Affichage des articles dont le libellé est Robert Desnos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Desnos. Afficher tous les articles

dimanche 8 janvier 2017

227 étoiles sont nées dans le ciel et moi sous une étoile filante

Hasard du calendrier? En cette période de Noël et de l'Epiphanie nous apprenons la naissance d'un coup de 227 étoiles....
Allons-nous toutes les accrocher au sapin ?


Etoiles de Noël - Photo: lfdd

Restera-t-il de la place pour les roses de Noël ?


Fleurs de Noël - Photo: lfdd

Bon, je vous l'avoue, les étoiles ne sont pas nées d'hier, mais c'est juste qu'elles n'avaient pas de nom et pour ne pas se perdre dans le ciel étoilé, l’Union astronomique internationale vient de donner un nom officiel à ces 227 étoiles qui vont permettre aux astronomes de se repérer dans le ciel...

Je fais une petite parenthèse en vous mettant un TVA de Jules Renard:

"Je regarde les étoiles. Pour savoir leurs noms, je fais flamber une allumette-bougie, et je regarde mon atlas astronomique. Mais, l'allumette éteinte, les yeux éblouis, je ne reconnais plus, au ciel, l'étoile dont j'ai trouvé le nom."

Mais ce travail va surtout servir à nommer également les exoplanètes (planètes hors du système qui pourraient ressembler à la terre et qui font bien rêver...).
Certains noms d’étoiles nous sont parvenus grâce aux Grecs, aux Latins et aux Arabes, qui s’en servaient pour la navigation astronomique: Aldébaran, Altaïr, Pollux, Sirius, Vega. Nous pouvons en voir quelques milliers. Dans le catalogue de l’Agence spatiale européenne il y en a 1,2 milliard de répertoriés, et il y en a encore au moins cent fois plus... que l'on pourra peut-être voir un jour, de même que les trous noirs, qui ne sont toujours pas visibles et dont de nouveaux instruments vont essayer de photographier cette année celui - énorme - qui est au centre de notre galaxie. Il pèse 4 millions de fois le poids du soleil et n'en a que dix fois la taille. Il se trouve à 27.000 années lumière de la terre et n'est qu'un tout petit point noir. Un des instruments utilisé pourrait déjà voir une pièce d'un euros sur la lune...

Je vous rappelle que ces étoiles nouvellement nommées ne sont pas nées d'hier, mais demain, ou presque - en 2020 à priori - il est prévu que naisse une nouvelle étoile. C'est l'astrophysicien américain Larry Molnar qui l'annonce. Elle résulterait de  la collision de deux étoiles qui a eu lieu il y a des siècles et qui sera visible sur terre pendant un certain temps dans la constellation du Cygne. Il se peut même que la luminosité en fasse pendant plusieurs jours l'objet le plus lumineux du ciel.


Je vous met un deuxième TVA, un texte de Robert Desnos:
"Il dort, dit la lune. Et lentement, elle commença à égrener un chapelet d'étoiles. Les étoiles se plaignaient doucement, la comète qui servait de pendentif brillait de mille feux et je me demandais combien de temps encore durerait cette incantation. La lune priait ! Les étoiles une à une pâlissaient et le matin blémissait mes tempes."

Et pavant de finir en chansons, un extrait (la fin) d'un poème de Lamartine

"Et vous, brillantes soeurs! étoiles, mes compagnes,
Qui du bleu firmament émaillez les campagnes,
Et cadençant vos pas à la lyre des cieux,
Nouez et dénouez vos choeurs harmonieux!
Introduit sur vos pas dans la céleste chaîne,
Je suivrais dans l'azur l'instinct qui vous entraîne,
Vous guideriez mon oeil dans ce brillant désert,
Labyrinthe de feux où le regard se perd!
Vos rayons m'apprendraient à louer, à connaître
Celui que nous cherchons, que vous voyez peut-être!
Et noyant dans son sein mes tremblantes clartés,
Je sentirais en lui.., tout ce que vous sentez!"


Etoiles rouges de Noël - Photo: lfdd

La pêche aux étoiles en chanson étant assez  généreuse, je vais en offrir une à six branches...

Grégoire - Rue des étoiles:




MMZ - Loin Des Étoiles:



Matthieu Chedid - La Bonne Étoile:




Tino Rossi - Tant qu'il y aura des étoiles:




Et une version chantée Charles Aznavour:




Et nous passons aux étoiles filantes avec des cowboys d'hier et d'aujourd'hui :

Les Cowboys Fringants - Les Étoiles Filantes:





Gilles Marchal - L'étoile filante (1970)




A la demande générale, je rajoute "Etoile des Neiges", mais dans une version de Simon et les Modanais.




Et une blague, vous en ferez ce que vous voulez, c
'est "l'étoile filante" commentaire de l'auteur : 
"une chanson d'amour (vous pouvez regarder en hd mais je vois pas la différence)"



Sans commentaire!


Bon dimanche 

La Fleur du Dimanche

dimanche 22 mai 2016

Coquelicot fleuri ou fragile

Dans les champs, les coquelicots, ces "mauvaises herbes" fleurissent.
Je vais vous en offrir version "citadine":


Coquelicot - Photo: lfdd


Et également vous en montrer les deux aspects, plutôt gai avec Robert Desnos et plus critique avec John McCrae..

Le Coquelicot 

Le champ de blé met sa cocarde 
Coquelicot. 
Voici l'été, le temps me tarde
De voir l'arc-en-ciel refleurir. 
L'orage fuit, il va mourir, 
Nous irons te cueillir bientôt,
Coquelicot.

Robert Desnos


Coquelicots fanés - Photo: lfdd


Pour le poème de John McCrae "In Flanders fields" (Au champ d'honneur), c'est un poème de guerre que ce lieutenant-colonel canadien a écrit pendant la Première Guerre mondiale à l'occasion des funérailles d'un ami de l'auteur, tombé lors de la deuxième bataille d'Ypres. La bataille d'Ypres qui nous revoie à une autre bataille, celle d'Eylau dont nous allons parler très prochainement à propos d'Empire.

In Flanders Fields 

In Flanders fields the poppies grow
Between the crosses row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved and now we lie
In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.

John McCrae

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici
Au champ d'honneur.
À vous jeunes désabusés
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.


Ce poème me ramène aussi à Michael J. Sandel dont j'ai parlé récemment (le 1er mai) et qui, dans son livre qui vient de sortir dit: "La cupidité est un vice, une manière d'être condamnable, en particulier lorsqu'elle a pour effet de rendre insensible à la souffrance d'autrui."
Ce philosophe dit de son sujet: "Certaines personnes croient que la philosophie habite les hautes sphères célestes. Ma conviction est qu'elle est chez elle dans la cité. (...) On doit Pouvoir éprouver les questions qu'elle nous pose. Socrate concevait la philosophie de cette manière. Il marchait dans les rues d'Athènes et interrogeait des gens ordinaires. C'était une philosophie de dialogue, et non de la prédication ou de l'énonciation de principes immuables."


Coquelicots - Photo: lfdd

Pour terminer, je vous renvoie à la chanson du coquelicot connue que je vous avais proposée le 6 juillet 2014. En fait il y a deux versions de la chanson, la première de Mouloudji, l'autre, moins connue, est une interprétation de Leila Bekti dans le film de Philippe Claudel "Avant l'hiver". 
Je vous renvoie au billet sur le site parce que les chansons sont comme les fleurs, sur internet, elles se fanent ou disparaissent: les vidéos peuvent être retirées ou supprimées pour diverses raisons.
Une page qui n'a pas encore été retirée, c'est la page de La Fleur du Dimanche du 3 juillet 2011 qui a déjà été vue plus de 1200 fois. Merci à vous chers lecteurs, chères lectrices, de me suivre.

Et en parlant de fidèle lectrice, en voila une qui vient de m'offrir un autre bouquet de coquelicots de la campagne, c'est la version chantée par les Quat'Jeudis du poème de Desnos. Je vous l'offre volontiers:





Coquelicots - Photo: lfdd


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche 

dimanche 8 mai 2016

Lilas bien qui lilas le dernier...

Avec les lilas, tout est bien qui finit mal....


Lilas de mai - Photo: lfdd

L'avez-vous remarqué, les lilas sont des fleurs tristes, non ?
Dans la plupart des chansons qui parlent de lilas, il faut s'armer de mouchoirs, plutôt trois qu'un...


Lilas de mai - Photo: lfdd

Heureusement qu'il y a Robert Desnos qui chante le lilas dans ses Chantefleurs:

"Mon premier lilas blanc
Que Lili cueille en branche
Mon deuxième lilas 
Quoique vous en pensiez
Mon troisième lilas
Dont la tige se penche
Mon dernier lilas
Bien qui lilas 
Le dernier


Lilas de mai - Photo: lfdd

Même Georges Brassens, habitué à l'humour a l'amour triste avec le lilas:

Les lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

Comm' j'étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là
Je suis entré par la porte
Par la porte des Lilas

Des lilas, y'en avait guère
Des lilas, y'en avait pas
Z'étaient tous morts à la guerre
Passés de vie à trépas

J'suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là
J'ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas

J'ai marqué d'une croix blanche
Le jour où l'on s'envola
Accrochés à une branche
Une branche de lilas

Pauvre amour, tiens bon la barre
Le temps va passer par là
Et le temps est un barbare
Dans le genre d'Attila

Aux coeurs où son cheval passe
L'amour ne repousse pas
Aux quatre coins de l'espace
Il fait le désert sous ses pas

Alors, nos amours sont mortes
Envolées dans l'au-delà
Laissant la clé sous la porte
Sous la porte des Lilas

La fauvette des dimanches
Cell' qui me donnait le la
S'est perchée sur d'autres branches
D'autres branches de lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là"




Allez, un quatrième lilas... 


Lilas de mai - Photo: lfdd

Et aujourd'hui, pas grand-chose à lire là!


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 30 août 2015

C'est l'été: Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube.... Robert et Alain

C'est toujours l'été et l'été on le passe avec les amis et les chansons... 
Après Anna, Juliette, Lucienne, Michèle, Jacques et les Serge, aujourd'hui, grâce à Michèle R. qui adore la poésie, et qui m'a soufflé récemment un poème de Robert D., je vous offre quelques poèmes de Robert D. dits et chantés par Alain, Serge et Jacques...

Après la fleur bien sûr:


Hortensias - Photo: lfdd


Et donc pour commencer, le poème de Robert "J'ait tant rêvé de toi" Desnos:

"Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes 
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit 
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien 
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi"

Robert Desnos

Je vous l'offre dans la version - magistrale - d'Alain Bashung:




et celle de Serge Reggiani:




Hortensias - Photo: lfdd


Vous savez sûrement que Robert Desnos n'écrivait pas de de superbes poèmes d'amour, mais également ces chantefables pour les - grands - enfants, voici ses "Hiboux", chantés par Jacques Douai:



Les Hiboux

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les prenant sur les genoux.
Leurs yeux d'or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !
Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
À Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous."



Bon Dimanche, bel été et à dimanche prochain

La Fleur du Dimanche

dimanche 11 mai 2014

Iris de l'amour et ta mine fleurie qui tire la langue

Quand c'est fini, ça recommence...
Qui n'a connu des rebondissements, la vie en est pleine.
Pour la Fleur du Dimanche, un envoi d'Iris du jardin pousse la barque du dimanche dans les jardins fleuris...
Déjà jeudi (8 mai) je vous offrais un Iris en introduction de la proposition de sortie "théâtre".
Et aujourd'hui, je vous offre comme moquerie un iris bleu jaune que vous tire la langue pour faire bonne mine - Et ta mine, elle est belle aussi?





Cet iris, dans le jardin de l'Escalier qui a changé de mine et également d'exposition*, puisque l'auteur du changement de mine - Francis CLERC - expose également ses souvenirs de voyage sous le titre "Mekong - Croquis, peintures et installations" en montant l'Escalier qui mène à la Galerie du même nom. 

Voici un autre iris que vous pourrez admirer dans le jardin:





Et pour finir, les iris qui m'ont "poussé" à continuer sur ma lancée, venant d'une nouvelle contributrice, Odile G. qui m'a aimablement envoyé le résultat du fleurissement de son jardin: 


Iris bleu - Photo: Odile G.


Iris jaune - Photo: Odile G.

Iris multicolore - Photo: Odile G.


En guise de TVA, je voulais vous mettre le poème de Pierre Louys, mais il se trouve qu'il a déjà été publié le 29 mai 2011 - jour de la fête des mère... et hommage aux iris sauvages...
Vous aurez donc un poème de Robert Desnos, tiré de Chantefleurs (1944-1945) 

L'Iris

"L’iris au bord du rivage
Se reflétait dans l’étang,
Bel iris sauvage
Qui rêves au beau temps.
Iris mes beaux yeux
Tu parfumes les draps blancs,
Iris merveilleux,
Iris au bord de l’étang.

Robert Desnos, , 1944-1945

et un texte de René Char: 
"Merci d'être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité"

Je vous mets aussi si vous êtes curieux(euses) et connecté(e)s un extrait d'un recueil de poèmes d'Arianne Dreyfus "Iris, c'est votre bleu" à chercher en texte:
http://remue.net/spip.php?article2659

et en voix:
http://remue.net/audio/NR2/09.htm

Et pour conclure le TVA du jour, une réflexion de Catherine Millet, sujet** à réflexion:
"...Car écrire n'est peut-être que cela, éviter d'avoir à refermer le livre pour répondre à ceux qui vous rappellent à ma réalité, et poursuivre le fil de la fiction dans lequel on est entré pour le tresser plus intimement avec les fibres de sa vie.


Ah, j'oubliais le Grand Prix Eurovision de la Chanson et la vidéo du dimanche, comme disait mon grand père: "Es esch Wurscht" mais pas tant que cela, je trouve, bien que les Autrichiens, avec Conchita Wurst qui les représente bien, n'aient pas été les premiers à creuser le concours de l'intérieur, le Luxembourg, avec la chanson de Serge Gainsbourg interprétée par France Gal, lauréate en 1965 était pas mal. 

Elle interrogeait déjà à l'époque l'arrivée du numérique (disque de cire, disque de son ?) - à noter également la réflexion sur le "nom":
"Autour de moi j’entends rire
Les poupées de chiffon
Celles qui dansent sur mes chansons...
Elles se laissent séduire
Pour un oui pour un nom"




Ou là :
https://www.youtube.com/watch?v=s5aeeSmkPwQ


Bonne réflexion

La Fleur du Dimanche

* A propos d'expositions, une liste - non exhaustive et en construction/évolution - est publié, le 7 mai.
**Comme premier "sujet" de réflexion, je vous rends attentifs aux "pronoms personnels" employés par Catherine Millet, à vous des les détresser !

dimanche 19 janvier 2014

Combien de temps faut-il garder les vieux arbres? Cent ans, mille ans?

Non, ce n'est pas une réflexion de jardinier qui motive le titre du jour, mais toujours une réflexion sur le temps qui file au long des feuilles de la Fleur du dimanche...

Le temps sous toutes ses formes, comme pour cette première image, prise le 1er janvier de cette année:

Doigts d'argent des chatons - Photo: lfdd

Elle nous révèle que les chatons étaient déjà brillants dans l'entre chien-et-loup d'un crépuscule d'hiver.
Il se trouve que la semaine dernière, le temps, déplorable dans la plaine d'Alsace a révélé un soleil radieux sur les montagnes proches et - dernier clin d'oeil à Noël, une lueur sur un sapin bougie qui illuminait le soir....


Bougie de forêt - Photo: lfdd

En ce qui concerne l'âge mémorable des arbres et ses multiples ramification, une étude très sérieuse parue dans Nature et reprise dans Sciences et Avenir et dans Libération la semaine passée, constate que les arbres, plus ils deviennent vieux, plus ils stockent de carbone. Un vieil arbre peut croître de 300 kilogrammes par an et sa surface de feuille en croît d'autant: dans une forêt de l'Ouest américain, 6% des arbres - dont le tronc fait plus d'un mètre de diamètre - contribuent à 33% de la croissance de la masse forestière...
D'après Sciences et Avenir, "Ces observations contredisent celle d’une diminution de l’efficacité de la photosynthèse des feuilles avec l’âge de l’arbre. C’est vrai, notent les auteurs, mais plus que compensé par l’augmentation de la masse des feuilles, qui suit le carré de l’évolution du diamètre du tronc. Multiplier par dix ce dernier augmente de 50 à 100 fois la surface totale des feuilles. L’article cite une forêt de l’ouest des Etats-Unis, où les 6% d’arbres aux troncs de plus d’un mètre contribuent à 33% de la croissance annuelle de la masse forestière."

Alors, gardez vos vieux arbres, ils peuvent encore servir...
A ce propos, savez-vous quel est le plus vieil arbre de France et quel est son diamètre et sa taille?
Il s'agit d'une aubépine plus que millénaire qui pousse à côté d'une église à Saint-Mars-sur-la-Futaie, dans la Mayenne. Elle aurait 1.700 ans, le tronc a une circonférence de 2,40 mètres et sa hauteur est de 9 mètres.
Et sachez qu'il faut dix fois plus de temps pour faire un arbre millénaire qu'un arbre centenaire....

Pour continuer avec les arbres en poésie, je vous offre deux poèmes, l'un de Robert Desnos et l'autre de Jules Supervielle.


IL ÉTAIT UNE FEUILLE

"Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de coeur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de coeur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de coeur
Coeur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie.
Vignes de chance
Vignes de coeur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre."

Robert DESNOS


Tronc-Lune - Photo:lfdd

LE PREMIER ARBRE

"C'était lors de mon premier arbre,
J'avais beau le sentir en moi
Il me surprit par tant de branches,
Il était arbre mille fois.
Moi qui suis tout ce que je forme
Je ne me savais pas feuillu,
Voilà que je donnais de l'ombre
Et j'avais des oiseaux dessus.
Je cachais ma sève divine
Dans ce fût qui montant au ciel
Mais j'étais pris par la racine
Comme à un piège naturel.
C'était lors de mon premier arbre,
L'homme s'assit sous le feuillage
Si tendre d'être si nouveau.
Etait-ce un chêne ou bien un orme
C'est loin et je ne sais pas trop
Mais je sais bien qu'il plut à l'homme
Qui s'endormit les yeux en joie
Pour y rêver d'un petit bois.
Alors au sortir de son somme
D'un coup je fis une forêt
De grands arbres nés centenaires
Et trois cents cerfs la parcouraient
Avec leurs biches déjà mères.
Ils croyaient depuis très longtemps
L'habiter et la reconnaître
Les six-cors et leurs bramements
Non loin de faons encore à naître.
Ils avaient, à peine jaillis,
Plus qu'il ne fallait d'espérance
Ils étaient lourds de souvenirs
Qui dans les miens prenaient naissance.
D'un coup je fis chênes, sapins,
Beaucoup d'écureuils pour les cimes,
L'enfant qui cherche son chemin
Et le bûcheron qui l'indique,
Je cachai de mon mieux le ciel
Pour ses distances malaisées
Mais je le redonnai pour tel
Dans les oiseaux et la rosée."
Jules SUPERVIELLE


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche 


P.S. 
La Fleur du Dimanche vous remercie pour votre fidélité est heureuse de vous annoncer que la page consacrée au «Calendrier»: http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/2014/01/memento-flori-un-calendrier-de-fleurs.html a déjà été vue plus de 130 fois et rentre directement dans le palmarès historique en dixième position après deux semaines seulement, belle progression.

Et en cadeau, merci à Béatrice la botaniste, je suis heureux de vous annoncer que la fleur du Nouvel An – Feu d’artifice  - http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/2014/01/fleur-feu-dartifice-du-nouvel-la-boucle.html  est une fleur de Câpre (qui l’eût dit ?).

dimanche 1 juillet 2012

Marguerite et Coquelicot, nos fleurs des champs préférées

C'est le retour de l'été, les longues journées et - quelquefois - la chaleur, entre deux orages....
Dans les champs et les prés, les marguerites fleurissent et se font effeuiller, et les coquelicots se dressent sur le ciel bleu.


Marguerite - Photo: lfdd


Cette marguerite, je la dédie - je la lui ai promise - à Maguy, fidèle et adorable lectrice de La Fleur du Dimanche, et je lui dédie le TVA du jour. Pour le coquelicot, ce sera pour sa fille, qui adore les fleurs rouges - me trompe-je?. 


Coquelicot - Photo: lfdd


Le TVA est un poème de Robert Desnos, tiré de "Chantefleur":



"C’est sur la tour Quiquengrogne
Marguerite de Bourgogne,
Marguerite de Navarre,
J’entends sonner la fanfare :
Un peu, beaucoup, vraiment,
Un peu plus, doucement,
Et passionnément."


Je ne vous mettrai que le début du poème de Ronsard:

"A Madame Marguerite"


Il faut que j’aille tanter
L’oreille de Marguerite,
Et dans son palais chanter
Quel honneur elle mérite..."


Mais par contre, petit clin d'oeil d'humour - cela manquait un peu ces derniers temps - un mot de Brassens qui dit:


"Les serments d'amour m'irritent, - se plaignait la marguerite. - Aussitôt que débute une affaire sentimentale, j'y laisse tous mes pétales."



Et pour ceux qui s'en souviennent, une référence cinématographique, c'est dans le film d'Henri Verneuil, "La Vache et le prisonnier" où Fernandel trouve un "champ de Marguerites" lors de son évasion d'Allemagne, alors une TVA prime, Fernandel et Marguerite réunis à la télévision française. Vous les verrez en cliquant ici:
http://youtu.be/yIVUdyqKhzY




Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche





dimanche 15 avril 2012

Rote Blume ou Anna Blume: la fleur est poésie

"C'est la fin des renoncules" m'annonce la fleuriste.

Tout a une fin.. Alors je vous offre celles-ci:

Renoncules rouges - Photo: lfdd

et le poème de Robert Desnos extrait de Chantefables sur la Renoncule:

Coco Bel-Oeil, 
Et de cerfeuil, 
Ho ! Coco Bel-Oeil 
Dis-moi le nom de cette fleur ? 
C’est la renoncule 
Pour ma soeur Ursule, 
Pour mon frère Hercule 
C’est la renoncule. 
Robert Desnos



Pour rester dans la lignée des poètes, un poème de Kurt Schwitters, entendu hier, magnifiquement interprété par Cora Schmeiser* dans le magnifique cadre de l'Aubette de Arp et Van Doesburg:




An Anna Blume


Oh Du, Geliebte meiner 27 Sinne, ich liebe Dir!
Du, Deiner; Dich Dir, ich Dir, Du mir, - - - - wir?
Das gehört beiläufig nicht hierher!

Wer bist Du , ungezähltes Frauenzimmer, Du bist, bist Du?
Die Leute sagen, Du wärest.
Laß sie sagen, sie wissen nicht, wie der Kirchturm steht.

Du trägst den Hut auf Deinen Füßen und wanderst auf die
            Hände,
auf den Händen wanderst Du.

Halloh, Deine roten Kleider, in weiße Falten zersägst,
Rot liebe ich, Anna Blume, rot liebe ich Dir.
Du, Deiner, Dich Dir, ich Dir, Du mir, - - - - - wir?
Das gehört beiläufig in die kalte Glut!
Anna Blume, rote Anna Blume, wie sagen die Leute?

            Preisfrage:
            1.) Anna Blume hat ein Vogel,
            2.) Anna Blume ist rot.
            3.) Welche Farbe hat der Vogel.

Blau ist die Farbe Deines gelben Haares,
Rot ist die Farbe Deines grünen Vogels.
Du schlichtes Mädchen im Alltagskleid,
Du liebes grünes Tier, ich liebe Dir!
Du Deiner Dich Dir, ich Dir, Du mir, - - - - wir!
Das gehört beiläufig in die - - - Glutenkiste.

Anna Blume, Anna, A - - - - N - - - -N- - - - -A!
Ich träufle Deinen Namen.
Dein Name tropft wie weiches Rindertalg.

Weißt Du es Anna, weißt Du es schon,
Man kann Dich auch von hinten lesen.
Und Du, Du Herrlichste von allen,
Du bist von hinten und von vorne:
A - - - - - - N - - - - - N - - - - - -A.
Rindertalg träufelt STREICHELN über meinen Rücken.
Anna Blume,
Du tropfes Tier,
Ich - - - - - - - liebe - - - - - - - Dir!

Pour que vosu puissiez en avoir une idée plus "visible" et auditive, je vous mets deux version en vidéo - une sobre et forte et une avec musique  - pour exemple et je vous traduis, en accompagnement un extrait - qui justifie le choix du deuxième texte (Blume, signifiant "fleur" en allemand, étant son nom, je ne le traduirais pas):

"Anna Blume, rouge Anna Blume, que disent les gens?

Devinette:
1. Anna Bume a un oiseau,
2. Anna Blume est rouge.
3. De quelle couleur est l'oiseau.


Bleue est la couleur de tes cheveux blonds,
Rouge est la couleur de ton oiseau vert.
Toi jeune fille simple dans tes habits de tous les jours,
Toi adorable animal vert, j'aime Toi!
Toi Ton Tien Tu, je Toi, Toi moi, .---- vous!
Cela va en passant dans le ----- tiroir à braises.







Et comme je suis généreux aujourd'hui, je vous mets, pour finir, le texte d'un autre poète que j'ai également trouvé quand j'ai cherché "renoncules" sur internet:

« Le 8 mars 1860
Cher Monsieur
Je suis dans un asile de fous et je ne me rappelle plus votre nom ni qui vous êtes. Il faut m’excuser car je n’ai rien à communiquer ni à dire et je ne sais pas pourquoi je suis enfermé Je n’ai rien à dire c’est pourquoi je conclus
Mes respects
John Clare »




Bon dimanche


La Fleur du Dimanche


* Vous pouvez encore l'entendre aujourd'hui à 15h00 et 16h00 avec des chants anciens et grégoriens dans le cadre de l’exposition "Nicolas de Leyde" au Musée de l'Oeuvre Notre Dame.
Les manifestations sont organisées avec la collaboration de l'Association Théo Van Doesburg.