Blog culturel sur les Arts: littérature, danse, théâtre, musique, classique ou contemporaine, jazz, concerts, Arts plastiques, expositions, et des photos de fleurs.
C'est vraiment l'été, et La Fleur du Dimanche va prend un peu d'air dans les champs, du champ dans les prés et pas toujours tout près... Mais les fleurs de l'été, grâce à vous, fidèles lectrices et lecteurs sont moissonnées et je vais vous les proposer tout au long des dimanches d'été avec TVA et chansons (?)... Pour le dernier billet avant le relais, voici une fleur blanche, plus blanche que le soleil de l'été:
Fleurs blanches, soleil d'été - Photo: lfdd
Et en écho au corbeau et à la grenouille de dimanche dernier, un TVA hommage à Yves Bonnefoy: Les rainettes, le soir Rauques étaient les voix Des rainettes le soir, Là où l'eau du bassin, culant sans bruit, Brillait dans l'herbe. Et rouge était le ciel Dans les verres vides, Tout un fleuve la lune Sur la table terrestre. Prenaient ou non nos mains, La même abondance. Ouverts ou clos nos yeux, La même lumière. Allez, pour le reste de l'été des coquelourdes et un autre poème d'Yves Bonnefoy:
Coquelourdes d'été - Photo: lfdd
Ne cesse pas, voix dansante, parole De toujours murmurée, âme des mots Qui et colore et dissipe les choses Les soirs d'été où il n'est plus de nuit. Voix qui porte de l'être dans l'apparence, Qui les mêle comme flocons de même neige, Voix qui presque s'est tue, lorsque le rêve Demanda trop et crut presque obtenir. Et qui jouera à clore nos paupières En se pressant riante contre nous, Puis nous verrons ces signes sur le sable Qu'égratigna en dansant son pied nu. Et comme on est sur le chemin de la plage, voici la chanson de circonstance: Patrick Coutin - J'aime regarder les filles [1982]par ZapMan69
Et une deuxième qui va bien avec: Je ne veux pas travailler
Bon Dimanche et.... Bonnes Vacances La Fleur du Dimanche
Hier, ou plutôt il y a trois jours, je titrais sur le bleu du ciel noir, la blancheur de l'arme et le rouge du coquelicot et des malheurs de la guerre et des combats. Il semble que cela n'ait pas cessé, mais la question est plutôt dans ce qui se dit sur ce qui est arrivé.... Pour ma part, et pour ne pas en rajouter à la boucle morbide des cycles de l'information alimentée et relayée à tout va et n'importe comment, comme à la vacuité - et même l'indécence - de certaines réactions, je ferai ma minute de silence. '''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''' Et vous offre une fleur que j'avais vu fleurir et qui, au moment d'aller la photographier, commençait déjà à faner (beau symbole de la fragilité de la vie).
Fleurs blanches se fanant - Photo: lfdd
Cette fleur ne fane pas aussi vite que la fleur de câpre dont je vous avais gratifiés pour les voeux de 2014 et dont je vous en ai montré le cycle rapide - moins d'une journée ! - alors profitons-en:
Fleurs blanches se fanant - Photo: lfdd
Et continuons, en nous disant, même si nous gardons une pensée pour toutes les victimes et les personnes qui souffrent partout dans le monde, et que nous espérons que ce monde va s'améliorer, et que c'est à nous d'y contribuer, que c'est l'été et, avec les enfants de la plage (Beach Boys) nous chantons: Wouldn't It Be Nice (Ne Serait-il Pas Agréable) Ne serait-il pas agréable d'être plus vieux Ainsi nous n'aurions pas à attendre si longtemps Et ne serait-il pas agréable de vivre ensemble Dans le genre de monde auquel nous appartenons Tu sais que ça le rendra bien meilleur Quand nous pourrons dire bonne nuit et rester ensemble Ne serait-il pas agréable de pouvoir se lever Le matin quand le jour est nouveau Et après avoir passé la journée ensemble Se tenir serrés tout au long de la nuit Que de moments heureux nous avons passés ensemble J'aimerais que chaque baiser soit éternel Wouldn't it be nice
C'est là maintenant:
https://youtu.be/5lP8BZcyoEQ
Wouldn't It Be Nice Wouldn't it be nice if we were older Then we wouldn't have to wait so long And wouldn't it be nice to live together In the kind of world where we belong You know its gonna make it that much better When we can say goodnight and stay together Wouldn't it be nice if we could wake up In the morning when the day is new And after having spent the day together Hold each other close the whole night through Happy times together we've been spending I wish that every kiss was neverending Wouldn't it be nice Maybe if we think and wish and hope and pray it might come true Baby then there wouldn't be a single thing we couldn't do We could be married And then we'd be happy Wouldn't it be nice You know it seems the more we talk about it It only makes it worse to live without it But lets talk about it Wouldn't it be nice Good night my baby Sleep tight my baby
Fleurs blanches se fanant - Photo: lfdd
De la fleur au corbeau, nous y arrivons en faisant un saut au "jardin"... Le Jardin est un livre de Magnus Florin auteur suédois qui nous conte une fantaisie autour de Carl Linnaeus, botaniste qui essaie de construire une classification des plantes et dont l'histoire s'inspire de Carl von Linné, je vous en propose deux extraits. Voici le premier: "Il y a trois sortes de fromage ou de beurre" s'écrie l'horloger. Il y en a beaucoup, songe Linnaeus. "Il y a l'avant, il y a le maintenant et il y a l'après, déclare l'horloger. Mais tout arrive en même temps. Vous avez pris un morceau de fromage, avant, puis vous le mangez maintenant et vous vous demandez ce qui va arriver après. Mais cet après est maintenant." Le deuxième extrait nous ramène à notre feuilleton vers les corbeaux et se trouve vers la fin du livre: "Le jeune Hörner peint un corbeau noir sur le mur de la chambre de malade de Linnaeus. En secret, Hörner fait un trou dans la mur, dans la peinture du corbeau, il y enfonce une grenouille, puis le recouvre de papier. Un matin où Linnaeus est en meilleure forme, Hörner lui montre le corbeau qu'il a peint. Alors que Linnaeus le félicite pour cette belle peinture, Hörner prend une bougie et l'approche du trou. La grenouille sent la chaleur et se met à coasser sans discontinuer. Linnaeus croit que le corbeau peint est en train de croasser et il est profondément stupéfait. Hörner s'empresse d'expliquer à Linnaeus ce qui s'est passé, afin de souligner la finesse de sa farce. Mais Linnaeus n'entend pas l'explication. Il entend seulement le cri du corbeau." Et vous, entendez-vous le cri du corbeau ici: C'est le groupe18+qui a crée ce morceau (édité en vinyle sur le disque Crow / Horn à 300 exemplaires... (plus sur leur site) Et pour finir, je vous offre le corbeau tout récent de Nicolas Schneider qui rejoint la volière (Vous en avez plus dans les précédents épisodes du corbeau et du coquelicot dont je vous avait annoncé la fin (provisoire) le 5 juin).
Corbeau - Nicolas Schneider - Photo: lfdd
Vous en avez d'autres également à la galerie Brûlée (dans les exposition de l'été). Bon Dimanche. La Fleur du Dimanche
Il faut en finir avec les corbeaux.... d'autant plus que la grande chaîne des coquelicots est lancée... Voici le vainqueur:
Coquelicot coupe - Photo: lfdd
Il a droit à sa "coupe" dorée:
Coquelicot dans coupe "Artichaud" de Catherine Gangloff - Photo: lfdd
Je vous dois de terminer ce feuilleton, commencé par de nombreux hasards, d'une part via les coquelicots qui s'invitaient dans le paysage et que vous avez pu voir ces derniers jours (mais pas seulement*), d'autre part via ces corbeaux rebondissant de mur en toit, de toit en fenêtre, de fenêtre en cadre,... A ce propos, le hasard veut que la personne qui m'a poussé à faire ce billet en "feuilleton", je l'ai re-rencontré à la galerie Art'Course où a lieu actuellement une exposition sur le paysage: "Le Paysage et moi" et j'y ai trouvé, devinez quoi... Un corbeau tentant de s'échapper d'un paysage de Pascal Stutz:
Here we are - Pascale Stutz - Art'Course - Photo: lfdd
Et autre information qui m'avait échappé, c'est que l'association qui gère cette galerie, c'est l'association du Corbeau, qui était sise pas loin de la Place du Corbeau où trône un corbeau que je ne vous ai pas encore montré...
Association du Corbeau - Art'Course - Photo: lfdd
A vous de continuer à chercher les traces de corbeau partout. Moi, j'en ai encore cherché de de cadre en livre et de livre en mémoire.... Finissons donc ce feuilleton avec ces trois épisodes de mémoire: 1. Le poème que tout le monde connaît: Le corbeau et le renard Jean de la Fontaine (1621-1695) Maître corbeau sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître renard, par l’odeur alléché, Lui tint un peu près ce langage : - "Hé, bonjour, monsieur du corbeau, Que vous êtes joli que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ; Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le renard s’en saisit et dit : mon bon monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu’on ne l'y prendrait plus. 2. l'histoire du corbac aux baskets Ce n'est qu'une histoire de mémoire qui joue avec la psychanalyse, mais c'est un bouquin désopilant de Fred (hommage rendu sur ce blog le 6 avril 2013)
l'histoire du corbac aux baskets - Fred
3. Les Corbeaux rouges Et pour clore, il n'y a pas que les corbeaux noirs, il y a aussi les Corbeaux rouges, un chalet des Alpes dans mon souvenir, nommé ainsi parce que ses "corbeaux" (pièce d'architecture - poutres soutenant le toit) étaient peints en rouge. C'est aussi un livre de Max Rouquette, poète occitan.
Coquelicot dans coupe "Artichaud" de Catherine Gangloff - Photo: lfdd - Photo: lfdd
Et il y a les corbeaux blancs, dont je laisse Christophe vous interpréter la chanson de Julien Doré
Corbeau Blanc Ce soir je vous quitte Je quitte la rive et les gens Depuis mon île politique Je prends l’exil des corbeaux blancs
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Oh oh oh oh oh oh oh.... Suite de l'épisode précédent... Rappel: un petit corbeau farceur s'est "envolé" de mes poches, mais retrouvé, s'est trouvé accroché sur le mur de l'appartement... Et la suite des coquelicots:
Corbeaux et coquelicots - Episode 2 - Photo: lfdd
Episode 2: un voyage inachevé - ou dangereux. Le petit corbeau imprimé sur tissus de Samia Kachkachi accroché au mur, entre trophée et veilleur de bureau, prêt à s'envoler cependant, je pars le lundi matin au bureau et découvre au pied de l'immeuble, par terre, un étourneau.
Corbeaux et coquelicots - Episode 2 - l'étourneau mort - Photo: lfdd
Il a dû dans son vol, se cogner dans la vitre tellement fort que c'en était son dernier vol. Pour éviter à des âmes sensibles qui allaient me suivre à l'entrée de l'immeuble, j'ai éloigné le corps de l'oiseau en le cachant dans un coin discret. Au même moment, sur le toit voisin, deux corbeaux me hélèrent de leur croassement grave. Le temps de prendre mon appareil photo, un des deux corvidae s'est déjà envolé tandis qu l'autre me salue une dernière fois avant de partir lui aussi...
Corbeaux et coquelicots - Episode 2 - les corbeaux sur le toit - Photo: lfdd
Que va nous réserver la suite? En attendant, les TVA.... et quelques corbeaux de la "série" Art avec un extrait de la production de Raymond-Emile Waydelich. D'abord l'hommage à Lydia Jacob:
Pour rester au Canada, (comme dans l'épisode 1) une chanson de Coeur de Pirate: Corbeau
Corbeau Et deux par deux sans compter nos morts Qu'on laisse derrière des ébauches fanées Des secrets de carrière Et trois par trois nos coeurs essoufflés Des secousses folles on réfléchit plus tard Maintenant il faut rêver Et je ne sais plus à quoi penser C'est dur d'être libre comme toi Et je ne sais plus à qui penser C'est fini rhabille-toi Et deux par deux on avale nos mots C'est dur d'oublier ce que l'on connait et ce qui imprègne nos peaux Et trois par trois, nos coeurs de la partie On joue aux couteaux et on peut partager le même lit Et je ne sais plus à quoi penser C'est dur d'être libre comme toi Et je ne sais plus à qui penser C'est fini rhabille-toi Et je ne sais plus à quoi penser C'est dur d'être libre comme toi Et je ne sais plus à qui penser C'est fini rhabille-toi Et deux par deux On avale nos mots C'est dur d'oublier ce que l'on a connu qui a imprégné nos peaux Et trois par trois, nos coeurs de la partie On joue aux couteaux et on peut partager le même lit
Pour ceux qui connaissent leurs classiques, une version du poème d'Arthur Rimbaud "Les corbeaux" interprété par Léo Ferré, avec une animation de Pablo Pares.
Encore plus classique, le célèbre chant cosaque "Le noir corbeau" ou "L'oiseau de malheur" - Novorossia.
Et en parlant de classique, on ne peut plus classique, pour une fidèle lectrice amatrice de danse (pas classique) qui se demandait si à part, Jorge Donn, il y avait des corbeau dans les ballets (en dehors du Lac des Cygnes), voici une version la bande annonce du Ballet "Raven Girl" au Royal Ballet chorégraphié par Wayne McGregor, sur une musique de Gabriel Yared, avec une femme-corbeau interprétée par Sarah Lamb:
Les corbeaux sont des oiseaux farceurs, en plus d'être intelligent. Il m'ont donné rendez-vous tout un long de la semaine, dans un hasard bizarre.... L'occasion pour moi de vous rendre la pareille. L'occasion aussi de vous alléger la lecture de ce billet du dimanche en le découpant en tranches moins indigestes (un lecteur m'ayant fait la remarque qu'il n'est pas arrivé au bout du billet - il ne doit pas être le seul!). Je vous propose donc un feuilleton: Le feuilleton du corbeau et du coquelicot. Episode 1: un voyage mouvementé.
Corbeaux et coquelicots - Episode 1 - Photo: lfdd
Dimanche dernier, dans l'atelier de Sophie Bassot à Wilwisheim, parmi les nombreux artistes qu'elle accueille dans sa grange (voir mon billet du 20 mai 2016), sur le mur de "Serrànadas" de Samia Kachkachi (voir photo), je voisun petit corbeau que je lui achète, qu'elle m'emballe dans du papier de soie et que je mets dans la poche de ma veste. Et il s’est envolé (la preuve sur la photo)....
Je ne le trouvais plus, et l’ai cherché partout ! J’ai remué ciel et terre - j’ai même recontacté Sophie Bassot qui se protégeait de l’orage du soir. Je suis retourné à la voiture garée à 500 mètres pour voir où il avait "sauté"... Et finalement, le farceur, il avait juste changé de poche. Il faut dire qu’il a capacité à se faire tout petit et le papier de soie ne lui a pas donné plus d’épaisseur. En tout cas ,j'étais rassuré, également rassuré sur son caractère... de corbeau Et content qu’il ait accepté d’être de nouveau avec moi. Le voilà:
Corbeau - Samia Kachkachi - Photo: lfdd
Mais l'histoire n'est pas terminée et je vais vous en conter la suite bientôt... revenez demain sur cette page et vous verrez D'autant plus que les corbeaux, je les aime bien... La preuve par l'image: Parmi les corbeaux de la collection privé, celui de Anne Wicky, sur un "Taeffele"
Corbeau - Anne Wicky - Photo: lfdd
Et un livre de Fred, "L'histoire du corbac en basquet" à qui j'avais rendu hommage le 6 avril 2016 lors de sa disparition. Je vous rappelle également les deux billets où je parlais de corbeaux le 21/02/2016: Le Livre et la Rose sont des ondes fractales. Echo d'Eco et corbeau. et le 28/02/2016: Le corbeau croasse encore, et moi ? Pour finir avec en TVA sur le corbeau, je vous offre les paroles et la chanson de Chloé Pelgag (une chanteuse canadienne) et son clip:
Klô Pelgag - Les Corbeaux Au clair de la brume, j'ai pris ta photo Comme la nuit brûle ton ombre dans l'eau Offre-moi l'écume de ces jours au port Où les bateaux fument tes cendres au départ J'ai pris la pilule celle qui fait dormir Changé ma cellule en un point de mire D'où je vois les monstres lentement mourir Revenir au monde, les entends-tu dire ? La lune est pleine ! La lune est pleine ! La lune est pleine ! La lune est pleine, elle est remplie de corbeaux Et l'archipel ! et l'archipel ! et l'archipel découpé par mes ciseaux Le jour est noir comme la nuit, je m'oublie, je m'oublie Mange mon coeur et prie Pour que toutes les abeilles sentent mon sang qui gèle Changent ma mort en miel Moi, j'ai cherché le confort des années-lumière J'ai regardé la vie des autres mais à l'envers Et j'ai trouvé la pluie dans le désert: Me réveiller dans le ventre de la mer La lune est pleine ! La lune est pleine ! La lune est pleine ! La lune est pleine, elle est remplie de corbeaux Et l'archipel ! et l'archipel ! et l'archipel découpé par mes ciseaux Je vois la peine, je vois la peine Je vois la peine du secret dans le tombeau Je vois la peine, je vois la peine Je vois la peine dans les pores de ta peau Pour ceux à qui cette est trop décalée des corbeaux habituels, je renvoie d'une part à Gaston Coué que vous pouvez non pas écouter, mais lire sur mon billet du 26 avril 2016. Et je vous offre le "classique" des corbeaux par Marc Ogeret:
Le Chant Des Partisans: Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes. Montez de la mine, descendez des collines, camarades ! Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite ! Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite... C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères. La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère. Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves. Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève... Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place. Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes. Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute... Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh... A Suivre... Bon Dimanche La Fleur du Dimanche
Pour continuer sur la lancée de mon billet de dimanche dernier sur le corbeau, deux pistes se sont ouvertes cette semaine. Mais tout d'abord, les fleurs de printemps qui profitent du soleil, mais luttent contre le froid: Elles étaient sorties déjà le 14 février, courageuses et téméraires, même si elles n'ont pas eu à percer la neige :
Perce-neige - Photo : lfdd
D'abord, dès le lundi soir, un nouveau hasard étrange a ressuscité le corbeau. Vous n'allez pas le croire, mais à 19h00, lorsque je je sors dans la cour dans l'obscurité, au loin, j'entends une nuée de corbeaux sur un arbre, croassant de conserve, écho de mon billet de la veille? Et tout à coup, passant dans la nuit au-dessus de moi, un corbeau solitaire qui croasse et se pose sur le toit voisin en continuant son concert .... Que voulait-il me dire? Le lendemain, allant dans une de mes librairies favorites, face à la caisse, je vois en couverture d'un livre.... un corbeau... J'achète le livre "La douleur porte un costume de plumes" de Max Porter, dont voici un extrait - le livre donne la parole au père aux deux enfants et au corbeau: "CORBEAU Très romantique, notre première fois. gros malpoli. Croche-piège. Deux chambres à l'étage, duplette, petite erreur effilée, faufile facile dans le mur direction grenier pour voir les deux petits cotonneux dormir sans bruit, ronron enivrant des enfants innocents, ouate, attaque, crac-tac-plac, toute la chambre étouffait sous le deuil, chaque surface Maman morte, chaque feutre, tracteur, manteau, botte, tout couvert d’une pellicule de douleur." Trois jours après, un article dans Le Monde en parle ainsi: "C’est un livre à l’image de son personnage principal : un corbeau. Un livre noir et drôle. Ebouriffé, insolent, clownesque, déroutant, poignant, comique, métaphorique, ouvrant ses ailes et sautillant dans toutes les directions. Un livre qui peut faire « kraaa » ou « kron kron kron », parce qu’il ne s’interdit aucune forme d’onomatopée ou d’effet poétique. Qu’il mélange les genres. Qu’il s’amuse même parfois à dérouler verticalement des sortes de calligrammes bizarres, légers et aériens comme des guirlandes de plumes. Bref, c’est un livre qui est là où on ne l’attend pas, comme un oiseau de malheur dont on ne comprend absolument pas comment il a pu rentrer dans la maison." Le livre fait un parallèle avec Ted Hughes, qui a écrit un livre "Crow" - Le corbeau et dont la femme Sylvia Plath, s'est suicidée. et dont voici un extrait: "Qui possède ces petits pieds décharnés ? La mort. Qui possède ce visage hérissé, comme brûlé ? La mort. Qui possède ces poumons qui fonctionnent encore ? La mort. Qui possède ce manteau de muscle utilitaire ? La mort. Qui possède ces tripes inqualifiables ? La mort. Qui possède ce cerveau douteux ? La mort. Tout ce sang malpropre ? La mort. Ces yeux si peu efficaces ? La mort. Cette méchante petite langue ? La mort. Cette insomnie intermittente ? La mort. Donné, volé, ou réservé en attendant le jugement ? Réservé. Qui possède toute la terre pierreuse, pluvieuse ? La mort. Qui possède tout l’espace ? La mort. Qui est plus fort que l’espoir ? La mort. Qui est plus fort que la volonté ? La mort. Plus fort que l’amour ? La mort. Plus fort que la vie ? La mort. Mais qui est plus fort que la mort ? Moi, évidemment. Admis, Corbeau."
Crocus - Photo: lfdd
D'autre parallèles peuvent être faits avec le livre de Edgar Allan Poe qui a aussi écrit "Le corbeau" illustré par entre autres Edouard Manet et qui commence curieusement aussi - ou plutôt l'inverse - ainsi: «Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus.»
Edouard Manet - Le Corbeau
Revenons à nos fleurs pour finir avec les nivéoles de printemps et finissons en chanson.
Nivéoles - Photo: lfdd
D'abord la version de Léo Ferré qui chante d'Arthur Rimbaud "Les Corbeaux":
"Seigneur, quand froide est la prairie, Quand, dans les hameaux abattus, Les longs angélus se sont tus... Sur la nature défleurie Faites s'abattre des grands cieux Les chers corbeaux délicieux. Armée étrange aux cris sévères, Les vents froids attaquent vos nids ! Vous, le long des fleuves jaunis, Sur les routes aux vieux calvaires, Sur les fossés et sur les trous Dispersez-vous, ralliez-vous ! Par milliers, sur les champs de France, Où dorment des morts d'avant-hier, Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver, Pour que chaque passant repense ! Sois donc le crieur du devoir, Ô notre funèbre oiseau noir ! Mais, saints du ciel en haut du chêne, Mât perdu dans le soir charmé, Laissez les fauvettes de mai Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne, Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir, La défaite sans avenir." Arthur Rimbaud Il y a aussi une chanson de Gilles Vigneault chanté ici par Pauline Julien en 1966: "Les Corbeaux" Pauline Julien - Les corbeaux (de Vigneault)
Et une plus connue, celle de Claude Nougaro, "Je Crois" Je Crois "Le corbeau croasse Et l'herbe croit Le crapaud coasse Et moi je crois J'ai pas d'apôtre J'ai pas de croix Je crois en l'autre Je crois en moi"
Et pour faire plaisir à un (très) fidèle lecteur, j'ai déniché une chanson de Julos Beaucarne: "Les Deux Corbeaux", mais elle n'est disponible qu'en ligne (ou sur son disque: "Bornes acoustiques") http://redmp3.cc/4551452/julos-beaucarne-les-deux-corbeaux.html