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samedi 17 septembre 2016

Yann Duyvendak - Sound Of Music – la Comédie musicale “Catastrophe”

Yann Duyvendak, dont on connaît plus son travail d'intervention et de performance a conçu pour cette Biennale de la Danse de Lyon une comédie musicale à la fois grand spectacle et pièce militante: « Sound Of Music ». A partir de sources de recherche sur les grands maux de ces dernières années et du siècle à venir, il a fait écrire un livret par Christophe Fiat avec une musique d’Andrea Cera, pour aboutir à cette comédie musicale "catastrophe" avec les chorégraphies d’All Right Good Night, Staying Affloat, Chines are on Tour, Rain Dance et d’Olivier Dubois... 

Biennale de la Danse Lyon - Sound of music - Yan Duyvendak - Photo: Séebastien Monachon


Interprété par une douzaine de professionnels du show chanté et dansé, accompagnés d'une trentaine de danseurs du Conservatoire de National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, le spectacle prend à rebours les règles du genre : Le désastre et les catastrophes sont prétexte à tours de chants et de danse, comme au temps de la grande dépression ou lors du naufrage du Titanic. 
Le texte chanté passe en revue les catastrophes et évènements politiques et financiers de ces dernières années: la crise des subprimes et les désordres écologiques, le soulèvement de la place Tien An Men et les licenciements massifs, la dépression et le suicide des jeunes, tout cela chanté et dansé avec un entrain de plus en plus vigoureux par cette troupe pleine d’énergie qui déborde de la scène au fur et à mesure que les rubans de paillettes dorées « mangent » la scène et que les rideaux de couvertures de survie tout aussi dorées forment une barrière qui avance inexorablement vers le public, à l’image de la prédiction énoncée précédemment sur scène: Il faut réduire la progression de l’humanité (un demi-million en mois que prévu : 6,5 milliards au lieu des 7 prédits) pour la sauver. Si l’on ne réagit par aucun changement au réchauffement climatique, l’homme, les animaux et les végétaux auront disparu de la terre en l’an 2300, et même, le risque d’implosion sociale et politique qu’induit cette évolution dans la géopolitique risque de conduire à des cataclysmes sociétaux tels qu’une disparition de la civilisation humaine est même possible ne 2040, donc dans vingt-quatre ans ! » - « All right, Good Night ! » - Tout va bien, nous coulons !





La Fleur du Dimanche

Yann Duyvendak
Sound of Music
Biennale de la Danse de Lyon
Théâtre de la Croix-Rousse 
14, 15, 16 septembre 2016

Biennale de Danse de Lyon: Israel Galvan: le flamenco a du toupet

Pour la 17ème édition de la Biennale de la Danse de Lyon, Israel Galvan revient avec son nouveau spectacle : "FLA.CO.MEN".
Comme son titre l'indique, c'est du flamenco décoiffé, découpé, mélangé... qui surprend le spectateur, mais plait beaucoup si l'on considère les rappels debout au bout de plus de 90 minutes de spectacle bien rythmés par le danseur qui tient la scène de bout en bout.  


Israel Galvan -FLA-CO-MEN

Il démarre sous son meilleur profil par un solo face à un pupitre avec une partition chorégraphico-sonore ébouriffante, éblouissante
et virevoltante.
Une énergie qui ne le quittera pas pendant tout le spectacle, même s'il se laisse quelques pauses, dont l'une, entre deux duos avec un percussionniste également virtuose, où il ose laisser en sourdine une musique "techno" qui montre que le flamenco est bien plus fort, surtout le flamenco du XXIème siècle qu'incarne dans toute son originalité , sa force et son imagination et son invention, ce maître du flamenco contemporain.
Il osera également plonger la salle dans le noir, pour faire entendre le "corps" du son, de ces percussions qui sont l'âme du flamenco, alors qui lui-même  incarne à merveille le corps de ce son autant dans le geste de frappe du pied ou des main (les palmas) et des doigts (les pitos) que des gestes qui chez Israel prennent une élégance et une élévation presque divine.

Son corps incarne cette danse qui monte vers le divin, comme sa houppe à la tintin ou presque crête punk en devenir.
D'ailleurs, cet iconoclasme se retrouve dans le déroulé de son spectacle, à partir du moment où ses musiciens acolytes - et amis - le rejoignent pour un déployé entre traditionnel, ballade et orchestre free jazz de libération du flamenco:
Deux chanteurs et un guitariste flamenco et, en plus du percussionniste, un saxophoniste prenant de temps en temps la corne traditionnelle et une violoniste-bassiste vont nous mener de rythmes traditionnels en envolées plus libres et décoiffantes.
Quitte à faire injonction de "Silenzio" à la salle, qui surprise, va découvrir le silence d'avant et d'après les applaudissements et une nouvelle envolée solitaire du cor et des corps....

Avant les triples rappels debout qui confirment que le flamenco n'est pas mort et a trouvé l'interprète de son futur.

A voir dès que vous le pourrez.

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche  

A venir : Duyvendack et le Ballet de l'Opéra de Lyon: Mascarel - Sciaroni