lundi 21 novembre 2011

Cinéma: Ouvéa ou les neiges du Kilimandjaro ?



La Lute c'est Classe !


C'est ce que dit la Banderole accrochée au bâtiment des ouvriers du Port de Marseille en grève. Mais le regard de Robert Guédiguian est plus désabusé. Mais humain et tendre avec ses personnages, un peu "perdus" dans ce monde qui change. 
Il réussit quand même à travers une histoire semi-policière à nous faire prendre conscience que le syndicalisme doit bouger, a bougé. Et dans ce film que l'on attendait plein de bons sentiments, un peu rétro comme le titre semblait l'annoncer, nous suivons son couple fétiche qui a pris quelques années dans une prise de conscience d'un nouvelle morale.



LES NEIGES DU KILIMANDJARO- Bande-annonce par diaphana


Une "morale" qui, sur une autre grève, dans une autre destination de rêve, une île paradisiaque aux antipodes, est, elle, mise entre parenthèses pour des raisons électorales: 
Dans le film de Matthieu Kassovitz "L'ordre et la morale" nous assistons à la reconstitution époustouflante du drame d'Ouvéa, qui a démarré avec la prise d'otages de gendarmes français, le 28 avril 1988, juste avant les élections présidentielles en France et qui s'est achevé par l'assaut donné par l'armée française avec les victimes que l'on sait. 
Kassovitz essaie de nous faire comprendre ce drame de l'intérieur en interprétant Philippe Legorjus, le commandant du GIGN chargé des négociations à l'époque. 
Le film est très intéressant et je vous invite également à visiter le site officiel du film qui met en ligne de riches archives de l'INA tournant autour de ces évènements.



L'ORDRE ET LA MORALE : 


La morale qu'on peut tirer de ce film, comme de beaucoup d'autres d'ailleurs, c'est qu'un film, surtout basé sur une histoire vraie ou, surtout, un évènement historique, n'est qu'une "lecture" de cet évènement. En l’occurrence ici, ce que Matthieu Kassovitz a retenu de ses recherches, entre autres basées sur le livre de Philippe Legorjus. Et que cette "vérité" est mise en cause par pas mal de monde.
Si on regarde le film sous cet angle, cela donne une opportunité d'analyse de l'histoire, avec un petit et un grand H.


Bons Films


La Fleur du Dimanche

dimanche 20 novembre 2011

Art en tension et Hortensias



En ces jours où tombent les feuilles d'automne - elles ont de très belles couleurs en ce moment - on nous décline la crise en thèmes les plus variés... Mais pas sur le marché de l'art, qui paraît-il refleurit bien...


A voir le nombre florissant d'expositions et de foires d'Art de tout poil (ou plumes, pourquoi pas de fleurs?), - voir mes pages du mercredi consacré aux expositions qui ont débordé jusqu'au vendredi et ce n'est pas fini, St'Art arrive jeudi - il ne s'est jamais mieux porté. 
Même les hortensias fleurissent sur les stands de la FIAC:


Hortensia d'Art - FIAC - Photo:lfdd


Mais il ne sont pas les seuls à fleurir à la FIAC, les épaules des visiteuses également, qui admirent, mais si peu, les tableaux "fleuris":


Femme couverte de fleurs à la FIAC - Photo - Photo:lfdd


Et photo pour photo, à Paris Photo, le salon qui monte, monte, les fleurs, elles, montent sur les têtes de japonaises qui viennent jusque chez nous acheter de la Photo d'Art.


Femme couverte de fleurs à Paris Photo - Photo:lfdd



Une autre exposition de saison, c'est celle consacrée à Tomi Ungerer dans "son" musée à l'occasion de ses 80 ans et intitulée "Tomi et ses maîtres". 
Il disait lors de la cérémonie que ses maîtres étaient plutôt des "poteaux" qui lui indiquaient la direction et de citer au rang de ses poteaux, son père parti trop tôt et qu'il considérait comme un pote.... Cela m'amène à mon premier TVA de mon cru (merci Jacques Lacan) que je vous illustre d'un dessin de Tomi - des fleurs, bien sûr: 


 

Poteau = pote tôt ??

Et en deuxième TVA, un poème d'Albert Strickler extrait du livre à paraître en 2012, "La Lumière la mort" avec des oeuvres de Dan Steffan - Dan Steffan qui est exposée actuellement chez Nicole Buck à Strasbourg (voir lfdd du 9 novembre).

"Mais demain la réalité osseuse de novembre 
L’immobilité grise des arbres amarrés à leurs ombres 
Comme un troupeau d’éléphants pétrifiés dans leur souffle 
Demain des espaces encore plus vastes et des oiseaux si lourds 
Qu’ils s’enrouent à fendre la banquise des nues
Le braiment de l’âne un peu plus haut qui d’un jour à l’autre
Tourne en grincement lugubre de grille de cimetière qui s’ouvre 
Sur les cailloux blancs du Petit Poucet de la mort 
Et les cognées qui aboient dans le vide sonore de l’absence
Demain quand tout ne  sera plus que piquants entre les épines
Des roses effeuillées une à une et les barbelés des vignes 
Et que tu tourneras entres tes doigts le "casse-tête"
De notre cher vieux globe hérissé de questions sans réponses 
Même s’il suffira d’un peu de lumière pour remettre à l’eau 
La baleine de la montagne échouée à tes pieds"

Bon dimanche

La Fleur du Dimanche


P.S. Je vous invite au récital de Geneviève Charras consacré au thème des anges avec des mélodies de Satie, Poulenc.... Au piano Christian Vidal, ce jour à Planet Théâtre à 17h00..  
Galerie Planet Théâtre
1 rue des Soeurs
Strasbourg

vendredi 18 novembre 2011

Grosse rentrée d'Art

Ce vendredi, grosse rentrée d'Art en perspective.

Mercredi, j'ai déjà parlé d'un très belle et généreuse manifestation organisée par "Contact et Promotion" et je vous invite vivement à aller voir l'exposition et éventuellement à faire d'un geste généreux deux heureux: vous et l'association, en achetant une des oeuvres exposées. Vous avez le choix ! 


Pour mémoire, les superbes oeuvres poétiques d'Annie Greiner - tout à fait abordables, comme les créations de Marie-Pascale Engelmann, pleines d'"Espoir" qui n’attendent que vos murs... Vous pouvez également choisir un paysage très coloré - et souligné d'un beau rouge - de Marie-Amélie Germain ou en plus grand, de Roger Dale. 
Au rayon photo, vous avez le choix entre un mur de lierre de Jean-Louis Hess, de belle photos en noir et blanc de cascades ou de cerisiers de Naohiro Ninomiya ou des photos encore d'Anémone De Bliqui et d'Hervé Petit. Côté peinture, ne pas oublier Anne-Sophie Tschieg, Fred Croizier ou Alain Bourabah et Marie-Haude Steyert qui a accroché deux oeuvres de circonstance: Les sentinelles
Côté gravures,  Christophe Meyer et Eric, son frère, qui à fait quelques sculptures. Installés comme à la prière, vous pourrez voir les vidéos intimes de Wondebabette à ne pas mettre dans toutes les églises et des collages de Raymond Waydelich, et bien d'autres choses à découvrir.


Pour en avoir un aperçu, vous pouvez aller voir les photos de Jean-Louis Hess sur Facebook ici:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.2639351222962.2147001.1230970764&type=3


A découvrir également - à ne pas rater - la manifestation "Thrill" organisée par Accélérateur de Particules qui vaut le déplacement.
C'est du St'Art avant l’heure et j'en reparlerai... bientôt...


Bonnes visites.


La Fleur du Dimanche

jeudi 17 novembre 2011

Jeudi c'est sortie: Ballet ou théâtre ?

Les pointes ou le texte. Vous avez le choix !


Si vous choisissez le texte, vous aurez le plaisir en même temps d'apprendre l'espagnol. Car le, ou plutôt les spectacles que vous ne devez pas rater - vous pouvez n’aller en voir qu'un des deux - ce sont les spectacles de la troupe argentine Timbre 4 du metteur en scène Claudio Tolcachir: "El Viento en el Violin" et " La Omission de la familia Coleman". Cette dernière pièce, pleine de bruit et de fureur, de tendresse aussi, nous avons pu l’apprécier la saison dernière et elle revient pour ceux qui l'auraient ratée. Courrez-y, vous ne serez pas déçus. Elle passe au TNS de Strasbourg du 29/11 au 4/12. 
Auparavant vous aurez l'occasion de voir l'autre pièce de cette troupe débordant d’énergie, dans une histoire un peu plus dure sur l'amour filial (mais pas seulement) et la normalité. C'est jusqu'au 26 novembre. 


Vous avez jusqu'au 20 novembre à Strasbourg, le 26 à Colmar, pour voir le dernier spectacle du Ballet du Rhin. Une trilogie qui démarre sur une superbe pièce - avec pointes modernes - de William Forsythe "Workwithinwork", sur une musique de Berio "Duetti por due violini, vol.1". Les danseurs, interprètent tous ces tableaux courts successifs de duos, trios et groupes plus nombreux avec une dextérité et une originalité superbe. Autre facette, la pièce de Noé Soulié "D'un pays lointain", relecture en langage parlé et dansé d'un conte de fée est original dans son accumulation de sens.
Pour finir, "As if" de Johan Inger avec une musique de Stefan Levin et des images - le décor et les costumes sont de Mylla Ek - qui nous font penser à des références cinématographiques, de "2011 l'Odyssée de l'Espace" à "West Side Story", nous emmènent dans un tournoiement enivrant.


Bons spectacle.


La fleur du dimanche.

dimanche 13 novembre 2011

Fêtons les fleurs et les fruits de l’automne finissant


Ce dimanche post 11/11/11, où je ne ai d’ailleurs malheureusement rien envoyé en honneur et malgré ce jour férié, fêtons les fleurs et les fruits de l’automne finissant…
C’est la saison des confitures de cynorhodon et j’en ai cueillis avec mon objectif de les partager avec vous…

Cynorhodon - Photo: lfdd


Et pour parfumer, quelques herbes aromatiques - un peu de marjolaine, en prévision de l’hiver qui sera peut-être froid... 

Marjolaine - Photo: lfdd


Je ne vous en dis pas plus et vous laisse deviner le premier TVA.
Ce TVA du jour, alors qu’autour de nous le tôt augmente, je vous en donne trois pour le prix d’un et avec version originale et taxe export incluse…
Le suivant est donc une citation d’Anselm Kiefer, artiste allemand francophile ( ?) puisqu’il vit à Paris et exposé actuellement à Baden-Baden chez Burda - j’en ai parlé le mercredi 3/11 - avec ses fleurs, entre autres - et qui nous parle de l’art et de la création. Je vous dispense de sa réflexion sur le nazisme – je peux vous la donner si vous y tenez….

“Es gibt eine besondere Grenze zwischen Kunst und Leben - eine Grenze, die sich oft trügerich verschiebt. Allerdings gibt es ohne diese Grenze keine Kunst. Dabei nimmt dier Kunst das Material des Lebens auf und die Spuren des Lebens durchschneiden das fertige Kunstwerk. Gleichzeitig ist des Abstand zum Leben das Wesentliche. Es ist der eingentliche Inhalt der Kunst. Das Leben hinterlässt seine Spuren ebenso wie die Schlachten zwischen Kunst und Leben Narben hinterlassen. Je tiefer diese Narben sind, desto interessanter für das Werk.”

“Il y a une frontière particulière entre l'art et la vie - une frontière qui se déplace souvent de façon trompeuse. Mais sans cette frontière, il n'y a pas d'art. L'art absorbe la matière de la vie et les traces de la vie transparaissent dans l'oeuvre achevée. En même temps, la distance avec la vie est essentielle. C’est le contenu intrinsèque de l'art. La vie laisse ses traces comme les batailles entre l'art et la vie laissent des cicatrices. Plus ces cicatrices sont profondes, plus c'est intéressant pour l'oeuvre. »
Anselm Kiefer

La deuxième est plus « légère et vient d’un artiste plus « âgé », en l’occurrence René de Obaldia qui se méfie d’internet – il disait récemment : « Internet, ça m’effraie. C’est terrible : j’apprends sur moi des choses que j’ignorais, vraies ou fausse. Saviez-vous qu’on m’attribue des « bons mots » que je n’ai jamais écrits ? Le mensonge n’est plus un art : c‘est désormais une technique. »
En tous cas, il a des choses légères et plaisantes comme:


« Le geai gélatineux geignait dans le jasmin »
- tout à fait dans l’atmosphère de la fleur du dimanche et


«  Que lit Lili sous ces lilas-là ? Lili lit l’Illiade » 
- encore plus en phase avec La Fleur du Dimanche du 24 avril super hit dans le palmarès des pages de blog dominical (merci à vous mes fidèles lecteurs et lectrices).

Bon dimanche

La Fleur du Dimanche

mercredi 9 novembre 2011

L'expo du mercredi: deuxième rentrée

A Strasbourg et environs, nous arrivons déjà à la deuxième vague des expositions de la rentrée.
A la Galerie Bamberger sont exposées deux artistes suisses: Christine Sefolosha avec des tableaux qui vogueraient vers "l'art brut" et Claire Koenig dont les aquarelles sont claires et légères.
Nicole Buck présente une exposition avec Dan Stephan et Françoise Saur. Dan fait un travail toujours aussi remarquable avec ses protraits et Françoise Saur avec son installation "Prenez-vous la peine d'entrer" à l'étage de la galerie, réussit à nous montrer sa consoeur dans son univers.
Bertrand Gillig, continue d'exposer les artistes de sa galerie avec un ensemble d'oeuvres très cohérent. Patrick Cornillet nous montre ses espaces architecturaux de béton épurés, Stéphane Joanes  nous peint des horizons vides et ses énormes tankers qui flottent sur nulle part et Patrick Bastardoz a pris un peu de hauteur sur les grues de chantier et les ports avec de belles lumières mais nous pose encore de massifs wagons plein de matières.
Chez Synoccygen, l'association culturelle sino-française, ne ratez pas l'exposition de Sylvie Lander et ses ciels plein d'étoiles (sur les toiles) et de l'artiste Shanghzou Su qui lui fait écho avec des ailes de papillon - et des mille-feuilles poétiques.
Une exposition un peu décalée, si vous allez du côté de Bischwiller (mais uniquement le vendredi samedi et dimanche de 14h00 à 18h00), c'est la "Saga du Jean" qui revisite l'histoire de ce tissus et ses relations avec les artistes et les créateurs de mode Jean Le Gac, Ernest Pignon-Ernest, Ann Loubert, entre autres, ainsi que Marithé + François Girbaud...
N'oubliez pas également de visiter l'exposition inaugurale du Musée Lalique à Wingen sur Moder avec de très belles pièces de collection historique et une magnifique présentation de la création maison.
Et comme l'on parle de cristal et de verre, n'oubliez pas la foisonnante exposition de la Biennale Internationale du Verre de Strasbourg organisée par l'ESGAA - attention, je pense qu'il y a un problème avec leur site internet, regardez plutôt leurs programme papier!
Les expositions se trouvent chez Radial Art Contemporain, à la Galerie Planet Théâtre, au siège CIC Est, au Conseil Général et au Conseil Régional, ainsi qu'au Musée d'Art Moderne et Contemporain e Strasbourg et Musée Würth à Erstein. A venir, la Galerie No Smoking et la Chaufferie et la Chambre et St'Art, mais on en reparlera....

Bonnes visites

La Fleur du dimanche.

P.S. En complément, je vous fais un calendrier des expos et le lien vers les textes si j'en ai parlé:

Christine Sefolosha et Claire Koenig 
jusqu'au 26/1/2011

Galerie Nicole Buck - Strasbourg: 
Dan Stephan et Françoise Saur 
jusqu'au 03/12/2011

Galerie Bertrand Gillig - Strasbourg:
"Passe de trois": Patrick Cornillet, Stéphane Joanes, Patrick Bastardoz
Jusqu'au 03/12/2011

Galerie de l'Estampe - Strasbourg:
Christophe Hohler
Jusqu'au 18/11/2011

Espace Appolonia - Strasbourg
eCité - Gdansk
Jusqu'au 30/11/2011
 
Musée de l'Imagerie Populaire - Pfaffenhoffen
Véronique Moser - voir texte ici
Jusqu'au 20/11/2011 

Musée Frieder Burda - Baden-Baden
Anselm Kiefer - voir texte ici
Jusqu'au 15/01/2012

Musée Lalique - Wingen sur Moder
Jusqu'au 15/01/2012

Synoccygen - 69 rue du Fbg de Pierre Strasboourg
Sylvie Lander et Shanghzou Su
Novembre

Stephan Balkenhol
jusqu'au 11 décembre 2011

lundi 7 novembre 2011

Le cinéma du lundi : La peau et les tripes

La politique au cinéma, que l'on a pu voir sous l'aspect d'une fiction jouée et improvisée en direct par Alain Cavalier et Vincent Lindon dans "Pater" - vraiment très fort, voir le texte du 4 juillet - ou version le réel transformé en film de "la Conquête", bien moins réussi - c'est un euphémisme, voir le texte du 5 juin - revient - campagne électorale oblige? - sur le devant de la scène.


Et les deux films à l'affiche actuellement semblent curieusement marquer le territoire dont ils sont issus.
D'un côté les Etats-Unis, avec une dose de bonne volonté, même si Georges Clooney le réalisateur - qui tient le rôle du candidat président - essaie dans son film "Les marches du pouvoir" ("The Ides of March" en V.O.: Y aurait-il un assassinat?) d'être à la fois pédagogique et critique: Il fait dire à son candidat qu'il est contre la peine de mort même si lui-même serait prêt à tuer l'assassin de sa fille si cela lui arrivait. Le film, rondement mené avec des surprises est un peu trop lisse (comme les acteurs, dont Ryan Gosling que l'on peut voir également dans "Drive"). La politique n'est traitée qu'en surface et les réflexions et les relations ne restent qu'à fleur de peau.



Les Marches Du Pouvoir (The Ides of March) -...

Du côté français, par contre, avec "L'exercice de l'Etat" de Pierre Schoeller, avec Olivier Gourmet qui "habite" ce ministre qui doit se battre sur tous les fronts et Michel Blanc, son "ami" et directeur de Cabinet, la politique est plutôt une affaire de "tripes" que de négociation, même si le "discours" politique semble plus construit sur la réflexion. On rentre plus dans le fonctionnement de ces mécanismes et on se met à les comprendre dans leurs particularités. Et on suit avec plus d'intérêts ces destins d'hommes que l'on sent plus proches de nous. 



L'exercice de l'État (Pierre Schoeller, Cannes...


Bon Cinéma


La Fleur du Dimanche