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dimanche 14 juin 2026

Trois Soeurs au Guensthal: Sous le cerisier, le théâtre de Tchekhov, médecin des âmes

Ici, l'été débute dans la Vallée de la Faveur, cette enclave culturelle et artistique des Vosges du Nord à laquelle on accède par un sentier forestier de quelques kilomètres et qui nous amène dans une belle clairière, loin du monde, pour un voyage dans l'espace et le temps. Cette année, c'est encore Tchekhov, auteur de plus de 600 textes et de plus de quinze pièces de théâtre - dont parmi les dernières La Cerisaie, Oncle Vania, La Mouette (que nous avions vue ici l'année dernière*) qui est au programme. Et c'est Les Trois Soeurs que Le "Théâtre Forestier**" présente avec la Compagnie du Matamore, dans une mise en scène de Serge Lipszyc. Il faut dire que Shakespeare (dont Le Songe d'une nuit d'été, ou York ou (Henri VI et Richard III), convient à cette nature un peu féérique où nous sommes plongés, ainsi que Tchekhov dont nous pouvons imaginer l'atmosphère des résidences de province. Ils y gagnent un supplément d'âme dans ces lieux uniques et remarquables. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Valentine von Hörde - Photo: Robert Becker


Tchekhov qui était médecin se nourrissait de ses multiples rencontres pour disséquer les âmes et nous en présenter les errements dans ses nombreuses oeuvres. Avec Les Trois Soeurs, il suit la destinée de trois soeurs et de leur frère et des personnages qui gravitent autour d'eux, dans cette campagne profonde, une petite ville de garnison de Russie.


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Valentine von Hörde - Sylvain Urban - Photo: Robert Becker


Pour se mettre en appétit, en amuse-bouche, d'une certaine manière pour passer de l'autre côté du miroir, nous avons droit à la lecture de Quatre Actes avec Olga, un texte proposé par Valérie Durin et Serge Lipszyc, qui se base sur les échanges épistolaires entre Anton Tchekhov et la comédienne Olga Knipper qui décrit leur rencontre, leur histoire d'amour et leur mariage, en quatre étapes qui correspondent aux quatre dernières pièces de Tchekhov. Pour l'Acte I, ce sera La Mouette (sa nouvelle mise en scène et leur première rencontre en 1898), lue par Valentine Van Hörde, nouvelle venue au Théâtre Forestier mais qui excelle dans son statut de comédienne fatale, et Sylvain Urban (déjà vu l'année dernière) présentant un auteur sympathique et occupé. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Sophie Thomann - Geoffrey Goudeau - Photo: Robert Becker


La troupe, disséminée parmi le public ponctue la lecture d'interventions et de repères (sortes d'intertitres: voyage, répétition, première,...) et la lecture est très bien incarnée par les comédiens et comédiennes qui se succèdent:  Sophie Thomann et Geoffrey Goudeau pour Oncle Vania, Pauline Leurent et Charles Leckler pour Les trois Soeurs et Isabelle Ruiz et Patrice Verdeil pour La Cerisaie. Valérie Durin et Serge Lipszyc ont réalisé un remarquable travail dans le choix, la découpe et la structuration des textes. 


Quatre actes avec Olga - Anton Tchekhov - Pauline Leurent - Charles Leckler - Photo: Robert Becker


Grâce à l'énergie des comédiens ce qui aurait pu n'être qu'une alternance d'échange de lettres prend ainsi vie. L'on assiste ainsi presqu'en vrai, d'un côté à cet amour qui se cultive dans la distance et l'éloignement (Tchekhov est très souvent dans ses résidences pour écrire et Olga joue), et d'un autre à ces réflexions sur le succès (ou pas) des pièces (échecs qui apparemment n'ont pas grand effet sur l'auteur), ou encore sur ses relations avec les comédiens (dont Stanislavski), en répétition ou en relation avec leur jeu et leur interprétation des personnages des pièces. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Isabelle Ruiz - Patrice Verdeil - Photo: Robert Becker


On observe aussi de manière très fine les relations du couple (avec toujours ce semblant de distance pour Anton qui se révèle dans les petits noms donné à sa femme - par exemple "mon crocodile"). On peut noter également quelques réflexions plus philosophiques, ou sur l'écriture:

 "Je veux dire aux gens: regardez-vous, regardez-vous comme vous vivez mal" ou

"L'art d'écrire ce n'est pas de bien écrire, mais de savoir biffer ce qui a été mal écrit"

La lecture nous réserve quelques surprises de mise en scène ou musicales et humoristiques. Et tout cela se termine bien sûr par les dernier mots de Tchekhov à Badenweiler en 1904 "Ich sterbe" après avoir bu une dernière coupe de champagne.


Le public, lui a droit à la gastronomique et subtilement épicée soupe d'Anthon, non pas Tchekhov mais le restaurant du chef Georges Flaig, à quelques kilomètres à vol d'oiseau et un petit dé de chèvre délicieux à s'en lécher les doigts. Et ainsi il est prêt pour le "plat de résistance", à savoir Les Trois Soeurs qui en quatre actes, parcourant les quatre saisons (celles de Russie, pas les pizzas) va nous amener jusqu'à la tombée de la nuit (à défaut de tomber de rideau).


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Le premier acte, se passe l'hiver, avec l'anniversaire de la plus jeune des soeurs, Irina (qu'interprète de manière très convaincante Valentine von Hörde), qui fête ses vingt ans (et l'anniversaire de la mort du père), nous permet de découvrir ces trois soeurs (et le frère) et la petite ruche qui gravite autour. Essentiellement des officiers de la garnison de la petite ville et le médecin militaire Tcheboutykine que Serge Lipszy incarne avec la nonchalance désabusée pour ne pas dire désespérée, puisqu'il s'adonne à l'alcool pour oublier les amours passées (pour la mère des trois soeurs morte il y a déjà longtemps). 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

C'est la plus âgée des soeurs, Olga, qu'interprète avec un détachement sérieux Isabelle Ruiz, qui a repris cette responsabilité de la famille. La cadette, Macha, d'un tempérament plus artistique, est jouée par Pauline Leurent avec grâce et séduction. Macha, mariée à Fiodor Illitch Kouliguine, professeur au lycée de la ville (Bruno Journée, assez velléitaire mais néanmoins farceur) va tomber amoureuse du lieutenant-colonel Verchinine (Yann Siptrott, très sérieux dans son rôle de gradé), bavard et dont la femme est dépressive voire suicidaire. Reste le frère Andreï Sergueïevitch Prozorov (Sylvain Urban) artiste et qui rêve d'une carrière universitaire à Moscou. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Mais trop couvé, puis mal marié, il va mener la famille à la ruine après avoir traversé la pièce tel un fantôme. N'oublions pas le duo que forme le baron Nikolaï Lvovitch von Touzenbach (Charles Leckler) et le capitaine Vassili Vassilievitch Salioni (Geoffrey Goudeau) et surtout ce dernier dont les actes vont crescendo du malsain au maléfique, au néfaste et au funeste.


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Tchekhov décrit avec une attention précise les sentiments, les rêves reportés et impossibles (comme ce déménagement espéré à Moscou) et le désenchantement et les revers du sort qui frappent ses protagonistes avec une lucidité caustique et la mise en scène nous rend témoin de ces différents naufrages tout en gardant une distance et un regard caustique sinon humoristique sur le fil du récit. 


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Nous ne pouvons qu'avoir de l'empathie pour ces êtres ballotés au gré des rebondissements ou de l'acceptation du sort étriqué qui lui est dévolu. Et les interprètes nous font aimer les personnages de cette comédie dramatique où, derrière le rire ou le sourire pointe une certaine amertume et du désabusement.


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Ainsi, s'il est bien dit que "Il n'y aura pas de bonheur pour nous", une tendresse touchante irrigue les personnages, leur sensibilité contrebalance leur maladresse, ou leurs lacunes. Les moments dérisoires restent de petites victoires et la séquence de la toupie un grand moment stanislaskien où l'on goûte du silence du moment présent, à l'image de cette tirade: "Ces arbres, je les vois pour la première fois de ma vie".


Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker

Les Trois Soeurs - Anton Tchekhov - Serge Lipszyk - Yann Siptrott - Photo: Robert Becker


Merci au Théâtre Forestier et à ses membres de nous permettre de tels voyages à la fois dans la nature et dans l'exploration de la nature humaine.... et Merci Docteur Tchekhov pour cette cure d'humanité, brute, nature, telle qu'elle est ! 

 


La Fleur du Dimanche


* Pour rappel les pièces jouées au Guensthal

2026 : Les trois Soeurs :  

2025 : La Mouette : La Mouette de Tchekhov au Guensthal: L'envol du théâtre dans un écrin de faveur

2024: Songe d'une nuit d'été : Un songe, une nuit, l'été au Guensthal

2023: Molière : Molière 401 : De Scapin au Jardin (des potes) au Misanthrope à la Cour (faire la)

2022: Un Platonov : Un Platonov de Tchekhov à Windstein

2021 : York : York de Shakespeare au Théâtre Forestier de la Faveur: Crimes et bombardements 

2020: Sauvage de Tchekhov

** Le Théâtre Forestier est né dans cette vallée du Guensthal après la rencontre de Yann Siptrott avec Serge Lipszyc qui dirigeait le Théâtre du Matamore, dont Yann Siptrott est devenu co-directeur 


Les Trois Soeurs

Au Guenstahl les WE du 30 mai au 5 juillet

Dernière minute: Reprise des représentations le WE du 19 et 20 septembre 2026

Distribution :
Sylvain Urban: Andreï Sergueïevitch Prozorov
Sophie Thomann: Natalia Ivanovna, (Natacha) sa fiancée puis son épouse
Isabelle Ruiz: Olga
Pauline Leurent: Macha
Valentine Von Horde: Irina
Bruno Journée: Fiodor Ilitch Kouliguine, professeur au lycée, mari de Macha & Anfissa, nourrice
Yann Siptrott: Alexandre Ignatievitch Verchinine, lieutenant-colonel commandant de division
Charles Leckler: Nikolaï Lvovitch Touzenbach, baron, lieutenant
Geoffrey Goudeau: Vassili Vassiliévitch Soliony, capitaine d’Etat Major
Serge Lipszyc: Ivan Romanovitch Tchéboutikine, médecin militaire
Patrice Verdeil: Alexei Pétrovitch Fédotik, sous lieutenant &
Féraponte, gardien dans l’administration rurale
 
Mise en scène: Serge Lipszyc
Adaptation: Valérie Durin et Serge Lipszyc
Scénographie / Accessoires: Sandrine Lamblin
Lumières: Jean-Louis Martineau
Costumes: Maya Thebault

vendredi 23 janvier 2026

Les Scouts à Schiltigheim - Bloody Mairie - Marie tu ne dors pas encore, et nous en rions encore

 A presque quarante ans de collaboration avec la Mairie de Schiltigheim, les Scouts courent toujours. Et leurs idées vagabondent et pétillent. Comme un cocktail à base de Champagne (ou de bière de la cité des brasseurs) ou de tout autre breuvage aphrodisiaque, psychotrope ou tout simplement euphorisant, ils nous apportent sur un plateau délirant un tir nourri de salves d'humour. Leur nouvelle revue Bloody Mairie est un mélange savant de gags, de mots d'esprit, de chansons (aux paroles bien sûr adaptées aux préoccupations du moment), de chorégraphies fort bien écrites (par le fidèle Bruno Uytter) et allègrement interprétées par l'ensemble de la troupe. C'est aux accents martiaux de la chanson de Jacques Brel  "Au Suivant" que démarre l'enrôlement au Service national volontaire du maigre soldat (Jean-Philippe Meyer, vrai caméléon tout au long da la pièce puisqu'il incarne entre autres Poutine, Bernard Arnaud, Pierre Jakubowzic ou un "maire amer" d'un petit village à côté de Schiltigheim) qui sera chargé de "sauver la France" du désamour de la politique locale. La politique, elle sera à tous les étages bien sûr avec une très belle parodie de "L'homme de Cro-magnon" qui voit s'affronter l'homme de Cro-Macron avec l'homme de Cro-Matignon. Sauver son argent est aussi le slogan du trio d'ultra-riches qui quittent le paquebot France en croisant un certain Frédéric Bierry avec sa bouée qui essaye de quitter le Grand Est.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Notons que cette année, c'est sur deux très grands écrans judicieusement disposés sur la scène que le décor change et nous emmène d'un tableau à l'autre, ce qui donne un petit côté bande dessinée à l'ambiance. Sur ces écrans sont à l'occasion diffusées des Images Animées plus vraies que nature pour la campagne électorale de la candidate qui n'a pas peur de toucher à l'Intelligence (Artificielle) de ses électeurs et les effrayer avec des monceaux de détritus que traverse le tram, ou des rats géants qui envahissent la place Kléber.

L'humour est souvent acerbe, les Scouts n'ayant pas la dent douce rongée de caries, et, ni les postiers, ni les fonctionnaires avec leurs RTT et leurs congés maladies bien organisés, ni les banquiers ne sont épargnés.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Le public lui-même - que Patricia Weller par exemple secoue un peu pour le réveiller - n'est pas préservé, qui se fait traiter de "Boomer",  avec ses illusions et souvenirs de jeunesse libérée des années 60-70, fumeur et b...eur inconscient. Et son ignorance du vocabulaire des djeuns l'oblige à se raccrocher à sa copine La Rousse et son copain Robert Petit pour ne pas être en PLS et se faire troller, mais je ne vais pas tout vous spoiler


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


L'humour semble aussi porter une dose d'autodérision quand il est question de fuites urinaires et de fatigue des Pyrénées (la géographie est aussi malmenée, avec le Lac de Gérardmer qui navigue entre la Bretagne et le Jura). Mais dans ce type de revue, il est normal de renverser les règles, comme dans le jeu télévisé de Pascal Praud sur WCNews Pétain Express où le candidat qui gagne perd. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Pour la séquence "artistique" aussi, où le Louvre et son affaire du collier de la Reine donne lieu à un dévoilement surréaliste d'une "oeuvre" lorgnant autant du côté de Marcel Duchamp que de Johannes Tyba. Sur le registre du suspense, la sobriété et l'austérité de la séquence du commissariat est un petit bijou d'angoisse très bien distillé. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les jeunes recrutés au Service national volontaire ne sont pas non plus protégés, tout comme les pauvres, qui bouffent mal et qui économisent un Euro soixante sur les frais d'obsèques grâce à leur carte de fidélité . 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Mais les meilleures situations, analyses et caricatures sont celles qui traitent des élections municipales, comme le titre alléchant le laisse espérer. Le processus de constitution d'une liste électorale lors d'une réunion mémorable par un maire omnipotent est un sommet à la Kafka qui culmine par la constitution, dans un objectif démocratique, d'une liste d'opposition par le même maire. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Les deux séquences consacrées à l'arène strasbourgeoise sont d'un humour extrême, que ce soit le regard caustique sur les deux candidates "soeurs ennemies", Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian dans une magnifique séquence de travestissement en miroir (Saluons au passage la costumière Rita Tataï et ses petites mains Ségolaine et Hélène ainsi que Florence Bohnert et Magali Rauch pour la variété et la créativité des costumes). 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

Le jeu des comédiens et comédiennes est impeccable et leur changement de costume et de personnage nous surprend au point que quelquefois nous ne les reconnaissons pas sous leur déguisement, même si nous identifions quelquefois Patricia Weller, toujours aussi montée sur ressort et prête à bondir, Nathalie Mercier qui pousse bien la chansonnette; Murielle Rivemale en mère et femme au commissariat, Sophie Nehama qui a toujours sa belle voix, Raphaël Scheer magistral, Alexandre Sigrist et sa barbe et sa belle voix puissante et le nouveau Jules Pan, bien en juvénile.


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker

 La Revue doit aussi beaucoup aux "musiciens de l'ombre" sous la direction de Michel Ott qui ponctuent les tableaux (par exemple un "I can Get No" que l'on croirait joué par les Rolling Stones ou toutes les mélodies qui s'enchainent, dont la série "Bleue") - sauf Sylvain Troesch qui se met en pleine lumière avec sa guitare acoustique pour le tableau final pour un "Foutez-moi la Paix" qui "ruine" la chanson de Stephan Eicher en une chanson scoute ("Toujours prêt") - et donc Pilou Wurtz, Anne List, Laura Strubel, Romain Bolli, Mathias Hecklen Obernesser, Mathieu Zirn, Sébastien Kanmacher et toutes les équipes techniques. 


Les Scouts - Bloody Mairie - Schiltigheim - Photo: Robert Becker


Sans oublier le regard artistique de Denis Germain et la scénographie de Bruno Boulala. Et Marie Chauvière et Faysal Benbahmed qui jouent en alternance avec Raphaël et Murielle. Et surtout le grand ordonnateur et dynamiteur de Cocktail, Daniel Chambet-Ithier, appelé Molotov, le mixologue metttreur en scène de ce magnifique spectacle explosif et tonitruant, digne héritier de l'esprit, Hamster Jovial de la troupe a qui nous souhaitons encore une longue vie*.


La Fleur du Dimanche


Pour les dates et les réservations, c'est là: Bloody Mairie


* Nous savons d'ores et déjà que le personnage de la Maire de Schiltigheim, Danielle Dambach va disparaître de la revue car Patricia Weller lui a rendu un muet et émouvant hommage en mimant les événements et rebondissements qui ont parqué son mandat.