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jeudi 14 mai 2026

Vingt ans après, des artistes réinventent le trésor de Preuschdorf - Une exposition à la Case, une galerie atypique à Preuschdorf

À La Case, à Preuschdorf, plusieurs artistes explorent l’idée du trésor à travers installations, performances, objets, lectures et œuvres plastiques, en résonance avec une histoire locale bien réelle : celle du Trésor de Preuschdorf découvert il y a vingt ans. 

Qui n'a, dans son enfance, rêvé de découvrir un trésor ?

Depuis le trésor L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson jusqu'au Trésor de Rackham le Rouge d'Hergé, publié en feuilleton dans le Quotidien Le Soir en 1943, quand le rédacteur en chef s'appelait Raymond de Becker (je ne l'invente pas), puis sous forme d'album en couleurs en novembre 1945, après la Libération.

Qui n'a pas, dans la même veine, rêvé de trouver une pièce d'or - à défaut d'un coffre ou d'une veine ou d'une mine d'or ? Il y a 20 ans, à Preuschdorf, un habitant du village a trouvé un trésor dans son jardin en voulant planter un prunier. Ce n'est donc pas pour des prunes qu'il a creusé. Ce Trésor de Preuschdorf, riche de 7327 pièces, racheté par le Conseil Général du Bas-Rhin (maintenant CEA - Communauté Européenne d'Alsace, et qui va peut-être encore changer de nom) est maintenant présenté au musée d'Art et d'Histoire de Haguenau.


Trésor de l'Autre-Forêt - Photo: Robert Becker


Pour célébrer l'anniversaire de cette découverte (en archéologie on appelle cela une "invention") Miriam Schwamm a conçu l'exposition Trésor de l'Autre Forêt en invitant quelques artistes à proposer des oeuvres sur cette cette notion de trésor — matériel, symbolique, intime, archéologique ou imaginaire. 

Joignant le geste à la parole, Miriam Schwamm a elle-même entrepris des fouilles dans son jardin avec l’aide du jeune Kilian Groll et de son détecteur de métaux. Plus de cinquante vestiges ont ainsi été exhumés : pièces de monnaie, capsules de bouteilles, clous, fer à cheval et autres fragments du quotidien composent ce « troisième Trésor de Preuschdorf », à la fois modeste, poétique et archéologique (le premier, qui date du début du XXème siècle a "disparu" entre temps).


Performance de Geneviève Charras dans les oeuvres de Miriam Schwamm - Photo: Robert Becker


Dans la Stub de La Case, le duo Julie Gonce et Roman Dörholt présente un remarquable travail à quatre mains mêlant bois tourné et verre soufflé. Ces objets précieux et délicats prolongent l’idée du trésor par le geste artisanal, la matière et la transformation. Julie Gonce a récemment reçu la Médaille d’Or – section sculpture – du Salon des Beaux-Arts de Paris 2025.

  

Julie Gonce - Roman Dönrholt


L'artiste Makis Yalenios, artiste originaire de Grèce et vivant maintenant à Strasbourg, qui avait exposé l'année dernière à Wissembourg dans le cadre des Chemins d'Art Sacré, montre ses trésors artistiques, des créations sur ardoises et une installation dans la cour (également avec des ardoises et de blocs de verre colorés) qui illustre une sorte de retour d'Ithaque, inspiré de l'art traditionnel japonais Kintsugi et du poème " Ithaque " du poète grec égyptien Constantin Cavafy. 


Performance de Geneviève Charras devant Ithaque de Makis Yalenios - Photo: Robert Becker


Une autre installation, fait référence à la destruction de l’ancienne bibliothèque de Strasbourg lors du bombardement de 1870, qui entraîna notamment la disparition du célèbre Hortus Deliciarum. Tubes de verre, fragments de bois et pages partiellement brûlées d'un dictionnaire de l'année 1870 composent une installation où la mémoire elle-même devient trésor fragile


Performance de Geneviève Charras devant l'oeuvre de Makis Yalenios - Photo: Robert Becker


Le long des murs sont également présentées plusieurs œuvres de Robert Becker autour de l’argent, de la monnaie et de la valeur symbolique des objets.


Trésor - Robert Becker


L’œuvre Trésor, une lithographie ancienne intégrée dans un cadre “kintsugisé”, associe une image pieuse à un assemblage de pièces de un et deux centimes formant le mot « TRESOR ». L’œuvre joue à la fois sur la valeur matérielle de la petite monnaie, son accumulation, mais aussi sur la notion de trésor spirituel ou familial. La présentation se matérialise sous forme de "pléonasme", les pièces formant ensemble le mot qui les définit "Trésor" qui résonnent en écho aux pièces de (petite) monnaie du "Trésor de Preuschdorf", lui aussi accumulation de "petite monnaie". 


Performance de Geneviève Charras devant Trésor - 20 Rouge - 20 Blanc -  Photo: Robert Becker


L’oeuvre interroge ainsi la valeur de l’argent (que vaut une masse – relative – de petite monnaie) et de l’art: que vaut une oeuvre d’art constituée de pièces qui ont une valeur marchande, même si elle est ridicule ? Cette valeur est-elle celle de la "présentation" (la mise en forme) ou celle du "concept" - un ready-made qui cherche autant du côté de Marcel Duchamp que des artiste conceptuels américains (Joseph Kosuth, Robert Barry, Laurence Wiener,…) ou, tout comme les Schlusselpfeninge, prendront ils de la valeur dans le futur ? L’oeuvre "Trésor" pose aussi la question du trésor "caché" et de son dévoilement par sa nomination dans un même mouvement. 

Ainsi, l’oeuvre répond aussi aux deux définitions du mot selon le dictionnaire du CNRTL – Centre National des Ressources Textuelles et Lexicale :

1. Somme d'argent considérée parfois comme importante parce qu'elle est le fruit d'économies, voire de privations (c’est relatif ! mais ça fait grossir le « cochon ») 

2. Collection d'œuvres considérées comme précieuses dans le domaine artistique


A côté sont exposées deux oeuvres "anciennes" (2010) les deux oeuvres 20 rouge et 20 blanc, une réflexion complémentaire sur l’argent, la monnaie et sa matérialité, ainsi que son sens premier et sa "transformation". Réalisées avec 20 billets neufs, respectivement de 20 Francs suisses et de 20 Euros sur lesquels a été tamponné le texte "ROUGE" ou "BLANC" derrière le 20, la date de l’action et numérotés de 1 à 20. Le chiffre 20 remplace le texte manquant et joue sur l’homonymie entre 20 et "VIN". L’action de recouvrir un billet de traces ou de signes peut, dans certains pays être considéré comme un délit, mais ce n'est pas la cas en Europe où le délit ne concerne que dans la contrefaçon ou la falsification. L’impression d’un texte sur un billet de banque n'est qu'un acte "iconoclaste"», la contestation du "sacré" du "Trésor National". Cette action peut se voir comme une "dévalorisation" du billet, tout comme elle peut rajouter une valeur artistique, donc financière, indépendante de la valeur "faciale" du billet. 


Trésor - 20 Rouge - 20 Blanc - Robert Becker


Ces modifications mettent le regardeur, éventuellement l’acheteur, devant l’interrogation de la valeur (ajoutée) de l’objet - que ce soit chaque billet individuel ou cette présentation d’exposition en assemblage de 20 et sa réalité. Le jeu sur le texte, qui lui renvoie vers un autre objet et concept, le vin, apporte à l’objet (oeuvre d’art, à la limite du Ready-made) une échappée vers l’imaginaire et d’autres sens: le goût, l’odeur et la vue. Ainsi perturbé, l’objet lui-même, sa perception, sa couleur et la métaphore qu’induit cette couleur, le message rajouté sur le billet, si minimal soit-il, incite ainsi considérer ce billet comme autre chose qu’un simple billet de banque: vecteur d’un message ou d’une interrogation (quel rouge, ou blanc, quel vin, vingt, vain, vainc ?). 

Une autre oeuvre, imposante (2 mètres 50 su 1 mètre 50), collage de divers billets, articles ou publicités qui se servent de l'argent sous la forme de billets plus ou moins transformés ou de pièces d'argent ou d'or, questionne également la matérialité et la réalité de l'argent et de son accumulation.


Papier Monnaie - Robert Becker


Quelques billets (imitations ou interprétations) donnent un dernier éclairage sur les transformation que l'objet "billet de banque" peut initier.

Et pour conclure dans la démesure, la pièce "Le milliard de la Bégum" présenté sous forme de devinette:


Le milliard de la Begum - Robert Becker


L’exposition se déploie ainsi comme une exploration multiple du trésor : trésor archéologique, trésor intime, trésor artistique, mémoire collective, objet de désir ou simple fragment du quotidien soudain réinvesti de sens.

Plusieurs rendez-vous ponctuent également l’exposition.

Le samedi 16 mai vers 16h00, Makis Yalenios et Michel Volmer proposeront une lecture du poème Ithaque.

Geneviève Charras, la « charivarieuse », interviendra également lors de plusieurs performances les 16, 17, 23 et 24 mai à 16h00 autour de variations personnelles sur le thème du trésor : Mon trésor est Publi, Mon trésor et République ou encore Cash-cash aux trésors.

Enfin, une édition spéciale intitulée TRESOR sera proposée autour de billets de cinq, dix et vingt euros transformés en objets artistiques, disponibles prochainement à la souscription.


La Fleur du Dimanche


P.S. Si vous voulez être informés des prochaines exposition ou actualités artistiques (3-4 mails par an) je vous invite à vous inscrire via le formulaire sous le lien ici à ma lettre d'information - et n'oubliez pas de confirmer cette inscription en renvoyant le mail qui vous sera envoyé par la plateforme Brevo - attention il peut se cacher dans les spams.

P.P.S. : Si vous souhaitez participer à une bourse de covoiturage (Strasbourg Preuschdorf), merci de m'envoyer un message avec les dates et le statut : passager et/ou conducteur ou les 2...


Informations pratiques

La Case
Exposition : Les Trésors de l’Autre-Forêt
Horaires
16 et 17 mai : 14h00 – 19h00
23 et 24 mai (Ateliers Ouverts) : 10h00 – 18h00
30 et 31 mai : 14h00 – 19h00
Entrée libre
Performances de Geneviève Charras
16h00 les 16, 17, 23 et 24 mai
Lecture d’Ithaque
samedi 16 mai vers 16h00 par Makis Yalenios et Michel Volmer



Horaires des performances de Geneviève Charras









dimanche 19 octobre 2025

Contrepoint à la Case à Preuschdorf : Art scénique et vieilles dentelles – Dans la solitude des champs de coton

 Il faut saluer l’engagement et la pugnacité de l’artiste Miriam Schwamm qui s’est installée il y a cinq ans déjà à Preuschdorf pour y ouvrir un espace d’exposition en Outre-Forêt, près de Wissembourg, qui offre quelques lieux d’expositions, et du Palatinat dont nous aurons peut-être l’occasion de parler un de ces jours. Non loin, il y a aussi la Villa-Eda où Eva Linder et Dominique Singer avec leur association font également un très beau travail d’irrigation du territoire. En ce qui concerne Miriam Schwamm, en cinq ans elle a non seulement transformé un bâtisse alsacienne en aménageant au fur et à mesure cinq espaces d’exposions en plus du bel et grand espace couvert de la grange, dont une salle de cinéma où elle organise régulièrement des projections. Mais elle a aussi mené le chantier de réhabilitation de l’ancienne mine de pétrole du Puit I de Peschelbronn pour en faire un espace d’exposition visible depuis le bord de la route dans l’ancienne maison du gardien. Et le couloir est ouvert lors des vernissages pour un accrochage spécifique. L’exposition actuelle est consacrée à l’artiste néocalédonienne Maeva Bochin qui est en résidence à la Case. Parce Miriam Schwamm a non seulement aménagé des espaces d’exposition, mais elle a aussi aménagé la maison pour permettre des résidences d’artiste - logements qui peuvent aussi être loués pour profiter du calme de l’environnement de cette magnifique région à découvrir si vous ne la connaissez pas encore. 


Galerie du Puit I à Preuschdorf - Maeva Bochin - Photo: Robert Becker


Dans la galerie du Puit I vous pouvez, avec Jean-Marc, découvrir une partie du travail de Maeva Bochin, un regard sur la nature et les esprits qui l’habitent, des photos d’installation éphémères in situ dans la nature avec des créatures-sculptures, des photos pleines de malice, de poésie et de fantaisie avec un regard tendre et naïf sur notre environnement. 


Galerie du Puit I à Preuschdorf - Maeva Bochin - Photo: Robert Becker


Un art écologique et respectueux qui en récoltant et en utilisant ce que nous offre l’environnement, la forêt, les plantes et les fleurs, le sublime et le célèbre. Et nous incite à découvrir nous aussi les beautés qui nous environnent. 


Galerie du Puit I à Preuschdorf - Maeva Bochin - Photo: Robert Becker


Un autre partie de son travail est exposé à la Case à Preuschdorf et l’on y découvre encore une fois cette capacité à marier des emprunts avec sa propre touche et les sublimer avec ses dessins et ses gravures. Un bel univers à voir jusqu'au 14 décembre. 


La Case à Preuschdorf - Contrepoint - Isabelle Thelen - Photo: Robert Becker


L’exposition Contrepoint s’inscrit en écho au Festival Point de Croix en partenariat avec La Maison rurale de l'Outre-Forêt à Kutzenhausen et la démarche d’Isabelle Thelen est tout naturellement bienvenue dans ce cadre. Son matériau, les vieux tissus et draps, ses bandelettes sur lesquelles elle brode des mots, des phrases et des citations originales apportent une lecture moderne et libératrice de la broderie. 

La Case à Preuschdorf - Contrepoint - Isabelle Thelen - Photo: Robert Becker


La Case à Preuschdorf - Contrepoint - Isabelle Thelen - Photo: Robert Becker


Entre réflexions et questionnements, elle stimule l’imagination et la mémoire et la perturbe ou la dynamite. Par ses installations qui lorgnent du côté des surréalistes, elle réinterprète le passé et nous convoque dans un temps parallèle onirique et ironique. Son installation dans la "Stub" fait resurgir un passé fantasmé.


La Case à Preuschdorf - Contrepoint - Françoise Maillet - Photo: Robert Becker


Françoise Maillet dont on a déjà vu ici le travail plastique avec des matériaux textile, dans sa dernière recherche creuse une piste à la fois oulipienne et mathématique avec ses Exponentielles pour créer des personnages, créatures avec différentes techniques: dessin, gravure et ses derniers travaux, des broderies sur tissus ou broderies existantes nous révèlent un petit monde, déclinaisons, entre sculptures et formes de robots, bien sympathiques. Et vous ne risquez pas de rater son Minotaure géant

Eva Linder, venue en voisine, expose de son côté non pas des peintures mais de très intéressantes petites sculptures dans une variété de bois originales. Et la maîtresse des lieux présente également un beau panorama de ses création où les découpages collages, impressions sur papier récupéré et monotypes de tous formats sont à découvrir. Jetez un coup d'oeil sur ses "bretzels volants" plein d'humour ou sa relecture des images pédagogiques et folkloriques qui décoiffent les cigognes et aussi sur son interprétation des objets touristiques traditionnels où elle se crée un panthéon automémoriel. Quelques autres œuvres d’artistes qui ont déjà été exposées ici (Pierre Gangloff, Jean-Marie Ganeval,  Stéphane Hammon,...) invités à complètent l’accrochage. 


Dans la solitude des champs de coton


En complément des expositions, il arrive que des performances soient organisées lors de vernissages (par exemple Geneviève Charras lors de son exposition personnelle des "Pétroleuses" ou lors d’autres expositions, ou celle d'Andrée Weschler pour la dernière exposition de Pierre Gangloff. 


La Case à Preuschdorf - Dans la solitude... Koltès - Jack Reinhardt - Michel Volmer - Photo: Robert Becker


L’événement autour du Point de Croix, par métonymie a fait germer l’idée d’un lecture du texte de Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton. Cette pièce, un des chef-d’oeuvre de Koltès qui date de 1985, raconte la rencontre de deux personnages, la nuit dans une endroit désert. L’un désigné par le "dealer", l’autre par le "client". C’est en fait la rencontre de deux solitudes et une sorte de combat, combat rhétorique et essai de prise de pouvoir de l’un sur l’autre. C’est à la fois un anti En attendant Godot, Godot serait arrivé, mais on ne sait pas pourquoi il est là. Et l'objectif pour le dealer est de connaître ce pourquoi, cette motivation – ou ce hasard – qui a occasionné cette rencontre. 


La Case à Preuschdorf - Dans la solitude... Koltès - Jack Reinhardt - Michel Volmer - Photo: Robert Becker


La rencontre de deux solitudes, ces deux hommes qui n’arrivent pas à s’accorder mais qui, non plus, n'arrivent à de parler. On y assiste avec jubilation, dans la langue poétique et riche de Koltès, loin de ce théâtre du quotidien que l’on voit fleurir sur scène où le vocabulaire est dépouillé jusqu’à l’os. C’est dire le plaisir que nous procure cette lecture d'un peu plus d’une heure qui nous permet de goûter, savourer cette belle et riche langue. De suivre ces manoeuvres d’approche et ces rebondissements, ces attaques et ces esquives, cette mise sur le grill et ces exercices d’amadouement. On y découvre la pensée en mouvement, les circonvolutions d’une réflexion en même temps que les multiples techniques de négociation et d’essais de rapprochement, tout en se rendant compte qu’aucun des deux protagoniste ne veut céder ni faire un pas, ni se dévoiler. 


La Case à Preuschdorf - Dans la solitude... Koltès - Jack Reinhardt - Michel Volmer - Photo: Robert Becker


Chacun défend son territoire, sa position, son intégrité ou son indépendance et ce pas-de-deux où tout rapprochement se conclut par une fin de non-recevoir. Et les essais de définir l’autre et ses motivations aboutissent tous à des dénégations pour finir par constater cette non-relation alors que pendant tout une heure ces deux solitudes ont échangé abondamment sur leur incapacité à s’accorder. Les phrases, amples et imagées, riches, inventives et somptueuses nous font jubiler à leur écoute et les deux comédiens qui nous en font une simple lecture nous plongent cependant totalement dans cet univers que nous visualisons sans peine. Michel Volmer pour le "dealer" de sa voix profonde et puissante incarne avec force le puissant, le maître, presque propriétaire de son bout de rue et en droit de questionner, de dépouiller le "passant", le client supposé. 


La Case à Preuschdorf - Dans la solitude... Koltès - Jack Reinhardt - Michel Volmer - Photo: Robert Becker


Jacky Reinhard, jongle entre le "maître de cérémonie", chef d’orchestre des pauses musicales et le "client" qui ne se laisse ni amadouer, ni se dévoiler, ni se soumettre. Il incarne, lui, ce personnage que nous pourrions nous retrouver à devoir défendre si, d’aventure nous étions dans la même situation. A avoir à nous justifier si, par hasard nous nous trouvions, un jour, à un endroit où nous ne serions pas le bienvenu, dans un quartier inconnu ou hostile, ou peut-être même à côté de chez nous, à un moment inopportun, non désirés. Et il en devient sympathique et nous inspire de l’empathie, comme pour un frère. 


La Case à Preuschdorf - Dans la solitude... Koltès - Jack Reinhardt - Michel Volmer - Photo: Robert Becker


Cette lecture, avec une sobriété de mise en scène réduite au maximum nous transporte pourtant par l’imaginaire dans un étrange voyage, dans un coin obscur de notre monde et des sentiments, dans une situation limite dont nous essayons de comprendre les enjeux et les règles. Cet exercice est non seulement stimulant, mais y assister est un vrai plaisir. Il faut espérer que cette performance, pour laquelle on devine l’immense travail de préparation que les deux comédiens ont réalisé, puisse trouver d’autres moments et d’autres lieux pour rencontrer un public plus large avec lequel il puisse être partagé.


La Fleur du Dimanche





samedi 22 mai 2021

Les Ateliers Ouverts.... et la suite...

 Comme chaque année, les ateliers d'artistes s'ouvrent au public et accueillent les curieux et les amateurs d'art. Cette année, faisons un petit tour au nord de Strasbourg, ou à défaut de l'atelier de Corinne Kleck (voir l'année dernière - en octobre - et l'année précédente, ainsi qu'en mai 2017) qui fonctionne autrement cette année*, vous pouvez toujours aller voir Sophie Bassot à Wilwisheim et Aymery Rolland à Gries où il accueille Erwin Heyn puis faire un tour au-delà de Haguenau Wimmenau avec Claude Braun et près de Wissembourg à Birlenbach avec Le Grenier Fertile avec Nicolas Houdin et Camille Schleret.

Puis allez à Preuschdorf pour voir le nouvel atelier de Miriam Schwamm qu'elle a inauguré fin 2020 et où elle accueille dans un premier temps Julie Gonce et Françoise Maillet pour continuer sur une animation autour de l'estampe le 26 mai avec Françoise Amet puis le duo Robert Becker - Dominique Haettel pour les Fleurs Fabuleuses (le livre d'artiste ainsi que les oeuvres originales) du 11 au 13 juin - avec le dimanche 12 à 16h00 la performance "Postures Florales Paréidoliques" de Geneviève Charras en dialogue avec les oeuvres:

Fleurs Fabuleuses - Robert Becker - Dominique Haettel - La grue du lac

Le week-end du 18 au 20 juin sera un "hommage aux pères" avec Michel Gonce, Jean Maillet et Bernd Schwamm.

Le exsositions continuent du 22 mai au 20 juin...

Et dans la rue, une oeuvre en écho de Nouméa avec 7 artistes de Nouvelle-Calédonie qui sont reliées par un "Fil Rouge" et plantées dans la rue:

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - La Ligne Rouge - Photo: lfdd

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - La Ligne Rouge - Photo: lfdd


Mais entrons dans la "case" et admirons les oeuvres des 3 artistes:

Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Photo: lfdd


Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Françoise Maillet - Photo: lfdd


Ateliers Ouverts - la Case à Preuschdorf - Françoise Maillet - Photo: lfdd


Puis dans la cave l'oeuvre commune l'Autre Forêt:

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Françoise Maillet - Miriam Schwamm - Photo: lfdd


Et profitons des animations de Françoise Maillet le dimanche avec le feutrage à l'eau et de Julie Gonce le samedi avec le soufflage de verre. 

Julie Gonce va successivement, après avoir chauffé son verre, y déposer des bandes de couleur, vriller le verre puis lui faire prendre la forme et garder l'axe pendant toute l'opération, tout en souflant pour redonner le volume et la forme puis découper le verre par la chaleur après l'avoir affiné et faire la finition avec le fond du gobelet.

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd

La Case à Preuschdorf - Julie Gonce - Fabrication-soufflage d'un gobelet - Photo: lfdd



A suivre...

La Fleur du Dimanche