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dimanche 4 avril 2021

Jean Plantureux, Bernard Willem Holtrop sont partis (à la retraite), Xavier Gorce s'est cassé, et d'autres..., Alain, Luc, Brigitte, s'en sont allé(e)s - Joyeuses Pâques !

 En ce week-end pascal, alors que le muguet du premier mai s'est invité en poisson d'avril et que la neige et le gel repointent le bout de leurs nez (gelés), Pascale me manque et sa terrasse au soleil, j'espère qu'elle ouvrira début mai... Mais nous n'en sommes pas encore là, là, ce sont les cloches qui sont revenues de Rome dans la nuit du samedi (même si quelques hérétiques se sont mises à sonner en avance (comme le muguet?)).

Par contre pas mal de personnes ne sont pas revenues, mais tout d'abord honneur aux fleurs du jour:

La première, une anémone perdue comme une bouteille à la mer:

Anémone et bouteille à le mer - Photo: lfdd


Cette bouteille à la mer, comme ceux qui s'en sont allés sans revenir... Alain l'année dernière, et dont le "hasard", mais y a-t-il un hasard, comme je le disais en citant de l'ami commun Albert dans le billet du 3 juin 2018 "La Forme et le Fond: Figure, Love et des briques" et dont justement il parlait dans ce billet, Marie, dans le billet suivant (du 17 juin 2018) "Après la mort.... la vie...", Brigitte la semaine dernière et Luc, dont je n'ai découvert la disparition que ce jour...

Mais allez, "A la vie", avec ces amaryllis qui fleurissent:


Amaryllis - Photo: lfdd


Et je vous offre le billet que je voulais faire pour la Pâque juive, en rapport avec le livre que vient de sortir Delphine Horvilleur "Vivre avec nos morts" où elle raconte des enterrements et où  elle dit dans une interview qu'elle donne à Marie Chaudey dans La Vie du 3 mars 2021 à propos de la mort:

"Puisqu’elle est le domaine du non-récit, de l’irracontable, de l’irreprésentable, la seule force d’action qui nous reste face à elle est la possibilité de raconter la vie. Comme pour dire à la mort : tu n’auras pas le dernier mot. Il y a le récit vivant de la personne et de ce qu’elle laisse. La puissance du récit, c’est la puissance de vie. La mort ne peut pas être belle ou bien dite. On ne peut bien dire que la vie."

Amaryllis - Photo: lfdd


Dans son entretien avec Célia Héron dans
Le Temps du 23 mars, elle parle de la mort - et des cérémonies - en ces temps de Covid:

" Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il était essentiel pour moi de raconter ce qui fut la vie de ceux que j’ai eu l’honneur d’accompagner, de préserver dans le récit l’histoire de leur engagement, de tout ce qui fait qu’ils ne pourront être simplement racontés par leur fin. On a tous entendu ces derniers mois l’énoncé quasi quotidien de chiffres, le nombre de décès réduits à une liste qui grossit constamment. L’effet de ces listes macabres est abrutissant: 12 678 morts, 56 775, 77 5433… Il n’y a ni nom, ni visage, ni histoire: tout cela est kidnappé par le chiffre. L’esprit humain décide de se protéger de ce que ces chiffres racontent: autant de vies sur Terre. Or, c’est terrible car cela a un impact politique considérable, dans la mesure où la façon dont on accompagne la mort dit quelque chose d’un projet politique et éthique d’une société. Si l’on n’est pas capable de penser ces morts, on met en lumière une forme de faillite morale de notre société."


Et l'amaryllis tire sur sa fin:

Amaryllis - Photo: lfdd


Le Covid, elle en parle comme d'une porte que l'on devrait ouvrir, comme la sortie des juifs d'Egypte (la Pâque juive) pour sortir, accoucher (elle cite le terme hébreux qui signifie "Crise" et que de dit "Machber": la table d'accouchement... 

Et dans La Croix, elle parle de l'apoptose:

"Selon Henri Atlan, professeur de médecine, « la vie est l’ensemble des fonctions capables d’utiliser la mort ». Il nous faut composer avec la mort, qui est tout le temps là, présente. Pendant notre conversation, des milliers de cellules en nous sont en train de disparaître. Et ce suicide cellulaire qu’est l’apoptose s’avère nécessaire. Biologiquement, les cellules engagent un phénomène d’autodestruction qui conditionne notre survie. Il s’agit d’un processus créatif."

..

"La mort nous laisse sans mots, qui que l’on soit, SDF ou bien installé dans la société. La mort est un domaine où le langage n’a pas sa place, parce que le langage est la propriété des vivants. Mais quand la mort surgit, la seule arme qu’il nous reste, à nous vivants, c’est de mettre des mots. Et ce n’est pas une arme de faible intensité, c’est une arme de consolation massive."


Mais il reste de toute beauté:

Amaryllis - Photo: lfdd


Tout cela pour "recoudre" le passé et le futur:
"Au moment où le deuil surgit, on perçoit tous l’arrachement et le seul moyen d’opérer une couture, c’est de raconter des histoires dont les générations suivantes pourront s’emparer : on se transmet un tissu qu’on pourra recoudre."

En conclusion, je vous dirai bien "LeH’ayim!" qui signifie "Santé!":

"Les juifs quand ils lèvent un verre disent cette phrase «A la vie!», comme on dirait «Santé!». Faire le choix de la vie peut être un choix complexe. Je voulais inviter les lecteurs à penser au fait qu’en hébreu «la vie» n’existe pas au singulier: il y a une impossibilité dans nos vies a n’en avoir qu’une seule. Une expression dit en français: «Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une.» Il est intéressant de voir que l’hébreu dit exactement l’inverse: «La vie ne commence que quand tu comprends que tu en as plusieurs.» Il faut accepter que la mort nous rende visite. Pour qu’une autre vie commence."

A la vie !



Et pour finir en chansons, entrainons-nous à "Danser" avec HK:




Et surtout: "Dis-leur que l'on s'aime, dis-leur que l'on sème":



Ah j'allais oublier, le dernier et le premier dessin de Plantu dans le Monde:

Dernier dessin de Plantu dans le Monde


Premier dessin de Plantu dans le Monde


Et celui de Willem dans Libé:


Dernier dessin de Willem dans Libération

Je ne montrerai pas celui de Gorce qui a fait polémique... 

Place à Cartooning for Peace... Micaël le 1er avril

Dessin da Micaël dans le Monde - hommage à Plantu



Et en toute fin, juste une image que vous risquez de revoir:

Fleur fanée avec bonnet de neige - Photo: lfdd



Bonne Pâques "LeH’ayim!" "A la Vie!"


La Fleur du Dimanche



dimanche 16 avril 2017

Pax et Pâques, Poli et Poly, Tic et Tique, Sophie et Marie, que d'oeufs

Des fois, il suffit d'attendre, une semaine (je vous le disais dimanche dernier) ou 3 jours..... ou moins.
Les hirondelles, à certains endroits étaient déjà arrivées, à d'autres sont arrivées le lendemain, ailleurs sont encore attendues... de mon côté, je les ai vues avant-hier mais pas là où je les attendais, à quelques centaines de kilomètres d'ici...

Et pour d'autres choses attendues, c'est variable également.
Pour la fleur du jour, c'est bien aujourd'hui ! La voilà:


Tulipes de Pâques - Photo: lfdd

Et pour le TVA, après avoir tourné autour des oeufs, de la politique (cacophonie, spectacle, engagement, coups de théâtres ou revirements, c'est dimanche prochain qu'il faut s'engager...), c'est autour de la philosophie avec l'actualité d'un livre de Frédéric Worms - "Mes maladies chroniques de la démocratie" que je vous propose quelques réflexions.
Je commencerai d'ailleurs par son précédent livre dont le titre "Revivre" serait une voie: "Il y a une modestie inévitable du philosophe, devant les maux qu'il ne peut résoudre, comme devant le peu de bien qu'il peut prodiguer. Ceux qui sont vraiment aux avant-postes, ce sont par exemple les médecins, pas les philosophes. Mais la philosophie n'est pas non plus sans pouvoir, car elle se définit comme la recherche de la vérité destinée à transformer nos vies. Il y a des penseurs qui cherchent la vérité sans transformer les vies, d'autres qui cherchent à transformer nos vies sans la recherche de la vérité. Le philosophe fait les deux."

Tulipes de Pâques - Photo: lfdd

Dans son nouveau livre, il parle d'un sujet tout à fait d'actualité: La démocratie.
Je vous en livre un extrait: "Il faut revenir à ce qui enracine la démocratie dans nos vies, quelque chose comme une origine vitale et morale qui lui est essentielle. Les difficultés qu'elle rencontre ne devraient pas nous surprendre, parce qu'elles relèvent en un sens de la vie humaine, dans ses dimensions morales et politiques du conflit intérieur."
Il désigne cela par le terme de "violation" qui n'est pas "la force en général, mais celle qui vient briser une relation intérieure entre des sujets." Car si "c'est notre père ou notre frère qui nous frappe, cela vient briser quelque chose en nous qui est vital. Ce n'est pas simplement le corps qui est affecté, mais les liens entre nous, qui sont en même temps organiques et affectifs."
Il continue en disant: "Je soutiens que l'idée de justice et les principes de démocratie s'enracinent dans ces expériences vitales. La démocratie s'efforce d'empêcher toutes les formes de violations. Elle ne défend pas seulement ses membres contre toutes les violences extérieures - c'est la première fonction vitale du politique - mais elle s'emploie aussi à les protéger, par ses principes mêmes, des violences qu'ils peuvent exercer les uns sur les autres. Les principes moraux de la démocratie sont aussi des principes vitaux."

Tulipes de Pâques - Photo: lfdd

Et aussi : "L’erreur c’est de poser un but absolu ("la" démocratie) et du coup des obstacles extérieurs qui nous en sépareraient, comme par une sorte d’accident ou de hasard malheureux, sur le chemin radieux de l’histoire. Alors que nous sommes face à une aspiration concrète et aussi face à des obstacles réels, dont chaque dépassement est un progrès partiel, mais absolu, qui définit chaque moment de l’histoire, en sa singularité, et non pas dans le plan d’une histoire universelle. (…) Un moment, oui, avec ses progrès et ses régressions, mais non pas sur le fond d’un "Progrès" ou d’une "Catastrophe" (…). Il faut donc changer notre idée d’histoire, et de la démocratie, ou des principes démocratiques."

Pour conclure, comme une bénédiction urbi et orbi :
"La guerre juste n’est pas celle qui lutte seulement contre l’agression, mais celle qui ajoute à ce combat l’idée de la paix à construire, de la création d’une société où l’on puisse de nouveau créer, aimer, habiter le monde."


Tulipes de Pâques - Photo: lfdd

Et pour terminer en chanson, celle de circonstance, trouvée pour Pâques, excusez du peu, celle de Marie, chantée par Gilbert Bécaud - Marie Marie: 




"A Pâques ou à la mi-carême 
Quand je serai libérée 
Lorsque j´aurai fini ma peine 
Ah que j´irai t´embrasser 
Dans notre jardin d´Angleterre 
Les roses ont dû refleurir 
Si tu en portais à ma mère 
Ça me ferait bien plaisir 

Marie, Marie 
Écris donc plus souvent 
Marie, Marie 
Au quatorze mille deux cent 

J´travaille à la bibliothèque 
Je m´invente du bon temps 
J´ai pour amis tous les poètes 
Baudelaire, Châteaubriand 
Pour nous ici quoi qu´on en pense 
Ils sont vraiment très gentils 

On a du dessert le dimanche 
Du poisson le vendredi 

Marie, Marie 
Écris donc plus souvent 
Marie, Marie 
Au quatorze mille deux cent 

A Pâques ou à la mi-carême 
Il reviendra bien le temps 
Où tu pourras dire je t´aime 
Au quatorze mille deux cent."


Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 27 mars 2016

Perdus, retrouvés: les heur(e)s des Oeufs Numériques

Vous avez perdu une heure ?
Vous n'avez pas encore trouvé vos oeufs ?
Et le numérique (l'heure numérique) vous a rattrapé ?
Et vous, comment faites-vous pour passer à l'heure d'été ?

Ah, l'heure d'été au printemps, alors que le temps est à l'hiver encore.... 
On le disait, "Noël au balcon, Pâques aux tisons" (n'oubliez pas le pluriel, parce qu'avec un tison vous n'aurez pas assez chaud!).
Alors, réchauffez-vous en courant dans le jardin (ou l'appartement) chercher les oeufs...
Et cherchez aussi les oeufs numériques que la Fleur du Dimanche vous a promis la semaine dernière....

Et les fleurs en promesses:


Bientôt la fleur, laquelle ? - Photo: lfdd


A ce propos, savez-vous quelle fleur se cache sous le chapeau pointu?

Pour vous faire patienter, voici à la fois le lapin et les oeufs de Pâques:


Lapins et oeufs de Pâques - Photo: lfdd

Et puis les oeufs de magnolias du jour (frais chassés !) :


Magnolias - oeufs - de Pâques - Photo: lfdd

Et des indices pour le "numérique"...

Quelques  termes qui devraient vous mettre sur la voie....
Cela va chercher du côté de "numérique" bien sûr, également de "littérature", ou de "risque", et de "connecté" et même d'"angoisse"

Et pour vous réchauffer du temps frisquet, je vous offre une chanson des Frères Jacques avec un rayon de soleil; allez, on va déplacer Pâques à la Trinité:






Bonne chasse et à bientôt....

Bon, je vous avais donc annoncé quelques lignes sur le numérique pour ce jour…. Sans me rendre compte que ce Week-end était pascal…. Et donc, vous êtes resté sur votre faim (de chocolat et d’oeufs) si vous n’avez pas trouvé les informations de votre côté….
Mais comment auriez-vous pu les trouver dans la jungle - ou le jardin – numérique.
Vous avez peut-être trouvé des choses très intéressantes, qui ressemblent à, ou complètent ce que je vais vous proposer et qui se découpent en trois chapitres-domaines : la loi, le livre – la littérature – et le lien – l’addiction.



Magnolias de Pâques - Photos: lfdd



Pour commencer, vous avez sûrement entendu parler de la « Loi pour une République numérique » et vous vous demandez si cela peut vous concerner... Eh bien oui, au moins sur quatre points:
1. Le libre accès aux données : Les données qui sont « publiques » - c’est-à-dire dont l’existence résulte d’un financement (partiel) public sont accessibles à tous (avec certaine conditions tout de même).
2. La « liberté de panorama » - et c’est nouveau et positif – qui fait que l’usage par des particuliers à des fins non lucratives d’une photographie d’un bâtiment (création d’un architecte : le bâtiment du Parlement Européen – ou du Philharmonique à Paris, par exemple) ou d’une sculpture en permanence sur la voie publique sont maintenant autorisés.
3. La « portabilité des données » : Toutes vos données personnelles stockées par une entreprise pour un service vous appartiennent et sont récupérables s vous changez de prestataire de service.
4. Le « droit à l’oubli » et la « mort numérique » : vous aviez déjà le doit de vous faire « oublier » sur demande sur internet. Pour les mineurs, cette procédure est accélérée pour une meilleure protection. Par ailleurs, vous pouvez décider de ce que deviennent vos données personnelles sur internet après votre décès : transmission ou suppression….


Bon, tout cela n’est pas très gai, et comme c’est Pâques, je vous conseille de faire comme mon ami Maxime, de ressusciter. Mais, comme il le dit lui-même : « Oui, je sais, cela a pris du temps… » 

Je suis le ressuscité - Phot: Maxime Loiseau

En ce qui concerne le deuxième thème: La littérature et le numérique, je ne vais pas vous faire un pensum sur l’histoire de leur relation et encore moins vous parler de la version numérique  des livres (e-book). Il se trouve d’ailleurs que quelques colloques et rencontres* sur le sujet de l’interaction de la littérature et du numérique ont fleuri ces derniers temps (et je vous renvoie également aux dernières notes sur la littérature et les robots ou les ondes). 

Je vais juste initier quelques pistes d’attention sur le sujet en notant qu’à la fois du côté du livre, l’écriture - avec des livres qui se lisent avec des stratifications de pages internet reliées par des liens hypertexte qui donnent à l’oeuvre un côté labyrinthique - et la mise en page - avec des styles influencés par le support internet et l’intégration d’images ou d’effets typographiques – subissent l’influence du numérique.
Du côté du livre encore, le côté interactif et personnalisable a donné les « livres dont vous êtes le héros et cette personnalisation se retrouve avec des livres dont des liens en ligne ou sur support numérique amènent un nouvel usage.
Du côté d’internet, on trouve également la tentation de « faire littérature » autrement, en écrivant avec les technologies numériques (il y  par exemple un roman rein qu’avec des tweet – des séquence de moins de 120 caractères) ou en publiant des textes numériques dont une partie (sélectionnée) sera en définitive portée au public par un « bouquin » imprimé.
Je vous offre ci-dessous un extrait de ce type de prose, parue sous forme de feuilleton sur internet et éditée sous le titre "Fictions du corps" de François Bon aux éditions "L'Atelier Contemporain", avec des dessins de Philippe Cognée

Fictions du corps | Notes sur ce fameux prestidigitateur

pour en finir avec l’humanité joyeuse, 1

 « Si ce prestidigitateur était fameux, c’est pour la simplicité de ce qu’il présentait.

Seul, face public, très proche, en pleine lumière, il prenait un couteau et le posait exactement, très droit et vertical, sur le sommet de son crâne.
Ensuite, et sans cesse de parler à son public, il l’enfonçait très lentement, s’arrêtait à une dizaine de centimètres. Reconnaissant qu’au-delà c’était une zone de danger qu’il n’avait pas le droit d’affronter.
Un écran géant, derrière lui, prouvait qu’aucune tricherie ni manipulation n’était possible. À de nombreuses reprises, il avait utilisé des couteaux de cuisine du commerce, portant encore l’emballage original du supermarché de la ville.
Des spectateurs étaient invités à se placer derrière lui, et de côté, pour éviter aussi toute illusion d’optique. Un film qu’il avait tourné avec un comparse à la tête entièrement chauve prouvait l’étrangeté de la scène : le couteau, une fois retiré, ne laissait pas d’autre trace ou cicatrice qu’un mince trait rouge.
Seulement, si le film circulait encore (on le trouvait aisément sur le populaire réseau YouTube), le comparse était mort depuis lors, sans lien paraît-il avec le numéro qu’ils effectuaient l’un et l’autre, parfois simultanément l’un sur l’autre. Depuis, il tournait seul.
Rituellement, il insistait pour qu’un spectateur ou spectatrice accepte de se prêter à l’épreuve. Nulle douleur, disait-il (le cerveau n’était pas innervé). Nulle séquelle. Au contraire, disait-il, une douceur étrange, qui se propageait par l’ensemble du système nerveux, vous laissait une sensation bienfaisante pendant de longues semaines. On craignait ce moment, où il attendait qu’un ou une volontaire se présente, en vain, avant qu’il se décide à nouveau à pratiquer la démonstration sur lui-même.
Il y a quelques années, on le voyait fréquemment à la télévision, et dans les grandes salles de spectacle. Cette période était révolue : il n’avait plus l’attrait de la nouveauté. Qui donc, pourtant, à part lui, osait cet exercice de vieille tradition ? »

Magnolias de Pâques - Photos: lfdd


Pour finir, je vous invite en ce Week-end pascal à prendre un peu de temps pour méditer et vous demander comment vous vous situez dans votre rapport à vous-même et par rapport aux autres surtout depuis l’avènement du numérique.

Pour cela, je vous propose quelques morceaux choisis d’un article de la Journaliste et écrivaine Sophie Avon intitulé « Facebook et nos angoisses » paru dans "Le Libé des écrivrains" du 16 mars 2016.
Elle commence ainsi : « Je lis ici ou là pas mal de papiers sur nos addictions supposées aux nouvelles technologies, mais moi, c’est Facebook qui me paraît angoissant - et l’injonction à être connecté, cette nécessité d’adhérer au flux, induisant de fait que si nous ne nous inscrivons pas dans cette grande chaîne humaine, nous sommes hors jeu, autrement dit inexistants. Cette importance accordée à une communication intensive, laissant penser que la circulation des états d’âme et de l’instant vaut pour existence, que le dévoilement de l’intimité et des amitiés vaut pour vie affective riche - tout cela me paraît terrifiant. »
Elle continue ainsi : 
« Quand je vais sur mon profil Facebook, mollement, je l’admets, et que je lis «vous avez 99 nouvelles notifications, 86 mises à jour d’amis, 23 pokes et 77 messages», ça me paralyse. On ne me dit pas : «Vous avez encore 60 000 livres à lire» ou «29 000 films à voir» ou «3 000 rêves à accomplir», encore heureux, ce serait sans doute pire, mais on me parle comme si ma vie désormais, ou du moins celle qui compte, qui aurait du prix en convoquant les regards et en créant possiblement du buzz, se réduisait à une série de choses à faire connaître, à envoyer, à poster… »
Vous vous posez peut-être également cette question….. Combien de livres avez-vous encore à lire, combine de cartes postales à envoyer, combine de personnes à saluer le matin pour dire que vous vous êtes réveillé(e)s, ou que vous aimez cette photo de chat qui passe ?  
Bien sûr, « Oui, je sais, parfois, quand on surfe sur Facebook, on s’amuse, on lit de bons papiers, on voit des vidéos sympas ou graves ou même utiles, on poste des phrases savoureuses ou on les répercute. » 
Mais « Sauf que le dilettantisme n’est pas de mise sur les réseaux. L’entre-deux est proscrit. On participe ou pas. Difficile de visiter sur la pointe des pieds, vous êtes rattrapés, comme un mauvais élève, par les devoirs qui n’ont pas été faits et les absences répétées. »

Mais la question est là : « Depuis quand faut-il ainsi prouver à chaque seconde qu’on est vivant ? Qu’on est un élément du décor, un visage du village global ? Qu’on a une voix audible, appréciée, encouragée ? Depuis quand faut-il se donner l’illusion d’appartenir à un réseau qui distribue ses points - ou pas - et lève le pouce jusque dans la mort puisque même là, évoquant le décès d’un être qu’on aimait ou qu’on admirait, c’est un pouce levé qui donne le signal.

Depuis quand, en gros, sommes-nous invités à prétendre que nous vivons ? »

La réponse serait-elle celle-ci :
« Depuis que nous n’avons plus rien à vivre ou depuis que, vivant dans un monde dépressif, nous nous projetons à la surface de la planète numérique, armés de ces leurres qui à la vérité ressemblent à des publicités ? C’est entendu, les vrais amis, on les a, on n’a pas besoin de leur dire par écran interposé, ce qu’on a envie de leur dire ou de leur souhaiter à la date de leurs anniversaires … Les autres, admettons qu’ils soient là pour la garniture, en réserve, à portée de rhizome, comme d’autres nous-mêmes dont on peut espérer, un jour, une vidéo ou un commentaire qui nous enchante ou nous amuse. Mais le prix à payer me paraît exorbitant et surtout ce qu’il dit d’une société qui se reflète là sans pour autant donner une idée du monde. Combien d’heures passées pour un regard furtif à la crête des événements qui nous croisent tels des météorites ? »
Le numérique n’a-t-il apporté que cela ? :
« Reste que l’ère numérique a modifié notre rapport au temps et qu’en alimentant cette illusion d’aller plus vite tout en en faisant plus - si bien que finalement, on se retrouve oppressés par la multiplicité des tâches à effectuer -, on a agrandi le champ de nos pertes et celui de notre mélancolie. »

Et Facebook  cela... ?: 
« Facebook m’angoisse parce qu’il a remplacé le rêve par des cartes postales, l’imaginaire par le culte du standard, le lieu de tous par une infinité de désirs individuels. Ce n’est pas mon idée de la communauté ou du partage - qui se jouent sur le terrain du corps et de l’espace commun, pas d’une page commune. Facebook m’angoisse parce qu’il a fait de nos anxiétés sourdes sa pelote. Nous croyons surfer sur le Net mais c’est lui qui surfe sur nos inquiétudes. »

Cherchez la bonne vague !!!



Et bonnes fêtes pascale.

La Fleur du Dimanche 


Quelques colloques sur le numérique, récents ou à venir :

- Colloque « Internet est un cheval de Troie. La littérature, du Web au livre» organisé par Gilles Bonnet du centre MARGE, le 10 et 11 mars 2016 à LYON
- Les Racontars du Numérique à Strasbourg, du 30 mars au 9 avril à la Médiathèque André Malraux – programme ci-dessous :
https://racontarsnumeriques.wordpress.com/2016/03/01/du-31-mars-au-9-avril-2016-les-racontars-du-numerique/

Et vous avez également un du Hors-série numérique des Cahiers pédagogiques, «Littérature et numérique», un dossier coordonné par Yaël Boublil et Jacques Crinon. 
Vous avez une interview des coordonnateurs sur «Les littératures numériques pour donner du pouvoir sur le monde» ici:
http://www.cahiers-pedagogiques.com/Les-litteratures-numeriques-pour-donner-du-pouvoir-sur-le-monde-une-interview-des-coordonnateurs

Et à partir du jeudi 31 mars, à Strasbourg, les "Racontars du Numérique" qui démarrent à 18h00 à la Médiathèque Malraux (même en ce jour de grêve - rêve).
Au programme, des interventions d'auteurs qui se risquent au Numérique (entre autres):
Jean-Yves Fick dont je vous conseille la visite de son site de poésie numérique:
http://gammalphabets.org/
Il y rend un hommage à un autre auteur qui vient de disparaître : Francis Royo et son site:
http://analogos.fr/
Léo Henry, auteur de BD et de fictions sur le web.
Son site:
http://www.leo-henry.com/html/accueil.htm
et sa fiction sur le web:
http://www.lenaurne.fr/
La table ronde est animée par Cécile Palunski..


dimanche 5 avril 2015

Avez-vous trouvé des Oeufs dans le nid de la Baleine?

Pâques est arrivée et la chasse aux eux est ouverte...
Qui, parmi vous a trouvé des oeufs dans le nid de la baleine ? Imaginez leur taille! Des Oeufs de baleine en chocolat!

A défaut d'oeufs de lapin ou de baleine, je vous offre des oeufs-fleurs, en fait des primevères aplaties de n'avoir pas été arrosées. Ne faites pas subir le même sort aux vôtres, ne les oubliez pas!


Oeufs de Pâques-Baleine Bleue - Photo: lfdd


Revenons à nos agneaux pascaux, je vous en offre une version "fleurie" avant de vous expliquer que la baleine n'est pas loin de l'agneau (moins loin que le lapin)...


Agneau de Pâques Fleur - Photo: lfdd

Saviez-vous que la baleine est un animal apotropaïque ?


Oeufs de Pâques-Baleine Bleue - Photo: lfdd

En tout cas, et vous ne l'ignoriez pas, la baleine, comme l'agneau apparaissent dans la bible - la Baleine de Jonas étant très connue, tout comme celle de Pinocchio. 
Son caractère "apotropaïque" - vu également dans le film Léviathan
dont je vous avait parlé en novembre 2014 - viendrait-il de cet épisode?

Pour continuer à semer quelques oeufs de baleine, sachez qu'en littérature, un des célèbres livres sur la baleine est bien sûr Moby Dick d'Herman Melville, mais il y a aussi la courte - et magnifique - nouvelle de Paul Gadenne "Baleine" qui raconte l'épisode d'une baleine échouée sur une plage.
C'est peut-être un épisode de ce type qui a donné à François Garde, lorsqu'il était sous-préfet en Martinique en 1988, l'envie d'écrire un livre-somme sur ce cétacé (il n'y en a jamais assez!): "La baleine dans tous ses états".
Pour s'en débarrasser, à l'époque, il a fallu qu'il la fasse exploser.
Vous y apprendrez aussi qu'il y une place de la Baleine à Lyon parce que selon la rumeur, au Moyen Age, une baleine circulait dans le Rhône. 
Vous apprendrez entre autre dans son livre qu'une baleine pèse autant que vingt-sept éléphants ou deux mille neuf cent vingt-trois hommes. Alors, imaginez un Oeuf de Baleine!

Pour finir, je vous offre quelques oeufs de poèmes et de chanson sur la baleine.
Ah, j'oubliais, "apotropaïque" signifie "Qui détourne le danger, qui protège.", et va effectivement chercher du côté de Jonas, bien sûr, mais curieusement aussi du côté de l'Arménie avec les Vichaps, un mégalithe en forme de poisson datant de l'âge du bronze, et que l'on retrouve à proximité des rivières du haut-plateau arménien, également sur le Mont Ararat (ou comment Job et Noé se rencontrent..).


Vichap

Place aux oeufs: pour commencer le poème de Robert Desnos

La Baleine 

Plaignez, plaignez la baleine
Qui nage sans perdre haleine
Et qui nourrit ses petits
De lait froid sans garantie.
Oui mais, petit appétit,
La baleine fait son nid
Dans le fond des océans
Pour ses nourrissons géants.
Au milieu des coquillages,
Elle dort sous les sillages
Des bateaux, des paquebots
Qui naviguent sur les flots.


Puis celui de Prévert: La Pêche à la Baleine

Avec les versions successives des Frères Jacques, d'Agnès Capri et de Cora Vaucaire:

Les Frères Jacques - La pêche à la baleine:

 


Cora Vaucaire - La Pêche à la baleine:




Agnès Capri - La Pêche À La Baleine (ma préférée):



Pour continuer, "La Baleine Bleue", Version Steve Waring:


Et, Léo Ferré qui a également rendu hommage à la baleine bleue dans "L'Opéra du Pauvre":




Pour finir, une mignonne chanson pédagogique pour les enfants de Marmotille Eje "C'est la baleine qui tourne".



Cela donne envie de rechercher des oeufs !

Bonne chasse aux oeufs de baleine

La Fleur du Dimanche 

dimanche 20 avril 2014

Un lièvre là peint dans l'herbe, mais pas que, une toile aussi, appelée d'araignée.

Le lièvre est-il arrivé ? 
Non, alors vous êtes chocolat ! 
Il vous aura posé un lapin ? 
Il vous faudra lui poser un petit peu de sel sur sa queue pour qu'il vous apporte des oeufs l'année prochaine...
Mais regardez bien, cette toile dans l'heure, en forme de fleur ne préfigure-t-elle pas la tête du lapin (euh, du lièvre là peinte dans l'herbe fraîche du matin ?



Lapin sur toile - Photo: lfdd


Et ces belles boules blanche un air d'Oeufs de Pâques ?


Oeuf blanc de Pâques - Photo: lfdd



Alors, allez à la chasse des oeufs... Au boulot !


Oeufs blancs de Pâques - Photo: lfdd


Et si vous ne croyez pas au lapin de Pâques, sachez que dans les pays anglo-saxons, il est blanc (comme celui d'Alice) et je l'ai vu de mes yeux vu:


Lapin blanc de Pâques - Photo: lfdd


Pour le TVA, une information qui vous aura peut-être échappé, sachez que le Prix Pulitzer 2014 du journalisme a été décerné ce 14 avril au Guardian et au Washington Post pour "Le jury salue leur publication des révélations sur le système de surveillance de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), rendues possibles grâce aux documents fournis par Edward Snowden, ancien consultant de l'agence de renseignement aujourd'hui réfugié en Russie." 
Ces informations, la Fleur du Dimanche du 16 juin 2013 et du 7 juillet 2013 vous en donnait l'information au sujet de la vie de la "Toile" appelée à régner sur nos vies personnelles....

Et comme grâce à la toile vous êtes en avance sur le futur, je vous offre en prime une chanson de Pâques (et d'Amour) juste pour vous réalisée par "Capture"

http://capture.name/index2.html

Cette musique est créée aléatoirement - il y a aussi des textes, des biographies créés de la même manière, allez faire un tour sur le site: 
http://capture.name/ 

Et en prime, une vidéo créée de la même manière:







Bon Dimanche de Pâques

La Fleur du Dimanche

dimanche 31 mars 2013

Rose de Noël au Balcon, Oeuf de Pâques au tison - en plus c'est l'heure d'été...

C'est à ne pas y croire, le réchauffement climatique serait à l'origine de la vague de froid chez nous?

Petite explication: il y a moins de banquise, les zones arctiques se réchauffent plus et donc ne font plus office de zone de basse pression, mais de haute pression qui repousse le froid vers nos contrées - CQFD. Mais cette étude - datée de 2010 et ressortie pour l'occasion - reste sujet à discussion (voir Universcience du 30/12/201). La Science ne se fait pas sur des bases aussi légères... Le réchauffement climatique a aussi ses détracteurs.

Pour compléter le tableau, ce jour de Pâques, c'es le passage à l'heure d'été - pas à l'été, on vient à peine d'entrer dans le printemps du calendrier - et donc vous ne savez plus l'heure qu'il est...
Un petit rappel de cet automne (voir le mémo du Chat de Geluck le 28 octobre): en Octobre on recule sa montre, en Avril on l'avance!

Et comme entre octobre et avril, il y a Noël, voici la fleur de circonstance avec le dicton du titre qui lui va si bien: "Rose de Noël au Balcon, Oeuf de Pâques au tison" (voir les oeufs de vendredi)


Rose de Noël au Balcon - Photo: lfdd


Pour ne pas trop vous frustrer, je vous offre quand même un bouquet de printemps, en attendant les "vraies" fleurs - cela ne devrait pas tarder, j'ai vu des arbres qui n'attendent que cela...


Bouquet de printemps- Photo: lfdd

Et à priori, si mes yeux ne m'ont pas trahi, les hirondelles sont de retour - qui  les a vues?

En conclusion, une suite de TVA de circonstance pour rire...


"Est-ce que les oeufs de Pâques ont été pondus par des poules en chocolat ?"


"Je n'ai jamais pondu un oeuf de ma vie. Et pourtant je m'estime plus qualifié qu'une poule pour juger de la qualité d'une omelette."
Max Favallelli

Et peut-être une explication à l'horaire d'été:

"Le printemps venu, la femelle du coucou, au lieu de construire un nid, s'en va déposer ses oeufs dans les pendules."
François Cavanna


Bon dimanche et Bonnes Pâques.

La Fleur du Dimanche