samedi 4 juillet 2026

Aux Scènes Sauvages, Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt aiguise nos sens et nous immerge dans un théâtre crépusculaire

L'idée du Festival des Scènes Sauvages dans la Haute-Vallée de la Bruche est de s'installer dans un lieu, dans un paysage, pour irradier et rassembler autour d'un projet, autour du théâtre, autour des habitants, autour de Waldersbach, de Colroy-la-Roche ou de Plaine. Depuis 8 ans, des professionnels du spectacle, techniciens et comédiens arrivent à la rencontre des habitants, des spectateurs, des touristes aussi pour partager des moments de rencontre, de découverte. De partager aussi le paysage, pour découvrir des lieux, pour découvrir des œuvres. 


Les Aveugles - Maurice Maeterlinck -  Les Scènes Sauvages - Photo: Jean-Louis Hess


Cette année, c'est autour à nouveau de Maeterlinck avec la pièce Les Aveugles que la troupe des Scènes Sauvages a rassemblé des professionnels, des amateurs et même des personnes qui n'ont jamais fait de théâtre. Mis en scène par Marie Schmitt qui avait déjà monté la pièce Intérieur du même auteur en 2019, cette pièce en un acte nous emmène dans un univers particulier, une île, presque déserte, dans le lointain nord, avec douze aveugles et un prêtre qui s'occupe de ce groupe à la dérive.


Les Aveugles - Maurice Maeterlinck -  Les Scènes Sauvages - Photo: Jean-Louis Hess


La pièce aurait pu être écrite pour le lieu où elle est jouée, aux Charasses, dans la forêt au dessus de Colroy-la-Roche, au soleil couchant. C'est un drôle de personnage à tête d'oiseau qui vient chercher le groupe de spectateurs pour l'amener rejoindre la scène de théâtre où vont prendre place ces douze aveugles et le prêtre. Celui-ci va enlever sa tête d'oiseau et s'assoir pour mourir l'insu des aveugles qui tout au long de la pièce vont, découvrir la catastrophe. L'ambiance est terrible. Les comédiens, un bandeau sur les yeux, et dont on ne va pas savoir qui est amateur et qui est professionnel, vont jouer avec un réalisme impressionnant, ces douze aveugles, six hommes et six femmes, dont une folle avec un enfant et une jeune femme aux beaux cheveux longs. 


Les Aveugles - Maurice Maeterlinck -  Les Scènes Sauvages - Photo: Jean-Louis Hess


Ils nous transmettent avec force cette page d'angoisse. La mise en scène qui distribue la position des comédiens devant nous dans la forêt, sur des souches d'arbres ou sur la mousse, fait qu'à l'image de ces aveugles, dont on se demande qui parle, puisque les personnages parlent les uns après les autres sans qu'on puisse les identifier, donne un caractère déstabilisant à cette écoute. Les chants murmurés, repris en choeur ou à deux ou trois, nous plongent aussi dans une ambiance religieuse et mystique. Des cris d'oiseaux subits, appuyés par une débandade du groupe, apportent une touche d'angoisse supplémentaire. Et le vieil aveugle qui dit: "Quelqu'un sait-il où nous sommes ?" n'est pas là pour nous rassurer, alors que d'autres répètent "Il faudrait savoir où nous sommes ?"...


Les Aveugles - Maurice Maeterlinck -  Les Scènes Sauvages - Photo: Jean-Louis Hess

Le texte de Maurice Maeterlinck réduit à l'os, rétrécit encore plus ce paysage d'île dans lequel nous sommes enfermés. Et nous fait partager cette angoisse dans cet univers circonscrit, dans cette forêt où le soleil entre les arbres rougeoie et où la nuit tombe, révélant de minuscules lumières dispersés dans l'environnement. C'est à une vraie immersion, si ce n'est presque une identification avec ces personnages, que nous participons pleinement avec cette pièce. Le jeu des comédiens et la mise en scène nous emportent totalement dans cet univers désespéré et nous offre une réelle expérience, unique, vécue au plus près. Il faut féliciter autant les comédiens amateurs que professionnels, dont en particulier Charles Zevaco qui joue le prêtre mort dans une immobilité parfaite tout au long de la pièce une fois qu'il a enlevé son masque. De même Clara Hubert qui a réalisé les costumes qui nous emmènent hors du temps, ou la création sonore de Maxime Tisserand, qui ponctue, par exemple, au lointain, le son de cloches du village.


Les Aveugles - Maurice Maeterlinck -  Les Scènes Sauvages - Photo: Jean-Louis Hess

On imagine l'empathie et le travail de collaboration, le professionnalisme qui a été à l'œuvre, la solidarité entre les membres de ce groupe qui nous apportent ici ce magnifique spectacle. Qu'un public nombreux a pu apprécier pendant ces cinq soirées. Et nous leur donnons rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle découverte, attendus avec impatience.


La Fleur du Dimanche


Les Aveugles


Colroy-la-Roche - Les Charasses - du 30 juin au 4 juillet 2026 

Mise en scène : Marie Schmitt
Scénographie et costumes : Clara Hubert
Création sonore : Maxime Tisserand
Jeu : Selin Altiparmak, Lison Bajard, Nathan Bernat, Françoise Doyelle, François Doyelle, Lou Hausser, Brigitte Hazemann, Bernard Imbs, Emilia Jeunesse, Jean Lucas, Anne Masson, Pierre Rich, Stanislas Siwiorek, Charles Zévaco


Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/les-vies-de-leon-au-festival-les-scene.html

Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-pamina-de-coulon.html

Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-les-aveugles-de.html

Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/est-ce-que-la-terre-sest-tue-aux-aux.html

Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/le-journal-du-dehors-aux-scenes.html


Aux Scènes Sauvages, Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000: Le futur est à l'amont

 Les Scènes Sauvages démarrent réellement aux Charasses à Colroy-la-Roche avec le spectacle Niagara 3000 avec Pamina de Coulon qui se passe dans la forêt. Après une petite ballade d'approche, nous voici assis en rond sur des bancs face à des toiles flottantes colorées. Elle nous accueille, assise dans la mousse. avec un temps de silence pour nous permettre de nous acclimater aux sons de la forêt. Et tout à coup, cela déferle. C'est un flot de mots ininterrompu qui ne va cesser qu'au bout d'une heure vingt sans pause ni arrêt, sauf à un moment, pour nous permettre de faire baisser la pression qui nous étreint, mais pour la bonne cause !


Scènes Sauvages - Niagara 3000 - Pamina de Coulon - Photo: Pierre Rich


Une heure vingt à un rythme effréné et cela démarre d'une bédé de Sophie Guerrive Tulipe (éditée par les éditions 2042) l'histoire d'un ours, puis renvoie à petite fleur qui pousse il y a des millions d'années, il y a longtemps déjà, dans le massif alpin. Elle commence une histoire de paléontologies, d'apparition des arbres, des fleurs, des feuilles, des animaux. Elle rebondit sur l'eau. Les fleuves, le Rhône, qu'elle a connu toute petite, se jetant dans le lac Léman. Elle est née sur la ligne de partage des eaux Rhin-Rhône, cela a peut-être influencé son destin, l'a fait basculer ? Elle truffe son histoire de citations, qu'elle cite de mémoire. De Jen Rose Smith, de Jean-Baptiste Fressoz, de James Baldwin, de Kae Tempest, de Susan Sontag ou encore Rebecca Solnit. Elle nous conte des histoires, poétiques (Virginia Woolf), philosophique aussi - par exemple le poisson pour qui l'avenir c'est l'amont, c'est cette eau-là qui va venir vers lui (si les glaciers qui restent les veulent bien - mais que faire de l'espace que les glaciers disparu ont laissé ? Le futur, l'amont, le futur, l'amour... 

Et comme un poisson sautant les rochers du ruisseau, elle nous amène au fleuve Congo - qui fait (encore) 18 km de large - ou au chutes du Niagara qui cache (mais ce n'est pas lui, c'est l'homme) ses énormes centrales hydrauliques, qui se mettent en marche la nuit, quand les touristes sont partis. Elle révèle ce qui nous est caché, le dessous de l'eau. Le travail de l'homme. Ainsi, elle fait des vas-et-viens entre le tourisme, l'industrie, la nature, les glaciers, l'artiste suisse Pipiloti Rist qui a aussi fait beaucoup de vidéos autour de l'eau et qui l'a influencée. Egalement tous ces penseurs, ces poètes, ces écrivains dont elle connaît des citations par cœur, qu'elle pioche au hasard dans sa mémoire, pour nous emmener vers l'eau, vers la nature, vers les centrales nucléaires, vers la police, vers la santé. vers les plantes, les plantes rustiques par exemple. pour lesquelles elle déploie une bannière, précisant que. Les plantes rustiques sont des plantes qui supportent le froid, les rustiques, c'est aussi des paysan, et des rustauds, proche de la nature, la nature qui s'effondre. Elle arrive à l'effondrement de la biodiversité, à la terre que nous volons, que nous devons rendre, à la rouille, aux glacier qui fondent. À la maladie, aux soins, à la lutte, à la répression, à la police. Elle rappelle à l'artiste britannique Derek Jarman, qui avait le sida et s'est fait jardinier en face d'une centrale nucléaire. À Kimberly Jones, aux artistes ou aux féministes, à la douleur, aux larmes. 


Scènes Sauvages - Niagara 3000 - Pamina de Coulon - Photo: Pierre Rich

Son spectacle, elle le mène tambour battant sautant d'un sujet à un autre, tirant une ficelle par ci, un mot par là. Une citation qui ressurgit, qui fait sens. Une vraie accumulation de cadavres exquis, à toute volée. A toute vitesse, à toute blinde, elle envoie ces mots dans le décor, ce décor de troncs d'arbres qui nous entourent, qui nous protègent pour le moment. Mais ces arbres sont aussi fragiles. Elle aussi, Pamina de Coulon, elle est fragile, mais elle se bat, elle mitraille avec des mots, elle se bat avec des phrases, elle tire avec des citations. Elle nous assome d'évidences que nous ne pouvons qu'admettre. Elle nous emmène à toute vitesse, de l'amont vers l'aval, vers la montagne, vers la mer, vers la forêt, vers les fleurs. Sur un lit de rose, dans la douleur du monde. Elle fait partie de ces artistes merveilleuses qui nous ouvrent d'autres horizons. Et nous ouvre le crâne, en nous faisant entrer de la poésie, de la philosophie, de la réflexion. Elle nous pense elle nous panse. Et soudain, elle s'arrête. Elle boit dans sa bouteille un demi litre d'eau. Et elle attends. Nous aussi. Nous attendons. Nous digérons. Nous emportons avec nous ces ramification, ces réflexions, ces pensées, ces fleurs, cette eau, ces larmes. Nous gardons en nous un peu de ce déluge. Pour sauver l'avenir. Pour "Vivre le Monde que l'on veut au sein du Monde que l'on a." 

Et nous restons bouche bée, abasourdis et muets devant une telle performance, cette énergie qu'elle nous a transmise.


La Fleur du Dimanche 


Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
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Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
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Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
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Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
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Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
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Les Vies de Léon au Festival Les Scène Sauvages: voyage dans la mémoire de l'Europe

 Les Scènes Sauvages sont nées 2019 et et ce festival de théâtre, mais pas que, essaime dans les Vosges au dessus de Schirmeck pour la huitième édition avec dix-huit rendez-vous au plus près de la nature. 

Nous y avions fait en tour en 2022 et avions assisté au spectacle de Jérôme Bel Isadora Duncan, consacré à la danseuse qu'Elisabeth Schwartz avait ressuscitée. L'idée de m'immerger dans l'environnement de cette vallée prisée par de nombreux Strasbourgeois et Strasbourgeoises, mais aussi d'une population dont l'environnement s'enracine dans la présence du Pasteur Oberlin et l'esprit de Lenz qui plane encore sur les paysages, m'a poussé à faire une plongée initiatique de deux jours dans la nature généreuse et de découvrir cinq facettes de ce festival, riche en découvertes.


Première étape : Les Vies de Léon

 C'est une pièce de théâtre, plutôt destinée à un public jeune (les classes primaires CM1 CM2 entre 9 et 11 ans), mais qui se laisse voir de façon agréable par les adultes également. L'intérêt - et l'originalité de la pièce est son dispositif qui mobilise une tête d'enregistrement binaurale en partenariat avec Radio France.  Ce dispositif apporte une proximité et une intimité avec le spectateur, chacun se faisant souffler l'histoire dans son oreille et, de même les comédiens s'ils parlent, même a voix basse ou loin, sont au crux de l'oreille de chacun. Ainsi le personnage de la grand-mère, narratrice de cette "histoire vraie et dont l'écoute est vécue par un enfant dont nous partageons le statut donne une présence très forte et une réalité attestée aux moments de jeu. 


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Ce récit, crée à partir d'une histoire vraie, va suivre Léon, personnage réel qui a fui la Pologne pour s'installer en Belgique et ensuite se retrouver dans des camps au sud de la France, d'abord à Douadic ensuite à Rivesaltes pour arriver finalement en Palestine où il s'installe après la guerre. L'histoire prend naissance grâce à ces deux lettres que le personnage réel a écrit dans ces camps au Maréchal Pétain pour s'en faire libérer. Julie Bertin et Jade Herbulot ont ainsi construit sur des archives et avec les comédiens ce récit qui fait intervenir cette tête binaurale comme objet mystérieux et créé le personnage de la grand-mère. Le dispositif d'écoute dans le casque apporte une proximité, une intimité qui plonge le spectateur jeune ou adulte au plus près de la vie, des sensations, des émotions, des sentiments de Louis. 


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Cette tête, sculpture un peu magique, va nous permettre de suivre le destin de cet enfant venu de Pologne, passé par la France et la Belgique et dont le destin va éclairer de manière très intime, la vie, sur plus d'une dizaine d'années. Etienne Galharague incarne avec justesse et crédibilité Léon sur cette période. Il va rencontrer un certain nombre de personnages (oncle, militaire, bucherons, gardien, policier, résistant,...) que Pierre Duprat interprète à tour de rôles. C'est un véritable challenge, totalement réussi pour lui, de se transformer sans arrêt tout au long de la pièce.


Scènes Sauvages - Les Vies de Léon - Photo: Christophe Raynaud de Lage


Les Vies de Léon fait appel à la sensibilité des spectateurs, c'est en même temps une véritable leçon d'histoire et de géographie. Elle permet de comprendre la situation d'un jeune juif, réfugié et en fuite avant et pendant la guerre en France. Les performances de ces deux acteurs nous font vivre au plus près un moment sensible de notre histoire. Les multiples rebondissements et les rencontres que fait Léon, permettent de comprendre son évolution, mais aussi la situation chez nous ,en France, d'une histoire que l'on apprend pas dans les cours d'histoire. Mais grâce à ce dispositif, nous somme en empathie et quelques épisodes humoristiques, entre autre l'utilisation des panneaux ou certaines fraichement comiques (de répétition), comme la sorties des poubelles (indice) permettent d'alléger la charge de la situation. En tout cas un spectacle à mettre sous tous les yeux, jeunes comme vieux ! 


La Fleur du Dimanche


Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
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Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-pamina-de-coulon.html

Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
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Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
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Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
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jeudi 2 juillet 2026

Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note - Hommage à Kaija Saariaho - Voyage septentrional au pays de l'Amour et du Bonheur

 Pour la troisième soirée des 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note à l'église du Bouclier à Strasbourg, le programme rend hommage à Kaija Saariaho dans un Concert Finlandais. La compositrice, finlandaise, née en 1952 et décédée en juin 2023, était une habituée de Strasbourg, au moins pour être venue souvent à Musica ( j'avais déjà noté son passage en 2013 et elle a eu droit à un hommage pour ses 70 ans en 2022, alors qu'elle était déjà malade) et l'Ensemble Accroche Note a déjà joué à de nombreuses reprises ses compositions. Kaija Saariaho est également passée par Fribourg-en-Brisgau en 1980, après avoir découvert l'école spectrale française à Darmstadt et s'est installée à Paris pour se former à l'IRCAM. L'Accroche Note avait organisé cette année une soirée le 31 mai au Conservatoire avec la HEAR et le quatuor Adastra. C'est d'ailleurs avec les étudiants de la HEAR que se déroule cette soirée qui met au programme deux autres musiciens finlandais, Jean Sibelius et Esa-Pekka Salonen, un compositeur et chef d'orchestre très proche, et trois oeuvres de Kaija Saariaho.


Accroche Note - Kaija Saariaho - Oi Kuu - Armand Angster - Christophe Beau - Photo: Robert Becker

Le concert démarre avec une pièce de Kaija Saariaho pour clarinette basse et violoncelle, Oi Kuu (Salut la lune) (1990), où elle expérimente la relation harmonique de deux instruments que l'on n'a pas l'habitude d'entendre ensemble, avec des articulations qui convergent et divergent, alternativement. Un très beau duo entre Wilhem Latchoumia et le violoncelle de Christophe Beau.

 

Accroche Note - Kaija Saariaho - Cendres - Louise Deschodt - Juliette Devienne - Pierre Gautier - Photo: Robert Becker

Suit Cendres (1997) pour flûte violoncelle et piano. Kaija Saariaho s'est inspire de la fumée et commence très doucement avec le piano très léger bien maîtrisé par Pierre Gautier et le violoncelle que caresse Juliette Devienne. La flûte de Louise Deschodt les rejoint et cela s'emballe et souffle. Cela se calme une peu et devient plaintif puis énervé. 


Accroche Note - Kaija Saariaho - Cendres - Louise Deschodt - Juliette Devienne - Pierre Gautier - Photo: Robert Becker

C'est une belle prestation de ces trois interprètes entre douceur et énergie et dont on ne peut que constater la très belle maîtrise de la pièce.


Accroche Note - Jean Sibelius - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia revient pour interpréter quelques courtes pièces pour piano de Sibelius, dont Esquisse opus. 76, Chansons sans paroles op. 40, légère et rapide, la Sonatine N° 1 op. 5 assez romantique, l'impromptu N° 5 op.5, bien vivant et rapide,  Elegiaco op.76, air plus calme, Humoresque op. 101 bien romantique et deux rondinos op 68 à nouveau plus calme. Un vrai plaisir.


Accroche Note - Jean Sibelius - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker


Nous continuons avec Nachtlieder (1978) d'Esa-Pekka Salonen pour clarinette et piano par le duo Latchoumia - Beau, une partition calme et romantique, nordique, qui est bien dans l'esprit de Kaija Saariaho. Où l'on peut apprécier toute la délicatesses des deux interprètes. 


Accroche Note - Esa-Pekka Salonen - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker

Accroche Note - Esa-Pekka Salonen - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker


Et qui convient bien à cette nuit d'été qui commence à tomber, pleine de mystère.

 

Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker

Pour clore la soirée et continuer à faire le chemin de la nuit, Françoise Kubler nous propose dans le crépuscule et le début d'obscurité la superbe pièce de Kaija Saariaho Lonh pour voix et électronique. Le titre signifie "de loin" (amor de lonh ) en occitan, et la pièce, écrite pour une voix soprano et des sons électroniques, ainsi que quelques voix basé sur un poème du XIIème siècle du troubadour Jaufré Rudel qui chante l'amour de la femme partie au loin en mai. 


Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker

Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker


La musique, électronique est plutôt spectrale tandis que la Françoise Kubler nous chante de sa belle et puissante voix de soprano à la mode des troubadours. La bande son contient aussi des textes en plusieurs langues, des sons de clochettes, gong et voix graves. Sans plus aucun éclairage, dont elle n'a pas besoin, Françoise Kubler en contrepoint virtuose, nous offre sa belle voix qui n'a rien perdu de son éclat, de sa clarté et de sa force.


Accroche Note - Concert Finlandais - Hommage à Kaija Saariaho - Photo: Robert Becker

Un très belle conclusion à cette soirée qui marque aussi la fin de ces trois soirées enchanteresses dans cette ambiance très intime, au plus proche des musiciens. Un vrai plaisir et une belle rencontre que nous offre généreusement Le duo "augmenté" de l'Accroche Note et on se dit "A l'année prochaine.


La Fleu du Dimanche


Pour retrouver le programme des soirées précédentes:

Premier soir: On ne raccroche pas 

Deuxième soir : les compositeurs créent


 

mercredi 1 juillet 2026

Créations Contemporaines avec l'Accroche Note: La musique est vivante, elle naît ici pour notre plus grand plaisir

Pour ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note à l'église du Bouclier, ce sont les Créations Contemporaines qui sont à l'honneur en ce 1er juillet 2026. 


Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker
Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker



La soirée démarre avec une pièce d'Edison Demisov, le vétéran du groupe, compositeur russe né en 1929, et qui s'est installé en France à la fin de sa vie. Elève de Dmitri Chostakovitch, il a découvert la seconde école de Vienne puis a fondé avec quelques compositeurs proches l'avant-garde de la musique soviétique, peu appréciée dans son pays. Sa pièce Ode (de 1968), hommage à Che Guevara permet à Armand Angster de coiffer le béret du célèbre révolutionnaire pour faire "vrai".


Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker

Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker


Sa clarinette lance des stridences que Wilhem Latchoumia ponctue au piano. Sami Bounechada complète de ses frappes nerveuses aux percussions, puis par un gros coup de gong. Tout cela se calme avec des sons de cloches et les cordes du piano pincées. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

La deuxième pièce est une création de Charles-David Wajnberg, Interface (2026). Charles-David Wajnberg, qui a étudié avec Pascal Dusapin à Paris au Collège de France puis avec Philippe Manoury à Strasbourg a déjà vu jouer ou créer plusieurs de ses pièces, en particulier au Festival Musica. Ici, c'est une pièce de 15 minutes, pour soprano, flûte, clarinette, trombone, alto, violoncelle et clavier et électronique qui est présentée. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Les sons, d'ambiance ou de cris d'oiseau, corne de brume ou cris de goélands, sonnerie de tram ou bruits d'eau se nappent et répondent aux sons des instruments, si ce n'est l'inverse. Les traits de musique se tirent en lamentations. La voix claire et précise de Françoise Kubler qui perce les plaintes. Le trombone qui souffle et couaque, un train qui passe en écho des roulements, et le texte arrive via le synthétiseur. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Pour cette création, nous avons bien sûr la soprano Françoise Kubler, à la flûte Lisa Meignin, à la clarinette Armand Angster, au trombone Thierrry Spisser, à l'alto Agnès Maison, au violoncelle Christophe Beau et au clavier et électronique Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

Le prolixe et multi-récompensé Bruno Mantovani, qui a étudié au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris entre 1993 et 2000 où il à remporté cinq premiers prix et qu'il a ensuite dirigé entre 2010 et 2019 a composé Moi jeu pour marimba en 1998. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

C'est une pièce virtuose qui mélange en des frappes délicates et d'autres puissantes et vives aux deux extrêmes de l'instrument. Elle démarre doucement avant d'accélérer puis d' alterner des moments calmes avec brusque accélérations. On assiste ici à une superbe chorégraphie du percussionniste Sami Bounechada qui nous offre une prestation virtuose. 


Accroche Note - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker


Suit, de Salvatore Sciarino, musicien au départ autodidacte, Ultime rose (de "Vanitas") (1981), une pièce pour soprano, violoncelle et piano. Une pièce douce et presque romantique pour laquelle chante des textes des poètes baroques allemands Martin Opitz, Christian Günter et Christoffel von Grimmelshausen. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Cristophe Beau - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Wilhem Latchoumia - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker

L'ambiance est délicate, des cordes du violoncelle vibrent ou sifflent, le piano pose ses notes tranquillement et la rose meurt lentement. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker


Et pour finir en beauté, le plaisir de Françoise Kubler est de créer la quatrième saison des haikus d'Yvan Fedele, l'automne: Aki Haiku (2026) Ce sont de très courtes pièces en japonais où elle est accompagnée à la clarinette basse par Armand Angster, au marimba par Sami Bounechada et au piano par Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

Le rythme est nerveux Françoise Kubler souffle dans une pièce et rejoint le violoncelle dans une autre. L'une ressemble à une chanson slave et une autre, constituée de bruits de bouche, est accompagnée de bruitages. Une autre est un dialogue avec le violoncelle puis vient une chanson très rapide. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

C'est une véritable performance pour les musiciens et la cantatrice. une très belle oeuvre qui n'est pas dénuée d'humour.  


La Fleur du Dimanche


Et le lien vers la première soirée, le 30 juin 2026, c'est là : On ne raccroche pas !

Et vers la dernière, hommage à Kaija Saariaho : Concert Finlandais

mardi 30 juin 2026

L'Accroche Note ne raccroche pas les instruments l'été: Le plaisir de la diversité: Schumann et Stockhausen pour commencer

 Quand commence l'été, à Strasbourg, l'on se réjouit de passer quelques soirées au frais dans la petite église du Bouclier dans la rue du même nom à la Petite France. 

Eh bien, cette année, le plaisir fut toujours aussi intense, même si la chaleur, intense elle aussi, a chassé la fraîcheur et c'est les portes ouvertes pour faire du courant d'air que nous avons pu profiter de cette première soirée consacrée à Schumann et Stockhausen. Le programme de ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre fait le grand écart entre le couple allemand, grandes figures de la musique romantique du début du XIXème siècle et le musicien allemand, qui a œuvré dans la musique électronique et dont le catalogue monumental (de même que les oeuvres, souvent monumentales, elles aussi) sont aussi influencées par l'aléatoire, et pour Aus den sieben Tage (Venu des sept jours), par l'intuition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour commencer le concert, ce sera Clara Schumann, la femme que Robert Schumann épousée après quelques péripéties la veille de ses 21 ans (il en avait 9 de plus). C'est un air clarinette et piano créé en 1853. L'original est pour violon mais à l'époque il était courant de réécrire pour un autre instrument. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le premier mouvement est très court, le deuxième est un dialogue complice entre Wilhem Latchoumia au piano et Armand Angster à la clarinette. Le troisième est plus enjoué et enroulé, comme un flot qui grossit et monte en puissance. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Suivent de Robert Schumann deux Fantasiestücke. La première opus 88 pour piano clarinette et violoncelle de 1842. Idem pour celle-là, elle était originellement écrite pour violon au lieu de la clarinette. Au premier mouvement, le piano mène la danse et le violoncelle conclut. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le deuxième est plus dansant et sautillant à trois temps, puis ça sautille deux fois plus. C'est gai et allègre et ça s'arrête net. Le troisième est plus lent et rêveur et finit presque funèbre. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker
 

Le quatrième est plus altier avec des changements de rythme. Les trois interprètes sont très à l'écoute entre eux, de vrais complices... 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Suivent les Fantasiestücke opus 73 pour violoncelle et piano de 1849, une sorte de rêverie douce. Au deuxième mouvement, le piano est encore plus doux Wilhem Latchoumia le caresse avant que cela ne s'envole... et finit dans un soupir. Le troisième est vigoureux et enflammé. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on arrive à Karlheinz Stockhausen et son Tierkreis (Zodiaques) de 1974, pour soprano et piano, une composition "à la carte" où les musiciens sont libres et peuvent adapter la partition. Ce seront les quatre signes du zodiaque Cancer, Lion, Balance et Capricorne qui seront joués. Stockhausen s'est appuyé autant sur les signes que sur les caractères de ses proches qui étaient né(e)s sous ce signe. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Françoise Kubler se fait un plaisir également de nous chanter une belle chanson douce. Pour le Lion, il y aura l'intervention d'une boîte à musique - Stockhausen a fait fabriquer ces boites à musique avec des mélodies qu'il a spécialement composées pour elles. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour la Balance, des frappes violentes au piano alternent avec des parties chantées. Un interlude inattendu du public, ou plus précisément, avec le téléphone d'une spectatrice avec une sonnerie qui n'était pas sur la partition, et que sa propriétaire ne reconnait pas. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Une deuxième boîte à musique, celle de Wilhem Latchoumia, puis un air puissant de Françoise Kubler avec un léger accompagnement au piano. Puis à nouveau la boîte à musique ou plutôt les deux qui sont promenées dans le public comme une quête inversée. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia prend le relais avec le Klavierstück VII (1954), des notes éparses ou liées comme des gouttes après la pluie ou des chutes plus brutales. Un vrai travail de précision du génial pianiste qui nous offre une sorte de dentelle sonore faite de touches ailées et d'éclats massifs. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on finit avec un dernier Stockhausen: Aus den sieben Tage (Venu des sept jours) (1968), une pièce pour soprano, clarinette, violoncelle et piano.  Françoise Kubler arrive sur scène avec une tasse et un couvercle pour improviser des percussions et le violoncelle et la clarinette sont cachés sur la tribune. Et pour cette cette pièce "intuitive" il n'y a que les textes pour ces quinze morceaux pour lesquels la soprano et les musiciens doivent donc inventer leur partition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Exercice pour lequel ces vieux briscards de l'Accroche Note, fondé en 1981 par Françoise Kubler et Armand Angster et auquel Christophe Beau et Wilhem Latchoumia participent depuis de nombreuses années, n'ont aucun souci et performent haut la main, pour le plus grand plaisir du public fidèle.


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche 


Rendez-vous demain, à la deuxième soirée, ici: Créations contemporaines

Et la dernière, hommage à Kaija Saariaho : Concert Finlandais