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dimanche 17 juillet 2022

Martin a dit, mieux, il l'écrit, mélange des genres, et le feu d'artifice

 Les fidèles lectrices et lecteurs de la Fleur du Dimanche connaissent sûrement Martin Adamiec. J'ai parlé des livres qu'il a écrits (voir mon billet du 4 octobre 2014 à propos de son "journal 2014-2013" ou les différentes "pensées" ou "poésies" que j'ai placé de temps en temps en TVA. Il a également une texte pour le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" à propos du jaune ginkgo et pensée mêlé et il a fait une (même deux) lecture(s) de l'ensembles des 24 textes lors de l'exposition à la Galerie Art Course* l'année dernière.

Aujourd'hui je vais vous parler de son dernier livre "Comment dire ce qui m'échappe encore", sorti fin 2021 aux éditions du Tourneciel.

Mais place à la fleur du 14 juillet:

Pavot blanc - Photo: lfdd

C'est un pavot bien pâle alors que tous les feux d'artifices ont joué le tricolore éclatant parait-il. Et que l'émoji "drapeau français" se place en sixième position sur twitter. On vit une époque formidable (avec la guerre à nos portes ! et des virus cachés). Pour complété ce rouge qui n'en est pas un, voici un bleu qui est mauve:


Mauve - Photo: lfdd

Et continuons sur cette couleur plutôt que du blanc avec ce butleya, la fleur de l'arbre à papillon:

 

Budleya - Photo: lfdd

Le livre de Martin Adamiec peut être considéré comme son journal de 2020 - 2021 mais on y trouve des poèmes, des nouvelles, un journal de voyage et des réflexions, toujours avec son style incisif, artisan de la langue qui la sculpte et la triture, prêt à tordre les jeux de mots pour les essorer ailleurs. Sa langue est riche et fleurie, il adore d'ailleurs les fleurs et les nommer et il aime toujours autant la nature même si pour cette période il a plus intériorisé ses réflexions par exemple sur des moments de résidences ou de voyage pèlerinage. Il nous a également concocté un "Calendrier perpétuel des voyages en confinement" où avec les sept jours de la semaine, nous devrions tenir de longs mois.  Je vous propose ci-dessous une petite variété de ses écrit, espérant qu'ils vous donneront envie de voyager plus loin avec lui:


Une partie de moi
participait à une manifestation pour ne pas battre en retraite, une partie rêvassait de contagion. On se moque de ceux qui prétendent refaire le monde avec trois bouts de chiffon rouge, vingt centimètre de ficelle ordinaire et quatre bouchons de liège. Et j'en suis les jours de gloire et de cafard. ...

...

Comme des coqs fiers et avides de produire le premier pic sonore de l'aube les yeux brûlés à force de nous rêver aigles dans le ciel nous étions sûrs de chanter demain dans la basse-cour du monde laissant nos dents de lait sous le coussin des plumes. ...

...

J'avoue écrire dans ma tête des phrases d'excuse et les apprendre par coeur. Si d'aventure je rencontre quelqu'un à la gare, je brandis ces phrases, comme on présente son identité, comme un pauvre bougre qui brandit sur une pancarte en carton une phrase pour vous dire qu'il a besoin de vous. ...

...

A bout de souffle, nous composons à l'infini une cartographie pédestre des non-lieux. Assis sur un troc, reprenant notre souffle, nous débitons des stères de vérité. C'est à qui provoquera la plus belle rencontre des contraires.  (...)  La forêt vaut mieux qu'une cellule de dégrisement. J'ai de la sciure plein la tête. Un s'taire vaut mieux qu'une langue de bois. ...

...

Dans les années 80, je feuillette distraitement le quotidien Libération. Je tombe sur une page vide. Tiens, un problème d'impression. J'y retourne. Cette page était offerte à un écrivain pour qu'il réponde à la question: pourquoi écrivez-vous? Ce jour-là juste trois mots de Samuel Beckett: bon qu'à ça.

...

Je ne saurais dire
que l'arbre a grandi
ni le temps passé sous ses branches
je m'abstiens volontairement de dire
comme si pour grandir
dans ces temps voilés
il fallait garder un peu de lumière
pour éclairer l'énigme du silence. 


Budleya - Photo: lfdd


Le prochain livre de Martin Adamiec est prévu à la rentrée, lisez celui-ci en attendant, ainsi que les derniers livres édités par les éditions du Tourneciel, par exemple les Histoires de vie(s):  le livre de Pierre Barrat, Théâtre, musique, ma vie aux mille partitionsses mémoires d’acteur culturel de premier plan, qui a laissé une forte empreinte dans notre région, où il a, entre autres, été le premier directeur de l’Opéra du Rhin, puis le fondateur de l'Atelier Lyrique du Rhin à Colmar. Ou encore, Albert Strickler, Comme le souffle d’une étoile filantele 14ème volume de son Journal perpétuel de poète. Ils présentaient, avec la complicité de Martin Adamiec, leurs expériences respectives de mémorialiste et d’autobiographe avec Gabriel Braeuner à la librairie Kléber le 28 juin:

Lecture du journal 2021 d'Albert Strickler par Martin Adamiec - Librairie Kleber  - Photo: lfdd


Je vous mets en guise de goutte d'eau à la bouche, un minuscule extrait de ce livre de 632 pages (vous avez un an pour le lire..).


"On a senti hier quelque chose comme une brèche dans le temps. Un soleil inattendu, une douceur irréelle. Le printemps semblait vouloir s’annoncer dans les gorges des oiseaux et dans un vert à peine sorti de l’eau.
Lavé du blanc de la neige, de la boue et, en un mot, déjà de l’hiver.
Mais il n’y avait pas que les manifestations de la nature, le miracle de ses épiphanies, il y avait aussi un tressaillement en nous, une envie… de vie, le « Oui » du Magnificat retrouvé, un désir têtu, des projets en pagaille et la joie d’imaginer mettre en terre ce qui lèverait pour célébrer le ciel."


Pour finir, comme Martin Adamiec est très actif - il vient de sortir avec le collectif Turbulence une série de 4 podcasts à écouter consacrés à l'Ukraine (du 22 février 2014 à ce jour) - vous avez ci-dessous un lien vers des textes de Martin Adamiec et Pierre Zeidler, avec la participation de Reha Yünlüel.

Lien sur spotify (open) à partager iciCollectif Turbulence: Ukraine


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche


* Suite à l'exposition à Art Course à Strasbourg, une autre exposition a été organisée à l'Iloz près de Lyon qui a connu un bon succès (plus de 60 visiteurs par jour).

Et pour celles et ceux qui n'ont pas encore vu le livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" et les oeuvres originales, elles vont faire partie d'une exposition collective en Bourgogne (près d'Autun) à partir du 6 août 2022 (plus d'informations bientôt).

P.S. Vous avez cru voir une histoire de Feu d'artifice, vous n'aviez pas tort... ici quelques images de celui de Strasbourg, le 14 juillet 2022 - en bleu, blanc, rouge:

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd

Feu d'artifice du 14 juillet 2022 - Strasbourg - Photo: lfdd


dimanche 2 février 2020

De deux devins (2.2.2020) trois M (aime) et un N (haine)

Ce titre un peu énigmatique vient à la fois de la date de ce jour: Deux février deux mille vingt, qui peut se lire ainsi: 2, 2,  2, 2 20) et renvoie aux trois M, initiales des noms de Michaux, Maulpoix et du prénom de Martin Adamiec, ainsi que de celle du nom de Jean-Luc Nancy. Bon, ce n'est pas que j'aime les uns et pas les autres mais c'est juste pour le jeu... Vous en saurez plus plus tard...
Mais avant, la fleur du dimanche:


Fleur du dimanche 2/2/2020 - Photo: lfdd


Je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps, les 3 M se sont donné rendez-vous à la Galerie Chantal Bamberger à Strasbourg, à l'occasion de l'exposition des oeuvres graphiques des deux premiers:
Le poète Jean-Michel Maulpoix, qui s'est mis sur la tard à faire de la peinture, plutôt tendance calligraphie, mais narrative - un trait fin, acéré, gai et tendre à la fois - dialogue sur les murs avec l'encre de Chine, la peinture et la gravure d'Henri Michaux. 


Henri Michaux - Galerie Chantal Bamberger

Et quelquefois, l'on ose se demander de qui est l'oeuvre dans cet accrochage volontairement mixé. Jean-Michel Maulpoix connaissait bien Michaux et avait écrit quelques livres et articles sur lui. 
La lecture de Martin Adamiec a d'ailleurs débuté par un texte du premier sur le second. 


Jean-Michel Maulpoix - Galerie Chantal Bamberger

Jean-Michel Maulpoix - Tentative de resurrection des âmes - Galerie Chantal Bamberger

Je vous conseille vivement d'assister à une des prochaines lectures - il y en a tous les vendredis à 20h00 jusqu'à fin février. Les textes choisis de Michaux suivis par quelques extraits de livres de Maulpoix "vivent" littéralement dans la bouche et le corps du comédien. La poésie devient présente, le récit s'illumine, est projeté devant nous, les détails et les sentiments surgissent et nous sommes happés par les multiples "tableaux" vivants qui se déroulent devant nos yeux, que ce soient des histoires de "Plume", de poissons, de fourmis ou des lettres qui nous arrivent "d'un pays lointain"...  


Fleur du dimanche 2/2/2020 - Photo: lfdd

Pour ne pas déflorer le contenu, je vous propose d'autres textes que ceux lus à cette occasion.

Henri Michaux

"J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire: me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie" affirme Henri Michaux dans Passages (1950). et Jean-Michel Maulpoix continue: 
"Toute l'oeuvre de ce poète, né à Namur, consiste en effet en une périlleuse traversée de ce qu'il appelle "l'espace du dedans". Et c'est l'un de ses traits les plus remarquables que de nous parler de l'être, et donc de nous-mêmes, comme d'un territoire à explorer, d'un paysage dont l'apparente stabilité dissimule de minuscules ou spectaculaires événements."

Voici un poème de Michaux:

Emportez-moi

Emportez-moi dans une caravelle,
Dans une vieille et douce caravelle.
Dans l'étrave, ou si l'on veut, dans l'écume,
Et perdez-moi, au loin, au loin.

Dans l'attelage d'un autre âge.
Dans le velours trompeur de la neige.
Dans l'haleine de quelques chiens réunis.
Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,
Sur les tapis des paumes et leur sourire,
Dans les corridors des os longs, et des articulations.

Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.


Jean-Michel Maulpoix

Et une "Confession" de Jean-Michel Maulpoix (dans "Précis de théologie à l'usage des anges" - Fata Morgana):
"Je ne puis croire qu'à des dieux morts, des anges bannis aux ailes brisées, des vierges de bois peint qui s'écaillent, et des christs de pierre dont les intempéries ont effacé les traits aux portes des églises.
 Quand la mer se retire, je ramasse les squelettes des anges parmi les coquillages blancs fracassés et les plumes des goélands. L'infini tient dans la paume de la main.
Rien n'est si précieux que ce qui n'existe pas.

Dans le pollen des fleurs
"On les rencontre dans un souffle, dans le pollen des fleurs ou les mots dans le dictionnaire, un clin d'oeil ou un rêve, au café du commerce ou dans l'au-delà, derrière la première porte close ou sous un lampadaire. Il pleut, il se fait tard. L'heure de partir approche. Inutile de perdre patience; vous ne les verrez pas venir. Ils s'insinuent et se déplacent dans le corps des hommes, sans palabres ni bruit de pas. Ils sont le plancton phosphorescent de la croyance et de l'effroi."


Martin Adamiec

Pour rester dans les vagues et la mer, donnonsla parole (aussi) au lecteur, au comédien qui a commis récemment un livre "Fatiguer la réalité":

"Square Diderot, 
un enfant me questionne
Est-ce qu’il faut jouer le jeu de la vie adulte, Monsieur?
Je suis né ennuyé. Vous qui avez de la bouteille, vous êtes-vous déjà lancé à la mer?

Rue des vivants, 
je m’entends dire
Offrirais-tu à la grande faucheuse une vie sans vagues, au bord de l’eau, qu’elle ne voudrait pas de toi. Pour qu’elle vienne, prend plus de risque."


Jean-Luc Nancy

Je vous avais promis un "N", il s'agit de Jean-Luc Nancy, mais son "N" se transforme et se lit "A" comme amour, donc également "M" et "I" comme intérieur. A cela l'on peut rajouter un "P" comme philosophie.
A ce sujet, juste rappeler la projection du film de Philippe Poirier "L'expérience intérieure", entretiens qu'il a fait avec le philosophe strasbourgeois, sans mots mais par le biais d'images sur le corps et dont il a tiré deux films. Le premier a été montré vendredi dermier à Vidéo les Beaux Jours et le plus long sera projeté le 4 février à 19h00 à la HEAR: "L'expérience intérieure - penser dedans": Penser le dedans du corps conduit à penser dedans: à ressaisir ce corps dont l’épaisseur nous fixe dans le monde et nous expose aux autres corps, corps à corps, bord à bord. Images et pensée se répondent en contrepoint dans une expérience intérieure qui rencontre l’âme au plus vif comme au plus périssable des chairs. "Être mortels configure notre accès à l’infini, et c’est sur ce fond d’infini que nous sommes ensemble."
Et j'en profite pour citer une phrase de Jean-Luc Nancy qui a également écrit un livre qui s'intitule: "Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément... ", titre qui va bien à la Fleur du Dimanche et qui parle de l'Amour, ce " rapport unique avec ce que l’autre est et avec le fait que l’autre soit".


Plume 

Pour Plume, je ne vais pas faire le jeu de mot, je vous le laisse l'exprimer vous-même..

Mais je traverse les océans et vais vous chercher un chanteur canadien - qui s'exprime en Français avec l'accent chantant du Quebec. Je vous en offre un petit panorama de sa diversité et vous conseille de l'écouter jusqu'au bout pour en découvrir les surprises et les rebondissements.
Si vous n'avez pas le temps de lire, et d'écouter celà jusqu'au bout, revenez-y!


Plume Latraverse - Chambre à louer




Quand tous le monde est couché
moi, je commence à chanter tout en tapan du pied
Mon père qui dors pas répète dans sa tête tout bas
Il faut que j’alle jouer à la balle avec mon gant
il faut que j’alle jouer à balle sur le banc
Je frappe la balle, je la ramasse,
j’me dis que pour pénitence faut que je réchauffe le banc
À mesure que je grandissait j’avait un idéal,
c’était de jouer à la balle
Et Lorsque qu’il y a un un grand changement
losque j’ai eu mon deuxième gant

Je m’en alla, un soir comme ça
Moé l’inconnu, moé l’étranger
Je cherche coûte que coûte un p’tit coin pour m’réchauffer
Mais où est-il le nid si doux le savez-vous?

{Refrain:}
Chambre à louer, chambre à louer
Chambre chauffée, meublée, située rue De l’Ormier
Chambre à louer, chambre à louer
Mais des chambres y’en a icitte et là mais pas pour moé.

Je marche, il fait froid
Je n’ai pas de pain
Mais faut ben que j’marche parce qu’les autobus sont pleins
Mais où est-il le nid si doux le savez-vous?

Chambre à louer, chambre à louer
Chambre avec le lit fourni, 48 St-Denis
Chambre à louer, chambre à louer
Mais des chambres y’en a icitte et là mais pas pour moé

Oui ça y’est, je l’ai trouvé
Le palais que j’ai tant cherché
C’est icitte, c’est mon beau jour
Aujourd’hui j’en fait la guerre du Vietnam, un nid d’amour.

{Refrain:}
Chambre à louer, chambre à louer
Chambre chauffée, meublée, située rue De l’Ormier
Chambre à louer, chambre à louer
Mais des chambres y’en a icitte et là mais pas pour moé.



Plume Latraverse - Calvaire:





Plume Latraverse - Jonquière/Rock N' Roll Du grand Flan Mou:




Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche

Si vous voulez davantage de Plume, je vous renvoie à un billet du 19 juillet 2015 (Bopépine - Ne pleure pas petite fille - Le Vaste Monde) 

dimanche 3 juin 2018

La Forme et le Fond: Figure, Love et des briques

Ce dimanche est encore une exception, une publication reportée depuis quelques temps où je vais commencer par remonter le fond, le TVA, Texte à Valeur Ajoutée qui me pousse à le publier:
"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous"

C'est la phrase d'Eluard citée par Albert Strickler dans son dernier livre "Ivre de Vertiges - Journal 2017" et que son amie Marie-Jeanne lui rappelle à l'occasion d'un "jeu de mots" où un petit groupe d'amis s'échangent des citations par courrier électronique.

La phrase, je l'ai vue passer récemment sur facebook, cet ogre de la mémoire qui empile et recouvre nos vies en publications diverses et séquencées, traitées par algorithme et digérées par les moteurs de l'Intelligence Artificielle pour nous faire consommer du temps de connexion et des pages "vues", "lues" et "aimées" et bien sûr, des "informations" - publicités tout en servant de cobayes aux marchands du temple moderne qui "affinent" nos "profils" pour nous servir que ce qui "devrait" nous "convenir".

Juste une remarque avec une autre citation (de mémoire) de son journal, notée un jour du début 2017:
"Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connait, tu risques de ne pas te perdre". 
Moi, j'aime à me perdre, à être surpris et à découvrir des choses - et je dois confesser que fb me permet aussi quelquefois ce genre découverte. Mais ce n'est pas son objectif totalitaire.

Mais avant d'aller plus loin, je vous offre un bouquet de fleur pour le "fond":


Bouquet du 20 mai - le fond - Phofto: lfdd

Pour en revenir au "rendez-vous", effectivement, j'avais presque rendez-vous avec Albert Strickler qui présentait hier, samedi 2 juin son dernier livre, son journal de l'année 2017 à la Librairie Kléber à Strasbourg, dans la salle Blanche, avec Martin Adamiec à la lecture (magnifique interprétation et choix d'extraits) et le poète Jean-Paul Klée à l'animation. Et j'avais rendez-vous avec moi-même, par surprise, parce qu'un des extraits choisis me citait avec le billet du 26 février 2017: "Les éranthes dorées luisent sous le grand arbre, Todorov s'éteint, et dépeint l'âme des poètes russes" et où Albert parle de Marina Tsetaeva, l'âme russe et la révolution et Maïkovski, dont la citation se termine par ".. nous avons perdu le sentiment du présent."

En lisant  d'Albert Strickler, je remarque qu'il cite plusieurs fois les billets dominicaux et qu'il parle également d'Alain, le troisième mousquetaire de notre enfance, Alain dont il dit qu'il lui a montré une lettre de Hawkins et qu'il voudrait bien rejoindre dans son équipe de recherche aux Etats-Unis. Alain qui fête son anniversaire ce jour (ce n'est pas un "hasard" dirait Albert) et avec qui je me souviens avoir regardé Neil Armstrong et Buzz Aldrin marcher sur la Lune. Alain qui aura peut-être appris cette semaine, le récent décès d'Alan Bean, l'homme qui a raté ses photos et "brûlé" sa caméra couleur sur la Lune.

Autre hasard, le billet cité ci-dessus parle la mort de Tzvetan Todorov. Celui qui "attendait" se voulait un hommage à Gérard Genette, avec qui ce dernier avait fondé la revue "Poétique" et dont il disait: "Nous étions bizarrement complémentaire, c'est moi qui trouvais les textes et Genette qui les refusait."







Gérard Genette a été quelqu'un qui a participé à une autre lecture de la littérature, et permis d'en voir le fond et la forme... 


Bouquet du 20 mai - le fond - Phofto: lfdd


Pour terminer et toujours en hommage, une pensée à un artiste de l'Ouest, Robert Indiana, avec qui l'on dit "Love" 




Et celui du Nord, le danois Per Kirkeby, ses magnifiques dessins et ses constructions aurchitecturales en briques 




Pour finir en chanson, la mélodie de Frantz List "Du bist wie eine Blume" dont Albert parle d'une interprétation que je n'ai pas trouvée, alors, à défaut, Heidrun Götz: 

Du bist wie eine Blume

Du bist wie eine Blume,
So hold und schön und rein;
Ich schau’ dich an, und Wehmuth
Schleicht mir in’s Herz hinein.

Mir ist, als ob ich die Hände
Auf’s Haupt dir legen sollt’,
Betend, daß Gott dich erhalte
So rein und schön und hold.





Un autre version de Benita Valente


,

Et pour finir, en clin d'oeil à Albert l'Alsacien et son liivre Ivre de Vertige, un autre vertige avec des cigognes:





Cloué au sol 
l'oiseau se cogne 
de-ci de-là 
colonies de cigognes 
partez sans lui 


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

Ante-P.S. Si vous arrivez ici parce que vous vous intéressez au journal d'Albert Strickler, la version 2018 "Le coeur à tue-tête" est paru et Albert Strickler le présente le 4 mai 2019 à 15h00 à la Librairie Kléber à Strasbourg

  P.S. Pour le Livre d'Albert Strickler, "Ivre de Vertiges", c'est une somme de "petits riens"  magnifiques qui sont des pierres sur le chemin de la vie, des guides et des moments partagés dans une langue magnifique. 
Pour rappel, son journal qu'il tient tous les jours depuis 1994 et qu'il publie en continu depuis 2008 me précise-t-il avec "Au-dessus du brouillard", dont les premières pages évoquent précisément notre monde d'antan avec ses moustiques et ses brumes rhénanes!
Puis en 2009 avec "Le Bréviaire de l'écureuil", année de la mort de "petit père". 
Un journal "trimestriel" si ma mémoire est bonne avait vu le jour dans les années 95 - Dont "Il a plu sur les cerises - Journal Printemps 1995" .
Le journal fait plus de 5 kilos et 50 centimètres linéaires. 
Vous pouvez commencer par le dernier et remonter le temps ou faire des sauts, comme l'écureuil...


P.P.S. En ce qui concerne La Fleur du Dimanche, si vous ne voulez pas rater un épisode, que vous savez sporadique, n'hésitez pas à vous "abonner", soit par mail lafleurdudimanche(at)gmail.com), soit par google si ce n'est pas trop compliqué pour vous, soit sur fb si vous y êtes (avec toutes les publications complémentaires).

P.P.P.S. Comme La Fleur du Dimanche va avoir une autre vie, restez attentifs, une annonce, une surprise imminente sera bientôt révélée. Alors si vous ne voulez pas la rater, manifestez-vous !

samedi 4 octobre 2014

Un livre qui marche d'un bel allant : "chemin des vitalités" de Martin Adamiec - lectures à suivre...

Les fidèles de la Fleur du Dimanche auront déjà goûté sa prose, aujourd'hui vous pourrez la lire dans un 412 pages remplis d'une poésie vive: "chemins des vitalités 2004-2013".
Poèmes et textes glanés comme un journal, journal intime mais également envolées vers la poésie pure ou le haïku.

Les textes nous parlent de pierres, de sentiers, de balades, de voyages, de choses vues, des amitiés, des amours, des réveils, de la vie quotidienne et de l'histoire intime, de la parole, du langage, de la famille.
La prose et la poésie de Martin Adamiec bouge, varie, comme l'homme.
On sent qu'il aime la marche et les chemins qui le ramènent à lui seul, au plus profond de lui, mais aussi aux autres, et à son histoire familiale, ses souvenirs.
Le livre, construit comme un journal - les années, 2004 à 2013 rythment le parcours de la lecture - et l'on s'essaye à déceler l'évolution d'un style et les traces et lectures d'autres poètes quelquefois cités (Guillevic, Pessoa, Meschonic, René Char que l'on sent très proche quelquefois aussi dans la forme).
L'intime y apparaît mais porté à une universalité communiante. L'histoire personnelle y devient récit parabole et les traces des amis leçons de vie.
L'humour et un regard aiguisé sur les choses de la vie quotidienne rythment aussi ces textes qui nous appellent à ouvrir nos yeux et nos coeurs.


Je vous invite, pour encore mieux déguster ces mots, à trois lectures qui vous ouvriront l’appétit et vous donneront soif de lire:
Ce samedi 4 octobre à 17 heures chez Cécile Verdet.
Vendredi 10 octobre à 17 heures à la Librairie Kléber à Strasbourg.
Mardi 14 octobre à 20h30 à la Galerie d'art La Paix - 5 place du Marché Vert à Sélestat. 

Et en apéritif, quelques extraits que je vais semer au fil des jours: 


2006

...qui mieux qu'une pierre bavarde peut imposer silence au promeneur...

2007


Cette première nuit est propice au chant des gouttières...l'eau ruisselle sur le toit...parapluie ouvert, ton premier rêve est pour les baleines.

Encaisse

à hauteur du feu tricolore
le panneau indiquait
la direction de la CRAV
la casse des vieux

aussi nommée communément la CREVE
ou Tous en Caisse

recommence

à hauteur du feu tricolore
le panneau indiquait
la CRAV
et au-dessous

Fourrière Municipale


J'ai trouvé aussi page 289 une raison à son amour de la marche:

"Je me perds chaque fois que je m'éloigne
de ce qui me tourmente."

Et sur sa "lecture en public"

"quand je reviens aux feuilles 
posées sur le pupitre

tout ce que j'ai dit 
a laissé du blanc sur la page

lire à haute voix 
a libéré
les mots du livre"

  Bonne Lecture

La Fleur du Dimanche

dimanche 1 juin 2014

En juin on récolte les fleurs du hasard des fleurs des amis de mai.

Cette semaine était un peu le tour - retour - des amis...

Retour de Bonheur, retour de plaisir, retours de poésie, retour de pensées... 

Et surtout retour de hasards et de fleurs.
Et je viens d'ailleurs de découvrir que "hasard" dont je savais qu'il venait de "mauvais coup de dé" en espagnol, ce mot lui-même issu de l'arabe populaire "az-zahr" (dé à jouer) arrive en fait de l'arabe classique où "azahr" signifie "Fleur". 
Est-ce la raison de nommer le hasard ainsi, parce qu'une fleur ornait une face du dé ?
Et d'abord, retour d'images et de liens.

Fleur Escargot - Photo: Cathy G.

L'image, photo-réponse de Cathy G. à ma coccinelle de dimanche dernier - l'amour qui vient se nicher au fond des fleurs - et le hasard des lectures m'a amené au premier TVA - qui n'en est pas vraiment un. 
Il s'agit d'un article dans Libération sur le livre d'Agnès Pierron, "Les bagatelles devant la porte" qui m'a poussé à enrichir la cueillette d'expressions concernant les "préliminaires" et la suite se rapportant aux fleurs. 
La moisson a été maigre, je trouve, mais il faudra jeter un coup d'oeil dans le livre.
Je vous livre déjà ma moisson:

"Dire des roses, chatouiller l'hibiscus, défriser la chicorée, aspirer le pétunia, faire jonquille, s'amuser avec la moutarde, brouter la pelouse, chanter la pomme, conter fleurette, lutiner, faire catleya"

Je vous ai mis un piège/jeu de mots-jeu de mains, de vilain, et vous offre quelques textes en plus. 
D'abord celui sur la moutarde, citée par George Sand et dont j'ai trouvé une explication sur internet:

"S’amuser à la moutarde
S’attarder sur des préliminaires. La moutarde est un condiment qui relève le plat sans être en mesure de le remplacer. Ce sont les enfants que l’on envoyait chercher cet ingrédient, apprécié certes, mais pas indispensable. Les enfants cesseraient amusés en chemin, prenant leu temps. D’ailleurs “moutarde“ aurait donné “moutard“, l’équivalent familier d’“enfant“. Il est une autre interprétation : “moutarde“ serait une altération de “moult me tarde“, attendre avec impatience l’arrivée d’une chose."

Ensuite, pour ceux qui ne connaissent pas Marcel Proust, l’expression imagée "faire catleya" dans son contexte:
"[Swann] était si timide avec elle [Odette], qu’ayant fini par la posséder ce soir-là, en commençant par arranger ses catleyas, soit crainte de la froisser, soit peur de paraître rétrospectivement avoir menti, soit manque d’audace pour formuler une exigence plus grande que celle-là (qu’il pouvait renouveler puisqu’elle n’avait pas fâché Odette la première fois), les jours suivants il usa du même prétexte. Si elle avait des catleyas à son corsage, il disait : «C’est malheureux, ce soir, les catleyas n’ont pas besoin d’être arrangés, ils n’ont pas été déplacés comme l’autre soir ; il me semble pourtant que celui-ci n’est pas très droit. Je peux voir s’ils ne sentent pas plus que les autres?» Ou bien, si elle n’en avait pas: «Oh ! pas de catleyas ce soir, pas moyen de me livrer à mes petits arrangements."

Et pour sortir un peu de notre civilisation, et comprendre que les Fleurs ne sont pas que le hasard, mais aussi le sujet dont on parle (on dont on ne parle pas), un détour du côté de l'occident qui parle aussi en images.
Et ces images, des dessins nommés "Ai Yang Hua" (Dessins de Ai Yang) désignent les peintures et estampes érotiques. 
Ai Yang Hua signifiait également les " Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai). 

Pour continuer sur ma route de hasard, une photo qui est apparue sur les ondes cette semaine, en l’occurrence, une photo d'Albert Eisntein en pantoufles et que je dédie avec de l'humour et de la tendresse à Anne que j'ai louée la semaine dernière et dont - hasard également - un épisode en pantoufle a fini bien mal. 
Je me dois de rappeler qu'un photo d'elle, publiée sur mon blog le 20 octobre 2012 se positionne en première page dans la recherche "images" pour le terme "les ombres d'Einstein" - sacré farceur que Google...


Einstein posant avec des pantoufles 

Pour finir les TVA et les liaisons, un passage chez Martin Adamiec par le biais d'Albert.... Strickler et de son journal "Les Andains de la Joie" où il cite, le 13 mai Martin ... Melkoninan:
"J'ai toujours faim de mots, et c'est grâce à cette faim typique que je rencontre les autres. Les autres avec leur faim avouée ou non avouée des mots. Parfois ensemble, nous allons des mots à l'être. Dans la zone de l'être, l'origine s'efface."

Concernant Martin Adamiec, poète comme Albert et lecteur associé, ce dernier donne jusqu'au 7 juin un spectacle-lecture qui s'intitule:
"Le sens de la marche" et qu'il présente ainsi:

"Un homme est assis. Son esprit est en mouvement. Il se repose avant de repartir. Il raconte et se souvient des paysages parcourus, de l'inattendu des rencontres. Il écrit aussi. Son errance est consentie, ses vagabondages parmi les indésirables donnent du sens à sa marche. Il attend d'autres hommes qui cheminent comme lui, loin des foules en vacarme. Il s'appuie pour poursuivre sa route sur les imaginaires de Maurice Chappaz, Guy Goffette, Philippe Jaccottet, Jean-Michel Maulpoix, Jacques Réda, Gustave Roud."

Cela se passe dans les locaux d'Articulation-Théâtre près de la gare et les réservations se font sur le mail de Martin Adamiec 
martin.adamiec(at)orange.fr

Le texte ci-dessous il me l'avait envoyé il y a quelque temps et à défaut de publier un texte qu'il va vous lire, je vous le laisse en "portrait en creux" de l'artiste:

C'est parce que je suis très ancré dans la solitude, profondément, depuis toujours, que je peux être un être sociable, un boute-en-train, un rigolo. C'est parce que je ne risque pas de la perdre, ma solitude ! 
Je ne la perds jamais...

Guillevic

Et je conclus par un "paysage en creux", une fleur qui n'en est pas une...


Paysage en creux - Fleur pas fleur - Phot: lfdd


Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche