi qui venait du "Pays ancien", entre Moder et Rhin. Je venais juste de capturer un couple de papillons, prise dont j'étais très fier et qu'il a finalement préféré aux joncs traditionnels qui n'étaient plus son environnement au Tourneciel où il avait été confiné. 





Dans son tout premier journal en "Il a plu sur les cerises - Journal Printemps 1995" le 24 mars 1995, Albert disait: "Et si la tenue d'un Journal n'était qu'une forme d'accompagnement à la mort !
Il l'a accompagnée pas assez longtemps... La veille de son anniversaire il faisait le bilan de mi-temps et "intégrait les "inconnus" que sont une balle perdue, un platane dans un virage ou tout simplement un refus du coeur".

D'ailleurs pour son dernier journal "Boiter jusqu'au ciel - Journal 2022", il avait noté au 1er janvier:
"J'ai mis Journal 2022 et suis reparti!"

Parti où ? Là où vont les nuages ?

Où vont les nuages
Une fois qu'ils ont saigné
Tout leur sang
Une fois qu'ils ont sué
Toute leur eau
...

Où vont les nuages
Si ce n'est d'échouer 
Comme d'immenses baleines
sur une lointaine plage du ciel
...

Nous le laissons sur ce chemin et gardons dans notre coeur les très bons moments passés ensemble, en vrai et avec ses livres.


La Fleur du Dimanche

Nous partagerons avec sa famille et ses amis notre peine le lundi 13 novembre en l'église Saint Georges à Sélestat




Le dimanche 19 novembre à 15h00 aura lieu également un hommage au CINE Bussière. Aline Martin et Pierre Rich liront les poèmes d’Albert Strickler écrit spécialement pour le livre de Michel Friz "L’alphabet des hirondelles” suite à la conférence sur les hirondelles de Pierre Hieber,  guide naturaliste chevronné et Michel Friz. plus d'info ici:
 

dimanche 17 juillet 2022

Martin a dit, mieux, il l'écrit, mélange des genres, et le feu d'artifice

 Les fidèles lectrices et lecteurs de la Fleur du Dimanche connaissent sûrement Martin Adamiec. J'ai parlé des livres qu'il a écrits (voir mon billet du 4 octobre 2014 à propos de son "journal 2014-2013" ou les différentes "pensées" ou "poésies" que j'ai placé de temps en temps en TVA. Il a également une texte pour le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" à propos du jaune ginkgo et pensée mêlé et il a fait une (même deux) lecture(s) de l'ensembles des 24 textes lors de l'exposition à la Galerie Art Course* l'année dernière.

Aujourd'hui je vais vous parler de son dernier livre "Comment dire ce qui m'échappe encore", sorti fin 2021 aux éditions du Tourneciel.

Mais place à la fleur du 14 juillet:

Pavot blanc - Photo: lfdd

C'est un pavot bien pâle alors que tous les feux d'artifices ont joué le tricolore éclatant parait-il. Et que l'émoji "drapeau français" se place en sixième position sur twitter. On vit une époque formidable (avec la guerre à nos portes ! et des virus cachés). Pour complété ce rouge qui n'en est pas un, voici un bleu qui est mauve:


Mauve - Photo: lfdd

Et continuons sur cette couleur plutôt que du blanc avec ce butleya, la fleur de l'arbre à papillon:

 

Budleya - Photo: lfdd

Le livre de Martin Adamiec peut être considéré comme son journal de 2020 - 2021 mais on y trouve des poèmes, des nouvelles, un journal de voyage et des réflexions, toujours avec son style incisif, artisan de la langue qui la sculpte et la triture, prêt à tordre les jeux de mots pour les essorer ailleurs. Sa langue est riche et fleurie, il adore d'ailleurs les fleurs et les nommer et il aime toujours autant la nature même si pour cette période il a plus intériorisé ses réflexions par exemple sur des moments de résidences ou de voyage pèlerinage. Il nous a également concocté un "Calendrier perpétuel des voyages en confinement" où avec les sept jours de la semaine, nous devrions tenir de longs mois.  Je vous propose ci-dessous une petite variété de ses écrit, espérant qu'ils vous donneront envie de voyager plus loin avec lui:


Une partie de moi
participait à une manifestation pour ne pas battre en retraite, une partie rêvassait de contagion. On se moque de ceux qui prétendent refaire le monde avec trois bouts de chiffon rouge, vingt centimètre de ficelle ordinaire et quatre bouchons de liège. Et j'en suis les jours de gloire et de cafard. ...

...

Comme des coqs fiers et avides de produire le premier pic sonore de l'aube les yeux brûlés à force de nous rêver aigles dans le ciel nous étions sûrs de chanter demain dans la basse-cour du monde laissant nos dents de lait sous le coussin des plumes. ...

...

J'avoue écrire dans ma tête des phrases d'excuse et les apprendre par coeur. Si d'aventure je rencontre quelqu'un à la gare, je brandis ces phrases, comme on présente son identité, comme un pauvre bougre qui brandit sur une pancarte en carton une phrase pour vous dire qu'il a besoin de vous. ...

...

A bout de souffle, nous composons à l'infini une cartographie pédestre des non-lieux. Assis sur un troc, reprenant notre souffle, nous débitons des stères de vérité. C'est à qui provoquera la plus belle rencontre des contraires.  (...)  La forêt vaut mieux qu'une cellule de dégrisement. J'ai de la sciure plein la tête. Un s'taire vaut mieux qu'une langue de bois. ...

...

Dans les années 80, je feuillette distraitement le quotidien Libération. Je tombe sur une page vide. Tiens, un problème d'impression. J'y retourne. Cette page était offerte à un écrivain pour qu'il réponde à la question: pourquoi écrivez-vous? Ce jour-là juste trois mots de Samuel Beckett: bon qu'à ça.

...

Je ne saurais dire
que l'arbre a grandi
ni le temps passé sous ses branches
je m'abstiens volontairement de dire
comme si pour grandir
dans ces temps voilés
il fallait garder un peu de lumière
pour éclairer l'énigme du silence. 


Budleya - Photo: lfdd


Le prochain livre de Martin Adamiec est prévu à la rentrée, lisez celui-ci en attendant, ainsi que les derniers livres édités par les éditions du Tourneciel, par exemple les Histoires de vie(s):  le livre de Pierre Barrat, Théâtre, musique, ma vie aux mille partitionsses mémoires d’acteur culturel de premier plan, qui a laissé une forte empreinte dans notre région, où il a, entre autres, été le premier directeur de l’Opéra du Rhin, puis le fondateur de l'Atelier Lyrique du Rhin à Colmar. Ou encore, Albert Strickler, Comme le souffle d’une étoile filantele 14ème volume de son Journal perpétuel de poète. Ils présentaient, avec la complicité de Martin Adamiec, leurs expériences respectives de mémorialiste et d’autobiographe avec Gabriel Braeuner à la librairie Kléber le 28 juin:

Lecture du journal 2021 d'Albert Strickler par Martin Adamiec - Librairie Kleber  - Photo: lfdd


Je vous mets en guise de goutte d'eau à la bouche, un minuscule extrait de ce livre de 632 pages (vous avez un an pour le lire..).


"On a senti hier quelque chose comme une brèche dans le temps. Un soleil inattendu, une douceur irréelle. Le printemps semblait vouloir s’annoncer dans les gorges des oiseaux et dans un vert à peine sorti de l’eau.
Lavé du blanc de la neige, de la boue et, en un mot, déjà de l’hiver.
Mais il n’y avait pas que les manifestations de la nature, le miracle de ses épiphanies, il y avait aussi un tressaillement en nous, une envie… de vie, le « Oui » du Magnificat retrouvé, un désir têtu, des projets en pagaille et la joie d’imaginer mettre en terre ce qui lèverait pour célébrer le ciel."


Pour finir, comme Martin Adamiec est très actif - il vient de sortir avec le collectif Turbulence une série de 4 podcasts à écouter consacrés à l'Ukraine (du 22 février 2014 à ce jour) - vous avez ci-dessous un lien vers des textes de Martin Adamiec et Pierre Zeidler, avec la participation de Reha Yünlüel.

Lien sur spotify (open) à partager iciCollectif Turbulence: Ukraine


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche


* Suite à l'exposition à Art Course à Strasbourg, une autre exposition a été organisée à l'Iloz près de Lyon qui a connu un bon succès (plus de 60 visiteurs par jour).

Et pour celles et ceux qui n'ont pas encore vu le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" et les oeuvres originales, elles vont faire partie d'une exposition collective en Bourgogne (près d'Autun) à partir du 6 août 2022 (plus d'informations bientôt).

P.S. Vous avez cru voir une histoire de Feu d'artifice, vous n'aviez pas tort... ici quelques images de celui de Strasbourg, le 14 juillet 2022 - en bleu, blanc, rouge:

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd


vendredi 1 mai 2020

Mai commencé, mais re-commencer, comment c'est?

En ce premier mai exceptionnel, personne ne va (se) défiler. 
C'est une première depuis bien longtemps... très longtemps.
Pour rappel, le premier mai était, au début la "journée des travailleurs", lancée suite aux revendications, aux Etats-Unis pour la journée de travail de huit heures qui a vu, le 1er mai, en 1884 ce jour (mooving day - nouveaux contrats pour les travailleurs) comme jour de grève et de manifestation pour défendre leurs droits. En 1886, à Chicago, la grève s'est achevée le 3 mai par des morts, un procès et des exécutions (4 condamnés à mort en 1887). 
En France, Jules Guesde instaure cette "fête du travail" à partir de 1889. Et c'est le maréchal Pétain qui, en 1941 en fait la "la fête du Travail et de la Concorde sociale", appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie.

Mais place aux fleurs (le muguet caché):


Muguet caché du premier mai - Photo: lfdd

Pour le TVA, je vais commencer au commencement, la question étant: Quand est-ce que cela a commencé


La maison aux glycines - avril 2020 - Photo: lfdd


L'histoire continue

Ou plutôt, je vais aller à après, quand il s'agira de re-commencer... C'est quoi recommencer? Re-commence-t-on vraiment ou continue-t-on comme avant, à empiler sur le passé?
Comment ne pas (se) répéter (ses erreurs)...
Que garde-t-on du passé, comment l'histoire s'écrit-elle?
Georges Duby n'a-t-il pas écrit un livre qui s'appelle L'histoire continue? Dans les deux sens?
Ne disait-il pas "la réalité vivante est inévitablement déformée.  (...) Reconstituer un système de valeurs, voilà tout ce qu'il m'est possible de faire à partir de ces mots proférés" (cf. Extrait)


Extrait - Georges Duby - Dames du XIIe Siècle


Et Antoine Lilti, au sujet des "Lumières" dans son livre L'Héritage des Lumières. Ambivalence de la modernité:
"L'histoire des Lumières n'est pas celle d'un héritage qui s'imposerait à nous comme une évidence, mais celle d'une longue transmission faite de réinterprétations, de contresens, de redéfinitions."


La maison aux glycines - avril 2020 - Photo: lfdd


Le geste d'écrire

Comment allons-nous nous adapter, écrire ce qui nous attend, qu'attendons-nous d'écrire?

A ce sujet - écrire - deux incursions dans le hors-texte. D'une part Camile Laurens et sa magnifique conclusion dans son article dans le Monde du 4 octobre 2019 à propos du livre d'Alice Pauly Avant que j'oublie, où elle dit:
"En lisant Alice Pauly, j'ai pensé aux mots de Georges Perros: "La vie ne ressemble à rien. La littérature ne ressemble à rien." Le beau titre Avant que j'oublie, pourrait en effet servir d'épitaphe au geste même d'écrire, de mettre des mots sur la mort: car cette phrase incomplète qu'est la vie, c'est la littérature qui seule l'achève et lui permet de s'envoler comme un oiseau guéri."

En écho, la conclusion de Raphaëlle Leyris dans le Monde du même jour, au sujet du dernier livre de Patrick Modiano Encre Sympathique dont elle dit:
"Il dit aussi que quand il avait commencé son travail de romancier, il était convaincu qu'"il arrivait un moment où l'on avait écrit ce qu'on avait à écrire, où l'on était comme soulagé de ça, on avait l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait. Alors, on pouvait arrêter". A 74 ans, il sait que ce jour n'arrivera pas, qu'il lui faudra toujours se remettre à l'ouvrage. Il a l'air de prendre comme une malédiction ce qui est la chance de ses lecteurs."


La maison aux glycines - tapis mauve - Photo: lfdd

Re-commencer à écrire

Ecrire, commencer, re-commencer, comment recommencer, vaste question, qui me ramène au journal de mon ami Albert Strickler dont je vous parle régulièrement - le confinement m'a permis de terminer celui de l'année 2018 et j'ai la chance d'avoir reçu le dernier, La constellation du Labyrinthe - Journal 2019 en  avant-première...
Et je me suis demandé, venant de finir 2018 par ces mots: "Aller outre! Dépasser les frontières, à commencer par celle, mais existe-t-elle, entre l'an qui s'écoule et l'an qui vient. Une frontière de sablier qu'on renverse!" comment il allait re-commencer une année...

J'ai bien sûr la réponse et je vous en offre le début:
"1er janvier
Démarrer le tricot sans maille!
Tout ce blanc, tout ce vide! tout ce silence! 
Comme d'être penché sur le miroir aveugle d'un ordinateur.
Sur son puit sans fond(s).
Sur le bleu nuit de la nuit profonde.
La voûte céleste pour ombre. Un labyrinthe de gouffres en toi.

Tu te réclames d'une poétique de l'abîme autant que de celle de l'Ouvert - Venise parfois t'en renvoie l'image - et voilà que sa réalité te dérobe la terre sous tes pieds.

Nouvelle petite nuit, normale celle-ci, mais dont j'ai d'autant plus savouré les plages de repos. Comme des ornières de lumière mouillée dans le sable à perte d vue.
La mer en impacts de plantoir hors d'elle.
L'éternité qui ocelle le temps.
Ses yeux qui cherchent à tâtons les tiens pour l'échange du regard fécond."
....

La fin de l'Univers

Commencer, recommencer, jusqu'où? Petite fable sur l'univers:
On supposer que l'univers a commencé avec le Big Bang  il y a 13.7 milliards d'années... Mais qu'y avait-il avant?
D'aucuns disent qu'il y avait quelque chose, d'autres qu'il y avait un autre espace-temps (théorie des Cordes) où les lois répondent à la physique quantique (vous savez, le chat de Schroedinger...). Certains disent qu'on ne peut pas encore le savoir... Pourquoi? Parce qu'à priori les trous noirs (découverts par Steven Hawkins en 1974) perdaient peu à peu leur masse par "évaporation quantique" et qu'une fois qu'ils auront disparus, on pourrait mesurer cet "avant"...
Mais il va falloir attendre 10 puissance 80 années au moins pour cela...

Partir dans les étoiles 

Ah, les étoiles, ces "osselets de lumière jetés par hasard" dans le ciel comme les appelle Albert Strickler, combien de connaissances les ont rejointes ces dernier temps... Annie Greiner, Marie Frering, Pia Jung, Pierre Diependaele, et d'autres, comme Marc Syren, dont je viens de retrouver un livre dans lequel il "illustre" par ses poèmes les peintures de Krycha Le mot juste approche le réel et je vous en livre un poème:

Homme debout qui fréquente l'oisellerie
du grand large, anime l'atelier des
gammes, alors te sera donnée
la possibilité d'écrire le poème
de la chance

Et puis, hier, André Pomarat, qui avait fondé le TNS - Centre Dramatique de l'Est avec Hubert Gignoux au début puis le TJP (MAL - Maison des Arts et Loisirs à la Petite France). Il avait organisé des projections de film en plein air à la Petite France en été et fait venir de nombreuses troupes, dont Yolande Moreau quad elle tournait dans les petites salles avec son spectacle qui a donné son film Quand la mer monte, et aussi Jean-Roger Caussimon, grand poète- chanteur, compagnon également de Léo Ferré.

Il était l'invité de Christian Daniel sur FR3 Alsace dans son émission Pour le plaisir pour interpréter accompagné par Jean-Marie Hummel les chansons qu'il avait écrites pour Léo Ferré Mon Camarade puis Dieu et les autres et Le Temps du Tango:

 
Je ne sais plus combien ça fait de mois
Qu'on s'est rencontrés, toi et moi
Mais depuis, tous deux, on se balade...
On ne prend jamais le vent debout
C'est lui qui pousse et on s'en fout
Mon camarade...
En avril, tous les prés sont verts
Ils sont tout blancs quand c'est l'hiver
En mars, ils sont en marmelade
Mais il y a pour deux vagabonds
Un coin d'étable où il fait bon
Mon camarade!
On se souviendra du balthazar
Qu'on a fait ce soir, par hasard
Avec un vieux corbeau malade...
On a tout mangé, même les os
Et tu vas roupiller bientôt
Mon camarade...
Voilà la première étoile qui luit
Les grenouilles, dans le fin fond de la nuit
En choeur, lui font une sérénade...
Les grenouilles ont des petits points d'or
Dans les yeux, tu le savais?... Tu dors
Mon camarade...

De Jean-Roger Caussimon - je vous offre Nous Deux


Pour revenir à mai, je vous offre une version "live" de la chanson Mai Paris par Claude Nougaro:




Et dernier hommage, celui à Tony Allen, lui aussi parti pour les étoiles, ici avec Hugh Masekela: We've landed (nous avons atterri) 




Bon premier mai !

La Fleur du Dimanche

dimanche 26 avril 2020

Le jour d'après: conservation ou conversation - Amour et Corona

Le jour d'après, on en parle, mais qu'est-ce que ce sera?
Ou plutôt, la question est: Qu'est-ce qui va changer?
Ou plutôt: "Qu'est-ce qui doit changer?
La chose a commencé à faire son chemin, le Monde prend conscience qu'il faut changer... 
Mais comment, quoi, quand?
Il ne s'agit plus d'attendre que ce soit "fini" et que l'on recommence comme avant. Je pense que c'est clair (pour beaucoup).
Par contre, ce qui n'est pas très clair - et c'est un euphémisme de dire cela - c'est comment on va se débrouiller, s'organiser, vivre "après". Car "après", c'est quoi?

Bon, d'abord la fleur:

Rose rose confinée - Photo: lfdd

Et après, ne paniquons pas. Nous en avons l'habitude, de ne pas savoir de quoi demain est fait, même si ici, maintenant, là, il y a deux incertitudes, comme nous le dit Roger-Pol Droit dans le Monde du 24 avril - voir l'extrait ci-dessous:

D'une part on ne sait pas ce que sera demain, comme d'habitude, dirais-je, mais en plus on ne sait pas comment cela va encore évoluer, après.
On a bien vu depuis le début de l'année avec le peu de rétrospective que l'on peut avoir que TOUT ce à quoi l'on s'attendait est à la fois arrivé et pas arrivé.

Là où il faudra être très attentif, c'est de ne pas, comme c'est un peu le cas (euphémisme) être acculé à devoir accepter des situations, des conditions qui sont des entraves à la liberté. 
Je ne veux pas prêcher pour la liberté individuelle criminelle à tout crin, mais j'ai un peu l'impression que l'on utilise une pression "externe" pour se défausser de certains manques d'organisation ou d'erreurs de gestion ou de prévision. On ne va pas refaire le passé mais soyons vigilants et je vous propose à la réflexion l'extrait de l’interview d'Etienne Balibar, toujours dans le Monde du 24 avril "L'histoire ne continuera pas comme avant" à l'occasion de la parution de son livre "Histoire Interminable"



Là où nous pouvons déjà essayer de bouger, c'est dans notre "responsabilisation" propre - que nous pouvons essayer de partager par l'exemple, et surtout dans l'attention que nous portons aux autres: attentif, sage, précautionneux, respectueux de l'autre, de son être, de sa santé, de son attitude, de ses peurs ou de ses débordements. Tenant compte du contexte et de la connaissance que nous avons, sans pour autant rejeter ceux que nous ne connaissons pas.

Et le meilleur moyen d'accepter l'autre, n'est-il pas de l'écouter et d'échanger, de converser, et pas forcément de vouloir le changer, de l'amener dans une conversion. 
Par contre une conversation, oui! 
Sur ce sujet, notons que Guillaume Villemot, le fondateur du Festival des Conversations a dû annuller son festival et ses animations.
À une époque où converser tend parfois à devenir virtuel, il a créé ce festival où il célèbre ces temps privilégiés d’échange, de partage et d’édification collective.  Comme il le dit:

"Alors que nous sommes de plus en plus connectés les uns aux autres, nous n’avons paradoxalement jamais été aussi seuls. Quand j'entends des enfants dire qu'ils ont des conversations avec Siri sur leurs iPhone, je me dis qu'il est temps d'agir. C'est ainsi que le Festival est né et se développe. La bonne nouvelle, nous avons trouvé des personnes qui font la même chose que nous ailleurs. Le Festival appartient à tous ceux qui comme vous veulent redonner le temps de la parole à tous. Je sentais chez les citoyens que nous sommes, plutôt une peur croissante d'oser parler directement à l'autre, de se livrer. Nous nous protégeons de plus en plus. En même temps, sur les réseaux sociaux, chacun raconte sa vie ou la vie qu’il voudrait avoir." 
Ce qu'il recherche à travers ce festival c'est de "Faire que des gens se disent: « Tiens c'est vrai, c'est simple de prendre le temps d'écouter l'autre et de lui répondre.» Moi quand j’observe les effets que peuvent avoir de simples conversations autour de soi, j’ai juste envie d'y replonger."
...

Rose rouge confinée - Photo: lfdd

Dans ces temps de confinement, lorsque je rencontre des gens dans la rue, et, bien qu'au début j'ai senti presqu'une terreur de se retrouver face à quelqu'un d'autre ("Nous sommes en guerre" !), je sens que ce besoin d'échange surgit, d'une autre manière, une ouverture, une relation est attendue. Une autre manière de se retrouver doit être trouvée.
Et n'oublions pas notre planète, nous ne sommes pas le centre du monde, nous ne sommes pas "tout-puissants". Soyons attentifs à ceux qui croient encore, pour diverses raisons que le monde est à eux, quelle qu'en soient les conséquences.

Je vous mets  également un extrait du Grand Entretien sur France TV avec Valérie Masson-Delmotte climatologue et coprésidente du groupe n°1 du Giec, dont le texte liminaire dit:
"Depuis quelques semaines, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte comprend un peu mieux son collègue chinois Panmao Zhai. "Il me disait que ce qui était important dans le confinement, c'était de regarder pousser ses plantes. Sur le coup, cela m'avait fait beaucoup rire, mais je vois parfaitement ce qu'il veut dire", raconte celle qui prend régulièrement des photos des fleurs et insectes de son jardin de l'Essonne depuis le 17 mars."

Elle dit: "Ce dont nous parlons, c'est transformer tous les grands systèmes de production, notamment énergétique, en sortant des énergies fossiles, le charbon puis le pétrole et le gaz, en y substituant d'autres approches. C'est également transformer les villes pour minimiser le recours à l'énergie, utiliser l'économie circulaire et l'efficacité énergétique au maximum. C'est aussi avoir les infrastructures qui permettent ces transformations et puis transformer la manière dont nous produisons notre alimentation. C'est transformer la façon dont nous gérons les forêts dans le monde entier, de sorte à stocker du carbone plutôt que de rajouter des gaz à effet de serre.

Ce qui est intéressant, c'est que sur tous ces aspects-là, des solutions existent. Nous ne sommes pas dans la situation d'il y a 20 ou 30 ans. Nous avons des solutions qui existent dans tous les domaines, que ce soient pour les énergies décarbonées, les transports. Nous avons des alternatives aux véhicules à moteur thermique, nous avons des solutions d'économie circulaire, de réutilisation, plutôt que d'utilisation de ressources non renouvelables et nous avons des solutions de bon sens, y compris pour la production alimentaire. Nous avons beaucoup d'agriculteurs qui innovent qui développent des méthodes parfois anciennes, parfois nouvelles, pour justement réduire l'impact environnemental tout en produisant suffisamment pour nourrir tout le monde.

Si nous voulons contenir le réchauffement à un niveau bas, ce ne sont pas seulement ces transformations un peu systématiques qui sont nécessaires. C'est aussi la question des choix de consommation et des styles de vie. Si la demande mondiale ne fait qu'augmenter pour l'énergie, pour les produits non renouvelables ou pour une alimentation qui a une forte empreinte carbone en particulier les produits animaux ou les huiles végétales, dans ce cas-là, nous ne pourrons pas réduire suffisamment vite les émissions de gaz à effet de serre, parce que cela voudra dire toujours produire plus.

J'ai beaucoup de voisins autour de moi qui s'interrogent dans cette situation un peu forcée, où on fait à manger à la maison, où on développe les circuits courts, qui me disent tant mieux parce que nous nous rendons compte que nous pouvons faire autrement, que nous pouvons vivre correctement avec plus de solidarité et plus d'entraide, nous espérons que cela va rester. Je l'ai entendu parmi mes proches, ma famille et mes collègues, cette aspiration à ce que certaines des choses que nous mettons en place là puissent rester parce qu'elles donnent aussi du sens à la vie en communauté, pas simplement à la vie individuelle."

Si vous en voulez plus, si vous avez un peu de temps, cela vaut le coup, c'est ici:
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/grand-entretien-valerie-masson-delmotte-climatologue-dessine-l-apres-coronavirus-il-va-falloir-du-courage-politique-pour-eviter-les-vieilles-ficelles_3917315.html


Rose rouge (con)finie - Photo: lfdd

Pour en revenir au Corona, saviez-vous que "Corona et Coronilla" était le titre d'un livre (posthume) de Paul Valéry, le livre de ses  poèmes à Jean Voilier (le pseudonyme de Jeanne Loviton).
Pour Paul Valéry, l’amant-poète, aucune guirlande de poème n’est trop belle pour sa bien-aimée: il y a donc la Couronne (Corona) et la Petite Couronne (Coronilla) qui rassemblent les vers de la période de leur amour (fatal!). Prolixe, Valéry lui écrivit plus de mille lettres et au moins cent-cinquante poèmes à Jeanne Loviton.
En voici deux:

Et toi, personne ne t’aura aimée d’un amour de cette profondeur et de cette qualité. Le son de mon amour, je t’assure, tu ne l’entendras jamais d’un autre, jamais.
 O jour premier, silence mémorable
Quand nos regards pour la première fois
Nous firent taire et craindre notre voix
Car nous sentions dans l’heure inexorable
De notre coeur tout le poids adorable
D’amour enfant qui va naître, ô doux poids
Naître de nous qui nous tenions les doigts…



Couronne des dimanches

 Grande Beauté, Rose spirituelle,
Vous dont je veux l’amour perpétuelle,
Le don suave et la profonde foi,
Toute Beauté, triomphez de mes ombre
Illuminez un bonheur d’être moi
Car d’être moi, ce n’est que rêves sombres.

Créez le rythme et dissipez le nombre
De tous ces ans dont mon âme s’encombre,
Faites un peu du temps que j’ai vécu,
Jusques à toi, ni passions, ni gloire
N’ont fait de moi ni vainqueur ni vaincu
Car j’attendais une plus belle histoire.

Rose spirituelle et Beauté grande
Accueillez-moi cette secrète offrande
Que je me chante à défaut de vous voir ;
Faute de vous la tendresse me ronge
Et je me trouve, au lieu de vous avoir,
Faire un travail qui m’aide à faire un songe
.


Paul Valéry me ramène à, ou plus justement me vient d'Albert Strickler dont j'ai parlé récemment(*). C'est même lui qui a cité le titre de ce livre "Corona et Coronilla" de Paul Valéry qu'il devait lire en 2019 et dont il raconte l'anecdote suivante: A quelqu'un qui s'étonne qu'il lise Paul Valéry, il répond "Moi aussi!"

Je finirai avec mon ami Albert dont j'apprécie aussi ses laconiques "sentence de fin de journée" qu'il met quelquefois justement en clôture de son journal quotidien par exemple:

4 mai
"Ces jours où j'ai l'impression de passer mon temps à expliquer que ne pas avoir être d'accord ne signifie pas avoir raison."

16 mai
""Avoir confiance dans le Lever du Jour modifie le Crépuscule." (Emily Dickinson) A bon entendeur!"

Et je finirai par cette citation de citation dans son texte du 11 mai où il note le soir à l'hôtel près de Saint-Louis où il était au Forum du Livre:
"Avant de m'endormir - le verbe est en l’occurrence impropre - je plonge dans l'homme qui aimait les livres de Philippe Lutz. 
L'exergue emprunté au Royaume d'Emmanuel Carrère semble légitimer l'aventure du journal:
"J'aime, quand on me raconte un histoire, savoir qui me la raconte. C'est pour cela que j'aime les récits à la première personne, c'est pour cela que j'en écris et que je serai même incapable d'écrire quoi que ce soit autrement.
Dès que quelqu'un dit "je" (mais "nous" à la rigueur fait l'affaire) j'ai l'envie de le suivre et de découvrir qui se cache derrière ce "je".""

Nous sommes d'accord! (c'est moi qui souligne).

Bon, concluons ce long billet avec une pause musicale, tout d'abord, une chanson qui devrait plaire à Albert, même s'il penche plutôt vers la musique classique:


Jeanne Moreau - Ni trop tôt ni trop tard
Une chanson  écrite par Serge Rezvani (Bassiak), qui a obtenu le Grand prix de l’Académie Charles Cros en 1964:




"Peu m'importe la tyrannie
Et le règne des soudards
Tant qu'ils nous laissent la vie
Tant qu'aimer n'est pas trop tard"


Pour continuer, Brigitte Fontaine, dont je ne trouve plus les paroles de son "dé-confinement";  "désormais nous sommes des fruits confits", je vous en offre un bout de poème:
"Les vieux sont jetés aux orties
A l'asile aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin"

Je vous offre son duo avec Christophe qui ne lui a pas survécu:




Ni Jacques Higelin avec qui ils ont eu la Grippe:





Et pour finir, Brigitte Fontaine - J'irai pas:





Bon Dimanche
Bon con-finement

La Fleur du Dimanche

* Court-19 : Episode 12 - Court instant avec Albert Strickler, poète, diariste, éditeur,...
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-12-court-instant-avec.html

lundi 30 mars 2020

Court-19 : Episode 12 - Court instant avec Albert Strickler, poète, diariste, éditeur,...

En ces temps de chamboulement, une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons...
Comme photo du jour, je vous offre les fleurs - très discrètes - que j'ai découvertes dans un petit jardin de ville débordant de la clôture découvertes lors d'une "sortie officielle d'aération",ce sont des Akebia quinata:


Fleurs discrètes - Akebia quinata - Photo: lfdd

Fleurs discrètes - Akebia quinata - Photo: lfdd

Fleurs discrètes - Akebia quinata - Photo: lfdd

Pour le TVA, vous l'aurez deviné, je vais faire court et vous proposer quatre (!) phrases du Journal 2018 - Le coeur à tue-tête d'Albert Strickler dont Jean Chalon un de ses auteurs préférés a dit en quatrième de couverture qu'il a: "tenté et réussi l'impossible: mélanger le quotidien et l'universel, les évéèments extérieurs et les évènements intimes. ... C'est une vrai leçon de vie qu'il donne dans chacun des volumes de son Journal..":

"Le chant du merle cueille les cerises à même le ciel."

"Souffrir d'apnée du soleil! "


"Quand mes proches ont quitté le beau parc pour déjouer les bouchon de la route du retour, je sens m'envahir un indicible spleen qui berce ma grande fatigue... ou le contraire. J'écoute les "tubes" de Cachou-Cachou, comme remontant d'une cité engloutie, celle d'un ancien monde, me laisse oppresser par le parfum des roses qui m'avaient si légèrement enivré quelques heures plus tôt, hésite à aller revoir une dernière fois le ballet bleuâtre des libellules déprimées autour des nénuphars roses, boite difficilement jusqu'à la voiture, y pose mes cadeaux, vins et livre, puis roule vers le Tourneciel comme à travers l'air tremblé de larmes, m'effondre sur la terrasse pour y lire "Parce que l'oiseau" de Fabienne Raphoz, dont je découvre les premières pages en même temps qu'un rouge-queue qui, sur la rambarde de la terrasse, agite frénétiquement sa queue, comme pour battre la mesure de ma lecture qu'il semble suivre par-dessus mon épaule..."


Pour la vidéo du jour, je vous offre un voyage mystérieux dans une église avec ses statues recouvertes d'un drap, accompagnés par la voix de Geneviève Charras:




Et pour les chansons, j'ai eu la curiosité de chercher Cachou-Cachou que je vous propose de regarder:




Sachez qu'Albert Strickler, avant d'être a la retraite, et parmi ses nombreux métiers et postes a dirigé l'ESAT de Sélestat, maintenant nommé l'Evasion, et qu'il est à l'origine de l'orientation artistique de cet établissement.

Pour le reste de la musique, je vous mets François-René Duchâble, un musicien que ce mélomane apprécie tout particulièrement:

D'abord avec un de ses concerts d'adieu:


Puis pour un concert surprise au Musée du quai Branly:





Portez-vous bien

La Fleur du Dimanche