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dimanche 24 juillet 2016

Fini le corbeau, vive les rainettes, le soir, l'été, la plage, je ne veux plus travailler...

C'est vraiment l'été, et La Fleur du Dimanche va prend un peu d'air dans les champs, du champ dans les prés et pas toujours tout près...

Mais les fleurs de l'été, grâce à vous, fidèles lectrices et lecteurs sont moissonnées et je vais vous les proposer tout au long des dimanches d'été avec TVA et chansons (?)...

Pour le dernier billet avant le relais, voici une fleur blanche, plus blanche que le soleil de l'été:


Fleurs blanches, soleil d'été - Photo: lfdd

Et en écho au corbeau et à la grenouille de dimanche dernier, un TVA hommage à Yves Bonnefoy:

Les rainettes, le soir

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l'eau du bassin, culant sans bruit,
Brillait dans l'herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.


Allez, pour le reste de l'été des coquelourdes et un autre poème d'Yves Bonnefoy:


Coquelourdes d'été - Photo: lfdd


Ne cesse pas, voix dansante, parole
De toujours murmurée, âme des mots
Qui et colore et dissipe les choses
Les soirs d'été où il n'est plus de nuit.

Voix qui porte de l'être dans l'apparence,
Qui les mêle comme flocons de même neige,
Voix qui presque s'est tue, lorsque le rêve
Demanda trop et crut presque obtenir.

Et qui jouera à clore nos paupières
En se pressant riante contre nous,
Puis nous verrons ces signes sur le sable
Qu'égratigna en dansant son pied nu.


Et comme on est sur le chemin de la plage, voici la chanson de circonstance:

Patrick Coutin - J'aime regarder les filles [1982] par ZapMan69


Et une deuxième qui va bien avec:
Je ne veux pas travailler




Bon Dimanche et....

Bonnes Vacances

La Fleur du Dimanche

dimanche 3 juillet 2016

100.000 fleurs pour l'été et des adieux, un fois, deux fois, trois fois....

100.000 fleurs, c'est ce que je vous offre pour ce premier dimanche de juillet, en référence aux 100.000* pages vues sur le blog de la Fleur du Dimanche.
Et cent mille mercis à vous lecteurs quotidiens (pas que dominicaux) de ce blog qui existe maintenant depuis 2010 jours....
Et pour passer l'été, je fais appel à vous - comme le printemps était pluvieux - pour me procurer les fleurs qui vous accompagnerons en vacances. Je n'en ai plus en "réserve" alors, chassez-les dans votre jardin, dans les prés et où vous pouvez, pour que je puisse les partager avec vous pendant la période estivale.
Merci de me les envoyer par mail avant le 14 juillet et de m'autoriser à les publier jusqu'à la rentrée.

Les fleurs sont rares, mais les hommages pleuvent, aujourd'hui, avec des fleurs en pot ou en vases, j'avais prévu de rendre 3 hommages, l'actualité a fait grimper le chiffre....

Mais tout d'abord, celui qui a eu l'honneur le 2 mars 2011 à une page - la 5ème de la Fleur du Dimanche et la première à ne pas avoir été publiée un dimanche - Yves Bonnefoy, qui, à l'occasion de sa venue à Strasbourg a vu son poème "Un arbre", illustré d'un "mural" d'Aleschinsky publié sur notre blog.



Pot de fleurs de galerie - Photo: lfdd


Yves Bonnefoy, dont tout le monde - ou presque a parlé cette semaine est mort, l'occasion de publier en TVA quelques-unes de ses réflexions et de ses poèmes. La première citation est en ligne droite de nos dernières publications (voir Fleur, feuille, fruit: Savons-nous toujours ce que nous désirons? et les réponses de dimanche dernier)

"A quoi bon tant désirer
Mais sans pouvoir ? Avoir voulu parler
Mais sans phrases pour dire ? Avoir regret
Mais seul, et sans qu’un autre ait pu comprendre?"

Et concernant la poésie, une réponse - ou une injonction:

"Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense."

Yves Bonnefoy n'a pas beaucoup parlé de fleurs - même si un de ses articles publié en 1972 dans Mouvements premiers, Études critiques chez José Corti était intitulé "La fleur double et la sente étroite".

Il disait aussi dans un entretien avec Amaury da Cunha dans Le Monde des livres le 12 novembre 2010, à propos des motes et des choses, et surtout de la poésie et du son - premier :

"Cette idée de la chose comme un interlocuteur, c’est rappeler l’expérience de l’enfant avant que peu à peu il ne se laisse convaincre, par l’exemple et l’enseignement des adultes, d’appréhender le monde comme une donnée passive, manipulable: comme du réifié et non du vivant. Je crois que la poésie n’est que la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout qui faisait le bonheur et aussi l’angoisse des “journées enfantes” […]. Et comment préserver cette expérience première, cela peut être, c’est même à mon sens la principale façon, par la perception dans les vocables de leur son, leur son comme tel qui est au-delà, dans chacun, des signifiés par lesquels la pensée conceptualisée voile en eux la présence possible de ce qu’ils nomment."


Donc, place à sa poésie, un petit bouquet:

Les Planches courbes 

Je me souviens, c'était un matin, l'été,
La fenêtre était entrouverte, je m'approchais,
J'apercevais mon père au fond du jardin.
Il était immobile, il regardait
Où, quoi, je ne savais, au-dehors de tout,
Voûté comme il était déjà mais redressant
Son regard vers l'inaccompli ou l'impossible.
Il avait déposé la pioche, la bêche,
L'air était frais ce matin-là du monde,
Mais impénétrable est la fraîcheur même, et cruel
Le souvenir des matins de l'enfance.
Qui était-il, qui avait-il été dans la lumière,
Je ne le savais pas,je ne sais encore.


L'heure présente

Leurs doigts se touchent
Presque, mais dans le rien de cet écart
S’ouvre l’abîme entre être et apparence.


QUE CE MONDE DEMEURE  - VI

Bois, disait celle qui
S'était penchée,
Quand il pleurait, confiant,
Après sa chute.

Bois, et qu'ouvre ta main
Ma robe rouge,
Que consente ta bouche
À sa bonne fièvre.

De ton mal presque plus
Rien ne te brûle,
Bois de cette eau, qui est
L'esprit qui rêve.


L'heure présente

Le bonheur ne m’a guère souri sur cette terre.
Où vais-je ? Je cherche dans ces montagnes
Le silence, la paix du cœur. C’est ma patrie,
Je n’errerai plus jamais loin d’elle.
Les cimes de partout redeviennent bleues,
Vais-je te dire adieu ? Non, qu’à jamais,
A jamais bruisse l’eau, refleurisse l’herbe !



Pot de fleur de musée - Centre Pompidou -  Beaubourg -  de Rijke et de Rooij - Photo: lfdd

Pour information, le bouquet des artistes de Rijke et de Rooij est la reconstitution du bouquet de la commémoration de la fête nationale du 5 mai (souvenir du 5 mai 1945 , libération des Pays-Bas) célébré en Iraq au camp Smitty, le 5 mai 2004, autre symbole de libération.


Le deuxième hommage, c'est pour Michel Rocard qui a dit: 
"Le métier politique ne consiste pas à inventer les solutions. C'est l'affaire d'experts, de chercheurs, de spécialistes en sciences exactes et plus encore en sciences humaines. Le métier politique, explicitement et limitativement, consiste, devant un problème repéré, à faire l'inventaire des solutions proposées par la science ou la technique, puis à choisir celle qu'il pense pouvoir faire accepter à l'opinion et grâce à cela la traduire dans les décisions législatives ou réglementaires."

Michel Rocard a aussi été à l'origine d'une phrase reprise récemment et qui a fait polémique, en voici un extrait plus complet du discours où il a parlé du problème - aigu - de l'accueil des immigrants (plus complet - mais pas la totalité - du discours ici):

"Il y a, en effet, dans le monde trop de drames, de pauvreté, de famine pour que l'Europe et la France puissent accueillir tous ceux que la misère pousse vers elles. Aussi bien, et si pénible que cela soit pour les fonctionnaires quotidiennement confrontés à des situations humaines déchirantes, nous faut-il résister à cette poussée constante.

Pour autant, nous savons tous que nul gouvernement n'a le pouvoir, quand bien même il en aurait l'intention, de faire de notre pays une sorte de bunker parfaitement étanche (...).


Notre histoire ne nous y porte pas et, de toute façon, notre géographie nous en empêcherait.

A partir de ce constat, certains considèrent que la seule solution consiste à nous bâtir à l'étranger une réputation de rigueur suffisante pour dissuader l'immigration. Faisons en sorte, disent-ils, que tous les candidats à l'immigration clandestine sachent nos frontières infranchissables, et ils renonceront à venir. Je ne sous-estime pas cet aspect. (...)

Au-delà, je voudrais que le problème soit enfin perçu au niveau où il se pose.

Vue du fin fond de l'Afrique ou de l'Asie, la France est toujours la France, que son Premier ministre soit socialiste ou président du RPR. (...)

Ceux qui vivent, ou plutôt qui survivent, dans le plus extrême dénuement voient la France comme une terre de liberté et d'opulence. Et dans la situation où ils se trouvent, ils sont bien souvent prêts à affronter n'importe quel risque pour atteindre des pays qui, vus du leur, leur apparaissent comme une espèce d'Eldorado.

Ainsi, pour lutter efficacement contre l'immigration, il faut agir sur les causes et pas seulement sur les effets. Agir sur les causes, cela signifie contribuer à ce que les populations concernées puissent avoir un espoir chez elles plutôt que de venir le rechercher chez nous.

Cela exige donc avant tout de mener une politique de coopération ambitieuse et de mettre un peu d'ordre dans les affaires économiques de la planète.
La solution réelle du problème, elle est là et là seulement. 
(...)
Mais il nous faut aussi avoir la lucidité de savoir que cette solution ne pourra jamais être à la mesure du problème, qu'elle ne sera pas suffisante à le régler. Elle est un pis-aller nécessaire, tandis que le remède unique et véritable ne réside que dans le développement du Tiers Monde."


Le troisième hommage était pour un artiste: Jean-Pierre Bertrand, né en 1937, qui est mort hier.

Voici, en échos aux fleurs du jour, un vue d'une de ses expositions avec des citronniers en pot (et ses tableaux):


Exposition Jean-Pierre Bertrand 


Il se trouve que l'actualité, très généreuse a gonflé le nombre des hommages du jour en y rajoutant Elie Wiesel et Michael Cimino (réalisateur de "Voyage au bout de l'enfer").
Voici, pour finir pour les TVA, une phase du prix Nobel de la Paix, prononcée lors du Discours de remise du prix à Oslo, le 10 décembre 1986:
"La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté."

Et une autre de ses pensées:

“Un être humain est libre, non quand l'autre ne l'est pas, mais quand l'autre l'est aussi.”

Pot de fleurs de galerie - Photo: lfdd

Et pour finir en chanson, pour clore la question du désir et de l'envie, une chanson de Jeanne Balibar: Le Tour Du Monde


 


Le Tour Du Monde :

Je voudrai faire le tour du monde
Par les Indes, le Pacifique
Le Bosphore et les Amériques
Retrouver quelques personnages
Morts à mon âge

Le tour du monde
Le tour du monde

Le tour de la question des morts
Sur terre, en mer et dans le ciel
Je veux mettre un terme aux rumeurs
Avoir un amant officiel
Mon officiel

Le tour du monde
Le tour du monde

Je veux être une enfant qu'on garde
Me faire enfermer en première
Un tour de l'enfer en frégate
Un chemin de croix en croisière
Croix en croisière

Le tour du monde
Le tour du monde

Regarder dans ma longue vue
Le relief de ma longue vie
Mettre en joue et tirer à vue
Sur ce dont je n'ai plus envie
N'ai plus envie

Le tour du monde
Le tour du monde
Le tour du monde
Le tour du monde.


Et pour finir de vous torturer avec sa voix , encore Jeanne Balibar avec Torture:





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

* pour les 100.000 vues en 2.009 jours, sachez que cela fait en moyenne 50 pages vues par jour (sachant que les 2 premier mois - mars et avril 2011 n'ont vu que 120 visiteurs environ) et que la moyenne générale des pages est de 150 vues - la première du classement étant la page du 10 novembre 2013 "La Fleur du Dimanche paresse sous la pluie" vue plus de 1250 fois (sachez aussi que le nombre de pages vues est supérieur à ce chiffre - qui n'est qu'un minimum, l'outil Google rétrogradant de temps en temps le nombre de pages vues en "ôtant" des lecteurs....

dimanche 15 décembre 2013

Les étoiles filantes de l'été dans le soleil d'hiver

Les soirs d'hivers font resurgir les chauds souvenirs des jours chauds, sinon torrides de l'été au bord de la mer...
L'occasion de reprendre le fil des photos des fleurs de la Fleur du Dimanche. Ce fil ténu, tenu grâce à vos envois de fleurs depuis le 15 septembre...
Merci à vous tous - et toutes, cela fait une belle brassée que vous avez pu apprécier, je pense...
Donc, après la pause estivale qui a vu quelques fleurs en réserve apparaître au fil des dimanches de vacance et de rentrée, voici le vrai retour de la Fleur du Dimanche avec une livraison de fleurs bien chaudes pour vous réchauffer de la brume et du froid hivernal.


Fleurs: Etoiles d'Eté - Photo: lfdd

Rien que la photo devrait vous réchauffer et vous rappeler les pluies d'étoiles filantes des Laurentides (ou Perséïdes).

A croire qu'elles se sont posées sur les bords de la Méditerranée ou d'un lac dans la chaleur torride.


Fleurs: Etoiles d'Eté - Photo: lfdd

Ces étoiles se mettent en écho à celle qui à Noël il y quelques siècles était censée montrer le chemin à trois rois... 

Je profite de ces "Guetteurs d'étoile" pour vous inviter à l'exposition éponyme de Sylvie Lander, peintre de la Voie Lactée à l'Illiade à Illkirch-Graffenstaden dont c'est le dernier jour. Le finissage aujourd'hui sera accompagné d'une performance de Geneviève Charras à 15h30, aura-t-elle sa voix lactée?

Et en pensée de Noël, une phrase du poète Yves Bonnefoy: 
"Ce que je pense de la vie? Disons que je n'ai pas encore commencé à comprendre ce que c'est et je me propose de le faire un peu plus."

Et pour les étoiles, le TVA bis vient de Victor Hugo:


Les étoiles filantes.

I.

À qui donc le grand ciel sombre 
Jette-t-il ses astres d'or? 
Pluie éclatante de l'ombre, 
Ils tombent...? Encor! encor!

Encor! lueurs éloignées, 
Feux purs, pâles orients, 
Ils scintillent... ô poignées 
De diamant effrayants!

C'est de la splendeur qui rôde, 
Ce sont des points univers, 
La foudre dans l'émeraude! 
Des bleuets dans des éclairs!

Réalités et chimères 
Traversant nos soirs d'été!
Escarboucles éphémères
De l'obscure éternité!

De quelle main sortent-elles?
Cieux, à qui donc jette-t-on 
Ces tourbillons d'étincelles? 
Est-ce à l'âme de Platon?

Est-ce à l'esprit de Virgile?
Est-ce aux monts? est-ce au flot vert?
Est-ce à l'immense évangile 
Que Jésus-Christ tient ouvert?

Est-ce à la tiare énorme 
De quelque Moïse enfant 
Dont l'âme a déjà la forme 
Du firmament triomphant?

Ces feux-là vont-ils aux prières?
À qui l'Inconnu profond
Ajoute-t-il ces lumières, 
Vagues flammes de son front?

Est-ce, dans l'azur superbe, 
Aux religions que Dieu, 
Pour accentuer son verbe, 
Jette ces langues de feu?

Est-ce au-dessus de la Bible 
Que flamboie, éclate et luit 
L'éparpillement terrible 
Du sombre écrin de la nuit?

Nos questions en vain pressent 
Le ciel, fatal ou béni. 
Qui peut dire à qui s'adressent 
Ces envois de l'infini?

Qu'est-ce que c'est que ces chutes 
D'éclairs au ciel arrachés?
Mystère! Sont-ce des luttes?
Sont-ce des hymens? Cherchez.

Sont-ce les anges du soufre?
Voyons-nous quelque essaim bleu 
D'argyraspides du gouffre
Fuir sur des chevaux de feu?

Est-ce le Dieu des désastres, 
Le Sabaoth irrité, 
Qui lapide avec des astres
Quelque soleil révolté?



Bon Dimanche

Le Fleur du Dimanche