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dimanche 2 septembre 2018

Bientôt la rentrée... Qui revient ? L'insu et l'impensé

La Fleur du Dimanche revient de vacances mais garde un rythme estival.
La page se complèrera au fur et à mesure avec les deux énigmes du titre.
Les vancances c'est la Crète et l'hibiscus en mille variétés, de quoi remplir un panier ou des pages ou un album.
On commence avec le deuxième (le premier, vous l'avez vu le 19 août):


Hibiscus des îles - Photo: lfdd


Et juste une phrase pour vous mettre le sirop à la bouche:

"Nous voici prélevés, se dit Sylvie. Prélevés hors de notre vie. Hors du temps. Nous avons changé d'espace et quelque chose s'est coupé, une entrave, une amarre."...

Bon, je continue la phrase et l'extrait. 


Extraits - Agnès Desarthe - La Chance de leur vie


C'est le retour d'Agnès Desarthe dont j'avais parlé en 2015 avec son livre "Comment j'ai appris à lire".

Elle est interviewée par Raphaëlle Leiris dans le Monde des Livres qui repose la question que se pose le personnage principal de son livre, Sylvie : 
"Quand on fait tout ensemble, que reste-t-il d'insu, de non visité?"
ce à quoi Agnès D. répond:
".. Le problème de l'absence d'insu est central.
...
Eh bien, je crois que l'absence d'insu englobe toutes les thématiques du livre. Il y a d'abord l'insu géographique: aujourd'hui, tout est connu, cartographié, on peut arriver n'importe où très vite; et puis l'absence d'insu lié au flux de l'information: on sait ce qui se passe avant même les gens à qui les choses arrivent, on les commente avec ou avant eux; et puis l'insu de la famille et du couple: il y a aujourd'hui une religion de la vérité, de la parole vraie, du dévoilement, qui est très puritaine. Il n'y a plus de caché, plus de secret - il faudrait s'en réjouir au nom du progrès, alors que, moi, cela me terrifie. Oui, l'absence d'insu est peut-être le coeur du livre.


Hibiscus des îles - Photo: lfdd


Bon, je vous devais encore la suite, avec un #extrait de l'interview de Pierre Rosanvallon par Serge Audier et Florent Georgesco dans le Monde des Livres du 31 août à l'occasion de la parution de son livre "Notre histoire intellectuelle et politique 1968-2018" où il parle de la "troisième modernité" et d'un "nouveau projet en matière de culture politique et de solidarité sociale":

"La possibilité qu'un tel projet advienne dépendra, à mon avis, d'un travail intellectuel. Ce n'est pas une question de sensibilité ou de disposition d'esprit, mais de formulation théorique. L'impuissance naît de l'impensé. Nous ne retrouverons pas la voie d'une action efficace par la simple formulation de notre impatience. Nous ne la retrouverons que par une réflexion qui deviendra à nouveau opérante.  Le rôle d'un intellectuel est de comprendre le moment historique où il vit et les tâches qui correspondent à ce moment. J'ai essayé, dans ce livre, de faire ma part de travail".

Bon essayons de faire la nôtre...


Moi, je vous offre encore une fleur des îles:


Hibiscus des îles - Photo: lfdd

Et deux chansons que vous connaissez sûrement mais avec d'autres interprètes, connus ou pas, Léonard Cohen par Rosemary Standley et Dom La Nena:



Et Higelin au lieu de.... ?

 


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche



dimanche 8 novembre 2015

Oublie-moi ! Oublie la Fleur du Dimanche, et pars...

Allez, on va boucler la boucle... Après la disparition, la réapparition après cette nécessaire disparition, le coup de foudre - qui apparemment vous a beaucoup plus (c'est meilleure progression des pages lues depuis le début, elle devrait arriver dans le Top 10 des pages très bientôt) et le souvenir de la première fois, le billet du jour va prendre à rebours ce "Ne m'oublie pas" - Vergissmeinicht:


Myosotis - Photo: lfdd

Vous l'avez reconnue, c'est la fleur du souvenir éternel, mais comme nous en parlions dimanche dernier, il faut quelquefois "oublier"...

Que ce soient "nos chers disparus", un débat a été ouvert par les lecteurs du blog, et comme le dit Edgar Hilsenrath:

"Nous ne devons pas oublier les morts. Mais nous ne devons pas non plus continuer de vivre avec eux."

Mais il faut également oublier tout simplement comme le dit Agnès Desarthe (dont j'avais parlé en mai 2015: "Douliton"):

"Quand on cherche, il faut, à tout prix, oublier que l'on espère trouver."


Myosotis - Photo: lfdd

Mais l'injonction "Oublie-moi" est quelquefois le constat d'un "coup de foudre" qui s'achève (mal quelquefois au moins pour l'un des deux)...  
Allez, courage et écoutez le conseil de Nita Berger: 

"Oublie-moi"

Oublie-moi, ô mon amour
Quand on oublie, je sais aussi que l'on pardonne
Oublie-moi et sans retour
Effeuille au vent les souvenirs que j'abandonne
Oublie-moi, c'est bien ton tour
D'aimer un coeur qui te comprenne et qui se donne
Oublie-moi
Oublie tous nos secrets
Et sans regrets
Pars, oublie-moi

Chéri, je sais combien tu m'aimes
Pourtant, ce soir, tu vas partir
Mon coeur n'est déjà plus le même
Alors à quoi bon nous mentir

Un jour, tu comprendras peut-être
Pourquoi je n'ai rien dit ce soir
Ton coeur peut mourir et renaître

Le mien, vois-tu, n'a plus d'espoir!






Plus près de nous, Les Chaussettes noires ont donné le même conseil en version Rock: "Oublie Moi"; mais en prévision...




On a failli les "oublier, les revoici:





Tout comme Michel Berger (est-il de la famille de Nita?), avec Véronique Sanson de sitôt: 





Et Jacques Higelin, lui, reprend le conseil de Michel "Tourne-moi le dos, oublie-moi de sitôt" en chantant "Pars":




"Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fais ce que tu dois faire sans moi
Quoi qu'il arrive je serai toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas !

Oh pars... mais l'enfant

L'enfant il est là
Il est avec moi
C'est drôle quand il joue
Il est comme toi, impatient
Il a du coeur, il aime la vie
Et la mort ne lui fait pas peur.

Alors pars

Surtout ne te retourne pas
Oh pars !
Mais qu'est ce que t'as ?

Oh pars... et surtout reviens-moi!"


Donc, pour le faire revenir, nous allons le faire chanter avec Isabelle Adjani "Je ne peux plus dire je t'aime":




"Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi.
Je ne ressens ni joie ni peine
Quand tes yeux se posent sur moi.

Si la solitude te pèse
Quand tu viens à passer par là,
Et qu'un ami t'a oubliée,
Tu peux toujours compter sur moi.

Je ne peux plus dire je t'aime
Sans donner ma langue à couper.
Trop de serpents sous les caresses,
Trop d'amour à couteaux tirés.

Si dure que soit la solitude
Elle te ramène à ton destin.
La loi du grand amour est rude
Pour qui s'est trompé de chemin.

Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi,
Toi et moi ne sommes plus les mêmes,
Pourquoi l'amour vient et s'en va.

Si la solitude te pèse
Quand le destin te mène ici,
Et qu'un ami t'a oubliée,
Tu peux toujours compter sur moi.
Et qu'une amie t'a oublié,
Tu peux toujours compter sur moi."



Pour clore cette série de demandes de séparation, une en anglais, chantée par Mary Lambert - "Forget Me":



"did you forget me 
i wish i could say that i never left 
sorry just sounds stupid and quiet 
in this house 
did you forget me 
letters don't talk 
and my crying's too loud 
paper's no palm, 
and i wonder where yours are at 
paper's no palm 
and i bet you'd laugh at that 
did you forget me 
please forget me 
cigarette out like our dying light 
i could love you if you would let me 
did you forget me 
please come get me 
please come get me"


Bon Dimanche 

Et surtout,  oubliez-moi !

La Fleur du Dimanche



dimanche 24 mai 2015

Douliton, Doux écriton: Lire et dé-lire

Les deux photographies des fleurs du jour sont une métaphore du TVA que je vous propose aujourd'hui.

Douliton et Douécriton sont les images de ce blog et des réflexions de la Fleur du Dimanche.


Douliton - Photo: lfdd

A la fois des fleurs, mais changeantes - et qui vous apparaissent comme je ne les ai pas vues - et surtout comme elles ne sont pas vraiment dans la réalité.
En plus, elles traduisent une part de moi, mais la connaissez-vous vraiment?


Douécriton - Photo: lfdd

Bon, je ne vais pas vous parler de moi, mais de mes lectures - enfin pas de toutes, mais d'un livre en particulier qui m'a beaucoup passionné et que je vous conseille - je l'ai lu presque sans m'arrêter...
C'est le livre d'Agnès Desarthe "Comment j'ai appris à lire" paru chez Stock. C'est une histoire passionnante qu'Agnès Desarthe introduit ainsi:
" Apprendre à lire a été pour moi l'une des choses les plus faciles et les plus difficiles"
Et cette histoire est passionnante... On y apprend entre autres comment une "Béatrice" (en anglais) du livre de Cynthia Ozick "Foreign Bodies" (Coprs étrangers) devient "Dominique" puis "Doris" avec la bénédiction de l'auteur - et que "To be or not to be" devient "Do, do, l'enfant, do" en toute clarté!
On y apprend surtout comment une petite fille qui ne voulait pas apprendre à lire (parce qu'elle le savait déjà ?) y arrive à vingt ans et devient traductrice puis auteur.
Et en conclusion du livre - mais je vous laisse découvrir l'histoire en espérant que cela vous aura donné envie de lire le livre, dans le dernier chapitre "Conclusion en forme d'accident" Agnès Desarthe nous dit:
"On m'a raconté un jour l'histoire (était-elle vraie, était-elle inventée) d'un garçon qui, bien qu'apparemment normal, ne parlait pas. il comprenait ce qu'on lui disait, il savait lire, il pouvait écrire, mais il ne disait rien. Voilà qu'un jour - avait-il cinq ans, neuf ans, treize ans? - il finit par énoncer une phrase. Sa voix étai posée, sa grammaire impeccable, son articulation maîtrisée. Pourquoi, lui demanda-t-on, n'avait-il rien dit avant cela, puisqu'il se montrait tout à fait capable de s'exprimer? Il aurait alors répondu (mémoire, ô ma mémoire, ma plus traîtresse alliée!): "Jusqu'ici, tout est parfait, je n'avais aucune réclamation à faire." " 

Si vous lisez ce livre, vous verrez que la question "D'où lit-on" est la réponse à la question de Mikhaïl Baktine: "D'où écrit-on?"  

Vous voyez ?

Et vous voyez la métaphore (ou faut-il que je refasse une photo?) 

Doux écriton - Photo: lfdd


Et vous voyez la métaphore (ou faut-il que je refasse une photo?) 
 

Bon Dimanche 
 

Douliton et Douécriton....

P.S. Douliton n'est pas Douécriton quoiqu'on en dise... même si on est soi-même (ou un autre ?) ... 

La Fleur du Dimanche