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jeudi 2 juillet 2026

Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note - Hommage à Kaija Saariaho - Voyage septentrional au pays de l'Amour et du Bonheur

 Pour la troisième soirée des 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note à l'église du Bouclier à Strasbourg, le programme rend hommage à Kaija Saariaho dans un Concert Finlandais. La compositrice, finlandaise, née en 1952 et décédée en juin 2023, était une habituée de Strasbourg, au moins pour être venue souvent à Musica ( j'avais déjà noté son passage en 2013 et elle a eu droit à un hommage pour ses 70 ans en 2022, alors qu'elle était déjà malade) et l'Ensemble Accroche Note a déjà joué à de nombreuses reprises ses compositions. Kaija Saariaho est également passée par Fribourg-en-Brisgau en 1980, après avoir découvert l'école spectrale française à Darmstadt et s'est installée à Paris pour se former à l'IRCAM. L'Accroche Note avait organisé cette année une soirée le 31 mai au Conservatoire avec la HEAR et le quatuor Adastra. C'est d'ailleurs avec les étudiants de la HEAR que se déroule cette soirée qui met au programme deux autres musiciens finlandais, Jean Sibelius et Esa-Pekka Salonen, un compositeur et chef d'orchestre très proche, et trois oeuvres de Kaija Saariaho.


Accroche Note - Kaija Saariaho - Oi Kuu - Armand Angster - Christophe Beau - Photo: Robert Becker

Le concert démarre avec une pièce de Kaija Saariaho pour clarinette basse et violoncelle, Oi Kuu (Salut la lune) (1990), où elle expérimente la relation harmonique de deux instruments que l'on n'a pas l'habitude d'entendre ensemble, avec des articulations qui convergent et divergent, alternativement. Un très beau duo entre Wilhem Latchoumia et le violoncelle de Christophe Beau.

 

Accroche Note - Kaija Saariaho - Cendres - Louise Deschodt - Juliette Devienne - Pierre Gautier - Photo: Robert Becker

Suit Cendres (1997) pour flûte violoncelle et piano. Kaija Saariaho s'est inspire de la fumée et commence très doucement avec le piano très léger bien maîtrisé par Pierre Gautier et le violoncelle que caresse Juliette Devienne. La flûte de Louise Deschodt les rejoint et cela s'emballe et souffle. Cela se calme une peu et devient plaintif puis énervé. 


Accroche Note - Kaija Saariaho - Cendres - Louise Deschodt - Juliette Devienne - Pierre Gautier - Photo: Robert Becker

C'est une belle prestation de ces trois interprètes entre douceur et énergie et dont on ne peut que constater la très belle maîtrise de la pièce.


Accroche Note - Jean Sibelius - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia revient pour interpréter quelques courtes pièces pour piano de Sibelius, dont Esquisse opus. 76, Chansons sans paroles op. 40, légère et rapide, la Sonatine N° 1 op. 5 assez romantique, l'impromptu N° 5 op.5, bien vivant et rapide,  Elegiaco op.76, air plus calme, Humoresque op. 101 bien romantique et deux rondinos op 68 à nouveau plus calme. Un vrai plaisir.


Accroche Note - Jean Sibelius - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker


Nous continuons avec Nachtlieder (1978) d'Esa-Pekka Salonen pour clarinette et piano par le duo Latchoumia - Beau, une partition calme et romantique, nordique, qui est bien dans l'esprit de Kaija Saariaho. Où l'on peut apprécier toute la délicatesses des deux interprètes. 


Accroche Note - Esa-Pekka Salonen - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker

Accroche Note - Esa-Pekka Salonen - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Photo: Robert Becker


Et qui convient bien à cette nuit d'été qui commence à tomber, pleine de mystère.

 

Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker

Pour clore la soirée et continuer à faire le chemin de la nuit, Françoise Kubler nous propose dans le crépuscule et le début d'obscurité la superbe pièce de Kaija Saariaho Lonh pour voix et électronique. Le titre signifie "de loin" (amor de lonh ) en occitan, et la pièce, écrite pour une voix soprano et des sons électroniques, ainsi que quelques voix basé sur un poème du XIIème siècle du troubadour Jaufré Rudel qui chante l'amour de la femme partie au loin en mai. 


Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker

Accroche Note - Kaija Saariaho - Lonh - Françoise Kubler - Photo: Robert Becker


La musique, électronique est plutôt spectrale tandis que la Françoise Kubler nous chante de sa belle et puissante voix de soprano à la mode des troubadours. La bande son contient aussi des textes en plusieurs langues, des sons de clochettes, gong et voix graves. Sans plus aucun éclairage, dont elle n'a pas besoin, Françoise Kubler en contrepoint virtuose, nous offre sa belle voix qui n'a rien perdu de son éclat, de sa clarté et de sa force.


Accroche Note - Concert Finlandais - Hommage à Kaija Saariaho - Photo: Robert Becker

Un très belle conclusion à cette soirée qui marque aussi la fin de ces trois soirées enchanteresses dans cette ambiance très intime, au plus proche des musiciens. Un vrai plaisir et une belle rencontre que nous offre généreusement Le duo "augmenté" de l'Accroche Note et on se dit "A l'année prochaine.


La Fleu du Dimanche


Pour retrouver le programme des soirées précédentes:

Premier soir: On ne raccroche pas 

Deuxième soir : les compositeurs créent


 

mercredi 1 juillet 2026

Créations Contemporaines avec l'Accroche Note: La musique est vivante, elle naît ici pour notre plus grand plaisir

Pour ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre de l'Accroche Note à l'église du Bouclier, ce sont les Créations Contemporaines qui sont à l'honneur en ce 1er juillet 2026. 


Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker
Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker



La soirée démarre avec une pièce d'Edison Demisov, le vétéran du groupe, compositeur russe né en 1929, et qui s'est installé en France à la fin de sa vie. Elève de Dmitri Chostakovitch, il a découvert la seconde école de Vienne puis a fondé avec quelques compositeurs proches l'avant-garde de la musique soviétique, peu appréciée dans son pays. Sa pièce Ode (de 1968), hommage à Che Guevara permet à Armand Angster de coiffer le béret du célèbre révolutionnaire pour faire "vrai".


Accroche Note -  Wilhem Latchoumia - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker

Accroche Note -  Armand Angster - Edison Denisov - Ode à Che Guevara - Photo: Robert Becker


Sa clarinette lance des stridences que Wilhem Latchoumia ponctue au piano. Sami Bounechada complète de ses frappes nerveuses aux percussions, puis par un gros coup de gong. Tout cela se calme avec des sons de cloches et les cordes du piano pincées. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

La deuxième pièce est une création de Charles-David Wajnberg, Interface (2026). Charles-David Wajnberg, qui a étudié avec Pascal Dusapin à Paris au Collège de France puis avec Philippe Manoury à Strasbourg a déjà vu jouer ou créer plusieurs de ses pièces, en particulier au Festival Musica. Ici, c'est une pièce de 15 minutes, pour soprano, flûte, clarinette, trombone, alto, violoncelle et clavier et électronique qui est présentée. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Les sons, d'ambiance ou de cris d'oiseau, corne de brume ou cris de goélands, sonnerie de tram ou bruits d'eau se nappent et répondent aux sons des instruments, si ce n'est l'inverse. Les traits de musique se tirent en lamentations. La voix claire et précise de Françoise Kubler qui perce les plaintes. Le trombone qui souffle et couaque, un train qui passe en écho des roulements, et le texte arrive via le synthétiseur. 


Accroche Note - Charles-David Wajnberg - Interface - Photo: Robert Becker

Pour cette création, nous avons bien sûr la soprano Françoise Kubler, à la flûte Lisa Meignin, à la clarinette Armand Angster, au trombone Thierrry Spisser, à l'alto Agnès Maison, au violoncelle Christophe Beau et au clavier et électronique Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

Le prolixe et multi-récompensé Bruno Mantovani, qui a étudié au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris entre 1993 et 2000 où il à remporté cinq premiers prix et qu'il a ensuite dirigé entre 2010 et 2019 a composé Moi jeu pour marimba en 1998. 


Accroche Note - Bruno Mantovani - Moi jeu - Sami Bounechada - Photo: Robert Becker

C'est une pièce virtuose qui mélange en des frappes délicates et d'autres puissantes et vives aux deux extrêmes de l'instrument. Elle démarre doucement avant d'accélérer puis d' alterner des moments calmes avec brusque accélérations. On assiste ici à une superbe chorégraphie du percussionniste Sami Bounechada qui nous offre une prestation virtuose. 


Accroche Note - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker


Suit, de Salvatore Sciarino, musicien au départ autodidacte, Ultime rose (de "Vanitas") (1981), une pièce pour soprano, violoncelle et piano. Une pièce douce et presque romantique pour laquelle chante des textes des poètes baroques allemands Martin Opitz, Christian Günter et Christoffel von Grimmelshausen. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Cristophe Beau - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Wilhem Latchoumia - Salvatore Sciarino - Ultime Rose - Photo: Robert Becker

L'ambiance est délicate, des cordes du violoncelle vibrent ou sifflent, le piano pose ses notes tranquillement et la rose meurt lentement. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker


Et pour finir en beauté, le plaisir de Françoise Kubler est de créer la quatrième saison des haikus d'Yvan Fedele, l'automne: Aki Haiku (2026) Ce sont de très courtes pièces en japonais où elle est accompagnée à la clarinette basse par Armand Angster, au marimba par Sami Bounechada et au piano par Wilhem Latchoumia. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

Le rythme est nerveux Françoise Kubler souffle dans une pièce et rejoint le violoncelle dans une autre. L'une ressemble à une chanson slave et une autre, constituée de bruits de bouche, est accompagnée de bruitages. Une autre est un dialogue avec le violoncelle puis vient une chanson très rapide. 


Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker
Accroche Note - Françoise Kubler - Yvan Fedele - Aki Haïku - Photo: Robert Becker

C'est une véritable performance pour les musiciens et la cantatrice. une très belle oeuvre qui n'est pas dénuée d'humour.  


La Fleur du Dimanche


Et le lien vers la première soirée, le 30 juin 2026, c'est là : On ne raccroche pas !

Et vers la dernière, hommage à Kaija Saariaho : Concert Finlandais

mardi 30 juin 2026

L'Accroche Note ne raccroche pas les instruments l'été: Le plaisir de la diversité: Schumann et Stockhausen pour commencer

 Quand commence l'été, à Strasbourg, l'on se réjouit de passer quelques soirées au frais dans la petite église du Bouclier dans la rue du même nom à la Petite France. 

Eh bien, cette année, le plaisir fut toujours aussi intense, même si la chaleur, intense elle aussi, a chassé la fraîcheur et c'est les portes ouvertes pour faire du courant d'air que nous avons pu profiter de cette première soirée consacrée à Schumann et Stockhausen. Le programme de ces 26èmes Rencontres d'été de musique de chambre fait le grand écart entre le couple allemand, grandes figures de la musique romantique du début du XIXème siècle et le musicien allemand, qui a œuvré dans la musique électronique et dont le catalogue monumental (de même que les oeuvres, souvent monumentales, elles aussi) sont aussi influencées par l'aléatoire, et pour Aus den sieben Tage (Venu des sept jours), par l'intuition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour commencer le concert, ce sera Clara Schumann, la femme que Robert Schumann épousée après quelques péripéties la veille de ses 21 ans (il en avait 9 de plus). C'est un air clarinette et piano créé en 1853. L'original est pour violon mais à l'époque il était courant de réécrire pour un autre instrument. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le premier mouvement est très court, le deuxième est un dialogue complice entre Wilhem Latchoumia au piano et Armand Angster à la clarinette. Le troisième est plus enjoué et enroulé, comme un flot qui grossit et monte en puissance. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Suivent de Robert Schumann deux Fantasiestücke. La première opus 88 pour piano clarinette et violoncelle de 1842. Idem pour celle-là, elle était originellement écrite pour violon au lieu de la clarinette. Au premier mouvement, le piano mène la danse et le violoncelle conclut. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Le deuxième est plus dansant et sautillant à trois temps, puis ça sautille deux fois plus. C'est gai et allègre et ça s'arrête net. Le troisième est plus lent et rêveur et finit presque funèbre. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker
 

Le quatrième est plus altier avec des changements de rythme. Les trois interprètes sont très à l'écoute entre eux, de vrais complices... 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Suivent les Fantasiestücke opus 73 pour violoncelle et piano de 1849, une sorte de rêverie douce. Au deuxième mouvement, le piano est encore plus doux Wilhem Latchoumia le caresse avant que cela ne s'envole... et finit dans un soupir. Le troisième est vigoureux et enflammé. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on arrive à Karlheinz Stockhausen et son Tierkreis (Zodiaques) de 1974, pour soprano et piano, une composition "à la carte" où les musiciens sont libres et peuvent adapter la partition. Ce seront les quatre signes du zodiaque Cancer, Lion, Balance et Capricorne qui seront joués. Stockhausen s'est appuyé autant sur les signes que sur les caractères de ses proches qui étaient né(e)s sous ce signe. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Françoise Kubler se fait un plaisir également de nous chanter une belle chanson douce. Pour le Lion, il y aura l'intervention d'une boîte à musique - Stockhausen a fait fabriquer ces boites à musique avec des mélodies qu'il a spécialement composées pour elles. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Pour la Balance, des frappes violentes au piano alternent avec des parties chantées. Un interlude inattendu du public, ou plus précisément, avec le téléphone d'une spectatrice avec une sonnerie qui n'était pas sur la partition, et que sa propriétaire ne reconnait pas. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Une deuxième boîte à musique, celle de Wilhem Latchoumia, puis un air puissant de Françoise Kubler avec un léger accompagnement au piano. Puis à nouveau la boîte à musique ou plutôt les deux qui sont promenées dans le public comme une quête inversée. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Wilhem Latchoumia prend le relais avec le Klavierstück VII (1954), des notes éparses ou liées comme des gouttes après la pluie ou des chutes plus brutales. Un vrai travail de précision du génial pianiste qui nous offre une sorte de dentelle sonore faite de touches ailées et d'éclats massifs. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


Et l'on finit avec un dernier Stockhausen: Aus den sieben Tage (Venu des sept jours) (1968), une pièce pour soprano, clarinette, violoncelle et piano.  Françoise Kubler arrive sur scène avec une tasse et un couvercle pour improviser des percussions et le violoncelle et la clarinette sont cachés sur la tribune. Et pour cette cette pièce "intuitive" il n'y a que les textes pour ces quinze morceaux pour lesquels la soprano et les musiciens doivent donc inventer leur partition. 


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker

Exercice pour lequel ces vieux briscards de l'Accroche Note, fondé en 1981 par Françoise Kubler et Armand Angster et auquel Christophe Beau et Wilhem Latchoumia participent depuis de nombreuses années, n'ont aucun souci et performent haut la main, pour le plus grand plaisir du public fidèle.


Accroche Note - 26èmes Rencontres d'été de Musique de Chambre - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche 


Rendez-vous demain, à la deuxième soirée, ici: Créations contemporaines

Et la dernière, hommage à Kaija Saariaho : Concert Finlandais


mercredi 27 juin 2018

Rencontres de la musique de chambre entre Belle-Ile-en-Mer et Strasbourg

Comme chaque été, la fin du mois de juin donne à la musique un avant-goût de vacances et de fraîcheur dans l'église du Bouclier à la Petite France à Strasbourg.
Cette année encore, les Rencontres d'Eté de Musique de Chambre de l'Ensemble Acroche Note qui ont atteint leur majorité (18ans déjà) nous proposent un riche programme lors de trois soirées musicales - gratuites cette année et le public applaudit à l'initiative - en proposant un voyage à travers les siècles.

Armand Angster - Nathanaëlle Marie - Saskia Lethiec - Laurent Camatte - Christophe Beau - Alexandre Gasparov - (c): lfdd


La première soirée, véritable invitation au grand large avec les musiciens de "Plages musicales en Bangor" avant leur festival qui se déroulera sur Belle-Ile en juillet (du 16 au 27 juillet) est un Hommage à Olivier Greif à qui Philippe Hersant a dédié "Im fremden Land" pour clarinette, quatuor à cordes et piano. Basé sur un air populaire allemand, il permet à Armand Angster à la clarinette, accompagné de Nathanaëlle Marie et Saskia Lethiec aux violons, Laurent Camatte à l'alto, Christophe Beau (pilier de'Accroche Note et directeur artistique des Plages musicales de Bangor) au violoncelle et Alexandre Gasparov au piano de montrer toute la sensibilité de son jeu.

Rencontres d'Eté de Musique de Chambre - Françoise Kubler - Photo: lfdd


Dans un registre plus classique, les Trois Romances de Rachmaninov avec Françoise Kubler et Alexander Gasparov au piano, puis le célèbre Quintette en fa mineur opus 34 de Brahms sont de beaux moments de plaisir.

Nathanaëlle Marie - Saskia Lethiec - Laurent Camatte - Christophe Beau - Alexandre Gasparov - Photo: lfdd


La deuxième soirée est dédiée à la musique hongroise avec la voix de Françoise Kubler, toujours Armand Angster à la clarinette, Thomas Gautier au violon, Laurent Camatte à l'alto et Wilhem Latchoumia au piano. Ce dernier va être le fil conducteur du concert en jouant magnifiquement - un vrai plaisir d'entendre ses interprétations "habitées" quelques "Etudes" (Fem et Désordre, Touches bloquées et Cordes à vide, Arc-en-ciel et Automne à Varsovie)de Ligeti qui vont ponctuer la soirée. 

Rencontres d'Eté de Musique de Chambre - Wilhem Latchoumia - Photo: lfdd


Three old Inscriptions opus 25 pour soprano et piano de György Kurtag sont un hommage chanté en hongrois à une jeune fille. Une autre pièce de Kurtag, Hommage à R. Sch. (en clair à Robert Schumann) pour clarinette, alto et piano, très souvent jouée, mais magnifique est un vrai plaisir.
Auparavant, avec Contrastes pour clarinette, violon et piano de Béla Bartok, la clarinette d'Armand Angster prend des airs de Benny Goodmann et le trio des airs de virtuosité tzigane...


Rencontres d'Eté - Thomas Gautier - Wilhem Latchoumia (caché) - Françoise Kubler - Armand Angster - Photo: lfdd


Le concert s'achève par Natascha, un Trio pour soprano, clarinette, violon et piano de Peter Eötvö, justement bissé.

La dernière soirée, celle du 28 juin, sera un avant-goût d'un disque à venir à la rentrée: En écho
avec au programme :
Luigi Nono La Fabbrica Illuminata pour soprano et sons fixés (1964)
Luis Naon Ultimos Movimientos pour soprano, clarinette et électronique 2013)
Jean-François Charles Nattie’s Air pour soprano, clarinette basse et électronique (2018) – création
François Bousch Dualité Miroirs pour soprano, clarinette et sons fixés (2012)
Philippe Manoury Illud Etiam pour soprano, clarinette et électronique (2013)
et les interprètes seron Françoise Kubler, soprano,  Armand Angster, clarinette et pour la partie électronique Frédéric Apffel

Bons concerts

La Fleur du Dimanche

   

  

mercredi 28 juin 2017

Les 17èmes Rencontres d'Eté de Musique (suite): Entre romantisme, cabaret et contemporain...

Deuxième soirée des 17èmes Rencontres d'Eté de Musique de Chambre de Strasbourg, avec les piliers de ces rencontres: Françoise Kubler, Armand Angster, Christophe Beau, Wilhem Latchoumia et Emmanuel Séjourné. 
Le programme est toujours un savant dosage de la musique de fin XIXème, début XXème siècle et de compositeurs contemporains, dont une création d'Ivan Fedele.

Pour commencer, la Sonate opus 120 n°1 (1894) pour clarinette et piano de Johannes Brahms interprétée en totale complicité par Wilhem Latchoumia au piano et Armand Angster à la clarinette: Un pur moment de plaisir où les deux interprètes dialoguent à merveille pour une pièce tendre et romantique qui inclut des moments de danse enjouée et paysanne. 

Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Photo: lfdd

Autre duo complice - une complicité de cabaret - habitée et totalement incarnée par Françoise Kubler qui nous interprète les "chansons d'amour" de Cabaret songs d'Arnold Schoenberg en Allemand, drivée au piano par la touche féline de Wilhem Latchoumia (une des chansons parle d'ailleurs du "chat noir de mon amie" et de "sa fourrure crépitante"):

Meine Freundin hat eine schwarze Katze 
Mit weichem knisterndem Sammetfell,
Und ich, ich hab' eine blitzblanke Glatze,
Blitzblank und glatt und silberhell.

Meine Freundin gehört zu den üppigen Frauen,
Sie liegt auf dem Divan das ganze Jahr,
Beschäftigt das Fell ihrer Katze zu krauen,
Mein Gott ihr behagt halt das sammtweiche Haar. 

Und komm' ich am Abend die Freundin besuchen,
So liegt die Mieze im Schoße bei ihr,
Und nascht mit ihr von dem Honigkuchen
Und schauert, wenn ich leise ihr Haar berühr.

Und will ich mal zärtlich tun mit dem Schatze,
Und daß sie mir auch einmal "Eitschi" macht,
Dann stülp' ich die Katze auf meine Glatze,
Dann streichelt die Freundin die Katze und lacht.

Une belle énergie et une belle expressivité...

Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Wilhem Latchoumia - Françoise Kubler - Photo: lfdd


Changement de registre pour le  Trio Rombach (1998) pour clarinette, violoncelle et piano de Pascal Dusapin.
Toujours le plein d'énergie, toujours Latchoumia et Angster auquels se joint Christophe Beau au violoncelle. La pièce alterne des passages énergiques, eux aussi, avec des échappées et des trilles, des glissades de sons en rebondissements et envolées alternant avec des passages plus calmes, pontués de silences, pour finir sur une douce note tenue et apaisée. Du beau Dusapin...

Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté - Armand Angster - Wilhem Latchoumia - Christophe Beau - Photo: lfdd


Et pour clore la soirée, la création de la pièce d'Ivan Fedele, Hara Haiku écrite en 2016 et qui se compose de 19 haikus de printemps (une suite est prévue pour les autres saisons). Les différents haikus alternent un duo voix - Françoise Kubler qui chante en Japonais (avec quelquefois la traduction française du poème à venir) et percusion - avec Emmanuel Séjourné - et les haikus plus "mélodiques" avec l'ensemble voix, clarinette basse, violoncelle et percussions. Les pièces sont concises et expressives, la voix de Françoise Kubler toujours convaincante, avec sa petite pointe d'humour et les petits bijoux de haikus nous font voyager du lac à la plage, des fleurs de pruniers aux magnolias.

"Une grenouille a plongé dans le petit lac
On écoute le son"
...
"La dent de Lion sur la plage
le pissenlit s'ouvre."
...
"Les gens âgés ressentent la durée de la journée
et se lamentent"

Accroche Note - 17èmes Rencontres d'Eté  - Strasbourg - Emmanuel Séjourné - Photo: lfdd


Les spectateurs, eux, n'ont pas vu passer la soirée et en redemenderaient....

Rendez-vous demain !  


Programme de la soirée: Mercredi 28 Juin
Johannes Brahms Sonate opus 120 n°1 (1894) pour clarinette et piano
Arnold Schoenberg Cabaret songs (1900) pour voix et piano
Pascal Dusapin Trio Rombach (1998) pour clarinette, violoncelle et piano
Ivan Fedele Haru Haiku (2016) pour soprano, clarinette basse, violoncelle et percussion – création

Françoise Kubler, soprano / Armand Angster, clarinette / Christophe Beau, violoncelle / Wilhem Latchoumia, piano / Emmanuel Séjourné, percussion


Jeudi 29 Juin

Ivan Fedele High (2005) pour clarinette
John Cage Fontana mix (1958) pour voix, clarinette, contrebasse et percussions
Claude Tchamitchian Another Childhood pour contrebasse
Luciano Berio Sequenza III (1965) pour voix
John Cage C composed improvisations for snare drum (1990) pour caisse claire seule

Improvisations

Françoise Kubler, soprano / Armand Angster, clarinette / Claude Tchamitchian, contrebasse / Lê Quan Ninh, percussions


La Fleur du Dimanche