dimanche 6 janvier 2019

Longue Vie ... à regarder les arbres et les fleurs... c'est calmant.

2019, la Fleur du Dimanche entre dans sa neuvième année.... 
Neuf, et même plus, puisqu'avant le blog et facebook, il y eut d'autres années de fleurs et de pensées partagées..

Janvier 2019, Le temps de faire un bilan de 2018 et même plus loin.
2018 aura vu la "Fin" (et même une 2ème finde la publication dominicale régulière du billet, où Photographie et Texte à Valeur Ajoutée (citation, extrait, réflexions, poème, etc.) complétaient l'image... avec quelquefois des morceaux de musique à découvrir.
Les publications sur les pièces de théâtre, de danse, les concerts, l'opéra, et autres manifestation culturelles (Festival, Expositions,...) ont continué à paraître au grand plaisir des lectrices et des lecteurs - la moyenne de plus de 200 pages lues par publication le prouve et les billets qui ont dépassé les 1001 vues sont plus nombreux que les doigts de la main.
Cet écho m'a motivé à continuer et même si Facebook* est devenu un vecteur majoritaire de diffusion de l'information (de flux), le blog continue de vous proposer des découvertes.

Donc, pour commencer, le mur, non de Facebook, mais vert et vivant et porteur de fleurs:


Le mur de la Fleur du Dimanche - Photo: lfdd

Pour continuer, parlons de l'âge des plantes en nous disant que nous sommes bien peu de choses et que le pin Mathusalem de Bristlecone de 4.791 ans est aussi vieux que Stonehenge.... Ou que l'if de Llangernywive au pays de Galles avec ses 4.000 ans n'a presque pas de retard... à notre échelle. 
Sinon, les oliviers de Vouves en Crète avec 3.000 ans ou à Roquebrune-Cap-Martin avec 2.000 ans ne se portent pas si mal - et portent encore des fruits...

A propos de Mathusalem, vous en avez peut-être entendu parler... Jeanne Calmant ne serait pas morte à 122 ans mais à 58 et sa fille, qui aurait pris son identité à sa mort, aurait donc vécu 99 ans et non 36. Un étude russe, controversée fait parler tout le monde, même nous.... Si vous voulez creuser le texte polémique "Jeanne Calment: the secret of longevity" par le russe Nikolaï Zak soutenu par le gérontologue Valeri Novosselov... Allez, on passe à d'autres sujets...

Il y a tellement de choses dont je voulais vous parler ces derniers temps, et aussi laisser parler plein de gens, comme Aristote, Souleymane Bachir, André Bazin, Bergson, Georges Boole, Roger-Pol Droit, Sigmund Freud, Goethe, Maurice Lévinas, Gérard Macé, Claudio Magris, Myriam Revault d'Allones, Léopold Sédar Senghor, Nicolas Teyssandier,...


Je vous en offre quelques extrait sur lesquels vous pourrez revenir tout au long de l'année comme un calendrier-almanach

Pour commencer, et c'est dans la ligne de cette relativité du temps... de notre civilisations....

Avec un extrait d'un article de Nicolas Teyssandier dans Libération du 26 octobre; "Ce que dit la préhistoire de l'universel et de l'altérité

Modernité - préhistoire
"En remontant le temps à travers les premiers coquillages percés, les blocs de colorants raclés et gravés de tracés géométriques ou les pointes de sagaies en os, l'archéologie identifie leur origine il y a plus de 75.000 ans ... La modernité de l'humanité serait donc originaire des rivages sud-africains..." (les aborigènes, donc !)

Ambidextre
Gérard Macé, écrivain, photographe et voyageur qui a pratiqué la "Photographie sans appareil" et disait à propos de Piere Alechinsky: "Ambidextre: ce mot qui désigne un être moins rare (en tout cas dans nos contrées) mais aussi étrange que l'axolotl, fait d'Alechinsky l'habitant d'un monde double, l'envers et l'endroit."

Voyages
Et qui disait de ses voyages:
"Si je vais à Venise, on me demande quand. Si je vais en Grèce, on me demande où. Si je vais en Afrique, on me demande pourquoi."

Vérité et Politique - Fake ?
Roger-Pol Droit à propos du livre de Myriam Revault d'Allones "La faiblese du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun":
"...Dès lors, dans ces antagonismes permanents et ces désacords inévitables qui forment l'essence même du politique, ce qui compte est le probable plutôt que le certain, le vraissembalble plutôt que le vrai, la puissance de convaincre plutôt que celle de connaître."

Universalisme
"On parlera d'universalisme pour marquer la position de celui qui déclare universelle sa propre particularité en disant: "Jai la particularité d'être universel." On est alors parfaitement fondé à demander à cet Universalisme: "En vertu de quoi? De quel droit?"
Souleymane Bachir dans En quête d'Afrique(s)

Langue
"Qui ne connaît pas les langues étrangères ne connaît rien de sa propre langue." Goethe

Banal
"De plus en plus se répand la satisfaction de critiquer ce qu'il y a de banal et de stéréotypé chez autrui - ce sont toujours les autres qui sont banals-, de se sentir libre de tout conformisme et de toute routine, de vivre comme un être authebtique prompt à voir partout des gens qui ne le sont pas." Claudio Magris

Critique
"La fonction du critique n'est pas de d'apporter sur un plateau d'argent une vérité qui n'existe pas, mais de prolonger le plus loin possible dans l'intelligence et la sensibilité de ceux qui le lisent, le choc de l'oeuvre d'art." André Bazin

Amis
"Vous avez des amis. Plein d'amis. Qu'est-ce que vous leur apportez pour qu'ils vous offrent leur soutien?" Sarah Kane


Herbes de ville sur le pavé - Hommage à Gottfried Honegger (12 juin 1917 - 17 janvier 2016) - Photo: lfdd

Bonus TVA, trois extraits de poèmes, dans l'ordre de Christiane Guicheteau, Emmanuel Godo et Joël Bastard (vus dans le monde des Livres du 30 novembre):

Que guettent-ils ces corbeaux
Penchés sur un arbre
Mort depuis longtemps ?


La lumière du temps qui passe
La lumière du temps qui demeure
La lumière du temps qui revient


Le jour se lève
Sur trois plumes de goéland
Rapportées de voyage


Dernière fleurs de ville, l'épilobe de juillet qui a grandi au point de plier...


Epilobe - Photo: lfdd
Pour les chansons, on va retrouver les vieux arbres:

Le Vieil Arbre...

Version 
Georges Brassens:




Eddy Mitchell:




Alain Barrière:




et par le groupe Le Temps:




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

* Pour information, sur l'ensemble des plus de 212.000 pages vues, Google reste majoritaire avec plus de 33.000 entrées mais Facebook arrive déjà en deuxième position avec 25.000 dont 21.000 via le mobile.... Et un blocage malveillant de mon partage de blog sur facebook sur les deux derniers mois de 2018 a vu le palmarès tomber d'une moyenne de 500 à 1600 pages vues pour la première page du mois à moins de 100. 

mardi 1 janvier 2019

Bonne Année 2019 - Prenez vos ailes, envolez-vous vers le bonheur et la liberté


Bonne Année 2019 

Prenez vos Ailes, 
Envolez-vous vers le Bonheur 
Et la Liberté



Je vous souhaite pour 2019 beaucoup de bonheur, de joies, de rencontres, de liberté...

A toutes et à tous, belle année.

La Fleur du Dimanche

A suivre....

P.S. Je vous invite à me répondre sur ce blog ou par mail 
lafleurdudimanche chez gmail 
ou mon mail perso si vous le connaissez.
P.P.S. Mon premier souhait pour 2019 c'est de pouvoir partager mon blog sur Facebook (réseau social) avec vous.
Mon deuxième souhait c'est de moins être dans la relation virtuelle..
Mon troisième souhait c'est de connaître le vôtre....

lundi 24 décembre 2018

Mon faux sapin, plein d'anti-étoiles et de pleine lune

Profitons du jour de Noël pour nous pencher sur l'univers...

D'abord le tout petit, un bouton de fleur qui ressemble à un sapin:


Faux sapin vert- Photo: lfdd


Et puis le vrai "Grand Sapin " de Strasbourg avec la Lune en compagne:


Grand Sapin de Stasbourg - Photo: lfdd


Et pour finir un faux sapin rouge, fleur de cactus


Faux sapin rouge - Photo: lfdd


Et en guise de TVA et d'Extraits, quelques paroles du physicien Gabriel Chardin qui nous prépare une nouvelle révolution copernicienne.
Il est vrai qu'il a écrit un livre intitulé non sans humour: "L'insoutenable gravité de l'Univers" qui conte l'histoire des théories de la gravité, d'Aristote jusqu'à Einstein. Aristote qui classait les éléments en quatre catégories, du plus lourd au plus léger: la terre, l'eau, l'air et le feu... Puis les tâtonnements pour arriver de la Terre à la Lune, puis au Soleil pour aux galaxies et pour finir avec la relativité d'Einstein puis Planck, le Big Bang, et les trous noirs.
Dans un article d'Erwan Cario dans Libération du 20 décembre, intitulé "Un autre univers est possible", un entretien avec Gabriel Chardin, nous fait entrevoir un nouveau saut dans la conception de l'univers et du Big Bang qui, il y a 13.66 milliards d'années, aurait duré, aurait duré, non pas quelques minutes, mais une trentaine d'année....


Extrait - Gabriel Chardin - Un autre univers est possible


Ce qui est étonnant, c'est que ailleurs, à propos d'un livre de Muriel Fabre-Magnan, "L'Institution de la liberté" au sujet de cet essai sur la transformation du Droit aujourd'hui interroge les procès, entre autre sur un cas d'annulation de mariage pour cause de promesse de virginité non tenue (c'est véridique et documenté), elle écrit: "Le principe de dignité est une réponse au défi de la condition humaine. Il est nécessaire parce que l'homme est tel qu'il est, c'est-à-dire imparfait: ni omniscient ni tout-puissant, mais néanmoins libre."

A méditer, de même que l'extrait suivant qui rejoint la relativité de Chardin et d'Einstein..


Extrait - Muriel Fabre-Magnan - L'Institution de la liberté



Bon je ne vais pas vous faire de démonstration, d'autant plus que tout n'est pas prêt, ni calculé, mais à priori,  selon cette option, ce modèle appelé Lambda-CDM (CDM c'est Cold Dark Matter, la matière Noire) dans l'univers, il y aurait 68% d'énergie noire, 27% de matière noire, et le reste le 5% restant, c'est ce que nous pouvons voir....

Alors regardez bien !

Car comme le disait Oscar Wilde, c'était dans une papillote de Noël:
"La beauté est dans les yeux de celui qui regarde"


Et pour revenir à Noël, je vous mets la petite phrase de Giovanni Manfredi qui constate: "La science n'est pas une religion. Et il n'y a pas d'hérétiques. Mais il y a des écoles de pensée, ce qui fait que les gens sont un peu conservateurs, comme toujours. Pourquoi modifier quelque chose qui marche?
"L
Depuis le Big Bang, la matière s'est tassée dans un coin de l'Univers... qui pourtant est immense, déjà!
Et nous cherchons l'antimatière désespérément.
Mais nous savons déjà depuis Einstein, et c'et John Wheeler qui le dit, que "L'espace-temps indique à la matière comment bouger. La matière dit à l'espace comment se courber."
Eh oui, l'espace est courbe...
Est-ce que cela a une influence sur les bananes ? Qui sait ?
En tout cas pas sur les bananes bleues, mais peut-être sur la Planète bleue que chantait Nougaro en 1997:



Ou la "Chic Planète" de l'Affaire Louis Trio:





Et si vous avez un peu peur, faites comme Fiona Apple dans son voyage à travers l'univers: Accros the Universe:




Et en attendant la réponse: Bonnes Fêtes de fin d'année...

La Fleur du Dimanche

dimanche 23 décembre 2018

Dodo disparu, qu'attendons-nous de Noël? La Rose? La Rose de Noël?

La vie est espoir, nous attendons......
Qu'attendons-nous ?
Et qui va nous aider ?
Attendons... et nous verrons ce que cela devient:


Rose de Noël ?  - Photo: lfdd

Et pour nous aider à attendre, à trouver, lisons...
Par exemple le Feuilleton de Claro dans le Monde des Livres, qui parle des Dodos, disparus... comme les critiques littéraires ? 
Et d'ignorance, de rosse, d'étique, du temps, de raconter, de gommettes, de pondre et de couver, de découvreur, d'inanité, de criée... 


Extrait - Feuilleton Claro

Mais heureusement qu'il y a le livre de Maurice Nadeau "Soixante ans de journalisme littéraire" dont le Tome 1 vient de paraître et où il écrit: "Toute oeuvre littéraire importante procède d'une mise en accusation de la littérature, de sa nature, de ses moyens, des conventions et procédés qu'elle utilise."


Extrait - Feuilleton Claro - Maurice Nadeau

Alors..... Vous avez trouvé ?
On verra demain alors....

En attendant, deux chansons pour vous faire patienter:

Etienne Daho (pas Dodo): Le premier jour (du reste de ma vie):




Et un air de Noël endiablé





Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche

mardi 18 décembre 2018

Wooshing Machine à Pôle Sud: Réarmer la mémoire: El pueblo unido jamas sera vencido

Avec un titre comme "El pueblo unido jamas sera vencido" qui sonne comme un slogan venu du fond de notre mémoire, nous ne pouvions que nous attendre à voir agité un chiffon rouge. Mais la compagnie "Wooshing Machine" de Mauro Paccanella, avec Alessandro Brenardeschi nous ont surpris sur la scène de Pôle Sud en nous emmenant sur le chemin d'un trio intermittent, genre stroboscopie des souvenirs dans un noir et blanc très hiératique et saccadé.


Pôle Sud - Wooshing Machine - El pueblo unido jamas sera vencido

Dans des tableaux qui appellent à la danse "corporelle", le trio composé des deux compères concepteurs accompagnés de la flexible Lisa Gustone nous présente dans une sorte de soirée diapo animé les variations d'un trio qui interroge très justement cette relation à trois. Dans la vie, dans l'amitié, dans l'amour et dans la société. Comment se soutenir, s'aider, s'aimer, se rejeter, tomber, mourir et revivre à trois... C'est à dire ne pas être seul, ne pas être un couple, en tout cas ne pas le rester, fermé aux autres, à l'autre, dans un vif échange de rôles, de positions, d'attitudes où l'on ne peut rester seul et où ce trois est déjà une société en germe.



Pôle Sud - Wooshing Machine - El pueblo unido jamas sera vencido

Montrer comment dans ce "un, deux, trois", on compte (pour l'autre, les autres), on se prend la main, et on tombe seul, mais les deux autres sont là. Mais si les deux autres tombent, on est seul. Mais ils se relèvent et on fait la ronde, ou un défilé, en levant le poing. Puis dans un grand élan de générosité on embrasse le monde.
Mais, quelquefois, des souvenirs moins gais ressurgissent, violence, prise d'otage, combat, manifestations, soulèvements, rassemblements historiques - I have a dream - qui basculent dans le rêve, le souvenir.


Pôle Sud - Wooshing Machine - El pueblo unido jamas sera vencido

La troupe tape dans des souvenirs personnels et les mélange dans des carambolages drôles, humoristiques, comme ce rêve de faire partie de la troupe de Pina Bausch, ou plutôt ne danse pas avec les autres parce qu'il est plus célèbre qu'elle parce que passé à la télé, ou cette scène - presque de comique de répétitions - de réactivation de jeux d'enfant "Je te tue, tu me tue" qui se s'achève par une crucifixion psychédélique sur un air de Jefferson Airplane et finit dans le disco. Ou encore cet extrait de danse sur la Rai 4 qui est remplacée par l'enterrement d'Enrico Berlinguer, avec des commentaires totalement décalés. Tout en bougeant magnifiquement les trois interprètes nous questionnent sur nos souvenirs, ce que nous pouvons avoir de commun, nos rêves partagés, nos espoirs et nos chutes également, au propre et au figuré. 


Pôle Sud - Wooshing Machine - El pueblo unido jamas sera vencido

Les rêves ici décrits ont-ils traversé les frontières, sont-ils encore vivaces, ces espoirs et ces luttes nous parlent-ils, ces chants de révolutions sont-ils encore entendus aujourd'hui ou ne sont-ce plus que des airs nostalgiques, comme un chiffon rouge qui s'agite au loin.
Et qui nous pousse à faire tabula rasa, table rase du passé pour réinventer autre chose, d'autres questionnements, d'autres rêves pour demain.
En tout cas, le trio nous aura au moins semé les germes de ces graines de rêve d'union et de victoire pour demain.





Et si vous vous souvenez de celà, vous avez gagné :



La Fleur du Dimanche

El pueblo unido jamás será vencido

A Pôle Sud le 18 décembre 2018

Conception : Alessandro Bernardeschi et Mauro Paccagnella
Chorégraphie et mise en scène : Alessandro Bernardeschi en collaboration avec Mauro Paccagnella
Interprétation : Alessandro Bernardeschi, Lisa Gunstone et Mauro Paccagnella
Création lumières et régie : Simon Stenmans
Bande son : Eric Ronsse (en collaboration avec Alessandro Bernardeschi)
Conseil vidéo : Stéphane Broc
Costumes : Fabienne Damiean
Production déléguée : Théâtre Les Tanneurs
Attachée de diffusion : Wendy Toussaint
Un immense grazie à Caterina Sagna  pour ses précieux conseils.
Production : Wooshing Machine / Cie Mauro Paccagnella
Coproduction : Théâtre Les Tanneurs / Charleroi danse, Centre Chorégraphique de Wallonie-Bruxelles / POLE-SUD - CDCN, Strasbourg / CCN de Tours - Direction Thomas Lebrun / Central, Centre Culturel Régional du Centre (La Louvière)
Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Avec le soutien de la Commission Communautaire Française
Accueil studio : CCN de Tours - Direction Thomas Lebrun / La Raffinerie Charleroi danse / Grand Studio

Mauro Paccagnella / Cie Wooshing Machine est artiste associé au Théâtre Les Tanneurs et en résidence artistique à Central, Centre Culturel Régional du Centre (La Louvière), est en résidence administrative au Théâtre Les Tanneurs et est accompagné par Grand Studio, Bruxelles.

dimanche 16 décembre 2018

Hippeastrum, une étoile pour l'hiver blanc et bientôt Noël

Au secours! La Fleur, revient...

Pour ce dimanche de neige d'avant Noël, je vous offre une fleur et un poème pour revenir aux traditions de la Fleur du Dimanche...


Hippeastrum - Photo: lfdd

Beaucoup de questions et de "bruit et de fureur" ces dernières semaines, mais posons-nous et, même si l'extrait que je vous offre parle de "Terreur", partons avec le TVA dans la blancheur de la neige qui dépose son tapis blanc et son silence (comme celui des Dieux dans Thyeste vu au TNS...) sur la ville, la campagne et nous.
Un poème d'Albert Strickler dans son journal 2017 "Ivre de vertige" le 7 janvier..

La neige
Le don du vierge
puis celui des traces

Le vertige de la page blanche
avant l'empreinte des mots
- chaque pas d'ailleurs fait un bruit qui crisse
de branche d'étoile qu'on casse -

Le miroir du silence
embué par l'haleine
du marcheur qui avance
le coeur en heurtoir contre le ciel

Albert Strickler


Avant le texte de Jean-Clément Martin extrait de son livre "Les échos de la Terreur. Vérité d'un mensonge d'Etat", je vous offre une vue de neige en écho au poème d'Albert:


Pas dans la neige - Photo: lfdd



Extrait - Jean-Clément Martin - Les échos de la Terreur"


Et pour la chanson, deux découvertes sur l'amaryllis, 

D'abord Cécile Corbel avec "Sweet Amaryllis"




Et puis Jacques Douai, avec une chanson du temps de Louis XIII: "Tu crois ô beau soleil"

Tu crois, ô beau soleil, qu'à ton éclat rien n'est pareil,
En cet aimable temps que tu fais le printemps
Mais, quoi, tu pâlis auprès d'Amaryllis?

Ores que le ciel est gai durant ce gentil mois de mai!
Les roses vont fleurir, les lys s’épanouir. 
Mais que sont les lys aux yeux d'Amaryllis?

De ses nouvelles pleurs, l'aube va ranimer les fleurs
Mais que fait leur beauté à mon cœur attristé 
Quand des pleurs je lis aux yeux d'Amaryllis?






Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

mardi 11 décembre 2018

Thyeste au TNS: Secret de famille, Silence de mort, noir !

Thyeste de Sénèque mis en scène par Thomas Jolly et créé au Palais des Papes au Festival d'Avignon a fait parler de lui. Autant dire que c'était un peu l'événement du dernier Festival qui arrive au TNS qui a coproduit le spectacle après une halte à la Villette à Paris et une tournée en Belgique et dans de nombreux théâtres en France.
Thomas Jolly qui est artiste associé au TNS en a fait la mise en scène et joue le rôle d'Athrée, le frère de Thyeste par qui le malheur - la malédiction familiale - va se concrétiser, et se continuer.


Thieste -  Sénèque - Thomas Jolly - Photo: Jean-Louis Fernandez

L'histoire que nous conte Sénèque, dans une traduction limpide et claire de Florence Dupont est "irreprésentable" au théâtre nous dit Thomas Jolly. "C'est un attentat à l'humanité et au fonctionnement de l'humanité".
Cependant cette histoire innommable, écho de l'Histoire de Tantale, leur grand-père qui ouvre la pièce est mis en scène dans une justesse incroyable. Sans utiliser des moyens extraordinaires - bien sûr il y a cette tête et cette main énorme, mais il faut bien comprendre que les hommes, même les rois, ne sont que peu de choses - la pièce nous entraîne dans un rythme soutenu, porté et rythmé par la musique efficace en diable de Clément Mirguet qui soutient le récit et les lumières qui savent à la fois jouer des clairs-obscurs et des éclairs que des spots tournant - c'est vrai qu'Apollon joue un grand rôle dans cette histoire. La monstruosité des actes fait fuir les Dieux et plonge le plateau dans le noir.


Thieste -  Sénèque - Thomas Jolly - Photo: Jean-Louis Fernandez

Thomas Jolly nous conte ce récit de la métamorphose d'un homme en un être monstrueux, comme une "expérience poétique et empathique".

Cette monstruosité résonne totalement de nos jours et la réflexion de Thomas Jolly dans le livret du spectacle à propos de Thyeste et quand il cite Sénèque reste à méditer: 
"Les pires monstres sont ceux dissimulés, ceux qui s’ignorent. Atrée est, en quelque sorte banal, c’est pour ça qu’il est dangereux: il n’est pas repérable. Si l’on échappe à sa parole intime, on ne le "voit" pas. Le monstre contemporain n’est pas visible − comme Atrée en son temps. Le théâtre est peut-être fait pour cela : exhiber des monstres pour mieux nous les faire connaître. D’ailleurs "monstre" est lié à monstration, monstrare… le monstre est montré parmi les
hommes parce qu’il bouleverse l’ordre établi. C’est éminemment théâtral. 
....
Un homme seul, Atrée, entraîne toute l’humanité dans le chaos. Cette maladie humaine qui se nourrit d’ambition, de rage, d’égoïsme forcené, etc., Sénèque en parle dans De la colère: "Soyons donc entre nous plus tolérants : méchants, nous vivons parmi nos pareils. Une seule chose peut nous rendre la paix: c’est un traité d’indulgence mutuelle."


Thieste -  Sénèque - Thomas Jolly - Photo: Jean-Louis Fernandez

Et cet Atrée n'est pas pire que son frère, et c'est l'objectif de Thomas Jolly de nous le rendre familier, proche en endossant ce rôle. Et en nous contant une histoire issue de la mémoire des hommes dans une forme qui nous permet d'y adhérer totalement tout en nous laissant bouleversés à l'arrivée.




Si  vous n'avez pas encore vécu cette expérience cathartique, ni à Avignon, ni à Strasbourg, ni ailleurs, cherchez sur le site de La Piccola Familia où vous pourriez aller le voir.

Le Fleur du Dimanche


Thyeste
Texte Sénèque
Traduction Florence Dupont
Mise en scène Thomas Jolly

Avec
Damien Avice Thyeste
Éric Challier Tantale
Émeline Frémont Le Choeur
Thomas Jolly Atrée
Annie Mercier La Furie
Charline Porrone Le Courtisan
Lamya Regragui Le Messager
Et deux enfants

Collaboration artistique Alexandre Dain
Assistanat à la mise en scène et dramaturgie Samy Zerrouki
Scénographie Thomas Jolly, Christèle Lefèbvre
Musique Clément Mirguet
Lumière Philippe Berthomé, Antoine Travert
Costumes Sylvette Dequest
assistée de Magali Perrin-Toinin
Maquillage Élodie Mansuy
Vidéo Fanny Gauthier

Spectacle créé le 6 juillet 2018 au Festival d'Avignon. Le texte est publié aux éditions Actes Sud.
Costumes fabriqués par les ateliers du TNS et La Piccola Familia. Décor réalisé par Le Grand T, théâtre de Loire Atlantique et La Piccola Familia.
Production La Piccola Familia, Festival d’Avignon, Théâtre National de Strasbourg, Comédie de Saint-Etienne, Centre dramatique national

Coproduction ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d'Azur, La Villette - Paris, Théâtre de Caen, La Criée Théâtre National de Marseille, Centre dramatique national de Normandie Rouen, Théâtre de l’Archipel Scène nationale de Perpignan, Le Grand T, théâtre de Loire Atlantique, Les Célestins Théâtre de Lyon, anthéa