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jeudi 4 mai 2023

Art Karlsruhe 2023: Passage de relais et continuité

 Art Karlsruhe, la grande Foire Internationale d'Art Contemporain, fondée en 2004 à Karlsruhe par le galeriste Ewald Schrade et sous la direction de Britta Wirtz voit le commissaire Ewald Schrade passer la main au duo Olga Blaß qui était déjà à l'administration et Kristian Jarmuschek le galeriste berlinois.

Comme un bilan, Ewald Schrade se voit offrir l'espace thématique d'exposition pour une présentation d'une partie de sa collection très diverse.

Il y a dans le patio, à côté des stands d'alimentation et de boisson un jardin de sculptures. Egalement, dans les quatre halls, des espaces dédiés à des sculptures ou des installations monumentales sont disséminées dans tout l'espace de la foire.

Par exemple, cette oeuvre monumentale du sculpteur Fahar Al-Salih, composée de 600 cages à oiseaux en bois, faites à la main, qui symbolise la liberté recherchée par les migrants et dans laquelle, curieusement nous pouvons nous abriter du brouhaha de la foule.


Art Karlsruhe 2023 Fahar Al-Salih - Photo: lfdd


Commençons par quelques images d'ambiance de la Foire:


Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd


Que voyez-vous? Allez, un peu de concentration...


Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd


Suite des "instantanés" en gros, en dollars et en jaune:


Art Karlsruhe 2023 - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Jaune - Photo: lfdd

Art Karlsruhe 2023 - Jaune - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Klaus Fussmann - Photo: lfdd


Art Karlsruhe - Daniel Buren - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Dollar Picsou - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Daniel Behrendt - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Daniel Behrendt - Photo: lfdd


A Suivre...


La Fleur du Dimanche 

dimanche 29 janvier 2023

Yvonne Rainer, la der des der ? Hellzapoppin': What about the Bees? à la Kunsthalle de Baden-Baden: Inoxydable

 C'est annoncé comme la dernière chorégraphie d'Yvonne Rainer, qui, du haut de ses 88 ans, n'a pas perdu une once de son esprit critique et nous gratifie d'une performance qui jette un regard sur une carrière bien remplie. Fondatrice dans les années 1960 du Judson Danse Theater (avec Trisha Brown), après avoir travaillé avec Merce Cunnigham et Marta Graham, dans le sillage d'Anna Halprin, elle publie en 1965 dans le manifeste No Manifesto sa vision de la danse. Une danse où elle met en avant les gestes du quotidien par opposition au côté spectaculaire de la danse moderne. Elle aura influencé de nombreux chorégraphes dans le monde avec sa danse minimaliste et après s'être également intéressée au cinéma en plus de la performance dans les années 70. Elle revient à la danse en 2000 quand la Baryshnikov Dance Foundation lui commande une pièce de 30 minutes intitulée After Many a Summer Dies the Swan à partir de la nouvelle d'Aldous Huxley.


Yvonne Rainer - Hellzapoppin‘: What about the bees? - Photo: Maria Baranova - © Performa and New York Live Art

 Le programme démarre avec le film éponyme, qui rassemble des images de cette pièce dialoguant avec des citations d'artistes et de penseurs tels qu'Oskar Kokoschka, Adolf Loos, Arnold Schönberg et Wittgenstein. Le film décrit la Vienne fin de siècle sur son déclin, la relation entre l'arrivée de la "Sécession" viennoise et où la science et l'Art remplacent la religion. Tandis que la politique s'embourgeoise, la vie de l'art remplace l'action. Et cette évolution de la société porte en elle les germes de la pensée et du pouvoir d'extrème droite, né ensuite dans les années 20 et qui sont encore présents, et actifs aujourd'hui dans la monde. Les extraits de la pièce essaient de se faire une place à l'image, mais nous avons aussi cette image symbolique où un balayeur se retrouve "bloqué" devant une danseuse immobile. La pensée, la philosophe d'Yvonne Rainer clairement exprimée ici sous-tend sa danse engagée et un brin iconoclaste. 

C'est la cas avec Hellzapoppin': What about the Bees? où dès le départ le ton est donné. Sur les deux écrans de fond de scène sont projetés des extraits des deux films auxquels rend hommage Yvonne Rainer: le film de H. C. Potter de 1941 à partir de la comédie musicale à gauche, et à droite Zéro de conduite du cinéaste Jean Vigo, film libertaire qui lui a valu une interdiction de projection jusqu'en 1946. Pour Hellzapoppin' nous avons des scènes endiablées de cake-walk d'un couple noir fabuleux et décoiffant. Et à droite, c'est la scène de révolte des collégiens dans le dortoir avec force bataille d'oreillers et crucifixion symbolique du pion qui, attaché à son lit "dort debout". 


Yvonne Rainer - Hellzapoppin‘: What about the bees? - Photo: Maria Baranova - © Performa and New York Live Art


Puis arrivent deux groupes de danseurs et danseuses qui prennent place à droite et à gauche de la scène (pour la représentation de dimanche, un des danseurs fait défection pour des raisons de santé).  Entre les mouvements de groupe où la coordination entre les danseurs est vitale et nécessaire, portés, touchers, glissades le long du corps de l'autre, se tenir par la main pour se soutenir, s'intercalent des figures plus coordonnées dans l'espace et d'autres où chacun va se retrouver plus en tant qu'individu, occupé par des tâches simples, comme une simulation symbolique de nettoyer le sol, fumer et jetter sa cigarette, voler, sauter en l'air, s'asseoir par terre et observer dans une poésie pragmatique. Tout cela se passe donc "en stéréo", les actions se passant à la fois à droite et à gauche - une courte "interférence" se plaçant avec l'ensemble du groupe qui joue ensemble. La bande son alterne des airs musicaux anciens, de vieux disques de chansons ou de jazz et des airs d'opéra entrecoupés par un commentaire en anglais, non sous-titré, sûrement tout aussi engagé que le texte du premier films dont par exemple il est fait référence à l'écrivain noir engagé James Baldwin. Quelquefois les chorégraphies reviennent et l'on passe aussi à des danses à deux puis aussi à une danse avec des oreillers pendant qu'au fond, sur l'écran sont projetées des images d'eaux tumultueuses, qui pourraient être une grande chute d'eau filmée en plongée en cadre serré, sans l'environnement. Les interprètes sont totalement à l'aise dans leurs mouvements, précis et graciles. Certain(e)s ont déjà côtoyé Yvonne Rainer depuis de longues années et ils apportent chacun(e)s leur personnalité à la performance.

La présentation de HELLZAPOPPIN’: What about the bees? dans la Staatliche Kunsthalle de Baden-Baden est une première mondiale qu'il faut saluer comme un événement unique, produite et présentée en Allemagne par la Kunsthalle et par le programme de soutien artistique Performa. La manifestation est également soutenue par le Musée et jardin de sculptures Hirschhorn où sera également présentée la pièce du 9 au 11 février 2023 - si vous êtes à Washington !


La Fleur du Dimanche


Konzept und Regie: Yvonne Rainer, unterstützt durch Recherche und Inputs der
Tänzer*innen. 
Regieassistenz: Pat Catterson. 
Tänzer*innen: Emily Coates, Brittany
Bailey, Brittany Engel-Adams, Patricia Hoffbauer, Vincent McCloskey, Emmanuèle
Phuon, David Thomson und Timothy Ward. 
Gastdarstellerin: Kathleen Chalfant.
Team Baden-Baden: Çağla Ilk, Elena Sinanina, Sandeep Sodhi, Elena Solovarova.
Mit Dank an Defne Ayas, Curator at Large, Performa.


HELLZAPOPPIN’: What about the bees? wurde von Performa, der Staatlichen Kunsthalle Baden-Baden und dem Hirshhorn Museum and Sculpture Garden in Auftrag gegeben, mit großzügiger Unterstützung von Sarah Arison und dem Performa Commissioning Fund. In Europa wird es von der Staatlichen Kunsthalle Baden-Baden und Performa gemeinsam präsentiert. Die Aufführungen in Baden-Baden sind gefördert vom Berliner Künstlerprogramm des DAAD aus Mitteln des Auswärtigen Amtes (AA).

Mit freundlicher Unterstützung der Festspielhaus und Festspiele Baden-Baden gGmbH.

Konzept und Regie: Yvonne Rainer, unterstützt durch Recherche und Inputs der Tänzer*innen. Regieassistenz: Pat Catterson. Tänzer*innen: Emily Coates, Brittany Bailey, Brittany Engel-Adams, Patricia Hoffbauer, Vincent McCloskey, Emmanuèle Phuon, David Thomson und Timothy Ward. Gastdarstellerin: Kathleen Chalfant.

Team Baden-Baden: Çağla Ilk, Elena Sinanina, Sandeep Sodhi, Elena Solovarova.

vendredi 8 juillet 2022

Art Karlsruhe a toujours la Banane et met la femme en avant

 Après une année "blanche" en 2021 avec une exposition "en ligne", la dix neuvième édition d'Art Karlsruhe, foire lancée en 2004 et dont je vous ai fait des retours en 2019 et 2020, s'est transportée en plein mois de juillet. Espérons que cela ne lui porte pas préjudice... 


Art Karlsruhe 2022 - Photo: lfdd

Mais, si elle ne cherche pas à concurrencer Art Basel, elle reste quand même une foire majeure dans l'espace du Rhin Supérieur  avec 250 galeries (43 du Bade-Wurtemberg) et 47 galeries étrangères de bon voire très bon niveau. Une grande exposition thématique centrée sur une collection privée, celle du couple Maria-Lucia et Ingo Klöcker, qui présentent une partie de leur collection centrée sur l'image de la femme avec des artistes femmes ou hommes: Stephan Balkenhol, Erich Fischl, Franz Gertsch, Alex Katz, Thomas Schütte, Erich Kissing, Wolfgang Mattheuer, Sigmar Polke, Gerhard Richter et Arno Rink. Et des femmes peintres, photographes et sculptrices: Barbara Klemm, Cornelia Schleime, Katharina Sieverding, Kiki Smith et Nancy Spero...  Les one-man show mettent en avant 180 artistes et les exposants participent également à la présentation de plus de 400 estampes, gravures sur bois, eaux-fortes, lithographies, sérigraphies, dans un forum spécifique, preuve - ou occasion - de commencer une collection à prix abordable. Il est vrai que les pièces d'artistes maintenant célèbres s'achetaient moins cher à leurs débuts, mais il reste encore de belles pièces dont il faut savoir profiter parmi les stars: Josef Albers, Salvador Dalí, Otto Dix, Max Liebermann, Pablo Picasso, Markus Lüpertz, Alex Katz et autres. Et même parmi les oeuvres originales, vous pouvez réussir à trouver votre bonheur au niveau de vos moyens.

Mais vous pouvez aussi déambuler dans les allées et admirer l'accrochage des oeuvres sans bourse délier et, avec la mise en abime des visiteurs, jouer au dilaogue visiteurs-oeuvres et chercher quelques harmonies de hasard. Pour vous entraîner, je vous en offre quelques vues:


Art Karlsruhe - Hillekes Gallery - Barbara Husar - Spacefrog - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Le Chef Chinois - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Arthus - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Des ronds de fleurs - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Des Carrés - Photo: lfdd


Art Karlsruhe - Dans le V - Sculpture en bois de Marc Fromm - Photo: lfdd



Approchons-nous donc un peu des oeuvres pour les apprécier. La première, celle de Barbara Husar, petit bout de papier peint, de la même artiste qui a peint le grand tableau avec les "grenouilles de l'espace" qui résonnaient étrangement avec la galeriste en "instantanné" pour le début de ce billet:


Art Karlsruhe - Hillekes Gallery - Barbara Husar - Koordinatentickets - Photo: lfdd


Et pour celles et ceux qui collectionnent les hiboux, un petit hiboux chou, un bijou de Markus Lüperz "Eule der Athene" pour la modique somme de 19.000 Euros:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Eule der Athene - Photo: lfdd


Si vous préférez les signes du zodiaque, vous pouvez avoir le vôtre pour un peu moins cher 14.000 euros, un des 36 exemplaires en bronze peint main. Ici le bélier et les gémeaux:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Sternzeichen - Widder - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Sternzeichen - Zwilling - Photo: lfdd


Si vous préférez la peinture d'Imi Knoebke en tord et à travers "Schief und Schräg" il faut allonger 85.000 €:


Art Karlsruhe - Imi Knoebel - Schief und Schräg - Photo: lfdd


Sinon vous pouver toujours acheter des oeuvres en NFT:


Art Karlsruhe - Antonio Mara - Marci Casenti - NFT - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - NFT - Photo: lfdd


Ou moins cher, les traits aux crayons de couleur de Manfred Mayerle à la Galerie Jordanov "Hold the line, mais vous avez le choix... pour 1.800 €:


Art Karlsruhe - Manfred Mayerle - Hold the Line - Galerie Jordanow - Photo: lfdd


Vous avez aussi les tableaux vasareliesques de Roland Elmer, les fleurs de Herbert Zangs ou les images de "La chanteuse" de Christian Boltanski: 


Art Karlsruhe - Roland Helmer - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Herbert Zangs - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Christian Boltanski - La Chanteuse - Photo: lfdd


A la Galerie Valentin, vous avez un "mur" de Anne-Sophie Tschieg et des oeuvres de Clément Bedel, qui ont leurs ateliers au Motoco à Mulhouse et aussi un travail de Reinhard Voss:


Art Karlsruhe - Anne Sophie Tschieg - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Anne Sophie Tschieg - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Clément Bedel - Galerie Valentin - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Reinhard Voss - Galerie Valentin - Photo: lfdd


Allez, encore quelques sculptures avant la suite:


Art Karlsruhe - Sculptures - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Sculpture - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Sculptures russes ? - Photo: lfdd


Je vous avais promis la #Banane, eh bien la voici: Même les galeristes d'Art Karlsruhe ont la #Banane. D'ailleurs, ce galeriste, Aloys Wilmsen est celui qui a construit pour Joseph Beuys en 1977 la Honigpumpe - Pompe à miel qui projetait des tonnes de miel dans le bâtiment  principal de la Documenta, le Fridericianums, je vous mets la "modèle réduit" ci-dessous. Et l'artiste Frieda MArta, qui peint en "bleu Klein" depuis qu'elle fréquentait le groupe "Zero" (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker,...):


Art Karlsruhe - Le galeriste a la #Banane - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - L'artiste a la #Banane - Frieda Marta - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Joseph Beys a la #Banane - Honigpumpe - Bienen Fleiss - Galerie Aloys Wilmsen - Photo: lfdd

Et là, par contre ce ne sont pas des #bananes, cela ressemble plutôt à des iris, et la gravure d'Alex Katz (117cm X 79 cm - 50 ex. - 16.500 €) s'appelle Yellow Flag - drapeau jaune:

Art Karlsruhe - Alex Katz - Yellow Flag - Galerie Boisserée - Photo: lfdd


Et encore quelques Katz en peinture et en sculpture:

Art Karlsruhe - Alex Katz - Photo: lfdd


Et là, ce n'est pas Katz, c'est Kat, KitKat:

Art Karlsruhe - KitKat - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais Maus de Johannes Häfner, Maus tout pleins :

Art Karlsruhe - Johannes Häfner - Maus - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais sanglier:

Art Karlsruhe - Sanglier - Photo: lfdd


Et toujours pas Katz, mais ours:

Art Karlsruhe - Ours - Photo: lfdd


Oh, j'avais oublié le lapin (posé sur le chinois rouge) de Chen Wenling "All in One":

Art Karlsruhe - Chen Wenling "All in One - Photo: lfdd


Et un raccord de peinture jaune:

Art Karlsruhe - Raccord de jaune - Photo: lfdd


Quelques fleurs rouges et leur contrechamp:

Art Karlsruhe - Raccord de fleurs rouges - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Têtes - Photo: lfdd


Et un Torero Rouge de Luciano Castelli et un Loup - Wolf de Rainer Fetting:

Art Karlsruhe - Rainer Fetting - Loup - Luciano Castelli - Torero Rouge - Photo: lfdd


Retour sur une "Etude de Saint Ulrich" de Markus Lüpertz:


Art Karlsruhe - Markus Lüpertz - Studie St Ulrich - Photo: lfdd


Et je vous avais promis des bananes, en voici une dans un coin:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Banane dans un coin - Photo: lfdd

Allez, encore quelques bananes pour le week-end, la "Banane Beuys" et la Banane-bananes:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Banane Beuys - Photo: lfdd

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Bananes dans banane - Photo: lfdd


Et une nouvelle piste de cet artiste impoli et impertinent, la langue d'Einstein à toutes les sauces:

Art Karlsruhe - Thomas Baumgärtel - Einstein tire la langue - Photo: lfdd



A suivre...


La Fleur du Dimanche