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dimanche 16 février 2025

Valentin et le désossé: Eros et Thanatos, l'amour et l'amor

 Pour la Saint Valentin, on pense à l'amour, et l'amour appelle les fleurs, alors, je vous offre quelques fleurs

Des clématites sauvages, clématites des haies ou vigne blanche, clematis vitalba pour vous:


Clematis Vitalba - Photo: Robert Becker


Sauvage comme l'amour, le premier, le primitif, celui dont on se souvient, qui nous marque. Vous, vous en souvenez-vous, vous a-t-il marqué ?

C'est le premier, ce n'est pas forcément le plus puissant - j'en connais pour qui c'est le seul - mais il y en a tant et ils peuvent être très forts, puissants, extraordinaires.


C'était la Saint Valentin, l'occasion de consommer ensemble, pas seulement au restaurant, ou pas...

D'ailleurs comme premier TVA en rapport avec cette fête, je vous ai trouvé ce trait d'humour:

"Si à la Saint Valentin tu n'es pas amoureux, ce n'est pas grave, à la Toussaint tu nes pas mort non plus."


Et je rebondis sur ce texte de Pierre Michon - dans Libération - qui parle de la mort et aussi curieusement de l'amour - et de l'écriture:

"J'ai eu une inhibition devant l'écriture toute ma vie, sauf dans les moments où ça se décoinçait. Et puis, coup sur coup, deux choses m'ont libéré. D'abord l'amour que j'éprouve depuis cinq ou six ans, avant que je ne tombe malade. Ensuite, j'ai fait l'expérience de celui qui va mourir d'ici très peu de temps. Depuis, je peux dire que je n'ai pas peur de la mort. C'est facile à dire, ça vous parait gratuit, mais c'est vrai.

Cette expérience de la mort et cet amour m'ont débarrassé de toute inhibition envers l'écriture. Je dirais presque de toute inhibition tout court. Je ressens un bonheur presque ininterrompu. C'est peut-être une forme bégnine de dégénérescence sénile, quand on dit "il retombe en enfance". Mais c'est une forme bégnine, je recommande à tout le monde de l'attraper."

 Pour revenir rapidement sur le "premier amour" et son "premier chagrin d'amour", le plus dur souvent, le psychothérapeute Nazyk Faugeras, nous explique dans un article dans Libération sur la Saint Valentin que "si le premier chagrin d’amour est aussi douloureux, c’est qu’il vient «raviver les souvenirs d’une relation très forte vécue antérieurement». Pas dans une autre vie, mais au tout début de celle-ci : «La relation entre la mère et le nourrisson». Resté «totalement inconscient, le conflit psychique lié à cette perte n’a pas été dénoué». Cette nouvelle séparation, ... fait exploser chez les protagonistes un méli-mélo d’émotions difficile à gérer : «attachement, amour, dépendance, haine, rancœur…»


Et avant de boucler sur la mort, non des fleurs mais des feuilles:


Feuilles pas fleurs - Photo: Robert Becker


Et donc, le mot de la fin dans la bouche - ou plutôt sous la plume - d'Olivier Cadiot dans son dernier livre Départs de feu:

"Au moment de mourir, on peut se dire que tout ce qu'on a fait contient aussi ce qu'on n'a pas fait. C'est formidable, non ?


Mais j'allais oublier, pour revenir à la Saint Valentin et pour le mettre en perspective avec les injonctions actuelles, en particulier la question du "consentement", je vous mets des extraits très éclairants sur ce sujet avec un point de vue original par une philosophe espagnole Clara Serra, à l'éclairage de l'expérience récente de leur pays. C'est un livre la Doctrine du consentement (la Fabrique, janvier 2025) dont Libération parle dans une article Le consentement, cet obscur objet du désir et je vous en offre quelques extraits:

"Le problème de cette vision «néolibérale» appliquée au désir, objecte Clara Serra, c’est qu’elle s’appuie sur une vision formelle et abstraite des libertés et des droits. Or, l’égalité face au consentement n’est que théorique, et gommer son inscription concrète et sociale, c’est gommer «la condition matérielle de la liberté de choisir» en réalité soumise à des rapports de domination et des inégalités que prendrait davantage en compte un projet d’émancipation réellement progressiste. Pour preuve, l’ancien acquiescement des femmes au mariage, qui était rarement «libre et éclairé».

...

Un paradoxe que pointe Clara Serra : «Penser la sexualité comme si nous étions sans cesse en situation de danger renforce l’image traditionnelle de fragilité, et finit par nous renvoyer au lieu que le patriarcat a toujours assigné aux femmes.»

...

"Pourtant, écrit l’universitaire anglaise Katherine Angel citée par Clara Serra, c’est dans l’interaction qu’émergent nos désirs ; nous ne savons pas toujours ce que nous voulons ; parfois, nous découvrons des choses que nous ignorions désirer ; parfois, nous ne découvrons ce que nous voulons qu’en le faisant. Cette réalité – nous ne savons pas toujours et nous ne pouvons pas toujours dire ce que nous voulons – doit être intégrée dans l’éthique du sexe, et non ignorée parce que gênante.» Position également partagée par Judith Butler qui écrit : «Ne pas savoir est inséparable de la sexualité même.»


Et pour clore en chanson, tout d'abord la chanson La Souterraine d'Emily Loizeau, vue il n'y a pas longtemps au PréO à Oberhausbergen:



Pour revenir aux amour adolescentes, au choix, soit pour quelques "jeunes", Grease avec John Travolta et Olivia Newton-Johns:


En remplacement: 



Pour un souvenir plus lointain, d'Yves Simon: Sur les bords d'la Moselle:

Attention surprise !


Sur les bords d'la Moselle

J'avais un amour
Qui m'faisait des quenelles
Des patates au four
J'avais quinze ans à peine et je brûlais
Les vieux navires de guerre qui coulaient

Bon, là c'est autrement:


Et là c'est encore différent, c'est le disque:



Et il faut bien que le premier amour parte... avec le Loup et Gérard Blanchard à Rock Amadour ?


Mon amour est parti avec le loup dans les grottes de Rock-Amadour
Je suis resté là comme deux ronds d'flipp enveloppé dans du papier hygiénique
Mon amour est parti avec le loup dans les grottes de Rock-Amadour
Moi je tricote des napperons avec le reste des nouilles grimpé sur le balcon

AMais il faut que mon amour pense à moi : Piensa en mi - de Luz Casal:




Bon Dimanche, bonne suite de Saint Valentin, jusqu'à la Toussaint...


La Fleur du Dimanche

mercredi 3 février 2021

AMOUR-S de Radhouane El Meddeb: Après le Lac, l'Amour fait signe... à Pôle Sud

Radhouane El Meddeb aime à se frotter aux "monuments". Après "son" Lac des cygnes" où il se référait à Rudolf Noureev (voir mon billet du 10 janvier 2019 Le lac des cygnes de Radhouane El Meddeb déborde d'émotion), le voici s'inspirant d'un des plus célèbres poètes arabes modernes Khalil Gibran et de son magnifique poème "L'Amour"*. Ce poème, dans son livre "Le Prophète", dont Radhouane El Meddeb a mis en sous-titre le premier vers: "Lorsque l'amour vous fait signe suivez-le,..." peint l'amour, pas forcément innocent, ni tendre, ni doux, (Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux. / Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui, / En dépit de l'épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.). Et surtout montre qu'il faut "s'engager" avec l'Amour (Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour, / Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour,..). 




Mais les voies de l'Amour sont diverses, et vous l'aurez peut-être remarqué, un "S" lui est rajouté dans le titre pour faire pluriel, comme sont plurielles les trois interprétations des danseurs et de la danseuse qui se succèdent sur le plateau, plateau qu'occupe d'ailleurs dès l'entrée en salle le pianiste, compositeur et improvisateur Nicolas Worms, présent jusqu'à toute presque la fin du spectacle. Son jeu, fluide et aérien, sa présence sonore, toute en retenue, en douceur, son doigté de velours nous emmènent dans ce merveilleux voyage de l'amour où, pour commencer, William Delahaye s'installe dans ce nid sonore, embrasse l'espace et se laisse envahir par le flux, les pulsions de la passion.


 Ses mains serpentent, accueillent, enserrent, enveloppent, caressent, s'élèvent, font des friselis, s'envolent en ailes délicates, tandis que les pieds, le corps fonctionnent au ralenti, en gestes saccadés  et en hoquettements. La sensation est intériorisée et une prière muette est jetée au ciel. L'union avec la musique délicate et ruisselante, délicatement ouvragée comme une dentelle nous élève vers un absolu qui nous inclut. Un salut symbolique et l'on tourne la page. 



Chloé Zamboni, haut de soie chair transparent et pantalon noir vient en miroir faire sa prière à l'amour à son tour, plus véhémente, des gestes plus énergiques, plus charnelle, elle joue à sa manière les transports de l'amour le plaisir et la souffrance, la joie et l'extase. Un geste vers la pianiste, sur lequel elle se penche tendrement et la revoilà partie convulsivement, elle aussi je jette en arrière, renversée, possédée et se retrouve même à terre tout en lançant une quête au ciel. 



Le troisième danseur dans cette déclinaison multifacette de (ou cet hommage à) l'Amour, Philippe Lebhar va présenter une version plus mystique de cette passion en nous proposant une interprétation enjouée et virevoltante de l'élévation extatique dans une performance incroyable de derviche tourneur. Une prestation impressionnante. 



Avec Amour-s, Radhouane El Meddeb a totalement réussi à nous faire ressentir, carrément "incorporer" via ces trois danseurs, les ressentis intimes et les bouleversements que l'amour, cette passion qui peut passer d'une extrème tendresse et une grande délicatesse à une énorme souffrance. Il nous emmène avec ses trois interprètes et le magnifique pianiste Nicolas Worms dans un voyage passionnant, et nous le suivons avec plaisir.


Remarque en marge: Nous aurions aimé partager ce spectacle avec un vrai public, plein de spectateurs autour de nous, dans cette salle de Pôle Sud qui a offert il y a deux ans un "accueil studio" au chorégraphe pour lui permettre de créer cette pièce. Les conditions actuelles ont empêché de garder les représentations publiques prévues ce 3 et 4 février. 

Nous étions quelquefois un peu "décalé", dans un étonnement un peu bizarre, à la limite de l'inquiétude quand, reprenant conscience que nous étions, spectateurs un peu isolés, dans une salle vide, mais quand même dans une relation totalement physique avec la scène - rien à voir avec une diffusion "live" telle que nous sommes obligés pour le moment à "subir" le spectacle vivant "en boite".   

Comme vous n'avez pas pu voir le spectacle, je vous en offre quelques extraits, en vous souhaitant de bientôt y assister et vrai:


La Fleur du Dimanche



Conception et chorégraphie : Radhouane El Meddeb
Interprètes : William Delahaye, Philippe Lebhar, Chloé Zamboni
Composition et interprétation musicale : Nicolas Worms
Collaboration artistique : Philippe Lebhar
Création lumières : Manuel Desfeux
Régie générale : Bruno Moinard
Administration Thomas Godlewski / Diffusion Gerco de Vroeg et Laurence Larcher
Photographies du spectacle: Agathe Poupeney

Production : La Compagnie de SOI
Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis / Theater Freiburg (Allemagne) /
Accueil studio : POLE-SUD, CDCN Strasbourg / CCN de Tours, Direction Thomas Lebrun
Action financée par La Région Île-de-France
Avec le soutien du Centre national de la Danse à Pantin et de la Briqueterie CDCN du Val-de-Marne
La Compagnie de SOI est subventionnée par la DRAC Île-de-France / Ministère de la Culture


* Je vous offre à la lecture le magnifique poème "L'Amour"

L'Amour

Lorsque l'amour vous fait signe suivez-le,
Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.
Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui,
En dépit de l'épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser.
Et dès lors qu'il vous adresse la parole, croyez en lui,
Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins.

Car comme l'amour vous coiffe d'une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.
Et de même qu'il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.
Autant il s'élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil,
Autant cherche-t-il à s'enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.
Pareilles à des brassées de blé, il vous ramasse et vous enlace.
Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu.
Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle.
Il vous moud jusqu'à la blancheur.
Et il vous pétrit au point de vous assouplir.
Puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.
Voilà tout ce que l'amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur et devenir ainsi un fragment du cœur de la Vie.
Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l'amour,
Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l'aire de battage de l'amour,
Et de vous retirer vers un monde sans saisons,
Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire,
Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l'amertume de vos larmes.
L'amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que lui-même.
Il ne peut posséder et ne peux être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Lorsque vous aimez, ne dites pas : "Dieu est dans mon cœur."
Dites plutôt : "Je suis dans le cœur de Dieu."
Et ne croyez pas que vous puissiez diriger le cours de l'amour.
Car si l'amour vous trouve digne, lui-même guidera votre cœur.
L'amour n'a point d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres :
Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur d'un flot de tendresse.
Être blessé par votre propre perception de l'amour ;
Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement.
Vous réveiller à l'aube avec un cœur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d'amour.
Vous reposer à midi et méditer sur l'extase de l'amour.
Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel.
Puis vous endormir avec une prière pour l'être aimé en votre cœur et un chant de louange sur vos lèvres.

Khalil Gibran

mercredi 25 mars 2020

Court-19 : Episode 7 - 1001 soldats, portraits, fleurs, coccinelles....

En ces temps de chamboulement, une photo de fleurs, une vidéo, un TVA et des chansons pour la journée...
C'est la guerre, disait un président à la télévision, les gens se battent près de chez eux, nous pensons à tous ceux qui par leur travail et leur soutien permettent aux autres de pouvoir attendre la fin de la "vague" et surtout la fin de l'épidémie qui nous est tombée dessus comme par surprise.
Mais, les fleurs, elles se dressent vers le ciel, avec un peu d'avance:


Fleur "confinée" qui se dresse vers le ciel - Photo: lfdd

Pour le TVA, je vous offre un poème sur la mer... et l'amour

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
Pierre de MARBEUF (1596 - 1645) 

Je vous mets un deuxième poème, court:

La fleur des vagues ne vint pas se ranger le long du quai. Le port resta vide, un peu triste.
Yves Pinguilly

Je vous avais promis hier la suite des 1001, plutôt de leur exposition au Musée de l'Image Populaire à Pfaffenhoffen. La voici en image, avec 1001 fleurs:


Exposition 1001 à Pfaffenhoffen - 1001 fleurs - Photo: lfdd

1001 portraits:


Exposition 1001 à Pfaffenhoffen - 1001 portraits - Photo: lfdd

1001 "petites soldates":


Exposition 1001 à Pfaffenhoffen - 1001 petites soldates - Photo: lfdd

Et 1001 dés:

Exposition 1001 à Pfaffenhoffen - 1001 dés - Photo: lfdd

Et 1001 coccinelles:

Exposition 1001 à Pfaffenhoffen - 1001 coccinelles - Photo: lfdd

Pour le film du jour, je suis allé chercher dans les archives, un extrait de l'exposition de François Daireaux à la Chaufferie à Strasbourg en 2014. Vous pourrez essayer de compter les spaghettis de verre qui tombent et voir s'il y en a 1001....




En chanson, il y a bien un Mille et un, de Caroline Savoie que je vous offre:


 
Et sur l'amour, une histoire que vous connaissez sûrement, chanté par Cyrius:





Le même Cyrius qui est allé à Cuba pour enregistrer Veinte Años  (vingt ans) avec La Banda de Santiago:




Portez vous bien

La Fleur du Dimanche

dimanche 17 décembre 2017

Lucky ou l'utopie, le bonheur, l'amour, le rêve ou la réalité. C'est la vie, Lucky

Je vais essayer d'être bref ce dimanche de l'Avent aussi, après le mouillage des trois sapins:

Sapin pas sapin mouillé - Photo: lfdd


Sapin pas sapin mouillé - Photo: lfdd

Pour commencer, en TVA politique, l'annonce d'un livre de Erik Olen Wright, dans l'air du temps: "Utopies réelles" qui reprend l'expression de Thomas More (XVIème siècle) et se projette dans l'avenir des alternatives possibles qui, un peu partout fleurisssent, dans tous domaines, agriculture, énergie, fabrication, informatique, social, pour arriver à "L'Age du faire" comme le décrit Michel Lallemant. 
Erik Olen Wright nous dit: "Au lieu de domestiquer le capitalisme en imposant une réforme par le haut ou de briser le capitalisme par une rupture révolutionnaire, l'idée centrale consiste à éroder le capitalisme en construisant des alternatives émancipatrices dans les espaces et les fissures des économies capitalistes, et en luttant pour défendre et étendre de tels espaces." 
Et il se pose en écho du philosophe Ernst Bloch et de ses utopie réelles, tout en admettant que: "Nous cherchons tous deux des préfigurations utopiques dans le présent et nous plaçons la démocratie au cœur de la construction pratique des utopies, réelles ou concrètes. Je pense néanmoins que mon travail diffère de celui de Bloch dans la mesure où ce dernier semble principalement s’intéresser aux formes culturelles qui incarnent la possibilité utopique, tandis que je me penche davantage sur les institutions pratiques."
Dans l'article du Monde "Les utopies réelles ou la fabrique d’un monde postcapitaliste" d'Anne Chemin, Laurent Jeanpierre nous dit: 
"Les utopies réelles, tout en changeant le monde, peuvent nourrir l’imaginaire et entretenir l’espérance, mais ces processus de changements historiques dépassent largement une génération. Le capitalisme a mis des siècles à se construire, il mettra beaucoup de temps à s’éroder – s’il doit s’éroder."


Autre TVA, celui de l'Amour, avec? toujours dans Le Monde, l'article de Vincent Roy sur "Sollers en fou amoureux" et un extrait d'une lettre à son amour, Dominique Rollin:
"Mon amour, j’ai trouvé ce que c’était pour nous cette fausse séparation périodique, qui est en effet le rapprochement le plus sûr et le plus intense: la mise en forme spatiale du "non-dit", c’est-à-dire du surplus d’évidence qui est entre nous, à chaque instant, à Paris.
En somme, nous voyons là notre intervalle (ce qui fait qu’il y a toi et moi) en même temps que la jonction qu’il fonde (ce qui fait qu’il n’y a qu’un nous dont nos têtes, une fois rapprochées, ne sont que les phases. Ce qui parle ici, dans les lettres, devant chacun de nous, c’est l’intervalle lui-même, et c’est aussi pourquoi chacun s’adressant à l’autre, en fait se "retrouve" comme autre plus profondément que lui / ou elle que lui : ou elle.)."


Et pour finir, un conseil de film, c'est Lucky, le film de John Caroll Lynch avec Harry Dean Stantton, un faux western, sensible portrait d'un vieux de la Navy (mais aux cuisines) qui se confronte à sa "réalité" d'une manière très prosaïque et avec un humour sobre. Superbe hommage à la disparition de quelqu'un et au deuil.
Un petit conseil, regardez bien le premier et le dernier plan du film... Un film à conseiller au moins à tout ceux qui ont perdu un être cher récemment...




En clin d'oeil, je vous mets trois versions de la chanson espagnole de Vicente Fernández Volver Volver que Lucky chante dans le film, à vous de voter pour votre préférée:









Et en prime, une chanson d'Emerson Lake & Palmer: "Lucky Man"




Et comme vous avez été sage et que c'est bientôt Noël et que la joie se partage, comme la vie, "C'est la vie"





Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche

dimanche 19 novembre 2017

Retour à l'Amour: Le miracle toujours renouvelé.

Après la mort, la passion, après la banane et l'humour, retour sur une fleur plus délicate pour parler de ce qui ne devrait pas être un cliché - l'Amour éternel...


La fleur du dimanche de l'Amour - Phot: lfdd

Pour commencer mon Texte à Valeur Ajoutée, un extrait de lettre dont je vous laisse deviner l'auteur:

"Mais je sais déjà que je suis lié à toi par le lien le plus fort qui est celui de la vie. C'est cela que je voulais t'expliquer, parce que je n'ai jamais su le faire. On dit quelquefois qu'on choisit tel ou tel être. Je ne t'ai pas choisie. Tu es entrée par hasard dans une vie dont je n'étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé à changer, lentement malgré moi, malgré toi aussi qui étais alors lointaine,  puis tournée vers une autre vie. Ce que j'ai écrit ou fait depuis le printemps 1944 a toujours été différent, en profondeur, de tout ce qui s'est passé pour moi et en moi, auparavant. J'ai mieux respiré, j'ai détesté moins de choses, j'ai admiré librement ce qui méritait de l'être. Avant toi, hors de toi, je n'adhérais à rien. Cette force dont tu te moquais quelquefois n'a jamais été une force solitaire, une force de refus. Avec toi j'ai accepté plus de choses. J'ai appris à vivre, d'une certaine manière. (...) C'est pour cela sans doute qu'il s'est toujours mêlé à mon amour une gratitude immense."

Ce texte est à la fois humble et passionné, ce qui est très beau aussi c'est que la lettre, les lettres ont eu des réponses tout aussi belles:
"J'attends le miracle toujours renouvelé de ta présence."
En écho de ces mots:
"Loin de toi je croyais mal vivre, mais ce n'est pas vrai. Loin de toi, je ne sais plus vivre du tout." ... "Si j'avais à choisir entre le monde et toi, c'est toi que je préférerais à la vie et au ciel."

Belle déclaration ! D'autres également:

"J'ai décidé une fois pour toutes que nous étions unis pour toujours. Alors tout cela ce sont des ombres légères. Elles passent et il reste le sol de notre amour."

Voilà, celui qui chante ce chant d'amour, c'est Albert Camus...

Et celle qui lui répond:
"Je t'aime irrémédiablement, comme on aime la mer.".... c'est Maria Casarès.

Et il faut remercier également la fille d'Albert Camus, Catherine Camus qui a autorisé la publication de ces lettres intimes chez Gallimard dans le livre "Correspondances (1944-1959)" et qui le justifie d'une belle manière:
"Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l'espace plus lumineux, l'air plus léger simplement parce qu'ils ont existé." 
Merci également à Macha Séry d'en avoir parlé dans un article intitulé "Les amants merveilleux" dans le Monde Littéraire du 10 novembre.

Exceptionnellement je ne vous mets pas de chanson en conclusion, mais un poème de Louise Labbé, éternelle poète de l'amour "Tant que mes yeux" dit par Maria Casarès et un "Chausson", le "Poème de de l'amour et de la mer" interprété par Jessie Norman.







Allez,je vous mets en prime "Este es Amor" de Lope de Vega:





Desmayarse, atreverse, estar furioso,
áspero, tierno, liberal, esquivo,
alentado, mortal, difunto, vivo,
leal, traidor, cobarde y animoso;

no hallar fuera del bien centro y reposo,
mostrarse alegre, triste, humilde, altivo,
enojado, valiente, fugitivo,
satisfecho, ofendido, receloso;

huir el rostro al claro desengaño,
beber veneno por licor süave,
olvidar el provecho, amar el daño;

creer que un cielo en un infierno cabe,
dar la vida y el alma a un desengaño;

esto es amor, quien lo probó lo sabe.



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche 



dimanche 11 août 2013

Rose du coeur de la digitale et de l'églantine

La digitale, dont le nom décrit le doigt des fleurs - on l'appelle d'ailleurs également "dé de bergère" - est une plante médicinale, elle est toxique. L'absorption, ne serait-ce que de 8 grammes de feuille de digitale se révèlent létale. Par contre, son composant, la digitaline est utilisé en pharmacie comme cardiotonique.

Voilà ses doigts sur volets alsaciens:


Digitales - Photo: lfdd


Pas loin, roses aussi, des églantines qui sont le symbole du coeur, de l'amour naissant:


Eglantines - Photo: lfdd


Et pour se triturer un peu les méninges (en général obstrués en cas d'amour naissant) voici deux citation qui nous ramènent au réel (même s'il semble compliqué).

"L'amour naissant, comme tout état naissant, est une exploration du possible à partir de l'impossible, une tentative de l'imaginaire pour s'imposer à l'existant. Plus la tâche est grande, plus long est le voyage, moins probable est l'arrivée. Son histoire se réduit alors à l'histoire de ce voyage et de ses mésaventures, des luttes soutenues, sans qu'il y ait jamais une rive où aborder, un port où festoyer." 

La phrase est de Francesco Alberoni - dans son livre "Le Choc Amoureux"

Le même Francesco, met en garde:

"Rien ne détruit plus complètement l'amour naissant que la répétition de l'identique, l'obligation de revivre des expériences déjà effectuées, de retrouver les mêmes obstacles, déjà connus, déjà imaginés, déjà vécus."

Courage... Et bel été !

La Fleur du Dimanche