Affichage des articles dont le libellé est Victor Hugo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Victor Hugo. Afficher tous les articles

dimanche 28 janvier 2018

Que dois-je ouir ? du Labé plutôt que du curé, je dis oui, encore....

D'aucuns - d'aucunes - ont dû avoir leurs oreilles écorchées ces dernières semaines, mais c'est plutôt à son imagination qu'il faut s'en prendre si cela a fait mal. 
Mais il vaut mieux se faire du bien alors allons-y, continuons... 
Je vous offre un poème de Louise Labé (je vous l'avais sûrement déjà offert), mais auparavant, je vous offre une fleur....



Clématite - Photo: lfdd

Un clématite - ces fleurs qui grimpent aux murs:

Clématite - Photo: lfdd

Et donc les deux versions de cette chanson de Louise Labé, poétesse née à Lyon en 1524.

Celle du temps passé:

Baise m’encor, rebaise moy et baise :
Donne m’en un de tes plus sauoureus,
Donne m’en un de tes plus amoureus :
Ie t’en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal i’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Iouissons nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suiura.
Chacun en soy et son ami viura.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Tousiours suis mal, viuant discrettement
Et ne me puis donner contentement.
Si hors de moy ne fay quelque saillie.


Et une version "traduite":

Baise m’encor, rebaise-moi et baise :
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las, te plains-tu ? ça que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi mêlant nos baisers tant heureux
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moi ne fais quelque saillie.


Je vous la laisse écouter interprétée par Julie Verleye:





Puis chantée par Alexandrina Chelu, bien rythmée:





Et interprétée par un homme, un Suisse, Pascal Auberson  





Et Hélène Martin 





Et pour finir, une version par Colette Magny:






A vous de vous faire votre tiercé gagnant...

Pour moi, je vous offre un autre tiercé de Colette Magny avec "Prends moi, me prends pas" pour continuer sur la lancée:



Une autre plus douce "J'ai suivi beaucoup de chemins"



Et pour finir Colette Magny "Les Tuileries" une chanson sur un texte de Victor Hugo





Et si vous n'avez encore soif de chansons, et de tendresse, pour finir six minutes de Catherine Ribeiro - Une Infinie Tendresse - Libertés - 1975





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

vendredi 14 juillet 2017

La brise de la Bastille, le vent levant et... Michel, Juliette et Alexandre au Paradis

Aujourd'hui encore, commémoration de la prise de la Bastille qui a vu un vent nouveau souffler sur la France l'Europe et le Monde... je ne me défile pas.

Pour le commémorer, un fleur bleue, pas le bleuet de France mais une Nigelle de Damas, à ne pas confondre avec la nigelle cultivée qui donne le cumin noir (niger) aux vertus médicinales.


Nigelle de Damas - 


En ce jour férié, même si je ne publie pas encore vos fleurs, je vais faire court, donc:

1. Le TVA

La citation de Victor Hugo: 
"Entre la logique de la révolution et sa philosophie il y a cette différence que sa logique peut conclure à la guerre, tandis que sa philosophie ne peut aboutir qu'à la paix."


2. Le texte de la chanson (extrait) de Michel Berger: 

"...
Je m'en irai dormir dans le paradis blanc 
Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps 
Tout seul avec le vent 
Comme dans mes rêves d'enfant 
Je m'en irai courir dans le paradis blanc 
Loin des regards de haine 
Et des combats de sang 
Retrouver les baleines 
Parler aux poissons d'argent 
Comme, comme, comme avant
...

La chanson:




Et quelques découvertes musicales chantées par Juliette Armanet, une voix :

La première, pour faire le pendant du morceau des Parcels avec Daft Punk, aujourd'hui, une reprise d'un autre titre des Daft Punk, "I Feel It Coming"  en français "Je te sens Venir"


Et un autre direct "Alexandre"




Et pour un autre aspect de sa voix, "L'amour en solitaire":


  

Bon 14 juillet

La Fleur du Dimanche 

dimanche 27 novembre 2016

Nous est pluriel. Nous est mobile. Nous bons ! Nous sommes le néant

Aujourd'hui, je vais vous faire un panorama du nous.
Mais tout d'abord, pas de houx mais du fusain:


Fusain multiple - Photo: lfdd

Et vous verrez, que, comme nous, le fusain peut être multiple.
Donc, vous l'avez compris, le TVA du jour va parler de "nous" ou plutôt du "Nous". C'est un livre de Tristan Garcia, justement intitulé "Nous" qui en est l'occasion, via un article de Mathieu Potte-Bonneville dans le Monde du 25 novembre et intitulé "Nous, un pronom très pluriel". Il nous y dit, en parlant bien sûr de ce livre - "Nous" - via un curieux détour de langue qu'au Etats-Unis, nous sommes passés du "Yes, we can" au "We, the people" et que pour ces deux "We/nous" "la première personne du pluriel est une personne plurielle, et cette loi soumet toute politique à de vertigineuse décisions."

Il parle de Christian Garcia qui "décrit le dilemme à l'oeuvre qitôt qu'il faut dire "nous": comment nous devenons nécessairement partiaux, combien nous hésitions à trouver un appui dans l'entre-soi ou l'opposition aux autres, ou encore plus nous aspirons à une communauté ouverte, plus nous noous exposons à voir proliférer schismes et groupuscules."   Et plus loin:
"... aux dernières pages, le romancier rejoint le philosophe, l'incertitude sur l'identité est profondément personnelle, le "nous" académique qui portait le propos se révèle n'être, au fond, que le "nous" incertain avec lequel, ou au bord duquel, chacun est aujourd'hui commis à vivre et à penser." 


Fusain multiple - Photo: lfdd

A creuser, et pour compléter par d'autres biais ce "nous", deux poèmes...
Le premier de Beaudelaire, la première strophe du poème "Le Voyage":

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !"

Fusain multiple - Photo: lfdd

Le deuxième en appelle à Victor Hugo, dans un poème bien mystique:

Croire, mais pas en nous

Parce qu'on a porté du pain, du linge blanc, 
À quelque humble logis sous les combles tremblant 
Comme le nid parmi les feuilles inquiètes ; 
Parce qu'on a jeté ses restes et ses miettes 
Au petit enfant maigre, au vieillard pâlissant, 
Au pauvre qui contient l'éternel tout-puissant ; 
Parce qu'on a laissé Dieu manger sous sa table, 
On se croit vertueux, on se croit charitable ! 
On dit : - Je suis parfait ! louez-moi ; me voilà ! 
Et, tout en blâmant Dieu de ceci, de cela, 
De ce qu'il pleut, du mal dont on le dit la cause, 
Du chaud, du froid, on fait sa propre apothéose. 
Le riche qui, gorgé, repu, fier, paresseux, 
Laisse un peu d'or rouler de son palais sur ceux 
Que le noir janvier glace et que la faim harcèle, 
Ce riche-là, qui brille et donne une parcelle 
De ce qu'il a de trop, et qui n'a pas assez, 
Et qui, pour quelques sous du pauvre ramassés, 
S'admire et ferme l'oeil sur sa propre misère, 
S'il a le superflu, n'a pas le nécessaire : 
La justice ; et le loup rit dans l'ombre en marchant 
De voir qu'il se croit bon pour n'être pas méchant. 
Nous bons ! nous fraternels ! ô fange et pourriture ! 
Mais tournez donc vos yeux vers la mère nature ! 
Que sommes-nous, coeurs froids où l'égoïsme bout, 
Auprès de la bonté suprême éparse en tout ? 
Toutes nos actions ne valent pas la rose. 
Dès que nous avons fait par hasard quelque chose, 
Nous nous vantons, hélas ! vains souffles qui fuyons ! 
Dieu donne l'aube au ciel sans compter les rayons, 
Et la rosée aux fleurs sans mesurer les gouttes ; 
Nous sommes le néant ; nos vertus tiendraient toutes 
Dans le creux de la pierre où vient boire l'oiseau. 
L'homme est l'orgueil du cèdre emplissant le roseau. 
Le meilleur n'est pas bon, vraiment, tant l'homme est frêle ; 
Et tant notre fumée à nos vertus se mêle ! 
Le bienfait par nos mains pompeusement jeté 
S'évapore aussitôt dans notre vanité ; 
Même en le prodiguant aux pauvres d'un air tendre, 
Nous avons tant d'orgueil que notre or devient cendre ; 
Le bien que nous faisons est spectre comme nous. 
L'Incréé, seul vivant, seul terrible et seul doux, 
Qui juge, aime, pardonne, engendre, construit, fonde, 
Voit nos hauteurs avec une pitié profonde. 
Ah ! rapides passants ! ne comptons pas sur nous, 
Comptons sur lui. Pensons et vivons à genoux ; 
Tâchons d'être sagesse, humilité, lumière ; 
Ne faisons point un pas qui n'aille à la prière ; 
Car nos perfections rayonneront bien peu 
Après la mort, devant l'étoile et le ciel bleu. 
Dieu seul peut nous sauver. C'est un rêve de croire 
Que nos lueurs d'en bas sont là-haut de la gloire ; 
Si lumineux qu'il ait paru dans notre horreur, 
Si doux qu'il ait été pour nos coeurs pleins d'erreur, 
Quoi qu'il ait fait, celui que sur la terre on nomme 
Juste, excellent, pur, sage et grand, là-haut est l'homme, 
C'est-à-dire la nuit en présence du jour ; 
Son amour semble haine auprès du grand amour ; 
Et toutes ses splendeurs, poussant des cris funèbres, 
Disent en voyant Dieu : Nous sommes les ténèbres ! 
Dieu, c'est le seul azur dont le monde ait besoin. 
L'abîme en en parlant prend l'atome à témoin. 
Dieu seul est grand ! c'est là le psaume du brin d'herbe ; 
Dieu seul est vrai ! c'est là l'hymne du flot superbe ; 
Dieu seul est bon ! c'est là le murmure des vents ; 
Ah ! ne vous faites pas d'illusions, vivants ! 
Et d'où sortez-vous donc, pour croire que vous êtes 
Meilleurs que Dieu, qui met les astres sur vos têtes, 
Et qui vous éblouit, à l'heure du réveil, 
De ce prodigieux sourire, le soleil ! 


Fusain multiple - Photo: lfdd

Et pour conclure en chanson, Nous, par Hervé Vilar qui nous dit : 
"Nous, c'est une illusion qui meurt 
D'un éclat de rire en plein coeur"
(Spécial dédicace humoristique à un vieil (et jeune) ami ;-) qui j'espère saura se reconnaître.




Oui, il est vivant, et il chante encore:



Et si vous avez survécu aux deux "Hervé Vilard, "Une p'tite chanson qui nous ressemble" pour voir si "vous" vous reconnaissez et vous vous ressemblez... 

Si on s'mettait tous ensemble pis on chantait une p'tite chanson
Une p'tite chanson qui nous ressemble, jamais contente comme de raison
Une histoire de rien du tout 
Comme il en existe beaucoup






Allez, bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 6 novembre 2016

Novembre, il neige des feuilles, des poèmes et des chansons d'automne

Les ciels de novembre se découpent sur les arbres à l'horizon sombre, les dernières pâquerettes se morfondent dans la prairie, les pieds gelés, ce n'est plus que verts sombre et ocre:


Dernières pâquerettes - Photo: lfdd

"Quand l'Automne, abrégeant les jours qu'elle dévore,
Éteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,
Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu'il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s'approche du feu.
.....
Ton soleil d'orient s'éclipse, et t'abandonne,
..."

Dans la forêt, la lumière traverse à peine:


Derniers rayons de novembre - Photo: lfdd
Le soleil fait une percée:


Dernier soleil de novembre - Photo: lfdd

Encore un poème de novembre:

"Je te rencontre un soir d'automne, 
Un soir frais, rose et monotone. 
Dans le parc oublié, personne.

Toutes les chansons se sont tues : 
J'ai vu grelotter les statues, 
Sous tant de feuilles abattues.

Tu es perverse. Mais qu'importe 
La complainte pauvre qu'apporte 
Le vent froid par-dessous la porte.

Fille d'automne tu t'étonnes 
De mes paroles monotones... 
Il nous reste à vider les tonnes.

Charles Cros.

Dernière lumière de novembre - Photo: lfdd

Et il repleut du poème triste

Novembre

Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.

Ils souffrent bien sous cette pluie ;

Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.

Mon âme est comme une fauvette

Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;

Mais loin d’eux elle est exilée ;

Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.
François Coppée

Mais sortons de la forêt, vendangeons l'amour:


Dernières vendanges de novembre - Photo: lfdd

Bon, dites à Avril de me sortir des froides chaines de Novembre:

November has tied me
To an old dead tree
Get word to April
To rescue me
November's cold chain



Dernier rayon de novembre - Photo: lfdd

 

Qu'on me laisse à mes souvenirs,
Qu'on me laisse à mes amours mortes,
Il est temps de fermer la porte,
Il se fait temps d'aller dormir

Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 21 juin 2015

Fêtez l'été, fêtez la musique: Faites de la musique à la fête de la musique.

Cela ne vous aura pas échappé, sauf si vous étiez parti sur mars, mais nous sommes en juin, le 21 juin et ce jour, en plus d'être la date du solstice d'été est également celle de la fête de la musique en France et dans quelques autres pays où elle s'est propagée.

Mais je ne vais pas en parler. Juste vous la fêter en musique à la fin de ce billet. 
Et je vous offre ma première fleur:


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd


C'est un lys de la Cour des senteurs à Versailles, magnifique de couleurs et de senteurs. Versailles, dont je reparlerai bientôt au sujet de l'exposition d'Anish Kapoor, dont une oeuvre a été l'expression de la bêtise et de l'intolérance - et surtout du manque de respect de l'autre - de tous les autres, pas seulement de l'auteur artiste.

Mais tournons autour de la fleur et ne soyons pas violent.


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd

Je profite de l'intermède pour placer un rappel au sujet de l'accident - un acte de création quelquefois, on en reparlera - dont j'avais parlé dans mon billet du 31 mai: L'accident du chercheur: de l'inopiné naît la création. Le hasard file son fil et ce matin, sur France Inter, une invitée, Cynthia Fleury, parlait des "choses de la vie" et de l'accident. Elle a d'ailleurs écrit un livre "Pretium doloris, l'accident comme souci de soi" chez Pauvert. L'émission s'écoute ici (quelques jours).
http://www.franceinter.fr/emission-parenthese-les-choses-de-la-vie

Pour en savoir plus, quelques échanges avec Lucas Degrys sur ce sujet sur le  site de France Inter:
http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=PHOIR_021_0213

"Le refus de l’accident, de l’événement critique, de l’altérité imprévisible, le refus de la douleur, est le résultat d’une mécanisation ou réification spectaculaire du monde. Cette mécanisation spectaculaire, en ce qu’elle tente d’éliminer toute forme d’accident, d’imprévisibilité critique et d’altérité événementielle, toute forme de face-à-face réel, fabrique son propre type de citoyen-modèle sous la forme des singles, des célibataires, des « particules élémentaires » urbaines, comme le décrivent également Sloterdijk ou d’autres. Comment réinjecter de l’altérité événementielle dans nos existences modernes, comment intoxiquer le corps social ? Quel peut être le rôle de la philosophie dans ce projet ? A-t-elle seulement un rôle à jouer ?

C. F. : Dans Pretium doloris, j’ai essayé de figurer l’acte de pensée, de montrer sa concrétude et non son abstraction : j’ai donc cherché la figure la plus susceptible de dire l’« acte de présence » total qu’est la pensée par rapport au réel et au soi. L’accident est cet événement où il est impossible de ne pas faire face. C’est la rencontre avec le trop-plein du réel. Sans cesse, dans la vie, on tourne le dos, on ne fait jamais face intégralement. Or, l’accident est un moment qui fait exploser la synthèse et nous met en présence du « tout ». Une pensée doit avoir ce souci d’exigence, de faire face au tout, et c’est ainsi qu’elle peut envisager de saisir le réel. On est loin ici de la conception catastrophiste de Paul Virilio, lorsqu’il évoque le phénomène d’accident généralisé, notamment cybernétique.
Pour ce qui est de réinjecter du réel, en a-t-on vraiment besoin ? En reconnaissant au réel sa part énigmatique, du « réel » jaillit de nouveau. L’un des rôles de la philosophie, c’est de saisir les transcendances verticales et horizontales, si j’ose dire. Nous sommes responsables de l’ordre de la manifestation, de « ce qui apparaît ». Le philosophe est un « relais phénoménologique » : il a en charge de faire apparaître le réel ou de faire en sorte que le réel continue d’apparaître. C’est là aussi une vision très moderne de l’éthique humaniste."

En résumé, l'accident nous confronte au réel et le réel nous confronte aux autres, mais c'est un occasion de positiver..

Allez tourne la fleur...


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd

Et pour finir, deux poèmes de circonstance dont je vous invite à trouver l'auteur:

Le Poète

Shakespeare songe; loin du Versailles éclatant, 
Des buis taillés, des ifs peignés, où l'on entend 
Gémir la tragédie éplorée et prolixe, 
Il contemple la foule avec son regard fixe, 
Et toute la forêt frissonne devant lui. 
....

Chanson (L'Ame en fleur)

Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi ?
Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?

Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?

Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Lorsque je vous vois, je tressaille :
C'est ma joie et c'est mon souci.
Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?


Je vous l'offre chantée, en ce jour de fête de la musique, par Alain Barrière:



Et pour finir l'été en chanson, "Here Comes the Summer" par the Undertones :




Et en Français, "Voilà l'été" par les Négresses Verte:





Bon dimanche et Bonne Fête de la Musique.

La Fleur du Dimanche

lundi 15 juin 2015

Sylvain le rêveur et les fleurs de la capitale

Les fleurs bleues blessées de dimanche dernier existent aussi en Suisse, mon ami orchidophile me l’a dit.

Par contre, dans la capitale de la France, les fleurs à terre sont ternes. La seule couleur – rouge- n’est que blessure chimique:

Fleurs blessées- Photo: lfdd


Et même en couleur flashy, les fleurs blessées font bien pâle figure:


Fleurs blessées- Photo: lfdd


Et les roses sont sous les lampadaires :


Roses de cour - Photo: lfdd


D’autres, rouge sang rendent un hommage (marchand) à Victor Hugo sont en parterre sombre au pied d’un poème oxymore annonçant l’ouverture d’un bistrot (Adieu calme sylvain, adieu le vol des mouches...).


Oui, je suis le rêveur... et Roses de Victor Hugo - Photo: lfdd


Oui, je suis le rêveur...

Avant de commencer le grand concert sacré, 
Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré,
La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle,
Tous ces doux instruments, m'adressent la parole;
Je suis l'habitué de l'orchestre divin;
Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain.

J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille,
A force de parler doucement à la feuille,
A la goutte de pluie, à la plume au rayon,
Par descendre à ce point dans la création,
Cet abîme où frissonne un tremblement farouche,
Que je ne fais plus même envoler une mouche.

Victor Hugo


Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 15 décembre 2013

Les étoiles filantes de l'été dans le soleil d'hiver

Les soirs d'hivers font resurgir les chauds souvenirs des jours chauds, sinon torrides de l'été au bord de la mer...
L'occasion de reprendre le fil des photos des fleurs de la Fleur du Dimanche. Ce fil ténu, tenu grâce à vos envois de fleurs depuis le 15 septembre...
Merci à vous tous - et toutes, cela fait une belle brassée que vous avez pu apprécier, je pense...
Donc, après la pause estivale qui a vu quelques fleurs en réserve apparaître au fil des dimanches de vacance et de rentrée, voici le vrai retour de la Fleur du Dimanche avec une livraison de fleurs bien chaudes pour vous réchauffer de la brume et du froid hivernal.


Fleurs: Etoiles d'Eté - Photo: lfdd

Rien que la photo devrait vous réchauffer et vous rappeler les pluies d'étoiles filantes des Laurentides (ou Perséïdes).

A croire qu'elles se sont posées sur les bords de la Méditerranée ou d'un lac dans la chaleur torride.


Fleurs: Etoiles d'Eté - Photo: lfdd

Ces étoiles se mettent en écho à celle qui à Noël il y quelques siècles était censée montrer le chemin à trois rois... 

Je profite de ces "Guetteurs d'étoile" pour vous inviter à l'exposition éponyme de Sylvie Lander, peintre de la Voie Lactée à l'Illiade à Illkirch-Graffenstaden dont c'est le dernier jour. Le finissage aujourd'hui sera accompagné d'une performance de Geneviève Charras à 15h30, aura-t-elle sa voix lactée?

Et en pensée de Noël, une phrase du poète Yves Bonnefoy: 
"Ce que je pense de la vie? Disons que je n'ai pas encore commencé à comprendre ce que c'est et je me propose de le faire un peu plus."

Et pour les étoiles, le TVA bis vient de Victor Hugo:


Les étoiles filantes.

I.

À qui donc le grand ciel sombre 
Jette-t-il ses astres d'or? 
Pluie éclatante de l'ombre, 
Ils tombent...? Encor! encor!

Encor! lueurs éloignées, 
Feux purs, pâles orients, 
Ils scintillent... ô poignées 
De diamant effrayants!

C'est de la splendeur qui rôde, 
Ce sont des points univers, 
La foudre dans l'émeraude! 
Des bleuets dans des éclairs!

Réalités et chimères 
Traversant nos soirs d'été!
Escarboucles éphémères
De l'obscure éternité!

De quelle main sortent-elles?
Cieux, à qui donc jette-t-on 
Ces tourbillons d'étincelles? 
Est-ce à l'âme de Platon?

Est-ce à l'esprit de Virgile?
Est-ce aux monts? est-ce au flot vert?
Est-ce à l'immense évangile 
Que Jésus-Christ tient ouvert?

Est-ce à la tiare énorme 
De quelque Moïse enfant 
Dont l'âme a déjà la forme 
Du firmament triomphant?

Ces feux-là vont-ils aux prières?
À qui l'Inconnu profond
Ajoute-t-il ces lumières, 
Vagues flammes de son front?

Est-ce, dans l'azur superbe, 
Aux religions que Dieu, 
Pour accentuer son verbe, 
Jette ces langues de feu?

Est-ce au-dessus de la Bible 
Que flamboie, éclate et luit 
L'éparpillement terrible 
Du sombre écrin de la nuit?

Nos questions en vain pressent 
Le ciel, fatal ou béni. 
Qui peut dire à qui s'adressent 
Ces envois de l'infini?

Qu'est-ce que c'est que ces chutes 
D'éclairs au ciel arrachés?
Mystère! Sont-ce des luttes?
Sont-ce des hymens? Cherchez.

Sont-ce les anges du soufre?
Voyons-nous quelque essaim bleu 
D'argyraspides du gouffre
Fuir sur des chevaux de feu?

Est-ce le Dieu des désastres, 
Le Sabaoth irrité, 
Qui lapide avec des astres
Quelque soleil révolté?



Bon Dimanche

Le Fleur du Dimanche