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dimanche 28 février 2021

Dans les vergers avec Philippe Jaccottet et Rilke et puis Marguerite et Hélène

Le printemps est là, enfin presque... Les fleurs sortent, les nivéoles, les perce-neige, les crocus de toutes les couleurs, les magnolias se préparent à fendre et éclater leurs bourgeons-carapace. 

Niveoles - Photo: lfdd


Les fleurs des vergers aussi, un peu plus au Sud. Et concernant les vergers, une pensée émue à un immense poète qui vient de nous quitter à 95 ans, Philippe Jaccottet.

Je vous avais offert un extrait de son texte "Méfie-toi des images. Méfie-toi des fleurs.extrait de son livre "A travers un verger":

"Méfie-toi des images. Méfie-toi des fleurs. Légères comme les paroles. Peut-on jamais savoir si elles mentent, égarent, ou si elles guident? Moi qui suis de loin en loin ramenées à elles, moi qui n'ai qu'elles ou à peu près, je me mets en garde contre elles. Quand on vieillit, le regard intérieur se fait myope. On rêve moins. On devient plus avide et plus avare. On vieillit quand on commence à se retourner."

En hommage, je vous offre aussi le premier poème de Verger de Rilke, un poète qu'il appréciait beaucoup.

Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent...
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,
monte et se décide
à ne plus revenir ;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s'unir ?


Crocus bleu - Photo: lfdd


Il a d'ailleurs écrit un livre sur lui intitulé Rilke où il dit:

"René Rilke, c'est Rilke avant Rilke, non pas un génie précoce, mais un jeune homme sensible qui écrit par don naturel et pour s'opposer à ce qui l'a blessé : la médiocrité du milieu, la raideur de son père, la frivolité et la bigoterie de sa mère, la brutalité de l'Ecole militaire ; et puis aussi toute la détresse humaine, devinée de loin...

C'est l'adolescent qui se promène dans Prague un iris à la main, parce qu'il a l'âge maladroit où l'opposition prend volontiers les formes les plus extérieures, les plus voyantes. C'est un être meurtri, mal préparé en effet à la vie ; mais il dispose de cette arme qu'il a opposée dans son tout premier texte à l'épée : la plume."


Crocus jaune - Photo: lfdd


Et je vous offre un autre poème extrait de "A travers le Verger":

"Comment se fait-il que nous puissions fermer les yeux et garder en nous le visible ? Et ne nous serait-il pas permis, et même intimé, de faire comme l'anémone qui se referme, au soir, sur ce qu'elle a absorbé de jour, et se rouvre le lendemain un peu plus grande?"

Et Marguerite, allez-vous me dire, "Et Marguerite?", ben Marguerite, c'est Duras, et une de ses dernières interview, dans le documentaire "Marguerite Duras, l'écriture et la vie" de Lise Baron où elle dit:

"Ecrire, c'est ne rien dire...

C'est écrire.

Un écrivain, c'est muet !

C'est impossible de parler d'un livre à quelqu'un..

C'est vraiment une nuit.

C'est la nuit, un livre c'est la nuit, oui.

Ca va me faire pleurer,

Je ne sais pas pourquoi!


Bon, on ne va pas pleurer, mais je vous offre des scilles:

Scilles - Photo: lfdd



Autre hommage, c'est à Hélène Partin qui vient de nous quitter également, un peu moins connue qu'Anne Sylvestre, mais une grande femme également, la voilà qui chante Aragon - Chanson noire:



Et puis Mes amis mes amours 



Hélène Martin d'après Jean Genet - Le condamné à mort:




A suivre...


Bon Dimanche


La Fleur du Dimanche

dimanche 3 mars 2019

Ne passez pas votre chemin, mais voyagez pour rencontrer l'autre... même à côté de chez vous

Depuis janvier, je voulais vous parler de quelque chose, de quelqu'un...
J'en ai parlé à des amis, j'ai partagé ma pensée, ma réflexion, le message est passé, mais pas encore sur mon blog même si la Fleur continue son chemin...
Entretemps, le printemps pointe son nez, mais d'autres éléments fleurissent et qui font peur.
Pas cette violette qui pointe déjà son nez:


Violettes du printemps - Photo: lfdd

Ni ces crocus:


Crocus du printemps - Photo: lfdd


Que vient visiter une première abeille (c'était dimanche dernier):


Crocus du printemps - Photo: lfdd

Ou ces perce-neige de saison:


Perce-neige du printemps - Photo: lfdd


Non, ce qui me fait peur, me révolte, et en même temps m'interroge, c'est une certaine ambiance qui s'installe dans notre société et qui me rappelle les mots du pasteur Martin Niemöller:

"Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester."

Ou l'autre version:

"Ils sont d'abord venus chercher les socialistes, et je n'ai rien dit
Parce que je n'étais pas socialiste
Puis ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n'ai rien dit
Parce que je n'étais pas syndicaliste
Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n'ai rien dit
Parce que je n'étais pas juif
Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre."

Oui, la question est: que faire, comment faire, comment réagir à ce qui se passe, que nous savions que cela allait se passer...
Que justement, déjà en janvier, Delphine Horvilleur expliquait dans Libération le 9 janvier dans son interview par Anne Diatkine: "L'antisémitisme n'est jamais une haine isolée, mais un premier symptöme d'un effondrement à venir" à l'occasion de la sortie de son livre "Réflexions sur la question antisémite".

Pour TVA, je vais vous proposer une blague juive citée par le magazine gratuit strasbourgeois Mix en clôture de l'interview de Delphine Horvilleur:
"Toutes les fêtes du calendrier juif peuvent être résumées en trois phrases: Un: Ils ont voulu nous tuer. Deux: On a survécu. Trois: Qu'est-ce qu'on mange?"

J'aime bien manger, mais je préfère - je dois aimer la complexité -l'autre blague juive qu'elle cite dans Libération: 
"Si vous posez une question à deux juifs, vous aurez au moins trois réponses." 

Et des réponses, c'est vrai il n'y en a pas qu'une à toutes les questions... Et des questions, il y en a...

Je pense d'ailleurs que ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'en général, les gens n'arrivent pas à (se) poser les questions....

Je vous rapporte quelques éléments de réponse, quelques pistes de réflexions que Delphine Horvilleur nous offre dans l'interview d'Anne Diatkine:
   
"L’antisémitisme n’est jamais une haine isolée, mais le premier symptôme d’un effondrement à venir. Il est bien souvent la première exposition d’une faille plus large, mais il est rarement interprété comme annonciateur au moment où il frappe. Les attentats de novembre 2015 suivent de quelques mois la prise d’otages à l’Hyper Cacher de Vincennes et de quelques années la tuerie à l’école juive de Toulouse. Mais, évidemment, en 2012, personne ne peut le formuler ainsi. Depuis cette date, une question me hante : pourquoi, lorsque furent assassinés des enfants dans une école, la France n’était-elle pas dans la rue ? Etait-elle anesthésiée, aveuglée ou indifférente?"

...

"On entretient une confusion en associant racisme et antisémitisme et à moins d’entrer dans une compétition victimaire, il ne s’agit pas de dire que l’un est plus grave que l’autre. Le racisme est souvent affaire de complexe de supériorité: je posséderais quelque chose qu’un autre n’a pas ou moins que moi. L’antisémitisme, au contraire, se construit sur une forme d’infériorité ressentie. On reproche aux juifs d’être plus ou d’avoir plus. Le juif est toujours accusé d’avoir un peu trop de pouvoir, ou bien d’être trop proche du pouvoir - on l’a entendu ici et là dans des slogans antisémites scandés en marge des manifestations des gilets jaunes. On soupçonne les juifs d’avoir un peu trop le contrôle, l’argent, la force et la baraka. Il y a toujours l’idée que le juif est là où je devrais être, qu’il a ce que je devrais avoir, qu’il est ce que je pourrais devenir. Peu importe que cela soit un fantasme. Peu importe qu’on puisse démontrer qu’il y a des juifs pauvres, qui n’ont ni influence ni pouvoir. Rien ne pourra ébranler cette conviction délirante, qui permet à certains de colmater les fêlures de leur existence. Dans tous les discours antisémites à travers les siècles, le juif représente la porosité ou la coupure qui empêche de se sentir en complétude. Quand un groupe ou une nation se perçoit en faillite, l’antisémitisme est l’énoncé le plus classique de sa tentative de reconstruction. C’est une consolidation identitaire qui se fait sur le dos d’un autre."

...
"S’il y a une leçon très forte du judaïsme, c’est que l’identité pure, authentique et statique n’existe pas. Tous ces récits fondateurs racontent l’histoire de gens qui partent du lieu où ils sont nés car ils ont le devoir de ne pas être identique à ce qu’ils étaient. Leur véritable identité est d’avoir quitté leur identité. Abraham accède à son destin quand il quitte la Chaldée de sa naissance. Le peuple des Hébreux naît en sortant d’Egypte. La souche de la pensée juive, c’est qu’il ne faut pas être identique à sa souche. On est soi, quand on est sorti de sa matrice, quand quelque chose en nous s’est mis en route, à partir de sa naissance. Je comprends très bien qu’en ces temps de mondialisation, la quête de la pureté soit attractive.



Bon, brassons les cultures et mettons un peu de Yiddish dans les chansons

Les années d'enfance à Cracovie pour commencer:





En passant par la Yiddishe Mama d'Aznavour




Ou la version de Billie Holliday




Puis Barbara Streisand





Et pour finir avec Ederlezi et Goran Bregovic



Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 19 mars 2017

Cueco n'a plus la patate, et Parra? Chut ! mais Gracias à la vida et vole l'hirondelle rouge

Les nouvelles tombent (tombe), Henri Cueco et Angel Para chutent, et Jean-Michel Maulpoix  - dont je citais "L'instinct de ciel" dimanche dernier dans mon TVA - vient de terminer  un livre "L’Hirondelle rouge" sur son père qui vient de mourir en novembre. Mais tout d'abord, place à la fleur (aux fleurs) du jour...

Les premiers crocus sont sorti sous le soleil printanier, blancs comme neige:


Crocus blancs de printemps - Photo : lfdd

 Ils se colorent de bleu du ciel (comme l'aime Maulpoix):


Crocus blanc et bleus de printemps - Photo : lfdd

Allons, un peu de hauteur !

Crocus blanc et bleus de printemps - Photo : lfdd

Mais ne montons pas trop haut (au ciel)!

Cela nous amènerait à notre TVA du jour: 
Eric Chevillard qui tient un feuilleton littéraire dans le Monde des livres titre sa chronique: "Une histoire de noir" dans laquelle il révèle: "En cette seule rentrée, trois auteurs consacrent un livre à leur père disparu : Pierric Bailly (L’Homme des bois, POL), Philippe Le Guillou (Novembre, Gallimard) et Jean-Michel Maulpoix, lequel évoque aussi sa mère dans ce poème d’adieu, L’Hirondelle rouge, qui emprunte son titre à un tableau de Joan Miró." il rajoute "Le père de Jean-Michel Maupoix s'est éteint en novembre, comme celui de Philippe le Guillou, et comme le mien, si je peux me permettre cette confidence".
Plus loin, à propos du titre du livre de Maulpoix:
"Et plutôt que le corbeau et les autres oiseaux de malheur, il préfère suivre suivre le vol de l'hirondelle, "joueuse et pressée de revivre après les pluies froides"".
Sa leçon de ce deuil: "Apprendre à disparaître n'est en définitive rien d'autre qu'apprendre à aimer ce monde jusqu'au bout. Je ne veux pas d'une vie dont il manquerait un morceau."


Donc croquons la pomme (de terre) de Cueco jusqu'au bout !

"Les pommes de terre ne répondent jamais, disait Cueco, elles opposent un silence paisible aux question qu'on leur pose..."
Le suite est ici:
https://soundcloud.com/search?q=cueco%20pomme%20de%20terre

Après Cueco, silence...

Silence pour Angel Para, qui fait chut et qui s'est trouvé une nouvelle patrie "Yo tuve una patria"




Yo tuve una patria,
también tuve un cielo,
tuve lluvia y cobre,
trabajo y desierto.

Hoy tengo una guitarra,
tengo un canto nuevo,
tengo un gran hermano
que se llama Pueblo.

Tengo unos amigos,
pocos, pero buenos,
tengo mi aguardiente,
lápiz y cuaderno.

Con ellos dibujo
ardientes infiernos,
caminantes solos
y rosas de invierno.

Tengo algunos libros,
de historias y cuentos,
que de tarde en tarde,
a mis hijos leo.

Tengo una esperanza,
noches de desvelo,
tengo un dolor grande
por lo que no tengo.


J'ai eu une patrie,
J'avais aussi un ciel,
J'ai eu la pluie et le cuivre,
travail et désert.

Aujourd'hui, j'ai une guitare,
J'ai une nouvelle chanson,
J'ai un grand frère

Il a appelé Pueblo.


Nous n'avons plus rien à rajouter que "Gracias à la vidaavec sa mère Violetta: 




Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 31 janvier 2016

El Cigala ayant chanté, les fleurs sont revenues, les histoires d'amour aussi...

Un boléro dans la nuit d'hiver, chaloupé, entraîne vers des rivages lointains, et convoque des souvenirs, pousse aussi à la découverte.

Les fleurs ont fait des tentatives, les mimosas, les crocus sont en avance et on se met à rêver de muguet et de lys....

Crocus de janvier 2016 - Phot: lfdd


Le flamenco sobre et profond d'El Cigalo chantant "La Historia de un Amor", magnifique est la porte ouverte vers des découvertes surprenantes.

Osez le Mimosa - Photo: lfdd

La première étant le nombre d'interprètes ayant chanté cette chanson - je vous en ai sélectionné quelques-un(e)s pour votre plaisir et votre découverte - il y en a bien qui vous étonneront ou surprendront ou vous plairont.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


Donc, ce jour ne sera pas l'objet d'une réflexion philosophique - pour changer un peu - mais l'occasion, après avoir admiré les fleurs d'un superbe vitrail vu au Musée d'Offenbourg - Museum im Rittershaus (allez-y, ce n'est pas loin et vaut le détour) d'avoir une écoute comparée de ce titre, "Historia de un amor" (Histoire d'un amour en espagnol) écrit en 1955 par l'auteur panaméen Carlos Eleta Almaran inspiré par la récente disparition de la femme de son frère.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


Bande-son du film mexicain éponyme de 1956 avec l'actrice Libertad Lamarque, elle devient rapidement un succès mondial. Elle a été interprétée par entre autres, Luis Mariano, Pérez Prado, Nicola Di Bari, Abbe Lane, Julio Iglesias, Angélica María, Nana Mouskouri, George Dalaras, Perez Prado, Laura Fygi, Iva Zanicchi, Eydie Gormé et Trio Los Panchos, Dizzy Reece, Guadalupe Pineda, Pedro Infante, Luz Casal, Ana Gabriel, Luis Miguel, Yasar, Lili Boniche, Los Tres Ases, Dany Brillant, Sargis Maghakyan Sr., Cesária Évora, Agnès Jaoui. Elle a aussi été traduite et interprétée en anglais, en français (Dalida, Gloria Lasso), en russe intitulée Pervaya vstrecha, en polonais intitulée Moje zycie, twoje zycie (chantée par Stanislawa Celinska), en arabe intitulée Dak El-Mahroum écrite et chantée par Cheb Hasni, en persan et en chinois intitulée "wo de xin li zhi you ni mei you ta" chantée par Jin Ting (1960) et Leslie Cheung.

Fleurs - Vitrail - Eugen Boerner - Musée Offenburg - Photo:lfdd


En voici donc quelques versions.

D'abord par l'interprète originale Libertad Lamarque: 




La Historia de un Amor 

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 
para hacerme sufrir más 

Siempre fuiste la razón de mi existir 
Adorarte para mí fue religion 
Y en tus besos yo encontraba 
El calor que me brindaban 
El amor y la pasión 

Es la Historia De Un Amor 
Como no hay otro igual 
Que me hizo comprender 
Todo el bien, todo el mal 
Que le dió luz a mi vida 
Apagándola después 
Ay, qué vida tan oscura 
Sin tu amor no viviré 

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 
para hacerme sufrir más 

Es la Historia De Un Amor 
Como no hay otro igual 
Que me hizo comprender 
Todo el bien, todo el mal 
Que le dió luz a mi vida 
Apagándola después 
Ay, qué vida tan oscura 
Sin tu amor no viviré

Ya no estas mas a mi lado, corazón 
En el alma sólo tengo soledad 
Y si ya no puedo verte 
porque Dios me hizo quererte 

para hacerme sufrir más"


Luz Casal - Historia de un Amor





Guadalupe Pineda - Historia de un Amor:






Dalida - Histoire d'un amour (Historia de un amor) - 1957





Histoire d'un amour

Mon histoire c'est l'histoire d'un amour
ma complainte c'est la plainte de deux coeurs
un roman comme tant d'autres
qui pourrait être le votre
gens d'ici ou bien d'ailleurs

C'est la flâmme qui enflâmme sans bruler
C'est le rêve que l'on rêve sans dormir
Comme un arbre qui se dresse
Plein de force et de tendresse
Vers le jour qui va venir

Refrain
C'est l'histoire d'un amour, éternel et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure ou l'on s'enlace celle ou l'on se dit adieu
Avec les soirées d'angoise et les matins merveilleux

Mon histoire c'est l'histoire qu'on connait 
Ceux qui s'aiment jouent la même je le sais
Et tragique ou bien profonde
C'est la seule chanson du monde
Qui ne finira jamais.

C'est l'histoired'un amour 
Qui apporte chanque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure ou l'on s'enlace celle ou l'on se dit adieux
Avec des soirées d'angoisse et les matins merveilleux

Mon histoire je le sais
Mais naïve ou bien profinde
C'est la seule chanson du monde 
Qui ne finira jamais 
C'est l'histoire d'un amour"


Historia de un amor - Cesaria Evora  avec de superbes images de Garik Manukyan:



Et une autre version:





Gloria Lasso - histoire d'un amour - 1958:




Historia de un amor par Laetitia Casta: 


 



Et en chinois :





Et pour finir, Richard Galliano - Historia de Un Amor:





Et le maître "Diego el Cigala":



Bon dimanche

Le Fleur du Dimanche

dimanche 8 mars 2015

Pour la Journée de la femme, un bouquet de crocus et de Bourvil

Le soleil revient pour fêter dignement la journée de la femme - bien qu'il faudrait la fêter tous les jours, alors revenez-y et goûtez aux bouquets....

D'abord les crocus assis sur la pelouse:

Crocus sur la pelouse - Photo: lfdd

Allez, un peu plus près:

Crocus sur la pelouse - Photo: lfdd


Et pour illuminer la chanson de Bourvil, une dernière:

Crocus sur la pelouse - Photo: lfdd



Le lien est ici:
https://youtu.be/7-iSpZSxYDA?si=SFqJJQphRTRyY4Vn





Prends Mon Bouquet:

J’ador’ Marguerite avec candeur,
Je lui parle un langage de fleurs
Je l’appel’ Paqu’rett’ aux yeux pervench’,
J’suis son Narciss’ tous les dimanch’s
Mon amour se passe avec délic’, (des lys)
Un soleil qui n’a rien de factic’,
Pour ell’ je compos’ des p’tits bouquets
Dahlia, Jasmin ou Muguet

Prends mon bouquet, mon p’tit bouquet 
Mon petit bouquet de muguet,
Prends mon bouquet, 
Mon p’tit bouquet,
Il est si beau et si bien fait.
Ca l’émotionne et aussitôt
Ell’ rougit comme un coqu’licot
J’vois tout en rose, 
J’lui dis : trésor, 
Dormons comme un p’tit bouton d’or,
Fais ton lit là (lilas), 
Marguerit’,
Pour ouvrir ton cœur bien vit’,
Donne moi la clef ma p’tit’, (clématite)
Au lit là (lilas), ah ! non, Narciss’,
Mes cheveux, ça les irriss’nt (iris) quand je suis avec toi au lit.
Prends mon bouquet , mon p’tit bouquet,
Mais ell’ me dit d’un air mauvais :
Ah ! chang’ de thêm’, t’as pas d’autr’ thême,
Jh’lui réponds c’est la crise en thême (crysanthème).

Ell' ne m'aim' pas, malgré mes bouquets,
Ell' me trouv' trop gros et j'lui déplais. 
C'est p't'êtr' pour ça qu'ell' m’a dit : crocus, 
Me griffant avec un cactus. 
Je faisais des gest's par-ci, par-là, 
Comme un pauvre mime, un mimosa. 
D'émotion J'bé..bégayais comm' ça, 
J'avais l'air d'un vrai bégonia.

Plus de bouquets , de p'tits bouquets, 
Plus de bouquets, ah ! quel regret, 
Je sens un poids sur mon p'tit cœur, 
C'est pour moi un pois de senteur. 
J'ai des pensées plein's de soucis,
Le cœur piqué par des orties,
Les gens me dis'nt; mon pauvr' Narciss’,
Tu boud’s, tu lip's (tulipe) comme un jocriss'. 
Anémié comme anémon', 
J'erre à pied comme un pauvre homm',
J'erre ici et géranium, 
Je m'en vais parmi les plain's, 
Mais à pied, j'ai beaucoup d'pein'. 
J'vais ach'ter un cycle amèn’ (cyclamen) 

Et je cueill’rai des p'tits bouquets 
Et puis je me les offrirai, 
Car Marguerite, mauvaise enfant, 
Ne vaut pas un pétunia blanc. 
Myo... Myo...Myosotis!"


Bon Dimanche, belle fête à tous

La Fleur du Dimanche

dimanche 9 février 2014

Pavot - ou paroles - d'hiver et l'Arbre et son éranthe

Les arbres nous suivent, les fleurs aussi bien sûr.

Dimanche dernier, alors que je venais d'apprendre - grâce à Béatrice - le nom des fleurs jaunes du Jardin Botanique de Strasbourg, une ballade à Baden-Baden nous remet en face de ces éranthes, ou Hélléborines, ou Aconits d'hiver que je ne pensais pas si mobile. Les arbres non plus...


Eranthe - Photo: lfdd


Avec la viorne d'hiver, l’hellébore et le jasmin d'hiver et bien sûr le mimosa, ce sont les quelques fleurs que l'on peut voir en hiver. Mais quelle surprise de voir également de perce-neige et les premiers crocus du parc....


Perce-neige - Photo: lfdd


Il est vrai que ces crocus sont courageux - l'année dernière nous les avons débusqués le 7 avril!


Crocus - Photo: lfdd


Et là, ils semblent être un peu frigorifiés et se serrent comme de petits soldats.


Crocus - Photo: lfdd


Mais ils ne savent pas le bonheur qu'ils ont, comparé au pavot arctique -Papaver radicatum - qui pousse sur l'île la plus septentrionale du Groenland Kaffeklubben. Ce dernier attend le soleil pendant six mois et ne doit pas avoir très chaud, même si la banquise fond... - y verra-t-on des orchidées bientôt?


Pavot arctique - Photo: Denis Bruneau - 1989 - CCDMD - Le Monde en Images


Il suffit de rêver - ou de chercher... Chercher, ou plutôt, c'est ce que conseille Charles Juliet dont le dernier livre - le journal 1997-2003 dont le titre est "Apaisement" vient de paraître. Je vous offre en guise de TVA deux textes, l'un paru dans "Accueil", le suivant dans son précédent journal (Tome VI) - "Lumière d'Automne".


"Un jour, alors qu’on n'avait plus d’espoir de la trouver, la source est là, au bout du sentier. La voix parle clair. La semi-obscurité a fait place au jour. L’être sait de toute certitude qu’il a vaincu la peur. Qu’il n’a plus à chercher."

"Quand une oeuvre nous touche au vif, un dialogue s'instaure au plus secret de nous-même, entre l'auteur et nous. Il devient un ami comme nous n'en aurons jamais. Il va imprimer sa marque sur notre sensibilité, sur notre pensée, nous accompagner parfois à chaque instant de notre vie. Des mots nous pénètrent, nous font découvrir en nous des recoins inconnus, remuent des émotions enfouies, aiguisent le meilleur de nous-même.

Et voici l'homme et sa parole:






Pour terminer en clin d'oeil, à Raymond qui a retrouvé une chanson des Enfants Terribles dont le chanteur-auteur-compositeur, Alain Féral, nous a quitté le 24 décembre dernier.

Allez, un moment de Nostalgie...

Les Enfants Terribles - Quand mon arbre
Paroles et musique Alain Féral

"Quand mon arbre n'aura plus l'air
Qu'il faut aux arbres pour avoir l'air
D'un arbre vert
Quand mon arbre n'aura plus d'aile
Pour s'être mis de quelques feuilles
En peine de deuil
Quand mon arbre n'aura plus l'air d'un arbre
Et déjà plus l'air d'un air
J'écrirai ma chanson d'hiver"


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 7 avril 2013

Parterres de fleurs de printemps à Baden-Baden

Le printemps arrive plus tôt dans une ville thermale. Serait-ce parce qu'il y a des sources d'eau chaudes ?
En tout cas, à Baden-Baden, si vous voulez voir le printemps avant l'été (voir notre post du 1er avril), c'est le moment d'y faire une virée.


Crocus à Baden-Baden - Photo:lfdd

Vous n'êtes pas obligé de loger au Brenner Park Hotel - sauf si vous voulez vous mettre dans la peau d'un "estivant" perdu avec quelques russes congénères... - d'autant que leur offre de "printemps est terminée (voir ici: 3 nuits en magnifique chambre double à 1050 Euros par personne), pas une raison de vouloir faire du camping sur la pelouse (les nuits sont encore fraîches).


Scilles de Sibérie à Baden-Baden - Photo: lfdd

Vous risquez de vous retrouver nez-à-nez avec des lapins farceurs qui cachent les oeufs de Pâques et jouent avec leur ombre...


Lapin Nijinski sur globe en miroir - Barry Flanagan - Baden-Baden - Photo: lfdd
  A  propos de ces lapins, deux questions:
Savez-vous de qui ils sont ?
Et où ils sont cachés?

Si vous avez trouvé, vous avez le droit d'aller visiter l'exposition de Matta dans le Musée Frieder Burda (voir le post du 3 avril). 
Tant que vous êtes à vous balader, jetez un coup d'oeil aux merveilleux dessins de Maria Sybilla Merian (son nom vous dit quelque chose?) dont c'était les 150 ans de sa naissance cette semaine (le 2 avril).

Avant de vous laisser avec les 3 TVA, une dernière fleur et un question: Comment s'appelle cette fleur qui fleurit également dans le parc de Baden-Baden?


Fleur du Parc de Baden-Baden - Photo: lfdd

Pour finir en poésie, le TVA vous offre deux poèmes rares...

"La nuit pour faire oublier
ce jour qui dura si peu
remue d'aveugles paroles
comme en chuchotaient les brises
quand la vie préfigura
ce que comprendrait notre âme
d'à peine audible"

Jean Grosjean - Une voix, un regard - textes retrouvés


"Ce que tu aimes bien demeure,
Le reste est déchet
Ce que tu aimes bien ne te sera pas arraché
Ce que tu aimes bien est ton véritable héritage
A qui est le monde, à moi, à eux
Ou bien n'est-il à personne ?"

Ezra Pound - Canto N° 81



Et un hommage à Fred, le créateur de Philémon qui nous a quitté cette semaine que je vous invite à découvrir sur le post d'hier:
http://lafleurdudimanche.blogspot.fr/2013/04/fred-derniere-image-ou-va-le-train-ou.html


Fred  - le corbac aux baskets

Ce sera le dernier TVA du jour

Bon dimanche

Le Fleur du Dimanche