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jeudi 26 mars 2020

Court-19 : Episode 8 - Un jour, nous parlerons... aujourd'hui, non ..

En ces temps de chamboulement, une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons pour la journée...
Pour la photo, de confinement à moins d'un kilomètre, une drôle de morille violette:


Fleur de morille ? - Photo:lfdd

De près, cela donne celà:


Fleur de morille ? - Photo:lfdd

Pour le TVA que je voulais court (je mettrai les références en fin de texte), il est question de "Disparitions" et d'images...

Tout est parti de l'article de Jacques Mandelbaum dans le Monde des Livres le 6 mars 2020 intitulé "Bertand Schefer dessine un vide", à l'occasion de la parution de son livre "Disparitions".
Nous y apprenons que Bertand Schefer est écrivain, philosophe, traducteur et cinéaste. Il a traduit entre autres le livre "900 considérations philosophiques, cabalistiques et théologiques, Allia,1999) de Pic de la Mirandolle.

Avez-vous jamais entendu l'extression "C'est un Pic de la Mirandolle"?

Le premier TVA est de ce dernier:
"C'est la philosophie, précisément, qui m'a appris à dépendre de ma conscience plutôt que des jugements du dehors, et à toujours me soucier moins des mauvaises opinions sur mon compte que de la nécessité de ne rien dire ou faire de mal moi-même."
Jean Pic de la Mirandole

Charles de Spoelberch de Lovenjoul dans son livre "Un roman d'amour" lui compare Balzac: "C'est un Pic de la Mirandole qui soutient, à propos de tous les sujets, la fameuse thèse de omni re scibili**".

Et pour en revenir à Bertand Schefer et au TVA, il s'agit d'une lettre qu'il imagine écrite par la photographe Francesca Woodmann, suicidée à 22 ans, à un autre "Bertrand":
"Peut-être ne saura-t-on jamais complètement à quel trafic on se livre avec les images, nécessairement obscur. Lent et ténébreux travail des images, où l'on espère voir éclater un jour ce qui sourd dès l'instant de la rencontre. On connait cet entêtement à rester devant certaines d'entre elles, à y revenir régulièrement, parfois si mal à l'aise, sans toujours bien savoir ce qu'on fait et pourquoi, et qui de l'image ou de nous frappe sans relâche à la porte de qui, se disant ou croyant se dire un jour elle parlera. Un jour, nous parlerons."

La vidéo du jour pose également cette question: Quand parlera-t-elle?



Pour le programme de chansons, je vous offre un petit cadeau, Alain Bashung, Résidents de la République:




Et puis vous présenter Solange. Je ne sais pas si vous la connaissez. Elle a réalisé une série de vidéos intitulée "Solange vous parle"
Et là, je vous la montre avant qu'elle parle. La vidéo s'appelle "Solange avant de te parler", mais elle parle quand même, regardez jusqu'au bout!



Et la suivante donne une idée du chemin parcouru: 



Pour finir en chanson, c'est toujours Solange qui chante, mais pas que..: PμT€ DÉVÊTUE (chanson) de  solangeteparle:





Portez-vous bien, et un jour nous parlerons...

La Fleur du Dimanche

* charles de Spoelberch de Lovenjoul UN ROMAN D'AMOUR 
"Tel est le vice capital de M. de Balzac. Il aspire toujours au cumul de plusieurs gloires.  C'est un Pic de la Mirandole qui soutient, à propos de tous les sujets, la fameuse thèse de omni re scibili**. Ses romans, pleins d'une observation si vraie et si vivante, il veut en faire des cathédrales; ses phrases, souvent si expressives, il veut en faire des iliades; ses héros, si énergiquement conçus, tournent trop au géant. Nous serions disposés à croire que sans se faire beaucoup prier il aurait parlé de guerre à Bonaparte, de géologie à Cuvier, de voyage à Lapeyrouse et de théologie à Bossuet. Esprit qui ne manque point de grandeur, mais de cette grandeur théâtrale, cachet particulier des hommes de ce siècle, qui semblent être plutôt les acteurs que les  personnages de leurs rôles. Intelligence plus  variée que complète, plus large que haute, mais où perce pourtant une rayon de cette naïveté qui n'appartient qu'aux esprits supérieurs. 
On comprend maintenant pourquoi nous avons dit, au début de ces réflexions, que lorgueil était la source principale des défauts comme des qualités de M. de Balzac..."

**De omni re scibili. expression latine signifiant "de toutes choses qui se savent", devise de l'encyclopédiste Pic de la Mirandole. ou "Sur toute chose qu'on puisse savoir".

samedi 12 novembre 2016

Le Cantique des Cantiques à la Cathédrale - Poème d'amour de Mahmoud Darwich

En cette soirée très symbolique, la Cathédrale de Strasbourg et la LICRA - Ligue contre le Racisme et l'Antisémitisme se sont joint pour ressusciter la création musicale du Cantique des Cantiques traduit par Olivier Cadiot et que Rodolphe Burger avait créé à l'occasion du mariage d'Alain Bashung avec Chloé Mons. Il y a également adjoint, en écho, le texte du poète palestinien Mahmoud Darwich "S'envolent les Colombes" pour un spectacle créé à Sète en 2010. L'odée était de rassembler ces textes autour de l'amour d'auteurs de différentes religion, parce que l'amour est au dessus de tout cela.
Et le recréer à Strasbourg, en cette veille de 13 novembre est un geste hautement symbolique qui n'a pas échappé aux nombreux spectateurs qui ont pu assister à cette soirée et qui, comme le disait Frédéric Simon - directeur du Maillon- en introduction vont dire à ceux qui ne l'ont pas pu, faute de place, non pas "qu'il ont raté quelque chose, mais leur raconter ce qu'ils ont vécu". Et le partager...
Parce que cette soirée mémorable, organisée par le Maillon, a permis de vivre un moment inoubliable, dans la haute Cathédrale dont on a oublié la température bien fraiche, bercé par la musique envoutante et les voix presque psalmodiantes de Rodophe Burger, Ruth Rosenthal et Ravess Bek dans les trois langues de l'origine.

Un moment intense duquel on garde au fond de soi des images fortes et beaucoup d'Amour.


Rodolphe Burger - Cathédrale de Strasbourg - Cantique des Cantiques - Photo: lfdd

Rodolphe Burger - Cathédrale de Strasbourg - Mahmoud Darwich - Mehdi Haddab à l'Oud -  Photo: lfdd

Rodolphe Burger - Cathédrale de Strasbourg - Mahmoud Darwich - Photo: lfdd
  
Le Cantique des Cantiques et S'envolent les Colombes

Un poème sonore de Rodolphe Burger (guitare, chant), avec Julien Perraudeau (basse, clavier), Mehdi Haddab (oud), Yves Dormoy (électro, clarinette), Ruth Rosenthal (chant) et Rayess Bek (chant) Cette pièce, issue d'un spectacle créé en mars 2010 sur le plateau du Théâtre Molière à Sète, est un double hommage rendu à Alain Bashung et à Mahmoud Darwich, une mise en miroir de deux chants d'amour.
Le Cantique des cantiques est interprété dans une version à deux voix, le texte hébreu étant dit par la chanteuse israélienne Ruth Rosenthal, du groupe Winter Family. La deuxième partie est une nouvelle création musicale à partir du poème "S'envolent les colombes", à l'évidence une « réponse » arabe au Cantique.

Strasbourg est une ville "bénie" par Rodolphe Burger en cette fin d'année.
Après les deux concerts à Musica - voir mon billet du 5 octobre 2016 avec Kat Onoma et Billy the Kid.
Et pour vous donner une idée (très partielle de ce qu'a été le concert à la Cathédrale, une vidéo de la précédente représentation du Cantique des Cantique ici:

Rodolphe Burger, Le cantique des cantiques from orevo on Vimeo.


Bonne écoute

La Fleur du Dimanche

dimanche 30 août 2015

C'est l'été: Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube.... Robert et Alain

C'est toujours l'été et l'été on le passe avec les amis et les chansons... 
Après Anna, Juliette, Lucienne, Michèle, Jacques et les Serge, aujourd'hui, grâce à Michèle R. qui adore la poésie, et qui m'a soufflé récemment un poème de Robert D., je vous offre quelques poèmes de Robert D. dits et chantés par Alain, Serge et Jacques...

Après la fleur bien sûr:


Hortensias - Photo: lfdd


Et donc pour commencer, le poème de Robert "J'ait tant rêvé de toi" Desnos:

"Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes 
En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit 
Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien 
Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
Jamais d'autre que toi
L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d'autres lignes
Jamais jamais d'autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d'autre que toi"

Robert Desnos

Je vous l'offre dans la version - magistrale - d'Alain Bashung:




et celle de Serge Reggiani:




Hortensias - Photo: lfdd


Vous savez sûrement que Robert Desnos n'écrivait pas de de superbes poèmes d'amour, mais également ces chantefables pour les - grands - enfants, voici ses "Hiboux", chantés par Jacques Douai:



Les Hiboux

Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les prenant sur les genoux.
Leurs yeux d'or valent des bijoux
Leur bec est dur comme cailloux,
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux point de genoux !
Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
À Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c'était chez les fous."



Bon Dimanche, bel été et à dimanche prochain

La Fleur du Dimanche