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mercredi 24 juin 2015

Dans les Palais, Châteaux, Barrages, l'art dans l'espace public, l'Art Public

L'art n'est pas fait que pour les musées, ni pour être accroché (caché) chez les collectionneurs.
Le comble est d'ailleurs les "Zones franches d'Art", entrepôts où l'on thésaurise l'art - et d'où quelquefois les oeuvres "s'évaporent".

Non, l'art est fait pour être partagé et surtout "vivre" au contact des gens, les faire réagir - quelquefois de manière un peu brutale, mais cela aussi devrait permettre de (les) faire avancer dans une prise de conscience de qui nous sommes et de quelle est notre place dans ce monde. Ou simplement de nous donner un plaisir de découvrir et d'apprécier la proposition de l'autre (l'artiste) et de nous émouvoir et nous interroger.

Cet art - non décoratif - est en place actuellement dans quelques espaces "touristiques", à la rencontre d'un public non "captif" et ces initiatives sont bienvenues.

Tout d'abord, il faut saluer le travail des "Commissaires Anonymes" et de quelques artistes qui ont leurs ateliers au Bastion à Strasbourg, qui, profitant de la belle saison (touristique) pour faire exposer leurs oeuvres dans le passage du Barrage Vauban dans le cadre de l'exposition "Bastion Commun".

En voici d'ailleurs l'oeuvre qui s'est "évadée" vers le haut, sur la terrasse:


Vincent Chevillon - Bastion Commun - Photo: lfdd

Je reparlerai plus en détail de cette exposition plus tard, en attendant, une autre vue où les "haut-Parleurs" de Vincent Chevillon font un écho de couleurs à la facade du MAMCS habillée de Buren.


Echo - Hauts-Parleurs- Vincent Chevillon - Bastion Commun - Buren - MAMCS - Photo: lfdd


Une autre initiative - précurseur de la manifestation biennale autour du verre à Strasbourg - c'est, sur une autre terrasse - celle du Palais des Rohan - la présentation de quatre artistes, lauréats de la manifestation et qui mettent l'art verrier (en grand!) au contact du public: 


Terrasse des Rohan - Strasbourg -  Glass Art - Photo: lfdd

Terrasse des Rohan - Strasbourg -  Glass Art - Photo: lfdd


Et pour finir, sur une autre terrasse, celle du Château de Versailles (et dans les jardins), l'exposition monumentale d'Anish Kapoor (dont j'avais parlé dimanche dernier) dont je vous donner un premier aperçu:


Anish Kapoor - Star Grove - Versailles - Photo: lfdd

Anish Kapoor - Sky Mirror - Versailles - Photo: lfdd

Anish Kapoor -  C-Curve - Versailles - Photo: lfdd

Une autre initiative d'art dans la rue, c'est de l'Art dans les Vitrines, ou plutôt les "Vitrines de l'Art", initiative à la fois rafraîchissante*, dont il faut saluer l'idée de réseau, même si on peut regretter le "couac" d'une "timidité" des organisateurs principaux, en l'occurrence les "Galeries Lafayette". Il faut saluer leur implication dans le soutien aux artistes contemporains (même si parmi les Arnaud, Pinault, Leclerc, c'est maintenant une attitude partagée) et leurs expositions dans leur "Galerie des Galeries" à Paris. A Strasbourg - et dans d'autres villes en France, cela devient un rendez-vous régulier que de montrer en vitrine des oeuvres exposées par des lieux cuturels en Alsace: Le FRAC à Sélastat, le MAMCS et le CEAAC à Strasbourg. Nous avons donc une vitrine dédiée à Elmar Trenkwalder qui vient de créer son oeuvre WVZ 284 à l'entrée du "clos du Frac", une autre à Philippe Lepeut. L'oeuvre en relation avec le CEAAC devait être celle duo HeHe "Uniform", extension du projet Siren Shields présenté au CEAAC dans l'exposition Open Source (commissariat : COAL). L'atmosphère de suspicion et l'actualité "terroriste" a eu raison de l'humour des artistes et une autocensure a baissé le rideau en attendant une autre oeuvre des artistes exopsés au CEAAC par les "commissaires" invités.

Comme quoi une bombe, selon l'atmosphère, peut ne pas rester "rafraîchissante":


Vitrines sur l'Art - Strasbourg - Photo: lfdd


La surprise est météorologique, puisque l'oeuvre humoristique - HeHe - a été remplacée par des considérations sur le temps (la météo) - quoi de plus neutre pour discuter d'Art !


Lauren Thorson - It was pretty nice today (Internet Poems About #Weather) - Vitrines sur l'Art - Strasbourg - Photo: lfdd

Les deux autres vitrines, elles reportant des artistes Elmar Trenkwalder et Philippe Lepeut n'ont pas subi de modifications:

Elmar Trenkwalder - FRAC Alsace - Vitrines sur l'Art - Strasbourg - Photo: lfdd


Philippe Lepeut- Vitrines sur l'Art - Strasbourg - Photo: lfdd

Cette page est en "évolution, et s'étoffera au fil des jours... Revenez-y et allez aussi voir les oeuvres "en vrai".

Bonnes visites

La Fleur du Dimanche

dimanche 21 juin 2015

Fêtez l'été, fêtez la musique: Faites de la musique à la fête de la musique.

Cela ne vous aura pas échappé, sauf si vous étiez parti sur mars, mais nous sommes en juin, le 21 juin et ce jour, en plus d'être la date du solstice d'été est également celle de la fête de la musique en France et dans quelques autres pays où elle s'est propagée.

Mais je ne vais pas en parler. Juste vous la fêter en musique à la fin de ce billet. 
Et je vous offre ma première fleur:


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd


C'est un lys de la Cour des senteurs à Versailles, magnifique de couleurs et de senteurs. Versailles, dont je reparlerai bientôt au sujet de l'exposition d'Anish Kapoor, dont une oeuvre a été l'expression de la bêtise et de l'intolérance - et surtout du manque de respect de l'autre - de tous les autres, pas seulement de l'auteur artiste.

Mais tournons autour de la fleur et ne soyons pas violent.


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd

Je profite de l'intermède pour placer un rappel au sujet de l'accident - un acte de création quelquefois, on en reparlera - dont j'avais parlé dans mon billet du 31 mai: L'accident du chercheur: de l'inopiné naît la création. Le hasard file son fil et ce matin, sur France Inter, une invitée, Cynthia Fleury, parlait des "choses de la vie" et de l'accident. Elle a d'ailleurs écrit un livre "Pretium doloris, l'accident comme souci de soi" chez Pauvert. L'émission s'écoute ici (quelques jours).
http://www.franceinter.fr/emission-parenthese-les-choses-de-la-vie

Pour en savoir plus, quelques échanges avec Lucas Degrys sur ce sujet sur le  site de France Inter:
http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=PHOIR_021_0213

"Le refus de l’accident, de l’événement critique, de l’altérité imprévisible, le refus de la douleur, est le résultat d’une mécanisation ou réification spectaculaire du monde. Cette mécanisation spectaculaire, en ce qu’elle tente d’éliminer toute forme d’accident, d’imprévisibilité critique et d’altérité événementielle, toute forme de face-à-face réel, fabrique son propre type de citoyen-modèle sous la forme des singles, des célibataires, des « particules élémentaires » urbaines, comme le décrivent également Sloterdijk ou d’autres. Comment réinjecter de l’altérité événementielle dans nos existences modernes, comment intoxiquer le corps social ? Quel peut être le rôle de la philosophie dans ce projet ? A-t-elle seulement un rôle à jouer ?

C. F. : Dans Pretium doloris, j’ai essayé de figurer l’acte de pensée, de montrer sa concrétude et non son abstraction : j’ai donc cherché la figure la plus susceptible de dire l’« acte de présence » total qu’est la pensée par rapport au réel et au soi. L’accident est cet événement où il est impossible de ne pas faire face. C’est la rencontre avec le trop-plein du réel. Sans cesse, dans la vie, on tourne le dos, on ne fait jamais face intégralement. Or, l’accident est un moment qui fait exploser la synthèse et nous met en présence du « tout ». Une pensée doit avoir ce souci d’exigence, de faire face au tout, et c’est ainsi qu’elle peut envisager de saisir le réel. On est loin ici de la conception catastrophiste de Paul Virilio, lorsqu’il évoque le phénomène d’accident généralisé, notamment cybernétique.
Pour ce qui est de réinjecter du réel, en a-t-on vraiment besoin ? En reconnaissant au réel sa part énigmatique, du « réel » jaillit de nouveau. L’un des rôles de la philosophie, c’est de saisir les transcendances verticales et horizontales, si j’ose dire. Nous sommes responsables de l’ordre de la manifestation, de « ce qui apparaît ». Le philosophe est un « relais phénoménologique » : il a en charge de faire apparaître le réel ou de faire en sorte que le réel continue d’apparaître. C’est là aussi une vision très moderne de l’éthique humaniste."

En résumé, l'accident nous confronte au réel et le réel nous confronte aux autres, mais c'est un occasion de positiver..

Allez tourne la fleur...


Fleur de Lys - Jardin des senteurs - Versailles - Photo: lfdd

Et pour finir, deux poèmes de circonstance dont je vous invite à trouver l'auteur:

Le Poète

Shakespeare songe; loin du Versailles éclatant, 
Des buis taillés, des ifs peignés, où l'on entend 
Gémir la tragédie éplorée et prolixe, 
Il contemple la foule avec son regard fixe, 
Et toute la forêt frissonne devant lui. 
....

Chanson (L'Ame en fleur)

Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi ?
Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?

Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?

Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Lorsque je vous vois, je tressaille :
C'est ma joie et c'est mon souci.
Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?


Je vous l'offre chantée, en ce jour de fête de la musique, par Alain Barrière:



Et pour finir l'été en chanson, "Here Comes the Summer" par the Undertones :




Et en Français, "Voilà l'été" par les Négresses Verte:





Bon dimanche et Bonne Fête de la Musique.

La Fleur du Dimanche