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jeudi 25 juin 2026

Vision d'Eric Minh Cuong Castaing au Festival Montpellier Danse: l'expérience de la rencontre, des recontres

 Par opposition au titre, la feuille de salle du spectacle Vision insiste sur le verbe écouter - auscultare. Et cette sorte de chiasme est assez représentative de ce qui nous attend pour cette "pièce" si l'on ose l'appeler ainsi, d'Eric Minh Cuong Castaing, artiste associé au Festival Montpellier Danse, et son équipe, Aloun Marchal, chorégraphe, performeur et Marine Relinger, cinéaste et dramaturge. De ce trio nous avions pu voir l'année dernière Forme(s) de vie qui grâce un film et une expérience très concrète en immersion nous faisait prendre conscience de la situation de personnes diminuées physiquement dans une démarche très concrète et sensible.  

Pour Vision, curieusement, l'oreille étant le remplaçant, bien pauvre, de l'oeil s'il vient à défaillir - bien que, pour une personne qui a encore la capacité de voir, il est très difficile de se l'imaginer ou de simuler le fait de ne pas voir (même en fermant les yeux - je ne sais pas si vous avez déjà tenté l'expérience), le challenge que s'est fixé l'équipe de production avec les quatre interprètes est presque un pari perdu d'avance. Ne maîtrisant pas la perception (ou l'essai de faire abstraction du sens de la vision pour être en situation transposée , sinon au moins en empathie avec les "performeurs" et "performeuses" nous ne pouvons qu'écouter nos sensations et imaginer leur situation et leur environnement sensible.


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Suivant les consignes qu'ils nous transmettent, nous essayons tant bien que mal de réduire notre utilisation de la vision et d'imaginer un monde sonore sur lequel on nous fait des "gros plans sonores" (agrémenté d'anecdotes sur l'acoustique) ainsi que de plongées dans un univers de présences physiques dont nous nous interrogeons sur les limites plus ou moins contraintes: Pour ces quatre interprètes, quel est leur degré de capacité à voir et à être à l'aise avec l'espace? N'ayant qu'une information parcellaire - les spectateurs répartis dans quatre groupes n'auront qu'une "vue" partielle de cela, par exemple ceux qui sont dans le groupe de La Flâme connaitront son appétence pour la musique, surtout "métal" et les portes qui grincent (non pas pour Pierre Henri et ses Variations pour une porte et un soupir) et nous imaginons Nathalie Millon est plutôt dans le domaine du chant. Emmanuel Coutris est très très sensible à tout ce qu'il ne voit pas et il est capable de l'imaginer et de le décrire (son choix de la personne qu'il décrit à un moment, dont on imagine qu'il la choisit vraiment par hasard est assez bluffant), de même la précédente intervention sur le "point acoustique" et la "confession des lépreux" tient du miracle. Et bien sûr, si on ne connait pas Saïd Gharbi, sa perception et son occupation de l'espace est totalement extraordinaire. 


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Tous ces épisodes, faussaient un peu la vision globale de ce sujet de réflexion et nous emmenaient plutôt vers un mirage brouillé un peu superficiel. Et la tentative d'auscultation des vibration de la clavicule du voisin ou de la voisine sous l'effet du chant était peut-être la porte d'entrée la plus proche pour creuser et en même temps nous rendre attentif à nous-même et à notre relations à l'autre, en terme à la fois d'intimité et de consentement - question que l'on a pu expérimenter en direct dans le feu de l'action (que suis-je en train de faire ?). 


Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker

Vision - Eric Minh Cuong Castaing - Festival Montpellier Danse - Photo: Robert Becker


Et pour s'examiner un peu plus attentivement et procéder à un examen de conscience, s'analyser vis-à-vis de la vision, il y a encore des champs de la vision à ausculter. La pièce appelle un examen plus approfondi.


La Fleur du Dimanche



Montpellier - 25 et 26 juin 2026 

Conception : Eric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal, Marine Relinger
Performeureuses : Emmanuel Coutris, Saïd Gharbi, Nathalie Milon, La Flâme
Chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal
Dramaturgie : Marine Relinger
Création lumière : Sébastien Lefevre
Scénographie : Pia de Compiègne
Costume : Silvia Romanelli
Artiste sonore invitée : Anna Holveck
Accompagnant d’artistes : Théo Di Fusco
Costumes avec le regard des performeureuses : Silvia Romanelli

Une production Shōnen – Eric Minh Cuong Castaing
Directrice des productions et administration : Maxime Kottmann
Chargée de production : Carla Alberny
Chargée de communication et assistante de production : Dana Galindo
Durée : 1h

Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora

lundi 23 juin 2025

Au Festival Montpellier Danse, Eric Minh Cuong Castaing présente Forme(s) de vie : Le corps augmenté... par l'humain

 S'il fallait trouver un mot qui puisse qualifier le spectacle Forme(s) de vies d'Eric Minh Cuong Castain, ce serait assurément "collaboration", dans tous les sens du terme, surtout en proximité et en fidélité. Déjà, au départ, pour ce projet chorégraphique que l'on va nommer ainsi parce que c'est aussi le but, qualifier ainsi ce travail , ce spectacle, cette performance de chorégraphie, c'est justement donner la vraie valeur au résultat de de cet acte d'inclusion, d'intégration: donner corps - et mouvement - à celles et ceux à qui on le donne que trop peu. 


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - (c) Shonen


Au départ donc ce n'est pas un travail solitaire, c'est une collaboration entre Eric et Aloun Marchal et Marine Relinger. Cette collaboration a débuté il y a longtemps et avait abouti à L'Age d'Or (2018), une performance et un film avec des enfants atteints de trouble moteur. Aloun Marchal lui-même étant co-chorégraphe avait créé en Suède SPINN, la première compagnie de danse inclusive à partir des années 2012. A côté d'eux, Marine Relinger, dramaturge et cinéaste, venue de la philosophie et du journalisme apporte son regard via le média vidéo - elle a d'ailleurs fait un film portrait Un corps à soi (2025) sur l'interprète danseuse Elise Argaud, l'une des deux interprètes en perte de mobilité. Le deuxième étant Kamel Messalleka. C'est d'ailleurs sur des images de lui en plan rapproché, retrouvant les gestes de son ancien métier de boxeur que démarre le spectacle, laissant le spectateur dans une forme d'interrogation sur ses capacités physiques. 


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - Photo: Laurent Philippe


Mais après nous être fait symboliquement assommer par lui sur l'écran, nous le voyons arriver en vrai, et toujours en boxeur, partant du côté de l'écran et nous offrant son corps, limité dans ses jambes, dans son souffle mais non dans sa volonté, heureusement - et fortement soutenu par deux danseurs, Nans Pierson et Aloun Marchal. L'énergie de Kamel grandit au fur et à mesure de la pièce et des "Gauche - Droite - Gauche - Droite..." assénés et soufflés. Même si le souffle s'épuise parfois. Mais pas la volonté. Ni surtout la proximité, car les trois interprètes prennent littéralement un "bain de foule" heureux et chaleureux.


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - Photo: Laurent Philippe


Le versant féminin de ce travail d'approche, avec Elise Argaud, se fait en contrepoint, dans une belle et sensible lenteur qui, à l'opposé nous rend attentif à la fragilité de la position debout et à la maîtrise des gestes, où l'on devine des efforts immenses de concentration et de coordination, avec l'aide ici principalement de Yumiko Funaya, toute en attention et en guidance. Cette proximité et cette rencontre avec ces deux corps qui nous deviennent familiers, qui vivent leur vie propre et arrivent quelquefois à s'affranchir des prothèses humaines nous amènent à basculer notre vision, notre attention, notre écoute et notre ap-préhension des corps - qui ne répondent pas aux critères que notre société bardée de règles, de normes, de standards et de prescription - vers une nouvelle approche sensible des êtres et de leurs corps. Jusqu'à prendre plaisir et joie dans le jeu et le balancement, quand Elise et son partenaire se mettent à danser, virevolter et s'envoler, en se moquant de la gravité et de la gravitation.


Montpellier Danse - Eric Minh Cuong Castaing - Forme(s) de vie - (c) Shonen


C'est aussi en quelque sorte l'expérience "vécue" dans le dernier extrait de film où le corps d'une autre femme expérimente avec bonheur - presque jusqu'à l'extase - dans une symbolique montée au ciel ("une dernière fois") qui pourrait nous faire croire au surpassement de nos limites charnelles et physiques si les voix en commentaire (de cette belle équipe qui ose tout cela) dans le film ne tempéraient et et mettaient un frein au rêve de libération en exprimant doute et hésitation devant de ce qu'ils ont réussi à faire et du résultat de leur "performance". 

Cependant, le sourire des interprètes, en vrai sur la scène, et le bonheur qu'ils nous ont transmis pendant une heure, à nous spectateurs et de nous avoir permis d'avoir un nouveau regard, lavé de couches de présupposés, vaut bien quelques doutes, d''autant plus que ce genre d'expérience est bien rare. En espérant de tout coeur qu'elle puisse essaimer plus largement. En tout cas la graine est semée.


La Fleur du Dimanche   


Forme(s) de vies


Montpellier - le 23 et 24 juin 2025


Distribution / Production

Pièce chorégraphique d’Eric Minh Cuong Castaing en collaboration artistique avec Aloun Marchal et Marine Relinger
Avec Elise Argaud, Yumiko Funaya, Aloun Marchal, Kamel Messelleka, Nans Pierson
Et la présence à l’écran de Martial Bucher, Soizic Carbonnel, Jeanne Colin, Yoshiko Kinoshita, Eric Minh Cuong Castaing, Annie Ode et Bruno Santili
Chorégraphie : Éric Minh Cuong Castaing, Aloun Marchal
Dramaturgie : Marine Relinger
Direction technique : Virgile Capello
Scénographie : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne
Création sonore : Renaud Bajeux
Création lumière : Nils Doucet
Costumes : Silvia Romanelli
Films : Victor Zébo (image), Renaud Bajeux (création sonore), François Charrier et Samuel Poirée (son), Lucie Brux (montage), Scarlett Garson (direction de production), Samuel Tuleda (direction régie), Alexis Lambotte – Label 42 Studio (étalonnage)
Production : Compagnie Shonen
Coproduction : Festival de Marseille, Ballet National de Marseille, Pôle Arts de la Scène -Friche Belle de Mai, Prix le BAL de la Jeune Création – Adagp 2020, Vooruit Gand, Points Communs Scène nationale de Cergy Pontoise, Tanzhaus NRW Düsseldorf, Fonds Transfabrik, Carreau du Temple, Charleroi Danse, Le Vivat-Armentières, Les Ballets CdelaB, Ministère de la Culture Délégation à la Danse, C.N.C. DICRéAM, département des Bouches du Rhône – «Ensemble en Provence», Région Sud – Carte Blanche aux Artistes 2020, DRAC PACA & ARS PACA – «Culture et Santé», Fondation Porosus, Fondation Handicap et Société
Avec le soutien de ICK Dans Amsterdam
Mise à disposition de studios : Lieux Publics – CNAREP – Pôle Européen de Production – Marseille, K.L.A.P. – Maison pour la Danse – Marseille, Marseille Objectif Danse, Pôle 164 Marseille, Friche Belle de Mai
Partenariats Santé : La Maison – Gardanne, Hôpital Sainte Marguerite – Marseille, Hôpital Bretonneau – Paris

mardi 25 mars 2025

Une tentative presque comme une autre à Pôle Sud: Rencontre du deuxième type de jumeaux ou être humain est politique

 En allant voir à Pôle Sud le spectacle de Clément et Guillaume Papachristou, Une tentative presque comme une autre, nous étions prévenus, ce serait un spectacle avec des jumeaux, mais qui, à priori ne se ressemblent pas. Et pourtant, l'ensemble du spectacle tente de nous montrer les ressemblances entre ces deux frères. Bien sûr, ils sont habillés pareils, des chaussures de sport, un collant noir et un tee-shirt argenté scintillant. Mais on n'arrive pas à y croire même si on a l'impression que tout est fait pour. 


C. et G. Papachristou - Une tentative presque comme une autre - Ph.: Noémie de la Faille


Avec les deux entrées et parcours sur la scène - un petit tour et puis s'en vont - on voit bien que Clément est sur son fauteuil roulant électrique et que sa mobilité c'est cette machine qui la lui permet alors que Guillaume qui termine le travail de déroulement du tapis en fond de scène, le fait sans machine ni effort et il part avec le rouleau. Et pour compléter le tableau et définitivement casser le cliché du "L'ai-je bien descendu", ces marches que les deux frères descendent ensuite, c'est bien pour nous interroger avec anxiété s'il n'arrivera pas une catastrophe au fauteuil roulant et pour admirer la performance de Clément qui porte - retient - tout le poids de tout cela, que nous y assistons. Tout en prenant conscience des difficultés quotidiennes auxquelles les personnes en fauteuil roulant sont constamment en butte. Et c'est bien sur ces questionnements et l'empathie que peuvent susciter ces situations que le spectacle est bâti. C'est aussi, justement, lorsque descendant de son "trône" et étant confronté à la fois à la pesanteur et à la difficulté de se mouvoir qui handicape Clément que nous allons pleinement nous projeter dans les séquences de "danse" auxquelles assiste dans la foulée. C'est un vrai combat, pas celui auquel nous venons d'assister, qui est plus de l'ordre du jeu entre frères et qui les rapproche, montre leurs liens, leur proximité et les complicités, presque de l'ordre de l'amour (mais on va en parler plus tard).


Clément et Guillaume Papachristou - Une tentative presque comme une autre - Photo: Baptiste le Quiniou


Pour commencer avec le coeur - ou le corps - du sujet, ce qui se passe entre les deux corps nous emmène, nous transporte littéralement en eux, nous les fait presque "incarner". Et nous prouve aussi que ce n'est pas forcément un corps athlétique ou esthétique qui va faire passer l'émotion dans un spectacle. Cette proximité, ces mouvements dont on ne se rend même plus compte qu'ils sont bornés limités, deviennent spectacle, émotion, expression. Jusqu'à ce que l'on constate que même avec du Mozart, ils n'arrivent pas au bout du disque mais juste de l'autre côté, fatigués, assoiffés et qu'ils doivent se reposer.


Clément et Guillaume Papachristou - Une tentative presque comme une autre - Photo: Noémie de la Faille


Mais c'est aussi l'occasion de devenir proche du public, même s'il n'est pas habitué, même s'il ne comprend pas la langue - et pas seulement la langue, mais l'expression d'une personne qui souffre d'une IMC - Infirmité Motrice Cérébrale - pour laquelle il faut "installer un décodeur". Et c'est là toute la qualité de ce spectacle. Nous ne sommes pas au théâtre où nous regardons quelqu'un comme une bête curieuse. Le dispositif scénique, trifrontal nous intègre nous, spectateurs, nous inclus. La proximité nous apprivoise, un peu comme le Petit Prince et le renard. Et au fur et à mesure ce que nous dit ou raconte Clément nous rend proche de lui. Et c'est lui qui devient le maître de cérémonie, c'est lui qui oriente le jeu, c'est lui qui, par ses constatations, va porter un regard critique sur sa propre vie mais aussi sur celle de son frère "intermittent du spectacle". Avec le recul et la distance, il va nous faire constater les déplorables conditions matérielles, morales, sentimentales et sexuelles auxquelles les personnes en situations de handicap sont confrontées. Tout cela sans apitoiement ou lamentation, mais avec lucidité et humour, que nous ne pouvons que découvrir, pour quelquefois en rire, tout en nous sentant solidaire. Cette solidarité qui, nous après nous avoir presque permis de fusionner avec les deux frères dans une dernière danse qui le rapproche et les mets debout, nous amène à nous unir avec Clément dans un dernier slow où les corps se fondent.


Clément et Guillaume Papachristou - Une tentative presque comme une autre - Photo: Baptiste le Quiniou


Le spectacle interroge à la fois la gémellité et le handicap mais aussi le rapport au corps et à la différence. Le chemin que fait Clément Papachristou pour se rapprocher et renouer avec son frère Guillaume en montant ce spectacle, il le partage intelligemment avec une grande sensibilité et lucidité. Sa tentative touche autant notre coeur que notre conscience. Un spectacle qui fait grandir.


La Fleur du Dimanche 

mercredi 19 janvier 2022

Bouger les lignes - La Compagnie de l'Oiseau-Mouche et Trois-6ix-trente au TJP: Vous êtes au bon endroit, le saviez-vous?

 Pour connaître le dessous des cartes vous pouvez faire des études de géopolitique ou de géographie, ou de sciences politiques. Vous pouvez aussi faire des études d'histoire. Mais vous pouvez tout simplement aller au théâtre, au TJP et laisser la Compagnie de l'Oiseau-Mouche et Trois-6ix-trente avec Bérangère Vantusso vous faire comprendre d'une manière claire et limpide - alors que cela n'était pas évident à première vue - ce qu'est une carte ou plutôt quelles sont les différentes sortes de cartes et à quels  objectifs elles répondent.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox


Le spectacle "Bouger les lignes, histoire de cartes" va vous promener dans une compréhension limpide de cet outil en vous remettant à votre place (de spectateur(trice) tout en vous distrayant. Le texte et la dramaturgie de Nicolas Doutey totalement intégré par Caroline Leman, Mathieu Breuvart, Florian Spiry et Nicolas van Brabant (classés par taille croissante), comédiens professionnels et en situation de handicap mental nous font alternativement rire, sourire, apprendre, comprendre, nous rendre compte de choses auxquelles nous ne pensions pas et nous démontrent, d'une manière claire comme de l'eau de source à la fois les principes de la cartographie, de la météorologie, de la perspective, des mathématiques, du théâtre, de la philosophie et de la prospective.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox

Ils nous rendent conscient de l'ici et de l'ailleurs, des concepts de précision et de l'à-peu-près, de la mesure et de la relativité, du jugement de valeur et de l'inclusion, de l'objectivité et de l'affrontement, de la découverte de l'autre et de la possibilité des conflits. Tout cela à travers des dialogues très réalistes et pourtant tendant vers l'absurde (Beckett n'est pas loin), truffés de discrets clins d'oeils et de gags pince-sans-rire qui nous rendent ce quatuor fort sympathique. Il y a un peu du Petit Prince en eux à vouloir nous apprivoiser, nous le public, qu'ils découvrent et intègrent dans le spectacle. A travers une progression très logique de cartes-schémas - très colorées et démonstratives de Paul Cox - qui part d'un "" dont on peut se demander où il est d'ailleurs, si ce n'est "Ici" mais où on est arrivé - et là on se demande "comment" on y est arrivé, jusqu'à un voyage dans l'espace où l'on se rend compte que tous ces outils cartographiques (les satellites) servent principalement le commerce (situer le Fast Food le plus proche), on élargit le cercle et l'horizon.


Bouger les lignes - Histoire de Cartes - TJP Strasbourg - L'Oiseau Mouche - Photo: Camille Graule, Paul Cox

On élargit en même temps le concept de l'évolution - de trouver le chemin à cartographier le trajet - du lieu au lien pour arriver à la frontière - forcément arbitraire - et même au mur - de séparation, questionnant la propriété et la liberté. De petites notations, des remarques qui font prendre conscience de nos présupposés, nos préjugés, nous valeurs et les mettent en question. Et tout cela dans une simplicité et une fausse naïveté qui nous amuse et nous réjouit. Et nous en félicitons les protagonistes qui nous y ont amenés sans nous perdre.


La Fleur du Dimanche   


BOUGER LES LIGNES - HISTOIRE DE CARTES

L’OISEAU MOUCHE & TROIS-6IX-TRENTE

Au TJP - Centre Dramatique National - Strasbourg

du 19 au 21 janvier 2022


MISE EN SCÈNE BÉRANGÈRE VANTUSSO 

MISE EN PEINTURE PAUL COX  

ÉCRITURE ET DRAMATURGIE NICOLAS DOUTEY

INTERPRÈTES DE LA COMPAGNIE DE L’OISEAU-MOUCHE MATHIEU BREUVART, CAROLINE LEMAN, FLORIAN SPIRY, NICOLAS VAN BRABANDT 

COLLABORATION ARTISTIQUE PHILIPPE RODRIGUEZ-JORDA 

SCÉNOGRAPHIE CERISE GUYON 

CRÉATION LUMIÈRES ANNE VAGLIO 

CRÉATION SONORE GÉRALDINE FOUCAULT 

CRÉATION COSTUMES SARA BARTESAGHI GALLO ASSISTÉE DE SIMONA GRASSANO 

DIRECTION TECHNIQUE GREG LETENEUR