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dimanche 18 septembre 2016

Le 17ème Biennale de la Danse de Lyon – mixage et mixité

La longue relation entre Lyon et la Danse se continue cette année avec une manifestation que Dominique Hervieu, Directrice de la Maison de la Danse et en charge pour la deuxième fois de la Biennale a voulu vivante et ouverte.
Elle a choisi de soutenir très fortement la création (23 créations internationales), montrer la diversité de cet art et relier l’expression populaire et l’expérimentation.





L'exposition Corps Rebelles 


Une exposition "Corps Rebelles" au Musées des Confluences permettra de voir et /ou revoir les œuvres emblématiques de l’histoire de la Danse (entre autres les huit versions marquantes des grands chorégraphes qui ont créé ou revisité le "Sacre du Printemps",  pièce révolutionnaire s’il en est).  Six thèmes sont creusés, commentés par des chorégraphes qui s’y sont confrontés: Cecilia Bengeola et François Chaignaud pour "la danse savante et populaire",  Raphaelle Delaunay pour "la danse exotique et coloniale", Raimung Hoghe pour "la danse organique", Daniel Léveillé pour la "Danse politique", Louise Lecavalier pour « La danse virtuose » et Mourad Merzouki pour "Lyon, terre de Danse"
Des ateliers, rencontres et résidence permettront d’approfondir ces échanges.




Conçue au départ par le Musée des Civilisations du Québec, elle a été complétée sous le commissariat d'Agnès Izrine pour parler plus en détail des courants de la danse en France et en Europe, et bien sur l'ancrage lyonnais a une place importante.
L'espace immersif - des vidéos sur trois écrans entourant le spectateur doté de casques interactifs) vont nous plonger dans la paroles de chorégraphes et sur les murs, des images retraçant avec des extraits de spectacles les thèmes traités complètent les 6 thématiques.
Parmi ces paroles de danseurs-chorégraphes, notons spécialement celle de Louise Lecavalier, danseuse virtuose de l'époque de LalaLa Human Steps d'Edouard Lock qui parle de sa position aujourd'hui, "à côté" de la danse et de la chorégraphie.
Raimund Hoghe, lui, inscrit son travail hors scène et interroge le contexte politique en Allemagne et sa résonance ailleurs, tandis que Raphaëlle Delaunay, parle de la "double mise à distance" du regard occidental sur le corps noir ou métis. 

Exposition Corps Rebelles - Musée des Confluences - 17ème Biennale de Danse de Lyon  


Le traditionnel défilé, le 18 septembre continuera, comme chaque année à rendre cette manifestation des plus populaires et une journée de réflexion le 19 avec l’intitulé "Ensemble!" sera l’occasion de mieux comprendre les liens à tisser et à inventer pour faire se croiser et se rencontrer les artistes et les publics.

Ces rencontres pourront en tout cas se faire à de nombreuses occasion pendant les plus de deux semaines que dure le festival, dans toute l’agglomération lyonnaise, avec las multiples partenaires et relais, à l’occasion de spectacles avec des chorégraphes comme Akkram Kahn, Alain Platel, Bouchra Ouizguen (avec Corbeaux), Christian Rizzo, Hervé Robbe, Jean-Claude Gallotta (& Olivia Ruiz), Josette Baïz, Kaori Ito, Rachid Ouramdame, Roy Assaf, Yuval Pick, Jonah Bokaer (avec Pharell Williams), Olivier Dubois et Olivia Grandville et bien d’autres…  de quoi découvrir plein de danses.. 



samedi 17 septembre 2016

Ballet de l'Opéra de Lyon- Lyon - 17ème Biennale de Danse - Mascarell - Sciarroni: Le ballet sondé et vrillé...

L'Opéra de Lyon crée pour cette 17ème biennale deux pièces courtes - mais chacune très forte - pour montrer la création vivante de la Danse en Europe.


Opéra de Lyon - Marina Mascarell -  Le Diable bat sa femme et marie sa fille



L'espagnole Marina Mascarell dont on remarque l'influence de Jiri Kylian du Nederlands Dans Teather nous propose pour sa pièce «Le Diable bat sa femme et marie sa fille», une réflexion sur le sujet du féminisme. Pour cela elle a d'abord creusé le sujet auprès des structures engagées en Espagne, en l’occurrence la troisième vague de féminisme – ou post-féminisme – et y a constaté que la violence envers les femmes est à nouveau en croissance. 
Elle a aussi travaillé avec les danseurs(seuses) du Ballet de l’Opéra de Lyon sur leur vécu et les souvenirs de discrimination en tant que femmes ou vis-à-vis de la norme dominante. Des extraits de paroles et de souvenirs sous forme de vidéo rythment d’ailleurs la pièce - Pièce qui joue justement sur des attitudes non habituelles et sur des relations dans un groupe. 
Un balancement entre douceur et violence, intégration et rejet sous-tend la chorégraphie qui nous promène dans un univers blanc laiteux avec des danseurs en légères robes flottantes qui uniformisent les corps et sur une musique de Nick Wales très enveloppante.


Opéra de Lyon - Turning_motion  sickness version - Alessandro Sciarroni



Pour le spectacle de la deuxième partie de la soirée, la création « Turning_motion  sickness version » d’Alessandro Sciarroni, la musique de Yess Soeur ! (Alexandre Bouvier et Grégoire Simon) est le nerf de la guerre...   Elle tournoie et s’enroule en une longue bobine, changeant de temps en temps de style, mais toujours cyclique et envoûtante. 
C’est d’ailleurs tout l’objet de cette chorégraphie qui prend 11 danseurs et danseuses en pantalon ou en short, distribués dans l’espace et entourés d’un cyclo, dans un mouvement tournoyant et continu: d'un arrêt immobile au début de la pièce,  en passant par de larges cercles qui se croisent pour aboutir à une interminable toupie sans fin provoquant presque le tournis au spectateur entraîné malgré lui
Ce mouvement hypnotique, appuyé par les effets de lumière et la musique vont nous emmener vers les hautes sphères tout en nous interrogeant sur la virtuosité du (des) danseurs et le rapport entre les cultures (les derviches  tourneurs et les pirouettes du danseur classique) qui rejoignent les thèmes qui portent la programmation de la Biennale de cette année (et également l’exposition « Corps Rebelles » au Musée des Confluences dont nous allons parler ailleurs).

Nous ne pouvons que féliciter Yorgos Lokos, Directeur du Ballet de l'Opéra de Lyon pour son choix de programmation de ces deux créations.

La Fleur du Dimanche

Marina Mascarell:  «Le Diable bat sa femme et marie sa fille»
Alessandro Sciarroni: « Turning_motion  sickness version »
Ballet de l'Opéra de Lyon - Opéra de Lyon - les 14, 15, 16, 17, 18 septembre