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dimanche 10 février 2019

L'hiver ne sera jamais ce qu'il a été... Hommage à Tomi Ungerer

L'hiver ne veut pas finir...

Même les feuilles de  jonquilles font croire qu'elles fleurissent:


Jonquilles - Photo: lfdd

Alors qu'elles ne sont qu'en bouton:


Jonquilles - Photo: lfdd

Mais les perce-neige ont fait leur chemin


Perce-neige - Photo: lfdd

Les nivéoles sont belles:


Nivéoles - Photo: lfdd

Et les Roses de Noël le sont encore.


Hellébores - Photo: lfdd


Et les contes de Noël pour petits et grands se terminent un jour.

Un sacré "Botaniste" nous a quitté, alors, en images et en citations (TVA), rendons hommage à Tomi Ungerer qui est parti...




Quelques mots de l'humour acerbe du grand artiste qui disait:
"Je fais des livres d'enfant pour qu'ils se révoltent contre leurs parents ... par l'imagination".

"On ne sera jamais ce que l'on est et l'hiver ne sera jamais ce qu'il a été."

"Le passé décomposé fertilise le futur."

"Le vice innocent est le comble de la vertu."

"Entre le néant et le vide, je choisis le vide où il y a de quoi remplir.
Il faut prendre des risques pour jouir du péril.
Au secours, j'ai encore dit des conneries !"

"Il n'y a pas d'antidote au préjugé, à la haine, à l'injustice, sinon la prise de conscience personnelle qui nous dicte nos devoirs."

"Je n'ai aucune chance de retomber en enfance, puisque j'y suis resté."

"La patience est souvent une forme de paresse."

"D'abord, on n'existe pas toujours, mais seulement tous les jours de notre existence. Et après? On risque d'aller exister ailleurs... Pendant le sommeil, on existe moins. C'est pourquoi le fainéant existe peu.
Exister, cela consiste à être conscient de sa présence sur terre et à agir en conséquence. Cela nécessite d'avoir les yeux grands ouverts!"


Voilà, Tomi est allé exister ailleurs... dans notre imagination...

Il est parti, comme Jean de la Lune:





Et petite surprise finale, connsaissiez-vous l'Abécédaire de Tomi Ungerer sur un texte de Boris Vian, chantés par Debout sur le Zinc:




Et la version "scène":

 



Et pour finir, "Un long Silence, après toi...."

Merci Debout sur le Zinc avec l'Arbre:

Je suis là planté au milieu du désert
Les pieds comme attachés
Les bras qui fendent l'air
Dois-je avouer ce que je cache
Je suis L'arbre planté au milieu du désert
Le regard embué
Et la rage sanguinaire
Après moi il n'a que du sable
Et ce long silence
Long silence après toi
Ecoute mon serment
Ecoute ma prière
Je suis si creux dedans
Et j'ai tant de colère
Je ne sais plus d'où je viens
Je cherche mon coeur
Je cherche ma faiblesse
Mon écorce est un leurre
J'ai la gorge si sèche
Je suis comme nu sous la mitraille
C'est un long silence
Long silence après toi
Comme un long silence
Long silence malgré moi
Quel est ce combat
Où commence la guerre
D'où me vient l'intuition que la lutte ne sert
Qu'à livré une autre bataille
Je suis là planté au milieu du désert
Les pieds comme attachés
Les bras qui fendent l'air
Dois-je avouer ce que je cache
Je suis un long silence
Long silence malgré moi
Comme un long silence
Long silence
Long silence après toi

 



Bon Dimanche 

La Fleur du Dimanche 

dimanche 1 mars 2015

Quand la neige fond, où va le blanc ? Il disparaît dans le perce-neige...

C'est encore l'hiver, vous l'aurez remarqué. Certains sont impatients de voir le printemps ou au moins un soleil chaud. Rassurez-vous, il va arriver, le soleil... 
D'ailleurs, à certains endroits, déjà les perce-neige percent la terre et pointent leur nez blanc dans l'herbe.
A ce propos, sachez que le perce-neige peut aussi être féminin et qu'au pluriel ils ou elles peuvent percer les neiges.

Voici donc un ou une perce-neige:




Et aussi des (ou des) perce-neige (ou perce-neiges).



Et pour en revenir avec la disparition du blanc, sachez que l'expression est attribuée à Shakespeare :
"When the snow melts, where does the white go?"

Phrase dont s'est emparée Remy Zaugg, artiste suisse (1943-2005) dans son tableau:

"Quand fondra la neige où ira le blanc" - Remy Zaugg

La référence de ce texte serait à chercher du côté de Casimir Malévitch, qui déclare à propos de sa composition  Carré blanc sur fond blanc (1918): "J’ai atteint le monde blanc de l’absence d’objets." Il ne faut pas voir dans cette absence "le vide du néant, mais la plénitude d’une présence supra essentielle."

Une piste pour le 
sociologue strasbourgeois, David Le Breton dont le dernier livre "Disparaître de soi"  analyse le rôle - et le résultat de l'arrivée du numérique. 
Apparemment, c'est un grand danger pour notre jeunesse. 

Je vous en offre en guise de TVA, quelques extraits: 

"Le virtuel n'est pas un néant mais plutôt une absence au monde des relations sociales avoisinantes au profit de relations numériques, donc sans voix et sans visage [...].
Le monde imaginaire adolescent est peuplé d'avatars intérieurs : les personnages multiples et provisoires qu'il se construit ou qu'il fantasme autour de sa personne, et qui rencontrent pour le meilleur ou pour le pire la complaisance des avatars du monde virtuel qui le concrétisent ou lui donnent un semblant de réel puisqu'ils sont parfois vécus comme un double de soi
Le virtuel exerce un effet narcotique au regard du lien social fondé sur les contacts, il affranchit du corps et de toutes les responsabilités liées à son statut singulier de personne, il faut un monde à lui tout seul, avec ses propres règles. D'où cette transe, cette dissolution de soi dans un univers surinvesti qui gomme provisoirement l'environnement social. L'adepte s'étourdit d'autant plus dans le jeu qu'il oublie son personnage social, se détache de toute attention, de tout attachement à cet égard. Il se donne tout entier à son activité. Et si l'on est le maître d'un monde réduit à une extension de soi modelé par un support technique, revenir au statut subalterne qu'inflige le lien social n'est pas toujours gratifiant. D'où la difficulté de s'extraire de l'extase du jeu et la hâte d'y revenir."

L'analyse me semble pertinente, mais il faudrait pouvoir creuser, ne serait-ce que de pouvoir comparer la construction de l'imaginaire avant et après le numérique, ainsi que les aspects structurants de la projection et de la relation dans les aspects ludiques et relationnels avec ces outils, pour ne pas se retrouver comme ua XIXème siècle quand certains critiquaient l'arrivée de l'automobile ou le chemin de fer - je plaisante, mais si peu...

Pour rester très optimistes, je vous offre une chanson également en relation avec le titre du billet en double version très archéologique (le numérique n'avait pas encore frappé à cette époque !): Perce Neige de Jean-Louis Murat.

En voici la V1:



Et la là V2:


Jean-Louis Murat "Perce-neige"

et les paroles:

Perce Neige :

"Ce jour, mon coeur se mit à saigner
Comme le lapin de garenne,
Qu'il vous fallut un jour égorger
Pour sacrifier à la haine.

Court le renard, court la fiancée,
Non, nous ne vivions pas un rêve.
Même si les frimas épargnent les blés,
Jamais ne cessera ma peine.

Notre troupeau devait donner du lait au goût
De réglisse et d'airelles.
Quand ce souvenir vient m'attrister,
Je pense à vous perce-neige.

Alors de la Godivelle à Compains,
On me jure que c'est sortilège.
Que si Belzébuth habite mes reins,
Je peux dire adieu à perce-neige.

Peine perdue pour aimer mon prochain,
Je ne suis plus que congère.
Mon âme triste s'étire au loin
Comme s'étire au loin la jachère.

Rien n'est important, j'écris des chansons
Comme on purgerait des vipères.
Au diable mes rêves de paysan,
Je ne veux plus que cesse la neige.

Si un jour béni qu'à dieu ne plaise
Devait voir cesser nos misères,
Votre assomption mon adorée
Nous aura plongés en enfer."



Bon dimanche

Le Fleur du dimanche

dimanche 9 février 2014

Pavot - ou paroles - d'hiver et l'Arbre et son éranthe

Les arbres nous suivent, les fleurs aussi bien sûr.

Dimanche dernier, alors que je venais d'apprendre - grâce à Béatrice - le nom des fleurs jaunes du Jardin Botanique de Strasbourg, une ballade à Baden-Baden nous remet en face de ces éranthes, ou Hélléborines, ou Aconits d'hiver que je ne pensais pas si mobile. Les arbres non plus...


Eranthe - Photo: lfdd


Avec la viorne d'hiver, l’hellébore et le jasmin d'hiver et bien sûr le mimosa, ce sont les quelques fleurs que l'on peut voir en hiver. Mais quelle surprise de voir également de perce-neige et les premiers crocus du parc....


Perce-neige - Photo: lfdd


Il est vrai que ces crocus sont courageux - l'année dernière nous les avons débusqués le 7 avril!


Crocus - Photo: lfdd


Et là, ils semblent être un peu frigorifiés et se serrent comme de petits soldats.


Crocus - Photo: lfdd


Mais ils ne savent pas le bonheur qu'ils ont, comparé au pavot arctique -Papaver radicatum - qui pousse sur l'île la plus septentrionale du Groenland Kaffeklubben. Ce dernier attend le soleil pendant six mois et ne doit pas avoir très chaud, même si la banquise fond... - y verra-t-on des orchidées bientôt?


Pavot arctique - Photo: Denis Bruneau - 1989 - CCDMD - Le Monde en Images


Il suffit de rêver - ou de chercher... Chercher, ou plutôt, c'est ce que conseille Charles Juliet dont le dernier livre - le journal 1997-2003 dont le titre est "Apaisement" vient de paraître. Je vous offre en guise de TVA deux textes, l'un paru dans "Accueil", le suivant dans son précédent journal (Tome VI) - "Lumière d'Automne".


"Un jour, alors qu’on n'avait plus d’espoir de la trouver, la source est là, au bout du sentier. La voix parle clair. La semi-obscurité a fait place au jour. L’être sait de toute certitude qu’il a vaincu la peur. Qu’il n’a plus à chercher."

"Quand une oeuvre nous touche au vif, un dialogue s'instaure au plus secret de nous-même, entre l'auteur et nous. Il devient un ami comme nous n'en aurons jamais. Il va imprimer sa marque sur notre sensibilité, sur notre pensée, nous accompagner parfois à chaque instant de notre vie. Des mots nous pénètrent, nous font découvrir en nous des recoins inconnus, remuent des émotions enfouies, aiguisent le meilleur de nous-même.

Et voici l'homme et sa parole:






Pour terminer en clin d'oeil, à Raymond qui a retrouvé une chanson des Enfants Terribles dont le chanteur-auteur-compositeur, Alain Féral, nous a quitté le 24 décembre dernier.

Allez, un moment de Nostalgie...

Les Enfants Terribles - Quand mon arbre
Paroles et musique Alain Féral

"Quand mon arbre n'aura plus l'air
Qu'il faut aux arbres pour avoir l'air
D'un arbre vert
Quand mon arbre n'aura plus d'aile
Pour s'être mis de quelques feuilles
En peine de deuil
Quand mon arbre n'aura plus l'air d'un arbre
Et déjà plus l'air d'un air
J'écrirai ma chanson d'hiver"


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche

dimanche 11 mars 2012

Le croquis du Crocus: Merci et vivent les Fleurs du Dimanche


Vous êtes formidable, ce sont vos fleurs maintenant qui sont offertes et transmises à tous.
Les premières, cadeau d'Alexis pour sa grand-mère, à l'occasion de la fête des grand-mère sont devenues un superbe croquis de "crocus et perce-neige" de Jean pour Martine, et qu'elle (et lui) vous offrent avec délicatesse.


Croquis de Crocus et Perce-Neige - Jean Jérôme


Les suivantes, réponse-miroir à l'hellébore de dimanche dernier de Béatrice, sont celle du jardin de Martine qui ont "surmonté" le gel - comme celle de François, et dont j'attend la photographie que son artiste de fille nous offrira, si l'hellébore est là encore.


Hellébore du jardin de Martine - Photo: Martine F.


Pour Martine, et pour tous les amoureux de la nature, je pense qu'il est temps d'aller voir les anémones sur la colline de Scharrachbergheim ou de Westhalten. Elles ont peut-être encore un peu froid, mais par le beau soleil qui s'annonce, elles devraient chercher cette lumière de fin d'hiver... 
L'année dernière elles étaient là le 6 mars.


Je profite de ce "retour en arrière" pour vous offrir, pour ceux qui ne l’auraient pas eue, la "rose des Femmes" du 8 mars et vous inviter à aller voir les expositions commencées ou à venir, dont celle de Madeleine Millot-Durremberger et In Extremis.


J'ai aussi le plaisir de vous annoncer le passage des 5.000 visiteurs et pour trois pages, celle des 100.
Le première étant celle du film sur Sherlock Holmes à Strasbourg
http://lafleurdudimanche.blogspot.com/2012/01/le-cinema-du-lundi-lexplosion-de.html

Le deuxième le mariage du coquelicot rouge et du mouton Bleu:
http://lafleurdudimanche.blogspot.com/2011/07/coquelicot-rouge-et-mouton-bleu.html

Elle a dépassé sur le fil notre célèbre "Fabiola", hélas disparue et sa quête par Francis Alÿs visible en mai dernier à Bâle au Musée Historique:
http://lafleurdudimanche.blogspot.com/2011/05/lexpo-du-mercredi-fabiola-la-peinture.html


En guise de TVA, un poème de Rainer Maria Rilke, cité récemment par l'artiste Clément Montolio:



"Combien a-t-on fait aux fleurs 
d'étranges confidences, 
pour que cette fine balance 
nous dise le poids de l'ardeur.


Les astres sont tous confus 
qu'à nos chagrins on les mêle.
Et du plus fort au plus frêle 
nul ne supporte plus


notre humeur variable,
nos révoltes, nos cris -,
sauf l'infatigable table
et le lit (table évanouie)."


Extrait de: Vergers (1924/1925).


J'en profite pour corriger une erreur commise à la lecture du poème: Il a été écrit en français par Rilke.




Bon Dimanche et belles ballades


La Fleur du Dimanche