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mercredi 16 janvier 2019

The Falling Stardust d'Amala Dianor: La danse des cygnes électriques sous les étoiles

Amala Dianor, danseur et chorégraphe, venu du hip-hop, n'a pas peur de se frotter à d'autres domaines de la danse. Il a dansé avec de chorégraphes aussi divers que Régis Obadia, Roland Petit, Abou Lagraa et Emanuel Gat. Il est passé par le CNDC d'Angers et a travaillé en tant que chorégraphe autant avec des amateurs, de jeunes professionnels que des danseurs de hip-hop ou contemporains ou des gens en dehors de la danse. Et il s'est également mis en scène dans un solo "Man Rec".

Le travail qu'il présente en première au Théâtre de Hautepierre dans la programmation de Pôle Sud ce 16 janvier 2019, "The Falling Stardust" est une création où il confronte la danse classique, avec 9 danseuses et danseurs dont la plupart en sont issu(e)s, au monde de la danse contemporaine.
C'est une coproduction ambitieuse dont nous avions pu assiter précédemment à une présentation de "chantier" lors d'un atelier "Travaux Publics" où nous avions découvert le projet en germe.


Amala Dianor - The Falling Srradust 


Le résultat en est époustouflant. Un vrai voyage intergalactique dans l'univers de la danse classique.
La scène s'ouvre sur une grande sculpture (création de Clément Debras) qui se révèle être un "lustre d'opéra". La sculpture ressemble plus à une station spatiale ou à un corps céleste intergalactique et héberge en son sein les danseuses et les danseurs. L'obscurité dévoile au fur et à mesure les corps sculptés par la lumière fractale, qui finiront par prendre leurs marques sur le plateau et s'organiser en entités vivantes et mouvantes. Ils vont s'organiser par trois trios, dans un faux désordre, sorte de chaos pré-historique. Ces mouvements, tantôt soubresauts, frictions saccadées ou épileptiques, tantôt essais de structurations d'un mouvement d'ensemble en réorganisation de mouvements coordonnés, font passer une belle énergie. La bande son créée par Awir Léon soutient avec force percussions, battements et nappes sonores cette dynamique. Et l'on se demande si ce n'est pas une armée d'extraterrestres qui ont très bien appris la danse classique, - entre autres le Lac des Cygnes - qui sont en train de nous construire une chorégraphie classique restucturée. Les costumes noirs assez futuristes créés également par Clément Debras participent à cette atmosphère.


Amala Dianor - The Falling Srradust 


Après une première partie dédiée au nombre trois, la deuxième partie bascule plus dans un mouvement d'ensemble avec quelques mises en avant de solos qui mettent en relief la qualité de mouvement et la personnalité des différent(e)s interprètes et de leurs styles.
Ils - il faudrait dire elles puisque pour la troupe il y a deux danseurs et sept danseuses - sont tous/toutes magnifique dans leurs mouvements, leurs gestes qu'Amala Dialor a su magnifier et mettre en valeur: du style classique parfait mais totalement intégré dans un style contemporain post-classique à quelques expressions qui font ressurgir de la danse de rue ou presque de l'acrobatie.
Ce déferlement d'énergie atteint un climax puis, après un ressac, dans un réveil plus romantique et serein se clôt dans un tableau d'ensemble qui célèbre chacune et chacun dans un groupe réunifié.

Grâce à la qualité de l'ensemble des interprètes, le spectacle est à la hauteur de l'ambition du chorégraphe et la relecture très moderne et décomplexée du vocabulaire classique justifie l'engagement de l'ensemble des structures qui ont soutenues le projet.


Amala Dianor - The Falling Srradust 


Et les représentations et la tournée permettra à un large public de découvrir un talent en train d'émerger pour ceux et celles qui n'en étaient pas encore convaincu(e)s.

La Fleur du Dimanche


The Falling Stardust
CRÉATION / PREMIÈRES

Avec Pôle Sud au Théâtre de Hautepierre: du 16 au 18 janvier 2019
Tourné en France... 

Chorégraphie : Amala Dianor
Avec : Mourad Bouayad, Lucie Dubois, Baptiste Lenoir, Charlotte Louvel, Sandra Mercky, Keyla Ramos, Yukie Spruijt, Jeanne Stuart, Elena Thomas
Scénographie : Clément Debras
Lumières : Xavier Lazarini
Musique : Awir Léon
Coproduction : Théâtre de la Ville de Paris, La Villette, POLE-SUD CDCN Strasbourg, CNDC d’Angers, CCN Nantes, Maison de la danse de Lyon, Montpellier danse, Viadanse-CCNBFC de Belfort, scène conventionnée Scènes de pays dans les Mauges (49), Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne / Compagnie Käfig direction Mourad Merzouki dans le cadre de l’Accueil Studio, CCM de Limoges scène conventionnée danse, L’Onde théâtre centre d’art.
Avec le soutien de la Caisse des dépôts, la Région Pays de la Loire, la Ville d’Angers.
La compagnie Amala Dianor est conventionnée par la Drac Pays de la Loire, soutenue par la Ville d’Angers et la Région Pays de la Loire.
Amala Dianor est artiste associé à POLE-SUD , CDCN de Strasbourg (2016/2019), artiste compagnon de la scène conventionnée Scènes de pays dans Mauges.



vendredi 14 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Vertikal - Mourad Merzouki: Tentative d’élévation


Dans le cadre de la 18ème Biennale de Danse de Lyon, Mourad Merzouki, enfant chéri de la génération hip-hop découvert à Lyon à la Maison de la Danse il y a une vingtaine d'années, y revient avec une proposition qui interroge sa démarche en radical chamboulement avec Vertikal en création le 14 septembre 2018.


Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Une fente de lumière, bleue, dans laquelle les danseurs apparaissent et disparaissent devient un espace entre deux tours qui s’éloignent pour ouvrir l’espace. Longtemps baignés dans cette lumière bleue qui souligne leurs mains qui émergent de leurs costumes en jean, les dix interprètes évoluent en fond de scène en dialogue et apparitions disparitions sur la musique englobante et envoutante d’Armand Amar. Le décor s’ouvre, les tours se font espace et délimitations, la troupe occupe l’espace, quelquefois l’un(e) ou l’autre tente une envolée, en suspension, mais quelquefois aussi, celui qui semble voler est mû uniquement par la force de son énergie. Le désir d’apesanteur est intrinsèque à la danse et les danseurs de la compagnie Käfig ont l’énergie suffisante pour déjouer l’attraction. Le chorégraphe Mourad Merzouki désirait expérimenter une autre façon de voir la danse, surtout hip-hop, souvent à ras du sol avec cette création « Vertikal ». 

Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Pendant plus d’une heure nous avons pu faire le tour du concept de la verticalité, et avec beaucoup de bonheur et de surprises, du clin d’œil à la marionnette (ne sommes-nous pas à Lyon, patrie de Guignol), en passant par la danse-escalade et le redressement du plateau à la verticale par une belle illusion en évitant le piège de la crucifixion, en passant par un magnifique solo volant où le partenaire rigger en coulisse était en totale symbiose avec la danseuse, pour finir par des jeux de cache-cache et une chorégraphie d’ensemble avec des élastiques tout en harmonie.




Preuve en est que le hip-hop a trouvé un nouvel élan ici.    


La Fleur du Dimanche

Vertikal
Compagnie Käfig CCN Créteil & Val de Marne 
Création le 8 septembre 2018 à la Comédie de Valence
A la Maison de la Danse de Lyon
du 14 au 27 septembre 2018