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vendredi 23 janvier 2026

Les Scouts à Schiltigheim - Bloody Mairie - Marie tu ne dors pas encore, et nous en rions encore

 A presque quarante ans de collaboration avec la Mairie de Schiltigheim, les Scouts courent toujours. Et leurs idées vagabondent et pétillent. Comme un cocktail à base de Champagne (ou de bière de la cité des brasseurs) ou de tout autre breuvage aphrodisiaque, psychotrope ou tout simplement euphorisant, ils nous apportent sur un plateau délirant un tir nourri de salves d'humour. Leur nouvelle revue Bloody Mairie est un mélange savant de gags, de mots d'esprit, de chansons (aux paroles bien sûr adaptées aux préoccupations du moment), de chorégraphies fort bien écrites (par le fidèle Bruno Uytter) et allègrement interprétées par l'ensemble de la troupe. C'est aux accents martiaux de la chanson de Jacques Brel  "Au Suivant" que démarre l'enrôlement au Service national volontaire du maigre soldat (Jean-Philippe Meyer, vrai caméléon tout au long da la pièce puisqu'il incarne entre autres Poutine, Bernard Arnaud, Pierre Jakubowzic ou un "maire amer" d'un petit village à côté de Schiltigheim) qui sera chargé de "sauver la France" du désamour de la politique locale. La politique, elle sera à tous les étages bien sûr avec une très belle parodie de "L'homme de Cro-magnon" qui voit s'affronter l'homme de Cro-Macron avec l'homme de Cro-Matignon. Sauver son argent est aussi le slogan du trio d'ultra-riches qui quittent le paquebot France en croisant un certain Frédéric Bierry avec sa bouée qui essaye de quitter le Grand Est.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Notons que cette année, c'est sur deux très grands écrans judicieusement disposés sur la scène que le décor change et nous emmène d'un tableau à l'autre, ce qui donne un petit côté bande dessinée à l'ambiance. Sur ces écrans sont à l'occasion diffusées des Images Animées plus vraies que nature pour la campagne électorale de la candidate qui n'a pas peur de toucher à l'Intelligence (Artificielle) de ses électeurs et les effrayer avec des monceaux de détritus que traverse le tram, ou des rats géants qui envahissent la place Kléber.

L'humour est souvent acerbe, les Scouts n'ayant pas la dent douce rongée de caries, et, ni les postiers, ni les fonctionnaires avec leurs RTT et leurs congés maladies bien organisés, ni les banquiers ne sont épargnés.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Le public lui-même - que Patricia Weller par exemple secoue un peu pour le réveiller - n'est pas préservé, qui se fait traiter de "Boomer",  avec ses illusions et souvenirs de jeunesse libérée des années 60-70, fumeur et b...eur inconscient. Et son ignorance du vocabulaire des djeuns l'oblige à se raccrocher à sa copine La Rousse et son copain Robert Petit pour ne pas être en PLS et se faire troller, mais je ne vais pas tout vous spoiler


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


L'humour semble aussi porter une dose d'autodérision quand il est question de fuites urinaires et de fatigue des Pyrénées (la géographie est aussi malmenée, avec le Lac de Gérardmer qui navigue entre la Bretagne et le Jura). Mais dans ce type de revue, il est normal de renverser les règles, comme dans le jeu télévisé de Pascal Praud sur WCNews Pétain Express où le candidat qui gagne perd. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Pour la séquence "artistique" aussi, où le Louvre et son affaire du collier de la Reine donne lieu à un dévoilement surréaliste d'une "oeuvre" lorgnant autant du côté de Marcel Duchamp que de Johannes Tyba. Sur le registre du suspense, la sobriété et l'austérité de la séquence du commissariat est un petit bijou d'angoisse très bien distillé. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les jeunes recrutés au Service national volontaire ne sont pas non plus protégés, tout comme les pauvres, qui bouffent mal et qui économisent un Euro soixante sur les frais d'obsèques grâce à leur carte de fidélité . 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Mais les meilleures situations, analyses et caricatures sont celles qui traitent des élections municipales, comme le titre alléchant le laisse espérer. Le processus de constitution d'une liste électorale lors d'une réunion mémorable par un maire omnipotent est un sommet à la Kafka qui culmine par la constitution, dans un objectif démocratique, d'une liste d'opposition par le même maire. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les deux séquences consacrées à l'arène strasbourgeoise sont d'un humour extrême, que ce soit le regard caustique sur les deux candidates "soeurs ennemies", Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian dans une magnifique séquence de travestissement en miroir (Saluons au passage la costumière Rita Tataï et ses petites mains Ségolaine et Hélène ainsi que Florence Bohnert et Magali Rauch pour la variété et la créativité des costumes). 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Le jeu des comédiens et comédiennes est impeccable et leur changement de costume et de personnage nous surprend au point que quelquefois nous ne les reconnaissons pas sous leur déguisement, même si nous identifions quelquefois Patricia Weller, toujours aussi montée sur ressort et prête à bondir, Nathalie Mercier qui pousse bien la chansonnette; Murielle Rivemale en mère et femme au commissariat, Sophie Nehama qui a toujours sa belle voix, Raphaël Scheer magistral, Alexandre Sigrist et sa barbe et sa belle voix puissante et le nouveau Jules Pan, bien en juvénile.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

 La Revue doit aussi beaucoup aux "musiciens de l'ombre" sous la direction de Michel Ott qui ponctuent les tableaux (par exemple un "I can Get No" que l'on croirait joué par les Rolling Stones ou toutes les mélodies qui s'enchainent, dont la série "Bleue") - sauf Sylvain Troesch qui se met en pleine lumière avec sa guitare acoustique pour le tableau final pour un "Foutez-moi la Paix" qui "ruine" la chanson de Stephan Eicher en une chanson scoute ("Toujours prêt") - et donc Pilou Wurtz, Anne List, Laura Strubel, Romain Bolli, Mathias Hecklen Obernesser, Mathieu Zirn, Sébastien Kanmacher et toutes les équipes techniques. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Sans oublier le regard artistique de Denis Germain et la scénographie de Bruno Boulala. Et Marie Chauvière et Faysal Benbahmed qui jouent en alternance avec Raphaël et Murielle. Et surtout le grand ordonnateur et dynamiteur de Cocktail, Daniel Chambet-Ithier, appelé Molotov, le mixologue metttreur en scène de ce magnifique spectacle explosif et tonitruant, digne héritier de l'esprit, Hamster Jovial de la troupe a qui nous souhaitons encore une longue vie*.


La Fleur du Dimanche


Pour les dates et les réservations, c'est là: Bloody Mairie


* Nous savons d'ores et déjà que le personnage de la Maire de Schiltigheim, Danielle Dambach va disparaître de la revue car Patricia Weller lui a rendu un muet et émouvant hommage en mimant les événements et rebondissements qui ont parqué son mandat. 

vendredi 14 novembre 2025

A la Choucrouterie, Fake l'amour, pas la guerre : Sourire en coin, mais rire un bon coup

 La Revue de la Choucrouterie de cette année nage dans le Fake, mais c'est la bonne cause, nous dit Roger Siffer, le maître de cérémonie dans sa conférence introductive, justifiant par la littérature et l'histoire du théâtre, remontant jusqu'à Athènes et à son enfance dans le Val de Villé (la plus belle des vallées, tous les beaux garçons viennent du Val de Villé, et il se compte parmi eux, au risque de voir son nez s'allonger suite à ce mensonge éhonté). Et justifiant sa place de comédien et de cabarettiste et de toute la troupe qui est là ce soir pour nous amuser en nous contant des sornettes, des blagues, des inventions. 


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Mais c'est cela le cabaret, la Revue. Transformer le réel pour nous amuser et nous faire réfléchir. Prêcher le faux pour que nous cherchions le vrai. Décrire le pire pour que nous allions vers le meilleur. Grossir le trait pour nous faire sentir un coin de vérité. Exagérer pour nous faire dessiner un sourire en coin dubitatif. Ou nous faire rire aux éclats pour éclabousser l'énormité de quelques situations, des événements, des informations ou des paroles auxquels nous avons été confrontés ces derniers temps dans l'actualité, surtout locale et régionale.


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Parce que la Revue sert à remettre les choses à leur place, redresser les discours faussés, jeter un peu de lumière sur les événements grands ou petits, faits divers ou événements politiques qui ont émaillé l'actualité de l'année. Et tout cela dans la joie et la bonne humeur - et l'amour du prochain. Le titre de la revue l'annonce: Fake l'amour, pas la guerre - Lon eich net FAKE, même si cela semble utopiste. D'ailleurs on se rend bien compte dans certains sketches que la bienveillance n'est pas forcément la solution. Mais l'important est le poil à gratter - et d'en rigoler - qu'importe le moyen pour y arriver.


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Il y a bien sûr les sketches, mais aussi les chansons détournées et les personnalités politiques qui se font (gentiment) égratigner. Chilbert Meyer nous a abandonnés cette année mais, élections oblige, l'"environnement" strasbourgeois est mis à l'honneur et les élus et les candidats sont sérieusement - et finement - brossés (à rebrousse-poil). L'ombre d'une revenante hante le plateau et le duo Syamak Agha Babaei - Jeanne Barseghian (Sébastien Bizzotto et Magalie Ehlinger) nous offrent avec Le comeback de Trautmann un magnifique rap enlevé sur l'air de Confessions nocturnes de Diam's - une réussite.  


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Le même duo nous campe une couple coincé dans les bouchons du 1er mai (devinez où) digne d'un film de Jean Yanne avec une Susanne Mayer (leur enfant) en pleine forme. 


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


On n'oublie pas Jean-Philippe Vetter, qu'Arthur Ganter incarne plus vrai que nature dans un tableau de campagne électorale, bucolique et fumeux. 


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Côté chansons, il y a des très belles adaptations de chansons pas forcément connues, accompagnées au piano par Sébastien Valle (en alternance avec Jean-René Mourot et Thomas Valentin). Il y a bien sûr celle des Dalton ou Les cornichons, la Bohême d'Aznavour qui devient La Lorraine ("trop de haine") avec Bizzotto dans un magnifique costume de cigogne (un grand bravo à Estelle Duriez et Magali Rauch et leurs équipes qui ont fait un formidable travail autant en scénographie qu'en costumes - un peu désaxés), Ce n'est rien (= 2% - avec une e-tranche apparition de Nathalie Muller), Dans cette mine-là et encore La Meinau dort avec une séance onirique où Guy Riss et Sébastien Bizzotto font une merveilleuse et atmosphérique chorégraphie (Charlotte Dambach aux commandes, arrive année après année à faire danser des comédiens dont ce n'est pas vraiment le métier mais qui s'en sortent très bien).


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Le duo Riss-Bizzotto nous régale bien sûr de leur personnages fétiches de supporters du Racing avec leur humour surréaliste et absurde, tout comme Jean-Pierre Schlagg qui campe le traditionnel beauf en boomer qui n'hésite pas à faire sa transition (mais pour un plus gros...). 


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


On essaie de deviner quelle personnalité incarne Bénédicte Keck qui se fait proposer tout une gamme de bracelets (par Guy Riss) dans une scène très intéressante - et osée. Céline d'Aboukir qui cette année encore signe la mise en scène nous offre une réelle diversité de traitements, d'ambiances, de rythme et d'approches et tire parti des capacités de cette merveilleuse petite équipe qui, comme chaque année court d'une salle à l'autre. Et quelquefois reviennent déguisés en fourmis tapinomas prêtes à tout saboter.

 

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker

La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Il est aussi question de visites, totalement décalées et bancales comme celles d'envoyés de Trump ou de Poutine dans notre belle Alsace, ou celle inopinée d'une rectrice dans une ZEP en mal de reconnaissance (et de finances).  


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Et tout naturellement (cela coule de source) en ouverture et en clôture nous sommes confrontés à l'environnement du grand World Wide Web (www) et à toutes les évolutions qu'il a subi sous un aspect à la fois plaisant et édifiant. Si vous ne connaissiez pas les maîtres du Web, n'hésitez pas à étudier tous ces sigles et logos pour comprendre l'avenir qui vous est réservé, avant que les grands producteurs de "fakes" (au rang desquels Chat-GPT) vous réservent un avenir merveilleux - et irréel. 


La Choucrouterie - Fake l'amour, pas la guerre - Photo: Robert Becker


Et l'on regardera avec distance et circonspection le final Faire l'amour pas la guerre sur la chanson Flowers de Miley Cirrus, magnifique raccourci qui nous projette des années 68 à après-demain. La chanson et la chorégraphie est  un très beau travail d'ensemble où tous et toutes font "le choix du bonheur" (et des fleurs). Et nous souhaitons à le troupe de la Chouc' et aux spectateurs encore quelques années de Bonheur et d'Amour.


La Fleur du Dimanche


Fake l'amour, pas la guerre - Lon eich net FAKE


Jusqu'au 22 mars 2026 du jeudi au dimanche

Avec : Sébastien Bizzotto, Magalie Ehlinger, Arthur Gander, Marie Hattermann, Bénédicte Keck, Susanne Mayer, Nathalie Muller, Guy Riss, Jean-Pierre Schlagg et Roger Siffer

Piano (alternance) : Jean-René Mourot, Thomas Valentin, Sébastien Valle

Textes : équipe de la Chouc’

Mise en scène : Céline D’Aboukir – Chorégraphie : Charlotte Dambach – Costumes et scénographie : Estelle Duriez, Magali Rauch et leur équipe – Lumières : Cyrille Siffer – Photographie : Jean-Marc Loos – Production : APCA – Théâtre de la Choucrouterie



vendredi 24 janvier 2025

A Star is Burnes avec les Scouts toujours à la Briqueterie: Make Scout great again

 Trente-six ans que les Scouts (toujours) bivouaquent à la Briqueterie à Schiltigheim pour asséner leur humour jovial (comme Hamster) et leur ironie caustique (en soude de la Saint-Thur) pour la plus grande joie des spectateurs (et la plus grande inquiétude des politiques qui s'y font croquer au menu). Cette année, "maudite", c'est A Star is Burnes




Bien sûr il y en a un qui s'en sort haut la main (peau de lapin), c'est Donald qui non seulement ouvre le show en flamboyance, mais qui rassemble ses complices Vladimir et Benjamin (un beau trio Holà! bien imité - avé l'assent, pas du midi bien sûr) pour faire un Hold Up sur les spectateurs. Et comme cela ne lui suffit pas, il rachète aussi un "Bon Coin d'Alsace" - village pittoresque niché "en moyenne montagne" emblématique mais ruiné qui servira de base arrière à l'Alsace entière pour "envahir" le monde et le pacifier en exportant son architecture. Comme d'habitude, la troupe est survoltée et les jeux de mots fusent, les chansons - excellentes et toujours très bien interprétées - ponctuent la soirée. L'orchestre sous la direction de Michel Ott (Kaes Charrette en personne) les accompagne et donne de la puissance et du rythme (s'il en manquait) à la soirée. 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com


La vingtaine de sketches sur près de deux heures s'enchainent sans temps mort. Ca démarre par un catalogue - long comme un mur sans fin - de jeux de mots des métiers du bâtiment pour casser, non des briques, mais la déprime (Rénov) ambiante. Cela continue avec la série des Urgences et les portraits tirés à la scie (tron sonneuse) des politiques et de l'économie saignée (à blouse blanche) avec un Emmanuel (mythe) errant dans les couloirs à côté de la plaque - table des opérations (ou plutôt soustractions). 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com


On y assiste aussi à la ronde des présidents qui abusent de la démocratie inconsciente, à un nouvelle forme de pèlerinages "vert"  à l'Hôtel de Ville avec des disciples "Haré Gallia" et une très réussie "valse hésitation" droite-gauche de l'opposition municipale qui se positionne sur l'échiquier en vue des municipales, face au public, au point de douter de sa gauche. La politique est bien sûr égratignée, tout comme le projet du tram qui donne lieu à un poétique épisode de prospective-fiction avec de savoureux ours blancs à la Station Grand Nord rêvée. 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com


Les sujets d'actualité comme les licenciements à la volée (qui est volé ? dans ce grand marasme économique des grandes entreprises comme Michelin, Auchan, Casino - ce n'est pas du jeu...) traités de manière originale, tout comme le départ de Dolly (qui plane vers les US au désespoir de son amant-amoureux) ou le robot d'Elon Musk (qui a plus de facilité à apprendre les gros mots alsaciens que de travailler) ou la déprime (le Burne out - Bure'n out) du paysan bio obligé de se reconvertir dans le porno bio (en animation légumière), sont bien troussés . Bien troussées (un peu trop d'ailleurs) aussi, les soeurs qui "accueillent" un certain abbé un certain hiver. 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com


Plus engagé ou poétique, les versions fin du monde vues sous la mode comique chez le coiffeur ou onirique avec Le scaphandrier. Franchement délirante et carrément gaga, la précocité des poupons qui en crèche s'organisent en bande de marmots trafiqueurs (excellents costumes) sous la bénédiction des parents libéraux et du pédiatre complice. Notons l'originalité de la scénographie et du décor de Bruno Boulala qui inclut quelques grands écrans qui participent totalement aux récits avec des bouts de l'histoire qui s'y déroulent - dont l'épisode du feuilleton télé dans lequel l'habitante de Hautepierre (toujours excellent Patricia Weller) prend la main sur les émissions en direct. 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com

Notons que les comédiens - et comédiennes - sont comme à l'accoutumée excellent(e)s dans leurs multiples rôles assumés sur la soirée, donc, en plus de Patricia, Nathalie Mercier, Murielle Rivemale et sa chanson Bardella l'a (Quand Marine est là), Emma Massaux et la dynamique Sophie Nehama. Et du côté masculin, les inoxydables Fayssal Benbahmed, Raphaël Scheer, Jérôme Lang, Yann Hartmann, Jean-Philippe Meyer, Alexandre Sigrist (excellent en commandant Bayrou). 


Les Scouts - A Star is Burnes - Photo: strasbourgphoto.com


Tous avec des noms d'étoiles d'Hollywood (ne les loupez pas dans le programme du spectacle). N'oublions pas le maitre de cérémonie, à la plume et à la mise en scène, Daniel Chambet-Ithier (le rescapé des Scouts antiques) assisté de Denis Germain et les musiciens, et les quelques chorégraphies dansées par la folle troupe savamment coordonnées par Bruno Uytter. Et bien sûr toute l'équipe technique sans qui tout cela n'aurait pas eu lieu, et un grand salut à Rita Tatai pour la création et la réalisation des costumes avec son Atelier La Colombe.


Les Scouts - Panneau-Rama des affiches du début - Photo: Robert Becker

Et bien qu'il soit dit dans le spectacle que "L'humour c'est la politesse du désespoir", l'on ne sort pas vraiment désespéré de ce spectacle bouillonnant, plein d'invention, avec une folle envie de se secouer les urnes dans les temps à venir. Et quand les cloches (d'Schelle) sonneront le rappel des prochaines échéances, nous nous souviendrons de ces petites leçons de poil-à-gratter (le c...?) distillées dans les méandre de notre cervelle (de veau) et nous dirons, avec les Scouts, comme tous les ans: Toujours prêts!


La Fleur du Dimanche


A Schiltigheim jusqu'au 2 mars


Puis en tournée à Niederbronn-les-Bains, Bischwiller, Sélestat, Saverne, Mutzig, Cernay, Muntzenheim, Village Neuf, Ostwald

https://www.acte5.fr/revue-scoute/



vendredi 15 novembre 2024

IA d'la Joie à la Choucrouterie: L'intelligence Alsacienne avec humour et knak(e)s

 30 c'est le nombre de revues que nous a déjà proposé Roger Siffer et sa formidable - et inoxydable - équipe de joyeux lurons dans la Choucrouterie, ce cabaret à Strasbourg où l'on rit deux fois plus que normalement.


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


D'une part en Français, et, juste à côté en Alsacien. Mais différemment. Parce que les deux humours ne sont pas forcément les mêmes. Ce qui provoque quelque décalage - et explications de textes sur le mode d'emploi des deux versions de cette nouvelle revue "IA d'la Joie" et "IA IA het Sie g'sait un..."  . "Ah Voilà!"


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

30, c'est aussi la limitation de vitesse dans les zones de convivialité et qui nous donne droit à un magnifique sketch sur la cohabitation en ville et les rencontres, superpositions, frictions, ballets entre piétons, automobilistes, cyclistes... et... chute en trottinette, très bien senti, écrit et décrit, et dansé. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Cela nous permet de saluer toute la partie dansée et chorégraphiée qu'ont développé les comédiennes et comédiens et à laquelle on ne prête pas toujours attention. Les chorégraphies conçues Charlotte Dambach pour la revue de cette année sont quelquefois très osées. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Pour certaines scènes, les interprètes en arrivent à pousser les murs de la très petite scène de la Chouc' et à agrandir l'espace avec leurs voltes et leurs cabrioles et leurs manèges. Un grand bravo aussi aux créatrices des costumes et de la scénographie, Carole Deltenre et Estelle Duriez et leur équipe qui ont fait preuve d'imagination et de talent pour des costumes nombreux et à la fois beaux et originaux qui collent parfaitement aux différents sketches. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Pour n'en citer que quelques-uns, justement les costumes de ce sketch (entre autre le chapeau des automobilistes, véritable oeuvre d'art, celui du Dr Paul Watson (qui veut sauver les baleines dans ls lac de Gérard dans les Vosges) ou le chapeau "Nid de Cigogne" plus vrai que nature ou les costumes d'inspiration Bauhaus et Schlemmer - surtout le magnifique costume de Suzanne Mayer. Sans oublier le costume à poches kangourou de la sirène Barseghian et la coiffure "requin" de Jean-Philippe Vetter..... Et j'en oublie...


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


Le rythme ne faiblit pas tout au long des presque deux heures de spectacle où les deux douzaines de tableaux s'enchaînent sur un rythme fou, à l'image du sketch "Les Urgences" où les deux protagonistes n'endossent pas moins d'une quinzaine de fonctions face à un client venu cherche un paquet. L'alternance entre critique de l'actualité, égratignâge des personnalités politiques ou faits de société alterne avec des tableaux chantés - et dansés où les mélodies connues font passer des message avec des paroles écrites sur mesure. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

L'Y'a d'la joie de Trenet qui inspire le titre français de la revue est l'occasion d'un panorama de l'I.A. qui "oublie" la "plus belle des Vallées" (Le Val de Villé natal de Roger Siffer). L'I.A. qui permet aussi la résurrection de Chilbert Meyer ex-maire de Colmar - et le jeu de mots-valise délirants de Guy Riss dont le dictionnaire personnel doit aussi peser le double d'un dictionnaire normal. Ou une variations surréaliste du triangle amoureux. Capri c'est fini nous offre dans une tendance nostalgique et émouvante et même poignante une ode amoureuse à la disparition des Caddie. Le summum de l'émotion étant atteint par la version Je l'aide à mourir de la chanson de Francis Cabrel, dans une mise en scène sobre et très psychanalytique de "l'aidant" sur des paroles  très fortes et touchantes qui pourtant manient un humour des plus noir. Ne serait-ce le sujet, le texte de Sébastien Bizzotto et son interprétation nous saisissent. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Les aventures du grand Tétras par Béatrice Keck sur la chanson de Néna est plus poétique. Et les Castors permettent une belle mise en fable de la politique. La politique qui n'est bien sûr pas absente, avec le discret et controversé ministre alsacien (ou lorrain ?) du gouvernement et les péripéties de l'opposition à la municipalité strasbourgeoise où chacun en prend pour sa veste (certaines se retournant trop souvent). 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

La Maire de Strasbourg (dynamique et expressive Marie Hattermann) n'étant pas en reste quand elle plonge dans le bain des réseaux sociaux sou la houlette de sa conseillère (imperturbable Susanne Mayer). 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Arthur Gander incarne quelques personnages hauts en couleur, dont le "videur" du marché de Noël changé de gérer les "invasions" au ralenti de Vikings (Lines) aux tempes grises et le supporter du Racing qui fait "grève" et qui, dans le tableau qui succède découvre son besoin de tendresse dans un duo viril et touchant avec Sébastien Bizzotto. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

N'oublions pas l'inénarrable Jean-Pierre Schlagg dont on nous raconte le sketch (interdit aux Français) sur le bureau de vote) et Nathalie Keck qui officie aussi principalement dans la salle "alsacienne" - et biens sûr Magalie Ehlinger qui viendra remplacer dans le futur Marie Hattermann. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker


Jean-René Mourot, lui joue du piano à quatre mains, deux alsaciennes et deux françaises, ce qui ne l'empêche pas en plus de donner la réplique sur certaines scènes et également de chanter à l'unisson. Un véritable homme-orchestre. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Et une équipe sur scène qui se démènent comme vingt, et ce n'est pas en vain. Rendons encore un grand hommage à Céline d'Aboukir qui a réussi un mise en scène trépidante et à Cyrille Siffer qui apporte toute la lumière sur la(les) scène(s). Et les tâcherons de l'ombre, j'ai nommé les graphomanes anonymes qui entre jeux de mots et mots d'esprits nous instillent humour et pensée critique sur les moeurs de nos concitoyens et les agissements de nos femmes et hommes politique. 


IA d'la joie - La Choucrouterie - Photo: Robert Becker

Un grand merci et cent mille bravo (comme des ballons) à cette belle troupe à laquelle nous souhaitons encore une belle destinée pour cette nouvelle cuvée du trentenaire.


La Fleur du Dimanche 


IA d'la Joie" et "IA IA het Sie g'sait un...

A la Choucrouterie du 15 novembre  2024au 30 mars 2025