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jeudi 12 mars 2026

Métropole de Volmir Cordeiro au TJP: Chasser le brouillard de la ville

 Créée au sortir de la crise sanitaire en 2021, Métropole de Volmir Cordeiro présenté au TJP - CDN est une pièce où l'énergie a besoin d'exploser. Au départ, un batteur sur son ring au centre de la scène se lance dans un solo qui ne n'achèvera qu'après que le danseur-chorégraphe aura quitté la salle. Magnifique performance de Philippe Foch qui maintient la tension qui court tout au long du spectacle, même si, au niveau de la danse il y a une trajectoire vers plus de générosité et d'empathie. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Sur la scène plongée dans le noir et couverte d'une lourde nappe de nuage de fumigène, des poteaux de guidage enferment la scène d'une barrière identique à celle qui ceinture le podium du batteur. Une silhouette sombre sous sa capuche pointue, à peine discernable, fait le tour de cet enclos, en des aller-retours furtifs, rapides et nerveux, intermittents. Ce courant d'air humain, conjugué à de larges battements des bras - l'envergure du danseur est impressionnante - dissipe peu à peu cette chape tandis que la lumière monte progressivement, laissant transparaître des éclats de rouge sous le noir du manteau. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Les frappes du tambour font des éclats répétés et scintillants, tandis que les allées et venues du danseur, ses apparitions et disparitions se font plus régulières. Alors que le batteur frappe sa batterie en sourdine, la silhouette se distingue de plus en plus, et on découvre ses longs cheveux, on devine un masque, on entr'aperçoit une jambe d'un rouge éclatant. Puis ce sombre personnage, caché derrière une sorte de tour sur laquelle sont disposés des journaux, psalmodie des termes accusateurs en français et en brésilien (affreux, minable, menteur, misérable,...). Il commence à faire sauter les barrières et manipule la foule, fait se lever les spectateurs, les fait applaudir. Le danseur ôte le manteau, enlève son masque, sa danse se fait plus enjôleuse, festive, carnavalesque.


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Ses gestes se font moins sauvages, plus graciles. Il déploie ses bras, allonge ses grandes jambes, adopte une démarche souple et féline. Le batteur, maintenant pleinement éclairé avec son habit scintillant dans la lumière, fend l'air d'un balai, et le souffle du vent marque une pause relaxante dans cette agitation moléculaire. Les spectateurs - "citoyens" se font héler, solliciter, supplier par le personnage qui s'est presque mis à nu dans son habit rouge-violet. La danse devient parade séductrice, mouvements charmeurs et ensorcelants. Mais l'essai de mise en place d'un pacte via la promesse d'une fleur débouche sur le déplacement de l'arène vers un ailleurs inconnu. Seul le batteur maintient la tension de ses frappes jusqu'à ce qu'une chanson nostalgique, tel un générique de film, signe la fin de la partie. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Dans ce formidable duo débordant d'énergie, Volmir Cordeiro nous offre l'impressionnante métamorphose d'un sinistre personnage en un séducteur gracile. Sa performance lumineuse et pleine de fougue, tenue à bras le corps sur la durée; est époustouflante. Et son agilité ajoutée à sa gestuelle majestueuse nous ont subjugué durant tout le processus de cette transformation.


La Fleur du Dimanche 


Métropole


Au TJP - Grande scène - du 12 au 14 mars 2026

Au TJP Steven Cohen nous transmet son énergie, sa révolte et sa toute sa vie

 Il est des moments rares que l'on ne revivra jamais. La venue de Steven Cohen au TJP - CDN avec sa pièce People will people you est l'un de ces évènements dont on ne peut que se souvenir pendant longtemps. L'artiste sud-africain, maintenant installé en France qui a réalisé ses performances engagées et ses spectacles dans des villes et des festival dans le monde entier, était déjà venu à quelques reprises à Strasbourg, entre autres grâce à la Hear et Pôle Sud pour des performances fortes.


People will People You - Steven Cohen - Photo: Luke Pallett

Dans le cadre des micro Giboulées, c'est une spectacle exceptionnel qui nous attend dans la petite salle du Pont Saint Martin qui nous offre une intimité rare avec le performeur. Il apparait, juché sur ses chaussures à plateau, énormes sculptures d'au moins trente centimètres, coiffé d'une couronne également surélevée. Une chanson belle et triste chantée d'une magnifique voix féminine accompagne son entrée. Il est, comme à son habitude, habillé d'un costume superbe, dont une blouse toute en couleur et son visage est maquillé et dessiné de toute beauté. Des ailes de papillons parsèment son crâne rasé et sont posées sur son nez et font des ailes à ses oreilles. Avançant jusqu'au milieu de la scène, il enflamme les fontaines lumineuses de la couronne sur sa tête avant de s'installer sur une chaise haute, mouvante, de sa création. Après avoir troqué ses superbes croquenots sculptés pour une paire plus épurée en acier, mais pas moins haute, il nous offre en diaporama commenté et extraits vidéos son parcours de vie et nous montre sa "première performance" à six ans, quand il s'est habillé d'un tutu de danse. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Il explique sa création et son engagement personnel très critique par son histoire familiale (ses parents, des juifs européens aisés, obligés de s'exiler en Afrique du Sud, où ils deviennent les oppresseur des autochtones noirs). Mais cette présentation ne se fait pas par un exposé froid et distant, Steven Cohen ouvre très vite son coeur et sa vie et invite le public au dialogue en demandant la lumière dans la salle. Il glisse quelques jeux de mots sur sa production, liant au passage les chaussures (Shoes) avec les juifs (Jews) et précisant que sa mauvaise conscience de juif étant passé du statut d'oppressé à celui d'oppresseur dans son pays d'adoption, l'Afrique du Sud, a nourri sa réflexion et construit son statut décalé de "mâle blanc blond queer et juif" - il se définit d'ailleurs plus queer qu'homosexuel, et sa performance Chandelier (dont il passe, comme pour d'autres, les images) qu'il réalise dans un quartier de Soweto en démolition, habillé d'un chandelier allumé en tutu, montre sa manière de mettre en lumière les contradictions de notre société. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Contradictions qu'il cultive en exhibant son corps et en lui faisant subir de nombreuses violences. Mettant le doigt sur ce qui ne fonctionne pas, cultivant le choc des oppositions et des antagonismes. Ne craignant pas de choquer (même sa mère à qui il demande d'allumer un cierge magique qu'il a mis dans son derrière), coiffant son sexe d'un chausson de danse, ou dansant nu en tutu devant les bourgeois d'un restaurant qui mangent sur une terrasse - ce qui lui fait dire: "Les dominants dînent tandis que les dominés travaillent (le gardien noir qui le chasse)". Il pousse l'ironie à qualifier le policier qui l'emmène au poste lors de sa performance sous la tour Eiffel de "co-costumier, co-chorégraphe et co-auteur des textes" quand celui-ci s'interpose lors de Coq, cock (coq, bite), une performance au pied de la tour Eiffel lorsqu'il s'attache un coq à sa queue. Il y a des performances plus douloureuses comme quand il en sort avec de graves brûlures et d'autres non moins douloureuses mais plus belles lorsqu'il se couche nu, au soleil couchant, sur la tombe de sa mère. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz

 Il affirme cependant qu'il n'est pas performeur mais "artiste", et qu'il fait des sculptures - dont des créations de chaussures, une paire d'entre-elles, où il intègre deux crânes à 2.000 $ issus d'un magasin "branché" à New-York, lui permettent d'interroger la "valeur" et la moralité de l'argent, et de la vie humaine, chaussures qui lui ont inspirées des performances à Wall Street, Time Square et Ground Zero, de même que le film Money. Il rappelle d'ailleurs que l'essentiel de son travail artistique (en dehors de ses créations) se fait dans la rue, interrogeant le rapport à l'autre et à la normalité des corps et des relations sociales. Et de préciser que ce spectacle a ceci de particulier que, pour une fois, il n'est pas, d'une certain manière, dans sa "bulle" (comme il l'est totalement lors sa performance à la Hear Free Jew is Cheap at Twice the Price  (Un Juif libre vaut deux fois son prix) qui a donné iBall en 2020 après le Covid. Il avoue d'ailleurs que ce rapport frontal avec les spectateurs de ce soir l'intimide particulièrement et il nous dit "Si vous êtes mal à l'aise, c'est aussi le cas pour moi". 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Mais sa bienveillance et aussi celle de la salle, ainsi que les échanges libres et sans interdit avec le public et les questions venant de la salle auxquelles il répond de manière très modeste et simple, mais forte, dénouent cette ambiance et construisent une belle complicité. Une complicité qu'il creuse jusqu'à transporter sa loge sur scène. Et ainsi il nous faire participer à son "démaquillage", acte intime de mise à nu qui est aussi une action de création artistique. Il décolle littéralement son maquillage en une quinzaines de bandes qu'il assemble dans un tableau qui représente à la fois la fragilité et l'éphémère singularité du moment que nous venons de vivre avec lui. Ce temps qu'il semble apprécier puisqu'après une dernière vidéo, il repart dans un nouvel échange et nous dit finalement adieu avec une émotion bien visible. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Robert Becker


De notre côté aussi l'émotion est à son comble et nous sommes conscient de la force et la puissance de ce que cet artiste immense a partagé avec nous et nous lui en sommes très reconnaissants. Reconnaissants aussi de son courage et de sa lucidité, et de la considération et du respect pour son jeune public, à qui il avoue que lui et les hommes ont cassé le monde et que les jeunes vont le réparer.


La Fleur du Dimanche 


People will people you

Au TJP - Petite Scène, du 12 au 14 mars 2016


Performance Steven Cohen

Lumière Yvan Labasse
Production & management Samuel Mateu
Crédit photos Luke Pallett
Production Compagnie Steven Cohen
Coproduction Théâtre National de Bretagne (Rennes), Festival Euro-scene (Leipzig)

samedi 4 mars 2023

La cérémonie du poids au TJP: Mécanique céleste et mouvements intimes

 Pierre Carles disait que "La sociologie est un sport de combat", en faisant référence à la pensée de Pierre Bourdieu. Julika Mayer, elle, met sur le ring Rafi Martin, marionnettiste et titulaire d'un master en anthropologie sociale et genre de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris pour La cérémonie du poids sur la scène du TJP-CDN à Strasbourg. 


La cérémonie du poids - Rafi Martin - Julika Mayer - Photo: Katharina Wibmer


En fait de ring, c'est d'abord un rond de lumière, en cercle dans lequel se faufile Rafi Martin, prenant possession de l'espace, hésitant entre la masse et le crochet puis esquissant quelques exercices d'assouplissement et de petite course. L'éclairage nous cache et nous découvre alternativement ce corps qui nous reste obscur, mobile et fuyant avant de se harnacher et se couvrir de protections aux articulations et de s'approcher de ce qui pourrait ressembler à un sac d'entrainement de boxe ou un boulet noir allongé. 


La cérémonie du poids - Rafi Martin - Julika Mayer - Photo: Katharina Wibmer



En bande sonore, succédant au pulsations ultra-basses un brin anxiogènes, des paroles de femmes et personnes queer parlent de leur expérience des sports de combat ainsi que des textes de Dorothy Allison pendant que Rafi Martin se mesure à ce poids auquel il est lié, qui lui permet à la fois de se dresser tout en l'empêchant de quitter un cercle - nouveau - circonscrit par le lien qui l'unit à cette masse noire. L'espace - et ses limités sont testés, explorés. 


La cérémonie du poids - Rafi Martin - Julika Mayer - Photo: Erich Malter


Puis, prenant en compte cette masse dont il se joue, dont il mesure le delta, la marge de liberté, il profite de l'énergie qu'elle peut lui transmettre pour, symboliquement voler, réaliser ce désir, rêve ancien de l'humanité. Une autre action, volontaire, donne un semblant de vie, à tout le moins, du mouvement à ce boulet qui, en rétroaction interagit également sur les trajets de l'acrobate-marionnette accroché à son fil dans un ballet de planètes jumelles. 


La cérémonie du poids - Rafi Martin - Julika Mayer - Photo: Erich Malter


Cet équilibre instable, conjugué à la réminiscence de corde à sauter et de course à pied, fait émerger une conscience, un sentiment du corps ignoré, tu et qui se cherche son chemin. Pour finalement vouloir la réconciliation, l'acceptation de soi, sans haine, sans violence.


La Fleur du Dimanche  


IDÉE - CONCEPT - PRODUCTION - JEU RAFI MARTIN / CONCEPT – DIRECTION JULIKA MAYER / DESIGN LUMIÈRE JOACHIM FLEISCHER / CRÉATION SONORE MERYLL AMPE / VOIX PEPE AWESOME, RAHEL BARRA, MAKISIG AKIN / DOUBLE LI KEMME / SOUTIEN ORGANISATION ANNE BRÜSSAU

vendredi 11 mars 2022

PINOCCHIO (LIVE) #2 aux Giboulées de la Marionnette: La fabrique de pantins vivants

 Le mythe de Pinochio revu au goût du jour. 

Tout commence comme dans une cour de récréation dans PINOCCHIO (LIVE) #2 d'Alice Laloy et sa compagnie "S'appelle reviens". Dans la salle de concert du Palais des Fêtes rénové - je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu une inauguration de cette salle depuis les travaux de rénovation - les spectateurs sont assis en rangées face à face et un genre de locomotive "musicale" sur laquelle des gamins discutent bruyamment est poussée sur le plateau entre les spectateurs avec cloches et percussion. 

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Jean-Louis Fernandez


Brusquement le silence se fait, des battements repris par les enfants rythment la procession de dix personnages en blouse grise qui poussent sur ses roulettes un appareillage avec une planche à laquelle est accrochée, entre autres, une  chaise à l'envers. S'ensuit, après trois petits tours l'installation de ce qui ressemble à un établi, table à dissection dans un beau désordre organisé. Cela assemble et frappe à grand coups de maillets en bois et la tâche achevée, nouvelle procession stoïque et hiératique avec ces tables à roulette.

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Jean-Louis Fernandez


Et surprise, ces dix établis vont recevoir chacun un enfant habillé d'un genre de barboteuse de bébé, jambes et bras nus. Et l'on va assister à la fabrique des pantins en direct live. Les dix "artisans" dans leur blouse grise vont s'affairer chacun(e) de leur côté pour "fabriquer" dix pantins avec leurs ficelles de marionnette. Etrange moment où l'on assiste à la naissance de ces jeunes corps qui deviennent d'étranges objets inanimés tout en ayant encore apparence humaine. Les différentes étapes de cette transformation sont assez originales et quelquefois surprenantes. Une distance se crée et nous recherchons les enfants que nous avions vu arriver sous cette transformation.  

Pinochchio (Live) #2 - Alice Laloy - Photo: Paulina Pisarek


Une nouvelle procession - présentation de ces créatures amène leur installation en rond sur les chaises au centre de la scène. S'ensuit une magnifique séance de "lâcher-prise" où l'on admire la parfaite maîtrise de leur corps de ces jeunes interprètes qui glissent de leurs chaises et s'affalent inanimés à terre. Mais ils ne tardent pas à tenter de revivre par soubresauts et jaillir en l'air, dans des gestes cherchant à se tenir debout, mais sans succès. La scène est émouvante, cette volonté d'accéder à un souffle de vie. Finalement, ça y est, dans des gestes gauches, les yeux faussement ouverts, tous se redressent et expérimentent un semblant d'existence, tout d'abord chacun sans sa bulle pour finalement tenter la relation et se retrouver dans une énergie de groupe.... Et retrouver chacun leur créateur qui les délivre de ce simulacre de conte de fée auquel nous avons nous aussi cru...


La Fleur du Dimanche 


PINOCCHIO (LIVE) #2

Dans le cadre des Giboulées de la Marionnette du TJP - Centre Dramatique National

Au Palais des Fêtes à Strasbourg - vendredi 11 mars 18h30 - samedi 12 mars 11h00


CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE ALICE LALOY  
COMPOSITION SONORE ÉRIC RECORDIER 
CHORÉGRAPHIE CÉCILE LALOY, ASSISTÉE DE CLAIRE HURPEAU  
CONSEIL ET REGARD CONTORSION LISE PAUTON ET LUCILLE CHALOPIN 
SCÉNOGRAPHIE JANE JOYET 
COSTUMES ORIA STEENKISTE, CATHY LAUNOIS ET MAYA-LUNE THIEBLEMONT 
ACCESSOIRES BENJAMIN HAUTIN, MAYA-LUNE THIEBLEMONT ET ANTONIN BOUVRET 
RÉGIE GÉNÉRALE ET LUMIÈRE  JULIENNE ROCHEREAU 
RÉGIE SON LUCAS CHASSERE 
AVEC LES ENFANTS-DANSEUR·EUSE·S DU CENTRE CHORÉGRAPHIQUE DE STRASBOURG ET LES ÉTUDIANT·E·S COMÉDIEN·NE·S DU CONSERVATOIRE DE COLMAR 
ACCOMPAGNÉ·E·S PAR LES PERCUSSIONNISTES NORAH DURIEUX ET ELLIOTT SAUVION LALOY 
PRODUCTION, ADMINISTRATION, COORDINATION ET COMMUNICATION SOTIRA DHIMA, THOMAS CLÉDÉ, JOANNA COCHET ET ROMANE BRICARD

mercredi 19 janvier 2022

Bouger les lignes - La Compagnie de l'Oiseau-Mouche et Trois-6ix-trente au TJP: Vous êtes au bon endroit, le saviez-vous?

 Pour connaître le dessous des cartes vous pouvez faire des études de géopolitique ou de géographie, ou de sciences politiques. Vous pouvez aussi faire des études d'histoire. Mais vous pouvez tout simplement aller au théâtre, au TJP et laisser la Compagnie de l'Oiseau-Mouche et Trois-6ix-trente avec Bérangère Vantusso vous faire comprendre d'une manière claire et limpide - alors que cela n'était pas évident à première vue - ce qu'est une carte ou plutôt quelles sont les différentes sortes de cartes et à quels  objectifs elles répondent.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox


Le spectacle "Bouger les lignes, histoire de cartes" va vous promener dans une compréhension limpide de cet outil en vous remettant à votre place (de spectateur(trice) tout en vous distrayant. Le texte et la dramaturgie de Nicolas Doutey totalement intégré par Caroline Leman, Mathieu Breuvart, Florian Spiry et Nicolas van Brabant (classés par taille croissante), comédiens professionnels et en situation de handicap mental nous font alternativement rire, sourire, apprendre, comprendre, nous rendre compte de choses auxquelles nous ne pensions pas et nous démontrent, d'une manière claire comme de l'eau de source à la fois les principes de la cartographie, de la météorologie, de la perspective, des mathématiques, du théâtre, de la philosophie et de la prospective.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox

Ils nous rendent conscient de l'ici et de l'ailleurs, des concepts de précision et de l'à-peu-près, de la mesure et de la relativité, du jugement de valeur et de l'inclusion, de l'objectivité et de l'affrontement, de la découverte de l'autre et de la possibilité des conflits. Tout cela à travers des dialogues très réalistes et pourtant tendant vers l'absurde (Beckett n'est pas loin), truffés de discrets clins d'oeils et de gags pince-sans-rire qui nous rendent ce quatuor fort sympathique. Il y a un peu du Petit Prince en eux à vouloir nous apprivoiser, nous le public, qu'ils découvrent et intègrent dans le spectacle. A travers une progression très logique de cartes-schémas - très colorées et démonstratives de Paul Cox - qui part d'un "" dont on peut se demander où il est d'ailleurs, si ce n'est "Ici" mais où on est arrivé - et là on se demande "comment" on y est arrivé, jusqu'à un voyage dans l'espace où l'on se rend compte que tous ces outils cartographiques (les satellites) servent principalement le commerce (situer le Fast Food le plus proche), on élargit le cercle et l'horizon.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox

On élargit en même temps le concept de l'évolution - de trouver le chemin à cartographier le trajet - du lieu au lien pour arriver à la frontière - forcément arbitraire - et même au mur - de séparation, questionnant la propriété et la liberté. De petites notations, des remarques qui font prendre conscience de nos présupposés, nos préjugés, nous valeurs et les mettent en question. Et tout cela dans une simplicité et une fausse naïveté qui nous amuse et nous réjouit. Et nous en félicitons les protagonistes qui nous y ont amenés sans nous perdre.


La Fleur du Dimanche   


BOUGER LES LIGNES - HISTOIRE DE CARTES

L’OISEAU MOUCHE & TROIS-6IX-TRENTE

Au TJP - Centre Dramatique National - Strasbourg

du 19 au 21 janvier 2022


MISE EN SCÈNE BÉRANGÈRE VANTUSSO 

MISE EN PEINTURE PAUL COX  

ÉCRITURE ET DRAMATURGIE NICOLAS DOUTEY

INTERPRÈTES DE LA COMPAGNIE DE L’OISEAU-MOUCHE MATHIEU BREUVART, CAROLINE LEMAN, FLORIAN SPIRY, NICOLAS VAN BRABANDT 

COLLABORATION ARTISTIQUE PHILIPPE RODRIGUEZ-JORDA 

SCÉNOGRAPHIE CERISE GUYON 

CRÉATION LUMIÈRES ANNE VAGLIO 

CRÉATION SONORE GÉRALDINE FOUCAULT 

CRÉATION COSTUMES SARA BARTESAGHI GALLO ASSISTÉE DE SIMONA GRASSANO 

DIRECTION TECHNIQUE GREG LETENEUR

mardi 28 septembre 2021

Trust me tomorrow du collectif norvégien Verdensteatret à Musica: Ne pas en croire ses yeux

Il y a une semaine, je saluais, à l'occasion du concert Deaf, not Mute l'ouverture du  Festival Musica pour des expressions inhabituelles, en particulier la musique pour personnes malentendantes. Le concert Trust me tomorrow de Verdensteatret présenté avec et au Maillon, avec la collaboration du TJP - Centre Dramatique National - cette fois-ci explore si l'on peut dire l'aspect "malvoyant" de l'expression artistique. Le collectif norvégien qui travaille depuis de nombreuses années - il a été fondé en 1986 à Oslo - et qui explore les interactions entre artistes de différents domaines (poètes, peintres, vidéastes, musiciens, informaticiens...), proposent avec cette pièce une exploration du monde des cavernes et de l'obscurité. 

Musica - Maillon - TJP CDN - Trust me tomorrow - Verdensteatret - Photo: lfdd

Le plateau est souvent plongé dans un noir absolu. A un moment, un projecteur de cinéma semble projeter des images sur le fond de scène, mais quand la pellicule est arrivé au bout, les images continuent en s'élargissant. Ces images, très belles et irréelles alternent avec des moments d'obscurité habités de sons, dès le début, sons indéfinis, dont nous n'arrivons pas à définir l'exacte provenance, certaines fois oscillant entre beuglement de vaches ou bêlement de brebis, chant de cigale et de grillons, crissements d'insectes ou craquements, grattements et petites percussions, frottements, grésillements, cliquetis, bruit de pluie, pépiements et chants d'oiseaux sans compter les sons d'instruments que nous imaginons: cor, trobone, trompette,...

Musica - Maillon - TJP CDN - Trust me tomorrow - Verdensteatret - Photo: lfdd

L'obscurité nous rends attentifs à cette diversité et cette profondeur sonore, de temps en temps le son "tourne", de temps en temps nos voyons une ombre - quelquefois soudainement éclairé jouant d'un instrument, ou semblant être la source d'un bruit. Les flashes de lumière, violents nous laissent un écho lumineux qui nous aveugle et nous remet dans le noir. Deux paires de mains semblent par imposition guider une lampe rampant sur le sol, des plumes sautent sur des tambours blancs, des grottes minuscules traversent les airs. 

Musica - Maillon - TJP CDN - Trust me tomorrow - Verdensteatret - Photo: lfdd

Et, vers la fin, après une séquence vidéo où une dune se métamorphose au rythme de la musique qui la creuse dans sa matérialité, apparaissent dans un clair-obscur des musiciens jouant d'instruments étranges et qui, pour clore le spectacle, donnent une dernière aubade avec des instruments blancs comme des os, émettant de flashes éblouissants. Une bien surprenant manière de nous rendre attentif aux sons qui nous entourent, qu'ils soient familiers ou inhabituels.


La Fleur du Dimanche

samedi 25 septembre 2021

Musica au Fossé des Treize: La Cosmologie fécale du wombat: Tour de Pis(t)e ou de Babel

 Je vous avais annoncé que le Festival Musica avait décidé de se décaler, le spectacle de ce samedi au Fossé des Treize intitulé La Cosmologie fécale du wombat* a réussi à être sans musique du tout.

Musica - TJP - Jazz d'Or - La Cosmologie fécale du wombat - Vinciane Despret - Photo: lfdd


Nous avons nagé en pleine uchronie avec une conférence scientifique censée se passer à la fin du XXIème siècle. C'est le directeur de Musica lui-même qui l'a annoncé en inaugurant un colloque se tenant dans les années 2080...  Et cela traitait de... Enfin cela traitait à la fois d'éthologie, de biologie, de sociologie, de psychologie, de botanique et de science des religions... animales! En fait cela traitait surtout de thérolinguistique - la science de l' "écrit" des animaux", d'écologie, de poésie et d'humour. L'objectif étant à la fois de décaler notre regard sur notre environnement, de mettre en cause notre position que nous croyons dominante en terme d'intelligence, de savoir et de sociabilisassion et d'essayer de prendre conscience que nous ne sommes qu'un rouage infime dans l'ordre du Monde, dans notre ère que nous appelons très injustement "anthropocène" en nous disant que tout cela est grâce à nous et à notre progrès.

Musica - TJP - Jazz d'Or - La Cosmologie fécale du wombat - Vinciane Despret - Photo: lfdd


Cette conférence nous prouve que, si nous posions les bonnes questions aux animaux, nous nous rendrions compte que les réponses ne sont pas si évidentes et qui si nous savions observer les - bons - faits, nous nous rendrions compte que, peut-être ce que nous appelons l'intelligence humaine a encore beaucoup à apprendre du règne dit "animal". Vinciane Despret, la philosophe belge qui prend ces questions à rebours, nous prouve, dans cette présentation structurée à la fois comme un roman policier et comme un grand poème pataphysique, que nous nous trompons en gratifiant les chimpanzés et autres primates qui nous singent ou les poulpes et les dauphins que nous sommes à mille lieux de comprendre toute la profondeur mystique de certaines "civilisations" animales, de même que le ciment d'entraide social qu'ils développent en se basant sur un mammifère marsupial d'Australie, le wombat, que nous commençons à peine à découvrir et qui produit par exemple des crottes carrées empilables. 

Musica - TJP - Jazz d'Or - La Cosmologie fécale du wombat - Vinciane Despret - Photo: lfdd

Cependant, cette démarche ontologique vis-à-vis du monde animal (au moins) est auto-dynamité de l'intérieur par son propre raisonnement et les interventions d'un universitaire (Alexis Zimmer) citant les philosophes grecs. Si cela ne suffisait pas, les trois protagonistes qui partagent la table de conférence, le couple Simona Denicolai et Ivo Provost, s'évertuant tout au long de la conférence à découper en cubes des légumes et les assembler en de mini tours de Babel dont on découvrira la version géante à la fin, et François Génot dont on connait le travail artistique et de dessin qui reste, de son côté tout aussi muet et dont la surprise finale est encore plus intéressante. 

Musica - TJP - Jazz d'Or - La Cosmologie fécale du wombat - Vinciane Despret - Photo: lfdd

C'est vrai que l'on aurait pu, dans un sorte de conférence "projetée" pu assister à l'illustration des thèses développées par la conférencière, mais l'aboutissement de la conférence n'en est que plus gratifiante et valorisée. Une performance en somme qui nous fait prendre des chemins de traverses pour notre plus grand bonheur.


La Fleur du Dimanche


Il faut rappeler que La Cosmologie fécale du wombat fait l'ouverture de saison du TJP - Centre Dramatique National et qu'il est co-présentés avec Musica, le Maillon et Jazz d'Or

mercredi 23 juin 2021

Terairofeu au TJP pour les Narrations du Futur: Ce n'est pas que du vent, il y a aussi la poésie de l'air et du feu...et de l'eau et de la Terre

Suite du Temps Fort des Narrations du Futur au TJP - Centre dramatique National à Strasbourg avec le spectacle de La Belle Meunière de Pierre Meunier et Marguerite Bordat Terairofeu.

TJP Strasbourg - Terairofeu - La belle Meunière - Louison Alix - Photo: Marguerite Bordat

On n'y brasse pas que du vent, même si le vent, dans nos têtes et dans celle des jeunes têtes blondes sont à l'unisson avec les deux jeunes artistes Louison Alix et Simon Anglès qui sont sur un plateau recouvert d'une bâche plastique et entourés de petits banc. Le spectacle joue sur la proximité et le vent souffle un air de fête, que ce soit avec des sacs en plastique ou des canons à fumée qui font des ronds et illuminent le ciel. On sent une volonté de récupération écologique, dynamique et inventive et les grosses poubelles noires vont rythmer de différentes manière la narration: Chambre d'écho fabuleuse, arbres, colonnes doriques, boites à sons ou à lumière, réserve de boyaux ou d'instruments de musique, gouffres et supports, refuges et boite de résonnance, élevage de pois sauteurs sous les vibrations ultra-basses, foyer intime ou source de reflets qui vont faire voler les oiseaux de mer pour clore le spectacle. 

TJP Strasbourg - Teraireofeu - La belle Meunière - Simon Anglès - Photo: Marguerite Bordat

La mer qui l'avait ouvert en vagues ondulantes ou même dressées et inquiétantes. De même, le couvercle de ces poubelles sera un parapluie d'où ruissellent des flots argentés enveloppant la jeune fille et la transformant en sirène. Sirène qui devient sorcière et taquine le public. La pièce invente un monde de poésie à partir de peu, poésie des objets, poésie des mots-valises qui affublent les personnages de noms de princesses, ducs et duchesses surréalistes et qui se transforment au gré d'accessoires de fortune. Tout un imaginaire, de rêverie simple en partant des quatre éléments primaires, et l'on s'y laisse bercer.

TJP Strasbourg - Terairofeu - La belle Meunière - Photo: Marguerite Bordat

La Fleur du Dimanche.

TERAIROFEU

Au TJP - Du 20 au 23 juin 2021 dans le cadre du Temps fort" "Les Narrations du Futur", présenté par le Maillon et le TJP - Centre Dramatique National - Grand Est


CONCEPTION, MISE EN SCENE MARGUERITE BORDAT ET PIERRE MEUNIER 

TEXTE PIERRE MEUNIER 

JEU LOUISON ALIX, SIMON ANGLES, JEFF PERLICIUS 

LUMIERE HERVE FRICHET 

SON HANS KUNZE 

REGIE GENERALE, CONSTRUCTION JEFF PERLICIUS

dimanche 20 juin 2021

Farm Fatale: c'est la fin des épouvantails

Pour Farm Fatale, Philippe Quesne formé aux arts plastiques et scénographe donne le "la" dès l'entrée de la salle. Son univers est visuellement orienté vers le monde paysan... Des bottes de paille jonchent la scène et des sacs en toile de jute sont suspendus sur le côté. Un panneau "Umleitung" (déviation) nous rend attentif à un possible détournement, détournement que nous avons déjà soupçonné dans le titre où nous cherchons la femme du côté d'Andy Warhol et de Nico du Velvet Underground. 

Mais le "la" sera aussi le chant (ou la "parole") des oiseaux que de curieux épouvantails - mi-clown, mi-musiciens, mi-philosophes enregistrent avec une fourche-micro et envoient sur les ondes d'une radio "écolo-révolutionnaire" dans le but de diffuser le silence et de donner la parole aux animaux, oiseaux, insectes et autres engeances. Cette bande de quatre épouvantails dans le vent, portant masques et perruques vont nous divertir de quelques reprises "low cost" de tubes (dont "Stand by me" et "Being Green") sur des instruments de fortune (dont un "cochon-piano") et faire du "Kammerspiel" en déconstruisant la réalisation de "Hörspiel" (pièce radiophonique). 

Farm Fatale - Philippe Quesne - Vivarium Studio - Le Maillon Strasbourg


Car cette pièce a été créée - et est jouée au Münchner Kammerspiel - et de ce fait cette pièce est hautement internationale, déjà franco-allemande par la présence de "Pécuchet", dit "Pec" l'épouvantail français qui débarque dans cette troupe et le mélange des langues (Allemand, anglais et même suisse-allemand pour l'interview d'une abeille ("To bee or not to bee") qui ne parle qu'en présence de son traducteur - et encore. L'humour décapant - ou déconcertant est de mise, l'absurde ou la contradiction ne sont pas loin, les personnages font penser au théâtre de Kantor ou aux Hillbillies, ces bouseux de l'Arizona. 

Farm Fatale - Philippe Quesne - Vivarium Studio - Le Maillon Strasbourg


Mais ce sont de vrais épouvantails qui ont tout perdu leur boulot ou leur statut, qui se retrouvent au chômage (leur "paysan" s'étant soit suicidé soit fait déposséder de leur terre, soit ruiner par l'exploitation et les contraintes économiques et qui ont chevillé au corps le besoin de se défendre, se révolter ou même se venger face aux paysans industriels. Ils propagent ainsi une philosophie "verte" et engagée (surtout le Français qui pourrait bien vêtir un gilet jaune sur ses frusques). Et cette petite tribu en arrive à se poser la question de leur rôle, à savoir de "scarecrow" (effrayeur de corbeau = épouvantail) devenir "carecrow" (soigneur de corbeau) pour sauver la terre (nourricière) des méfaits de pesticides, insecticides, fongicides et autres causes d'homicides ou de maladies. Quelques moment de poésie surgissent également de temps en temps et le propos est souvent juste, même si on aimerait que le sillon soit un peu plus creusé et la pensée un peu moins brouillonne, moins collage. Mais nous sommes dans un univers à part, dans un autre monde et les règles ne sont pas les mêmes, ni la logique.

Je vous offre le "Teaser" du spectacle:



La Fleur du Dimanche


Farm Fatale

Au Maillon le 19 et 20 juin 2021 dans le cadre du "Temps fort" "Les Narrations du Futur", présenté par le Maillon et le TJP - Centre Dramatique National - Grand Est

Créé et interprété par : Raphael Clamer, Léo Gobin, Nuno Lucas (rôle créé par Damian Regbetz), Julia Riedler, Gaëtan Vourc'h

Conception, scénographie, mise en scène : Philippe Quesne

Collaboration scénographique : Nicole Marianna Wytyczak

Collaboration costumes : Nora Stocker

Masques : Brigitte Frank

Création lumière : Pit Schultheiss

Création son : Robert Göing, Anthony Hughes

Assistants mise en scène (création) : Jonny-Bix Bongers, Dennis Metaxas

Assistant mise en scène (en tournée) : François-Xavier Rouyer

Dramaturgie : Martin Valdés-Stauber, Camille Louis

Traduction surtitrage : Harold Manning

Régie générale : Loïc Even

Régie lumière : Fabien Bossard

Régie son : Félix Perdreau

Production de la création : Münchner Kammerspiele

Production tournée : Vivarium Studio

Spectacle créé le : 29 mars 2019 pour le répertoire des Münchner Kammerspiele

vendredi 26 avril 2019

Ça Dada: Retrouver son âme d'enfant à Dada

Il y a trois ans c'était le centième anniversaire de Dada, mais il n'y a pas de raison de ne pas continuer à fêter l'esprit débridé d'Arp, de Tauber, de Tzara et d'Eming et de Ball.

Pour ouvrir le bal de "Ça Dada", spectacle-hommage à cet esprit frondeur qui a traversé le XXème siècle, Alice Laloy et ses complices musiciens, comédiens-chanteurs-danseurs nous accueillent en rythme et en musique, dans une danse déclamative qui fait penser à une manifestation de gilets jaunes dans cette salle du Théâtre de Hautepierre qui a vu passer le cirque.
Le spectacle présenté conjointement par le Maillon et le TJP CDN s'adresse à un public jeune* mais les adultes qui veulent garder leur âme d'enfant sont vivement invités à participer à la fête débridée que nous propose cette belle équipe.
On va de surprises en surprise en gardant la philosophie du Cabaret Voltaire entre poésie, déclamation, déconstruction, chansons et danses enjouées.


Ça Dada - Alice Laloy - Photo: Elisabeth Carecchio


Le spectacle ne manque ni de rythme, ni de dynamique et au fur et à mesure des différents "chapitres" ("Le Hasard", "la Guerre", "le Musées",...) qui sont autant d'espaces qui s'ouvrent et de propositions innovantes autant en terme de situations comiques ou surréalistes que d'inventions scéniques ou sonores faites de bric et de broc, nous partons d'un monde et d'événements "vécus" qui se disloquent en même temps que l'espace se creuse et devient mou.
Quelques scène difficilement supportables comme l'opération du cerveau d'un mannequin (je rigole...) sont contrebalancées par les interventions des spectateurs invités à intervenir sur le hasard ou dans une joute poétique Dada où l'on apprend que Dana est né dans une grotte (?!).


Ça Dada - Alice Laloy - Photo: Elisabeth Carecchio


La scénographie de Jane Joyet est inventive, la dramaturgie d'Emmanuelle Destremau nous tien en haleine avec les trois interprètes Stéphanie Farison, Marion Verstraeten et Eric Caruso qui font des pieds et des mains (et quelquefois de plusieurs paires de pieds et de mains et nous proposent textes d'origine, adaptations d'Alice Laloy et traduction de certains textes Dada en langue française et langage enfant, et s'activent en musique et bruitages en complément des musiciens.


Le spectacle entre éclats (explosions) de couleurs, partitions bruitistes et danses endiablées amène un souffle frais et vivifiant qui aère nos pensées et nous fais rire et sourire de bonne grâce pour le bonheur de tous.
Et bien sûr, il y a bien un cheval dans le spectacle !

Ça Dada - Alice Laloy - Photo: lfdd


Teaser ÇA DADA de Alice Laloy from théâtre amstramgram


La Fleur de Dimanche

Ça Dada

* représentations scolaires jeudi 25 (14h15, vendredi 26, lundi 29 et mardi 30 avril à 10h00
Représentation du 26 avril 20h00 
Autres représentations Dimanche 28 avril 10h00 et 17h00  

Écriture et mise en scène : Alice Laloy
Dramaturgie et collaboration à l’écriture : Emmanuelle Destremau
Musique : Éric Recordier
Scénographie : Jane Joyet
Lumière : Rémi Furrer
Costumes : Marion Schmid
Chorégraphie : Cécile Laloy
Accessoires : Benjamin Hautin, Alice Laloy, Anaïs Guenot
Conception et construction machinerie : Davide Cornil, François-Xavier Thien
Construction du décor : Ateliers de la Ville de Genève
Régie générale et lumière : Julienne Rochereau
Régie son : Alice Morillon
Régie plateau : Léonard Martin
Régie plateau et accessoires : Benjamin Hautin
Administration de production et de tournée : Sotira Dhima
Distribution : Éric Caruso, Stéphanie Farison, Marion Verstraeten
Voix : Valérie Schwarcz
Production : Théâtre Am Stram Gram
Coproduction : La Compagnie S’Appelle Reviens en conventionnement avec la DRAC Grand Est et avec le soutien du Nouveau Théâtre de Montreuil, Centre dramatique national et la Région Grand Est pour l’aide à la reprise et la diffusion

Le texte Ça Dada est : lauréat de la commission nationale d’Aide à la création de textes dramatiques – ARTCENA