jeudi 7 juillet 2022

Au coeur de l'été l'Accroche Note résonne et sample avec KL4NG

 Après Vienne avec la musique début du siècle (du XXème) et l'Amérique du Sud, l'Ensemble Accroche Note nous emmène dans un voyage surprenant vers des contrées électroniques et des mixes de DJ qui sample, entre autre, la mémoire classique et le jazz de l'Ensemble avec KL4NG.


KL4NG - Accroche Note - Pablo Valentino - Armand Angster - Françoise Kubler - Yerry G. Hummel - Photo: lfdd


KL4NG est un  dialogue entre les deux pilliers historiques, Françoise Kubler à la voix, mais aussi au tambourin et à l'harmonica et Armand Angster à la clarinette bassse et au saxophone soprano, et deux "trublions" de la musique pas très classique: Yerry-Gaspar Hummel, fervent défenseur des nouvelles technologies et de la musique inovante, créateur du Festival Exhibitronic, et Pablo Valentino, DJ et chercheur d'or - ou plutôt de vinyles depuis plus de 20 ans - c'est d'ailleurs un disque d'un concert de décembre 1983 du duo Armand Angster, Françoise Kubler avec Jean-Michel Collet et Barre Phillips qui a scellé le projet.


KL4NG - Accroche Note - Pablo Valentino - Photo: lfdd

La pièce avait déjà été présentée au Festival Musica en 2016 (voi mon billet) et à fait l'objet d'un disque KL4NG - Live à Venise coproduit par Accroche Note et Lab'ut. Et ces soirées d'été sont l'occasion de revoir, d'entendre dans une proximité intime cette douzaine de compositions variées dans une ambiance décontractée, à croire que l'église du Bouclier s'est transformée en studio disco. 


KL4NG - Accroche Note - Armand Angster - Françoise Kubler - Yerry Gaspar Hummel - Photo: lfdd

C'est une douzaine de pièces, composées par la bande des quatre ou par l'un des membres, très variées, qui vont voir Pablo Batista jouer des platines, sampler quelques extraits de disques qu'il sort de sa hotte, complété de ponctuations rythmiques, avec Yerri-Gaspar Hummel à l'électronique et aux claviers et Armand Angster à la clarientte basse et au saxophone, saxophone dont s'empare également Yerri-Gaspar pour un duo. Françoise Kubler, elle, glisse de chansons traditionnelles en airs exotiques, en onomatopées dialoguant avec la clarinette ou en vocalises virevoltantes et en langues indigènes (on croit y reconnaitre de l'irlandais, de l'italien, des langues de tribus nordiques,..) avec une facilité déconcertante. 


KL4NG - Accroche Note - Françoise Kubler - Photo: lfdd

KL4NG - Accroche Note - Pablo Valentino - Armand Angster - Françoise Kubler - Photo: lfdd

Elle incarne tout autant les textes qu'elle dit, par exemple "Cage" "John Cage - mots pour la musique et la danse" ou un très émouvant texte en italien de la grande poétesse Alda Merini. Le tout est varié, enjoué et ne manque pas d'humour, comme le laissent penser certains titres: Le fou saxophonisant, Ribouldingues, Firmin,...  On sent l'excellente cohésion et la symbiose entre les différents interprètes, qui ont réussi à faire passer une émotion certaine dans ce concert exceptionnel.


KL4NG - Accroche Note - Pablo Valentino - Armand Angster - Françoise Kubler - Photo: lfdd

KL4NG - Accroche Note - Yerry Gaspar Hummel - Photo: lfdd

Accroche Note -  Armand Angster - Françoise Kubler - Jean Michel Collet - Barre Pillips - Photo: lfdd


La Fleur du Dimanche

mardi 5 juillet 2022

Accroche Note voyage en été au frais à Strasbourg: Vienne, l'Amérique du Sud et Venise

 22 les v'là ! Les Rencontres d'été de l'ensemble Accroche Note qui au début de l'été nous fait voyager en musique du XIXème au XXIème siècle avec un savant mélange de musiques d'hier et d'aujourd'hui. Cette année pour la vingt-deuxième édition de l'ensemble qui va fêter ses 40 ans lors du Festival Musica en septembre, le programme est "conceptuel": une première soirée viennoise qui va de Strauss à la sauce Schönberg à Berg en passant par Schubert et Webern le 5 juillet. Suit une soirée dédiée aux musiques d'Amériquedu Sud - Brésil, Argentine, Mexique, Cuba et un français,Yves Prin et, pour couronner le voyage, un détour par Venise où l'ensemble, avec Françoise Kubler à la voix et Armand Angster aux clarinettes et au saxophone se frottent au duo décapant Yerri-Gaspar Hummel à l'électronique en live et Pablo Valentino aux platines et sampler. L'occasion de se décrasser les oreilles (sans bouchons) avec la création KL4NG. De quoi aller "au-delà des frontières" comme annoncé dans le programme.

La première soirée, assez sage, voyage entre 1905 et 1935, sauf un Schubert de 1820, et égrène une suite de pièces toutes relativement courtes en un collier de petites perles, petits bijoux sonores ou pierres précieuses encore à polir ,mais dont l'écoute est plaisante et enrichissante. 


Accroche-Note - Saskia Lethiec - Wilhem Latchoumia - Armand Angster - Photo: lfdd


Elle débute avec l'Adagio d'une transcription en 1935 d'un concerto de chambre Kammerkonzert (1935) d'Alban Berg  pour violon clarinette et piano écrit en 1925. Le début est calme, suivi d'une belle envolée lyrique, puis tout redevient calme dans un dialogue violon clarinette que rejoint le piano et qui se termine presque dans un soupir.


Accroche-Note - Wilhem Latchoumia - Françoise Kubler - Photo: lfdd

Suivent Vier Lieder Op.12 (1915) pour voix et piano d'Anton Webern, quatre mélodies assez légères, mais dont les deux dernières sont , pour la voix, puissantes et scandées. La dernière est presque un haïku.


Accroche-Note - Marie Nathanaelle - Saskia Lethiec - Laurent Camatte - Christophe Beau - Photo: lfdd

Accroche-Note - Christophe Beau - Photo: lfdd

Accroche-Note - Marie Nathanaelle - Saskia Lethiec - Photo: lfdd

Accroche-Note - Saskia Lethiec - Laurent Camatte - Photo: lfdd


Le  Quartettsatz en Ut Mineur (1820)  pour quatuor à cordes de Franz Schubert, oeuvre inachevée est une oeuvre très enjouée.


Accroche-Note - Saskia Lethiec - Wilhem Latchoumia - Armand Angster - Photo: lfdd

Les 4 pièces opus 5 (1919) pour clarinette et piano d'Alban Berg sont des pièces très courtes, basées sur la clarientte, avec un beau dialogue clarinette piano dans la troisième pièce. Elles ont une belle intensité dramatique et la dernière a une tonalité un peu plus sombre.


Accroche-Note - Wilhem Latchoumia - Christophe Beau - Photo: lfdd

Suit l'Intégrale (1899 et 1914) pour violoncelle et piano d'Anton Webern qui consiste en deux pièces de jeunesse (qu'il a écrites encore étudiant à 16 ans) puis deux oeuvres qui se complètent (la deuxième avec une sourdine sur le violoncelle) quinze ans après. Les deux premières sont bien évidemment un peu plus mélodiques.


Accroche-Note - Wilhem Latchoumia - Françoise Kubler - Photo: lfdd

Accroche-Note - Wilhem Latchoumia - Françoise Kubler - Photo: lfdd

Autres oeuvres de jeunesse, les Sieben frühe Lieder (1905-1908) pour voix et piano d'Alban Berg, composées entre 20 et 23 ans qui premettent à Françoise Kubler de démontrer si cela était encore nécessaire la magnifique qualité de sa voix de soprano et son talent d'interprétation. Les textes étant de sept auteurs différents, dont un de Rainer MAria Rilke (Traumgekrönt) restent dans la tradition du Lied allemand et ces pièces courtes vont d'un style romantique à une composition plus atonale.


Marie Nathanaelle -Wilhem Latchoumia - Saskia Lethiec - Laurent Camatte - Lisa Meignin - Armand Angster - Christophe Beau - Photo: lfdd

Pour clore le concert, un dessert musical, plaisir offert, la réécriture par Schönberg en 1925 de la  valse de l'Empereur de Strauss Kaiserwalzer pour flûte, clarinette, quatuor à cordes et piano, un beau morceau de bravoure avec chapelet de valses, et codas avec rappels thématiques, nous suspendant en équilibre et nous entraînant dans un tourbillon virevoltant et grisant. La cerise sur le gâteau Forêt-Noire cependant bien digeste. 

 

La Fleur du Dimanche


Ensemble Accroche Note: 

Françoise Kubler (soprano), Lisa Meignin (flûte), Armand Angster (clarinette), Saskia Lethiec (violon), Nathanaelle Marie (violon), Laurent Camatte (alto), Christophe Beau (violoncelle), Wilhem Latchoumia (piano)


dimanche 3 juillet 2022

Isadora Duncan de Jérôme Bel aux Scènes Sauvages: La danse au sommet de la nature

 Le Festival des Scènes Sauvages qui irrigue depuis quelques années les hautes vallées de la Bruche avec une théâtre contemporain dans la proximité et la découverte. L'humain et la nature étant au programme de leur philosophie, le programme de cette année avec sept pièces ne pouvait que culminer avec la pièce de Jérôme Bel consacré à Isadora Duncan, une danseuse qui a mis la nature et l'homme au centre de ses préoccupations. Et c'est au Chenot, un site situé en pleine nature, après une petite marche d'approche hors du village de Wildersbach sur fond de ligne d'horizon de montagne que s'est déroulé la représentation. 


Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Le spectacle est en fait la réactivation de cette danseuse du début du XXème siècle qui révolutionna la danse moderne par son portrait tracé par Jérôme Bel et interprété par Elisabeth Schwarz qui a appris les différentes chorégraphies (une quarantaine sur la centaine qu'a créées Isadora) auprès de sa fille adoptive Marie-Thérèse Duncan à New-York, qui avait alors 82 ans... La démarche de Jérôme Bel éminemment politique (et écologique aussi, il ne distribue pas de fiche de salle et, pour ce spectacle qu'il a créé avec le Festival d'Automne à Paris a vu la version américaine dansée par Catherine Gallant, créée à New-York en visioconférence) interroge la production, en particulier la confrontation d'une création passée dont il ne reste pas de trace - Isadora Duncan a refusé de voir filmé ses chorégraphies - avec la recréation et la transmission de ce geste artistique. Ainsi, le spectacle est-il à la fois une sorte de parcours biographique de sa vie familiale, personnelle, amoureuse et de création. Tout cela relié et intimement lié aux pièces présentées, elles aussi sous un aspect didactique, avec même une chorégraphie transmise aux spectateurs volontaires (et demandeurs) dans une répétition publique de leçon joyeuses et engageante. 


Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd 

Ce va-et-vient entre la danse et ses explications sont un excellent moyen d'apprécier et de comprendre pleinement ce que l'on voit. Ainsi, la mode de la Grèce antique qui revient à la mode au début du XXème Siècle aux Etats-Unis explique à la fois le retour à nature de la danse d'Isadora, justifie les costumes qu'elle crée (des tuniques de soies courtes qui feront scandale à l'époque) et certains gestes inspirés des vases grecs vus dans les musées. Son amour de la nature et son attirance de l'Océan justifie son ballet Water Study, sur une valse de Schubert. L'inspiration est encore plus évidente lorsque Jérôme Bel nous révèle les "impressions" ou indications d'interprétation que  Marie-Thérèse Ducan utilisait pour transmettre la chorégraphie à Elisabeth Schwartz, à savoir les temes "ondulation, vague, ressac, suspension, éclaboussure, frappe contre les rochers, moutonne, flots,..". Le prélude N°1 de Chopin lui inspire une chorégraphie plus romantique où les indications sont plutôt de l'ordre du sentiment et de l'intériorité: "désirer, tendre vers, chercher, abandonner, le monde, accepter". Nous suivons le parcours de vie d'Isadora des Etats-Unis, avec une enfance artistique auprès de sa mère, que le père a abandonné, puis en Europe, Londres et Paris, où elle rencontre deux hommes (Gordon Craig, et Paris Singer, l'héritier des machines à coudre) qui lui donneront un enfant chacun. 


Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Scènes Sauvages - Isadora Duncan - Jérôme Bel - Elisabeth Schwartz - Photo: lfdd

Ses amours sont la source de "Moment Musical" sur une pièce de Frantz Schubert, une danse joyeuse et pleine d'énergie guillerette qui lui vaut de la représenter plusieurs fois jusqu'à cinq ou six fois, lors de ses spectacles. Et nous, nous ne nous en lassons pas. La preuve, c'est celle que le public va pouvoir apprendre vers la fin du spectacle. La mort de ses deux enfants morts accidentellement noyés dans la Seine est sûrement à l'origine de la pièce "Mother" sur la 1ère étude de Scriabine. La Marseillaise (pièce dont il ne reste plus de trace) puis Revolutionary, sur l'étude 12 de Scriabine où elle montre l'exploitation des ouvriers et leur soulèvement, rendent compte de son engagement politique. Elle décide de s'installer à Moscou en 1922 et s'y marie avec le poète Sergueï Essénine mais leur relation houleuse se termine assez rapidement. Elle décède accidentellement le 17 septembre 1927 à Nice quand son foulard se prend dans la roue de la voiture de sport et la projette sur la chaussée. Mais ici, dans ce décor idyllique sur fond de montagne, la vie ne s'arrête pas et nous continuons de communier avec la danse et la pleine nature, grâce au talent et à la capacité d'incarnation d'Elisabeth Schwartz de cette danse qui en devient intemporelle tellement elle est intériorisée et intimement vécue. Isadora n'est pas morte, elle vit avec nous... et les Isadorables..


Le Fleur du Dimanche


Isadora

Concept, Jérôme Bel
Chorégraphie, Isadora Duncan
Avec Elisabeth Schwartz et, en alternance, Sheila Atala, Chiara Gallerani, Jérôme Bel
Conseil artistique et direction exécutive de R.B. Jérôme Bel, Rebecca Lasselin
Administration, Sandro Grando
Le Festival d’Automne à Paris est coproducteur de ce spectacle et le présente en coréalisation avec les Musées d’Orsay et de l’Orangerie, dans le cadre du cycle Danse dans les Nymphéas.
Production R.B. Jérôme Bel
Coproduction La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers ; Les Spectacles vivants – Centre Pompidou (Paris) ; R.B. Jérôme Bel (Paris) ; Tanz im August – HAU Hebbel am Ufer (Berlin) ; BIT Teatergarasjen (Bergen) ; Festival d’Automne à Paris
Coréalisation Musées d’Orsay et de l’Orangerie (Paris) ; Festival d’Automne à Paris
Avec l’aide du CND Centre national de la danse (Pantin) dans le cadre de l’accueil en résidence, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis (Bobigny), Ménagerie de Verre (Paris) dans le cadre de Studiolab, pour la mise à disposition de leurs espaces de répétitions
R.B. Jérôme Bel reçoit le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d'Île-de-France - Ministère de la Culture, de l'Institut Français - Ministère des Affaires Etrangères - pour ses tournées à l’étranger et de l'ONDA - Office National de Diffusion Artistique - pour ses tournées en France.

samedi 2 juillet 2022

Le Retable d'Issenheim tout en beauté à Unterlinden: La danse en éclairage

 Le Retable d'Issenheim, véritable chef-d'oeuvre de la sculpture et de la peinture du début du XVIème siècle, était en restauration depuis 2018. Les travaux sont terminés et cette pièce maîtresse de l'art religieux, célèbre dans le monde entier, est non seulement à nouveau visible, mais elle a retrouvé un éclat inimaginable, avec des couleurs impressionnantes. La partie sculptée a été réalisée par Nicolas de Haguenau, qui avait aussi sculpté le maître-autel de la Cathédrale de Strasbourg, et Mathias Grünewald qui a peint les différents panneaux (9) retraçant la vie du Christ et deux pour la vie de Saint Antoine, le patron du couvent des Antonins à Issenheim, où il a installé à l'origine.  Pour célébrer d'une manière unique cette "résurrection" le Musée Unterlinden à Colmar, où cette oeuvre est désormais présentée organise une série de manifestations qui dialoguent avec elle et la mettent en lumière. 


Musée d'Unterlinden - Le retable de Grünenwald - La tentation de Saint Antoine - Photo: lfdd

Musée d'Unterlinden - Le retable de Grünenwald - La tentation de Saint Antoine - Photo: lfdd

Musée d'Unterlinden - Le retable de Grünenwald - La tentation de Saint Antoine - Photo: lfdd

Une des manifestations est une chorégraphie pour douze danseurs du Ballet de l'Opéra National du Rhin, adaptation de la pièce Bless, ainsi soit-il créée en 2010 en écho à la peinture murale de Delacroix dans l'église Saint Sulpice à Paris, La lutte de Jacob avec l'Ange. Bruno Bouché y voit "une allégorie du combat de l'homme face aux forces qui le dépassent". La peinture de Grünewald dépeint, elle le Christ devenu homme pour sauver l'humanité, et le combat de Saint Antoine contre le diable et ses tentations dans le but d'aider les malades venus se soigner au couvent des Antonins à Issenheim pour lutter contre le feu de Saint Antoine, ou l'ergotisme. Les douze danseuses et danseurs (Audrey Becker, Suzie Buisson, Christina Cecchini, Pierre Doncq, Ana Enriquez Gonzalez, Caué Frias, Rio Minami, Avery Reiners, Ryo Shimizu, Marwik Schmitt, Hénoc Wayenson et Dongting Xing) se positionent en trois fois deux couples entre les différents éléments du retable pour des duos alternants, à la fois fluides et dynamique, dans la proximité du toucher, entre attraction et repoussement. Dans une dynamique à la fois douce et vigoureuse, nous assitions à une simulation de corps à corps qui s'inscrit dans une relation très physique pour aboutir dans une position d'opposition à l'image de la peinture de Delacroix. Maxime Georges interprète en direct la transcription pour piano de la Chaconne de la Partita N°2 en ré mineur de Bach par Ferrucio Busoni, un vrai bonheur.


Musée d'Unterlinden - Visite dansée pour le retable de Grünewald - Photo: lfdd

Musée d'Unterlinden - Visite dansée pour le retable de Grünewald - Photo: lfdd


La  deuxième manifestations est une "visite dansée" du retable par Aurélie Gandit, danseuse, chorégraphe et historienne de l'art. L'artiste s'est imprégné du retable pendant plusieurs semaines et nous propose son éclairage à la fois commenté et dansé. Vêtue en guide de musée dans un uniforme sobre et sombre, elle nous ammène à travers le cloître dans la chapelle et commence par une présentation très "visite guidée" qui repositionne le retable dans son histoire: origine, création, auteurs, techniques, contexte historique, différents lieux d'accueil, caractéristiques, etc.,... Puis les explications se mettent à hocqueter. La disposition des éléments du polyptique du retable et les épaisseur du bois lui permettent de prendre possession de l'espace et de passer de la parole au geste, minuscule (3 et 4 centimètre d'épaisseur) et à d'autres qui la dépassent (des mètres en hauteur et en largeur,...).


Musée d'Unterlinden - Aurélie Gandit - Visite dansée pour le retable de Grünewald - Photo: lfdd
 
Musée d'Unterlinden - Aurélie Gandit - Visite dansée pour le retable de Grünewald - Photo: lfdd

Les panneaux consacrés à Saint Antoine apportent du feu et de la violence dans les gestes, avec le mal des ardents - ou ergotisme gangreneux  - également appelé la danse de Saint Guy, puis s'apaise avec la visite de Saint Antoine à Saut Paul dans un paysage fantastique mais avec, aux pieds de Saint Paul toute une botanique de soin..
La visite continue avec la série de panneaux consacrés au Christ, l'Annonciation, la Nativité et le Concert des Anges, toute en sérénité, en joie et en bonheur; plein de lumière et de couleurs.


Musée d'Unterlinden - Visite dansée pour le retable de Grünewald - Crucifixion - Photo: lfdd


Puis, beaucoup plus sombre et tragique, la séquence de la crucifixion et de la déposition, encadrée par les Saints Sébastien et Antoine, le Christ en croix, énorme qui, comme l'a décrit Huysmans: "vous abasourdit aussitôt avec l’effroyable cauchemar d’un calvaire (…) avec ses buccins de couleurs et ses cris tragiques, avec ses violences d’apothéoses et ses frénésies de charniers, il vous accapare et vous subjugue...". Nous restons sans voix et Aurélie Gandit ne peut que nous présenter, en toute intériorité l'incarnation de l'ensemble des personnages et figures qui entourent ce Christ en croix et au tombeau, dans un profond silence et un recueillement obligé. 


Musée d'Unterlinden - Retable de Grünewald - Résurrection - Photo: lfdd


Et on le quitte à jamais, passant de l'autre côté, là où, triomphant, il ressucite dans un cercle de lumière,  seul éclairage qui baigne la scène. Cette visuite nous aura permis de ressentir au plus près, à la fois par les mots mais aussi par les mouvements et les gestes, la force qui émane de cette magnifique oeuvre d'art qui est parvenue jusqu'à nous à travers les siècle. Le passage de la parole au geste, le rythme de la présentation et l'intériorité qu'Aurélie Gandit a réussi à faire passer dans nos sensations nous ont fait toucher du doigt à l'indicible et voir l'invisible caché dans ce polytpique exceptionnel qui a rétrouvé toute sa jeunesse et son éclat.

    

La Fleur du Dimanche  


dimanche 26 juin 2022

Les Diplômes des étudiants de la HEAR 2022: une belle cuvée

 La récolte de diplômes des étudiants de la HEAR reprend après une petite pause obligée. C'était le feuilleton de l'été (voir 2017, 2018 et 2019) et toujours un plaisir de découvertes et un vent frais dans la création en tous genres. C'est vrai que c'est un rendez-vous qui permet de prendre le pouls de la création et qu'en faisant une petit tour d'horizon on se rend compte que les tendances changent. Chaque époque a sa dynamique, il y eut le fourmillement féminin sinon féministe des années 80 dont quelques figures sont maintenant dans le paysage de l'Art, la vague "illustration" avec le maître Claude Lapointe et toute la dynamique du 9ème Art, la dande dessinée et son développement, qui aujourd'hui encore tient une part importante  au sein de l'école, anciennement Ecoles des Arts Décoratifs de Strasbourg et aujourd'hui la HEAR, Haute Ecole des Arts du Rhin, qui a intégré à la fois la branche mulhousienne mais également une partie musique avec l'Académie Supérieure de Musique de Strasbourg. Cette mutation, rappelons-le s'est faite sous la direction de David Cascaro qui a mené de main de maitre à la fois ces intégrations mais également tout un travail d'ouverture et de partenariats non seulement au niveau local mais aussi national et international qui se continue, alors que, comme il l'a annoncé dans son discours d'inauguration il s'envole vers de nouveaux horizon, confiant dans l'avenir de cette Ecole qu'il a mise sur les rails du futur. Nous lui souhaitons, et à l'Ecole aussi, une belle trajectoire.

Les bases sont là et elles sont solides et de qualité. Je vais vous en présenter queqlues aspects, forcément partiels et incomplets, mais je vous renvoie au superbe catalogue des diplômes 2022 qui vous pemettra de voir toute la richesse des travaux, que ce soit dans les branches Art, Art-Objet, Communication graphique, Design, Design Textile, Didactique visuelle, Illustration, Scénographie et Musique.  Ces branches sont toutes très dynamiques, certaines, comme le Desing ou la Communication graphique ayant eu de la visibilité déjà en dehors de l'école (voir les travaux dans le Parc du Heyritz) ou les expositions organisées au Syndicat Potentiel (avec entre autre le collectif NoName). 

Voilà, je vous offre quelques images picorées de ci de là:


Le livre monotype à deux mains de Charlotte Bresler et Anouck Constant:


Diplôme HEAR 2022 - Charlotte Bresler - Anouck Constant - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022- Charlotte Bresler- Anouck Constant - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Charlotte Bresler - Anouck Constant - Photo: lfdd


Masques et performance de Jeanne-Eugène L'Homer:

Diplôme HEAR 2022 - Jeanne-Eugène L'Homer - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jeanne-Eugène L'Homer - Photo: lfdd


L'installation (discrète) Morphose II de Sibylle de la Gyraudière dans l'escalier, pour rendre visible les particules fines issues de la combustion du bois et la peinture d'Amélie Cooper Après la pluie:


Diplôme HEAR 2022 - Sibylle de la Gyraudière - Amélie Cooper - Photo: lfdd


Fanny Patarin - La peinture abstraite - Math Grimbert - La Main d'Amandine

Diplôme HEAR 2022 - Fanny Patarin - Math Grimbert - Photo: lfdd


Grégoire Adelbert, Mucche GG:
 
Diplôme HEAR 2022 - Grégoire Aldebert - Mucche GG - Photo: lfdd


Clément Desforges, les images bougent : 

Diplôme HEAR 2022 - Clément Desforges - Photo: lfdd


Les process de Maxime TA:

Diplôme HEAR 2022 - Maxime Ta - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Maxime Ta - Photo: lfdd


Petite pause musicale en attendant le nom de l'artiste suivant:

Diplôme HEAR 2022 - Piano bleu - Photo: lfdd



Diplôme HEAR 2022 - J? K? -  - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - J? K? -  - Photo: lfdd


Et puis on chante: "Il est beau, le lavabo,...":

Diplôme HEAR 2022 - Il est beau le lavabo - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Il est beau le lavabo - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd


Le dernier lavabo est de Jei Seo, il est beau aussi, comme son travail et la performance, visible un peu plus loin, après la pause café, y a pas photo (artiste à trouver):

Diplôme HEAR 2022 - Décor photo -  - Performance - Photo: lfdd


Et derrière le décor pour photo, c'est Anna Trouillot qui déplie sa tente de survie avec ses chiens d'entraînement:

Diplôme HEAR 2022 - Anna Trouillot - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Anna Trouillot - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Anna Trouillot - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Anna Trouillot - Performance - Photo: lfdd


Du chien, Sacha Lefevre en a aussi avec Mes petites amoureuses, grises, et Ne soyez pas vulgaire:

Diplôme HEAR 2022 - Sacha Lefèvre - Mes petites amoureuses, grises - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Sacha Lefèvre - Ne soyez pas vulgaire - Photo: lfdd


Encore un lavabo, beau comme un coeur, comme le collectif avec la visite du jury:

Diplôme HEAR 2022 - Lavabo - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - coeurs - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - coeurs - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jury - Photo: lfdd


Encore un collectif (Boginette, Marguerite Kalt, Fanny Patarin, Amélie Cooper, Grégoire Adalbert, Math Grimbert) qui s'installe dans une salle en dernière minute:

Diplôme HEAR 2022 - collectif - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - collectif - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - collectif - Photo: lfdd


Une qui n'y va pas de main morte, c'est Cassandre Lepicard:

Diplôme HEAR 2022 - Cassandre Lepicard - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Cassandre Lepicard - Photo: lfdd

 
La section design textile avec Yu Xiong, Dorothée Haller et Perrine Caloin qui a créé un Wax - Kelsh alsaco-ghanéen:

Diplôme HEAR 2022 - Perrine Calloin - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Perrine Calloin - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Perrine Calloin - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Dorothée Haller - Photo: lfdd


Et voilà, après la pause café, la performance de Jei Seo:

Diplôme HEAR 2022 - Pause café - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd
 
Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

Diplôme HEAR 2022 - Jei Seo - Performance - Photo: lfdd

A suivre....

La Fleur du Dimanche