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vendredi 15 novembre 2024

IA d'la Joie à la Choucrouterie: L'intelligence Alsacienne avec humour et knak(e)s

 30 c'est le nombre de revues que nous a déjà proposé Roger Siffer et sa formidable - et inoxydable - équipe de joyeux lurons dans la Choucrouterie, ce cabaret à Strasbourg où l'on rit deux fois plus que normalement.


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


D'une part en Français, et, juste à côté en Alsacien. Mais différemment. Parce que les deux humours ne sont pas forcément les mêmes. Ce qui provoque quelque décalage - et explications de textes sur le mode d'emploi des deux versions de cette nouvelle revue "IA d'la Joie" et "IA IA het Sie g'sait un..."  . "Ah Voilà!"


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

30, c'est aussi la limitation de vitesse dans les zones de convivialité et qui nous donne droit à un magnifique sketch sur la cohabitation en ville et les rencontres, superpositions, frictions, ballets entre piétons, automobilistes, cyclistes... et... chute en trottinette, très bien senti, écrit et décrit, et dansé. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Cela nous permet de saluer toute la partie dansée et chorégraphiée qu'ont développé les comédiennes et comédiens et à laquelle on ne prête pas toujours attention. Les chorégraphies conçues Charlotte Dambach pour la revue de cette année sont quelquefois très osées. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Pour certaines scènes, les interprètes en arrivent à pousser les murs de la très petite scène de la Chouc' et à agrandir l'espace avec leurs voltes et leurs cabrioles et leurs manèges. Un grand bravo aussi aux créatrices des costumes et de la scénographie, Carole Deltenre et Estelle Duriez et leur équipe qui ont fait preuve d'imagination et de talent pour des costumes nombreux et à la fois beaux et originaux qui collent parfaitement aux différents sketches. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Pour n'en citer que quelques-uns, justement les costumes de ce sketch (entre autre le chapeau des automobilistes, véritable oeuvre d'art, celui du Dr Paul Watson (qui veut sauver les baleines dans ls lac de Gérard dans les Vosges) ou le chapeau "Nid de Cigogne" plus vrai que nature ou les costumes d'inspiration Bauhaus et Schlemmer - surtout le magnifique costume de Suzanne Mayer. Sans oublier le costume à poches kangourou de la sirène Barseghian et la coiffure "requin" de Jean-Philippe Vetter..... Et j'en oublie...


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


Le rythme ne faiblit pas tout au long des presque deux heures de spectacle où les deux douzaines de tableaux s'enchaînent sur un rythme fou, à l'image du sketch "Les Urgences" où les deux protagonistes n'endossent pas moins d'une quinzaine de fonctions face à un client venu cherche un paquet. L'alternance entre critique de l'actualité, égratignâge des personnalités politiques ou faits de société alterne avec des tableaux chantés - et dansés où les mélodies connues font passer des message avec des paroles écrites sur mesure. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

L'Y'a d'la joie de Trenet qui inspire le titre français de la revue est l'occasion d'un panorama de l'I.A. qui "oublie" la "plus belle des Vallées" (Le Val de Villé natal de Roger Siffer). L'I.A. qui permet aussi la résurrection de Chilbert Meyer ex-maire de Colmar - et le jeu de mots-valise délirants de Guy Riss dont le dictionnaire personnel doit aussi peser le double d'un dictionnaire normal. Ou une variations surréaliste du triangle amoureux. Capri c'est fini nous offre dans une tendance nostalgique et émouvante et même poignante une ode amoureuse à la disparition des Caddie. Le summum de l'émotion étant atteint par la version Je l'aide à mourir de la chanson de Francis Cabrel, dans une mise en scène sobre et très psychanalytique de "l'aidant" sur des paroles  très fortes et touchantes qui pourtant manient un humour des plus noir. Ne serait-ce le sujet, le texte de Sébastien Bizzotto et son interprétation nous saisissent. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Les aventures du grand Tétras par Béatrice Keck sur la chanson de Néna est plus poétique. Et les Castors permettent une belle mise en fable de la politique. La politique qui n'est bien sûr pas absente, avec le discret et controversé ministre alsacien (ou lorrain ?) du gouvernement et les péripéties de l'opposition à la municipalité strasbourgeoise où chacun en prend pour sa veste (certaines se retournant trop souvent). 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

La Maire de Strasbourg (dynamique et expressive Marie Hattermann) n'étant pas en reste quand elle plonge dans le bain des réseaux sociaux sou la houlette de sa conseillère (imperturbable Susanne Mayer). 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Arthur Gander incarne quelques personnages hauts en couleur, dont le "videur" du marché de Noël changé de gérer les "invasions" au ralenti de Vikings (Lines) aux tempes grises et le supporter du Racing qui fait "grève" et qui, dans le tableau qui succède découvre son besoin de tendresse dans un duo viril et touchant avec Sébastien Bizzotto. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

N'oublions pas l'inénarrable Jean-Pierre Schlagg dont on nous raconte le sketch (interdit aux Français) sur le bureau de vote) et Nathalie Keck qui officie aussi principalement dans la salle "alsacienne" - et biens sûr Magalie Ehlinger qui viendra remplacer dans le futur Marie Hattermann. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


Jean-René Mourot, lui joue du piano à quatre mains, deux alsaciennes et deux françaises, ce qui ne l'empêche pas en plus de donner la réplique sur certaines scènes et également de chanter à l'unisson. Un véritable homme-orchestre. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Et une équipe sur scène qui se démènent comme vingt, et ce n'est pas en vain. Rendons encore un grand hommage à Céline d'Aboukir qui a réussi un mise en scène trépidante et à Cyrille Siffer qui apporte toute la lumière sur la(les) scène(s). Et les tâcherons de l'ombre, j'ai nommé les graphomanes anonymes qui entre jeux de mots et mots d'esprits nous instillent humour et pensée critique sur les moeurs de nos concitoyens et les agissements de nos femmes et hommes politique. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Un grand merci et cent mille bravo (comme des ballons) à cette belle troupe à laquelle nous souhaitons encore une belle destinée pour cette nouvelle cuvée du trentenaire.


La Fleur du Dimanche 


IA d'la Joie" et "IA IA het Sie g'sait un...

A la Choucrouterie du 15 novembre  2024au 30 mars 2025

vendredi 11 novembre 2022

La "Revue" de la Chouc' Ils ont un vélo dans la tête, l'humour en roue libre

 Après une belle prise d'élan pour repartir sur les chapeaux de roue l'année dernière (En vert et contre tousse), la joyeuse bande de comédiens de la Chouc' (la Choucrouterie pour les intimes) sont repartis du bon pied - ou plutôt de la bonne roue pour une nouvelle saison de revue ce 11 novembre -  traditionnellement le lancement de festivités de carnaval dans les pays germaniques. Reportée pour cause de Covid puis avancée pour les mêmes raisons l'année dernière, la nouvelle saison a failli se faire piéger par cette zoonose (un des sketche du nouveau spectacle) qui a touché un récent dimanche en pleines répétitions l'ensemble de l'équipe qui pourtant est présente de pied (ou de pédalier) ferme.


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Comme à son habitude, les deux spectacles parallèles (une salle pour la revue en Alsacien et une pour les francophones) sont un savant cocktail débridé de blagues, de critique de la politique (un peu moins cette année, les politiques ne seraient-ils plus des "modèles"), de la vie courante, avec des séquences chantées et dansées qui s'enchainent dans une course (contre la montre?) à couper le souffle. Du souffle, les comédiens en ont, pour sauter d'une salle à l'autre et pour chanter et danser pendant presque deux heures sans faiblir.


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Et l'on a donc droit à toute une série de scènes drôlatiques et critiques, de l'ouverture du marché de Noël par Jeanne Barseghian et Stéphane Bern, et... Brigitte Fontaine (je vous laisse en deviner la consistance), une conpétition dans une émission TV de la même Jeanne Barseghian avec comme adversaire la préfête de région. 


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Une séquence surréaliste à la limite de l'absurde entre un client et son banquier où l'on passe de la Poste à la SCNF et par la gendarmerie. Il sera question d'un réveillon du futur dans un climat tropical, de surcharge de travail dans les hôpitaux (avec un mort qui traîne toujours dans le couloir), d'une réunion syndicale du personnel de différents musées (magnifiques figures de la Belle Strasbourgeoise (Magalie Ehlinger), du penseur de Rodin (Arthur Gander), de Rouget de Lisle (Sébastien Bizzotto), et du Kachelofe (Jean-Pierre Schlagg) et de superbes costumes), du prosélitisme presque religieux de Saint "Paul Emploi" qui démarche à domicile. 


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


L'on passe d'un drôle de stage de remotivation du personnel à côté du panneau, à l'inauguration de la Fête de la Bière de Schiltigeim avec les trois grâce de l'Eurométropole (Jeanne, Pia et Danielle) à un conte lorrain de Blanche Charbon et ses petits compagnons "mineurs" et le fantôme de Gigilbebert Meyer (Guy Riss) qui revient hanter Strohmann.


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Le tout entrecoupé par des blagues introductives (aussi pour tenir la synchro entre les salles), des chansons en solo, duo ou groupe.  Une mention à Susanne Mayer, qui cette année a abandonné Brecht pour Biolay et Karen Ann avec une version du Jardin d'Hiver sensible et émouvante où elle coiffe les chapeaux de Queen Elisabeth et lui rend un dernier hommage, également au duo Sébastien Bizotto et Magali Ehlinger qui nous offre un voyage en Italie bien secoué (mais en automobile). 


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Magali Ehlinger incarne aussi "la groupie du plaquiste" et "Emporté par le fioul" avec un orgue de Barbarie qui joue à la roulette russe. Le Vosgien Thomas Valentin tient le piano mobile en cette première soirée et Jean-Pierre Schlagg le ballet pour "Les rats sont entrés dans Strasbourg" (le soir de la première il a aussi tenu le balai magique - et essoré - au restaurant de la Chouc).


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd

Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Il y en a plein d'autres, dont une version déjantée du "Tango des Bouchers " de Boris Vian ou un mix de tubes italiens et une "danse macabre". Saluons ici les talents chorégraphiques (et pédagogiques) de Charlotte Dambach qui a pris avec brio la succession de Louis Ziegler et arrive à faire bouger en rythme tout ce beau monde. 


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Et la mise en scène de Céline d'Aboukir et, bien sûr la persévérance et l'engagement du grand manitou (on pourrait lui donner le maillot jaune) Roger Siffer qui apparaît surtout en  pointillé, comme Bénédicte Keck et Susanne Mayer qui sont plutôt présent(e)s dans la salle alsacienne. 


Hopla Bicyclette - La Choucrouterie - Photo: lfdd


Cette année encore il ont "été formidables" comme le dit Siffer à son public.




La Fleur du Dimanche


Textes : Équipe de la Chouc’

Avec : Sébastien Bizzotto, Arthur Gander, Magalie Ehlinger, Marie Hattermann, Bénédicte Keck, Susanne Mayer, Nathalie Muller, Guy Riss, Jean-Pierre Schlagg et Roger Siffer

Piano : Jean-René Mourot ou Thomas Valentin ou Sébastien Vallé

Lumières : Cyrille Siffer

Scénographie/costumes/accessoires : Carole Deltenre, Marie Storup et leur équipe

Production : APCA – Théâtre de la Choucrouterie


mentions

Avec les soutiens : Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Grand Est, Région Grand Est, Collectivité Européenne d’Alsace, Ville de Strasbourg – Eurométropole, DNA, Crédit Mutuel Centre Est Europe, CroisiEurope, RG Peinture Guy Riss, Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle, CEED


autres informations

La revue sera en relâche entre le 19 décembre et le 04 janvier, et entre le 06 et le 12 février.


vendredi 15 octobre 2021

En Vert et contre Tousse: La Choucrouterie reverdit et refleurit du ver... be

 Coupée court dans son élan de la 26ème Revue et "empêchée" de présenter sa 27ème à l'automne dernier, attendant en vain le Printemps pour reverdir, la Choucrouterie nous donne à nouveau rendez-vous dans ses deux salles - l'une dédiée à la version française de son spectacle, l'autre à la version alsacienne pour la revue bilingue "En Vert et contre tousse" - "Grien hinter de Ohre". Et c'est toujours à une course-poursuite entre les têtes blondes et les têtes grises que les dix comédiens vont se livrer pendant plus de deux heures - avec un quart d'heure de décalage pour le début entre Français et Alsacien.

La troupe se renouvelle, avec bien sûr le patriarche Roger Siffer - qui lui aussi se renouvelle, avec une très belle et originale chanson "Au secours Jeanne" où il voudrait "voir la mer" (ou la maire?) au cours de laquelle il fait un long voyage imaginaire - sur un diaporama où il se retrouve incrusté en dessin sur des sites qu'il aurait rêvé visiter - une sorte d'hommage à Brel et son "Vesoul"? Sa compagne, Suzanne Mayer, toujours verte apparait en mamie sourde qui perd la tête dans un très bon sketch où elle est soumise à une confrontation pleine de quiproquos dans un commissariat. Elle pousse aussi la chansonnette avec une nouvelle venue, Bénédicte Keck, ce qui oblige Sébastien Bizzotto (en clin d'oeil à la pollution ... sonore) à se mettre des bouchons de verdure dans ses oreilles pour se protéger de ces deux voix de sirènes du mercredi. Sébastien Bizzotto qui est toujours au piano et au moulin, plutôt au turbin, tout comme Arthur Gander, autre figure connue - même s'il porte barbe et masque - avec lesquels nous apprenons les dessous des chantiers et du monde du travail avec une belle métaphore avec l'échafaudage comme accession à la reconnaisance professionnelle. Parmi les "anciens", nous avons bien sûr toujours Jean-Pierre Schlagg, toujours en verve et triturant ses mots et sa grammaire, magnifique Dieu en majesté qui accueille un  autre "ancien" - dans la fiction et dans le rôle - Guy Riss,  l'irremplaçable "Chilibébert" Meyer, le maire, plutôt l'ancien maire de Colmar qui ne s'est pas (avec raison) représenté aux dernières élections. Mais la Choucrouterie ne pouvait refuser ce personnage que Belzébuth a interdit dans son enfer...

Choucrouterie - En Vert et contre Tousse - Photo: lfdd

Choucrouterie - En Vert et contre Tousse - Photo: lfdd

Il faut dire que du côté politique, les personnages manquent un peu pour nourrir la revue. Par exemple, Alain Fontanel "ayant tellement retourné sa veste qu'il peut ouvrir un magasin de vêtement" ne pourra plus apparaître dans un des rares sketches où la "relève", avec la jeune, "plus jeune sénatrice de France" Elsa Schalck (Magalie Ehlinger, une tête nouvelle avec une magnifique perruque blonde) assiste l'autre nouvel arrivant Jean-Philippe Vetter dans une chasse au rouge (caché sous la peau verte) digne d'un épisode de Stark Treck avec Laurel et Hardy et des dialogues qui fusent.

A propos de chasse et d'animaux, citons le reportage chez les chasseurs très bien mis en scène et la visite "empêchée" d'une cliente, la bien nommée Madame Metzger (Nathalie Muller bien dans son rôle) chez son boucher (encore magnifique JP Schlagg) et qui n'arrive pas, pour cause de la vague végétarienne à commander son Rosbif. 

Notons les chansons qui rythment le spectacle, en l'occurrence un superbe clin d'oeil au végétarien avec l'adaptation de "Je ne suis pas parisienne" interprété par Magalie Ehlinger sur un texte de Lauranne Sz (qui alterne le rôle avec elle). Idem pour la chanson à partir de Boby Lapointe (uniquement dans la version française) qui nous parle avec une virtuosité digne de Ta Katie t'a quitté de "Mon variant a varié". Il faut noter que le piano est tenu (hors exceptionnel) par Jean-René Mourot (puis aussi Thomas Valentin ou Sébastien Vallé). L'équilibre entre introductions, chansons et sketches est très bien distribué, la mise en scène de Céline D'Abouquir est impeccable et Charlotte Dambach qui a le regard chorégraphique - C'est vrai que c'est difficile de faire bouger les vieux de la troupe pour une chorégraphie digne d'une Rave Party pour le Final "Alors on Tousse" - a même eu droit à un tableau où elle se permet de ma-sacrer le printemps, l'été, l'automne et l'hiver dans une chorégraphie irrésistible où le Roi Soleil (Guy Riss) prend toute la lumière et irradie de talent.  

Et même si à la fin de la pièce on nous dit de partir, il ne faut pas manquer d'y aller et de revenir voir la deuxième version.


Choucrouterie - En Vert et contre Tousse - Photo: lfdd

Une bonne cuvée à découvrir, même si le vin est vert, on peut très bien le boire! 


La Fleur du Dimanche


En Vert et contre tousse

A la Choucrouterie jusqu'au 6 mai 2022

Du mercredi au samedi : 20h45

Le dimanche : 17H15

Le Fil d'Eau - La Wantzenau - Vendredi 13 mai - 20h00

Point d'Eau - Ostwald - Samedi 21 mai - 20h00


Grien hinter de Ohre

A la Choucrouterie jusqu'au 6 mai 2022

Les Tanzmatten - Sélestat - Dim. 24 avril - 17h00

Pôle culturel - Drusenheim - Ven. 29 avril - 20h00

La Saline - Soultz-sous-Forêts - Ven. 06 mai - 20h00

Point d'Eau - Ostwald - Dim 22 mai - 17h00


Textes : Équipe de la Chouc’ 

Mise en scène: Céline D’Aboukir

Chorégraphie: Charlotte Dambach

Piano: Jean-René Mourot ou Thomas Valentin ou Sébastien Vallé

Avec : Sébastien Bizzotto, Magalie Ehlinger, Arthur Gander, Bénédicte Keck, Susanne Mayer, Nathalie Muller, Guy Riss, Jean-Pierre Schlagg, Roger Siffer et Lauranne Sz

Lumières: Cyrille Siffer

Scénographie/costumes/accessoires : Carole Deltenre, Marie Storup et leur équipe

Production : APCA-Théâtre de la Choucrouterie

jeudi 17 novembre 2016

La revue de la Choucrouterie : les fous sont lâchés pour 4 mois et des boulons

Il est de tradition le 11 novembre à 11 heures 11 minutes, de lancer les festivités du carnaval dans les pays  de culture germanique. 
A Strasbourg, la tradition du cabaret ressuscitée par la Choucrouterie depuis de nombreuses années nous gratifie à chaque automne d’une nouvelle vendange de sketches et chansons dans une revue "bipolaire" - en français et en alsacien, dans deux salles adjacentes.
Avec "Droit d’asile... de fous !! – Narrestall", c’est un véritable marathon de presque deux heures et demie auquel les comédiens dont il faut saluer l’énergie se livrent chaque soir entre le 16 novembre et le 26 mars (s’ils ne jouent pas les "prolongations").  Et le marathon est également un marathon de rire. Parce que la trentaine de tableaux que nous proposent les comédiens alertes font mouche et nous écrouler de rire très souvent.


Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous - Phot: lfdd

D’ailleurs la vendange 2016 est parmi les grands crus. On y parle de politique, bien sûr – les maires de Strasbourg – le toujours éffacé Ries – et Colmar – Chilbert Meyer dans toute sa splendeur – et même les trois maires du vignoble KB qui célèbrent leur "divorce à trois", mais aussi les présidents de la Région ou du département du Haut-Rhin - dans le spectacle en Français, le Bas-Rhin n’a pas de président (il va sûrement téléphoner à Siffer) - ou les élus Mathieu Kahn (méconnaissable Arthur Gander ;-) dans un sketch avec Karl Lagerfeld) ou Eric Elkouby ne sont pas oubliés. Nous avons même droit à la visite de la ministre des transports pour un "diner des cons" et à une déferlante Morano bien emportée par la nouvelle recrue Margaux Lagleize.

Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous  - Margaux Lagleize - Sébastien Bizzotto - Phot: lfdd

Cette dernière, dont c’est le baptême du feu (fou) ne manque pas de flammes (folles) et est à l’aise autant dans les rôles de politiques que de Belge – agent de sécurité survitaminée – d’Anglaise en Birkin chantant le brexit en cul de poule ou de vedette méridionale de la télévision culinaire rétro dans un numéro de cuisine électorale d’actualité.  
Le duo Sébastien Bizzotto, Arthur Gander semble lui aussi s’être trouvé au point de vouloir annoncer leur mariage au couple Roger Siffer - Suzanne Mayer qui eux ont annoncé avoir dit "Oui". Jean-Pierre Schlagg fait lui aussi un retour avec des rôles qui lui collent comme un gant. Laurence Bergmiller en Trautmann, secrétaire de Chilbert ou qui "se lâche" en nonne qui dé-conne confirme son talent et Guy Riss en "roi des fous" de cette revue prouve que le modèle n’a pas forcément besoin d’être un grand penseur pour avoir du succès. 

Choucrouterie - Droit d'Asile .. de Fous  - Margaux Lagleize - Sébastien Bizzotto - Phot: lfdd


Le tableau ne serait pas complet si l’on ne parlait de la musique, les chansons adaptées à l’actualité comique, politique et humoristique cette année sont d’une très bonne qualité – s’il ne fallait en retenir qu’une ce serait le "Mini-mini burkini" qui nous permet aussi de saluer la créativité des costumes de l’équipe de Carole Deltenre et Pauline Squelbut - et ne pas oublier les pianistes Erwin Siffer (version française) et Jean-René Mourot (version alsacienne) qui sont essentiels, entre autres pour permettre aux comédiens courant d’une pièce à l’autre, d’une "cage à fous" à l’autre  (française et alsacienne). Une mention pour Sébastien Bizzotto qui lui aussi joue sur différents tableaux, claviers et octaves...





En tous cas, il faut remercier ces fous qui nous prédisent l’avenir et nous lisent le passé au filtre de l’entonnoir, mais comme le disait Sébastien Bandt "pas si fous que çà" et surtout "heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière" et comme Fessenheim doit s’arrêter, nous avons toujours la Tomme du Ried, et comme le spectacle "Droit d’asile…  de fous !! – Narrestall", la Tomme du Ried fait "boum". 

Bon Spectacle 

La Fleur du Dimanche

DROIT D'ASILE... DE FOUS !!

"NARRESTALL !"




Texte : Équipe de la Chouc' - Mise en scène :  Pierre Diependaële, Louis Ziegler - Chorégraphies : Étienne Fanteguzzi - Scénographie, costumes et accessoires : Carole Deltenre, Pauline Squelbut et leur équipe - Construction : Dimitri Clauss et Eric Desvignes - Piano : Erwin Siffer ou Jean-René Mourot - Avec : Laurence Bergmiller, Sébastien Bizzotto, Arthur Gander, Margaux Lagleize, Susanne Mayer, Guy Riss, Jean-Pierre Schlagg et Roger Siffer - Lumière : Cyrille Siffer - Production : APCA-Théâtre de la Choucrouterie.

Du 16 novembre 2016 au 26 mars 2017

dimanche 18 janvier 2015

Liberté de penser, liberté de panser, liberté de pensée.., j'écris, je crie, je chante,..

L'heure tourne, le temps passe, les paroles sortent et se heurtent, les images aussi..

Cependant il ne faut pas oublier,
cependant il ne faut pas s'arrêter, 
cependant il ne faut pas se taire
et continuer de parler...

et dire "Liberté"

Pour la liberté, pour continuer, une suite en trois temps,

Le premier est consacré au poème de Paul Eluard "Liberté"
Le deuxième, un hommage à Charlie et à tous les morts des attaques terroristes.
Le dernier, un espoir, une suite, on n'arrête pas, nulle part de crier la liberté de s'exprimer, la liberté de pensée, la liberté de chanter dans toutes les langues "Die Gedanken sind frei" - Les pensées sont libres.

Et d'abord, une fleur rouge de liberté:
Fleur rouge liberté - Photo: lfdd

Voici donc, en texte et en paroles de Paul Eluard, une ode à la "Liberté":


Liberté

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues

Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon

Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés

Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume

Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux

Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée

Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir

Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.





Pour rendre hommage à Charlie et aux autres, une chanson du fils de Cabu, Mano Solo: "La Liberté"





Et pour finir,un grand salut au geste des artistes alsaciens (entre autres Roger Siffer, Jean-Pierre Schlagg et Michel Reverdy) qui en très peu de temps ont rassemblé des chanteurs et commédiens qui chantent dans toutes les langues "Die Gedanken sind frei" - Les pensées sont libres.

En voici le texte:

Die Gedanken sind frei, 
wer kann sie erraten, 
sie fliehen vorbei, 
wie nächtliche Schatten. 
Kein Mensch kann sie wissen, 
kein Jäger sie schießen, 
es bleibet dabei: die Gedanken sind frei! 

Ich denke was ich will, 

und was mich beglücket, 
doch alles in der Still, 
und wie es sich schicket. 
Mein Wunsch und Begehren 
kann niemand verwehren, 
es bleibet dabei: 
die Gedanken sind frei! 

Und sperrt man mich ein 

im finsteren Kerker, 
das alles sind rein vergebliche Werke; 
denn meine Gedanken zerreißen 
die Schranken und Mauern entzwei: 
die Gedanken sind frei! 

Drum will ich auf immer den Sorgen entsagen, 

und will mich auch nimmer mit Grillen mehr plagen. 
Man kann ja im Herzen stets lachen 
und scherzen und denken dabei: 
die Gedanken sind frei!
"Die Gedanken sind Frei"


En attendant la version "alsacienne", je vous en offre plusieurs versions :

Interprété par Hannes Wader:

 


Par des choeurs traditionnels




Un très belle interprétation par Judith von Hiller:



Par les Fischer-Chöre



par Freddy Quinn (pour faire plaisir à un fidèle lecteur)




Et pour finir, par Heike Makatsch:

 


Cette version me renvoie à un (ou plutôt deux) dessin(s) de Tomi Ungerer, le premier qui illustre son livre de mémoires "Die Gedanken sind Frei":




Et pour la "Liberté de Pensée", un autre dessin de Tomi Ungerer illustrant un article sur "Peut-on penser quand on est mort?"



Je trouve assez original et toujours dans la veine du hasard surprenant que ce dessin de Tomi Ungerer avec la pensée (découvert par hasard) renvoie à un passage du tout premier texte de la Fleur du Dimanche, le 20 février 2011 (quatre ans déjà) qui parlait de la pensée ainsi:
* Pensée:  Activité de l’esprit – Idée, opinion -  Fleur considérée comme l’emblème du souvenir.
    A venir encore le clip "Die Gedanken sind frei" de lundi .. dont vous pouvez en voir l'enregistrement par France3 Alsace ici:
http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/2015/01/16/en-exclusivite-les-premieres-images-du-clip-pour-ne-pas-oublier-charlie-634394.html

Et voici la vidéo finale - merci à tous les artistes et pour la réalisation à Gabriel Goubet et pour la direction musicale à Michel Reverdy:


Bon dimanche

Le Fleur du Dimanche

samedi 6 juillet 2013

Strasbourg illustre les inconnus illustres pour les soirées d'été

La saison estivale a démarré, certain partent à la plage, d'autres dans les montagnes, d'autres encore ont choisi des destinations lointaines....

Parmi ces destinations, l'une d'elle peut être Strasbourg. Pour les Strasbourgeois également, les animation d'été sont là pour leur donner un goût de vacances. 

Avant qu'ils partent, ou en revenant pour garder la tête en vacances, ou si par choix ou obligation ils ne partent pas, ils ont le choix d'assister à un choix de spectacles de choix... 

Et pour faire leur choix, voici un aperçu du spectacle aquatique de cette année...


Spectacle "Jeux d'Eau et de Lumière" - Strasbourg 2013 - Photo: lfdd

Après le thème de la fête l'année dernière (voir la fleur des villes du dimanche 8 juillet), et celui consacré à Tomi Ungerer en 2011 pour honorer un bel anniversaire, 2013 retrace quelques portraits d'Alsaciens illustres..


Spectacle "Jeux d'Eau et de Lumière" - Strasbourg 2013 - Photo: lfdd

Ces quelques photos vous donnent un avant-goût, sans bien sûr le mouvement et la musique, mais vous voyez déjà que la partie "animation", en l’occurrence la transformation du bâtiment du Conservatoire de Strasbourg, sur sa façade donnant sur le Bassin d’Austerlitz, face à la presqu’île André Malraux est assez inventive: Cela commence par une cathédrale "déportée" au bord de l'eau, pour continuer par des maisons typiquement alsaciennes, ou New-York revu et corrigé entre King-Kong et un hypothétique 11 septembre en filigrane, ou encore l'ombre de Hansi qui traverse la façade avec ses personnages typiques. 


Spectacle "Jeux d'Eau et de Lumière" New-York - Bartholdi - Strasbourg 2013 - Photo: lfdd

Le titre du spectacle "Strasbourg, Alsace, Terre de Talents" nous fait espérer une galerie de portraits de Strasbourgeois (ou Alsaciens) célèbres ou talentueux, dont des prix Nobel... 
Nous y retrouvons, entre Hansi et Bartholdi (pour la Statue de la Liberté à New-York), une animation sur les molécules (dont nous n'avons pas découvert l'inspirateur) et les comiques régionaux  Roger Siffer avec une Salsa alsacienne sur la Choucroute (ah, le folklore !), le Capitaine Sprütz avec un de ses sketches et Dinah Faust (en hommage à l'anniversaire du Barabli* ?) embarrassée d'inciter les "jeunes" à l'innovation.

Spectacle "Jeux d'Eau et de Lumière" Hansi - Strasbourg 2013 - Photo: lfdd

Mais pour que tout le monde ait son heure de gloire, vous pouvez vous retrouver, vous aussi illustrant votre talent photogénique sur un mur d'eau devant une foultitude de spectateurs qui seront peut-être vos amis (si vous les avez prévenus) - le mode d'emploi est ici.

Vous regretterez peut-être comme nous que parmi les absents se trouvent quelques musiciens qui auraient pu dynamiser un peu ce spectacle avec l'une ou l'autre chanson entraînante...

Bon Spectacle

La Fleur du Dimanche

Information pratique: les spectacle "Jeux d'eau et de Lumière" ont lieu tous les soirs (sauf le 14 juillet) à 22h30 en juillet et à 20h00 en août.
Vous pouvez aussi assister à partir du 6 juillet à 22h30 en juillet - 22h10 en août - à l'illumination de la Cathédrale toute les 20 minutes.

* Le spectacle "La chère main de Germain (un petit coin de Barabli)", hommage au Barabli et à son histoire (avec Germain Muller et Dinah Faust) sera repris au théâtre de la Choucrouterie à partir du 8 octobre 2013.