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dimanche 1 novembre 2020

La nuit et le brouillard d'automne: Mikhaïl et Marguerite, et là-bas, Sirima

 Ce 1er novembre, jour de la Toussaint (pas jour des morts) jour de circonstance, je vous offre des fleurs bleues d'été et une Marguerite qui ressurgit du lointain des années 30, dans le Moscou de Mikhaïl, mais d'abord place à la fleur:


Fleur bleue - Photo: lfdd

Je sais que quelqu'un avait trouvé son nom récemment, mais je l'ai à nouveau oublié.... La voici plus près:


Fleur bleue - Photo: lfdd


Pour en revenir à Mikhaïl, Afanassievitch Boulgakov de son nom complet, il dicta sur son lit de mort à sa femme, alors qu'il avait 49 ans, était aveugle et terriblement affaibli, avec une maladie incurable, ce texte:

"Dieux, ô mes dieux ! Comme elle est triste, la terre du soir ! Comme ils sont mystérieux, les brouillards des marais. Celui qui a erré dans ces brouillards, qui a beaucoup souffert avant de mourir, qui a volé au­-dessus de la terre, portant un poids insupportable, celui­-là  ne le sait que trop."

Ce Boulgakov, né en 1891 qui était au départ médecin, puis journaliste, a également écrit des romans comme La Garde blanche, paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière, achevé en 1933 mais publié en 1963, et il a surtout, de 1930 à sa mort en 1940, écrit et réécrit son roman Le Maître et Marguerite autour du mythe de Faust. Une traduction complète vient enfin de paraître chez Inculte, l'occasion pour le Monde des Livres d'en parler le 9 octobre 2020 sur deux pages (écrites par François Agnelet (Michaïl Boulgakof comme un diable sorti de sa boîte) - et Florence Noirville (Face à la conspiration du silence). 

Florence Noirville en parle de lui jeune:

"Indépendant, le jeune Boulgakov est «un timide qui fait semblant», confie-t-­il lui-­même. Résultat, dès l’école, on le prend pour un meneur. Sa personnalité, cependant, suscite la méfiance. Lui s’en étonne: «La direction du lycée n’était pas bienveillante à mon égard. Je ne sais pourquoi mais ils me soupçonnaient toujours, moi si tranquille, de manigancer Dieu sait quoi. Dans l’ensemble, je n’ai jamais de ma vie eu de chance avec mes supérieurs», confiera-­t-­il à Sergueï Ermolinski, l’un de ses amis fidèles."


Fleur bleue - Photo: lfdd

A propos de son roman Le Maître et Marguerite:

"On en connaît au moins six versions successives – l’une d’elles, intitulée Le Sabot de l’ingénieur, finira au feu – dont on retrouve des traces éparses dans ses autres oeuvres. A cette époque, Boulgakov a encore l’espoir de le voir publié un jour. Mais, désespéré par les refus systématiques auxquels il se heurte, il décide de clarifier sa situation. Non sans audace, il envoie une lettre au gouvernement de l’Union soviétique: «Si ce que je viens d’écrire ne convainc pas et si je suis condamné à me taire en URSS, je demande au gouvernement (…) de m’affecter dans un théâtre en tant que metteur en scène titulaire.» Il évoque aussi la possibilité de s’exiler. Or, surprise, c’est Staline lui-même qui prend son téléphone pour lui répondre. Quelques semaines plus tard, Boulgakov est promu assistant metteur en scène au Théâtre d’art de Moscou."

Il n'abandonne pas et... 

« A terminer avant ma mort », note­-t-­il simplement, en 1937, sur la page de garde. C’est grâce à sa veuve, Elena Boulgakova, que l’oeuvre finira par sortir. Mais il faudra attendre 1966, soit vingt­-six ans après son décès, pour que Le Maître et Marguerite paraisse, dans une version tronquée d’un tiers."

Vous voulez connaître la fin de l'histoire? 

"Le lendemain de la mort de Boulgakov, Ermolinski se trouvait chez l’écrivain, avec Elena. Le téléphone sonna et une voix demanda: «Est-­il vrai que le camarade Boulgakov est mort?» C’était le secrétariat de Staline. « Oui, c’est vrai », dit Ermolinski. Et la voix raccrocha."

Et je vous "offre" un "Extrait" de ce roman, en vous invitant à le lire dans sa version complète:



Je profite de ce jour particulier - et comme j'étais un peu au bord du sujet (bien que..) pour vous rappeler quelques billets du 1er novembre des années passées, en particulier en 2018:

Disparaître, nulle part, ailleurs

En 2017:

Je suis mort... Mais vous allez continuer à me lire parce que je suis éternel... et que j'ai la banane!

En 2014:

Regards sur le passé

En 2013:

Le blanc est une couleur de circonstance.... Toussaint pour l'ouverture..

Et en 2012: 

Le Poids du Monde repose où je citais un titre de livre de Marcel Michaud: 

« Le Poids du monde repose sur les sensibles», avec ce sous-titre facultatif précédé de points de suspension « ... malgré le poids du monde, notre coeur bat et écoute. ».


Et en prime, peut-être de circonstance aussi, une chanson de Jean-Jacques Goldmann, Là-bas, qu'il chantait avec Sirima dont je vous livre le contexte:

"Un de ses amis musiciens lui suggère la chanteuse Sirima, inconnue du grand public qui chante dans le métro. (...) Elle est britannique, d’origine  sri-lankaise, se voit propulsée aux sommets! Mais son compagnon ne supportant pas ce succès et pensant la perdre, la poignarde dans leur chambre d’hôtel, en 1989, elle a alors 25 ans …!"

"Goldman (...) devint le tuteur de l’enfant de 6 ans de Sirima."


Et pour finir, une chanson d'oiseau noir "Blackbird" (le merle) des Beatles pour un peu de douceur



Bon dimanche

La Fleur du Dimanche 



dimanche 9 novembre 2014

La promesse, ça promet ! Mais quoi, et quand ?

Dimanche dernier nous étions tournés vers le passé; mais le passé, c'est le passé, alors aujourd'hui, regardons vers le futur....  
Qui promet! 
En tout cas, dans un futur proche, au Mans, on nous promet trois jours d'échanges et de débats hautement prometteurs, tout cela organisés par "Le Monde" avec du beau monde..

Mais d'abord, place à la fleur:


Vendanges tardives - Photo: lfdd

Vous allez me dire que je vous ai promis une "fleur" et vous voyez une grappe de raisin desséchée... Vous n'avez pas tort. c'est bien une grappe de raisin... et en voici une autre:


Vendanges tardives - Photo: lfdd

Non, ce n'est pas une vengeance tardive, mais une promenade au soleil automnal qui a accroché un peu de lumière sur le paysage, et, à défaut d'avoir des fleurs à se mettre sous la dent, j'ai croqué des raisins et des feuilles, et même un quartier de lune:


Quartier de lune sur vignes - Photo: lfdd


Bon, venons en au fait, aux mots, au texte, à la Valeur Ajoutée:

La "Promesse", annoncée pour le Week-End prochain - du 14 au 1- novembre- au Mans avec des cinéastes (Les Dardenne et leur "Promesse" qui fut la promesse du succès, à 15 ans,  de Jérémie Régnier), des philosophes, des écrivains, des sociologues, des historiens, une femme rabbin (Delphine Horvilleur), un homme politique... 
On se pose tous la question de la promesse, qu'elle vienne de nous ou de l'autre, ami, amant ou homme politique...
Voilà ce qu'en dit Jean Birnbaum, l'organisateur du Forum:
"Non, la question de la promesse n’est pas d’abord celle de l’infidélité. Pour penser la promesse, il faut cesser de l’envisager à l’horizon du seul manquement, de l’inéluctable ­trahison, bref de la fausse ­promesse.
Car si cet engagement a une valeur, c’est comme décision d’affirmer notre responsabilité humaine, notre aptitude à répondre de la parole donnée. Cette parole est action : que je dise « je t’aimerai toujours », « en janvier j’aurai fait baisser le chômage » ou simplement « comptez sur moi pour être à l’heure demain », à l’instant même où je promets, je proclame non seulement l’incertitude de l’avenir mais surtout ma capacité à engager ce futur imprévisible, qui soudain ­dépend tout entier de moi.
Acte éthique par excellence, la promesse est donc la manifestation la plus puissante de notre volonté, le témoignage le plus exaltant de notre liberté. « La promesse est un acte impossible, mais c’est le seul digne de ce nom », résumait naguère Jacques Derrida (1930-2004)."


Vendanges tardives - Photo: lfdd


Et voici ce qu'en dit Jean-Luc Nancy qui en fera l'ouverture:
"Pouvons-nous, et surtout devons-nous, compter encore sur la promesse dans une humanité dont il faut bien admettre qu'elle excède démesurément tout sens et toute vérité? Faut-il nous laisser promettre des lendemains? Des Paradis? Faut-il au contraire renoncer à toute espèce de promesse? Ou devons-nous apprendre une promesse qui promette ici et maintenant, avant toute échéance, la possibilité d'un peu de sens et de vérité? Une promesse capable de valoir pour elle-même et non pour ce qu'elle ferait attendre?"

Il dit aussi:
"« Les enfants de la promesse » sont ceux que Paul distingue des « enfants de la chair » d’Abraham : ils sont engendrés par la parole qui promet, ou par la parole comprise en tant que promesse. Cette dernière consisterait donc en une parole qui engendre, qui d’elle-même porte des fruits. Il y a moins à attendre d’elle un résultat ou une production (comme on l’attend d’un engagement) que sa propre fructification. La promesse est la vérité de la parole et c’est en elle qu’elle est toujours tenue."

Vendanges tardives - Photo: lfdd

De son côté Véronique Ovaldé nous dit:
"J'aime les promesses non tenues;
J'aime les promesses d'enfant, à  la vie, à la mort, j'aime la procrastination, j'aime les promesses d'amour éternel, j'aime Antoine Doisnel qui échafaurde "On s'tire à la plage, on monte une affaire de bateaux", j'ime les promeses de fugues et les promesses d'éxil, j'aime la crédulité, et le champs des possibles, j'aime croire que je guérirai. J'aime les mensonges."

Marie Gil, elle, nous dit:
"La promesse est action de promettre, mais elle peut aussi être intransitive, se confondre avec l'espérance que portent en eux certains êtres."


Vendanges tardives - Photo: lfdd


Serge Audier, dans "Chose promise", nous dit:
"La promesse nous a inventés, ou sauvés,, elle a fortement contribué à faire de nous des membres d'un groupe, capable d'actions collectives, mais aussi des sujets responsables, de leur passé et de leur avenir, es personnes à travers le temps." 

Jean-Luc Marion nous exhorte à la promesse, impossible et indispensable: 
"Seule la promesse permet que le temps ne s’effondre pas dans le néant de l'instant pur."

Hanah Ahrend, déjà disait que la faculté de tenir des promesse:
"sert à disposer dans cet océan d'incertitude qu'est l'avenir par définition, des îlots de sécurité." 


Vendanges tardives - Photo: lfdd


Et pour conclure, la sagesse populaire nous dit:
"Il est bien pauvre, celui qui ne peut pas promettre."

Alors promettez !  (et pas Prométhée !).

Et comme tout finit par des chansons, voici la promesse en chanson, et là, vraiment,  "ça promet !":

"Ô vous mes compagnons, mes amis de jeunesse
Quelles que soient vos histoires, non n’oubliez jamais
Qu’un beau jour, nous avions fait ensemble une promesse.
S’il n’en reste qu’un, nous serons ce dernier."






Et une promesse très bien tenue (comme un Rock Voisine pas tout seul) :






Et comme la Fleur du Dimanche ne recule devant rien, même pas le fait que "La promesse n'est pas oubliée" par Kate Rayn, la voilà en deux version (française et allemande - texte recopié):

"Souviens-toi de nos ideaux 
Doux parfum du passe 
J'ai garde tous nos reves au chaud 
La Promesse n'est pas oublie 
La Promesse n'est pas oublie"






"Errinere dich an unsere principien
Schöne errinerungen
Ich habe sie alle für uns warm gehalten
Das Versprechen ist nicht vergessen worden
Das Versprechen ist nicht vergessen worden"



  

Bon délassement et bon Dimanche

La Fleur du Dimanche.