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dimanche 16 septembre 2018

18e Biennale de la Danse Lyon: l'Europe danse et tout le monde défile, même les spectateurs en virtuel

Pour sa dix-huitième édition, l'âge de la maturité, la Biennale de la Danse de Lyon, lancée par Guy Darmet et dont Dominique Hervieu a pris le relais, s'ouvre sur l'Europe et célèbre la Paix.
Pour le traditionnel défilé, en ce 16 septembre, c'est Latifa Ibn Ziaten qui avait créé l'association Imad-Ibn-Ziaten pour la jeunesse et pour la paix en mémoire de son fils assassiné en 2012 par Mohamed Merrah qui en est la marraine. 




Plus d'une douzaine de groupes de Lyon et alentour (Vénissieux, Bron, Villeurbanne, Feyzin, Saint Fons, Bron, Vienne, Drôme, Ardèche, Savoie, ...) ont défilé nombreux: quatre mille cinq cents danseurs pour deux à trois cent mille spectateurs pleins d'enthousiasme, sur un parcours réduit, mais de retour au centre ville et qui s'est conclu place Bellecour en chansons, dont Imagine de John Lennon. 




Les spectacles avaient déjà démarrés le mardi 11 septmbre pour Maguy Marin au TNP de Villeurbanne avec Ligne de Crète:
Voir le billet: "Ligne de Crète -  Ça dure jusqu'à ce que ça sature") 
et la re-création de Peeping Tom: 31 rue Vandenbranden à l'Opéra:  Voir le billet: 31 rue Vandenbranden : moi, mon double et l’autre). 

Patrice Thibaud avec Welcome au Radiant à Calluire-et-Cuire et le CNDC d'Angers au Théâtre des Célestins avec un hommage à Merce Cunningham ont pris le relais avant la création de Mourad Merzouki Vertikal à la Maison de la Danse:
Voir le billet: Mourad Merzouki: Tentative d’élévation).

Fabrice Lambert prend le relais le 19 septembre avec Aujourd'hui, Sauvage au Tobogan à Décines et Miet Warlop au TNG Lyon - Vaisse. Puis suivent les créations d'Alessandro Sciarroni, Dona Doherty, Rachid Ouramdane, Thoma Hauert, Josef Nadj Wang Ramirez, d'Angelin Preljocaj, Saburo Teshigawara, Yann Bourgeois, Kader Attou et Yann Gallois et bien d'autres spectacles qui vont se succéder jusqu'au 30 septembre.
Des parcours dans la ville avec Yuval Pick, Oona Dogerty et d'autres, avec de jeunes troupes, des écoles ou des amateurs dans différents lieux de Lyon ou autour. Julie Desprairies propose un "Inventaire dansé de Villeurbanne" en impliquant les habitants et Jérôme Bel invite le public à une performance dans le Grand Hôtel-Dieu où chacun est libre de passer le temps qu'il veut avec une danseuse pour expérimenter la lenteur et la relaxation.

Un autre axe qui prend de l'importance, avec des créations spécifiques pour cette Biennale, ce sont les aspects "nouvelle technologie" avec la VR (Réalité Virtuelle, la réalité augmentée et la réalité "mixte").
Au Théâtre Nouvelle Génération, nouvel espace appelé à se développer, Gilles Jobin avec les moyens techniques d'Artanim invite cinq spectateurs à expérimenter dans VR_I trois univers (un désert, une maison design et un environnement urbain dans lesquels ils seront confrontés tous ensemble aux danseurs de la troupe dans une expérience originale et surprenante. 




Yoann Bourgeois avec Michel Reilhac à la réalisation de Fugue VR va immerger en 360 degrés quelques spectateurs dans un film où l'expérience impliquera fortement les sens des participants.



D'autres expériences attendent les curieux au Grand Hôtel Dieu avec des film en VR ou en vidéo 360 de France, du Canada, d'Israël, des USA ou de Suède.
Une vaste programmation de films complète ces proposition, ainsi que des rencontres professionnelles sur le sujet.
La 18e Biennale 2018 de la Danse augure avec la plateforme et le Focus Danse Européen ainsi que les autres colaborations, dont la Triennale de Yokohama, d'une belle vitalité et d'un ferment de rencontre et de création.

La Fleur du Dimanche

Programme complet de la 18ième Biennale de la Danse de Lyon ici:
https://www.biennaledeladanse.com/   



vendredi 14 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Vertikal - Mourad Merzouki: Tentative d’élévation


Dans le cadre de la 18ème Biennale de Danse de Lyon, Mourad Merzouki, enfant chéri de la génération hip-hop découvert à Lyon à la Maison de la Danse il y a une vingtaine d'années, y revient avec une proposition qui interroge sa démarche en radical chamboulement avec Vertikal en création le 14 septembre 2018.


Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Une fente de lumière, bleue, dans laquelle les danseurs apparaissent et disparaissent devient un espace entre deux tours qui s’éloignent pour ouvrir l’espace. Longtemps baignés dans cette lumière bleue qui souligne leurs mains qui émergent de leurs costumes en jean, les dix interprètes évoluent en fond de scène en dialogue et apparitions disparitions sur la musique englobante et envoutante d’Armand Amar. Le décor s’ouvre, les tours se font espace et délimitations, la troupe occupe l’espace, quelquefois l’un(e) ou l’autre tente une envolée, en suspension, mais quelquefois aussi, celui qui semble voler est mû uniquement par la force de son énergie. Le désir d’apesanteur est intrinsèque à la danse et les danseurs de la compagnie Käfig ont l’énergie suffisante pour déjouer l’attraction. Le chorégraphe Mourad Merzouki désirait expérimenter une autre façon de voir la danse, surtout hip-hop, souvent à ras du sol avec cette création « Vertikal ». 

Biennale de la Danse de Lyon - Mourad Merzouki - Vertikal -  Kafig


Pendant plus d’une heure nous avons pu faire le tour du concept de la verticalité, et avec beaucoup de bonheur et de surprises, du clin d’œil à la marionnette (ne sommes-nous pas à Lyon, patrie de Guignol), en passant par la danse-escalade et le redressement du plateau à la verticale par une belle illusion en évitant le piège de la crucifixion, en passant par un magnifique solo volant où le partenaire rigger en coulisse était en totale symbiose avec la danseuse, pour finir par des jeux de cache-cache et une chorégraphie d’ensemble avec des élastiques tout en harmonie.




Preuve en est que le hip-hop a trouvé un nouvel élan ici.    


La Fleur du Dimanche

Vertikal
Compagnie Käfig CCN Créteil & Val de Marne 
Création le 8 septembre 2018 à la Comédie de Valence
A la Maison de la Danse de Lyon
du 14 au 27 septembre 2018

Biennale de la Danse de Lyon 2018 : Peeping Tom: 31 rue Vandenbranden : moi, mon double et l’autre


Gabriela Carrizo et Franck Chartier ont récréé pour le Ballet de l’Opéra de Lyon une nouvelle version de leur pièce 32 rue Vandenbranden qui date de 2009, la troisième, après une première adaptation, 33 rue Vandenbranden qu’ils avaient faite pour l’Opéra de Göteborg.  La pièce 31 rue Vandenbranden gagne en force de l’image et en énergie de par l’interprétation par la troupe du Ballet, aguerrie à une variété de styles, du classique au cirque et au hip-hop...

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


La pièce démarre dans un univers cinématographique de désert blanc et froid de haute montagne, avec deux mobil-home blancs enneigés qui peu à peu vont prendre vie. Dans ce monde hostile et à l’écart, nous allons découvrir les différents individus qui le peuplent ou qui y arrivent, qui essaient de vivre ensemble, de s’aimer, de s’aider, mais qui vont aussi s’affronter, se heurter et se battre.

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


Des scènes intimes: toilette, coiffure,... alternent avec des joyeux ébats, glissades et jeux dans la neige, puis basculent dans des scène d’affrontement ou de meurtre puis des épisodes franchement surréalistes ou féériques. Les personnages se dédoublent ou se transforment, moi devient un double ou un autre et l’autre devient la bête à abattre sans sommation, la femme aimée disparait ou s’en va, abandonnant tout. Et l’inventivité de Peeping Tom arrive à s’incarner dans la jeune troupe du Ballet, matronée par la cantatrice mezzo-soprano Eurudike de Beul qui conserve l’esprit et la voix de la troupe dans ses airs chantés, quelquefois annoncés par un air de guitare enfantin. 

Peeping Tom - Ballet de l'Opéra de Lyon - 31 rue Vandenbranden - © Michel Cavalca


Même sans les corps des interprètes historiques de Peeping Tom et leur personnalité, le spectacle arrive à assurer une transmission réussie de cet univers un peu à part, étrange et surréaliste sous des airs d’hyperréalisme, pour porter plus loin et auprès d’un autre public cette narration particulière et singulière. Une pièce est entrée au répertoire….


La Fleur du Dimanche

Re-Création pour le Ballet de l'Opéra de Lyon - 11 septembre 2019 
du 11 au 23 septembre 2019 - Opéra de Lyon

Conception, chorégraphie et mise en scène: Gabriela Carrizo
Conception, chorégraphie et mise en scène: Franck Chartier
Mezzo-soprano: Eurudike De Beul
Dramaturgie: Hildegard De Vuyst et Nico Leunen
Composition sonore: Juan Carlos Tolosa et Glenn Vervliet
Décors: Peeping Tom, Nele Dirckx, Yves Leirs, Frederik Liekens
Lumières :Filip Timmerman et Yves Leirs
Costumes : Diane Fourdrignier et HyoJung Jang
Ballet de l'Opéra de Lyon: Aurélie Gaillard - Julia Weiss - Giacommo Lici - Marco Merenda - Albert Nikolli - Roylan Ramos - JacquelineBâby - Kristina Bentz - Sam Colbey - Adrien Delepine - Caelyn Knight - Lore Pryszo - Paul Vezin - Alvaro Dule - Leoannis Puppo-Guillen 

dimanche 18 septembre 2016

Le 17ème Biennale de la Danse de Lyon – mixage et mixité

La longue relation entre Lyon et la Danse se continue cette année avec une manifestation que Dominique Hervieu, Directrice de la Maison de la Danse et en charge pour la deuxième fois de la Biennale a voulu vivante et ouverte.
Elle a choisi de soutenir très fortement la création (23 créations internationales), montrer la diversité de cet art et relier l’expression populaire et l’expérimentation.





L'exposition Corps Rebelles 


Une exposition "Corps Rebelles" au Musées des Confluences permettra de voir et /ou revoir les œuvres emblématiques de l’histoire de la Danse (entre autres les huit versions marquantes des grands chorégraphes qui ont créé ou revisité le "Sacre du Printemps",  pièce révolutionnaire s’il en est).  Six thèmes sont creusés, commentés par des chorégraphes qui s’y sont confrontés: Cecilia Bengeola et François Chaignaud pour "la danse savante et populaire",  Raphaelle Delaunay pour "la danse exotique et coloniale", Raimung Hoghe pour "la danse organique", Daniel Léveillé pour la "Danse politique", Louise Lecavalier pour « La danse virtuose » et Mourad Merzouki pour "Lyon, terre de Danse"
Des ateliers, rencontres et résidence permettront d’approfondir ces échanges.




Conçue au départ par le Musée des Civilisations du Québec, elle a été complétée sous le commissariat d'Agnès Izrine pour parler plus en détail des courants de la danse en France et en Europe, et bien sur l'ancrage lyonnais a une place importante.
L'espace immersif - des vidéos sur trois écrans entourant le spectateur doté de casques interactifs) vont nous plonger dans la paroles de chorégraphes et sur les murs, des images retraçant avec des extraits de spectacles les thèmes traités complètent les 6 thématiques.
Parmi ces paroles de danseurs-chorégraphes, notons spécialement celle de Louise Lecavalier, danseuse virtuose de l'époque de LalaLa Human Steps d'Edouard Lock qui parle de sa position aujourd'hui, "à côté" de la danse et de la chorégraphie.
Raimund Hoghe, lui, inscrit son travail hors scène et interroge le contexte politique en Allemagne et sa résonance ailleurs, tandis que Raphaëlle Delaunay, parle de la "double mise à distance" du regard occidental sur le corps noir ou métis. 

Exposition Corps Rebelles - Musée des Confluences - 17ème Biennale de Danse de Lyon  


Le traditionnel défilé, le 18 septembre continuera, comme chaque année à rendre cette manifestation des plus populaires et une journée de réflexion le 19 avec l’intitulé "Ensemble!" sera l’occasion de mieux comprendre les liens à tisser et à inventer pour faire se croiser et se rencontrer les artistes et les publics.

Ces rencontres pourront en tout cas se faire à de nombreuses occasion pendant les plus de deux semaines que dure le festival, dans toute l’agglomération lyonnaise, avec las multiples partenaires et relais, à l’occasion de spectacles avec des chorégraphes comme Akkram Kahn, Alain Platel, Bouchra Ouizguen (avec Corbeaux), Christian Rizzo, Hervé Robbe, Jean-Claude Gallotta (& Olivia Ruiz), Josette Baïz, Kaori Ito, Rachid Ouramdame, Roy Assaf, Yuval Pick, Jonah Bokaer (avec Pharell Williams), Olivier Dubois et Olivia Grandville et bien d’autres…  de quoi découvrir plein de danses.. 



Malandain Ballet Biarritz - Lyon - 17ème Biennale de Danse - La Belle et la Bête - un ballet royal...

Thierry Malandain et son Malandain Ballet Biaritz nous ont présenté en ce premier dimanche après-midi de 17ème Biennale de la Danse à l’Amphitéâtre de la Cité Internationale "La Belle et la Bête" sur une musique de Piotr Ilitch Tchaikovki (des extraits de la Symphonie Pathétique et de son opéra Eugène Onéguine). 

Thierry Malandain - La Belle et la Bête - Biennale de la Danse de Lyon


Dans une version néo-classique, il rend hommage à Jean Cocteau mais aussi au conte d'origine dans les versions de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. La musique correspond bien à l’aspect à la fois  féerique mais aussi fantastique de cette histoire d’amour qui sort de l’ordinaire. 
Les vingt-deux danseurs interprètent avec virtuosité ce ballet tout en virtuosité dans de magnifiques costumes crées par Jorge Gallardo qui a aussi créé le décor - décor réduit à sa plus simple expression: la table de la Bête et son lustre. 


Thierry Malandain - La Belle et la Bête - Biennale de la Danse de Lyon
Mais il faut noter l’originalité de la mise en scène par le jeu des rideaux, jeu qui joue à la fois sur la polysémie de ce qu’ils peuvent représenter et des multiples fonctions qu’ils ont dans la dramaturgie.
Ils vont tour à tour être de vrais rideaux dans lesquels on peut se cacher (et même disparaître), comme dans un jeu d’enfant, ou d’où les personnages vont surgir sur scène. Ils peuvent aussi être un mur contre lequel on va se heurter, obstacle qui va bloquer les protagonistes. Ou alors, comme dans un roman de Marcel Aymé, être le mur-miroir que l’on traverse pour arriver ailleurs Ou encore, comme dans un tableau de Magritte, être ce mur à travers lequel des bouts de corps vont apparaître (des bustes, des jambes qui dansent,..) de manière surréaliste ou qui vont être avalés par lui, ou encore comme des cadres de bande dessinées que les personnages soulèvent pour rentrer dans l’image. Et, en dernier lieu, ces rideaux qui se font tirer d’un côté ou d’un autre vont jouer le rôle de "volets" cinématographiques, instruments de séquences spatiales ou temporelles: on découvre un nouveau décor, de nouveaux personnages ou alors nous assistons à un raccourci temporel. Le rideau, même noir peut aussi être miroir. Ce volet et ce miroir nous renvoient à l’univers cinématographique, de Cocteau, entre autres, mais aussi, et via les personnages de la pièce, à la figure du double (quelquefois dans une opposition noir et blanc) qui touche l’essence même du mythe sur lequel s’appuie la pièce. 


La Belle et la Bête - Malandain Ballet Biaritz -  


Le double, l’écho se retrouvent également avec la conclusion de la pièce qui, sûrement par hasard, fait un clin d’œil à la pièce de Yann Duyvendack "Sound of Music" dans son final doré qui engloutit tout le monde....


La Fleur du Dimanche

  
Malandain Ballet Biaritz - La Belle et la Bête
Biennale de la Danse de Lyon
Amphithéâtre de la Cité Internationale 
16, 17, 18 septembre 2016



samedi 17 septembre 2016

Ballet de l'Opéra de Lyon- Lyon - 17ème Biennale de Danse - Mascarell - Sciarroni: Le ballet sondé et vrillé...

L'Opéra de Lyon crée pour cette 17ème biennale deux pièces courtes - mais chacune très forte - pour montrer la création vivante de la Danse en Europe.


Opéra de Lyon - Marina Mascarell -  Le Diable bat sa femme et marie sa fille



L'espagnole Marina Mascarell dont on remarque l'influence de Jiri Kylian du Nederlands Dans Teather nous propose pour sa pièce «Le Diable bat sa femme et marie sa fille», une réflexion sur le sujet du féminisme. Pour cela elle a d'abord creusé le sujet auprès des structures engagées en Espagne, en l’occurrence la troisième vague de féminisme – ou post-féminisme – et y a constaté que la violence envers les femmes est à nouveau en croissance. 
Elle a aussi travaillé avec les danseurs(seuses) du Ballet de l’Opéra de Lyon sur leur vécu et les souvenirs de discrimination en tant que femmes ou vis-à-vis de la norme dominante. Des extraits de paroles et de souvenirs sous forme de vidéo rythment d’ailleurs la pièce - Pièce qui joue justement sur des attitudes non habituelles et sur des relations dans un groupe. 
Un balancement entre douceur et violence, intégration et rejet sous-tend la chorégraphie qui nous promène dans un univers blanc laiteux avec des danseurs en légères robes flottantes qui uniformisent les corps et sur une musique de Nick Wales très enveloppante.


Opéra de Lyon - Turning_motion  sickness version - Alessandro Sciarroni



Pour le spectacle de la deuxième partie de la soirée, la création « Turning_motion  sickness version » d’Alessandro Sciarroni, la musique de Yess Soeur ! (Alexandre Bouvier et Grégoire Simon) est le nerf de la guerre...   Elle tournoie et s’enroule en une longue bobine, changeant de temps en temps de style, mais toujours cyclique et envoûtante. 
C’est d’ailleurs tout l’objet de cette chorégraphie qui prend 11 danseurs et danseuses en pantalon ou en short, distribués dans l’espace et entourés d’un cyclo, dans un mouvement tournoyant et continu: d'un arrêt immobile au début de la pièce,  en passant par de larges cercles qui se croisent pour aboutir à une interminable toupie sans fin provoquant presque le tournis au spectateur entraîné malgré lui
Ce mouvement hypnotique, appuyé par les effets de lumière et la musique vont nous emmener vers les hautes sphères tout en nous interrogeant sur la virtuosité du (des) danseurs et le rapport entre les cultures (les derviches  tourneurs et les pirouettes du danseur classique) qui rejoignent les thèmes qui portent la programmation de la Biennale de cette année (et également l’exposition « Corps Rebelles » au Musée des Confluences dont nous allons parler ailleurs).

Nous ne pouvons que féliciter Yorgos Lokos, Directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon pour son choix de programmation de ces deux créations.

La Fleur du Dimanche

Marina Mascarell:  «Le Diable bat sa femme et marie sa fille»
Alessandro Sciarroni: « Turning_motion  sickness version »
Ballet de l'Opéra de Lyon - Opéra de Lyon - les 14, 15, 16, 17, 18 septembre

Yann Duyvendak - Sound Of Music – la Comédie musicale “Catastrophe”

Yann Duyvendak, dont on connaît plus son travail d'intervention et de performance a conçu pour cette Biennale de la Danse de Lyon une comédie musicale à la fois grand spectacle et pièce militante: « Sound Of Music ». A partir de sources de recherche sur les grands maux de ces dernières années et du siècle à venir, il a fait écrire un livret par Christophe Fiat avec une musique d’Andrea Cera, pour aboutir à cette comédie musicale "catastrophe" avec les chorégraphies d’All Right Good Night, Staying Affloat, Chines are on Tour, Rain Dance et d’Olivier Dubois... 

Biennale de la Danse Lyon - Sound of music - Yan Duyvendak - Photo: Séebastien Monachon


Interprété par une douzaine de professionnels du show chanté et dansé, accompagnés d'une trentaine de danseurs du Conservatoire de National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, le spectacle prend à rebours les règles du genre : Le désastre et les catastrophes sont prétexte à tours de chants et de danse, comme au temps de la grande dépression ou lors du naufrage du Titanic. 
Le texte chanté passe en revue les catastrophes et évènements politiques et financiers de ces dernières années: la crise des subprimes et les désordres écologiques, le soulèvement de la place Tien An Men et les licenciements massifs, la dépression et le suicide des jeunes, tout cela chanté et dansé avec un entrain de plus en plus vigoureux par cette troupe pleine d’énergie qui déborde de la scène au fur et à mesure que les rubans de paillettes dorées « mangent » la scène et que les rideaux de couvertures de survie tout aussi dorées forment une barrière qui avance inexorablement vers le public, à l’image de la prédiction énoncée précédemment sur scène: Il faut réduire la progression de l’humanité (un demi-million en mois que prévu : 6,5 milliards au lieu des 7 prédits) pour la sauver. Si l’on ne réagit par aucun changement au réchauffement climatique, l’homme, les animaux et les végétaux auront disparu de la terre en l’an 2300, et même, le risque d’implosion sociale et politique qu’induit cette évolution dans la géopolitique risque de conduire à des cataclysmes sociétaux tels qu’une disparition de la civilisation humaine est même possible ne 2040, donc dans vingt-quatre ans ! » - « All right, Good Night ! » - Tout va bien, nous coulons !





La Fleur du Dimanche

Yann Duyvendak
Sound of Music
Biennale de la Danse de Lyon
Théâtre de la Croix-Rousse 
14, 15, 16 septembre 2016

Biennale de Danse de Lyon: Israel Galvan: le flamenco a du toupet

Pour la 17ème édition de la Biennale de la Danse de Lyon, Israel Galvan revient avec son nouveau spectacle : "FLA.CO.MEN".
Comme son titre l'indique, c'est du flamenco décoiffé, découpé, mélangé... qui surprend le spectateur, mais plait beaucoup si l'on considère les rappels debout au bout de plus de 90 minutes de spectacle bien rythmés par le danseur qui tient la scène de bout en bout.  


Israel Galvan -FLA-CO-MEN

Il démarre sous son meilleur profil par un solo face à un pupitre avec une partition chorégraphico-sonore ébouriffante, éblouissante
et virevoltante.
Une énergie qui ne le quittera pas pendant tout le spectacle, même s'il se laisse quelques pauses, dont l'une, entre deux duos avec un percussionniste également virtuose, où il ose laisser en sourdine une musique "techno" qui montre que le flamenco est bien plus fort, surtout le flamenco du XXIème siècle qu'incarne dans toute son originalité , sa force et son imagination et son invention, ce maître du flamenco contemporain.
Il osera également plonger la salle dans le noir, pour faire entendre le "corps" du son, de ces percussions qui sont l'âme du flamenco, alors qui lui-même  incarne à merveille le corps de ce son autant dans le geste de frappe du pied ou des main (les palmas) et des doigts (les pitos) que des gestes qui chez Israel prennent une élégance et une élévation presque divine.

Son corps incarne cette danse qui monte vers le divin, comme sa houppe à la tintin ou presque crête punk en devenir.
D'ailleurs, cet iconoclasme se retrouve dans le déroulé de son spectacle, à partir du moment où ses musiciens acolytes - et amis - le rejoignent pour un déployé entre traditionnel, ballade et orchestre free jazz de libération du flamenco:
Deux chanteurs et un guitariste flamenco et, en plus du percussionniste, un saxophoniste prenant de temps en temps la corne traditionnelle et une violoniste-bassiste vont nous mener de rythmes traditionnels en envolées plus libres et décoiffantes.
Quitte à faire injonction de "Silenzio" à la salle, qui surprise, va découvrir le silence d'avant et d'après les applaudissements et une nouvelle envolée solitaire du cor et des corps....

Avant les triples rappels debout qui confirment que le flamenco n'est pas mort et a trouvé l'interprète de son futur.

A voir dès que vous le pourrez.

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche  

A venir : Duyvendack et le Ballet de l'Opéra de Lyon: Mascarel - Sciaroni