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jeudi 12 mars 2026

Métropole de Volmir Cordeiro au TJP: Chasser le brouillard de la ville

 Créée au sortir de la crise sanitaire en 2021, Métropole de Volmir Cordeiro présenté au TJP - CDN est une pièce où l'énergie a besoin d'exploser. Au départ, un batteur sur son ring au centre de la scène se lance dans un solo qui ne n'achèvera qu'après que le danseur-chorégraphe aura quitté la salle. Magnifique performance de Philippe Foch qui maintient la tension qui court tout au long du spectacle, même si, au niveau de la danse il y a une trajectoire vers plus de générosité et d'empathie. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Sur la scène plongée dans le noir et couverte d'une lourde nappe de nuage de fumigène, des poteaux de guidage enferment la scène d'une barrière identique à celle qui ceinture le podium du batteur. Une silhouette sombre sous sa capuche pointue, à peine discernable, fait le tour de cet enclos, en des aller-retours furtifs, rapides et nerveux, intermittents. Ce courant d'air humain, conjugué à de larges battements des bras - l'envergure du danseur est impressionnante - dissipe peu à peu cette chape tandis que la lumière monte progressivement, laissant transparaître des éclats de rouge sous le noir du manteau. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Les frappes du tambour font des éclats répétés et scintillants, tandis que les allées et venues du danseur, ses apparitions et disparitions se font plus régulières. Alors que le batteur frappe sa batterie en sourdine, la silhouette se distingue de plus en plus, et on découvre ses longs cheveux, on devine un masque, on entr'aperçoit une jambe d'un rouge éclatant. Puis ce sombre personnage, caché derrière une sorte de tour sur laquelle sont disposés des journaux, psalmodie des termes accusateurs en français et en brésilien (affreux, minable, menteur, misérable,...). Il commence à faire sauter les barrières et manipule la foule, fait se lever les spectateurs, les fait applaudir. Le danseur ôte le manteau, enlève son masque, sa danse se fait plus enjôleuse, festive, carnavalesque.


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Ses gestes se font moins sauvages, plus graciles. Il déploie ses bras, allonge ses grandes jambes, adopte une démarche souple et féline. Le batteur, maintenant pleinement éclairé avec son habit scintillant dans la lumière, fend l'air d'un balai, et le souffle du vent marque une pause relaxante dans cette agitation moléculaire. Les spectateurs - "citoyens" se font héler, solliciter, supplier par le personnage qui s'est presque mis à nu dans son habit rouge-violet. La danse devient parade séductrice, mouvements charmeurs et ensorcelants. Mais l'essai de mise en place d'un pacte via la promesse d'une fleur débouche sur le déplacement de l'arène vers un ailleurs inconnu. Seul le batteur maintient la tension de ses frappes jusqu'à ce qu'une chanson nostalgique, tel un générique de film, signe la fin de la partie. 


Métropole - Volmir Cordeiro - Photo: Marc Chesneau

Dans ce formidable duo débordant d'énergie, Volmir Cordeiro nous offre l'impressionnante métamorphose d'un sinistre personnage en un séducteur gracile. Sa performance lumineuse et pleine de fougue, tenue à bras le corps sur la durée; est époustouflante. Et son agilité ajoutée à sa gestuelle majestueuse nous ont subjugué durant tout le processus de cette transformation.


La Fleur du Dimanche 


Métropole


Au TJP - Grande scène - du 12 au 14 mars 2026

Au TJP Steven Cohen nous transmet son énergie, sa révolte et sa toute sa vie

 Il est des moments rares que l'on ne revivra jamais. La venue de Steven Cohen au TJP - CDN avec sa pièce People will people you est l'un de ces évènements dont on ne peut que se souvenir pendant longtemps. L'artiste sud-africain, maintenant installé en France qui a réalisé ses performances engagées et ses spectacles dans des villes et des festival dans le monde entier, était déjà venu à quelques reprises à Strasbourg, entre autres grâce à la Hear et Pôle Sud pour des performances fortes.


People will People You - Steven Cohen - Photo: Luke Pallett

Dans le cadre des micro Giboulées, c'est une spectacle exceptionnel qui nous attend dans la petite salle du Pont Saint Martin qui nous offre une intimité rare avec le performeur. Il apparait, juché sur ses chaussures à plateau, énormes sculptures d'au moins trente centimètres, coiffé d'une couronne également surélevée. Une chanson belle et triste chantée d'une magnifique voix féminine accompagne son entrée. Il est, comme à son habitude, habillé d'un costume superbe, dont une blouse toute en couleur et son visage est maquillé et dessiné de toute beauté. Des ailes de papillons parsèment son crâne rasé et sont posées sur son nez et font des ailes à ses oreilles. Avançant jusqu'au milieu de la scène, il enflamme les fontaines lumineuses de la couronne sur sa tête avant de s'installer sur une chaise haute, mouvante, de sa création. Après avoir troqué ses superbes croquenots sculptés pour une paire plus épurée en acier, mais pas moins haute, il nous offre en diaporama commenté et extraits vidéos son parcours de vie et nous montre sa "première performance" à six ans, quand il s'est habillé d'un tutu de danse. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Il explique sa création et son engagement personnel très critique par son histoire familiale (ses parents, des juifs européens aisés, obligés de s'exiler en Afrique du Sud, où ils deviennent les oppresseur des autochtones noirs). Mais cette présentation ne se fait pas par un exposé froid et distant, Steven Cohen ouvre très vite son coeur et sa vie et invite le public au dialogue en demandant la lumière dans la salle. Il glisse quelques jeux de mots sur sa production, liant au passage les chaussures (Shoes) avec les juifs (Jews) et précisant que sa mauvaise conscience de juif étant passé du statut d'oppressé à celui d'oppresseur dans son pays d'adoption, l'Afrique du Sud, a nourri sa réflexion et construit son statut décalé de "mâle blanc blond queer et juif" - il se définit d'ailleurs plus queer qu'homosexuel, et sa performance Chandelier (dont il passe, comme pour d'autres, les images) qu'il réalise dans un quartier de Soweto en démolition, habillé d'un chandelier allumé en tutu, montre sa manière de mettre en lumière les contradictions de notre société. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Contradictions qu'il cultive en exhibant son corps et en lui faisant subir de nombreuses violences. Mettant le doigt sur ce qui ne fonctionne pas, cultivant le choc des oppositions et des antagonismes. Ne craignant pas de choquer (même sa mère à qui il demande d'allumer un cierge magique qu'il a mis dans son derrière), coiffant son sexe d'un chausson de danse, ou dansant nu en tutu devant les bourgeois d'un restaurant qui mangent sur une terrasse - ce qui lui fait dire: "Les dominants dînent tandis que les dominés travaillent (le gardien noir qui le chasse)". Il pousse l'ironie à qualifier le policier qui l'emmène au poste lors de sa performance sous la tour Eiffel de "co-costumier, co-chorégraphe et co-auteur des textes" quand celui-ci s'interpose lors de Coq, cock (coq, bite), une performance au pied de la tour Eiffel lorsqu'il s'attache un coq à sa queue. Il y a des performances plus douloureuses comme quand il en sort avec de graves brûlures et d'autres non moins douloureuses mais plus belles lorsqu'il se couche nu, au soleil couchant, sur la tombe de sa mère. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz

 Il affirme cependant qu'il n'est pas performeur mais "artiste", et qu'il fait des sculptures - dont des créations de chaussures, une paire d'entre-elles, où il intègre deux crânes à 2.000 $ issus d'un magasin "branché" à New-York, lui permettent d'interroger la "valeur" et la moralité de l'argent, et de la vie humaine, chaussures qui lui ont inspirées des performances à Wall Street, Time Square et Ground Zero, de même que le film Money. Il rappelle d'ailleurs que l'essentiel de son travail artistique (en dehors de ses créations) se fait dans la rue, interrogeant le rapport à l'autre et à la normalité des corps et des relations sociales. Et de préciser que ce spectacle a ceci de particulier que, pour une fois, il n'est pas, d'une certain manière, dans sa "bulle" (comme il l'est totalement lors sa performance à la Hear Free Jew is Cheap at Twice the Price  (Un Juif libre vaut deux fois son prix) qui a donné iBall en 2020 après le Covid. Il avoue d'ailleurs que ce rapport frontal avec les spectateurs de ce soir l'intimide particulièrement et il nous dit "Si vous êtes mal à l'aise, c'est aussi le cas pour moi". 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Iona Dutz


Mais sa bienveillance et aussi celle de la salle, ainsi que les échanges libres et sans interdit avec le public et les questions venant de la salle auxquelles il répond de manière très modeste et simple, mais forte, dénouent cette ambiance et construisent une belle complicité. Une complicité qu'il creuse jusqu'à transporter sa loge sur scène. Et ainsi il nous faire participer à son "démaquillage", acte intime de mise à nu qui est aussi une action de création artistique. Il décolle littéralement son maquillage en une quinzaines de bandes qu'il assemble dans un tableau qui représente à la fois la fragilité et l'éphémère singularité du moment que nous venons de vivre avec lui. Ce temps qu'il semble apprécier puisqu'après une dernière vidéo, il repart dans un nouvel échange et nous dit finalement adieu avec une émotion bien visible. 


People will People You - Steven Cohen - Photo: Robert Becker


De notre côté aussi l'émotion est à son comble et nous sommes conscient de la force et la puissance de ce que cet artiste immense a partagé avec nous et nous lui en sommes très reconnaissants. Reconnaissants aussi de son courage et de sa lucidité, et de la considération et du respect pour son jeune public, à qui il avoue que lui et les hommes ont cassé le monde et que les jeunes vont le réparer.


La Fleur du Dimanche 


People will people you

Au TJP - Petite Scène, du 12 au 14 mars 2016


Performance Steven Cohen

Lumière Yvan Labasse
Production & management Samuel Mateu
Crédit photos Luke Pallett
Production Compagnie Steven Cohen
Coproduction Théâtre National de Bretagne (Rennes), Festival Euro-scene (Leipzig)

dimanche 27 novembre 2022

Bachelard Quartet au TNS: Ils étaient trois, comme les quatre mousquetaires et les cinq doigts de la main

 Le spectacle Bachelard Quartet de Pierre Meunier et sa troupe de la Belle Meunière et la Cie Frotter|Frapper présenté au TNS avec la collaboration du TJP CDN Strasbourg est dans l'air du temps. Ce temps qui veut que l'on s'y attarde et se le prenne en étant attentif aux éléments qui nous entourent, pas aux objets, mais à l'étoffe dont ils sont faits. Aux songes qui les entourent et à la vie qui les habite. En toute quiétude et bienveillance, oui, bienveillance. Comme cet accueil que nous offrent les trois comédiens* qui prennent soin de nous, s'intéressant à notre bien-être, à la qualité de notre assise, et, on le verra à la fin du spectacle, à la chaleur que nous emportons en partant.


Bachelard Quartet - Jeanne Bleuse - Pierre Meunier - Matthew Sharp - Photo J.P. Estournet



Ils nous reçoivent, presque comme chez eux, au coin du feu, autour de ces deux ilots sur lesquels se jouera la musique. D'ailleurs, c'est avec la musique que la pièce commence: une pièce au violoncelle interprétée par Matthew Sharp (qui remplace Noémi Boutin à Strasbourg), un morceau contemporain alternant sons frottés et pizzicatos. La musique, interprétée avec une belle sensibilité par la pianiste Jeanne Bleuse qui dialogue avec le violoncelliste et le comédien, est principalement du XXème siècle (à part Gabrielli et Saint-Saëns). Elle se distribue généreusement en alternance avec le texte (des extraits de six livres de Gaston Bachelard) et équilibre l'écoute que l'on peut avoir de ces textes qui, d'anecdotes et de légendes à des parties plus poétiques et philosophiques comme on les connait de ce philosophe poète. 


Bachelard Quartet - Jeanne Bleuse - Pierre Meunier - Matthew Sharp - Photo J.P. Estournet


Le sous-titre de la pièce est d'ailleurs "rêverie sur les éléments à partir de l'oeuvre de Gaston Bachelard". Et l'on se retrouve effectivement à rêvasser, à se laisser bercer par ces extraits, ces citations qui nous incitent à nous interroger sur notre rapport au monde et à la logique qui prévaut aujourd'hui, et dont les priorités sont un peu remise en question. Non sans humour ou provocation. D'ailleurs la première phrase énoncée par Pierre Meunier (un clin d'oeil?) n'est-elle pas: "Il n'est pas impossible que le moulin fasse tourner les vents".


Bachelard Quartet - Jeanne Bleuse - Pierre Meunier - Matthew Sharp - Photo J.P. Estournet


Et l'on navigue donc entre ces quatre éléments, durs (ou mous) comme le métal, la terre, vifs comme le feu, libres comme l'air, et rêveurs comme l'eau (dormante). Ces voyages, à travers l'histoire et l'univers, notre environnement, de temps en temps se concrétisent par des jeux avec les accessoires, mais bien moins qu'à l'habitude (comme dans le précédent spectacle Terairofeu, qui faisait intervenir plus d'accessoires et d'objets). Il y a bien sûr quelques accessoires magiques (et surprenants) mais la matière sculptée et travaillée ce sont les mots et la musique dont Marguerite Bordat, fidèle comparse de Pierre Meunier depuis quelques temps, se charge de sculpter la matière et le volume. Le piano devient même un accessoire central, radeau en détresse sur les flots déchaînés, au sein d'une tempête.


Bachelard Quartet - J. Bleuse - P. Meunier - M. Sharp - Photo J.P. Estournet


Tout au long de ce voyage immobile, comme une veillée autour du feu qui nous met dans un état d'écoute amicale et bienveillante, notre esprit furète et vagabonde, suivant les quatre saisons des éléments et leur imaginaire. Non pour fixer une interprétation mais pour ouvrir les sens, les possibles et les chemins de traverse. Une expédition entre mots et musique très agréable et ressourçante.


La Fleur du Dimanche


* La présence de Frédéric Kunze, compagnon de route qui avait commencé le voyage avec l'équipage restera une présence fantômatique non remplacée suite à son décès en 2020.  


Bachelard Quartet


Au TNS du 26 novembre au 2 décembre 2022


PRÉSENTÉ AVEC LE TJP
Conception et mise en scène Marguerite Bordat, Pierre Meunier
Direction musicale Jeanne Bleuse, Noémi Boutin
Avec
Jeanne Bleuse
Pierre Meunier
Matthew Sharp
en compagnie de feu Frédéric Kunze
Lumière Hervé Frichet
Sonores Géraldine Foucault
Conseil à l’improvisation et au piano préparé Eve Risser
Collaboration aux costumes Camille Lamy
Construction Florian Méneret, Jean-François Perlicius
Scénographie / Sonographie Géraldine Foucault, Marguerite Bordat
Régies générale et lumière Florian Méneret, avec la participation de Duncan Demoulin-Noël (lumière)
Régie son Louis Sureau
Production La Belle Meunière, Cie Frotter | Frapper
Coproduction Théâtre de Lorient – Centre dramatique national, Comédie de Valence – Centre dramatique national Drôme-Ardèche, MC2: Maison de la culture de Grenoble, La Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national, Nouveau Théâtre de Montreuil – Centre dramatique national, la Scène nationale d’Orléans, TJP – Centre dramatique national de Strasbourg, Théâtre des Îlets - Centre dramatique national de Montluçon
Avec le soutien de Culture Commune – Scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais, du Théâtre de l’Arsenal de Val-de-Reuil – Scène conventionnée d’intérêt national « art et création pour la danse » et du Groupe de Musique Expérimental de Marseille (GMEM) — Centre national de création
La compagnie La Belle Meunière est conventionnée par le ministère de la Culture – Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, le Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes et le Conseil départemental de l’Allier. Marguerite Bordat et Pierre Meunier sont artistes de la fabrique à la Comédie de Saint-Étienne – Centre dramatique national. Pierre Meunier est auteur associé au Théâtre des îlets – Centre dramatique national de Montluçon.
La compagnie Frotter | Frapper est conventionnée par la Direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes. Elle reçoit pour ses projets le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Ville de Lyon. Elle est membre de PROFEDIM et de Futurs Composés – réseau national de la création musicale. Noémi Boutin est artiste associée à la MC2 : Grenoble ainsi qu’à la Scène nationale du Mans, les Quinconces / Espal.
Administration / production Céline Aguillon, Lise Déterne − L’Échelle, Capucine Jaussaud, Éloïse Royer − L’Échelle, Caroline Tigeot
Spectacle créé le 12 novembre 2021 à la MC2: Maison de la culture de Grenoble.

vendredi 1 octobre 2021

Musica au TJP-CDN avec Devenir imperceptible: Tout est dans l'attention...

 Dans la suite des collaborations que le Festival Musica a construit avec les structures culturelles strasbourgeoises, celle qu'il a menée avec le TJP - Centre Dramatique National pourrait s'appeler "l'oeil écoute". Déjà avec Trust me tomorrow du collectif norvégien Verdensteatret vu au Maillon le 28 septembre, il était beaucoup question de son et d'une attitude de la vision inhabituelle, avec Devenir imperceptible, la "pièce paysagère" de Clément Vercelletto, l'on pourrait encore croire que c'est l'ouïe qui a la primauté. Mais que l'on ne se trompe pas, la pièce travaille autant la vue que l'ouïe, et celles et ceux qui ont l'odorat développé auront aussi leur part de sensations.


Musica 2021 - Devenir Imperceptible - Clément Vercelletto - Pauline Simon - Photo: lfdd


La pièce commence effectivement dans le noir et l'on devine lentement en habituant ses yeux à l'obscurité un corps couché à terre disposé dans un cercle noir. Ce corps qui lentement bouge autour de ce cercle alors que des bruits effrayants et des rires émergent, puis une musique arrive doucement, il agite les bras. La musique se construit tandis que doucement la scène s'éclaire. On entend des oiseaux, on commence à distinguer des tuyaux et une machine, le corps en contre-jour reste indéfini. Au milieu de sons d'orgues bizarres, il se retrouve sur quatre pattes dressées, drôle d'animal. Des infrabasses remuent, et l'on perçoit le bruit du corps qui traverse le cercle noir qui se révèle être constitué de pommes de pins. Le son accompagne les mouvements de ce corps androgyne qui se fond avec le décor puis danse autour du cercle, il en rassemble les pommes de pins en les tirant dans un filet, et toujours ce dispositif qui transforme les gestes en sons surprenants et souterrains.

Musica 2021 - Devenir Imperceptible - Clément Vercelletto - Pauline Simon - Photo: lfdd


Une danse de scarabée dans un univers impalpable qui fait une fusion discrète entre les instruments de musique surprenants (un "engoulevent" sorte d'orgue expérimental de Léo Maurel), les appeaux, le bruit de la (finalement) danseuse Pauline Simon et l'installation plastique du scénographe Bastien Mignot.


La Fleur du Dimanche