jeudi 16 janvier 2020

Oona Dogherty: Danse dans les quartiers ou sur un fil... de lumière

Dans le cadre du mois de janvier de Pôle Sud CDNC intitulé "L'année commence avec elles", le spectacle  "Hope Hunt & The Ascension into Lazare" se positionne pile sur cette thématique d'actualité.
Oona Doherty avec les deux pièces nous confronte à la fois à la féminité mise en question et également à ce que l'on attend de la danse, avec un démarrage (en trombe) à l'extérieur de la salle de spectacle. Oona Doherty et son complice DJ Joss Carter nous jouent le risque de la rue, dans un quartier, qui peut être la banlieue de Belfast, comme de Strasbourg, avec une mise en scène de l'agression par de supposés cas sociaux. 


Oona Doherty - Pôle Sud CDNC - Photo: lfdd

Certains spectateurs ont dû sentir monter leur taux d'adrénaline, la mise en scène - et en condition - étant très réaliste. Le retour dans le "Studio" les a calmés, même si la danse "sur un fil de lumière" les a encore un peu laissés dans l'expectative. Mais le spectacle joue totalement sur ces espaces variants, cette non-définition, le va-et-vient entre les genres, justement: Oona Doherty, figure qui alterne la masculinité et le côté "mauvais garçon" dans ses attitudes et ses apostrophes: gros mots, en anglais, en Français et en Allemand (Scheisse, Bumsen,..) et la grâce d'un corps de danseuse à la limite du classique, entre survêtement ample et vêtement blanc de vierge angélique, invective au public ou imploration divine. Elle arrive avec une totale maîtrise à jouer sur le mouvement et la parole saccadée qui serait ceux d'une vidéo qui fonctionne par soubresauts, se déroulant de plus en plus, dans une gestuelle maîtrisée et des bruitages et une diction à la limite d'une magnifique glossolalie. 


Oona Doherty - Pôle Sud CDNC - Photo: lfdd

Dans son versant "vierge", cependant, alors qu'elle nous montre toute sa maîtrise et la souplesse d'un geste de danseur noéclassique sur une magnifique bande son "médiévale" qui va chercher les contre-uts, nous nous serions attendus à une interprétation qui prenne un peu plus de liberté dans le geste. Mais on sent bien tout le talent et l'énergie, la révolte aussi peut-être qu'elle a au fond de son corps.

La Fleur du Dimanche

dimanche 12 janvier 2020

Joueurs, Mao II , Les Noms: Le Théâtre grandeur surnature ! une performance expériencielle

Le théâtre de Julien Gosselin nous emmène dans des voyages dont nous ne sortons pas indemne. Nous avons déjà pu l'expérimenter avec 2666 (en 2017 au Maillon) et 1993 (en 2018 au TNS). Et sa pièce "Le Marteau et la Faucille" (vue en 2019 au au Centre Culturel André Malraux à Vandoeuvre), elle fait partie de la Trilogie "Joueurs, Mao II, Les Noms" et sera présentée fin mai à la Comédie de Colmar et est basée sur une nouvelle de Don DeLillo qui est un auteur qu'apprécie spécialement Julien Gosselin. 
Il lui permet d'expérimenter totalement son théâtre "actuel" sous sa forme "longue" - la Trilogie a été créée au Festival d'Avignon en 2018, après 2666 en 2016 comme il l'explique dans la programme du spectacle dans le livret du TNS avec Fanny Mentré:
"Avec 2666 de Bolaño, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé, à l’intérieur du format long, la possibilité d’exprimer de manière plus poussée un aspect du théâtre que j’aime faire. J’éprouve souvent une frustration avec les formats courts, y compris structurellement : l’idée qu’on a un début, un milieu, une fin, que tout doit s’organiser "correctement" dans un temps imparti ; cela me demande une forme d’efficacité que je n’ai pas envie d’atteindre. Pour le spectateur, ce rapport à un temps long peut amener un autre plaisir, un phénomène d’usure aussi peut-être − il y a un travail du regard, de l’attention, à entreprendre. C’est une relation que je trouve forte."

Les Joueurs - Don DeLillo - Julien Gosselin - Denis Eyriey - Photo: Simon Gosselin

Effectivement, même si "Le Marteau et la faucille" est un bijou de concision (tiré d'une nouvelle de Don DeLillo), et que chaque pièce séparée de la trilogie est visible séparément (le 14, 15 et 16 janvier 2020), l'intérêt de voir - et de vivre - la trilogie dans un temps rassemblé (l'on peut rentrer et sortir librement, même si l'on est accroché à ce qui se passe sur le plateau) nous emporte dans un flux, une énergie et nous immerge dans des univers complémentaires et complexes qui nous font expérimenter le fond de la réflexion de l'auteur et du metteur en scène, à savoir, la violence et la poésie.
La violence, dans les trois pièces, prend des formes différentes. Les romans de Dom DeLillo qui constituent cet cycle, ont été écrits en 1977 pour Joueurs, Mao II en 1991 et Les Noms, qui se retrouve, très justement en dernier, en 1982.
Dans les trois romans, le côté visionnaire de l'auteur est époustouflant. Pour Joueur, son univers est centré sur la bourse de New York - New York Stock Exchange - et son fonctionnement obscur -mais prend la forme d'une "série" qui suit les errements plus sexuels que sentimentaux d'un couple "moderne", tout en gardant une dramaturgie d'enquête policière: assassinat, enquête, enlèvement,... Le scénographie est surprenante, le début et une grande partie de la pièce se déroule sur trois écrans ( dont un très grand) de télévision et nous montre l'intimité des protagoniste et leurs états d'âmes - avec des questions encore très actuelles. Tout cela sur un rythme soutenu, avec des brusques "cuts" et changements de plans et de décors comme à la télé, alors que l'on se rend bien compte que ce sont les comédiens (de théâtre) qui disent ce texte (par coeur, quelle performance!) et que l'on devine, par les variations de lumière derrière l'écran qu'il y a une vie cachée sur le plateau. Le cadreur (Jérémie Bernaert tout au long du spectacle, sacrée performance), à la fois au plus près des corps et des visages et collés à l'action arrive ainsi à nous happer dans une dynamique, soutenue également par la musique jouée en direct par Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé et Maxence Vendevelde.


Les Joueurs - Don DeLillo - Julien Gosselin - Victoria Quesnel - Photo: lfdd


Mao II - Don DeLillo - Julien Gosselin - Victoria Quesnel - Photo: lfdd

Le décor rassemble ces intérieurs et extérieurs que l'on va découvrir sur la scène dans un espace que nous aurions imaginé plus grand encore. C'est toute la magie de la scénographie de Hubert Colas qui a réussi à créer cet espace à la fois efficace et magique. Nous avons ainsi l'occasion de voir la fabrication de ces images fictives dans une distanciation salutaire. Le léger décalage entre la voix et l'image, lui, n'est pas totalement brechtien. Ces points focaux multiples rendent le spectateur également créateur de l'histoire.


Les Joueurs - Don DeLillo - Julien Gosselin - Joseph Drouet - Photo: lfdd

En intermède des deux pièces, de magnifiques interprétations de chansons traditionnelles - et révolutionnaires - chinoises par Victoria Quesnel et Guillaume Bachelé.

Mao II - Don DeLillo - Julien Gosselin - Guillaume Bachelé - Photo: lfdd

Puis une interview façon Godard sur la révolution (version Mao) avant la projection d'une interview de Sun Myung Moon (le "Révérend") et de son méga-mariage de masse - 2.075 couples de 48 pays - au Yankee Stadium à New York le 1er juillet 1982.


Mao II - Don DeLillo - Julien Gosselin - Victoria Quesnel - Photo: Simon Gosselin

Mao II - Don DeLillo - Julien Gosselin - Caroline Mounier - Photo: lfdd

Un des personnages de Mao II (interprété par Caroline Mounier) s'est marié lors de cet "événement". Mais la pièce s'intéresse plus à la question de l'Art, de la célébrité, de la création, tout en parlant de la violence (gratuite), et - encore un aspect prophétique - aux prises d'otage d'innocents. Mais aussi l'écriture: Frédéric Leidgens interprète un écrivain dont on attend le "dernier" roman ("Je suis assis sur un livre qui est mort" - "j'écris pour survivre, pour que mon coeur continue de battre"...) qui va échanger - et plus -  avec une photographe intéressée pour faire son portrait  - intéressante réflexion sur le portrait et la célébrité. 



Mao II - Don DeLillo - Julien Gosselin - Carine Goron - Antoine Ferron - Photo: Simon Gosselin

Cet épisode où l'on fait connaissance des fréquentations de l'écrivain caché - le curieux couple qui l'héberge - est une bonne entrée en matière "humaine", avant de basculer dans un "voyage" tour d'Europe (attentat à Londres puis étapes autour de la Méditerranée) dans lequel la poésie et le livre deviennent une monnaie d'échange, ou au moins de célébrité. Au point que l'écrivain, dans un ultime tableau - qui sur l'écran jusqu'alors en noir et blanc et qui passe à la couleur - trône sur un socle comme dans un musée, entouré de visiteurs curieux qui tournent autour de lui. La littérature serait-elle aussi un art "fini" - contrairement au théâtre que ne serait "pas fini", même si les écrivains sont dangereux pour certain dirigeants pas très démocratiques. Mais tout est relatif - et changeant, comme le prouve la performance de Marina Abramovitch sur la Muraille de Chine, citée comme un exemple de preuve d'amour, quand l'on connait la destinée du couple...

Avant la "troisième" partie, Joseph Drouet nous narre, face au public, son récit "Le Marteau et la faucille", l'histoire de Jerome Bradway piégé dans sa prison (ou son songe) et qui s'inquiète de l'ordre du Monde sur un pont d'autoroute (voir le billet du 30 novembre 2019).



La troisième partie, "Les Noms" est en quelque sorte la revanche de la poésie sur la violence, violence toujours gratuite, mais ici sujet d'enquête onomastique et l'occasion de s'interroger sur la sécurité dans le monde, et le fonctionnement de certaine grandes  entreprises et banques internationales et ses émissaires.

Les Noms - Don DeLillo - Julien Gosselin - Victoria Quesnel - Photo: lfdd

Et surtout sur des attitudes et des situations de violence quotidiennes qui aujourd'hui commencent à être dénoncées (30 ans après l'écriture du livre!). 


Les Noms - Don DeLillo - Julien Gosselin - Frédéric Leidgens - Photo: Simon Gosselin

La pièce navigue entre des images de prairies d'herbes et de graminées la nuit, caviardées par un texte parlant de torture, des enquêtes archéologiques et scientifiques sur de meurtres dans des îles grecques - et les régions proches: Amman, Jérusalem), des jeux de mots violents - le personnage James Axton = Axe+Stone (hache + pierre), et des soirées d'expatriés américains dans des bars ou des chambres d'hôtels.



Tout en suivant le fil de l'enquête jusqu'à la découverte du nom de la "secte" assassine: τα ονόματα.
Et se termine par une très belle et douce narration de l'archéologue (la voix magnifique de Frédéric Leidgens) sur laquelle boucle l'origine de la poésie - le texte de l'enfant qui parle des prairies.



Et, exutoire final, une séance "habitée" de glossolalie où chaque interprète (qui tous ont été formidable tout au long de ces  plus de neuf longues heures) va au bout de sa folie et de son délire.
Le public ne s'y trompe pas en leur faisant une ovation et de nombreux rappels, ainsi qu'à tous les intervenants de l'ombre (presque)...

La Fleur du Dimanche

Coproduction du TNS-Théâtre National de Strasbourg, présenté avec 
Le Maillon, Théâtre de Strasbourg

Cycle complet: Les Joueurs, Mao II, Les Noms
Dimanche 12 janvier, samedi 18 janvier, dimanche 19 janvier

Les Joueurs 
Mardi 14 janvier

Mao II
Mercredi 1 janvier

Les Noms
Jeudi 16 janvier

Tournée
Grenoble
Les 1er et 2 février 2020 à la MC2: − Maison de la Culture − Scène nationale
Taïwan (Chine)

Les 3 et 4 avril 2020 au National Theater and Concert Hall


D'après trois romans de Don DeLillo
Traduction de l’américain Marianne Véron
Adaptation et mise en scène Julien Gosselin
Avec Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Carine Goron, Pauline Haudepin, Alexandre Lecroc-Lecerf, Frédéric Leidgens, Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Maxence Vandevelde

Scénographie Hubert Colas
Assistanat à la scénographie Antoine Guilloux, Frédéric Vienot
Assistanat à la mise en scène mystérieuse de la parole et de l’écriture Kaspar Tainturier-Fink
Musique Rémi Alexandre, Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde
Lumière Nicolas Joubert
Assistanat à la lumière Arnaud Godest
Vidéo Jérémie Bernaert, Pierre Martin remplacé par Pierre Hubert
Son Julien Feryn
Costumes Caroline Tavernier
Assistanat aux costumes Angélique Legrand
Accessoires Guillaume Lepert

Julien Gosselin et Pauline Haudepin sont artistes associé·e·s au TNS
Le décor est réalisé par les ateliers du TNS
Les trois romans, Joueurs, Mao II et Les Noms, sont publiés aux éditions Actes Sud
Un spectacle de la compagnie Si vous pouviez lécher mon cœur
Création le 7 juillet 2018 au Festival d’Avignon

Production Si vous pouviez lécher mon coeur
Kaidong Coopération franco-taïwanaise pour les arts vivants, Le Phénix – Scène nationale Valenciennes – Pôle européen de création, National Performing Arts Center – National Theater & Concert Hall, Taïwan, L’Odéon - Théâtre de l’Europe, Théâtre National de Strasbourg, Festival d’Avignon, MC2: - Maison de la Culture de Grenoble, Théâtre du Nord - CDN Lille Tourcoing Hauts-de-France, International Theater Amsterdam, Théâtre National de Bretagne, Théâtres de la Ville de Luxembourg, Bonlieu - Scène nationale d’Annecy, Le Quartz - Scène nationale de Brest, Festival d’automne à Paris, La Filature de Mulhouse
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national
Avec le soutien de Nanterre-Amandiers et Montévidéo, créations contemporaines et avec le soutien
exceptionnel de la DGCA / DRAC Hauts-de-France et de la Région Hauts-de-France

L’adaptation de Joueurs, Mao II, Les Noms est représentée dans les pays de langue française par Dominique Christophe / l’Agence, Paris en accord avec Abrams Artists & The Wallace Literary Agency, New York

vendredi 10 janvier 2020

Regards Croisés à l'OPS: Ecouter et voir Ligeti et Mahler en 2020

L'OPS - Orchestre Philharmonique de Strasbourg déroule son "intégrale" Mahler, après la 9ème en 2017, la 1ère en octobre et la 6ème en décembre, et quelques autres symphonies dans les mois à venir, c'était au tour de la 4ème symphonie que le dialogue avec Ligeti et son Concerto pour violon et orchestre s'est tenu au Palais de la Musique et des congrès de Strasbourg, sous la direction, toujours puissante et en même temps délicate de Marko Letonja.
Le regard croisé de l'intitulé de la soirée semblait plus un appel à l'oreille ouverte et à l'oeil vif pour la première partie consacrée à György Ligeti et son "Concerto pour violon et orchestre" (1990, révisé en 1992). L'introduction à ce très grand compositeur contemporain (1923-2006) ne pouvait trouver meilleur ambassadeur que la supersoliste Charlotte Julliard, dans une magnifique robe à fleurs, qui nous a montré tout le talent de son art pour cette pièce superbe. L'on se serait cru à une très belle soirée du Festival Musica. Et les finesses de l'écriture, les variations et superpositions de nappes sonores, la délicatesse de l'intervention de certains instrumentistes nous faisaient sans cesse rechercher l'interprète dans l'orchestre, l'oeil aux aguets et l'oreille vive. 


Regards croisés - OPS - Marco Letonja - Charlotte Julliard - Ligeti - Concerto pour violon et orchestre - Photo: lfdd

Les cinq mouvements ont permis à l'orchestre et à la soliste de montrer à la fois leur variété de jeu et leur capacité de dialogue. D'un premier mouvement Praeludium: Vivacissimo luminoso, amorcé par Charlotte Julliard en ondulations, vite rejointe par quatre, puis le reste des cordes et les percussions dans un rythme allègre, au deuxième, Aria- Hocquetus - Choral: Andante con moto qui démarre aussi par un air un peu triste au violon mais qui devient plus nerveux et voit les flutes, les clochettes puis les percussions devenir plus nerveux et tonique.
Le troisième mouvement Intermezzo: Presto fluido se continue en longues glissades et ainsi que des airs graves des bois et des vents  pour finir dans un brusque éclat. Le quatrième mouvement Passacaglia: Lento intenso voit les cuivres et les vents graves en écho au violon solo qui monte dans les aigus puis le trombone en grave sec et fin brusque. Le cinquième  mouvement Appasionato: Agitato molto retrouve des airs déjà entendus et voit les cuivres et les vents souffler à fond puis un solo de violon et les percussions conclure.  

Regards croisés - OPS - Marco Letonja - Charlotte Julliard - Ligeti - Concerto pour violon et orchestre - Photo: lfdd

Le public fait un triomphe à l'orchestre et à la soliste qui en retour offre deux rappels, le premier avec Hedy Kerpitchian, un chant de Nouvel An de Bartok, qui commence par un dialogue entre les deux violons pour passer dans un deuxième temps à une danse folklorique endiablée. Un deuxième rappel offre à Charlotte Julliard la possibilité, avec Thomas Gautier de présenter une pièce de Ligeti qui semble un hommage à Bartok dans une construction similaire au premier rappel.

La pièce de résistance, après l'entracte, c'est la quatrième Symphonie de Mahler dont ce dernier dit qu'elle est "si profondément différente de mes autres symphonies. Mais cette différence était nécessaire." c'est d'ailleurs une pièce qui ne fut pas la plus appréciée de son temps, mais qui aujourd'hui, c'est la plus célèbre. Et son exécution par l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg y a sûrement encore contribué. C'est une pièce à la fois allègre et vivante, sautillante et enjouée et en même temps une belle écriture, dense et riche, raffinée et complexe, tout en étant technique, avec de brusques variations, et polyphonique. Elle inclut dans son quatrième mouvement IV. Sehr behaglich. Wir geneisen die himmlischen Freuden" le Lied "Das himmlische Leben" - La vie céleste, que Mahler avait prévu pour la Symphonie précédente et qui sera donc l'aboutissement de celle-ci. 


Regards croisés - OPS - Marco Letonja - Mahler - 4ème Symphonie - Photo: lfdd

Nous trouvons donc dans le premier mouvement "Bedächtig. Nicht eilen" des changements rapides de phrases musicales, et des airs de clochettes qui nous rappellent les attelages de chevaux à la campagne - que l'on entendra de nouveau dans le dernier mouvement, et qui nous mènent à un air pastoral, comme une valse. Le deuxième mouvement "In gemächtlicher Bewegung. Ohne Hast" voit l'intervention des cors et de la trompette avant le retour de l'orchestre et des reprises d'airs de musique populaire soit en citations sur l'orchestre soit en solo, mais très vite abandonnés pour autre chose. Le troisième mouvement "Ruhevoll" débute très calmement avec une mélodie au violoncelle rythmé par les contrebasses en mouvement lent qui sera reprise par l'orchestre et qui après tournera dans les familles d'instruments. Quelquefois des envolées fulgurantes et des changements de rythme. Et pendant le climax puissant, arrive sur scène Genia Kühmeier (qui remplace Anna-Lucia Richter). Cette partie, démarre doucement, de manière enjouée, presque primesautière. Elle varie entre des passages lents puis rapides (les grelots), et la voix de Genia Kühmeier qui nous interprète cet air tiré d'un chant populaire bavarois (Le ciel est parsemé de violons) est apaisante, posée et sereine. La pièce se termine par un magnifique dialogue entre la soprano et la harpe de Pierre-Michel Vigneau. Les dernières paroles sont:
"Die englischen Stimmen 
Ermuntern die Sinnen
Dass Alle für Freude erwarcht!"

"Les voix angéliques
Ravissent les sens
Si bien que tout s'éveille à la joie!"

Regards croisés - OPS - Marco Letonja - Genia Kühmeier - Mahler - 4ème Symphonie - Photo: lfdd


Et cette ronde, et ce chant nous émerveille également et nous convainc qu'effectivement cette symphonie de Mahler, en tout cas cette interprétation vaut bien une place au premier rang.


A suivre...

La Fleur du Dimanche 

mercredi 8 janvier 2020

Item au TNS: La tectonique des textes et du théâtre

François Tanguy et sa troupe du Théâtre du Radeau aiment bien nous enmmener en ... voyage. 
Un voyage au long cours, emporté par le texte, les images, les lumières, le décor changeant et la musique.



Item - Théâtre du Radeau - François Tanguy - TNS - Photo: Jean-Pierre Estournet


Nous emmener ailleurs.... au théâtre, au sens premier du terme, un peu comme le dit un comédien, citant Dostoïevski dans Item:
"Vous savez que, si je suis venu ici, c'est pour regarder les arbres? [....] j'ai passé tellement de temps à regarder, par cette fenêtre, et tellement réfléchi... sur tout le monde, que... Les morts n'ont pas d'âge, vous savez... [...] ..eh bien tout ça, il faut que tu leur dises... essaie, dis-leur: Tiens cette beauté"
Eh bien, la beauté de cette pièce, Item, sa dernière production, elle est comme cela, indéfinissable, mouvante, étrange.


Item - Théâtre du Radeau - François Tanguy - TNS - Photo: Jean-Pierre Estournet


Elle bouge, comme toutes les pièces du Théâtre du Radeau, le décor lui-même en premier.
On s'y attend et quand il bouge on est surpris. Parce que même si on voit les comédiens eux-même ouvrir cet espace et lui donner de la profondeur, des points de fuite variables, des prespectives nouvelles - comme à ces images, ces tableaux qui défilent et tournent, ou dont on ne fait que parler en sollicitant notre imagination (le portrait de la dernière minute d'un condamné à mort) ou dont on ne parle que par ricochet (le tableau vu par Dostoïevski à Bâle) - on se retrouve dans des espaces inconnus ou mystérieux. Et les comédiens les habitent et y surgissent lentement ou curieusement pour redisparaître et resurgir ailleurs, engloutis par les trous noirs et créant l'espace. Tout comme ils créent une narration imaginaire avec ces textes, tout autant puzzle que le décor.



Item - Théâtre du Radeau - François Tanguy - TNS - Photo: Jean-Pierre Estournet


Pour les pièces précédentes, par exemple Passim en 2015, il empruntait à Paul Célan, ou Soubressaut en 2018 avec, entre autres, Valéry, Weiss, Walser ou Courteline. Pour Item, nous retrouvons Robert Walser et ses textes "habités" qui jouent sur le souvenir, "les Lombards" ou les Niebelungen ou sur des repas fantastiques et nous amènent via des dédales au Labyrinthe et à Ovide. Mais le corpus central tourne autour de Dostoïevsky et de sa douce folie souterraine de l'Idiot pour s'achever avec Goethe et la folie de son Faust:

"Die Sonne tönt nach alter Weise
In Brudersphären Wettgesang
Und ihre vorgeschriebene Reise
vollendet sie mit Donnergang
....

Le soleil sur un air ancien 
Sonne dans le choeur alterné des sphères jumelles
Et accomplit d'un pas tonnat
Le périple qui lui est prescrit
..."


Item - Théâtre du Radeau - François Tanguy - TNS - Photo: Jean-Pierre Estournet

Ce périple nous le faisons également avec la troupe, qui nous guide à travers cet univers, peuplé de personnages en costumes changeants, intrigants et magiques, sur la pointe des pieds, pour ne pas briser le rêve ou tomber dans un trou noir de l'univers, soutenu également par le montage des extraits musicaux qui contribuent pleinement à cette atmosphère de voyage intersidéral bricolé tout en restant sur terre, et que l'on peut également voir comme un voyage intérieur.

L'objectif (Lune?) est atteint, tel que le formulait la comédienne Laurence Chable dans le programme du TNS avec l'interview par Fanny Mentré en avril 2019 avant le début du travail sur le spectacle:
"Nous cherchons quelque chose de l’ordre d’une rencontre qui se meut et ne cesse de se mouvoir, c’est-à-dire autant pendant le temps de cette rencontre que durant la suite − si suite il y a − d’un imaginaire intime. Comment faire pour qu’une rencontre ait lieu − une rencontre qui déjouerait les codes, les statuts, les catégories et les certitudes de la perception?"


Item - Théâtre du Radeau - François Tanguy - TNS - Photo: Jean-Pierre Estournet

Objectif que François Tanguy lui-même avait déjà noté et qu'elle cite texto:
« Se concentrer sur la perception comme une lutte très concrète entre la perception et l’opinion, comme politique au sens le plus simple. Politique comme l’ensemble des rapports qui rendent possible la communauté, dans le sens où celle-ci rassemble une multitude de singularités qui se font et se défont, et font se refaire le lien qui rassemble. Mouvement de l’altérité, constant.
Partager, par tous les moyens, ce qui se passe, passé du présent-là qui n’est rien d’autre que l’action, non vers le futur, mais vers un devenir ou l’advenir.
La mémoire: collection de choses passées ou prisme par lequel le vivant se reconstitue en advenant à lui-même, dont il est le contemporain d’une manière ou d’une autre.
[…] Ne pas poser sa marque mais ouvrir le champ. 
À quoi ça sert? Pas plus à rien qu’à quelque chose, seulement à préserver, à ne pas détruire le champ du possible, même quand il est conflictuel.
Pourquoi chacun de nous ne s’accorderait pas cette liberté de ranimer la question? »

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

Item


Au TNS - Théâtre National de Strasbourg
Du 8 au 16 janvier
Le Mans
Du 5 au 23 novembre 2019 à la Fonderie
Gennevilliers
Du 5 au 16 décembre 2019 au T2G − Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national
Grenoble
Du 11 au 15 février 2020 à la MC2: − Maison de la Culture − Scène nationale
Besançon
Les 11 et 12 mars 2020 au Centre dramatique national
Toulouse
Du 10 au 13 juin 2020 au Théâtre
Garonne − Scène européenne

Un spectacle du Théâtre du Radeau
Mise en scène et scénographie François Tanguy
Avec Frode Bjørnstad, Laurence Chable, Martine Dupé, Erik Gerken, Vincent Joly
Son Éric Goudard, François Tanguy
Lumière François Fauvel, Julienne Havlicek Rochereau, François Tanguy
Construction Pascal Bence, Frode Bjørnstad, François Fauvel, Jean Guillet, Julienne Havlicek Rochereau, Vincent Joly, Jimmy Péchard, François Tanguy

Production Théâtre du Radeau, Le Mans
Coproduction MC2: Grenoble, T2G – Théâtre de Gennevilliers, Festival d’Automne à Paris, Théâtre National de Strasbourg, Centre dramatique national de Besançon Franche-Comté, Les Quinconces – L’Espal – Scène nationale du Mans

Le Théâtre du Radeau est subventionné par l’État, Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire, la Région des Pays de la Loire, le Conseil départemental de la Sarthe
Avec le soutien du Théâtre Garonne – Scène européenne

Création le 5 novembre 2019 à la Fonderie, en coréalisation avec Les Quinconces – L’Espal – Scène nationale du Mans

mercredi 1 janvier 2020

Je voeux.... Sur le bout de la langue, ....dire.... Bonne Année

Je veux.... sur le bout de la langue, dire.... Bonne Année et espérer que 2020 apporte des changements - pas seulement climatiques.

Pour l'exprimer, voici ma carte de Voeux qui cible un sujet crucial:




Deux jours après cette photo - et les autres, cette cascade de glace à plus de 1.100 mètres d'altitude sur un versant nord de Alpes avait commencé à fondre. Imaginez le résultat au niveau du globe....
Je ne suis pas catastrophiste, mais les résultats de notre action humaine sur la "Vie" sur terre est impressionnante.
Comment faire, chacun de son côté pour essayer, non pas de faire marche arrière, mais au moins de freiner ce qui est en train de se passer?
Je ne pense pas que de juste aligner des constats suffit, je pense que chacune et chacun doit se poser des questions et trouver des solutions - avec les autres. Il faut aussi trouver des chemins de traverse... 




Est-ce que la poésie est une solutions? Peut-être une parmi plein d'autres.
Aurélien Barrau, un astrophysicien, également philosophe le propose dans une conférence. Je vous laisse la découvrir ci-dessous. Ecoutez au moins les premières minutes si vous n'arrivez pas tout de suite au bout, prenez-en de petites bouchées ici ou là - vous y entendrez par exemple "du bout des lèvres" (celui ou celle qui l'a entendu en premier aura gagné ! ) ... 




Bon, pour contrebalancer, et comme le département du Bas-Rhin aide financièrement la plantations d'arbres fruitiers, je vous emmène en forêt pour une pause musicale et poétique avec Nicolas Frize, vous pourrez le voir en suivant  le lien ci-dessous:
https://www.nicolasfrize.com/fr/impressions-d-etre-1er-mouvement-8-mai-2019




Et pour le reste du "Bout de la langue" voici deux chanteurs qui ont chacun chanté cette expression. Je vous rappelle le billet du 19 octobre 2014  "Nobel et Musique, Mémoire et Fleurs, sur le bout de la langueconsacré à l'expression et où vous trouverez aussi une chanson du prix Nobel Patrick Modiano chantée par Françoise Hardy "Etonnez-moi Benoit"

D'abord Bazbaz:




J'ai sur le bout de la langue
Un mot qui me brûle
Un mot qui m'embrouille
La tête m'arrache les os
Me griffe le cerveau
M'abime de bas en haut
...

Et ce dernier en public:




Et pour finir Oldan:



Bonne Année 2020

La Fleur du Dimanche

dimanche 29 décembre 2019

Identité épiphanie de la judéité, sérendipité et rois mages

Bon, les Rois Mages ne sont pas encore arrivés, même le réveillon ce n'est pas encore demain, mais dans cet entre-deux (ou entre trois?) entre Noël, le Nouvel An et l'Epiphanie, tout se bouscule....
Même ma soeur (pas la deuxième - voir mon billet de dimanche dernier -  mais la première) s'est bougée et m'a envoyé sa photo, non pas de fleur, mais de l'arbre magnifique dans toute sa splendeur d'automne... Le voilà:


Arbre d'automne - Photo: Isabelle W.

Bon, ce n'est pas une photo de fleurs, mais elle en avait déjà envoyée une que j'avais publiée le 20 octobre 2013 - et qui sont des fleurs de circonstances: Des fleurs en ciel étoilé avec comme une étoile du Berger pour les Rois Mages:


Ciel de Fleurs - Photo: Isabelle W.

Cela nous amène à notre TVA, l'Epiphanie...

J'ai trouvé sur internet sous la plume de Sophie Bozon une très intéressante explication de texte:
"Dans le vocabulaire religieux, l'Épiphanie est l’apparition de l'enfant Jésus aux rois mages et par extension la fête de l'Église qui commémore ce jour. Dans ce cas, le mot s'écrit avec une majuscule. 
C'est au grec ancien que l'on doit l'étymologie du mot épiphanie (ἐπιφάνεια, qui se lit : epiphaneia). À l'origine, ce mot signifie  "qui apparaît".
Par extension, il désigne la compréhension soudaine, la manifestation de ce qui était caché.
Les épiphanies sont souvent à l'origine de découvertes scientifiques.
L'une d'elles, fit crier à Archimède son fameux "Euréka !" (ηὕρηκα = j'ai trouvé).
 Les épiphanies peuvent parfois être assimilées à la sérendipité, qui est le fait de faire une découverte scientifique par hasard, alors que l'on cherchait autre chose."

Sautons du coq à l'âne et comme j'aime le mot sérendipité, laissons l'inventeur du terme, Horace Walpole l'expliquer lui-même dans une lettre qu'il écrit le 28 janvier 1754 à son ami Horace Mann, diplomate du roi George II à Florence. Il y fait référence à une énigme qu'il venait de résoudre sur des armoiries vénitiennes en feuilletant un vieux livre sur les armoiries. C'est au sujet d'un emblème des Médicis inséré dans le blason de la famille vénitienne des Capello, et qui est un indice de la reconnaissance d’une alliance entre les deux familles. Il remercie donc son ami de l'avoir aidé accidentellement en lui ayant fait cadeau d'un portrait de Bianca Cappello qui avait épousé François Ier de Médicis. Horace Walpole désigne ainsi des "découvertes inattendues, faites par accident et sagacité" ou par "sagacité accidentelle":
"Cette découverte est presque de l'espèce que j'appelle serendipity, un mot très expressif que je vais m'efforcer, faute d'avoir mieux à vous narrer, de vous expliquer: vous le comprendrez mieux par l'origine que par la définition. J'ai lu autrefois un conte de fées saugrenu, intitulé Les Trois Princes de Serendip: tandis que leurs altesses voyageaient, elles faisaient toute sorte de découvertes, par accident et sagacité, de choses qu'elles ne cherchaient pas du tout: par exemple, l'un des princes découvre qu'un chameau borgne de l'oeil droit vient de parcourir cette route, parce que l'herbe n'a été broutée que sur le côté gauche, où elle est moins belle qu'à droite — maintenant saisissez-vous le sens de serendipity? L'un des exemples les plus remarquables de cette sagacité accidentelle".

Vous suivez .... le chameau? Ou les trois Rois? Ou l'épiphanie?
Celle-là je l'ai retrouvée accidentellement dans le titre d'un article de Libération du 14 novembre: "Singulières épiphanies de l'identité juive" où il est question de deux livres ("Mauvais Juif" de Piotr Smolar et "Juif de personne" de Michel Persitz. Ce qui les réunit, c'est leur ignorance de leur "identité" (voir les derniers "billets" que ce sujet depuis le 8 décembre).
Pour Piotr Smolar, tout a commencé par une remarque de Anshel Pfeffer: "Tu es vraiment le juif le plus ignorant que je connaisse."
Ce qui lui fait écrire:
"Peut-on vraiment être juif, si l'on est si ignorant? Mais ignorant de quoi? Que doit recouvrir ce savoir? Est-il forcément de nature religieuse et/ou culturelle? Peut-on être juif malgré soi de façon passive? [...] Un jour,, mon père m'a dit cette phrase: "Tu n'es pas juif si tu ne te sens pas juif." Je n'avais jamais pensé en ces termes. Peut-on sélectionner les affluents d'une identité même si n'on en s'y baigne pas?"

La problématique de Michel Persitz est différente (ses parents ont été arrêtés à Nice et déportés et sont revenus, survivants faméliques des camps à deux heures d'intervalle en 1945 à l'Hôtel Lutécia à Paris). Ce qui lui fait écrire:
"J'ai appris dans la vraie vie qu'un enfant de déporté, un écorché vif comme moi, ce n'est pas un juif ordinaire. Cela peut donner un mauvais juif. Un juif désagréable. Un juif qui la ramène à contretemps avec son vécu et ses histoire. Un juif qui n'est pas satisfait du judaïsme. Il se moque de Dieu, il ne respecte ni les rites ni les coutumes0 Il ne récite pas avec les autres. Il ne chante pas en choeur. Il ricane tout seul. Il dérange les orthodoxes. Il gonfle même les juifs libéraux!"

L'article d'Alexandra Schwartzbrod se termine ainsi:
"Sur la pierre tombale sont disposés des cailloux. Contrairement aux fleurs qui inéluctablement se fanent, ceux-ci représentent l'indestructibilité du lien."

Vous allez me dire que les Mages sont trois... Je vous ai trouvé le troisième larron, en l'occurrence le "peintre" Christian Boltanski.
Son père juif d'origine russe, s'est converti au catholicisme. Il disait:
"Mon père était juif [d’origine russe]. Pendant la guerre, ma mère [catholique] a eu peur. Un jour, elle a fait semblant de s’engueuler avec lui. Ensuite elle l’a caché sous le plancher et a demandé le divorce. Il est resté un an et demi dans cette cachette… Puis mes parents se sont remariés." Rappelons que Christian Bolanski est né en 1944!
Vous pouvez voir son travail actuellement au Centre Georges Pompidou à Paris: 


Exposition Christian Boltanski - Centre Georges Pompidou - Beaubourg - PAris - Photo: lfdd

Et pour les chansons, suivons avec sérendipité la course du chameau. 
Le voilà avec les Quatre Barbus:



Et toujours avec les Quatre Barbus, avec les chameaux, Les Rois Mages:




Sans quitter les Quatre Barbus, "De quoi qui y'a" (version: un cheveu) avec Lucienne Vernay 




Et sans les Quatre Barbus, mais toujours avec Lucienne Vernay
la version "une dent" de "De quoi qui y'a":




Ca vous rappelle quelque chose? Un autre version ?
Celle de Michel Polnareff et Pierre Delanoë (pas de la Noël!): 
"Y'a qu'un ch'veu"


Méga-tube en 1968 qui au départ n'était que la face "B" du disque avec en face "A" "Le Bal des Lazes" qui avait à l'époque été interdit de diffusion..




Si vous voulez en savoir davantage, allez écouter Rebecca Manzoni avec l'émission "Tubes & co" sur "Le Bal des Lazes"


Bonne fin d'année, bon réveillon, bonne nouvelle année et bonne épiphanie....
La Fleur du Dimanche