Affichage des articles dont le libellé est Percussions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Percussions. Afficher tous les articles

jeudi 4 décembre 2025

Le concert Minimal des Percussions de Strasbourg à Hautepierre: un plaisir maximal et une émotion partagée

 Au Théâtre de Hautepierre, juste à côté des studios du groupe des Percussions de Strasbourg, le public est chez soi chez eux.... De retour d'une tournée mondiale qui les a amenés en Chine (pour trois dates), en Corée (2 concerts à Séoul) au Canada (Montréal avec deux concerts dont un avec, entre autres, l'ensemble Sixtrum qui était venu à Musica cette année) et aux Etats-Unis (trois concerts à Rochester, Columbus et Indianapolis), le groupe revient dans SA salle (enfin presque) pour un concert exceptionnel à plus d'un titre. D'une part, c'est pour la première présentation à Strasbourg de leur disque Minimal qu'il viennent d'enregistrer sous la direction artistique de Vincent Peirani, le musicien de jazz (mais pas que). Ce programme a d'abord été créé lors de cet enregistrement et le groupe l'a présenté dans sa tournée mondiale et aussi le 26 novembre à Altkirch. D'autre part, et c'est un peu la surprise que l'on attendait, c'est le dernier concert auquel participe à Strasbourg Mihn-Tâm Nguyen en tant que directeur artistique des Percussions de Strasbourg, et c'était un moment d'émotion, de bilan et de passations sur lequel nous reviendrons, mais place au concert.


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Camille Pépin - Photo: Robert Becker


Le programme a été conçu à l'origine autour d'un échange de Mihn-Tâm Nguyen avec Camille Pépin, jeune compositrice (née en 1990 à Amiens), nommée "compositrice de l'année" aux Victoire de la Musique classique en 2020 qui lui expose son admiration pour Steve Reich, un des pionniers de la musique minimaliste au Etats-Unis. Et donc cette commande Avant, pendant, et pourtant qui ouvre le concert (mais pas le CD). 


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Camille Pépin - Photo: Robert Becker


L'instrumentarium, lui aussi réduit au minimum, est constitué de deux marimbas et de deux vibraphones, conjuguant les sonorités du bois avec celle du métal, à l'instar de la pièce Mallet Quartet de Steve Reich qui est la référence dans le programme (et le CD dont elle fait l'ouverture). Le premier mouvement est assez calme, reposant, les frappes légères posent un paysage serein en vagues légères qui s'éteignent. 


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Camille Pépin - Photo: Robert Becker


Pour le deuxième mouvement, les archets qui font vibrer les lames de manière très délicates créent un flottement mystérieux, entre las graves et les aigus. Et la troisième partie, plus longue et plus instable nous emmène dans une montée en rythme et en tension avec des motifs qui à la fois se répètent et alternent pour croître et s'éteindre dans le silence.


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Yang Song - Photo: Robert Becker


La deuxième pièce, également une commande des Percussions, mais qui n'est pas sur le CD, est en quelque sorte un "bonus" du concert. La compositrice chinoise Yang Sung (née en 1987 en Mongolie Intérieure) a étudié, entre autres à l'Ircam et à Cologne en Allemagne. Sa pièce Ombre interroge le minimalisme à la lumière des airs traditionnelles de sa région et elle alterne des mouvements d'ensemble vigoureux avec quelques épisodes plus légers. Un dialogue également entre les interprètes. Un moment plus doux, aérien nous fait entendre de légères égratignures, comme des gouttes d'eau aériennes. Puis ce sont poursuites en accélérations qui gagnent en force et en puissance.


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Steve Reich - Photo: Robert Becker

Minimal -  Percussions de Strasbourg - Steve Reich - Photo: Robert Becker

Minimal -  Percussions de Strasbourg - Steve Reich - Photo: Robert Becker


Place au "maître", avec Mallet Quartet (2009), une pièce tardive, mais classique de Steve Reich qui débute par un duo de marimbas qui font le socle rythmique et mélodique et qui sont rejoints par les vibraphones, mais en variations et de rythme, et de mélodies, qui apparaissent quelquefois soudainement puis disparaissent à nouveau. La pièce est composée de trois mouvements, deux rapides qui encadrent un mouvement lent qui s'aère, ralentit au point de presque disparaître. Et puis c'est reparti pour une nouvelle course entrainante qui s'accélère. 

Minimal -  Percussions de Strasbourg - Nick Bärtsch - Photo: Robert Becker

Minimal -  Percussions de Strasbourg - Nick Bärtsch - Photo: Robert Becker


On continue avec Seven Eleven de Nick Bärtsch, le musicien suisse qui touche au jazz (nous avions vu sa pièce Shaker Kami avec les Percussions de Strasbourg avec Jazzdor en février 2020, un des derniers concerts d'avant le confinement). L'esprit zen du compositeur apparaît bien ici avec ses rythmiques en répétition et quelques résonnances La pièce est foncièrement répétitive, des variations sous-tendent les mélodies qui se répètent et l'effet, à la fois calmant et mystérieux, nous portent de leurs mélodies qui se diffusent et nous imprègnent. La pièce finit par trois frappes après une première salve.



Et l'on finit avec une composition de l'Américaine Shelley Washington (née en 1991), Sunday qui commence par une douce mélodie, presque féérique, un beau paysage qui se dessine, tendre et serein. Une promenade dominicale dans le parc ou à la campagne. Mais les choses s'accélèrent, les vibrations se font plus tendues, les frappes plus serrées, nerveuses, et puis se distendent et l'atmosphère se rassénère, les mélodies et vibrations se font plus zen.


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Saluts - Photo: Robert Becker


En introduction de la pièce, Mihn-Tâm Nguyen en a profité pour annoncer sa dernière prestations en tant de Directeur artistique des Percussions de Strasbourg à ce concert. L'occasion de jeter un regard rétrospectif et de constater le chemin parcouru, depuis son arrivée aux Percussions en 2014 et surtout sa nomination comme directeur artistique en 2017: l'augmentation du nombre de concerts et des tournées et surtout l'ancrage dans le quartier de Hautepierre - socle du travail des musiciens - les interventions en milieu scolaire, Percustra et ses animations, la notoriété mais aussi la sympathie acquise ici, le renouvellement du public, et le bilan de tous les concerts Live @Home dont celui, mémorable, de sortie de confinement pour la fête de la Musique en 2020. Il a bien sûr profité pour saluer et remercier son équipe actuelle et passée pour leur collaboration pleine et entière.


Minimal -  Percussions de Strasbourg - Surpise - Photo: Robert Becker


La fin du concert est aussi l"occasion pour le président des Percussions de Strasbourg, Jean-Yves Bainier de remercier Mihn-Tâm Nguyen pour son engagement et sa ténacité et de clôre sur une surprise musicale avec tout le monde sur le plateau. Et même la nouvelle directrice artistique Vassilena Serafimova qui a, elle aussi, rendu hommage à l'esprit des "Percussions", ayant baigné dedans dans sa Bulgarie natale via son père, et qui ne s'est pas fait prier pour prendre sa place avec les baguettes devant le vibraphones de Tâm. Un moment très émouvant pour tout le monde. Et une relève qui part du bon pied. Une soirée de lancement de disque et de passation en tout cas très réussie.


A bientôt...


La Fleur du Dimanche





 

lundi 30 septembre 2024

Les Percussions à Musica: RuptuR avec Caravaggio - une Odyssée entre jazz, rock et percussions

 Depuis quelques années déjà, les Percussions de Strasbourg élargissent les limites de leur répertoire. La musique contemporaine de leurs débuts en 1962 a un âge vénérable et, bien que de nombreux compositeurs ont innové en leur écrivant des pièces novatrices, dans une nouvelle ère, un nouvel air a soufflé sur l'ensemble qui est devenu plus souple. Par exemple plus de sacro-sainte formation avec les six musiciens et ils ont mis en place des collaborations dans de nombreux domaines, que ce soit avec des musiciens hors de leur milieu habituel. Et des techniques, processus ou genres nouveaux ont ouvert de nouveaux horizon. 

Pour ce concert dans le cadre du Festival Musica, dans leur fief à Hautepierre (une représentation aura lieu le 4 octobre Metz à l'Arsenal - et un autre programme Ryoji Ikeda + Philip Glass le lendemain), ils se sont associés au groupe Caravaggio qui rassemble, depuis 2004 deux musiciens contemporains Benjamin de la Fuente violon (qui joue du violon et de la guitare ténor électrique) et Samuel Sighicelli (qui joue du synthétiseur et du sampler) et deux musiciens de jazz, Bruno Chevillon à la basse et Éric Echampard à la batterie. Ils se retrouvent avec trois Percussionnistes Théo His-Mahier, Emil Kuyumcuyan et Lou Renaud-Bailly pour cette composition Ruptur

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker


C'est un long voyage plein d'énergie et de fusion, mélange de pop, de percussions, de distorsions, de rythmes endiablés. Les lignes de basse alternent avec des nappes de synthés. Le violon de temps en temps lance ses notes plaintives, les percussions se font légères puis de grosses cloches résonnent et l'on part sur une séquence emphatique, on se croirait dans une grande odyssée de l'espace qui s'achève dans un acmé spectaculaire. 

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

Puis nous repartons pour un solo de guitare qui se continue par une batterie nerveuse et des percussions. Les changements de rythme sont continuels, cela explose de temps en temps. 

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

La basse reprend, égrenant quelques notes les nappes s'envolent, s'enroulent, la tension monte, se répand, tous les interprètes s'unissent dans une implications totale qui monte dans une vague finale qui, doucement s'éteint. 

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker

C'était une prestation magnifique, puissante, originale, cette partition entre plusieurs univers, mixant les percussions dans toute leur finesse et leur variété, l'énergie de la pop et l'inventivité du jazz libre et pourtant noté dans une partition dont ne peux qu'admirer encore la performance de tou.te.s les musicien.ne.s. Une sacrée soirée bourrée d'énergie.

Festival Musica 2024 - Percussions de Strasbourg - Caravaggio - Photo: Robert Becker


La Fleur du Dimanche

jeudi 8 décembre 2022

Best Of des Percussions de Strasbourg: un magnifique éventail de la percussion sur 60 ans

 Pour fêter dignement le soixantième anniversaire (enfin, après un report du concert prévu initialement en mars 2022) les Percussions de Strasbourg accueillent un public nombreux pour leur 16ème Live@home.

Ils avaient déjà organisé une semaine de festivités en juin et le programmme du jour est l'occasion de présenter des pièces emblématiques ou des créations originales.


Percussions de Strasbourg - Huit inventions - Miloslav Kabelac - Photo:lfdd


Cela commence par le compositeur tchèque Miloslav Kabeláč qui leur avait écrit une partition en 1962 (il y a 60 ans) 8 inventions pour percussion. La pièce avait été créée avec un ballet (Alvin Aley l'a aussi chorégraphié en 1970). La composition joue sur différents instrument de percussion (xylophones, marimba, vibraphones, cloches tubes, tam-tams, crotales, tom-toms, bongos...) qui changent selon les huit mouvements et travaille sur une rythme original. Le premier Corale est assez doux sur vibraphone, xylophone et caisse claire. Le deuxième Giubiloso part énergiquement avec des cloches tube et un xylophone nerveux. Le troisième, Recitativo est plus doux avec des peaux et quelques clochettes. 


Percussions de Strasbourg - Huit inventions - Miloslav Kabelac - Photo:lfdd


Le quatrième Scherzo, assez court est une course poursuite entre les batteries et le xylophone. Le cinquième, Lamentoso voit dialoguer les gongs,les cymbales et le vibraphone, toujours rythmé de frappes mélancoliques. Danza est une pièce assez dense, qui tournoie entre frappes de timbales, de xylophones et de gongs. Aria se déploie en majesté et dans le calme, les instruments prennent le temps de résonner, de discrètes frappes de cymbales ou de vibraphone ponctuent le déroulé, les cloches sonnent en douceur. Puis, avec Diabolico, les notes aiguës du xylophone répondent aux frappes des peaux dans un dialogue qui s'accélère jusqu'aux deux coups finaux.


Percussions de Strasbourg - Corale - Maurilio Cacciatore - Photo:lfdd


La pièce de Corale de Maurilio Cacciatore en création mondiale se fait par trois interpètes avec des baguettes vibrantes, une invention du compositeur. Les musiciens touchent la peau ou posent l'une ou l'autre des baguettes sur les timbales et les vibration passent par l'électronique. Cela donne un son continu assez discret qui varie selon la position des baguettes. De temps en temps des baguettes à frotter se rajoutent ainsi que des cymbales vibrantes. C'est une écoute originale des percussions.


Percussions de Strasbourg - 4 études chorégraphiques - Maurice Ohana - Photo:lfdd


La pièce de Maurice Ohana 4 études chorégraphiques date aussi de 1962 pour la version dédiée aux Percussions de Strasbourg, la première version (de 1955) était composée pour 4 musiciens. Ils l'ont créée en 1963 également avec des danseurs sur scène. Dans cette pièce, Ohana joue sur les individualités des interprètes qui chacun(e) joue sa mélodie et où les échos et résonances créent un bel univers. Dans la première étude par exemple entre le gong et la caisse claire. Ohana ne craint pas le silence et les musiciens ont une magnifique gestuelle. La deuxième étude est plus dense, en tension. Pour la troisième, c'est la cymbale chinoise qui se retrouve au centre de l'intérêt et pour la dernière, les rythmes se supperposent et se renversent avec des frappes surpenantes. La pièce est très rythmée et les interprètes sont totalement investis dans leur interprétation.


Percussions de Strasbourg - Metal - Philippe Manoury - Photo:lfdd


Le concert s'achève avec la pièce de Philippe Manoury Métal qu'il avait écrite en 1995 pour l'intrument inventé par Yannis Xenakis. Mais contrairement à la force et la puissance que le compositeur grec donne à cet instrument, la partition de Manoury fait ressortir à la fois la délicatesse que permet le jeu des percussionnistes qui caressent le métal des clavier, jouent sur les variations de force de frappe, les décalages et glissements, amenant des bruissements surprenants, des sons presque synthétiques, en tout cas mélodiques. 


Percussions de Strasbourg - Metal - Philippe Manoury - Photo:lfdd

Percussions de Strasbourg - Metal - Philippe Manoury - Photo:lfdd


Et contrairement aux sonorités puissantes quasi "industrielles" des six sixxens qu'on a l'habitude d'entendre, les percussionistes en tirent des harmonies empreintes de douceur. Une belle surprise et une grande réussite.


Percussions de Strasbourg - Best Of - Photo:lfdd


Une belle soirée, assurée avec brio par la jeune garde des Percussions de Strasbourg - Matthieu Benigno, Hyoungkwon Gil, Théo His-Mahier, Léa Koster, Emil Kuyumcuyan, Olivia Martin - avec l'accueil bienveillant et généreux du directeur artistique Minh-Tâm Nguyen et du président Jean-Yves Bainier.


La Fleur Du Dimanche


Vous avez raté le concert et vous n'êtes pas loin de Bonn, sachez que les Percussions donnent deux concert le 10 et le 11 décembre à l'église Sainte-Hélène à Bonn (Allemagne) avec un programme Xenakis pour son centenaire: Pléiades puis Psappha, Rebonds et Okho

dimanche 12 juin 2022

Un après-midi au Musée pour les 60 ans des Percusions: Silences et bruits épars

 Ce dimanche, dernier jour des festivités pour honorer les 60 ans de la création des Percussions de Strasbourg (voir mon billet de jeudi "Un feu d'artifice de musique"), et cela se passe au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg - MAMCS, là où l'on rend hommage à Jean-Hans Arp à qui John Cage avait dédié sa pièce "But what about the noise..." à l'occasion du centenaire de sa naissance en 1985. La pièce, dédiée aux Percussions de Strasbourg fut présentée lors du concert inaugural du Festival Musica en 2020 en première partie de la pièce "100 cymbales" de Ryoji Ikeda (voir le billet du 17 septembre 2020). Et c'est la version de Ryoji Ikeda de "But what about the noise..." adaptée de Cage où l'on n'a que les claves (morceaux de bois que l'on frappe) qui sera jouée pour cette pièce qui se déroule sans interruption entre 15h00 et 18h00, fermeture du Musée. 

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd


Lorsque l'on rentre dans le Musée, sous la grande nef, on entend déjà résonner des  cliquetis ou plutôt des sons de gouttes qui semblent tomber de la voûte majestueuse. Au fur et à mesure l'on discerne et identifie, sur les passerelles ou dans des coins ou des passages les interprètes (une dizaine éparpillés dans le Musée) de par leur attitude concentrée et immobile, sauf quand, de temps en temps ils-elles font claquer leurs bouts de bois plus ou moins fort - ou alors ils-elles les frottent ensemble. Tout l'espace est rempli de ces bruissements, claquements, qui se répondent en ondes concentriques ou en écho. Et c'est tout le bâtiment qui prend vie, comme si la pierre, le sol respirait, craquait, se reliait d'un bout à l'autre, d'une salle à l'autre, du haut en bas, du Nord au Sud. Et donc, déambulant dans le musée et ses différentes salles, nous nous rapprochons, rencontrons, croisons au hasard, ou délibérément si les interprètes ne bougent pas trop vite et gardent un certain temps leur position, nous formons notre propre partition, notre mixage de cette pièce presque hypnotique, en tout cas reposante qui appelle à la sérénité. Sauf quand, en de rares moment l'énergie monte et les frappes se font plus vigoureuses, ou alors quand, par surprise, nous croisons un(e) interprète qui dans sa déambulation surgit de derrière un mur ou un coin en sens inverse du nôtre et nous troublent dans notre parcours de visite. Parce que nous en profitons pour découvrir ou revoir les oeuvres exposées, tout en jouant à cache-cache avec les musiciens que nous essayons de pister. Un agréable moment dont je vous propose quelques images:


Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - What About the Noise… - John Cage x Ryoji Ikeda - Photo: lfdd


En conclusion, "Bon Anniversaire et longue vie aux Percussions de Strasbourg".


La Fleur du Dimanche 

jeudi 9 juin 2022

Les Percussions de Strasbourg fêtent leurs 60 ans: Un feu d'artifice de musique

 Comme le dit l'actuel directeur des Percussions de Strasbourg Minh-Tâm Nguyen à l'occasion des cinq jours de festivités pour honorer les 60 ans de la création des Percussions de Strasbourg sous la bénédiction de Pierre Boulez en novembre 1960 - leur premier concert eut lieu le 17 janvier 1967 à l'auditorium de la Maison de la Radio à Strasbourg, place de Bordeaux, actuel siège de France3 Grand Est:

"Croiser les regards et les expériences percussives afin de poursuivre la dynamique et l’essence même du groupe: la création et le partage."

Et c'est vrai que pendant soixante ans, le groupe, toujours très actif, a porté au-delà des frontières la renommée de Strasbourg et de cette formation qui a inspiré de nombreux compositeurs qui leur ont dédié des créations - ou leur ont même fait concevoir des instruments (comme le Sixxen  pour les Pléïades de Xénakis: "Six" pour les 6 percussionniste qui était le nombre de membres du groupe pendant longtemps et "Xen" pour Xenakis).

Ainsi, du mercredi 8 juin avec le concert à la Laiterie avec le groupe INK x , puis tous les concerts gratuits permettrons au public de découvrir les divers aspects de cette musique:

Le 9 juin à 18h00 et 20h00 : Percustra et Pléiades ou  Théâtre de Hautepierre 

Vendredi 10 juin, 21h30 : Persephassa, Iannis Xenakis, Place du Château

Samedi 11 juin à 19h30, la Fête des Percus et la Fête du quartier Hautepierre au Théâtre de Hautepierre et sur la place André Maurois

Et pour finir, au Musée d’Art Moderne de Strasbourg le dimanche 12 juin, à partir de 15h 00: What About the Noise… John Cage x Ryoji Ikeda – avec une entrée selon tarif musée

Les Percussions de Strasbourg - 60 ans - Pléiades - Xenakis - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - 60 ans - Pléiades - Xenakis - Photo: lfdd


Le concert Percustra du jeudi a été l'occasion justement de découvrir les quatre parties de "Pléïades" de Xenakis interprétées par les musiciens des Percussions lors de deux représentations qui montraient en première partie le résultat du travail de sensibilisation effectué pendant une année avec des établissements scolaires (école Brigitte et collège Erasme à 18h00 et école Jacqueline et collège Truffaut à 20h00) et un également groupe de parents et de leurs enfants. Cette démarche très ouverte - pas besoin de connaître le solfège) a prouvé que même de jeunes enfants peuvent être sensible au rythme et à ses variations, et aux différentes formes de percussions et à l'ensemble des instruments pour présenter des improvisations travaillées avec les intervenants Hyoungkwon Gil et Rémy Schwartz. Une démonstration de la maitrise du rythme et de ses variations, d'une écoute collective et d'un parcours sonore parmi les interprètes. Les changements de rythme ainsi que la force et la puissance tout comme le silence et l'engagement des participants ont prouvé aux spectateurs qu'un peu de travail peut aboutir à un bon résultat. Peut-être y a-t-il eu des vocations qui se sont révélées - ou qui se révèleront pour les concerts à venir. En tout cas des formidables moments à partager et une fête à ne pas rater.

Quelques images pour s'en souvenir:


Les Percussions de Strasbourg - 60 ans - Ecole Brigitte - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - 60 ans - collège Erasme - Photo: lfdd

Les Percussions de Strasbourg - 60 ans - groupe tout public - Photo: lfdd

Les différents ateliers se sont appuyés en particuliers sur la pièce Pléïades de Xenakis, au moins pour l'inspiration et les Percussions ont donc joué cette pièce en quatre mouvements, les deux premiers lors du premier concert. Le premier, mélange mixait de manière alléatoire (comme pour le reste de la composition) l'ensemble des instruments de percussion, les claviers  - vibraphone, marimbas,.) et d'eutres instruments à percussion jusqu'au Sixxen déjà cité. Et les six percussionnistes supperposent avec énergie les différents rythmes en virevoltant d'instrument en instrument, tel ces amas de galaxies représentant les six filles d'Atlas et de Pléioné. Le deuxième les voit se rassembler au centre autour des claviers pour le mouvement homonyme, également d'une belle énergie....

Petit appperçu pour vous donner envie de découvrir (ou de revoir) ces pièces exceptionnelles:



Vendredi: Persephassa de Iannis Xenakis, Place du Château à Strasbourg

La place du Château à Strasbourg, juste à côté de la Cathédrale (façade Sud) est l'endroit rêvé pour jouer cette pièce Perséphassa que Yannis Xenakis avait composé pour eux pour pour le Festival de Chiraz-Persépolis en 1969. C'est une pièce spatialisée, les musiciens jouant sur des estrades éloignées (au maximum de 50 mètres, ici un peu moins) pour donner cet aspect d'espace aux auditeurs-spectateurs qui peuvent être au centre de ce cercle. Ainsi l'on peut à la fois balayer du regard les six musiciens (et musiciennes) et entendre les effets sonores voulus par le compositeur. Il y a trois parties dans la pièce qui dure environ 24 minutes en continu. La première est basée sur la théorie des cribles, de multiples notes, impacts simultanés ou successifs que les différents intrerprètes jouent en partie ou en totalité au moins une fois chacun(e) avec des accentuations en dynamique variable. La deuxième section travaille à la fois le silence et des rythmes superposés. Commençant sur le même rythme, les musiciens (trois d'entre eux) jouent sur un tempo plus rapide et le décalage donne une impression d'écho à l'auditeur. Les instuments joués, au début réduits, peaux, bois, sont de plus en plus nombreux avec même des cloches et des sifflets. Pour la troisième section, c'est la répétitions d'un cellule rythmique, reprise en tournoyant par les différents intrumentistes qui monte en puissance et en vitesse jusqu'au coup final.


Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Minh-Tâm Nguyen - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Hsin-Hsuan Wu - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Thibaut Weber - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Alexandre Esperet - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Alexandre Esperet - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Hsin-Hsuan Wu - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - Persephassa - Minh-Tâm Nguyen - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - Persephassa - Hsin-Hsuan Wu et  François Papirer - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Minh-Tâm Nguyen - Photo: lfdd

Percussions de Strasbourg - 60 Ans - Persephassa - Photo: lfdd

Saluons aussi de notre côté pour leur performance les membres des Percussions de Strasbourg: Minh-Tâm Nguyen - Minh-Tâm Nguyen - Hsin-Hsuan Wu - Alexandre Esperet - François Papirer - Yi-Ping Yang -Thibaut Weber  - et dans le public Enrico Pedicone...

A suivre.... 

La Fleur du Dimanche