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dimanche 1 mai 2022

Le muguet se repose, allons au bois ou défilons en n'oubliant pas 36

 Pour ce douzième 1er mai du blog de La Fleur du Dimanche, je ne peux que vous renvoyer à mon billet de l'année dernière pour toutes celles et tous ceux qui se posent encore des questions sur le muguet et le premier mai, jour du travail et/ou des travailleurs (en remontant à Charles IX pour le muguet ou encore en 1884 pour les travailleurs). Et attention, le muguet est toxique, pas l'ail des ours qui lui ressemble et peut même pousser à côte de lui.... 

Le muguet de cette année se repose doucement sur ses feuilles dans son bouquet odorant... vous le sentez ? Là:


Muguet du 1er mai - Photo: lfdd

A propos de parfum, sachez qu'il est très très difficile de capturer le parfum naturel du muguet, la technique, abandonnée depuis 1930 est remise sur l'établi par une société, AB 1882, maison de parfumerie nantaise, qui remet au goût du jour la technique ancestrale d’enfleurage du muguet, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Plus dans un reportage d'Ouest France ici.


Les fleurs sont fabuleuses, non ?

A propos de fleurs fabuleuses et à l'occasion de l'exposition* "Fleurs Fabuleuses", le travail de collaboration artistique de Robert Becker et Dominique Haettel qui est visible à l'Iloz dans le Grand Parc de Miribel-Jonage à côté de Lyon jusqu'au 22 mai, je vous en offre une et son texte associé, écrit par Jean-Michel Maulpoix:

Fleurs Fabuleuses - L'iris bleu cyclope - Robert Becker - Dominique Haettel 


Le cyclope bleu

 

Connaissez-vous le cyclope bleu ? Ce n’est pas un géant brutal. Semblable au tissu de nos songes, sa peau est soyeuse, sensible au soleil et au vent. Son œil unique ne s’entrouvre que le soir. Les lucioles, dit-on, viennent souvent s’y poser : elles éclairent d’une lumière étrange ce trou laissé naguère par le pieu d’Ulysse. Trou de mémoire, dit-on : le cyclope bleu ne se souvient de rien et répète du fond de sa nuit : « je ne suis personne ! »

 

Jean-Michel Maulpoix


Et pour finir en chanson, la chanson du premier mai de Georges Brassens, "Le discours des Fleurs", interprété par Thomas Fersen:




Bon premier mai


 La Fleur du Dimanche


* L’exposition « Fleurs Fabuleuses » présente les œuvres de Robert Becker (photographe) et Dominique Haettel (peintre). Elles dialoguent avec des œuvres issues de l’artothèque de Lyon dans un décor inédit réalisé par la Cie Tonton ballons. Cette exposition jette un regard artistique sur les fleurs. Et la botanique nous emmène vers un monde de créatures étranges: des pétunias qui nagent comme des poissons dans un univers féérique, un coquelicot danse le flamenco, un massif de fleurs nous tire la langue, un pavot devient un petit monstre sympathique, la clématite un mannequin de mode… Les interprétations ne manquent pas et les textes d’auteurs vous invitent à un voyage où le spectateur fait son propre parcours. L’exposition présente les œuvres originales (peinture sur photographie) ainsi que les pages du livre d’artiste « Fleurs Fabuleuses » avec les textes et les oeuvres qu’ils décrivent.

L'exposition « Fleurs Fabuleuses » est présentée à l’Iloz à Miribel Jonage du 16 avril au 22 mai 2022.

Galerie Iloz  – Grand Parc de  Miribel Jonage -  Chemin du Moulin de Cheyssin, 69330 Meyzieu

L’exposition sera ouverte pendant les congés scolaires tous les jours de 10h30 à 18h30 

Et  les samedis - dimanches de 10h30 à 18h30.

Pour la clôture, finissage le 22 mai 2020  à 15h00, 16h00 et 17h00  - Animations: 
– Lecture par Gaspard Bardel des textes des auteurs sur ces Fleurs Fabuleuses et performance « Fabula Rasa » chantée et dansée par Geneviève Charras, charivarieuse.
Plus sur le site du Parc ici.


vendredi 14 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Vertikal - Mourad Merzouki: Tentative d’élévation


Dans le cadre de la 18ème Biennale de Danse de Lyon, Mourad Merzouki, enfant chéri de la génération hip-hop découvert à Lyon à la Maison de la Danse il y a une vingtaine d'années, y revient avec une proposition qui interroge sa démarche en radical chamboulement avec Vertikal en création le 14 septembre 2018.


Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Une fente de lumière, bleue, dans laquelle les danseurs apparaissent et disparaissent devient un espace entre deux tours qui s’éloignent pour ouvrir l’espace. Longtemps baignés dans cette lumière bleue qui souligne leurs mains qui émergent de leurs costumes en jean, les dix interprètes évoluent en fond de scène en dialogue et apparitions disparitions sur la musique englobante et envoutante d’Armand Amar. Le décor s’ouvre, les tours se font espace et délimitations, la troupe occupe l’espace, quelquefois l’un(e) ou l’autre tente une envolée, en suspension, mais quelquefois aussi, celui qui semble voler est mû uniquement par la force de son énergie. Le désir d’apesanteur est intrinsèque à la danse et les danseurs de la compagnie Käfig ont l’énergie suffisante pour déjouer l’attraction. Le chorégraphe Mourad Merzouki désirait expérimenter une autre façon de voir la danse, surtout hip-hop, souvent à ras du sol avec cette création « Vertikal ». 

Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Pendant plus d’une heure nous avons pu faire le tour du concept de la verticalité, et avec beaucoup de bonheur et de surprises, du clin d’œil à la marionnette (ne sommes-nous pas à Lyon, patrie de Guignol), en passant par la danse-escalade et le redressement du plateau à la verticale par une belle illusion en évitant le piège de la crucifixion, en passant par un magnifique solo volant où le partenaire rigger en coulisse était en totale symbiose avec la danseuse, pour finir par des jeux de cache-cache et une chorégraphie d’ensemble avec des élastiques tout en harmonie.




Preuve en est que le hip-hop a trouvé un nouvel élan ici.    


La Fleur du Dimanche

Vertikal
Compagnie Käfig CCN Créteil & Val de Marne 
Création le 8 septembre 2018 à la Comédie de Valence
A la Maison de la Danse de Lyon
du 14 au 27 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Maguy Marin: Ligne de Crète - Ça dure jusqu'à ce que ça sature


Des fantômes errent dans des couloirs dans la pénombre, démultipliés par leurs reflets sur les parois vitrées d’un labyrinthe qui les canalise et les entrave. Des bruits sourds de machines enflent et la lumière doucement éclaire une espèce d’espace open space vide de presque tout tandis que trois hommes et trois femmes s’aventurent dans ce dédale vitré, entre détermination et valse-hésitation. Ils et elles commencent à prendre possession de ces bureaux-nomades en y installant des objets familiers – ordinateur et autres matériel de bureau et des victuailles et boissons. 

Maguy Marin - Ramdam

Au fur et à mesure que la lumière vient sur cette scène, nous distinguons mieux ces six personnages affairés, téléphonant et mangeant tout en rangeant – façon de parler – les multiples objets-livraisons qu’ils rapportent des coulisses dans un immuable parcours en zigzags dans les étroites allées de verre où, quelquefois ils s’immobilisent, tremblent sur place ou font quelques pas en arrière. A trois, à deux ou seuls, ils se croisent, se suivent et s’évitent de justesse, les bras chargés à chaque voyage qui se termine immuablement par un dépôt – empilement dans leur espace ou un autre qu’ils s’approprient en trop plein. Les couleurs des emballages, primaires de rouge, vert et jaune font écho aux vêtements des femmes jaunes, rouges et mauve avec des variantes de vert. 
Et inlassablement, inexorablement l’espace se remplit d’objets divers et variés, la lumière varie et les gestes et déplacements des danseurs se répètent avec quelques variations d’accessoires, et même de tenue, jusqu’à la nudité. L’empilement, l’accumulation visuelle et sonore qui nous confronte frontalement à l’abondance, au surplus, à la surconsommation et aux gestes frénétiques et inconscients vis-à-vis de nos habitudes sociales, de communication et de consommation nous amènent à une surcharge, une saturation qui devient oppressante et où l’on se demande qui va craquer en premier. 
Ce seront les danseurs, exténués, entravés dans leurs déplacement, tels des robots en game over ne faisant plus que des allers-retours frénétiques, trois pas en avant, trois pas en arrière, qui marquent la fin de la partie. A nous d’en tirer les conclusions. En tout cas, les six danseurs se sont magnifiquement tirés de cette épreuve pire que les mythes de Sisyphe et des Danaïdes réunis. Et pour sa nouvelle création, Maguy Marin et sa compagnie Ramdam avec Ulises Alvarez, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco et Marcello Sepulveda n’ont rien perdus de leur regard acerbe et critique sur notre société contemporaine. Sans oublier Charlie Aubry pour le son et le dispositif scnéique et bien sûr Albin Chavignon et Balyam Ballabeni pour la réalisation du dispositif scénique, Alexandre Beneteaud pour la lumière, Nelly Geyres pour les costumes et Chloé Barbe pour la régie son.


Biennale de la Danse de Lyon - Ligne de Crète - Maguy Marin - saluts - Photo: Scèneweb


La Fleur du Dimanche

Ligne de Crète a été créé lors de la 18ème Biennale de la Danse de Lyon le 11 septembre 2018
Représentations
du 11 au 15 sept Théâtre national populaire - Villeurbanne


Tournée : 

25 septembre au 06 octobre 2018 - Théâtre des Abbesses - Paris
12 au 14 octobre 2018 - Théâtre Gérard Philipe - Saint-Denis
06 et 07 février 2019 - Humain trop humain - CDN Montpellier
30 mars 2019 - Salle Jacques Brel - Fontenay en Scènes - Biennale de danse du Val de Marne
04 avril 2019 -  Théâtre Edwige Feuillère - Vesoul
09 avril 2019 - Le Dôme de Gascogne - CIRC - Auch
11 avril 2019 - Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées
du 22 au 24 mai - Théâtre Garonne, scène européenne - Toulouse

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Peeping Tom: 31 rue Vandenbranden : moi, mon double et l’autre


Gabriela Carrizo et Franck Chartier ont récréé pour le Ballet de l’Opéra de Lyon une nouvelle version de leur pièce 32 rue Vandenbranden qui date de 2009, la troisième, après une première adaptation, 33 rue Vandenbranden qu’ils avaient faite pour l’Opéra de Göteborg.  La pièce 31 rue Vandenbranden gagne en force de l’image et en énergie de par l’interprétation par la troupe du Ballet, aguerrie à une variété de styles, du classique au cirque et au hip-hop...

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


La pièce démarre dans un univers cinématographique de désert blanc et froid de haute montagne, avec deux mobil-home blancs enneigés qui peu à peu vont prendre vie. Dans ce monde hostile et à l’écart, nous allons découvrir les différents individus qui le peuplent ou qui y arrivent, qui essaient de vivre ensemble, de s’aimer, de s’aider, mais qui vont aussi s’affronter, se heurter et se battre.

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


Des scènes intimes: toilette, coiffure,... alternent avec des joyeux ébats, glissades et jeux dans la neige, puis basculent dans des scène d’affrontement ou de meurtre puis des épisodes franchement surréalistes ou féériques. Les personnages se dédoublent ou se transforment, moi devient un double ou un autre et l’autre devient la bête à abattre sans sommation, la femme aimée disparait ou s’en va, abandonnant tout. Et l’inventivité de Peeping Tom arrive à s’incarner dans la jeune troupe du Ballet, matronée par la cantatrice mezzo-soprano Eurudike de Beul qui conserve l’esprit et la voix de la troupe dans ses airs chantés, quelquefois annoncés par un air de guitare enfantin. 

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


Même sans les corps des interprètes historiques de Peeping Tom et leur personnalité, le spectacle arrive à assurer une transmission réussie de cet univers un peu à part, étrange et surréaliste sous des airs d’hyperréalisme, pour porter plus loin et auprès d’un autre public cette narration particulière et singulière. Une pièce est entrée au répertoire….


La Fleur du Dimanche

Re-Création pour le Ballet de l'Opéra de Lyon - 11 septembre 2019 
du 11 au 23 septembre 2019 - Opéra de Lyon

Conception, chorégraphie et mise en scène: Gabriela Carrizo
Conception, chorégraphie et mise en scène: Franck Chartier
Mezzo-soprano: Eurudike De Beul
Dramaturgie: Hildegard De Vuyst et Nico Leunen
Composition sonore: Juan Carlos Tolosa et Glenn Vervliet
Décors: Peeping Tom, Nele Dirckx, Yves Leirs, Frederik Liekens
Lumières :Filip Timmerman et Yves Leirs
Costumes : Diane Fourdrignier et HyoJung Jang
Ballet de l'Opéra de Lyon: Aurélie Gaillard - Julia Weiss - Giacommo Lici - Marco Merenda - Albert Nikolli - Roylan Ramos - JacquelineBâby - Kristina Bentz - Sam Colbey - Adrien Delepine - Caelyn Knight - Lore Pryszo - Paul Vezin - Alvaro Dule - Leoannis Puppo-Guillen 

dimanche 18 septembre 2016

Le 17ème Biennale de la Danse de Lyon – mixage et mixité

La longue relation entre Lyon et la Danse se continue cette année avec une manifestation que Dominique Hervieu, Directrice de la Maison de la Danse et en charge pour la deuxième fois de la Biennale a voulu vivante et ouverte.
Elle a choisi de soutenir très fortement la création (23 créations internationales), montrer la diversité de cet art et relier l’expression populaire et l’expérimentation.





L'exposition Corps Rebelles 


Une exposition "Corps Rebelles" au Musées des Confluences permettra de voir et /ou revoir les œuvres emblématiques de l’histoire de la Danse (entre autres les huit versions marquantes des grands chorégraphes qui ont créé ou revisité le "Sacre du Printemps",  pièce révolutionnaire s’il en est).  Six thèmes sont creusés, commentés par des chorégraphes qui s’y sont confrontés: Cecilia Bengeola et François Chaignaud pour "la danse savante et populaire",  Raphaelle Delaunay pour "la danse exotique et coloniale", Raimung Hoghe pour "la danse organique", Daniel Léveillé pour la "Danse politique", Louise Lecavalier pour « La danse virtuose » et Mourad Merzouki pour "Lyon, terre de Danse"
Des ateliers, rencontres et résidence permettront d’approfondir ces échanges.




Conçue au départ par le Musée des Civilisations du Québec, elle a été complétée sous le commissariat d'Agnès Izrine pour parler plus en détail des courants de la danse en France et en Europe, et bien sur l'ancrage lyonnais a une place importante.
L'espace immersif - des vidéos sur trois écrans entourant le spectateur doté de casques interactifs) vont nous plonger dans la paroles de chorégraphes et sur les murs, des images retraçant avec des extraits de spectacles les thèmes traités complètent les 6 thématiques.
Parmi ces paroles de danseurs-chorégraphes, notons spécialement celle de Louise Lecavalier, danseuse virtuose de l'époque de LalaLa Human Steps d'Edouard Lock qui parle de sa position aujourd'hui, "à côté" de la danse et de la chorégraphie.
Raimund Hoghe, lui, inscrit son travail hors scène et interroge le contexte politique en Allemagne et sa résonance ailleurs, tandis que Raphaëlle Delaunay, parle de la "double mise à distance" du regard occidental sur le corps noir ou métis. 

Exposition Corps Rebelles - Musée des Confluences - 17ème Biennale de Danse de Lyon  


Le traditionnel défilé, le 18 septembre continuera, comme chaque année à rendre cette manifestation des plus populaires et une journée de réflexion le 19 avec l’intitulé "Ensemble!" sera l’occasion de mieux comprendre les liens à tisser et à inventer pour faire se croiser et se rencontrer les artistes et les publics.

Ces rencontres pourront en tout cas se faire à de nombreuses occasion pendant les plus de deux semaines que dure le festival, dans toute l’agglomération lyonnaise, avec las multiples partenaires et relais, à l’occasion de spectacles avec des chorégraphes comme Akkram Kahn, Alain Platel, Bouchra Ouizguen (avec Corbeaux), Christian Rizzo, Hervé Robbe, Jean-Claude Gallotta (& Olivia Ruiz), Josette Baïz, Kaori Ito, Rachid Ouramdame, Roy Assaf, Yuval Pick, Jonah Bokaer (avec Pharell Williams), Olivier Dubois et Olivia Grandville et bien d’autres…  de quoi découvrir plein de danses.. 



Malandain Ballet Biarritz - Lyon - 17ème Biennale de Danse - La Belle et la Bête - un ballet royal...

Thierry Malandain et son Malandain Ballet Biaritz nous ont présenté en ce premier dimanche après-midi de 17ème Biennale de la Danse à l’Amphitéâtre de la Cité Internationale "La Belle et la Bête" sur une musique de Piotr Ilitch Tchaikovki (des extraits de la Symphonie Pathétique et de son opéra Eugène Onéguine). 

Thierry Malandain - La Belle et la Bête - Biennale de la Danse de Lyon


Dans une version néo-classique, il rend hommage à Jean Cocteau mais aussi au conte d'origine dans les versions de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. La musique correspond bien à l’aspect à la fois  féerique mais aussi fantastique de cette histoire d’amour qui sort de l’ordinaire. 
Les vingt-deux danseurs interprètent avec virtuosité ce ballet tout en virtuosité dans de magnifiques costumes crées par Jorge Gallardo qui a aussi créé le décor - décor réduit à sa plus simple expression: la table de la Bête et son lustre. 


Thierry Malandain - La Belle et la Bête - Biennale de la Danse de Lyon
Mais il faut noter l’originalité de la mise en scène par le jeu des rideaux, jeu qui joue à la fois sur la polysémie de ce qu’ils peuvent représenter et des multiples fonctions qu’ils ont dans la dramaturgie.
Ils vont tour à tour être de vrais rideaux dans lesquels on peut se cacher (et même disparaître), comme dans un jeu d’enfant, ou d’où les personnages vont surgir sur scène. Ils peuvent aussi être un mur contre lequel on va se heurter, obstacle qui va bloquer les protagonistes. Ou alors, comme dans un roman de Marcel Aymé, être le mur-miroir que l’on traverse pour arriver ailleurs Ou encore, comme dans un tableau de Magritte, être ce mur à travers lequel des bouts de corps vont apparaître (des bustes, des jambes qui dansent,..) de manière surréaliste ou qui vont être avalés par lui, ou encore comme des cadres de bande dessinées que les personnages soulèvent pour rentrer dans l’image. Et, en dernier lieu, ces rideaux qui se font tirer d’un côté ou d’un autre vont jouer le rôle de "volets" cinématographiques, instruments de séquences spatiales ou temporelles: on découvre un nouveau décor, de nouveaux personnages ou alors nous assistons à un raccourci temporel. Le rideau, même noir peut aussi être miroir. Ce volet et ce miroir nous renvoient à l’univers cinématographique, de Cocteau, entre autres, mais aussi, et via les personnages de la pièce, à la figure du double (quelquefois dans une opposition noir et blanc) qui touche l’essence même du mythe sur lequel s’appuie la pièce. 


La Belle et la Bête - Malandain Ballet Biaritz -  


Le double, l’écho se retrouvent également avec la conclusion de la pièce qui, sûrement par hasard, fait un clin d’œil à la pièce de Yann Duyvendack "Sound of Music" dans son final doré qui engloutit tout le monde....


La Fleur du Dimanche

  
Malandain Ballet Biaritz - La Belle et la Bête
Biennale de la Danse de Lyon
Amphithéâtre de la Cité Internationale 
16, 17, 18 septembre 2016



samedi 17 septembre 2016

Yann Duyvendak - Sound Of Music – la Comédie musicale “Catastrophe”

Yann Duyvendak, dont on connaît plus son travail d'intervention et de performance a conçu pour cette Biennale de la Danse de Lyon une comédie musicale à la fois grand spectacle et pièce militante: « Sound Of Music ». A partir de sources de recherche sur les grands maux de ces dernières années et du siècle à venir, il a fait écrire un livret par Christophe Fiat avec une musique d’Andrea Cera, pour aboutir à cette comédie musicale "catastrophe" avec les chorégraphies d’All Right Good Night, Staying Affloat, Chines are on Tour, Rain Dance et d’Olivier Dubois... 

Biennale de la Danse Lyon - Sound of music - Yan Duyvendak - Photo: Séebastien Monachon


Interprété par une douzaine de professionnels du show chanté et dansé, accompagnés d'une trentaine de danseurs du Conservatoire de National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, le spectacle prend à rebours les règles du genre : Le désastre et les catastrophes sont prétexte à tours de chants et de danse, comme au temps de la grande dépression ou lors du naufrage du Titanic. 
Le texte chanté passe en revue les catastrophes et évènements politiques et financiers de ces dernières années: la crise des subprimes et les désordres écologiques, le soulèvement de la place Tien An Men et les licenciements massifs, la dépression et le suicide des jeunes, tout cela chanté et dansé avec un entrain de plus en plus vigoureux par cette troupe pleine d’énergie qui déborde de la scène au fur et à mesure que les rubans de paillettes dorées « mangent » la scène et que les rideaux de couvertures de survie tout aussi dorées forment une barrière qui avance inexorablement vers le public, à l’image de la prédiction énoncée précédemment sur scène: Il faut réduire la progression de l’humanité (un demi-million en mois que prévu : 6,5 milliards au lieu des 7 prédits) pour la sauver. Si l’on ne réagit par aucun changement au réchauffement climatique, l’homme, les animaux et les végétaux auront disparu de la terre en l’an 2300, et même, le risque d’implosion sociale et politique qu’induit cette évolution dans la géopolitique risque de conduire à des cataclysmes sociétaux tels qu’une disparition de la civilisation humaine est même possible ne 2040, donc dans vingt-quatre ans ! » - « All right, Good Night ! » - Tout va bien, nous coulons !





La Fleur du Dimanche

Yann Duyvendak
Sound of Music
Biennale de la Danse de Lyon
Théâtre de la Croix-Rousse 
14, 15, 16 septembre 2016

Biennale de Danse de Lyon: Israel Galvan: le flamenco a du toupet

Pour la 17ème édition de la Biennale de la Danse de Lyon, Israel Galvan revient avec son nouveau spectacle : "FLA.CO.MEN".
Comme son titre l'indique, c'est du flamenco décoiffé, découpé, mélangé... qui surprend le spectateur, mais plait beaucoup si l'on considère les rappels debout au bout de plus de 90 minutes de spectacle bien rythmés par le danseur qui tient la scène de bout en bout.  


Israel Galvan -FLA-CO-MEN

Il démarre sous son meilleur profil par un solo face à un pupitre avec une partition chorégraphico-sonore ébouriffante, éblouissante
et virevoltante.
Une énergie qui ne le quittera pas pendant tout le spectacle, même s'il se laisse quelques pauses, dont l'une, entre deux duos avec un percussionniste également virtuose, où il ose laisser en sourdine une musique "techno" qui montre que le flamenco est bien plus fort, surtout le flamenco du XXIème siècle qu'incarne dans toute son originalité , sa force et son imagination et son invention, ce maître du flamenco contemporain.
Il osera également plonger la salle dans le noir, pour faire entendre le "corps" du son, de ces percussions qui sont l'âme du flamenco, alors qui lui-même  incarne à merveille le corps de ce son autant dans le geste de frappe du pied ou des main (les palmas) et des doigts (les pitos) que des gestes qui chez Israel prennent une élégance et une élévation presque divine.

Son corps incarne cette danse qui monte vers le divin, comme sa houppe à la tintin ou presque crête punk en devenir.
D'ailleurs, cet iconoclasme se retrouve dans le déroulé de son spectacle, à partir du moment où ses musiciens acolytes - et amis - le rejoignent pour un déployé entre traditionnel, ballade et orchestre free jazz de libération du flamenco:
Deux chanteurs et un guitariste flamenco et, en plus du percussionniste, un saxophoniste prenant de temps en temps la corne traditionnelle et une violoniste-bassiste vont nous mener de rythmes traditionnels en envolées plus libres et décoiffantes.
Quitte à faire injonction de "Silenzio" à la salle, qui surprise, va découvrir le silence d'avant et d'après les applaudissements et une nouvelle envolée solitaire du cor et des corps....

Avant les triples rappels debout qui confirment que le flamenco n'est pas mort et a trouvé l'interprète de son futur.

A voir dès que vous le pourrez.

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche  

A venir : Duyvendack et le Ballet de l'Opéra de Lyon: Mascarel - Sciaroni

jeudi 1 novembre 2012

Le Poids du Monde repose


En ce jour de Toussaint, une fleur et un TVA de circonstance :

Pour la Fleur, un hortensia dans un lieu inhabituel :


Hortensia - Photo:lfdd


Et le TVA du jour, à méditer, un titre de livre de Marcel Michau:

« Le Poids du monde repose sur les sensibles», avec ce sous-titre facultatif précédé de points de suspension « ... malgré le poids du monde, notre coeur bat et écoute. ».

Bonne journée

La Fleur du Dimanche





jeudi 20 septembre 2012

L'expo du mercredi: c'est la Rentrée... à Lyon...

Vous l'avez sans doute remarqué samedi et dimanche dernier, la rentrée s'est jouée à Lyon, à l'occasion de la Biennale de la Danse..
De superbes spectacles, entre autres d'Israël Galvan, de Jan Fabre, d'Angelin Preljocaj, une superbe création de la Compagnie Käfig avec des danseurs taïwanais, les Gamelans de Java, Découflé, Boivin, Maguy Marin, et beaucoup d'autres, mais aussi la rentrée des galeries, du côté de la Croix Rousse et de la rue Burdeau.

 

Pour ne pas tirer un trait définitif sur l'été, l'exposition "Sous le soleil exactement" à la Galerie Françoise Besson, qui avec Daniel Tillier comme co-commissaire a organisé cet hommage à la lumière et, en complément des photographies de Dolorès Marat, présentait des oeuvres de Daniel Clarke, Marc Desgranchamp, Jim Dine, Jacques Migayrou, Clément Montolio et Daniel Tillier.
Ce dernier dont il faut saluer la "Libération" réalisée sous le soleil de l'été et ornée d'un drapeau historique de 1945.
Clément Montolio y présente des travaux sur papier, relectures des images de plage dans les magazines, images qui se superposent et vrillent dans nos mémoires - A propos de mémoire, si vous êtes strasbourgeois, vous avez vu des tableaux et des superbes aquarelles à la Galerie Gillig.
Marc Desgrandchamps nous raconte les films d'été, Jim Dine nous offre son coeur jaune soleil, et les corps sont magnifiques dans cette exposition.


Sans Titre - Clément Montolio

Pour ne pas quitter le soleil et Strasbourg, une exposition du photographe François Nussbaumer, "Migrations", à la Galerie Elisabeth Couturier. Il y expose ses grandes photographies couleur de carcasses de voitures abandonnées dans le désert. 


François Nussbaumer

A la galerie Vrai Rêves, un autre photographe également bien connu à Strasbourg, Tom Drahos, dont on peut voir à la fois les derniers travaux en couleur, "The Clash" qui interroge les photos trouvées sur internet et les expressions usuelles et la série historique "Mémoires d'Egypte" de 1981, en noir et blanc, qui déjà confrontait l'écriture - les hiéroglyphes - et les images.

Une autre exposition dont, j'ai annoncé l'exposition dimanche dernier, sans révéler le nom de la galerie, c'est celle d'Yayo Kusama à la Galerie Matthieu. Pour les Strasbourgeois ne faisant pas le déplacement, des oeuvres seront visibles - et éventuellement achetable par les amateurs à Strasbourg lors du prochain Start, mais nous en reparlerons.

En attendant, bonnes expositions

La Fleur du dimanche. 

dimanche 16 septembre 2012

Dendelion: la dent de Lyon ou le Lion dort

Après la rentrée, l'automne... ce sera cette semaine.... et également un passage à Lyon pour la Biennale de la Danse et la rentrée des galeries lyonnaises avec des artistes connus - j'en parlerai bientôt...

Lyon où, pour vous, j'ai photographié en clin d'oeil les dendelions - la fleur du Taraxacum du dimanche - locaux.

Dent de Lyon ?  - Photo:lfdd


Autre clin d'oeil, un peu plus loin, les fleur de Yayoi KUSAMA (également exposée dans une galerie lyonnaise) dans les vitrines d'un grand magasin de luxe..... 

Fleurs Yayoi Kusama à Lyon - Photo:lfdd

Et en face, un autre magasin de luxe et d'or... clin d'oeil fermé - l'oeil dort ?

Lyon d'Or - Photo:lfdd

L'oeil qui dort nous amène à notre TVA et retour à Strasbourg où démarre pour cette rentrée le grand, l'unique festival de musique contemporaine Musica, sous le signe du Silence - qui est d'or... J'ai parlé de John Cage, qui aurait (orait?) eu 100 ans et qui a osé dire, dans "Lecture on nothing":
"Je n'ai rien à dire et le le dis"

Pour le prouver, il a créé 4'33" et Robert Wilson, ainsi que Musica, lui rendront un bel hommage... à découvrir les prochains jours...

Bon dimanche.

La Fleur du Dimanche