dimanche 8 octobre 2017

Les vacances de la Fleur - Philippe Lepeut: Iris bleu pluie et coquelicots rouges

La Fleur du Dimanche est en vacances et cède son espace à l'invité du jour: Philippe Lepeut qui nous offre des iris et un poème.

Iris - Photo: Philippe Lepeut
Son texte suit la photo de près:

Et bleuis
les prés de joie
coquelicots fragiles rougis
sans les chagrins demain
léger de son poids à tenir
avenir des nuages et motifs
des envies au ciel changeant
oiseaux de passages aux
frontières fracturées de l’être


Je lui offre - et à vous aussi - en prime un bout de texte d'une chanson: 

Te souviens-tu d'un jour de septembre
Où il avait tant plu
Les K-Ways rouges dans la Renault douze
On quittait Londres sans toi
Sister, sister, sister
C'était la rentrée des classes
On ne m'avait pas dit que je ne te verrais pas
Que tu allais rester là,
Que tu allais vivre là,
Passer toute cette année sans moi
Sister, sister, sister,
Sister these days came back to me


L'auteur de la chanson est Emily Loizeau et je vous offre en prime deux chansons qu'elle chante: Dis moi que tu ne pleures pas



Et Gigi L'Amoroso




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a comme invité(e)s les dimanches d'été:  
Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly.
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner
Dimanche 30 juillet 2017: Philippe Lutz
Dimanche  6 août 2017:    Jean Valéra
Dimanche 13 août 2017:    Dominique Haettel
Dimanche 20 août 2017:    Philippe Colignon
Dimanche 27 août 2017:    Anne-Sophie Tschiegg
Dimanche  3 septembre:    Yvonne Sprauel 
Dimanche 10 septembre:    Béatrice S.
Dimanche 17 septembre:    Monique Z.
Dimanche 24 septembre:    Cathy G.
Dimanche 1er octobre :    Méchery Miloud

Avec Orfeo, Musica part en fumée et nous y voyons plus clair

Pour clôturer le festival, Musica qui se doit de surprendre son public, a proposé une soirée d'Opéra un peu "décalée" avec une relecture de la pièce de Monteverdi Orféo par le collectif de la Vie Brève. Une soirée très animée, entre opéra baroque et divan, qui nous a fait découvrir d'une manière très agréable - à tous les sens du terme - ce mythe et ce premier opéra de l'histoire de la musique. Au point que les rangs de l'amphithéâtre de la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg, dont une large partie d'un public jeune (lycéens et étudiants) ont largement applaudi la pièce qui faisait bien plus de deux heures.


Musica 2017 - Orfeo - La Vie Brève - PHoto: lfdd

On a donc, entre des tours de chants baroques, jazz, samba, entrecoupés d'épisodes théâtraux, virant quelquefois vers le sketch ou la fausse conférence, découvert un contexte et des explications sur le mythe et l'histoire - et ses à-côtés - d'Orphée et des malheurs d'Eurydice, sa femme, morte le jour du mariage.


Musica 2017 - Orfeo - La Vie Brève - PHoto: lfdd

L'on connait - au moins - le pitch de la fin: Orphée perd Eurydice pour de bon parce qu'il se retourne pour voir si celle-ci continue de le suivre à leur sortie de l'enfer. Mais grâce à la création de la Vie Brève, nous en apprenous plus sur Eurydice, sa mort, mordue par un serpent dans les prés fleuris, à côté des ruches, d'abeilles qui vont toutes mourir, ainsi que du retour des abeilles par les entrailles des quatre taureaux et quatre génisses sacrifiées dans ce but. Ni ne connaissions bien, en tout pas sous cet angle de vue  - d'un comique burlesque - les frères d'Orphée et leurs relations très spéciales à leur mère "Mamma", ni le côté comique d'Amour.
Autre séquence d'un comique hilarant, le rapport entre Charon, le passeur des morts en enfer et le gardien de la porte de l'enfer, Cerbères, qui, bien qu'il ait trois têtes, n'en développe par pour autant une triple intelligence.


Musica 2017 - Orfeo - La Vie Brève - PHoto: lfdd


Le spectacle se conclut dans un nouvel épisode de musique, avec la fin de l'opéra de Gluck et un bonus de Mahler qui nous remet dans la fatalité du mythe. 

Ich bin der Welt abhanden gekommen,
Mit der ich sonst viele Zeit verdorben,
Sie hat so lange nichts von mir vernommen,
Sie mag wohl glauben, ich sei gestorben!

Es ist mir auch gar nichts daran gelegen,
Ob sie mich für gestorben hält,
Ich kann auch gar nichts sagen dagegen,
Denn wirklich bin ich gestorben der Welt.

Ich bin gestorben dem Weltgetümmel,
Und ruh' in einem stillen Gebiet!
Ich leb' allein in meinem Himmel,
In meinem Lieben, in meinem Lied!



Heureusement que pour la supporter, les comédiens-chanteurs, acrobates de la troupe nous ont bousculés, secoués, amusés et surpris. Une belle lecture doublée d'un tour de chant ensorcelant. Très beau spectacle...

La Fleur du Dimanche    


Orfeo / Je suis mort en Arcadie (2016)
D'après L'Orfeo de Monteverdi, livret d'Alessandro Striggio et d'autres matériaux
Mise en scène Samuel Achache Jeanne Candel
Arrangements musicaux collectifs sous la direction de Florent Hubert
Scénographie Lisa Navarro
Accessoires François Gauthier-Lafaye
Lumières Jérémie Papin
Costumes Pauline Kieffer
Assistante costumes Camille Pénager
Masque Loïc Nébréda
Chef de chant Nicolas Chesneau
La vie brève
Contrebasse Matthieu Bloch
Soprano Anne-Emmanuelle Davy Marion Sicre Marie-Bénédicte Souquet
Acteur, chanteur, violoncelle Vladislav Galard
Actrice, chant Anne-Lise Heimburger
Violon Florent Hubert Clément Janinet
Trompette Olivier Laisney
Acteur, haute-contre Léo-Antonin Lutinier
Batteur, chanteur Thibault Perriard
Acteur, chanteur Jan Peters

Saxophone, chanteur Lawrence Williams

Le Quatuor Tana et les Neue Vocalsolisten à Musica : les cendres de Cendo soupirent en soufflant

Encore un samedi après-midi du Festival Musica dans une ambiance d'église, à Sainte Aurélie. Mais cela en valait la peine: Une création de Raphaël Cendo, habitué de Musica par deux quatuors: le Quatuor Tana (Antoine Maisonhaute et Ivan Lebrun au violon, Maxime Desert à l'alto, et Jeanne Maisonhaute au violoncelle) et le quatuor vocal de Stuttgart Neue Vocalsolisten qui ont fait la création mondiale de la pièce Delocazione, un concert à en perdre la tête, tellement il était sublime.

L'idée est de partir de traces et ruines, ou plutôt de l'idée - et de textes qui en parlent et d'en faire, comme le dit Raphaël Cendo: "un rituel, un apprentissage de la poussière et du deuil".

Musica 2017 - Quatuor Tana - Neue Vocalsolisten - Raphaël Cendo - Delocazione - Phot: lfdd

Pour y arriver, des textes de Claude Royet-Journoud, de Rainer-Maria Rilke et de Georges Bataille (sur des récits de rescapés d'Hiroshima) sont dit, expirés, chantés dans une maîtrise totale par le quatuor allemand. Les textes, souvent étirés et triturés dans leur substance même rendent l'âme et deviennent des sons ressurgis de l'abime en phrases poussées dans un soupir, dans un souffle, dans une expiration ultime. Les voix se mêlent à la musique, tirée à l'extrême, en frottements, bribes, traces, souffles, en palimpsestes, éclats, chocs, tension. Les archets (augmentés) des instruments ont d'ailleurs été fabriqués spécialement par le luthier Blaise Emmelin et les deux quatuors arrivent à faire passer cette ambiance de paysage de mémoire, un peu à l'image des créations plastiques d'un Claudio Parmigiani dont Raphaël Cendo s'est également inspiré pour arriver à ce "pur sentir panique du lieu, hors de toute perception, hors de tout savoir de l'espace devenu étouffement et brûlures en acte" comme l'avait exprimé un rescapé de Hiroshima. 

Musica 2017 - Quatuor Tana - Neue Vocalsolisten - Raphaël Cendo - Phot: lfdd

Une catastrophe jouée devant nous, vécue au plus profond de nos sens, qui entre bien en résonnance avec le poème de Rilke (Première Elégie à Duino):

Wer, wenn ich schriee, hörte mich denn aus der Engel
Ordnungen? und gesetzt selbst, es nähme
einer mich plötzlich ans Herz: ich verginge von seinem
stärkeren Dasein. Denn das Schöne ist nichts
als des Schrecklichen Anfang, den wir noch grade ertragen,
und wir bewundern es so, weil es gelassen verschmäht,
uns zu zerstören. Ein jeder Engel ist schrecklich.
    Und so verhalt ich mich denn und verschlucke den Lockruf
dunkelen Schluchzens. Ach, wen vermögen
wir denn zu brauchen? Engel nicht, Menschen nicht,
und die findigen Tiere merken es schon,
daß wir nicht sehr verläßlich zu Haus sind
in der gedeuteten Welt. Es bleibt uns vielleicht
irgend ein Baum an dem Abhang, daß wir ihn täglich
wiedersähen; es bleibt uns die Straße von gestern
und das verzogene Treusein einer Gewohnheit,
der es bei uns gefiel, und so blieb sie und ging nicht.

"Qui, si je criais, qui donc entendrait mon cri
parmi les hiérarchies des Anges ?
Et cela serait-il, même, et que l'un d'eux soudain
me prenne sur son coeur : trop forte serait sa présence
et j'y succomberais.
Car le Beau n'est rien autre que le commencement du terrible,
qu’à peine à ce degré nous pouvons supporter encore ;
et si nous l'admirons, et tant, c'est qu'il dédaigne
et laisse de nous anéantir.
Tout Ange est terrible..."

Terrible programme !

La Fleur du Dimanche

samedi 7 octobre 2017

L'Orchestre Philarmonique à Musica: Rencontre au sommet de la Marche funèbre et de la Danse Macabre

Quand le répertoire classique rencontre la musique contemporaine, c'est à Strasbourg, forcément que cela se passe.

A l'occasion de l'ouverture de saison de l'Orchestre Philarmonique de Strasbourg, le public des deux institutions musicales de la Ville (comme c'était d'ailleurs le cas pour l'Opéra avec la création française de l'oeuvre de Philippe Manoury kein licht - voir mon billet du 22 septembre) s'est retrouvé au Palais de la Musique et des Congrès pour la "clôture" (avant l'heure) du Festival Musica lors d'un concert dédiée à la mémoire de Marcel Rudloff (ancien Maire de Strabourg et président de la Région Alsace qui avait bien soutenu le lancement de Musica).

Au programme, lors de la deuxième soirée, le vendredi 6 octobre, chamboulé suite à l'impossibilité de la mezzo-soprano Christiane Stotijn de chanter et remplacée au pied levé par Caroline Krogius, deux oeuvres qui se répondaient dans la thématique: La Symphonie N° 3 en mi-bémol majeur Sinfonia Eroica de Ludvig van Beethoven et Totentanz de Thomas Adès.


Musica 2017 Philharmonique Strasbourg -  Marko Letonja - 3ème Symphonie - Beethoven - Photo: lfdd


C'est la Symphonie Héroïque qui a ouvert le feu sous la direction de Marko Letonja. L'orchestre a su rendre la finesse et la puissance de cette "grande symphonie" - presque la plus longue du compositeur, tout en finesse, mais aussi en puissance, avec les vents et les percussions. De même le jeu des cordes a bien monté la tensions  de la salle, même si aujourd'hui, la réception de la pièce n'est plus sujette à critique, ayant plutôt statut de "tube", dont certains mouvement sont repris  plus ou moins discrètement par les spectateurs, chef d'orchestres d'un soir. Et la "Marche funèbre du deuxième mouvement, héroïque à souhait (même si le dédicataire initial, Napoléon, a été rayé d'un coup de crayon rageur par Beethoven.


Totentanz


Cette marche funèbre a bien annoncé le "Totentanz" de Thomas Adès, qui, avec toujours l'Orchestre Philharmonique, a donc rassemblé Caroline Krogius qui chante les paroles des humains (Pape, empereur, évêque, cardinal, roi, moine, chevalier, maire, médecin, usurier, marchand, sacristain, artisan, paysan, jeune fille et enfant) et Adrian Eröd, baryton qui est le récitant et la Mort.
Dans le texte, la Mort passe tout le monde en revue pour les emmener avec elle et quitte le monde des vivants, en leur ôtant leurs pouvoirs terrestres ou leur travail (les artisans n'étant pas bien lotis) ou simplement leur vie (l'enfant devant danser la danse de la mort sans même avoir appris à marcher....   


Totentanz


La Mort
Zu diesem Tanz ruf ich alle ein,
Papst, Kaiser, Mönch und Bauer!
Wenn ich komme, groß und klein,
hilft euch allen keine Trauer.
Bedenket ihr zu aller Zeit,
gute Werke mitzubringen,
Um eure Sünden zu verzeih’n.
Ihr müßt nach meiner Pfeife springen!
...
La Mort à l'artisan
Handwerker, Schurken allgemein!
Ihr achtet wohl auf alles Klein.
Sich wechselseitig gern betrügen
Und dies und das zusammenlügen.
Ihr denkt so selten an der Tod
Der Euch wie allen and’ren droht
Für euer Seele wird es schwer.
...

La Mort à l'Enfant
Nimm zarter Säugling an den frühen Sensenschlag.
Und schlaf hernach getrost bis zu dem Jüngsten Tag!

L'Enfant
O Tod wie soll ich das verstehen?
Ich soll tanzen und kann nicht gehen!


Musica 2017 Philharmonique Strasbourg -  Marko Letonja - Totentanz - Thomas Ades - Photo: lfdd


La musique monte en crescendo tout au long de ce dialogue repris et répété, dans une furieuse envolée pleine de bruit et de fureur, pour terminer dans un apaisement avec les derniers personnages et s'éteint en un souffle avec le "Tanzen" répété à mi-voix.

Le choix du programme fut judicieux et, même avec l'inversion du classique et du moderne, la salle est restée attentive et convaincue jusqu'au bout. Comme quoi on est toujours le contemporain de quelqu'un...


La Fleur du Dimanche

dimanche 1 octobre 2017

Dimanche matin à Musica: Traits d'union entre la musique, les musiciens, les interprètes et le public

Un autre dimanche matin de surprise et de plaisir à Musica: Plaisir évident de jouer de la part des interprètes, pour le plus grand plaisir des auditeurs, parmi lesquels le compositeur Philippe Hurel.


Musica - Alexis Descharmes - D'un Trait - Philippe Hurel - Photo: lfdd

Au programme, rattaché sous le titre "Traits", un trio de morceaux composés par Philippe Hurel d'abord pour l'interprète masculin du jour, Alexis Decharmes "D'un trait" en 2007. Il cède le pas à Alexandra Greffin-Klein qui enchaîne avec la pièce la plus récente (2014), "Trait" pour violon et ils se retrouvent en complicité heureuse avec "Trait d'union" - 2013. 


Musica - Alexandra Greffin-Klein - Trait - Philippe Hurel - Photo: lfdd

Les trois pièces mettent en oeuvre des techniques diverses et variées de jeu (Glissando, cordes frappées, pincées, montée et descente de gamme, pizzicatos,..) passant d'une grande violence à une extrême douceur. Le dialogue de jeu et - la synchronisation entre les deux interprètes dans le dernier morceau - étant un challenge de chaque instant.


Musica - Alexandra Greffin-Klein - Alexis Descharmes - Trait d'union - Philippe Hurel - Photo: lfdd

Comme le dit Philippe Hurel: "La pièce est construite à partir de quelques éléments "énergétiques" particulièrement violoncellistiques qui s'enchainent, se catapultent et se transforment de façon non prévisible. Il y a une sorte d'"animalité" qui s'en dégage, un forme d'urgence et de tension...". En tout cas les interprètes l'ont bien maîtrisé, et le résultat en est époustouflant.


Musica - Alexandra Greffin-Klein - Alexis Descharmes - Trait d'union - Philippe Hurel - Photo: lfdd

Pour la deuxième partie, la "Sonate pour violon et violoncelle" de Maurice Ravel, nous assistons à une pièce un peu plus mélodique. Mais pas que, Ravel disant lui-même: "cette sonate marque un tournant de l'évolution de ma carrière. Le dépouillement y est poussé à l'extrême. Renoncement au charme harmonique, réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie." Cependant les deux interprètes, tout en complicité et en sourires en font un beau moment de dialogue enjoué où ils se répondent avec entrain.


Musica - Alexandra Greffin-Klein - Alexis Descharmes - Sonate pour violon et violoncelle - Maurilice Ravel - Photo: lfdd

Philippe Hurel (de dos sur les dernières photos) est présent dans la salle et salue, et l'interprétation des artiste et la salle qui leur réserve un superbe accueil.

La Fleur du Dimanche 

Les vacances de la Fleur: De son temps, Mécheri était photographe de scène, maintenant il photographie les fleurs, mais pas que...

La Fleur du Dimanche est en vacances et cède son espace à l'invité du jour: Mécheri Miloud qui voyage en tram, en train, en voiture et... à bicyclette sans jamais lâcher le bouton de son appareil photo.

Il a réservé aux fidèles lecteurs dominicaux de la Fleur en vacances un épisode (la scène primitive ? du photographe) et une moisson colorée dans les champs. 
Pour les chansons, il m'a donné "carte blanche" mais sur le chemin de la "bicyclette", je lui offre ma moisson que je partage aussi avec vous.

Pour commencer, il vous offre son champ de coquelicots:

Champ de coquelicots - Photo: Mécheri Miloud

Et en retour, un clin d'oeil que vous trouverez dans mon billet du 6 juillet 2014: "Le myosotis, et puis la rose,... Mais pour aimer les coquelicots..." la chanson "Comme un p'tit coquelicot" chantée par  Leila Bekhti dans le film de Philippe Claudel "Avant l'hiver". Elle a aussi été chantée par Mouloudji, ce qui nous amène à un de ses amis, je vous laisse deviner qui sur cette photo de Mécheri Miloud:
Yves Montand - Photo: Mécheri Miloud

Yves Montand - Photo: Mécher Miloud

Et voici, en guise de TVA, l'histoire de la photographie contée par son auteur :

"En février 1982, Yves Montand doit passer 2 soirées-concert à Strasbourg. La France est bloquée par la neige et le camion avec le matériel de scène est bloqué à St Etienne. La première soirée est annulée et je fais les photos lors de la deuxième soirée. Yves Montand promet de rattraper la soirée manquée au mois de mai suivant. J'y suis et, après le concert je l'attends en backstage pour une dédicace sur mes photos.
J'attends longtemps et, enfin, il sort de sa loge. Tout en discutant avec ses musiciens il me jette un regard. Quelques minutes plus tard, il se dirige vers moi et me demande s'il peut faire quelque chose pour moi. 
Je lui présente les photos, il les observe et me dit: "C'est tout à fait ça, c'est le sentiment que je veux faire passer sur scène". Il me dédicace les photos et s'en retourne vers ses musiciens, me laissant très heureux de ce court échange."


Mécheri nous offre également ses roses de Bulgarie:


Roses de Bulgarie - Photo:  Mécheri Miloud

Et je ne peux m'empêcher de lui offrir de mon côté les Roses de Picardie:




Suite au concert et à la Bicyclette, à l'Olympia:




Une autre histoire de bicyclette, vue par Bourvil - A bicyclette:





Et par Queen (un petit bijou oublié? et quelques images d'anthologie à ne pas rater) Bicycle Race:




Foin de bicyclette, partons en mobylette avec Lily Drop - Sur ma mob:




Et finissons sur une rose de Mécheri:


Rose - Photo:  Mécheri Miloud


Bon Dimanche et Bonnes Vacances


La Fleur du Dimanche

Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a comme invité(e)s les dimanches d'été:  
Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly.
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner
Dimanche 30 juillet 2017: Philippe Lutz
Dimanche  6 août 2017:    Jean Valéra
Dimanche 13 août 2017:    Dominique Haettel
Dimanche 20 août 2017:    Philippe Colignon
Dimanche 27 août 2017:    Anne-Sophie Tschiegg
Dimanche  3 septembre:    Yvonne Sprauel 
Dimanche 10 septembre:    Béatrice S.
Dimanche 17 septembre:    Monique Z.
Dimanche 24 septembre:    Cathy G.

Un deuxième samedi à Musica: Voyage à travers l'histoire et l'imaginaire de la musique et des sons

Pour le deuxième samedi à Musica, le concert de 17h00 fut l'occasion dans un récital de deux virtuoses, Renaud Capuçon au violon et Guillaume Bellon au piano, de nous emmener à travers l'histoire de la musique, de Beethoven, avec sa Sonate N°5 en fa majeur "Le Printemps", qui a terminé le programme jusqu'à Jörg Widmann dont nous avons pu découvrir un autre aspect de son oeuvre (voir le du concert du vendredi 18h00 avec son quatuor "Jagdquartett"), un concerto "Sommersonate", en passant par les belles pages  "Thème et variation" d'Olivier Messian qu'il a composées pour sa future épouse Claire Delbos...

Quelques images du concert en imaginant les notes...


Musica 2017 - Renaud Capuçon - Guillaume Bellom - Messian- Photo: lfdd

Musica 2017 - Renaud Capuçon - Guillaume Bellom - Jorg Widmann - Photo: lfdd

Musica 2017 - Renaud Capuçon - Guillaume Bellom - Beethoven - Photo: lfdd

Musica 2017 - Renaud Capuçon - Guillaume Bellom - Beethoven - Photo: lfdd

Musica 2017 - Renaud Capuçon - Guillaume Bellom - Beethoven - Photo: lfdd

Avec ces deux interprètes hors pair, même les notes de la sonate de Beethoven ont eu des accents contemporains d'une clarté, d'une simplicité et d'une élégance qui ont fait bisser les interprètes. L'occasion de nous faire découvrir La Sicilienne de Maria-Theresia von Paradies... On s'y serait cru, au paradis...

Venise le soir - Photo: lfdd

Le Paradis, ou presque, c'est la voyage (un peu mouvementé pour certains qui ont pris le tram strasbourgeois) que nous a proposé Olga Neuwirth avec Les Encantadas, un concert spatialisé où l'on se trouvait transporté dans l'espace sonore de l'église San Lorenzo de Venise reconstitué grâce au travail de l'IRCAM avec la collaboration de Markus Noisternig, Sylvain Cadars et Annaëlle Marsollier. 
Pour commencer le voyage nous nous retrouvions littéralement sur la lagune et dans les rues de Venise avec les passants, les cloches, la mer, dans la salle du bien nommé "Point d'Eau" d'Ostwald. Et puis la porte s'est fermée sur l'église dans laquelle nous partions en navigation sur les cinq îles des Encantadas (les iles enchantées des Galapagos chantées par Herman Melville qui a inspiré Olga Neuwirth), avec l'orchestre de l'Ensemble Intercontemporain entourant les spectateurs sur six scènes.

Musica - Ensemble Intercontemporain Le Encantadas - Olga Neuwirth - photo: lfdd

Ces îles qui parfois se montrent au regard
Nesont point ferme sol ou substance certaine,
Mais terres égarées parmi les eaux nombreuses
Et çà et là courrant: les îles Vagabondes.

Musica - Ensemble Intercontemporain Le Encantadas - Olga Neuwirth - photo: lfdd


Nous aussi, nous avons vagabondé d'île en île nous rapprochant pour mieux en entendre la musique de l'orchestre se répondant d'un bout à l'autre de la salle ou enregistrée avec des bruitages et des sons réels ou un retours sur les premières paroles des ordinateurs jusqu'à une chanson rock de la chanteuse de Manga Hatsune Miku et sa voix numérique d'aujourd'hui. 
Un voyage d'une heure dix, avec des passages plus diffus, d'autres plus nets, des événements qui surgissent et surprennent, d'autres qui se superposent, disparaissent, reviennent dans cette nef à la fois bateau en partance et église en déshérence, celle du Prometheo de Luigi Nono à qui Olga Neuwirth rend hommage, de même qu'à Armin Kohler du Festival de Donaueschingen, et, bien sûr une pensée pour les migrants.     


La Fleur du Dimanche