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dimanche 12 juin 2022

Ne pas oublier, se souvenir, Amarcord, remember,... des Lieux, des fleurs....

 Il y a trois semaines le titre de mon billet était "Oublier...". Aujourd'hui je veux me souvenir, des belles choses, de la vie, des fleurs, des lieux,...  Comme Alexis Alexakis qui, dans "La clarinette" rend hommage à son éditeur tout en se souvenant des rues, des adresses de Paris qu'il a connu pendant les années qu'il y a passées après avoir fui la Grèce des Colonels. Ou comme Georges Perec (celui qui a écrit "Je me souviens" - j'en ai parlé le 12 avril 2015) et qui avait le projet "Lieux". Mais place aux fleurs du jour:

Les roses d'Henri - Photo: lfdd

Ces fleurs, je veux aussi m'en souvenir, ce sont des petits riens de relation, une discussion avec Henri, dont le citronnier nous avait rapproché. Nous en parlions il y a deux ans, il avait plein de citrons en train de murir et récemment le revoilà avec de nouvelles fleurs et des citrons verts, encore. Nous en avons reparlé et puis  j'ai vu sa rose parmi les roses, lui ai demandé si je pouvais la photographier. Il m'a ouvert la porte de son jardin, montré ses pommes de terre, son citronnier et fait goûter ses fraises. Des moments d'échange simples, sans fioritures, entre des personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont le droit de parler ensemble. Merci à lui, je vous partage ses fleurs et le remercie.


Fleurs de pomme de terre d'Henri - Photo: lfdd

Le citronnier d'Henri - Phot: lfdd

Le citronnier d'Henri - Phot: lfdd

Rose d'Henri - Phot: lfdd

Pour le TVA (Texte à Valeur Ajoutée), je vous rappelle que Amarcord signifie "Je me souviens" en dialecte romagnol (en Emmilie-Romagne en Italie) et que c'est un magnifique film de Fellini sur ses souvenirs d'enfance et que "Remember" signifiant se souvenir est le titre d'un film d'Atom Egoyan et en plus d'une chanson de Becky Hill et David Guetta fut aussi une chanson en français d'Areski et Higelin. Mais revenons-en à Georges Perec. Son projet "Lieux" était de partir de douze lieux qu'il allait visiter deux fois par ans pendant douze ans pour en noter ses observations, ses impressions. Il a abandonné le projet au bout de six ans mais un livre de 322 pages qui reprend ses textes  écrits est publié sous ce titre  par le Seuil. Et un site internet (gratuit) vous en offre la lecture interactive:

https://lieux-georges-perec.seuil.com/

George Perec dit dans "L'infra-ordinaire":

"Ce qui se passe chaque jour, et revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire?"

Il dit aussi pour expliciter son projet qu'il veut: 

"retrouver quelque chose de l'étonnement que pouvaient éprouverJules Verne ou ses lecteurs en face d'un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d'autres, et ce sont eux qui nous ont modelés."

On pourrait aussi de même se reposer la question de ce que nous avons vécu est sentis, ressentis lors d'un épisode pas si lointain, la révélation du Covid et les moments du premier confinement (de mon côté j'ai, à cette époque essayé de fixer des instants quotidiens dans le feuilleton Court19 où une photo et une vidéo donnaient l'ambiance du moment - à découvrir entre le 19 mars  et le 12 avril - avec un résumé à mi-chemin le 3 avril). Bon, ce n'est pas la même histoire, comme le dit Georges Perec:

"De toute façon, évoquer chaque année mes souvenirs sur l'île (de la Cité), ressasser, ne pas oublier... Je ne veux pas oublier. Peut-être est-ce le noyau de tout ce livre: garder intact, répéter chaque année les mêmes souvenirs, évoquer les mêmes visages, les mêmes minuscules événements, rassembler tout dans une mémoire souveraine démentielle.

Mais pourquoi tout cela ?? On se le demande, lui aussi apparemment car un de ses textes - petit poème trouvé aussi dans ces textes s'appelle "A quoi bon?"


A quoi bon?

Toute mon intelligence

Toute ma sensibilité

Toute ma bonté

Toute ma volonté

Toute ma détermination

Toute ma force toute ma faiblesse

Toute ma vie

Toute la sérénité que les jours ont pu

accumuler, que les nuits ont 

pu fortifier,

que les heures ont pu sanctifier

Ne suffiront jamais à me rendre heureux.


Ecrire ses souvenirs, c'est aussi le cas pour Annie Ernaux dont des extraits du livre "Les Années" avait été lus par Dominique Blanc au TNS le 12 janvier 2016 et dont je vous avais offert un "extrait" de son livre "Retour à Yvetôt" le 14 juillet 2019. Je vous en offre un autre aujourd'hui avec "Le Jeune Homme", son dernier livre qui relate un souvenir d'amour des années 1990:

Extrait - Annie Ernaux - Le jeune homme


  Remontons plus loin et souvenons-nous avec Elton John et France Gall de "Donner pour donner" chanté en 1980:



Et Michel Polnareff qui se souvient, lui, de ce musicien "Dans la maison vide"



Et aussi Higelin, avec Areski "Remember":



Et revenons plus près de nous avec Nick Cave et Warrent Ellis avec "Push the sky away":


Bon dimanche 


La Fleur du Dimanche 

dimanche 26 avril 2020

Le jour d'après: conservation ou conversation - Amour et Corona

Le jour d'après, on en parle, mais qu'est-ce que ce sera?
Ou plutôt, la question est: Qu'est-ce qui va changer?
Ou plutôt: "Qu'est-ce qui doit changer?
La chose a commencé à faire son chemin, le Monde prend conscience qu'il faut changer... 
Mais comment, quoi, quand?
Il ne s'agit plus d'attendre que ce soit "fini" et que l'on recommence comme avant. Je pense que c'est clair (pour beaucoup).
Par contre, ce qui n'est pas très clair - et c'est un euphémisme de dire cela - c'est comment on va se débrouiller, s'organiser, vivre "après". Car "après", c'est quoi?

Bon, d'abord la fleur:

Rose rose confinée - Photo: lfdd

Et après, ne paniquons pas. Nous en avons l'habitude, de ne pas savoir de quoi demain est fait, même si ici, maintenant, là, il y a deux incertitudes, comme nous le dit Roger-Pol Droit dans le Monde du 24 avril - voir l'extrait ci-dessous:

D'une part on ne sait pas ce que sera demain, comme d'habitude, dirais-je, mais en plus on ne sait pas comment cela va encore évoluer, après.
On a bien vu depuis le début de l'année avec le peu de rétrospective que l'on peut avoir que TOUT ce à quoi l'on s'attendait est à la fois arrivé et pas arrivé.

Là où il faudra être très attentif, c'est de ne pas, comme c'est un peu le cas (euphémisme) être acculé à devoir accepter des situations, des conditions qui sont des entraves à la liberté. 
Je ne veux pas prêcher pour la liberté individuelle criminelle à tout crin, mais j'ai un peu l'impression que l'on utilise une pression "externe" pour se défausser de certains manques d'organisation ou d'erreurs de gestion ou de prévision. On ne va pas refaire le passé mais soyons vigilants et je vous propose à la réflexion l'extrait de l’interview d'Etienne Balibar, toujours dans le Monde du 24 avril "L'histoire ne continuera pas comme avant" à l'occasion de la parution de son livre "Histoire Interminable"



Là où nous pouvons déjà essayer de bouger, c'est dans notre "responsabilisation" propre - que nous pouvons essayer de partager par l'exemple, et surtout dans l'attention que nous portons aux autres: attentif, sage, précautionneux, respectueux de l'autre, de son être, de sa santé, de son attitude, de ses peurs ou de ses débordements. Tenant compte du contexte et de la connaissance que nous avons, sans pour autant rejeter ceux que nous ne connaissons pas.

Et le meilleur moyen d'accepter l'autre, n'est-il pas de l'écouter et d'échanger, de converser, et pas forcément de vouloir le changer, de l'amener dans une conversion. 
Par contre une conversation, oui! 
Sur ce sujet, notons que Guillaume Villemot, le fondateur du Festival des Conversations a dû annuller son festival et ses animations.
À une époque où converser tend parfois à devenir virtuel, il a créé ce festival où il célèbre ces temps privilégiés d’échange, de partage et d’édification collective.  Comme il le dit:

"Alors que nous sommes de plus en plus connectés les uns aux autres, nous n’avons paradoxalement jamais été aussi seuls. Quand j'entends des enfants dire qu'ils ont des conversations avec Siri sur leurs iPhone, je me dis qu'il est temps d'agir. C'est ainsi que le Festival est né et se développe. La bonne nouvelle, nous avons trouvé des personnes qui font la même chose que nous ailleurs. Le Festival appartient à tous ceux qui comme vous veulent redonner le temps de la parole à tous. Je sentais chez les citoyens que nous sommes, plutôt une peur croissante d'oser parler directement à l'autre, de se livrer. Nous nous protégeons de plus en plus. En même temps, sur les réseaux sociaux, chacun raconte sa vie ou la vie qu’il voudrait avoir." 
Ce qu'il recherche à travers ce festival c'est de "Faire que des gens se disent: « Tiens c'est vrai, c'est simple de prendre le temps d'écouter l'autre et de lui répondre.» Moi quand j’observe les effets que peuvent avoir de simples conversations autour de soi, j’ai juste envie d'y replonger."
...

Rose rouge confinée - Photo: lfdd

Dans ces temps de confinement, lorsque je rencontre des gens dans la rue, et, bien qu'au début j'ai senti presqu'une terreur de se retrouver face à quelqu'un d'autre ("Nous sommes en guerre" !), je sens que ce besoin d'échange surgit, d'une autre manière, une ouverture, une relation est attendue. Une autre manière de se retrouver doit être trouvée.
Et n'oublions pas notre planète, nous ne sommes pas le centre du monde, nous ne sommes pas "tout-puissants". Soyons attentifs à ceux qui croient encore, pour diverses raisons que le monde est à eux, quelle qu'en soient les conséquences.

Je vous mets  également un extrait du Grand Entretien sur France TV avec Valérie Masson-Delmotte climatologue et coprésidente du groupe n°1 du Giec, dont le texte liminaire dit:
"Depuis quelques semaines, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte comprend un peu mieux son collègue chinois Panmao Zhai. "Il me disait que ce qui était important dans le confinement, c'était de regarder pousser ses plantes. Sur le coup, cela m'avait fait beaucoup rire, mais je vois parfaitement ce qu'il veut dire", raconte celle qui prend régulièrement des photos des fleurs et insectes de son jardin de l'Essonne depuis le 17 mars."

Elle dit: "Ce dont nous parlons, c'est transformer tous les grands systèmes de production, notamment énergétique, en sortant des énergies fossiles, le charbon puis le pétrole et le gaz, en y substituant d'autres approches. C'est également transformer les villes pour minimiser le recours à l'énergie, utiliser l'économie circulaire et l'efficacité énergétique au maximum. C'est aussi avoir les infrastructures qui permettent ces transformations et puis transformer la manière dont nous produisons notre alimentation. C'est transformer la façon dont nous gérons les forêts dans le monde entier, de sorte à stocker du carbone plutôt que de rajouter des gaz à effet de serre.

Ce qui est intéressant, c'est que sur tous ces aspects-là, des solutions existent. Nous ne sommes pas dans la situation d'il y a 20 ou 30 ans. Nous avons des solutions qui existent dans tous les domaines, que ce soient pour les énergies décarbonées, les transports. Nous avons des alternatives aux véhicules à moteur thermique, nous avons des solutions d'économie circulaire, de réutilisation, plutôt que d'utilisation de ressources non renouvelables et nous avons des solutions de bon sens, y compris pour la production alimentaire. Nous avons beaucoup d'agriculteurs qui innovent qui développent des méthodes parfois anciennes, parfois nouvelles, pour justement réduire l'impact environnemental tout en produisant suffisamment pour nourrir tout le monde.

Si nous voulons contenir le réchauffement à un niveau bas, ce ne sont pas seulement ces transformations un peu systématiques qui sont nécessaires. C'est aussi la question des choix de consommation et des styles de vie. Si la demande mondiale ne fait qu'augmenter pour l'énergie, pour les produits non renouvelables ou pour une alimentation qui a une forte empreinte carbone en particulier les produits animaux ou les huiles végétales, dans ce cas-là, nous ne pourrons pas réduire suffisamment vite les émissions de gaz à effet de serre, parce que cela voudra dire toujours produire plus.

J'ai beaucoup de voisins autour de moi qui s'interrogent dans cette situation un peu forcée, où on fait à manger à la maison, où on développe les circuits courts, qui me disent tant mieux parce que nous nous rendons compte que nous pouvons faire autrement, que nous pouvons vivre correctement avec plus de solidarité et plus d'entraide, nous espérons que cela va rester. Je l'ai entendu parmi mes proches, ma famille et mes collègues, cette aspiration à ce que certaines des choses que nous mettons en place là puissent rester parce qu'elles donnent aussi du sens à la vie en communauté, pas simplement à la vie individuelle."

Si vous en voulez plus, si vous avez un peu de temps, cela vaut le coup, c'est ici:
https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/grand-entretien-valerie-masson-delmotte-climatologue-dessine-l-apres-coronavirus-il-va-falloir-du-courage-politique-pour-eviter-les-vieilles-ficelles_3917315.html


Rose rouge (con)finie - Photo: lfdd

Pour en revenir au Corona, saviez-vous que "Corona et Coronilla" était le titre d'un livre (posthume) de Paul Valéry, le livre de ses  poèmes à Jean Voilier (le pseudonyme de Jeanne Loviton).
Pour Paul Valéry, l’amant-poète, aucune guirlande de poème n’est trop belle pour sa bien-aimée: il y a donc la Couronne (Corona) et la Petite Couronne (Coronilla) qui rassemblent les vers de la période de leur amour (fatal!). Prolixe, Valéry lui écrivit plus de mille lettres et au moins cent-cinquante poèmes à Jeanne Loviton.
En voici deux:

Et toi, personne ne t’aura aimée d’un amour de cette profondeur et de cette qualité. Le son de mon amour, je t’assure, tu ne l’entendras jamais d’un autre, jamais.
 O jour premier, silence mémorable
Quand nos regards pour la première fois
Nous firent taire et craindre notre voix
Car nous sentions dans l’heure inexorable
De notre coeur tout le poids adorable
D’amour enfant qui va naître, ô doux poids
Naître de nous qui nous tenions les doigts…



Couronne des dimanches

 Grande Beauté, Rose spirituelle,
Vous dont je veux l’amour perpétuelle,
Le don suave et la profonde foi,
Toute Beauté, triomphez de mes ombre
Illuminez un bonheur d’être moi
Car d’être moi, ce n’est que rêves sombres.

Créez le rythme et dissipez le nombre
De tous ces ans dont mon âme s’encombre,
Faites un peu du temps que j’ai vécu,
Jusques à toi, ni passions, ni gloire
N’ont fait de moi ni vainqueur ni vaincu
Car j’attendais une plus belle histoire.

Rose spirituelle et Beauté grande
Accueillez-moi cette secrète offrande
Que je me chante à défaut de vous voir ;
Faute de vous la tendresse me ronge
Et je me trouve, au lieu de vous avoir,
Faire un travail qui m’aide à faire un songe
.


Paul Valéry me ramène à, ou plus justement me vient d'Albert Strickler dont j'ai parlé récemment(*). C'est même lui qui a cité le titre de ce livre "Corona et Coronilla" de Paul Valéry qu'il devait lire en 2019 et dont il raconte l'anecdote suivante: A quelqu'un qui s'étonne qu'il lise Paul Valéry, il répond "Moi aussi!"

Je finirai avec mon ami Albert dont j'apprécie aussi ses laconiques "sentence de fin de journée" qu'il met quelquefois justement en clôture de son journal quotidien par exemple:

4 mai
"Ces jours où j'ai l'impression de passer mon temps à expliquer que ne pas avoir être d'accord ne signifie pas avoir raison."

16 mai
""Avoir confiance dans le Lever du Jour modifie le Crépuscule." (Emily Dickinson) A bon entendeur!"

Et je finirai par cette citation de citation dans son texte du 11 mai où il note le soir à l'hôtel près de Saint-Louis où il était au Forum du Livre:
"Avant de m'endormir - le verbe est en l’occurrence impropre - je plonge dans l'homme qui aimait les livres de Philippe Lutz. 
L'exergue emprunté au Royaume d'Emmanuel Carrère semble légitimer l'aventure du journal:
"J'aime, quand on me raconte un histoire, savoir qui me la raconte. C'est pour cela que j'aime les récits à la première personne, c'est pour cela que j'en écris et que je serai même incapable d'écrire quoi que ce soit autrement.
Dès que quelqu'un dit "je" (mais "nous" à la rigueur fait l'affaire) j'ai l'envie de le suivre et de découvrir qui se cache derrière ce "je".""

Nous sommes d'accord! (c'est moi qui souligne).

Bon, concluons ce long billet avec une pause musicale, tout d'abord, une chanson qui devrait plaire à Albert, même s'il penche plutôt vers la musique classique:


Jeanne Moreau - Ni trop tôt ni trop tard
Une chanson  écrite par Serge Rezvani (Bassiak), qui a obtenu le Grand prix de l’Académie Charles Cros en 1964:




"Peu m'importe la tyrannie
Et le règne des soudards
Tant qu'ils nous laissent la vie
Tant qu'aimer n'est pas trop tard"


Pour continuer, Brigitte Fontaine, dont je ne trouve plus les paroles de son "dé-confinement";  "désormais nous sommes des fruits confits", je vous en offre un bout de poème:
"Les vieux sont jetés aux orties
A l'asile aux châteaux d'oubli
Voici ce qui m'attend demain
Si jamais je perds mon chemin"

Je vous offre son duo avec Christophe qui ne lui a pas survécu:




Ni Jacques Higelin avec qui ils ont eu la Grippe:





Et pour finir, Brigitte Fontaine - J'irai pas:





Bon Dimanche
Bon con-finement

La Fleur du Dimanche

* Court-19 : Episode 12 - Court instant avec Albert Strickler, poète, diariste, éditeur,...
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2020/03/court-19-episode-12-court-instant-avec.html

dimanche 1 octobre 2017

Les vacances de la Fleur: De son temps, Mécheri était photographe de scène, maintenant il photographie les fleurs, mais pas que...

La Fleur du Dimanche est en vacances et cède son espace à l'invité du jour: Mécheri Miloud qui voyage en tram, en train, en voiture et... à bicyclette sans jamais lâcher le bouton de son appareil photo.

Il a réservé aux fidèles lecteurs dominicaux de la Fleur en vacances un épisode (la scène primitive ? du photographe) et une moisson colorée dans les champs. 
Pour les chansons, il m'a donné "carte blanche" mais sur le chemin de la "bicyclette", je lui offre ma moisson que je partage aussi avec vous.

Pour commencer, il vous offre son champ de coquelicots:

Champ de coquelicots - Photo: Mécheri Miloud

Et en retour, un clin d'oeil que vous trouverez dans mon billet du 6 juillet 2014: "Le myosotis, et puis la rose,... Mais pour aimer les coquelicots..." la chanson "Comme un p'tit coquelicot" chantée par  Leila Bekhti dans le film de Philippe Claudel "Avant l'hiver". Elle a aussi été chantée par Mouloudji, ce qui nous amène à un de ses amis, je vous laisse deviner qui sur cette photo de Mécheri Miloud:
Yves Montand - Photo: Mécheri Miloud

Yves Montand - Photo: Mécher Miloud

Et voici, en guise de TVA, l'histoire de la photographie contée par son auteur :

"En février 1982, Yves Montand doit passer 2 soirées-concert à Strasbourg. La France est bloquée par la neige et le camion avec le matériel de scène est bloqué à St Etienne. La première soirée est annulée et je fais les photos lors de la deuxième soirée. Yves Montand promet de rattraper la soirée manquée au mois de mai suivant. J'y suis et, après le concert je l'attends en backstage pour une dédicace sur mes photos.
J'attends longtemps et, enfin, il sort de sa loge. Tout en discutant avec ses musiciens il me jette un regard. Quelques minutes plus tard, il se dirige vers moi et me demande s'il peut faire quelque chose pour moi. 
Je lui présente les photos, il les observe et me dit: "C'est tout à fait ça, c'est le sentiment que je veux faire passer sur scène". Il me dédicace les photos et s'en retourne vers ses musiciens, me laissant très heureux de ce court échange."


Mécheri nous offre également ses roses de Bulgarie:


Roses de Bulgarie - Photo:  Mécheri Miloud

Et je ne peux m'empêcher de lui offrir de mon côté les Roses de Picardie:




Suite au concert et à la Bicyclette, à l'Olympia:




Une autre histoire de bicyclette, vue par Bourvil - A bicyclette:





Et par Queen (un petit bijou oublié? et quelques images d'anthologie à ne pas rater) Bicycle Race:




Foin de bicyclette, partons en mobylette avec Lily Drop - Sur ma mob:




Et finissons sur une rose de Mécheri:


Rose - Photo:  Mécheri Miloud


Bon Dimanche et Bonnes Vacances


La Fleur du Dimanche

Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a comme invité(e)s les dimanches d'été:  
Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly.
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner
Dimanche 30 juillet 2017: Philippe Lutz
Dimanche  6 août 2017:    Jean Valéra
Dimanche 13 août 2017:    Dominique Haettel
Dimanche 20 août 2017:    Philippe Colignon
Dimanche 27 août 2017:    Anne-Sophie Tschiegg
Dimanche  3 septembre:    Yvonne Sprauel 
Dimanche 10 septembre:    Béatrice S.
Dimanche 17 septembre:    Monique Z.
Dimanche 24 septembre:    Cathy G.

dimanche 9 juillet 2017

Lire, écrire, copier, photographier, le sens du sens ou des sens

Je vous le disais dimanche dernier, si vous ne le saviez pas, nous sommes entrés dans une période estivale et je fais appel à vous pour m'aider à passer les mois d'été.... J'ai eu des réponses, merci de continuer... pour moi.

En attendant, je vous offre les roses qui étaient à côté de l'oeil du paon - fleur très rare si j'en crois mes sources.... et les dires du "jardinier".


Rose Scentimental - Photo: lfdd

Et comme la rose est rare aussi, sachez que la rose Scentimental a été créée en 1997 aux Etats-Unis et qu'elle sent ("scent" en Anglais) très bon...


En guise de TVA et de texte à réflexion, un extrait de l'interview "Repolitiser notre rapport à la création littéraire" de Florent Coste par Jean-Louis Jeannelle dans le Monde des livres du 30 juin à propos de son livre "Explore. Investigations Littéraires

Cela rejoint mon envie de lire, de partager, et apporte un éclarage intéressant sur l'évolution du rapport à l'écrit et à la littérature:

"En 1284, Gènes écrase Pise lors d'une bataille navale qui solde leur vieille rivalité. 10 000 hommes sont capturés. Parmi eux, un petit groupe de lettrés s'organise en ateliers pour copier des romans de chevalerie en langue d'oïl (Lancelot, La Quête du Graal, Tristan en prose...) ainsi que des encyclopédies, des vies de saints, des  compilations sur l'histoire du monde de la Genèse jusqu'à César, etc. Subsistent aujourd'hui une cinquantaine de manuscrits provenant de cette prison-atelier. La question est: pourquoi copier ainsi? Pour payer leur rançon? Pour leur usage personnel? Pour résoudre la crise que traverse leur idéal chevaleresque? Pourquoi la langue française? Plus tard, en 1298, arrive un nouveau prisonnier, Marco Polo, qui dicte à un Pisan, Rustichello, le récit de son voyage le long de la route de la soie jusqu'en Chine: il s'agit de Divisament du monde (qu'on appellera plus tard Le Livre des Merveilles). C'est en franco-italien que se compile une grande partie des savoirs disponibles sur ce continent eurasiatique que contrôlent alors les Mongols. Pour comprendre toute cette production écrite, il faut reconstituer au mieux cet atelier, l'usage que les prisonniers y font des romans qu'ils copient, la circulation des manuscrits ensuite..."



Rose Scentimental - Photo: lfdd

Sur le rapport à l'image et à sa lecture, je vous renvoie à Marie José Mondzain (fille du peintre juif polonais Simon Mondschein parti en France puis à Alger avant la guerre) et à son livre "Confiscation des mots, des images et du temps", vaste programme..

Et sur le sens (La quête du Graal est une piste) en revenant aux études de philologie - Ah Georges Straka et tous les autres... - et à l'occasion du centenaire du sémioticien Algidiras Julien Greimas, je voudrais juste rappeler qu'après Saussure (le signe linguistique) et Helmslev (la phrase), l'unité d'analyse du sens, avec Greimas est devenue la Phrase puis c'est allé du langage aux langages et au sens du sens.

Allez ce sera votre devoir d'été* (en même temps que de "nourrir" la Fleur du Dimanche de vos images, phrases et musiques...

Mais comme tout finit par des chansons, en dédicace à Michel rencontré par hasard hier soir, un choix en lien avec lui et les Eurockéennes de Belfort - que vous pouvez voir pendant cinq mois 55 minutes de ce concert ici grâce à Arte:
http://www.arte.tv/fr/videos/076017-006-A/parcels-les-eurockeennes


Et là tant qu'il ne sera pas effacé, leur titre enregistré avec Daft Punk - Overnight:




En complément un titre de Daft Punk


Instant Crush (Official Video) by Daft Punk & on VEVO.



Bon Dimanche et bel été

La Fleur du Dimanche 


*Rappel de la règle du jeu pour participer à La Fleur du Dimanche ETE 2017

Envoyez à lafleurdudimanche(at)gmail(dot)com 
1. Une ou deux photos de fleurs que vous souhaitez partager avec votre commentaire format jpeg 
2. un TVA - soit un poème ou petite phrase de valeur - pensée, citation,...
3. une proposition de chanteur/chanteuse ou morceau de musique qui va bien avec ...  

Je vous cèderai l'espace d'un dimanche l'espace du blog pour votre célébrité d'un jour que je vous invite de partager le plus possible. 

mardi 14 février 2017

Val valant Valantine: La rose et le chardon: la rose a des épines, le chardon d'amour des piquants

Je vous ai annoncé des chardons dimanche dans mon billet: Réminiscences d'été: bouquets d'été sur chardons dardants, ils arrivent pour la Saint Valentin !
Pour pimenter le bouquet, la rose étant fanée, un peu de piquant pour la soirée des amoureux.


Rose rouge pour Valentine - peinture décolorée- photo: lfdd

En compensation de la rose rouge décolorée, je vous offre des chardons bleus éblouissants sous l'ardant soleil dardant de l'été en montagne:


Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Chardons bleus pour Valentine - photo: lfdd

Et je vous souhaite un belle soirée tout en pensant à ceux qui ne vont pas manger en tête-à-tête au restaurant, en vous offrant ces quelques chansons d'amour à contre-courant:

Tout d'abord "Mon amie la rose" de Françoise Hardy:




On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
A l'aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille

Pourtant j'étais très belle

Oui j'étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose
Me l'a dit ce matin
Vois le dieu qui m'a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon coeur est presque nu
J'ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus

Tu m'admirais hier

Et je serai poussière
Pour toujours demain.

On est bien peu de chose

Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j'ai vu
Eblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait

Crois celui qui peut croire

Moi, j'ai besoin d'espoir
Sinon je ne suis rien

Ou bien si peu de chose

C'est mon amie la rose
Qui l'a dit hier matin. 


Nous ne sommes pas grand chose et même, comme le chante si bien Sophie Hunger, quelquefois nous sommes personne: "Niemand", dans sa Valse pour "personne"  - Walzer Für Niemand


Sophie Hunger - Walzer Für Niemand (Live at Kesselhaus, Berlin)


Oui, les histoires d'amour finissent mal en général, mais quelquefois ce sont de vrais contes de fées (même au pays du Lider Maximo, Cuba). C'est celle d'Evelyne Pisier (la soeur de Marie-France pour les peoples cinéphiles) qui a vécu son "histoire d'amour", une vraie passion, avec Fidel Castro en personne dans les année 1964 (Evelyne vient de mourir la semaine dernière...).



En ces temps de Valentinades, un conseil pour ceux qui ne veulent pas suivre le flot, un conseil: Allez à la soirée "lecture" d'Hélène Schwaller qui vous fait la "Muse" avec des textes de James Joyce et de Hakim Mouhous. C'est à la Galerie Philippe Descorde à partir de 20 heures ce mardi 14 février, dans le cadre de l'exposition de dessins de Hakim Mouhous.


Et pour finir, un hommage à une pianiste chanteuse canadienne qui adore les fleurs et qui nous fait avec ses accolytes Nicolas Bédard - Contrebasse et Mark Nelson - Batterie - un beau moment de bonheur autour de la fleur bleue:


Le trio Luce Bélanger - "Chardon bleu"


Bonne Saint Valentin

La Fleur du Dimanche 

dimanche 5 février 2017

Mais où sont les neiges d'antan: Blanche neige et roses rouges

La neige est partie, reviendra-t-elle ? Il me semble... Elle tombe aussi dans la pièce éponyme au TNS (salle Gruber) dans un spectacle à ne pas rater (j'en ai parlé hier dans mon billet) .

Mais vous attendez les fleurs... En cette saison, à part quelques rares primevères (je vous en ai servies dimanche dernier), et des roses de Noël (j'en ai fait quelques variations les années précédentes..), il n'y a que dans les intérieurs et les galeries qu'on en trouve... quelquefois en bouquet séchés:



Bouquet de galerie - Photo: lfdd


Ou sur toile de Buffet - au Musée de Montmartre à Paris - il habitait à côté un moment:



Bouquet de roses de Buffet - Photo: lfdd

Les neiges d'antan sont chantées par les poètes:


Nuit de neige de Guy de Maupassant

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.



Bouquet de roses de Buffet - détail - Photo: lfdd


Après on peut faire un petit Carême: 


Il a neigé


Il a neigé dans l'aube rose

Si doucement neigé,
Que le chaton croit rêver.
C'est à peine s'il ose
Marcher.

Il a neigé dans l'aube rose

Si doucement neigé,
Que les choses
Semblent avoir changé.

Et le chaton noir n'ose

S'aventurer dans le verger,
Se sentant soudain étranger
A cette blancheur où se posent,
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés.

Maurice Carême


Et pour finir en chansons, la neige vue par Brel, Dionysos et Adamo:


Jacques Brel - Il neige sur Liège:




Dionysos - Neige:





Salvatore Adamo: Tombe la neige:

 



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche