vendredi 25 novembre 2016

St-Art est lancé - 4 jours pour l'Art contemporain à Strasbourg

St-Art a vu son lancement hier, il reste 4 jours pour découvrir l'art contemporain dans la Deuxième foire de France (cf mon billet du 19 novembre).

La Fleur vous accueille dès l'entrée:


ST-ART 2016  - Ouverture avec fleurs  - Photo: lfdd


Ainsi que la Fondation Maeght avec un focus sur la figure humaine et l'espace, ici un crâne, le "Crâne de Bossuet enfant" de Erik Dietman - oui c'est un crâne avec un nounours au sommet, regardez bien et ouvrez l'oeil - parce que l'art ça se regarde aussi...


ST-ART 2016  - Erik Dietman - Fondation Maeght - Photo: lfdd


Et allez voir Anne Ferrer et ses fleurs (carte Blanche de Michel Nurisany) avec la création sonore de John Nichols:


ST-ART 2016  - Anne Ferrer - carte blanche Michel Nuridsany - Photo: lfdd

La satisfaction aussi de voir l'association l'Art au-dela du Regard acve dans la médiation pour les non-voyants d'avoir une belle place et le soutien toujours renouvellé de beaucoup d'artiste. Ici, des fleurs de Sylvie Lander (il y a même de l'or sur les oeuvres!) et Raymond E. Waydelich avec son chat et sa Schmierwurst en "mémoire" à la Coopé:


ST-ART 2016  - Art au delà du Regard - Sylvie Lander - Raymond E. Waydelich - Photo: lfdd
 
Faites-vous plaisir et à bientôt pour d'autres images...

Bonne visite, Bon St-Art

La Fleur du Dimanche

Live @ Home #8 des Percus: Errances en scène

Errance est le maître mot qui caractérise cette 8ème soirée où les Percussions de Strasbourg nous reçoivent chez eux, avec d'autres musiciens, des compositeurs et un chef d'orchestre avec son Studio - l'ExperimantalStudio de la radio SWR de Fribourg - Freiburg, avec Detlev Heusinger.  

Errance des sons qui se promènent et se transforment sur scène et dans la salle, errance de la composition "Rizzonanze erranti" de Luigi Nono qui a traversé quelques "états" avant d'arriver jusqu'à nos oreilles, errance des silences aussi. Et errance des musiciens de la pièce de Flo Menezenes "S(c)enario".
Errance également des sources d'inspiration et des citations qui - pour chaque pièce - sont un chemin entre des textes de philosophes ou de poètes et des compositions des siècles passés qui alimentent ce trajet avec des va-et-vient, de transformation de perte et de construction.


Percussions de Strasbourg - Live@home 8 - Photo: lfdd


Pour la première pièce "Rizzonanze erranti", Luigi Nono cueille quelques mots dans un texte d'Herman Melville et un poème d'Ingeborg Bachmann pour en tirer - étirer la sustantifique moelle dans cette composition Zen de quarante minutes où, passant d'un "abysse" à du pain, de la faim (Hunger), la disparition, la mort et le désespoir (Verzweiflung), nous aboutissons, si nous sommes patients à "Ich? Du? Er? Sie? Wir? Ihr?" (moi? toi? lui? elle? nous?). Ce chemin, nous le faisons à moitié dans le silence qui nous fait entrndre la musique, essentielle, et la voix qui se mélange et se fond dans le son des instruments. Cette alternace entre silence, sons et percussions qui quelquefois nous surprennent par leur force nous emmènent errer ailleurs. Le tuba de Florain Coutet, la flute d'Ayako Okubo, la voix de Suzanne Otto (alto), les bongos, crotales et clochettes sardes, essentiels dans leur essence, quelquefois voilents, mais aussi se transformant d'un insturment à l'autre et également avec ll'électronique nous transportent dans un voyage sidérant.


Percussions de Strasbourg - Live@home 8 - Photo: lfdd


La voyage du "S(c)enario" de Flo Menezenes sera lui plus festif et plus expansif, avec un jeu sur le chiffre six - six parties explorant différentes variations des percussions sur six sccènes, dont une centrale qui être la place du soliste qui est la source sonore du travail "electronique" sur le son avec les trois possibilités - transformation du son, décalage temporel et transformation de la structure même de la forme sonore. Les six musiciens des Percussions, passant d'une scène à l'autre entre les différentes parties, avec un passage au centre pour chacun.
La pièce composée en l'honneur des cinquante ans de Percussions de Strasbourg a aussi été créée l'année des cinquante ans du compositeur en 2012.

Ces deux pièces ont montré le dynamisme des Percussions de Strasbourg - qui viennent de sortir un premier disque "Burning Bright"* d'Hugues Dufourt et qui a obtenu le Diapason d'Or.

Bonne continuation

La Fleur du Dimanche

"Burning Bright"* d'Hugues Dufourt sera joué le 10 décembre à l'Eglise Saint Paul à Strasbourg - entrée libre
Deux autres concerts : "Le tour du monde en percussion" 
le 11 décembre à 17h00 à Scheibenhard 
et le 21 décembre à 20h00 à Diemeringen - entrée libre. 

dimanche 20 novembre 2016

Jubilée, jubiler ou se venger... du temps

Le billet du jour va revenir sur quelques réflexions tirées de lectures récentes, et sans très grand enjeu philosophique. Le tôt de TVA baisse, il se fait tard!

Tout d'abord des fleurs de fin de saison:


Fleurs jaunes - Photo: lfdd


Et en premier TVA, une réflexion philosophique d'une auteure de romans policiers Val McDermid
"Ma mère m'a toujours dit que la meilleure des vengeances, c'est d'avoir une bonne vie


Je vais essayer d'en suivre les préceptes et vous offre les deuxièmes fleurs en vous informant, si vous ne le saviez pas, que le 17 novembre Sophie Marceau a fêté son jubilé, comme 450.00 françaises et la journaliste qui me l'a fait découvrir dans Le Monde, Guillemette Faure et son article "Je suis apaisée, cela me fait une belle jambe".

Grâce à elle, j'ai appris que la "femme de 50 ans aime trouver son bonheur dans les "petits riens" (plutôt que les gros touts). La femme de cinquante ans sans amant "redécouvre les plaisirs de l'amitié". Avec un amant, elle se sent "moins dans la performance" (ça tombe bien).(....)"
Je pense à toutes ces amies qui viennent de fêter leur anniversaire ou qui vont le fêter et qui ont eu cinquante ans ou plus... Et me demande si elles jubilent, ou rêvent de se venger....


Fleurs violettes - Photo: lfdd

La vengeance est un autre sujet qui apparemment est d'actualité, puisqu'un autre article dans le même journal, intitulé "Vipère sur étagère" de Zineb Dryef fait le tour des derniers ouvrages mus par ce sentiment dans leur écriture. Un philosophe, Michel Erman nous l'explique en disant que "Le geste est rageur parce que la blessure narcissique est  profonde. Répondre par un livre est une vengeance très narcissique.
Cependant, une autre auteur-philosophe, Ollivier Pourriol dit que quand il a écrit un livre (de vengeance?) On/Off (Nil): 
"Je n'ai pas signé de contrat avec mon éditeur avant d'avoir fini mon livre parce que je m'étais promis de renoncer à le publier s'il n'était que thérapeutique. Je ne voulais pas prendre le risque du ressentiment. El puis le témoignage brut ne m'intéressait pas. Je voulais trouver un enjeu littéraire et raconter le fonctionnement d'un système, indépendamment des personnes qui l'actualisent."
Effectivement la vengeance peut être un plat qui se mange en lisant un bon livre et il vaut mieux s'appeler Dante et se venger du Pape Boniface en lisant l'Enfer (chaud !) que les querelles de cuisine et d'arrière-cuisine de nos politiques et journalistes actuels.

Mais, comme le dit Etienne Kern dans son livre "Une histoire de haine d'écrivains" "Nombre de duels ont peut-être été évités grâce à ces règlements de compte littéraires."


Ginkgo jaune sur bleu - Photo: lfdd



Pour finir en chanson, d'abord Patti Smith nous chante son Jubilee:



Je vous dispense de la "Vengeance" de Benjamin Biolay et vous propose d'une part la "Vengeance d'une louve" des "Brigitte" vu l'orientation du billet du jour:




En clin d'oeil le début des paroles (à écouter jusqu'au bout !):
"Hey!!! 
Toi la nymphette! 
Toi la vedette! 
Toi les gambettes! 
A quoi tu joues avec mon mec?"
Et une "Vengeance" de Zack Hemsey:





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche 

Rêve d'Automne au TAPS Scala: Rendez-vous chez les fantômes de l'amour

Olivier Chapelet* aime se frotter aux grands textes, entre Sénèque, Racine dont on se souvient de son "Bérénice" créé en 2014 au TAPS Scala de Strasbourg et ici, Jon Fosse.
Avec "Rêve d'Automne" le challenge est grand. Et Olivier Chapelet dans sa note d'intention le dit: "Le théâtre de Jon Fosse ne se lit pas, il se joue. La partition qu'il livre, avec ses didascalies souvent incontournables, prend corps définitivement sur la scène...
Au premier rang,... il y a les cinq comédiens, leur silhouette, leur voix, leur intelligence sensible et la grande maîtrise de leur art. C'est avant tout à travers eux que passera le théâtre..."

Il a raison, et a fait le bon choix, celui des comédiens qui vont "donner corps aux mots par leur simple présence, leus regards échangés, la force leur relation...."
Car cette pièce, très forte, tout en rupture de rythme et de temporalité, bien que baignée tout au long dans une ambiance très onirique, a besoin que les comédiens "soient" les personnages et les laisse vivre et respirer. 
Nous ne pouvons que saluer la performance de chacun de ces cinq comédiens - Fred Cacheux pour l'homme, Aude Koegler pour la femme, Françoise Lervy pour la mère, Jean Lorrain pour le père et Blanche Giraud-Beauregard pour Gry, l'ex-femme -  tous impeccables qui, sans que l'on s'en rende compte, c'est cela la force de leur jeu, portent la pièce tout en délicatesse et en finesse. 
La discrète touche sonore et musicale d'Olivier Fuchs pose le tapis d'ambiance et les lumières de Stéphane Wolffer mettent la lummière sobre et nocturne dans la scénographie d'Emmanuelle Bischoff.




La pièce, dans son histoire et sa construction peut à priori sembler complexe avec les superpositions temporelles et les sautes d'époques qui procèdent autant d'un univers onorique ou de songe d'un soir d'automne que du langage du cinéma avec ses flashes-back ou sauts dans le futur. Mais en définitive, si on se laisse porter par la mise en scène et les enchaînements, nous premons un plaisir de démiurge à connaître et dérouler le fil de la vie de cet "homme" autour duquel se tissent des relations et des ruptures. Avec sa femme, une autre femme fantasmée puis litérallement consommmée, sa mère, caricature à souhait de la mère/belle-mère, et le père rassurant, niant et fuyant.
Tout ce beau monde se rencontrant dans des scènes tour à tour touchantes, caustiques, de passion ou d'amour, d'humour ou de tendresse, et de tristesse... 

Cela se passe dans un cimetière, autour de cet "homme", assis là sur un banc. Il va rencontrer une ancienne connaissance dont il fantasmait l'amour.
"Tu sais
ce que je pense
Je pense que je suis peut-être venue ici
dans ce cimetière
je veux dire
pour te rencontrer

C’est peut-être ça".

C'est l'occasion d'une réflexion sur l'amour, le désir et la mort...
Puis vient sa mère - à l'occasion de l'enterrement de sa grand-mère, et son père un peu fantôme. Puis, dans une autre temporalité et en sandwich deux duos - belle-mère et compagne d'une part et père et fils d'autre part. L'arrivée de Gry, l'ex-femme va accélérer le tourbillon ou plutôt les va-et-viens temporels. Et nous emmener vers des interrogations sur le lien, la disparition et la mort. 

Jon Fosse disait: "Ce qui fait que le théâtre puisse devenir de l'art, c'est tout simplement qu'on y entende une voix que l'on n'a jamas entendue auparavant."

Et avec "Rêve d'automne", on "entend des voix" et on y croit !

Bon Spectacle

La Fleur du dimanche

*Olivier Chapelet est directeur artistique de la compagnie OC&CO et Directeur des TAPS -Scènes strasbourgeoises

Représentations:

Dernière au Taps Scala le 20 novembre 2016 à 17h00
Les 24 et 25 novembre 2016 à la Comédie de l'Est à Colmar
Le 29 novembre 2016 à l'Espace Culturel de Vendenheim
Le 1er décembre 2016 à l'Espace Bernard-Marie Koltès à Metz
Le 17 janvier 2017 à l'Espace Athic à Obernai

samedi 19 novembre 2016

St-Art 2016 – les promesses de l’Art – dans une semaine, c’est déjà parti

Que nous promet St-Art cette année pour sa 26ème édition? 
St-Art, première foire d’Art contemporaine de France hors Paris nous annonce 100 galeries dont 40% internationales, 500 artistes de 20 nationalités différentes sur 1.000 mètres carrés d’exposition.

L’invité d’honneur de cette année, après la Maison Européenne de la Photographie l’année dernière c’est la Fondation Maeght  et Olivier Kaeppelin, son directeur sera critique d’art « invité » qui remplace Michel Nuridsany, ce dernier supervisant une exposition consacrée à Anne Ferrer, à qui FRAC à Sélestat avait consacré un exposition "Dites-le avec des Fleurs"il y a déjà pas mal d’années (en 2000 !), et l’on se souvient encore de ses énormes fleurs roses. Nous aurons sûrement le plaisir d’en revoir à St-Art.

Anne Ferrer - Composite  2015


La Fondation Maeght, créée à l’initiative du couple Aimé et Marguerite Maeght, présentera une vingtaine d’oeuvre d’artistes contemporains majeurs, dont Picasso, Miro, Giacometti, Calder, Immendorf, Sam Francis, Gasiorovski, Djamel Tatah, François Rouan ou Eric Dietman.

Joan Miro - Naissance du jour III  - (c)Miro


En ce qui concerne la nouvelle organisation de la foire qui se veut plus "lisible", neuf axes ont été définis :

L’édition 
avec les Editions Bucciali de Colmar, L’Estampe à Strasbourg, et Galerie Jean Greset de Besançon.

Peter Klasen - Texaco - Gallerie l'Estampe


L’hyperréalisme
Déjà présent les années précédentes, un secteur dédié lui est consacré avec la Galerie Jal et la SALAMON&C Art Gallery de Milan.

Le street art
Ce n’est pas nouveau, l’art urbain a trouvé son public et le street art sera visible avec les galeries: 
Art to Be Gallery de Lille,  Berthéas les Tournesols de Saint-Etienne, GCA Gallery de Nice, Orange Cobalt de Rueil-Malmaison et SAMHART GALLERY de Montreux.

Marcos  Gardenas - Galerie  Sala Pares

La photo
Suite à l’exposition de la MEP, l’année dernière, le secteur photo se développe avec les galeries Art Course de Strasbourg, The Art Shop Gallery d’Amsterdam, Cervantes d’Espagne, Laurence Esnol de Paris et Noorforart Gallery d’Aix en Provence.


Julie Poncet - Comme un Poisson  - Noorforat Gallerie

Les solo shows
Comme l’année dernière, plusieurs galeries proposent des focus sur un artiste: 
Au delà des apparences d’Annecy, Galerie Mader de Paris, Galerie Nicolet de Robion...

Francois Malingrey - les marcheurs - Gallerie Gillig

Le secteur historique
Des galeries fidèles viennent ou reviennent à ST-ART avec des propositions d’artistes historiques :
Galerie Arnoux - Paris, Galerie Barthelemy Bouscayrol - Biarritz, Galeria Marc Calzada - Barcelone, Galerie NAJUMA - Marseille, Red room - Lyon, Galerie Bertrand Trocmez - Clermont Ferrand.

En tout cas, il y aura du nouveau au niveau des galeries cette année, plus de 30 qui viennent pour la 1ère fois.

Chillida - Ancara -  Gal. Bouscayrol

Cartes Blanches 


La Ville de Strasbourg
La Ville de Strasbourg présente pour l’édition 2016 une carte blanche dédiée à une sélection d’artistes qui sont en résidence au Bastion 14 et le quitteront en 2017 comme prévu au bout de quatre années. 
Ce sont: Camille Brès, Vincent Chevillon, Caroline Gamon, Delphine Gatinois, Marius Pons de Vincent, Mélanie Vialaneix et Gretel Weyer. Ces artistes ont pour la plupart déjà exposé leur travail et sont aujourd’hui des professionnels confirmés.

FRAC du Grand Est
Une deuxième carte blanche est donnée aux FRAC du Grand Est, qui, bouleversement politique oblige, interrogent la notion de « territoire » à travers les oeuvres des artistes
Vincent Leroux, Marcel Dinahet, Robin Rhode, Nicolas Boulard, Ann Craven, Jimmie Durham et Neal Beggs.

Bâle
La troisième carte blanche accueille la Ville de Bâle avec ses Musées, Fondations et institutions

Un autre signe d'ouverture de St-Art est la collaboration avec les intitutions culturelles de Strasbourg, avec Appolonia, L'Arthotèque, La Chambre, La HEAR, Le Maillon.

Et nous ne pouvons que nous réjouir que la présence de l'association l'Art au-delà du regard dont le travail de sensibilisation auprès de grand public et l'activité de passeur auprès des personnes mal-voyantes partout en Alsace est remarquable, et dont la participation fidèle et historique à St-Art est un rendez-vous incontournable - ne serait-ce que pour les "éditions spéciales" des artistes sur le stand - ait été confirmée.

Bonne exposition, bon St-Art

La Fleur du Dimanche

jeudi 17 novembre 2016

La revue de la Choucrouterie : les fous sont lâchés pour 4 mois et des boulons

Il est de tradition le 11 novembre à 11 heures 11 minutes, de lancer les festivités du carnaval dans les pays  de culture germanique. 
A Strasbourg, la tradition du cabaret ressuscitée par la Choucrouterie depuis de nombreuses années nous gratifie à chaque automne d’une nouvelle vendange de sketches et chansons dans une revue "bipolaire" - en français et en alsacien, dans deux salles adjacentes.
Avec "Droit d’asile... de fous !! – Narrestall", c’est un véritable marathon de presque deux heures et demie auquel les comédiens dont il faut saluer l’énergie se livrent chaque soir entre le 16 novembre et le 26 mars (s’ils ne jouent pas les "prolongations").  Et le marathon est également un marathon de rire. Parce que la trentaine de tableaux que nous proposent les comédiens alertes font mouche et nous écrouler de rire très souvent.


Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous - Phot: lfdd

D’ailleurs la vendange 2016 est parmi les grands crus. On y parle de politique, bien sûr – les maires de Strasbourg – le toujours éffacé Ries – et Colmar – Chilbert Meyer dans toute sa splendeur – et même les trois maires du vignoble KB qui célèbrent leur "divorce à trois", mais aussi les présidents de la Région ou du département du Haut-Rhin - dans le spectacle en Français, le Bas-Rhin n’a pas de président (il va sûrement téléphoner à Siffer) - ou les élus Mathieu Kahn (méconnaissable Arthur Gander ;-) dans un sketch avec Karl Lagerfeld) ou Eric Elkouby ne sont pas oubliés. Nous avons même droit à la visite de la ministre des transports pour un "diner des cons" et à une déferlante Morano bien emportée par la nouvelle recrue Margaux Lagleize.

Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous  - Margaux Lagleize - Sébastien Bizzotto - Phot: lfdd

Cette dernière, dont c’est le baptême du feu (fou) ne manque pas de flammes (folles) et est à l’aise autant dans les rôles de politiques que de Belge – agent de sécurité survitaminée – d’Anglaise en Birkin chantant le brexit en cul de poule ou de vedette méridionale de la télévision culinaire rétro dans un numéro de cuisine électorale d’actualité.  
Le duo Sébastien Bizzotto, Arthur Gander semble lui aussi s’être trouvé au point de vouloir annoncer leur mariage au couple Roger Siffer - Suzanne Mayer qui eux ont annoncé avoir dit "Oui". Jean-Pierre Schlagg fait lui aussi un retour avec des rôles qui lui collent comme un gant. Laurence Bergmiller en Trautmann, secrétaire de Chilbert ou qui "se lâche" en nonne qui dé-conne confirme son talent et Guy Riss en "roi des fous" de cette revue prouve que le modèle n’a pas forcément besoin d’être un grand penseur pour avoir du succès. 

Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous  - Margaux Lagleize - Sébastien Bizzotto - Phot: lfdd


Le tableau ne serait pas complet si l’on ne parlait de la musique, les chansons adaptées à l’actualité comique, politique et humoristique cette année sont d’une très bonne qualité – s’il ne fallait en retenir qu’une ce serait le "Mini-mini burkini" qui nous permet aussi de saluer la créativité des costumes de l’équipe de Carole Deltenre et Pauline Squelbut - et ne pas oublier les pianistes Erwin Siffer (version française) et Jean-René Mourot (version alsacienne) qui sont essentiels, entre autres pour permettre aux comédiens courant d’une pièce à l’autre, d’une "cage à fous" à l’autre  (française et alsacienne). Une mention pour Sébastien Bizzotto qui lui aussi joue sur différents tableaux, claviers et octaves...





En tous cas, il faut remercier ces fous qui nous prédisent l’avenir et nous lisent le passé au filtre de l’entonnoir, mais comme le disait Sébastien Bandt "pas si fous que çà" et surtout "heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière" et comme Fessenheim doit s’arrêter, nous avons toujours la Tomme du Ried, et comme le spectacle "Droit d’asile…  de fous !! – Narrestall", la Tomme du Ried fait "boum". 

Bon Spectacle 

La Fleur du Dimanche

DROIT D'ASILE... DE FOUS !!

"NARRESTALL !"




Texte : Équipe de la Chouc' - Mise en scène :  Pierre Diependaële, Louis Ziegler - Chorégraphies : Étienne Fanteguzzi - Scénographie, costumes et accessoires : Carole Deltenre, Pauline Squelbut et leur équipe - Construction : Dimitri Clauss et Eric Desvignes - Piano : Erwin Siffer ou Jean-René Mourot - Avec : Laurence Bergmiller, Sébastien Bizzotto, Arthur Gander, Margaux Lagleize, Susanne Mayer, Guy Riss, Jean-Pierre Schlagg et Roger Siffer - Lumière : Cyrille Siffer - Production : APCA-Théâtre de la Choucrouterie.

Du 16 novembre 2016 au 26 mars 2017

mardi 15 novembre 2016

Quescequetudeviens? La triangulation du double de la danseuse - Terre, Feu et Eau

Une pièce d'Aurélien Bory saura toujours nous surprendre, nous attendre là où on ne pensais pas la trouver...


Quescequetudeviens? - Aurélien Bory - Stéphanie Fuster


Quescequetudeviens? question à perdre haleine à une danseuse qui se lance dans le flamenco à bout de souffle nous présente la trajectoire de vie d'une jeune femme Stéphanie Fuster qui est à la fois le sujet et l'action de cette nouvelle création de celui que l'on peut appeler à juste titre "magicien de la scène" (voir le billet du 11 avril 2015 sur son précédent spectacle).


Quescequetudeviens? - Aurélien Bory - Stéphanie Fuster

Parce qu'Aurélien Bory, avec un espace, de la lumière et de l'action - ici en l'occurence la danse flamenco magnifiquement interprétée par Stéphanie Fuster - nous emmène dans un parcours sans faille ni brèche sur un fil de vie qui se déroule sur une heure de spectacle et une scène dont on ne pressent pas les transformations qu'elle va subir.


Quescequetudeviens? - Aurélien Bory - Stéphanie Fuster


Il faudrait d'ailleurs, comme pour les tours de magie ne rien révéler du spectacle, ne pas dévoiler le fil qui se tisse du début à la fin, de la naissance d'une passion à la fin,l'épuisement,l'agonie.
Ne pas parmer de la magie de ce corps qui se dédouble pour devenir dormeuse, masque, coiffe, ne pas de cet espace que l'on croyait ouvert et que devient piège, cage, tableau sur lequel on épingle des trophées du corps féminin - où le rouge de la vitrine à femme devient anthropométrie papillon.
Ne pas dévoiler les dialogues du double de la danseuse qui se perd dans son image muette et séparée ou araignée d'eau sur un miroir magique.


Quescequetudeviens? - Aurélien Bory - Stéphanie Fuster


Mais nous pouvons dire que la scénographie d'Aurélien Bory suit un parcours sans faute, que les maginifiques lumières d'Arno Veyrat transcendent l'espace et nous emmènent d'un tableau à l'autre dans une fluidité remarquable et que surtout, avec ses deux complices,  musicien et chanteur - José Sanchez à la guitare et Alberto Garcia au chant, dont on sent le dialogue à trois - la performance dansée de Stéphanie Fuster est un parcours sans faute. Elle sait varier les plaisirs, les styles, tout en maitrisant superbement la technique et en tout en restant attachée à l'âme du flamenco, elle est définitivement contemporaine (le passage, entre autres, chez Israel Galvan est sensible). Et surtout, il faut bien avouer que Stéphanie Fuster danse magnifiquement ce qu'elle sent comme l'âme du flamenco.


Quescequetudeviens? - Aurélien Bory - Stéphanie Fuster

A voir absolument.

Un petit apperçu pour vous donner envie d'y aller vous-même:


La Fleur du Dimanche  


Quescequetudeviens? 
Pièce d'Aurélien Bory - Compagnie 111
pour Stéphanie Fuster
Au TJP Grande Scène
le 15 et 16 novembre 2016 à 20h30
Bord de scène le 16 novembre

A venir le 19 mars 2017 à 15h00 et 17h00
COPRS NOIR
Installation Performance d'AUrélien Bory pour Stéphanie Fuster
Au MAMCS - Strasbourg