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dimanche 5 juillet 2026

Est-ce que la terre s'est tue ? aux Aux Scènes Sauvages à Waldersbach - Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre

Est-ce que la terre s'est tue ? de Pierre Tallaron est une escapade théâtrale qui résonne curieusement vis-à-vis des Aveugles de Maeterlinck vu hier soir. Nous nous retrouvons au sortir de Waldersbach à suivre un guide, Nathan Bernat, sur un chemin qui monte dans la forêt. Ce pourrait être comme dans Les Aveugles avec ce prêtre et ses douze aveugles, ou comme dans le conte Le Joueur de flûte de Hamelin, un enlèvement pour nous perdre de la forêt. Mais non, pas d'inquiétude, nous faisons une petite halte dans un creux sur un tapis de mousse. Et nous voyons surgir d'en bas, dans les broussailles, avec son sac à dos, Pierre Tallaron


Les Scènes Sauvages - Est-ce que la terre s'est tue ?  - Pierre Tallaron - Photo: Robert Becker


En introduction, il nous explique que ceci n'est pas un spectacle, que c'est une interrogation, une question, même l'expérience de la question. Une escapade. Car nous nous évadons ce dimanche matin dans la forêt, pour nous confronter à la nature, aux fourmis, aux humains. Pierre Tallaron est pisteur au CNRS, le Centre National de la Recherche Sauvage. Et il va nous révéler ses secrets. Le premier va consister à lire une carte, qu'il sort de son sac à dos et qu'il déploie devant nous. Il nous explique que la carte n'est pas le territoire, et que quelquefois "il faut savoir se perdre" (ou perdre) comme le dit David Abram (qui a écrit le livre Comment la terre s'est tue) pour réveiller le sens (les sens) engourdi(s). 


Les Scènes Sauvages - Est-ce que la terre s'est tue ?  - Pierre Tallaron - Photo: Robert Becker


Curieusement la carte qu'on imaginait topographique est plutôt postale, photographique. La photographie représente le Col de la Bataille, là où les vents du Nord et du Sud se heurtent. Là aussi où les passereaux, les mésanges bleues croisent les vieilles voitures de collection. Nous apprenons à lire le paysage, à lire les cartes, même si elles sont postales. Nous apprenons à nous immerger dans une image. Cette introduction que fait Pierre Tallaron nous rend attentifs aux messages que nous recevons, aux impulsions, sollicitations qui nous arrivent. Qui nous font prendre conscience que, à l'image de notre smartphone qui nous envoie des messages, des alertes, notre corps aussi perçoit des signaux. Sur ce qui nous entoure, ceux qui nous entourent. Il nous enjoint de réveiller notre corps animal, de retrouver le savoir ancien, le savoir vivant des peuples anciens. Pierre nous donne comme première consigne de respirer, de faire nôtre l'air qui nous entoure, l'air de cette forêt. De le mélanger à notre corps et de le reprojeter à l'extérieur. Et donc, dans cette communion, de faire silence, de ne faire plus qu'un avec cet environnement. Fermer les yeux, sentir, écouter, aiguiser nos sens . Première consigne: Respirer. Deuxième consigne: marcher dans le silence, c'est un cadeau. Troisième consigne: fermez les yeux.  


Les Scènes Sauvages - Est-ce que la terre s'est tue ?  - Pierre Tallaron - Photo: Robert Becker


Après plusieurs étapes, et un moment de lecture de Jean Giono, nous arrivons auprès d'un arbre où il procède à une installation: un tourne-disques sur lequel il met une "pierre" à la place du disque. Et il va nous jouer une musique qui réactive notre époque en décalé, dans cette nature, presque encore vierge. 


Les Scènes Sauvages - Est-ce que la terre s'est tue ?  - Pierre Tallaron - Photo: Robert Becker


Nous repartons riche de cette expérience et redescendons de la montagne. Vers Waldersbach en pensant à Lenz, mais surtout au pasteur Oberlin qui a été parmi les premiers à observer la nature et à transmettre ce qu'il avait appris. Forts de ce que nous avons vécu, expérimenté, nous espérons continuer ce voyage qui nous rapproche de la Terre. La Terre, qui a tant de choses à nous dire. Et nous remercions Pierre Tallaron de nous avoir montré le début du chemin. 


La Fleur du Dimanche


Est-ce que la terre s'est tue ?


Dimanche 5 juillet - 9h30 - 15h00


Écriture et interprétation
Pierre Tallaron
Échanges et ressources dramaturgiques
Nicolas Chapoulier, Pierre Meunier & Marguerite Bordat, Benjamin Flao
Textes et bibliographie
Baptiste Morizot, Donna Harraway, Ursula K Seguin, Anna Tsing, David Abram, Jean Giono

Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/les-vies-de-leon-au-festival-les-scene.html

Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-pamina-de-coulon.html

Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-les-aveugles-de.html

Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/est-ce-que-la-terre-sest-tue-aux-aux.html

Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/le-journal-du-dehors-aux-scenes.html


samedi 4 juillet 2026

Aux Scènes Sauvages, Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000: Le futur est à l'amont

 Les Scènes Sauvages démarrent réellement aux Charasses à Colroy-la-Roche avec le spectacle Niagara 3000 avec Pamina de Coulon qui se passe dans la forêt. Après une petite ballade d'approche, nous voici assis en rond sur des bancs face à des toiles flottantes colorées. Elle nous accueille, assise dans la mousse. avec un temps de silence pour nous permettre de nous acclimater aux sons de la forêt. Et tout à coup, cela déferle. C'est un flot de mots ininterrompu qui ne va cesser qu'au bout d'une heure vingt sans pause ni arrêt, sauf à un moment, pour nous permettre de faire baisser la pression qui nous étreint, mais pour la bonne cause !


Scènes Sauvages - Niagara 3000 - Pamina de Coulon - Photo: Pierre Rich


Une heure vingt à un rythme effréné et cela démarre d'une bédé de Sophie Guerrive Tulipe (éditée par les éditions 2042) l'histoire d'un ours, puis renvoie à petite fleur qui pousse il y a des millions d'années, il y a longtemps déjà, dans le massif alpin. Elle commence une histoire de paléontologies, d'apparition des arbres, des fleurs, des feuilles, des animaux. Elle rebondit sur l'eau. Les fleuves, le Rhône, qu'elle a connu toute petite, se jetant dans le lac Léman. Elle est née sur la ligne de partage des eaux Rhin-Rhône, cela a peut-être influencé son destin, l'a fait basculer ? Elle truffe son histoire de citations, qu'elle cite de mémoire. De Jen Rose Smith, de Jean-Baptiste Fressoz, de James Baldwin, de Kae Tempest, de Susan Sontag ou encore Rebecca Solnit. Elle nous conte des histoires, poétiques (Virginia Woolf), philosophique aussi - par exemple le poisson pour qui l'avenir c'est l'amont, c'est cette eau-là qui va venir vers lui (si les glaciers qui restent les veulent bien - mais que faire de l'espace que les glaciers disparu ont laissé ? Le futur, l'amont, le futur, l'amour... 

Et comme un poisson sautant les rochers du ruisseau, elle nous amène au fleuve Congo - qui fait (encore) 18 km de large - ou au chutes du Niagara qui cache (mais ce n'est pas lui, c'est l'homme) ses énormes centrales hydrauliques, qui se mettent en marche la nuit, quand les touristes sont partis. Elle révèle ce qui nous est caché, le dessous de l'eau. Le travail de l'homme. Ainsi, elle fait des vas-et-viens entre le tourisme, l'industrie, la nature, les glaciers, l'artiste suisse Pipiloti Rist qui a aussi fait beaucoup de vidéos autour de l'eau et qui l'a influencée. Egalement tous ces penseurs, ces poètes, ces écrivains dont elle connaît des citations par cœur, qu'elle pioche au hasard dans sa mémoire, pour nous emmener vers l'eau, vers la nature, vers les centrales nucléaires, vers la police, vers la santé. vers les plantes, les plantes rustiques par exemple. pour lesquelles elle déploie une bannière, précisant que. Les plantes rustiques sont des plantes qui supportent le froid, les rustiques, c'est aussi des paysan, et des rustauds, proche de la nature, la nature qui s'effondre. Elle arrive à l'effondrement de la biodiversité, à la terre que nous volons, que nous devons rendre, à la rouille, aux glacier qui fondent. À la maladie, aux soins, à la lutte, à la répression, à la police. Elle rappelle à l'artiste britannique Derek Jarman, qui avait le sida et s'est fait jardinier en face d'une centrale nucléaire. À Kimberly Jones, aux artistes ou aux féministes, à la douleur, aux larmes. 


Scènes Sauvages - Niagara 3000 - Pamina de Coulon - Photo: Pierre Rich

Son spectacle, elle le mène tambour battant sautant d'un sujet à un autre, tirant une ficelle par ci, un mot par là. Une citation qui ressurgit, qui fait sens. Une vraie accumulation de cadavres exquis, à toute volée. A toute vitesse, à toute blinde, elle envoie ces mots dans le décor, ce décor de troncs d'arbres qui nous entourent, qui nous protègent pour le moment. Mais ces arbres sont aussi fragiles. Elle aussi, Pamina de Coulon, elle est fragile, mais elle se bat, elle mitraille avec des mots, elle se bat avec des phrases, elle tire avec des citations. Elle nous assome d'évidences que nous ne pouvons qu'admettre. Elle nous emmène à toute vitesse, de l'amont vers l'aval, vers la montagne, vers la mer, vers la forêt, vers les fleurs. Sur un lit de rose, dans la douleur du monde. Elle fait partie de ces artistes merveilleuses qui nous ouvrent d'autres horizons. Et nous ouvre le crâne, en nous faisant entrer de la poésie, de la philosophie, de la réflexion. Elle nous pense elle nous panse. Et soudain, elle s'arrête. Elle boit dans sa bouteille un demi litre d'eau. Et elle attends. Nous aussi. Nous attendons. Nous digérons. Nous emportons avec nous ces ramification, ces réflexions, ces pensées, ces fleurs, cette eau, ces larmes. Nous gardons en nous un peu de ce déluge. Pour sauver l'avenir. Pour "Vivre le Monde que l'on veut au sein du Monde que l'on a." 

Et nous restons bouche bée, abasourdis et muets devant une telle performance, cette énergie qu'elle nous a transmise.


La Fleur du Dimanche 


Sommaire de mes billets sur le Festival Les Scènes Sauvages

Samedi 4 juillet - 11h00 - Les Vies de Léon - Birgit Ensemble
Les Vies de Léon - voyage dans la mémoire de l'Europe
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/les-vies-de-leon-au-festival-les-scene.html

Samedi 4 juillet - 18h00 - Pamina de Coulon - Niagara 3000
Pamina de Coulon dévale les montagnes et les fleuves jusqu'à Niagara 3000
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-pamina-de-coulon.html

Samedi 4 juillet - 21h00 : Les Aveugles de Maeterlink:
Les Aveugles de Maeterlink, une ile insolite dans la forêt
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/aux-scenes-sauvages-les-aveugles-de.html

Dimanche 5 juillet -  9h30 - Est-ce que la terre s'est tue ? - Pierre Tallaron
Elle nous parle et elle nous chante: le Chant de la Terre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/est-ce-que-la-terre-sest-tue-aux-aux.html

Dimanche 5 juillet -  11h00 - Le Journal du Dehors -Véronique Borg et Myriam Dhume-Sonzogni
Waldersbach: Le village vit et s'écoute vivre
https://lafleurdudimanche.blogspot.com/2026/07/le-journal-du-dehors-aux-scenes.html

dimanche 31 mars 2013

Rose de Noël au Balcon, Oeuf de Pâques au tison - en plus c'est l'heure d'été...

C'est à ne pas y croire, le réchauffement climatique serait à l'origine de la vague de froid chez nous?

Petite explication: il y a moins de banquise, les zones arctiques se réchauffent plus et donc ne font plus office de zone de basse pression, mais de haute pression qui repousse le froid vers nos contrées - CQFD. Mais cette étude - datée de 2010 et ressortie pour l'occasion - reste sujet à discussion (voir Universcience du 30/12/201). La Science ne se fait pas sur des bases aussi légères... Le réchauffement climatique a aussi ses détracteurs.

Pour compléter le tableau, ce jour de Pâques, c'es le passage à l'heure d'été - pas à l'été, on vient à peine d'entrer dans le printemps du calendrier - et donc vous ne savez plus l'heure qu'il est...
Un petit rappel de cet automne (voir le mémo du Chat de Geluck le 28 octobre): en Octobre on recule sa montre, en Avril on l'avance!

Et comme entre octobre et avril, il y a Noël, voici la fleur de circonstance avec le dicton du titre qui lui va si bien: "Rose de Noël au Balcon, Oeuf de Pâques au tison" (voir les oeufs de vendredi)


Rose de Noël au Balcon - Photo: lfdd


Pour ne pas trop vous frustrer, je vous offre quand même un bouquet de printemps, en attendant les "vraies" fleurs - cela ne devrait pas tarder, j'ai vu des arbres qui n'attendent que cela...


Bouquet de printemps- Photo: lfdd

Et à priori, si mes yeux ne m'ont pas trahi, les hirondelles sont de retour - qui  les a vues?

En conclusion, une suite de TVA de circonstance pour rire...


"Est-ce que les oeufs de Pâques ont été pondus par des poules en chocolat ?"


"Je n'ai jamais pondu un oeuf de ma vie. Et pourtant je m'estime plus qualifié qu'une poule pour juger de la qualité d'une omelette."
Max Favallelli

Et peut-être une explication à l'horaire d'été:

"Le printemps venu, la femelle du coucou, au lieu de construire un nid, s'en va déposer ses oeufs dans les pendules."
François Cavanna


Bon dimanche et Bonnes Pâques.

La Fleur du Dimanche