dimanche 28 juin 2020

Vous êtes fatigués? Alors, lisez, écrivez, regarder les fleurs et convalescez quand vient l'été

Tout le monde est fatigué, fatigué de ce qui se passe, fatigué des autres, fatigué d'entendre toujours parler des mêmes sujets, alors,... partons! ... en convalescence!
Finie la douleur, à nous la santé, La grande santé comme dirait Frédéric Badré - voir extrait après la fleur du jour: 

Eglantine du 3 mai 2020 - Photo: lfdd
Eglantine du 3 mai 2020 - Photo:lfdd


La fatigue, la maladie, la mort, la vie, la santé, donc:




Et de Frédéric Badré, passons à Frédérique Berthet en faisant un crochet par Fédéric, Berthet, dont j'ai cité un "extrait" de sa lettre "posthume" à Roland Barthes dans le billet du 17 juin 2018 (il y a deux ans) "Après la mort.... la vie...".

Frédérique Berthet, dans son livre Never(s), hommage secret à Marguerite (Duras) et la "fille de Nevers" d'Hiroshima (mon Amour) se pose d'emblée la question d'Ecrire et d'être un "écrivain":



Bonne question! La réponse est-elle comme Frédérique Berthet continue:
"Vous n'avez pas relié de feuilles en manuscrit
ne vous êtes pas enquis d'un éditeur
alors, avez-vous vraiment écrit?

Vous n'écriviez pas: vous faisiez des écritures.

J'ai laissé volontairement en romain (on dit cela pour le style de caractère) et non en italique son texte pour lui laisser la primeur de la mise en valeur de la dernière phrase.

Coquelicot du 3 mai 2020 - Photo: lfdd


Ecrire, recopier, être écrivain, à l'image de Paul Auster, l'écrivain qui a mis 17 ans pour le devenir, ou plutôt voir son premier roman distribué... parce que ce dernier, après des années d'"écriture", quand un éditeur le lui a publié, ce dernier s'est retrouvé en faillite et le livre non "distribué". Ce n'est que la version "de poche" qui a enfin trouvé le public.... 
Une histoire passionnante dont il raconte avec humour les multiples tentatives et avortements - surtout avortements - et autres péripéties littéraires et extra-littéraire dans le texte Le Diable par la queue (de l'expression "Tirer le diable par la queue" et dont l'expression anglaise et titre original Hand to Mouth se traduit par "vivre au jour le jour".
Les quelques (très) courts textes sous le titre "Pourquoi écrire ?" et dont le dernier, remonte à un épisode de sa jeunesse qui expliquerait sa "vocation" d'écrivain quand il n'avait pas de crayon sur lui et qu'il l'a amèrement regretté et:
"Depuis ce soir-là, j'ai toujours un crayon sur moi.
... 
Et je le dis volontiers à mes enfants, c'est comme ça que je suis devenu écrivain.
1995"

Et moi, je recopie sur mon ordinateur et je pense à des chansons pour vous, des chansons de rien de petits riens, pour des clous...
Et pour vous tous, qui êtes aussi fatigué, sortant de cette période hors de l'ordinaire, qui avez besoin de vous reposer, aussi, je vous dis que demain, ce sera vachement mieux, et vous recopier deux Textes à Valeur Ajoutée:

Fleur d'Ail du 31 mai 2020 - Photo: lfdd


"J'ai été longtemps sans pouvoir écrire; ma convalescence, traversée d'abord par des spasmes, suspendue ensuite par une rechute, a été lente et pénible, et je suis encore incapable d'une application soutenue. Cependant, les forces reviennent; je prends le lait d'ânesse, et peu à peu, en prenant patience, je me retrouverai dans mon état ordinaire. J'ai été réellement bien mal; il est presque inouï qu'on revienne d'aussi loin."
Lamennais, Lettres inédites... à la baronne Cottu,1827

"Après les traverses de son séjour à l'étranger, Monsieur de Mortsauf, satisfait d'entrevoir un clément avenir, eut comme une convalescence d'âme; il respira dans cette vallée les enivrantes odeurs d'une espérance fleurie."
Balzac, Le Lys dans la vallée

Fleur d'Ail du 31 mai 2020 - Photo: lfdd


Et pour finir en chansons, quelques chansons douces et calmes, et d'abord une artiste encore peu connue, Clou, avec deux chansons:

Son dernier clip: Clou - Comme au cinéma:


Un clip plus ancien de 2015: Eternel Epris, Clou 

Une reprise d'une chanson bien ancienne: Les Gauloises Bleues

Une reprise d'une autre chanson ancienne: Stacey Kent - Ces petits riens

La version chantée par Françoise Hardy

Et, par Lola Marsh - She's a Rainbow

Et pour finir dans le calme, un air de Yann Tiersen: Porz Goret


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche


dimanche 21 juin 2020

La vie est revenue avec la Fête.. de la Musique et les Percussions de Strasbourg

Aujourd'hui 21 juin 2020, c'est à la fois le deuxième jour de l'été, la Fête de la Musique et la Fête des pères.
Pour l'été, oui, on est y passé hier, donc le 20 juin à 23h43, c'est là que l'hémisphère nord de la Terre était dirigée vers le soleil. Pour la fête des pères, je pense que Mihn-Tâm Nguyen a dû avoir une pensée émue pour le sien. Mais il a surtout, avec sa formidable équipe des Percussions de Strasbourg - qui est, encore, en train de grandir - réussi à faire revenir le public dans leur lieu pour un concert mémorable: Le premier du post-confinement, excusez du peu!
Un moment plein d'émotions, pour un public "sur scène", "casé" dans 49 carrés dans lesquels les couples, amis ou familles pouvaient s'installer en toute sécurité. Et pour ne pas léser les amateurs de "Musique", ils ont reconduit par trois fois, à 15h00, 16h00 et 17h00 cette "performance" dont l'entrée était libre (sur inscriptions bien sûr). Les concerts étaient "complets" ce qui montre l'intérêt du public pour cette proposition.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg au Théâtre de Hautepierre - Photo: lfdd

La première pièce, très judicieusement "de circonstance" pourrait-on dire fut "I Funerali dell’Anarchico Serantini" de Francesco Fillidei que nous avions vu lors de la soirée - inaugurale de Musica 2019 - Ictus "Liquid Room" aux Halles Citadelle le 20 septembre 2019. Ces célébrations très joyeuses ont décrispé l'atmosphère et nous ont emmenés dans un joyeux et dynamique décalage. Les six musiciens, à mi-hauteur de la salle, ne jouant que de leurs mimiques,  de frappes de mains et d'interjections, tournant la tête, regardant dans toutes les directions et se regardant, tout en étant masqués pour finir dans des toux dans les coudes en s'en allant.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Francesco Fillidei - Photo: lfdd

Pour la deuxième pièce Idem d'Arturo Corrales les musiciens encerclaient le carré de spectateurs, les percussionnistes aux quatre coins et Mihn-Tam Nguyen en central en bas des gradins, jouant du marimba et des woodblocks avec sensibilité et rythmant avec délicatesse de son bass drum des ponctuations surprenantes.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Idem d'Arturo Corrales - Photo: lfdd

La suite se passe dans les gradins avec un orchestre "augmenté" de forces vives pour les quatre mouvements de la pièce de John Cage Living Room Music. Du chant, du rythme, des percussions, des cuivres, des guitares, non pas de la musique de cuisine de confinement, mais de salon - de déconfinement - avec une folle invention et une énergie à se débarrasser d'une gangue de virus. Un épisode, lui aussi de circonstance et plein d'humour.
Je vous en offre la version "Confinement" que les Percussions se sont (sûrement avec amusement) fait le plaisir d'enregistrer lors de cette période.




La représentation festive s'est clôturée par un grand "bazar" ou plutôt "grand orchestre" de seize musiciens qui ont interprété la mélodie vénézuelienne bien dansante et entraînante de Carlos Bonnet Quintapesares (Cinquante-deux) qui a donné à tout le monde l'énergie de repartir de plus belle.


Fête de la Musique 2020 - Percussions de Strasbourg - Quintapesares de Carlos Bonnet - Photo: lfdd

En ville, la Fête de la Musique s'est bien installée, ici, et là, discrètement et en comité restreint, à découvrir, dans des coins cachés ou des lieux plus connus, quelquefois sur des balcons ou par des  fenêtres grande ouvertes déversant quelques décibels, animant quelques terrasses où l'on fêtait un peu de déconfinement, ou sur les quais piétonnisés et sur les pontons flottants. Ceux qui attendaient pouvaient voir, version plus communication que Fête de la Musique, un bateau fantôme descendre et remonter le courant un bateau de Batorama avec à son bord des musiciens, dont un orchestre plein d'énergie. Cette étoile filante a même eu les honneurs de la presse nationale.


Fête de la Musique Strasbourg - Batorama - Photo: lfdd

Fête de la Musique Strasbourg - Batorama  quelques secondes plus tard - Photo: lfdd

Bons concerts

La Fleur du Dimanche

L'équipe des Percussions de Strasbourg ce dimanche 21 Jiun:
Flora Duverger - Minh-Tâm Nguyen - François Papirer - Enrico Pedicone - Rémi Schwartz - Thibaut Weber - et leurs invités...

Le générique pour le Living Room Music de John CAGE par Les Percussions de Strasbourg

Hsin-Hsuan Wu
Flora Duverger
Léa Pfohl
Claude Mathia
Olivier Pfeiffer
Laurent Fournaise
Eloi de Verneuil
Enrico Pedicone
Rémi Schwartz
Alexandre Esperet
Théo His-Mahier
Thibaut Weber
Minh-Tâm Nguyen

dimanche 14 juin 2020

Ecrire dans les bras d'hier la douleur du jour



Eux sur la photo, le livre d'Hélène Gestern, je ne sais plus si je l'avais offert il y quelques années. En tout cas le sujet m'intéressait et me touchait, et pas que moi... C'est d'ailleurs pour cela que j'avais pensé à ce livre. Mais le passé est le passé, hier c'est hier et avant le monde d'après, voici qu'Hélène Gestern sort un nouveau livre qui s'appelle "Armen" et cela me parle.



Mais tout d'abord, la fleur du jour:


Fleurs - Tour de profil - Photo: lfdd

S'écrire par l'autre

En ce qui concerne Gestern et Armen, il faut vous dire que si l'on parle allemand, les histoires sont encore plus intéressantes: Gestern, en allemand, c'est hier, et Armen c'est les  bras. Le nom de l'auteure est un pseudonyme - c'est une universitaire qui écrit des deux mains: d'une part des études sur les "écrits de soi" et d'autre part, et depuis peu ces romans des "autres"... Armen, de son côté est un écrivain Arménien (Armen), réfugié en France en 1923, qui s'appelle Chahnour Kérestédjian et qui a choisi comme pseudonyme Chahan Chahnour quand il écrit des romans en arménien et Armen Lubin quand il écrit ses poèmes en français.

Je vous en offre trois, deux de fruits et un de fleur:


Des pêches

Toutes chaudes de soleil
Les pêches sont épatantes
Mais à l'ombre du sommeil
Tant et plus, ta peau me tente


Des roses de Noël

Tout l'hiver est dans la rose
Que ta robe nous propose
Mais l'éclat de ta beauté
T'apparente à tout l'été


Des fraises

L'enchanteur mit sur le pré
Un feu doux bien empourpré
Il éparpilla les braises
Une averse en fit des fraises


Fleurs - Vue de face - Photo: lfdd

Hélène dit que le travail d'écriture de son livre l'a amené à comprendre "l'étendue" du malheur d'Armen Lubin:
"L'écriture l'enserre, le fragmente, le décortique, le recompose, un peu comme ces cellules qu’on nettoie de leur charge virale avant de les réutiliser pour leur donner vie.


Fleurs - Vue de haut - Photo: lfdd


Et je vous offre en "Extrait" le passage cité dans le Monde du 12 juin dans l'article que Jean-Louis Jeannelle consacre au livre et à Hélène Gestern sous le titre "La douleur en commun".


Humour salutaire

Pour changer de registre, de la douleur à l'humour, prenons le Monde de la semaine précédente avec l'article "L’humour est un réflexe de survie" où la journaliste de France Inter Charline Vanhoenacker, interrogée par Sandrine Blanchard estime que le confinement a suscité un puissant désir de rire et estime que l'humour est "Non seulement utile mais même salutaire. 
Parler de «dictature de l’humour», cela n’a pas de sens. Beigbeder a sans doute fait plaisir aux «pissefroid»! Le confinement a montré à quel point l’humour est un réflexe de survie. Tout le contraire d’une dictature. Des gens dont ce n’est pas le métier, des anonymes avaient des étincelles, trouvaient une blague, la partageaient. Les réseaux sociaux en étaient gorgés. Comme l’a écrit Romain Gary: «L’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive.» Grâce à lui, l’homme parvient à faire le pas de côté, pour se détacher du malheur et ne pas sombrer dans la peur ou la dépression. On faisait des blagues pendant que les gens mouraient. Mais cela a toujours existé. Charlie Chaplin disait que l’homme n’est jamais aussi drôle que lorsqu’il est confronté à la mort. Alors qu’on nous parlait de maladie, d’hygiène, de décès ou de recette de crumble, il fallait que l’humour revienne! La période était tellement anxiogène. Les humoristes ont redessiné ce qui se passait dans les intérieurs. Ce sont eux qui ont ouvert la fenêtre. Nous n’avons jamais reçu autant de messages nous disant «merci de nous détendre, de nous faire rire. Emmanuel Macron a appelé l’humoriste Jean-Marie Bigard.

On pensait avoir élu un banquier de chez Rothschild et on se retrouve, en fait, avec Jeff Tuche! Appeler Bigard, Zemmour, rouvrir en priorité le Puy du Fou, tout cela est tellement étrange que j’ai du mal à m’en emparer. Comment faire de l’humour un peu enlevé sur quelque chose d’aussi grossier?"


Fleurs - Branche de fleur vue de face - Photo: lfdd

Dans le même numéro du Monde, je vous cite encore l'extrait de Florent Georgesco sur "Le bon citoyen et le dictateur" à propos du livre Le syndrome de la dictature (The Dictatorship Syndrome) d’Alaa El Aswany 
Le bon citoyen, écrit-il, vit dans l’absence d’espoir et la peur », il crée son « propre monde (…) totalement isolé de tout ce qui se passe à l’extérieur ».
L’écrivain fouille les recoins de ce monde exsangue, suspendu entre la fiction sur laquelle le pouvoir fonde son emprise, et la vie personnelle, rendue inexprimable, privée de tout accès au sens. Il décrit « l’esprit fasciste » créé en retour chez le bon citoyen, qui, si le moindre pouvoir lui revient, se transforme en « minidictateur », ou le fanatisme religieux, qu’accroissent les perspectives bouchées et l’anathème jeté, en toute chose, sur l’esprit critique."

Nous ne sommes pas encore dans "le monde d'après"...


Fleurs - Bacafleurs de face - Photo: lfdd

Dictaphone Dictateur

Ce monde d'après, ressemblera-t-il à ces orientations de 

Littératie (numérique) ou plutôt la réalité de demain sera-telle l'oralité?

Un article sur le site The conversation "Comment les assistants vocaux défient-ils la pédagogie nous interroge sur notre rapport à l'écrit, à l'oral et même aux outils de demain...

Les technologies du langage bousculent notre littératie, c’est-à-dire notre «aptitude à lire, à comprendre et à utiliser l’information écrite». En éducation, ce sont donc nos manières de transmettre et d’interagir qui s’en trouvent transformées.
Les compétences sociales, soit écouter, comprendre et répondre, jouent un rôle central dans nos interactions avec les interfaces conversationnelles. Il faut savoir trouver les mots justes afin d’obtenir la réponse attendue et oser s’exprimer à voix haute, autant de compétences aujourd’hui attendues sur le marché du travail.
Aujourd’hui il est possible de se faire comprendre d’un assistant vocal en «aboyant» quelques mots clés, tout comme en formulant une phrase bien structurée, voire polie. Notre langage est influencé par ces nouvelles interfaces, c’est-à-dire que ces technologies transforment à la fois la manière que nous avons de nous exprimer et notre relation à la machine.
Cela dépend également de la relation que nous avons à la technologie, de ce que nous attendons d’elle, et même du statut que nous souhaitons lui donner dans nos vies. Autant d’enjeux et d’opportunités pour le système éducatif...

Des pédagogues et des designers, inventent de nouveaux scénarios d’interaction qui favorisent le développement de nouvelles compétences chez l’enfant:
Par exemple, Zoé Aegerter, fondatrice des Causeuses électroniques a conçu Les Bascules comme un dispositif d’interaction vocale. Les enfants enregistrent leur voix (sous différentes formes: chant, onomatopées, cris, phrases…) qu’ils peuvent ensuite répéter à l’infini grâce à de petites bascules en carton. Ils développent ainsi leur connaissance de soi en devenant familiers avec leur voix. Ils apprennent également à s’écouter mutuellement et donc à respecter un tour de parole, une qualité essentielle dans le processus de collaboration.


Fleurs - Tour de face - Roses trémières - Photo: lfdd

Le dispositif a été testé pour la première fois dans le cadre de la Nuit Blanche 2018 avec un public élargi d’enfants et d’adultes. L'équipe design: Marion Voillot et Zoé Aegerter et la médiation dansée menée par Mélissa Cuco et Eva Hernandez ont été soutenus par l'IRCAM (UMR STMS CNRS-Ircam- Sorbonne Université) - CRI - ENSCI
Vous avez une présentation ci-dessous et le début (2 minutes) montre l'expérience avec les spectateurs:







Je vous offre une dernière fleur de post-confinement, des iris sous la pluie:



Les Yeux et les Oreilles: de visu ou de visio?

Le hasard fait bien les choses.. Je voulais reparler de la question des réseaux sociaux (j'en ai soulevé quelques points plus haut) et je ne peux que resoulever la question de l'engagement "en ligne" et avec les réseaux sociaux, en particulier le "like" de facebook qui n'engage à rien et le débat sur ces publications qui vont dans toutes les directions. On le sait, les réseaux sociaux divisent, et même si, avouons-le, lors du confinement quelques outils de communication/vidéo ont permis de garder un lien avec les proches, globalement cet outil fait "distance". J'ai lu cette semaine mais ne retrouve plus la référence que pour les procès tenus ces derniers temps en visioconférence, les peines prononcées étaient plus élevées qu'en procès physique du fait de la moindre empathie avec les jugés. Et je viens de voir un article dans le Monde (encore) "La conversation, coupée court?" de Gilles Bastin qui parle du livre "Les yeux dans les yeux. le pouvoir de la conversation à l’heure du numérique" (Reclaiming Conversation. The Power of Talk in a Digital Age), de Sherry Turkle, traduit de l’anglais par Elsa Petit, qui parle de tous ces outils sociaux. Sherry cite Thoreau qui nous apprends que nous n'aurions besoin que de "trois chaises: une pour la solitude, deux pour l’amitié, trois pour le monde".
Et je vous mets un "Extrait" du livre:



Autre hasard, le très grand acteur et metteur en scène Peter Brook était l'invité de Patricia Martin sur France Inter ce matin pour parler de son livre "A l'écoute" et son crédo est la "Gratitude"
Vous avez l'émission (pour quelques temps) ici:
https://www.franceinter.fr/emissions/la-personnalite-de-la-semaine/la-personnalite-de-la-semaine-14-juin-2020
Et à propos de metteur en scène, une pensée pour Didier Bezace, le directeur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers qui nous a quitté.

Et pour la musique je vous propose d'abord deux titres pleins d'humour...

Le premier en lien avec l'oralité, de Bertrand Laverdure, une expérience de P.O.M.M.E. (Poème Oralité Musique Métal Ecrit) qui nous vient du Canada: Anonymus - Ostinato machine (avec Benoit Jutras) from Productions Rhizome.



Pour le deuxième, un clin d'oeil à un ami journaliste, (en lien avec les "pisse-froid" de Charline Vanhoenacker), un extrait d'un concert cité par Poly (pas poli) du Piano au Musée Wurth à Erstein le 11 novembre 2019 avec Simon Ghraïchi:





Et pour un autre clin d'oeil à Pomme, la vraie, celle qui  a récolté une Victoire de la Musique cette année, deux de ses premiers titres de 2015: J'suis pas dupe 


Et Je t'emmènerais bien:


Et séquence nostalgie et rétro (à l'Olympia), une reprise en 2014 par Carla Bruni de sa chanson de 2002 "Quelqu'un m'a dit":



On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,
Elles passent en un instant comme fanent les roses.
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux
Pourtant quelqu'un m'a dit...

Que tu m'aimais encore,

C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore.
Serait ce possible alors ?

On dit que le destin se moque bien de nous

Qu'il ne nous donne rien et qu'il nous promet tout
Parait qu'le bonheur est à portée de main,
Alors on tend la main et on se retrouve fou
Pourtant quelqu'un m'a dit ...

Mais qui est ce qui m'a dit que toujours tu m'aimais?

Je ne me souviens plus c'était tard dans la nuit,
J'entends encore la voix, mais je ne vois plus les traits
"il vous aime, c'est secret, lui dites pas que j'vous l'ai dit"
Tu vois quelqu'un m'a dit...

Que tu m'aimais encore, me l'a t'on vraiment dit...

Que tu m'aimais encore, serais ce possible alors ?

On me dit que nos vies ne valent pas grand chose,

Elles passent en un instant comme fanent les roses
On me dit que le temps qui glisse est un salaud
Que de nos tristesses il s'en fait des manteaux,
Pourtant quelqu'un m'a dit que...



Bon Dimanche 



La Fleur du Dimanche

dimanche 31 mai 2020

Le chemin austère du mot à la page: toute une vie

J'ai pas eu de pot avec mon billet de dimanche dernier, je me suis fait allumer... mais ce n'est pas au sujet de l'Oulipo et de Boris Vian, ni même de l'iconosclaste Pastafarisme, non c'est juste à cause de "L’interdépendance". Bon si ce n'est que ça, je peux décoder un petit peu...
En attendant, place aux fleurs, simples et qui, bien que messicoles, de par leur rareté en deviennent protégées.
Bon, je vais encore me faire appeler barbeau parce que d'aucuns voudront l'appeler centaurée.
Mais je pense que, comme le coquelicot, chacun - et chacune - de nous le porte dans son coeur, même si l'esprit belliqueux s'est un peu effacé. Le voici, le bleuet de nos campagnes:

Fleurs du déconfinement - Bleuet - Photo: lfdd

Le même le soir, dans nos campagnes:

Fleurs du déconfinement - Bleuet - Photo: lfdd

Et pour en venir au TVA, avant d'en revenir à celui de la semaine dernière, ce sera au sujet d'un écrivain dont j'ai beaucoup, apprécié le style, l'ambiance, le récit - et même les films, j'ai nommé Paul Auster, dont, à propos de son dernier livre, des entretiens ou plutôt une conversation - tenue entre 2011 et 2013 - avec Inge Birgitte Siegmumfelt*. Vous ne trouverez pas cette dernière sur Wikipedia, sauf sur la version allemande où l'on parle de ce livre, publié en Anglais, et en traduction allemande en 2017 et qui sort cette année chez Actes Sud, d'où l'article de Florence Noirville "La Littérature vissée au corps" paru dans le Monde du 14 février 2020.

Et le sujet traité, enfin celui qui m'intéresse et que je partage avec vous c'est "écrire" et les "mots".

"Oui les mots sont concrets, ils ont une substance, même si ce sont des abstractions. Des signes."
Pour Paul Auster "on ne peut pas écrire un seul mot sans l'avoir d'abord vu."
..
"Avant de trouver le chemin de la page un mot doit d'abord faire partie du corps, présence physique avec laquelle on vit de la même façon qu'on vit avec son coeur, son estomac et son cerveau."

Pour Auster, "écrire est toujours une tentative vouée à l'échec."
Florence Noirville précise "L'écrivain - l'écrivain sérieux - échoue fatalement dans ce qu'Auster appelle "la fissure ouverte entre le monde et le mot". Et cette dernière étant irréductible, in ne peut rien espérer sinon comme dit Beckett, "échouer mieux" la fois suivante."  

Retour de la Fleur, à vous de choisir, entre la ronce et la mûre, ou encore l'abeille:

Fleurs du déconfinement - Murier - Photo: lfdd

Et donc pour revenir sur la semaine dernière, juste deux mots, je ne vais pas faire une explication de texte, ni un sermon. A vous de voir et de vous faire votre opinion et de savoir comment avancer dans l'après (puisque là est la question). Un ami a d'ailleurs posté une photo qui nécessite un "décodeur" pour illustrer sa demande à ses amis de savoir si la question de l'après n'était pas - déjà plus - d'actualité. Effacée!
Donc, la phrase d'Enrico Letta: "L’interdépendance humaine signifie que nous entrons dans un monde qui se pose la question de la gestion politique et économique efficace d’un faisceau d’interconnexions, de liens et d’appels incessants entre les pays et les systèmes." pour moi semble dire que le Monde (c'est à dire chacun de nous) devra gérer (à tous les niveaux) nos relations (à tous les niveaux). Bon j'dis ça, j'dis rien, non? Non, cela va très loin et il faut remonter à Auster qui dit le mot, il faut l'avoir vu ! Vu ?

Fleurs du déconfinement - Murier - Photo: lfdd

Et je laisse la conclusion à Rabindranath Tagore dont les Oeuvres (complètes) viennent de paraître en Quarto qui disait au début du XXème siècle: 
"Il n’y a pas de limites à l’acquisition matérielle. La civilisation européenne, mettant l’accent sur cette accumulation, oublie que la meilleure contribution individuelle au progrès humain est le perfectionnement de la personnalité."

Et également:
"Puissé-je savoir, avant de la quitter, pourquoi cette Terre m’a pris dans ses bras."

Fleurs du déconfinement - Photo: lfdd

Fleurs du déconfinement - Photo: lfdd


Au niveau chanson, comme Paul Auster a fait à partir de ses livres quelques films et scénarios, dont La Musique du hasard, (The Music of Chance) et Brooklyn Boogie, réalisé par Wayne Wang, je vous offre, au hasard, des morceaux de musique (au hasard) dont le premier est extrait de Brooklyn Boogie avec Madonna, porteuse d'un télégramme chanté:





Puis Madonna dans les années 2009 avec Hung Up:





Et pour rester dans les années 2009, successivement 
Gwen Stefani - What You Waiting For?





Gwen Stefani - Wind It Up 





Kylie Minogue - Can't Get You Out Of My Head





Et, pour finir, au hasard, Michel Berger: Splendide hasard





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

Inge Birgitte Siegmumfelt est professeur de civilisation anglaise et germanique à l'université de Copenhague au Danemark. Elle est à l’origine de la création du Centre Paul Auster de l’université de Copenhague, où elle est professeur au département des études d’anglais.

dimanche 24 mai 2020

Si t'as pas d'Oulipo, t'as qu'à te vouer au Pastafarisme, sinon c'est la zoonose

Dans cet entre-deux, si l'on peut dire ainsi, entre l'anniversaire de la naissance et celui de la mort de Boris Vian, ou entre l'Ascension et la Pentecôte, entre la montée et la descente, entre l'échelle et les langues de feu, entre l'avant-après et l'après-avant, je balance...
Je balance les Oulipiens qui ont achevé Boris, je balance Roger-Pol qui fait de la religion un droit - de non-croyance, je balance Descola et Letta, je balance la #Banane et les Fleurs.
Je balance l'aigrette du Tragopogon pratensis ou Salsifis des prés appelé aussi Barbe de bouc ou, en anglais, Jack-go-to-bed-at-noon, puisque ses fleurs (quand il est encore en fleurs) se ferment la nuit.
Bon, là, les akènes sont sur la cypsèle:


Tragopogon pratensis - Salsifis des prés Photo: lfdd


Ce n'est pas le pissenlit ou Taraxacum préféré de La Fleur du Dimanche, ça lui ressemble en bien plus grand:


Tragopogon pratensis - Salsifis des prés Photo: lfdd

  
Et là je vous balance tout de suite la #Banane "par Boris Vian, dans l'extrait de l'article "Oulipocktail" de Camille Laurens du 14 février 2020 dans Le Monde des Livres au sujet du livre de ce Boris, livre qu'il aurait peut-être signé Vernon Sullivan et baptisé "On n'y échappe pas":




Ce livre, donc, qui pour le centenaire de Boris Vian a été achevé par six écrivains de l'Oulipo (OUvroir de LItérature POtenteille) qui ont continué l'histoire inachevée par la crise cardiaque, de ce manuscrit qui s'arrêtait au quatrième chapitre... et c'est Clémentine Mélois dont j'ai déjà parlé ici qui en a fait la couverture:





Je ne sais pas si Boris aurait été Pastafariste. En tout cas, c'est très facile de le devenir et Roger-Pol Droit indique dans son article (exactement sous celui de Camille Laurens) "Les leçons du dieu-spaghettis", que certains pays reconnaissent cette religion (les Pays-Bas, Taïwan,..) et que des mariages pastafaristes sont autorisés, de même les photos d'identité avec une passoire sur la tête. 


Fleur de troène confiné - Photo: lfdd

....
Leur divinité est le Monstre en spaghetti volant (Flying Spaghetti Monster), créée en 2005 par Bobby Henderson, alors étudiant de l'université d'État de l'Oregon. Il est invisible et ses premiers fidèles sont nommés les pirates. Ceux-ci sont considérés comme des êtres sacrés. Selon cette religion, ils contribuent à lutter contre le réchauffement climatique et protègent contre les catastrophes naturelles.

Voici une de leur prière:
La prière du savoir
Tirons du Monstre volant en spaghettis, sa sauce
Et de sa sauce, ses nouilles
Et de ses nouilles, ses boulettes de viande
Et de ses boulettes de viande, le savoir
Et du savoir, la connaissance des choses savoureuses
Et de la connaissance de ces choses, l'amour des spaghettis
Et des spaghettis, l'amour du Monstre volant en spaghettis
Ramen

Sur leurs dix commandements, dont il n'en ont gardé que 8, je vous en livre 4: 
«Je préfèrerais vraiment que vous évitiez de juger les gens en fonction de leur apparence, de leur façon de s'habiller ou de leur manière de parler et surtout soyez gentils avec les autres, d'accord!»
«Je préfèrerais vraiment que vous évitiez d'avoir des comportements dégradants pour vous-même ou pour votre libre arbitre ou pour votre partenaire majeur, consentant et mûr mentalement».
«Je préfèrerais vraiment que vous évitiez d'être sectaire, misogyne et d'avoir les idées haineuses d'un estomac vide».
«Je préfèrerais vraiment que vous évitiez de dépenser des fortunes pour construire des synagogues, des églises, des temples, des mosquées et des sanctuaires pour célébrer ma bonté infinie. Faites votre choix pour employer votre argent plus intelligemment pour :
- mettre fin à la pauvreté,
- guérir les maladies,
- vivre en paix, aimer avec passion et réduire le coût de la télévision câblée».

Vous remarquerez la référence discrète au "Je préférerais ne pas", variations autour du Bartleby d'Herman Melville "I would prefer not to"...

Bon, Roger-Pol Droit rappelle en parlant du livre de François De Smet "Deus Casino" qui traite de ce sujet (cette foi), que le droit est démuni face à cette religion que l'on ne peut réfuter en regard de l'ensemble des autres religions: "Soit la croyance se prend au sérieux, et elle transforme ses rêveries en réalités supposées. Soit elle revendique ses rêveries en réalités supposées, et elle fait apparaître celui des autres."



Fleur de troène confiné - Photo: lfdd

Peut-on en dire autant de ceux qui accusent l'homme (ou l'animal) d'avoir créé la Zoonose
Si l'on suit Philippe Descola «Nous sommes devenus des virus pour la planète», comme il le présente dans la tribune éponyme du Monde du 22 mai 2020 en l'expliquant par: 
1. La dégradation et le rétrécissement sans précédent des milieux peu anthropisés du fait de leur exploitation par l’élevage extensif, l’agriculture industrielle, la colonisation interne et l’extraction de minerais et d’énergies fossiles.
2. La persistance criante des inégalités révélée par la situation de crise, à l’intérieur de chaque pays et entre les pays, qui rend ses conséquences très différentes selon la situation sociale et économique dans laquelle on se trouve.
3. La rapidité de la propagation de la pandémie.

Rappelant en passant les énormes dégâts que l'homme occidental a fait aux habitants du "Nouveau Monde" quand il y a importé "nos" maladies qui ont décimé les populations locales.

Rappelant aussi que cette "conscience" de la "nature" a commencé à se mettre en place à la fin du XVIIème siècle en Europe avec "une vision des choses que j’appelle «naturaliste», fondée sur l’idée que les humains vivent dans un monde séparé de celui des non-humains.
Sous le nom de nature, ce monde séparé pouvait devenir objet d’enquête scientifique, ressource illimitée, réservoir de symboles. Cette révolution mentale est l’une des sources de l’exploitation effrénée de la nature par le capitalisme industriel en même temps que du développement sans précédent des connaissances scientifiques.
Mais elle nous a fait oublier que la chaîne de la vie est formée de maillons interdépendants, dont certains ne sont pas vivants, et que nous ne pouvons pas nous abstraire du monde à notre guise.
Le «nous» n’a donc guère de sens si l’on songe que le microbiote de chacun d’entre «nous» est composé de milliers de milliards d’« eux », ou que le CO² que j’émets aujourd’hui affectera encore le climat dans mille ans. Les virus, les microorganismes, les espèces animales et végétales que nous avons modifiées au fil des millénaires sont nos commensaux dans le banquet parfois tragique de la vie. Il est absurde de penser que l’on pourrait en prendre congé pour vivre dans une bulle.
Et je vous laisse creuser - et réfléchir aux solutions qu'il préconise d'urgence - mais j'ai l'impression que ce que l'on pensait urgent avant (le déconfinement) ne l'est plus après - dans le nouveau "monde d'après"... d'aujourd'hui.


Fleur de troène déconfiné - Photo: lfdd

Nous pouvons toujours lire le billet d'Enrico Letta qui suit celui de Philippe Descola: "L’interdépendance humaine guidera notre transition vers le monde de demain" Et où il nous met également en garde vis-à-vis du "Changement radical" qui nous attend:
"L’interdépendance humaine signifie en effet que nous vivons un changement radical par rapport au monde que nous connaissions jusqu’à hier, qui était dominé par des frontières, des oppositions, des murs. Un monde d’identités contraires, construit autour de distances réelles, amplifiées – souvent de façon démesurée – par des superstructures politiques et économiques qui s’étaient développées au fil du temps.
C’était le monde dans lequel les éléments de notre individualité se dessinaient en opposition à ceux de l’autre et où la différence des modèles économiques garantissait l’incommunicabilité et donc l’imperméabilité."
... "L’interdépendance humaine implique aussi que nos comportements irresponsables font immanquablement du mal aux autres et sont susceptibles, au terme d’une série plus ou moins longue d’interactions, de nous revenir comme un boomerang. L’interdépendance humaine signifie que nous entrons dans un monde qui se pose la question de la gestion politique et économique efficace d’un faisceau d’interconnexions, de liens et d’appels incessants entre les pays et les systèmes."

Pour finir en poésie, je vous offre une voix qui s'est tue, celle de Michel Picolli, qui dit les poèmes d'Aragon dans un film d'Agnès Varda "Elsa la Rose qui fait se rencontrer Aragon, Maïakovski et Ella Yourievna Kagan, la soeur de Lili Brick, l'amoureuse de ce dernier...



Elsa la rose (1966) AGNÈS VARDA

Pour compléter ces poésies, qui de meiux que Jean Ferrat pour chanter les Yeux d'Elsa, en voici deux versions, celle d'oridine (1960) et une version récente (2000)..




Et pour ne pas s'arrêter en si bon chemin, un hommage à La France:




Et la chanson "Nuit et Brouillard" pour ne pas oublier:




On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?

L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent 


Et pour rebalancer dans "avant", je vous remet la "Chanson d'Hélène" du film "Les Choses de la Vie" de Claude Sautet, chantée par Michel Picolli et Romy Schneider:


  
Et pour finir, fermez les yeux et écoutez:





Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche