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vendredi 1 janvier 2021

Bonne Année 2021 - Tirez la langue

 Pour 2021 soyez impoli, impertinent, impudent mais pas imprudent.

Soyez irrévérencieux, irrespectueux, narquois, mais ne l'avalez pas!

Tirez la langue au mauvais sort, tirez la langue pour prouver votre bonne santé, tirez la langue pour faire un pied-de-nez, mais gardez votre protection pour le moment en situation à risque, pour ne pas avoir à tirer la langue parce que vous êtes à bout de souffle ou fatigué ou sans le sou...

Tirez la langue pour lutter contre le réchauffement climatique (Dans le yoga, cette technique appelée Shitali permet de faciliter la régulation de la température corporelle).

Tirez la langue pour faire ressortir votre âme d'enfant;

Tirez la langue comme Einstein*, sans masque**, mais si vous devez vous protéger, gardez-le, c'est plus prudent!




Tirez la langue pour prendre le pouvoir, le pouvoir de décider par vous-même de votre avenir.

Tirez la langue pour que 2021 soit une très belle année.

Albert Einstein tire la langue - Photo: Arthur Sasse

Bonne Année à vous.

La Fleur du Dimanche


*La photographie d'Albert Einstein tirant la langue

Du fait de l'importance de son sujet, prix Nobel de physique et de son caractère décalé, l'image d'Albert Einstein tirant la langue est l'une des photographies emblématiques du XXe siècle.

La photographie a été prise le 14 mars 1951, après la célébration du 72e anniversaire d'Einstein au Club de Princeton. Quittant la soirée, il traverse une foule de journalistes pour prendre place, avec ses amis, dans une voiture. Einstein, dans un geste d'impudence spontané, tire la langue aux journalistes qui retardent son départ. Le seul photographe à réussir le cliché du physicien, à cet instant précis, est Arthur Sasse.

La pertinence de la publication de ce cliché a été fortement débattue par les rédacteurs de Sasse avant qu'il ne soit publié dans le réseau de l'International News Service. L'image est devenue l'une des plus populaires jamais prises d'Einstein, celui-ci en ayant demandé neuf copies pour son usage personnel à Sasse.

L'un de ces tirages de la photographie, signé de la main d'Einstein, a atteint le prix record de 74324$ lors d'une vente aux enchères en 2009.

P.S. J'espère que l'Iris tirant la langue ne me demandera pas de droits de reproduction


** Cette photographie est une des 12 photographies retravaillées en peinture par Dominique Haettel et qui constituent les 12 illustrations du livre d'artiste "Fleurs Fabuleuses" avec 24 textes commentant ces images. Celle-ci s'est vue accompagnée d'un texte de Catherine Jordy et d'Albert Strickler - et il y est question de "masque" explicitement ou implicitement.

dimanche 14 février 2016

L'espace noir et infini sonne grave: Pascal entend les ondes, enfin rassuré....

Au moment de publier définitivement le billet du jour, une manipulation malheureuse vous a privé(e) (ou libéré(e)), chère lectrice, cher lecteur du billet dominical de la Fleur du Dimanche. Le billet dont la conception et la réalisation s'étaient étalées de dimanche dernier jusqu'à ce midi s'est évaporé dans l'hyper-espace.
Pascal s'est fâché, le trou noir a tout englouti et la Fleur du Dimanche est devenue muette...

Mais place à la Fleur:
Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd

Il était question de Christophe Galfard, d'Albert Einstein, de Gérard Grisey, de Musica, de Musique Contemporaine, de découvertes scientifiques, de Léo Ferré, d'Ondes Gravitationnelles, de Roses, de Dada, de Max Ernst, de trous noirs, de Valentin - et de Valentine - de Yael Naim, de Victoires (de la Musique), de Lettre, de Radio, de Physique, de lumière,  d'astronomie, et d'Amour....
Il était prévu de parler de littérature fractale, mais cela a été reporté à dimanche prochain pour des raisons de cohérence de billet.
Je vais essayé de faire un peu d'archéologie et vous retracer quelques sujets disparus, dont les Victoires de la Musique qui ont eu lieu ce vendredi avec Yael Nain et Léo Ferré pour "La Lettre".

Je vous invite à revenir pour retrouver quelques sujet émergeant du passé.

Pour commencer, je vous offre quelques références autour de la thématique du jour, les Ondes Gravitationnelles...


Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd


Les Ondes Gravitationnelles

Tout était une histoire d'anniversaire. Comme DADA qui avait 100 ans, la Théorie d'Albert Einstein définissant les "Ondes Gravitationnelles avait 100 ans et le 11 janvier, des scientifiques ont fait voir (ou plutôt entendre ce phénomène)
Si vous voulez l'entendre, c'est là:





Et si vous voulez le voir, c'est ici:


Simulation d'une collision entre deux trous noirs par Code_Utah


Et vous avez l'interview de Christophe Galfard sur France Inter la semaine dernière ici:
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1127547

Voici ce qu'il en dit: "Pour vous donner une idée de l'énergie dégagée, en 10 ou 20 millisecondes, l'énergie dégagée par la collision correspond à 50 fois l'énergie dégagée par toutes les étoiles de l'univers en entier. Ca a été enregistré le 14 septembre dernier, mais si on était à côté de cet endroit, ça s'est passé il y a 1,3 milliards d'années"

Et une émission de France Culture pour en savoir plus encore:



Ondes G : les traces d'un orgasme cosmique par franceculture
Albert Einstein

Voici les calculs d'Albert Einstein expliquant les ondes Gravitationnelles:
La formule du quadrupôle obtenue par Albert Einstein en 1916 permet de relier l'amplitude de l'onde émise par un système physique à la variation de son moment quadrupolaire Q :
h = \frac{2 G}{c^4 r} \ddot{Q}(t-r/c)
Pour un système continu doté d'une densité volumique de masse \rho(x,y,z), celui-ci est14 Q_{ij}=\int\, \rho(3r_i r_j-\|\vec{r}\|^2\delta_{ij})\, d^3\bold{r} où les indices i,jcorrespondent aux coordonnées cartésiennes x,y,z et \delta_{ij} est le symbole de Kronecker.
La petitesse du facteur 2 G/c^4 \approx 1,65 \times 10^{-44} \rm \; m^{-1} \cdot kg^{-1} \cdot s^2 traduit la grande rigidité de l'espace-temps. Il faut la compenser par de grandes variations du moment quadrupôlaire pour produire des ondes gravitationnelles détectables.
Ceci a plusieurs conséquences importantes. Les systèmes dont la dynamique est à symétrie sphérique (sphère en expansion ou en contraction) ou à symétrie cylindrique (disque en rotation sur son axe) n'émettent pas d'ondes gravitationnelles puisque leur moment quadrupolaire reste constant.

Joseph Bey: 

Curieusement au niveau de l'actualité, les étoiles se retrouvent également sur les toiles des expositions. Vous avez par exemple à la galerie Jean-François Kaiser. Joseph Bey nous parle de l'homme et de l'espace infini (et des espaces "fripés" - sont-ils sujets aux ondes gravitationnelles?) et vous en avez un aperçu dans le billet consacré aux expositions de ce mercredi 10 février).


Gérard Grisey

A propos de trous noirs, nous vous avions déjà proposé lors du festival Musica et que je vous ai fait entendre le 9 octobre 2011.

Revoici donc l'oeuvre "Le noir de l'étoile" de Gérard Grisey qui nous fait entendre le son de deux pulsars, des corps célestes, sorte d'étoiles massives qui ont explosé mais ne sont pas devenus des trous noirs et qui émettent elles aussi des ondes - que vous allez entendre ici:



 

Le fleur du dimanche - Rrose - a vu un trou noir - Photo: lfdd


La Lettre - Léo Ferré:





La Lettre

Ton ombre est là, sur ma table,
Et je ne saurais te dire comment
Le soleil factice des lampes s'en arrange
Je sais que tu es là et que tu
Ne m'as jamais quitté, jamais
Je t'ai dans moi, au profond,
Dans le sang, et tu cours dans mes veines
Tu passes dans mon coeur et tu
Te purifies dans mes poumons
Je t'ai, je te bois, je te vis,
Je t'envulve et c'est bien
Je t'apporte ce soir mon enfant de longtemps,
Celui que je me suis fait, tout seul,
Qui me ressemble, qui te ressemble,
Qui sort de ton ventre,
De ton ventre qui est dans ma tête
Tu es la soeur, la fille, la compagne et
La poule de ce Dieu tout brûlant qui éclaire nos nuits
Depuis que nous faisons nos nuits
Je t'aime, je t'aime
Il me semble qu'on m'a tiré de toi
Et qu'on t'a sortie de moi
Quand tu parles je m'enchante
Quand je chante je te parle
Nous venons d'ailleurs, tous les deux.
Personne ne le sait.
Quand je mourrai tu ne pourras
Plus vivre que dans l'alarme
Tu n'auras plus un moment à toi
Tu seras mienne, par-delà
Le chemin qui nous séparera
Et je t'appellerai
Et tu viendras
Si tu mourais, tu m'appellerais
Je suis la vie pour toi, et la peine,
Et la joie, et la Mort
Je meurs dans toi, et nos morts
Rassemblées feront une nouvelle vie,
Unique, comme si deux étoiles se rencontraient,
Comme si elles devaient le faire de toute éternité,
Comme si elles se collaient pour jouir à jamais
Ce que tu fais, c'est bien, puisque tu m'aimes
Ce que je fais, c'est bien, puisque je t'aime
À ce jour, à cette heure, à toujours,
Mon Amour, mon Amour.


Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche

dimanche 1 juin 2014

En juin on récolte les fleurs du hasard des fleurs des amis de mai.

Cette semaine était un peu le tour - retour - des amis...

Retour de Bonheur, retour de plaisir, retours de poésie, retour de pensées... 

Et surtout retour de hasards et de fleurs.
Et je viens d'ailleurs de découvrir que "hasard" dont je savais qu'il venait de "mauvais coup de dé" en espagnol, ce mot lui-même issu de l'arabe populaire "az-zahr" (dé à jouer) arrive en fait de l'arabe classique où "azahr" signifie "Fleur". 
Est-ce la raison de nommer le hasard ainsi, parce qu'une fleur ornait une face du dé ?
Et d'abord, retour d'images et de liens.

Fleur Escargot - Photo: Cathy G.

L'image, photo-réponse de Cathy G. à ma coccinelle de dimanche dernier - l'amour qui vient se nicher au fond des fleurs - et le hasard des lectures m'a amené au premier TVA - qui n'en est pas vraiment un. 
Il s'agit d'un article dans Libération sur le livre d'Agnès Pierron, "Les bagatelles devant la porte" qui m'a poussé à enrichir la cueillette d'expressions concernant les "préliminaires" et la suite se rapportant aux fleurs. 
La moisson a été maigre, je trouve, mais il faudra jeter un coup d'oeil dans le livre.
Je vous livre déjà ma moisson:

"Dire des roses, chatouiller l'hibiscus, défriser la chicorée, aspirer le pétunia, faire jonquille, s'amuser avec la moutarde, brouter la pelouse, chanter la pomme, conter fleurette, lutiner, faire catleya"

Je vous ai mis un piège/jeu de mots-jeu de mains, de vilain, et vous offre quelques textes en plus. 
D'abord celui sur la moutarde, citée par George Sand et dont j'ai trouvé une explication sur internet:

"S’amuser à la moutarde
S’attarder sur des préliminaires. La moutarde est un condiment qui relève le plat sans être en mesure de le remplacer. Ce sont les enfants que l’on envoyait chercher cet ingrédient, apprécié certes, mais pas indispensable. Les enfants cesseraient amusés en chemin, prenant leu temps. D’ailleurs “moutarde“ aurait donné “moutard“, l’équivalent familier d’“enfant“. Il est une autre interprétation : “moutarde“ serait une altération de “moult me tarde“, attendre avec impatience l’arrivée d’une chose."

Ensuite, pour ceux qui ne connaissent pas Marcel Proust, l’expression imagée "faire catleya" dans son contexte:
"[Swann] était si timide avec elle [Odette], qu’ayant fini par la posséder ce soir-là, en commençant par arranger ses catleyas, soit crainte de la froisser, soit peur de paraître rétrospectivement avoir menti, soit manque d’audace pour formuler une exigence plus grande que celle-là (qu’il pouvait renouveler puisqu’elle n’avait pas fâché Odette la première fois), les jours suivants il usa du même prétexte. Si elle avait des catleyas à son corsage, il disait : «C’est malheureux, ce soir, les catleyas n’ont pas besoin d’être arrangés, ils n’ont pas été déplacés comme l’autre soir ; il me semble pourtant que celui-ci n’est pas très droit. Je peux voir s’ils ne sentent pas plus que les autres?» Ou bien, si elle n’en avait pas: «Oh ! pas de catleyas ce soir, pas moyen de me livrer à mes petits arrangements."

Et pour sortir un peu de notre civilisation, et comprendre que les Fleurs ne sont pas que le hasard, mais aussi le sujet dont on parle (on dont on ne parle pas), un détour du côté de l'occident qui parle aussi en images.
Et ces images, des dessins nommés "Ai Yang Hua" (Dessins de Ai Yang) désignent les peintures et estampes érotiques. 
Ai Yang Hua signifiait également les " Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai). 

Pour continuer sur ma route de hasard, une photo qui est apparue sur les ondes cette semaine, en l’occurrence, une photo d'Albert Eisntein en pantoufles et que je dédie avec de l'humour et de la tendresse à Anne que j'ai louée la semaine dernière et dont - hasard également - un épisode en pantoufle a fini bien mal. 
Je me dois de rappeler qu'un photo d'elle, publiée sur mon blog le 20 octobre 2012 se positionne en première page dans la recherche "images" pour le terme "les ombres d'Einstein" - sacré farceur que Google...


Einstein posant avec des pantoufles 

Pour finir les TVA et les liaisons, un passage chez Martin Adamiec par le biais d'Albert.... Strickler et de son journal "Les Andains de la Joie" où il cite, le 13 mai Martin ... Melkoninan:
"J'ai toujours faim de mots, et c'est grâce à cette faim typique que je rencontre les autres. Les autres avec leur faim avouée ou non avouée des mots. Parfois ensemble, nous allons des mots à l'être. Dans la zone de l'être, l'origine s'efface."

Concernant Martin Adamiec, poète comme Albert et lecteur associé, ce dernier donne jusqu'au 7 juin un spectacle-lecture qui s'intitule:
"Le sens de la marche" et qu'il présente ainsi:

"Un homme est assis. Son esprit est en mouvement. Il se repose avant de repartir. Il raconte et se souvient des paysages parcourus, de l'inattendu des rencontres. Il écrit aussi. Son errance est consentie, ses vagabondages parmi les indésirables donnent du sens à sa marche. Il attend d'autres hommes qui cheminent comme lui, loin des foules en vacarme. Il s'appuie pour poursuivre sa route sur les imaginaires de Maurice Chappaz, Guy Goffette, Philippe Jaccottet, Jean-Michel Maulpoix, Jacques Réda, Gustave Roud."

Cela se passe dans les locaux d'Articulation-Théâtre près de la gare et les réservations se font sur le mail de Martin Adamiec 
martin.adamiec(at)orange.fr

Le texte ci-dessous il me l'avait envoyé il y a quelque temps et à défaut de publier un texte qu'il va vous lire, je vous le laisse en "portrait en creux" de l'artiste:

C'est parce que je suis très ancré dans la solitude, profondément, depuis toujours, que je peux être un être sociable, un boute-en-train, un rigolo. C'est parce que je ne risque pas de la perdre, ma solitude ! 
Je ne la perds jamais...

Guillevic

Et je conclus par un "paysage en creux", une fleur qui n'en est pas une...


Paysage en creux - Fleur pas fleur - Phot: lfdd


Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche