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dimanche 20 juillet 2025

Hayet Ayad aux Sacrés Vendredis de la Klose: La Voix et la musique dans le berceau de l'âme

 Le festival Summerlied qui avait lieu dans la forêt à Ohlungen et qui reste dans la mémoire de nombreux Alsaciens a vécu. La manifestation, créée en 1997 par Jacques Schleef avec des centaines de bénévoles pour célébrer en été la culture et la chanson en Alsace mais aussi en proposant un programmation internationale, s'est terminé en beauté en 2018 avec, entre autres Grupo Compay Segundo et Thomas Dutronc en guest stars et une très belle programmation (voir mon billet Summerlied, la forêt alsacienne chante, danse et devient rock Gispy). 


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


Ne pouvant rester inactif, le créateur du festival, avec Les amis du festival Summerlied a relancé une animation en 2024: les Sacrés Vendredis de la Klose où, au lieu de la scène de 1500 places de la clairière, c'est l'intérieur presqu'intimiste de la chapelle de la Klose, dans les champs à l'entrée du village, avec sa centaine de places, qui accueille des concerts, conférences et visites théâtralisées. Outre des concerts de musique tzigane, klezmer et un savant mélange de musique de cour et de poésie, il y a eu le concert au chandelles de Rodolphe Burger dans la grande nef de la chapelle, concert bien entendu complet avec ses cent dix entrées. Et le concert de Hayet Ayad le dimanche après-midi a eu tout autant de succès. 


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


C'est sûr que depuis des années, cette musicienne née à Strasbourg à la voix magique a charmé, étonné et surpris de centaines voire des milliers d'auditeurs avec ses airs arabo-andalous et la musique sacrée qu'elle a découverts dans le Sud de l'Espagne. Le concert qu'elle nous offre ici dans cette chapelle suit une nouvelle direction qu'elle a développée depuis quelques années et qui est centrée sur la musique de l'âme.


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


Alors qu'au loin de gros nuages d'orage s'accumulent à l'horizon et que le tonnerre gronde, elle arrive avec une bougie dans le silence qui s'est installé dans la chapelle et nous promet quelques lueurs de douceur. Se servant très peu du seul micro posé dans le choeur, elle fait entendre sa voix prenante en des mélopées tournantes qu'elle accompagne du son d'un kalimba dont elle tire une mélodie légère et reposante. 


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


L'envoutement fait son effet et un calme serein s'installe dans la chapelle. La voix semble emplir tout l'espace de la chapelle et les improvisation vocales se suivent tout en harmonie. 


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker

Quelquefois Hayet Ayad change d'instrument, que ce soit avec une version moderne de l'oud qu'elle joue toujours debout, l'instrument calé devant elle, avec toujours des mélodies calmes et lancinantes, ou encore du goni traditionnel. Les accompagnements sont toujours mesurés, calmes tout comme la voix dans ses multiples variations, graves et reposantes. Sauf à un moment lorsqu'elle émet ces cris de joie en faisant vibrer sa langue pour sortir ces sons de bouche aigus, ces tzaghârîd ou you-yous.


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


Elle abandonne aussi un moment sa position dans le choeur pour aller au fond de la chapelle et dialoguer avec les ancêtres et l'orage qui gronde et dont la pluie arrose bien l'extérieur de notre espace bien protégé. Elle nous rappelle le sens mystique et énergétique de ce concert, et le cheminement qui l'a mené jusque là dans sa vie, après un retour aux sources de sa culture kabyle et son travail sur les énergies de chacun.


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker

Elle nous offre aussi une chanson qui semble être un air plus traditionnel en s'accompagnant d'un bendir dont elle frappe discrètement et le cadre en bois et la peau et continue sur ses mélopés dont on ne se lasse pas, l'acoustique de la chapelle nous mettant au plus proche du son de sa voix.


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker

Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker


Dans le genre minimaliste, elle nous chante une autre mélodie ne s'accompagnant que d'une main avec un mini-harmonium tenant dans une sorte de valise dont un côté fait soufflet, ce qui lui permet de jouer une base continue comme soutien de ses mélopées. 


Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker

Hayet Ayad - Les Sacrés Vendredis de la Klose - Photo: Robert Becker

Et au bout d'une bonne heure de ce bonheur, alors que nous avons l'impression d'avoir fait un voyage hors du temps, et qu'il semble être temps de nous séparer - ce qui semble difficile pour tout le monde - deux dernières mélodies nous donnent l'énergie de refaire notre route chacun de notre côté, en gardant au fond du coeur un peu de lueur de cette douceur.


La Fleur du Dimanche


Note: Les Sacrés Vendredis de la Klose ne sont pas terminés, il reste le concert de Ispolin Trio le vendredi 25 juillet à 20h30 avec des chants d'inspiration et de tradition bulgares. 

samedi 14 septembre 2019

Suite du Festival de la Route Romane des Merveilles: Al Basma, des belles empreintes en marchant

C'était annoncé à l'ouverture du Festival Voix et Route Romane à Strasbourg, nous allions faire la Route des Merveilles. Le septième concert, à l'église Saint Georges à Haguenau, nous emmène sur les routes du Sud, en l'occurrence, avec les Cantigas de Santa Maria, les chants monodiques en langue du treizième siècle, le galaïco-portugais, dont certaines - sur les 427 - ont probablement été écrites par le roi de Castille Alphonse X dit Le Sage (1221-1284).


Voix et Route Romane - Canticum Novum - Photo: lfdd

Cette large palette présentée par l'ensemble Canticum Novum de Saint-Etienne, avec une variété de thèmes et d'interprétations, quelquefois des airs a capella ou des pièces instrumentales avec une belle variété d'instruments, qui vont de la vièle (Valérie Dulac, Emmanuelle Guigues, Nolwenn Le Gwern), les flûtes (Marine Sablonnière et Gwénael Bihan), même la flute kaval (Isabelle Courroy), la harpe (Marie-Domitille Murez), La nyckelharpa et la fidula (Aliocha Regnard), l'oud (Bayan Rida) le Kanun (Spyros Halaris) et les percussions (Henri-Charles Caget et Ismaïl Mesbahi)
complètent
ces poèmes en hommage à la merveille de la Vierge. 


Voix et Route Romane - Canticum Novum - Photo: lfdd

Les airs sont magnifiquement portés par les deux voix féminines d’Hélène Richer et de Lise Viricel,  qui se complètent idéalement, et auxquelles répond celle, masculine, d’Emmanuel Bardon, le fondateur et directeur musical de l’ensemble. Les plus de vingt pièces organisées en cinq groupes nous proposent un beau panorama de ces chants monodiques et ces musiques entraînant les foules, entre prière et danse, chargées de populariser le mystère. Le choix de l'ensemble Canticum Novum de marier ces airs mariaux avec des prières arabo-andalouses, mélopées populaires de Tunisie ou de Lybie, chantées par Bayan Rida ou avec des airs du Codex de Montpellier en ancien français ou du Codex Calixtinus en latin, font se rencontrer les peuples et les cultures. 

Voix et Route Romane - Canticum Novum - Photo: lfdd

Dans un brassage de pays, de langues et de religions, par la magie du pèlerinage ou de la marche (via les airs rythmés et dansants) et de l’exil voulu ou forcé, dans cette tournée de tour de chant qui démarre en Alsace pour ce nouveau programme, l’ensemble tisse des liens entre passé et présent, entre ici et ailleurs et pose ses empreintes de pas dans les oreilles des spectateurs pour les inviter à accueillir les autres cultures.

La Fleur du Dimanche



Pour rappel, après le dernier concert en Alsace à Sigolsheim, le Festival Voix et Route Romane vous donne rendez-vous à Metz en Loraine samedi 22 septembre et à Saint-Dié-des-Vosges le dimanche 22 septembre  

samedi 18 août 2018

Summerlied, la forêt alsacienne chante, danse et devient rock Gispy

Il était une fois dans la forêt de Haguenau, une des plus grande du Bas-Rhin, plus précisément à Ohlungen, un festival qui cherchait ses racines alsaciennes enfouies au pied des arbres. Le festival, comme les arbres, comme la forêt bouge et pour sa douzième édition, le festival qui maintenant a lieu tous les deux ans s'est payé une nouvelle parure...

Les racines et l'esprit d'origine sont toujours là, les bénévoles par centaines aussi, les stands associatifs et les animations également, Même le département du Bas-Rhin qui soutient l'Alsace, l'enracinement dans la culture alsacienne reste avec l'OLCA et les éditeurs de disques régionaux comme le Liederbrunne.

Des animations, poésie, parcours en forêt, jeux, tatouage, ateliers jeunesse et famille gratuites font de ce festival un point de rencontre des familles et les scènes ouvertes ainsi que les stands attirent un public nombreux.

Par ailleurs, le festival Summerliedpour faire honneur à son intitulé de festival, se targue également d'une programmation avec des concerts sur deux scènes allant jusqu'à 1.500 personnes qui attirent un public nombreux et varié. Sanseverino, Thomas Dutronc avec Angelo Debarre et le Gipsy Unity ou les Gipsy Kings reformés montrent une tendance, complétée par le Grupo Compay Segundo ou les Fatals Picards. Les têtes d'affiches régionales: Matskat, Lionel Grob, Gael Faure, Thomas Schoeffler, et un hommage à Higelin lorgnent du côté du rock, du swing et de la musique à danser.
Les artistes traditionnels alsaciens (Engel, Egles, Reff, Jacobi, Gussenmeyer, ....) de même que les Rhinwagges et un opéra pop symphonique avec des élèves des écoles de musique et de danse de Haguenau complètent le tableau. 

Les musiques à danser ne sont pas en reste et la chanson française ou le rock de très bonne qualité - entre autres Black Cat Crossing sur la scène de la forêt (gratuite) en face de l'espace restauration convivial qui ont succédé à Magalie Sarah Loeffler et Miguel Ruiz (Jazz manouche swing et chanson).
Ces derniers ont enchanté avec leurs rythmes tziganes et swing avec  entre autres une version de La Foule d'Edith Piaf "sifflée" et des chansons comme "Le gitan et sa guitare", ou "Le voleur de temps" et "Soleil Soleil" pleines de poésie et de rythme qu'ils viennent de sortir sur un disque EP. Ils étaient accompagnés par Katja Jacob à la guitare basse et Grégoire Galichet aux percussions.


Summerlied - Magalie Sarah Loeffler - Miguel Ruiz - Photo: lfdd

Ce samedi soir, après l'hommage à Higelin avec les artistes locaux, la Grande scène de la Forêt a accueilli le Grupo Compay Segundo, que le fils de Compay Segundo, Salvador Repilado Labrada a créée après la mort de son père dont le groupe, suite au film de Wim Wenders et de la tournée qui lui a succédé a connu une belle réputation. Ils ont enjoué les spectateurs de leurs rythmes endiablés et dansants et ont terminé avec les incontournables tubes qui en ont fait danser plus d'un.... 


Summerlied - Grupo Compay Secundo - Photo: lfdd

Summerlied - Grupo Compay Secundo - Photo: lfdd

Summerlied - Grupo Compay Secundo - Photo: lfdd
Summerlied - Grupo Compay Secundo - Photo: lfdd


La soirée du vendredi s'est achevée sur un florilège de rythmes tziganes avec le magnifique quintet d'Angelo Debarre magnifique virtuose de la guitare tzigane et Marius Apostol dont le violon n'a pas besoin d'être bavard pour faire passer des tonnes de sentiments et d'émotions quand il joue. Après une partie en solo d'Angelo puis en quintette, Thomas Dutronc, attendu par la foule arrive, d'abord pour chanter quelques chansons pour s'échauffer, mais très vite il se lance avec ses amis dans des joutes guitaristiques où le rythme tzigane enflamme la scène et la salle et où les spectateurs son invités à s'exprimer sur la scène également. Un rappel généreux fait encore monter de quelques degrés la température de la clairière, magnifique écrin pour cette musique qui parle à la fois au corps et au coeur.


Summerlied - Angelo Debarre - Marius Apostol - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Marius Apostol - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Summerlied - Angelo Debarre & Gipsy Unity - Thomas Dutronc - Photo: lfdd

Les plus courageux ont terminé la soirée, ou la nuit, tard, entrainés par le DJ Lord Cumbias et ses rythmes créoles et dansants.

Nous souhaitons au festival Summerlied de pouvoir encore rassembler ce public divers les prochaines années.

La Fleur du Dimanche      

mercredi 25 septembre 2013

La rentrée des expositions au Nord de Strasbourg

La semaine dernière c'était la rentrée des exposition à Strasbourg, et le lancement de la Biennale de Sélestat - nous en reparlerons bientôt...
Aujourd'hui, petit aperçu des expositions dans le Nord du département...

Commençons par Brumath, à la Galerie de l'Escalier, après l'exposition de peintures, sculptures et installations de Françis Clerc, dans le nouvel espace, qui se termine le 29 septembre, l'exposition de la rentrée est consacrée à Maren Ruben, avec "L'oubli 013". Le vernissage a lieu le 11 octobre à partir de 19h30. L'exposition est visible sur deux week-ends.

Un peu plus au Nord, à Drusenheim, un nouvel espace d'exposition, dans l'ancienne MJC rescapée des années Malraux et devenue "Pôle Culturel", s'est installé le Musée Paso, ouvert depuis le printemps 2013. Un nouvelle exposition est consacrée à cet artiste natif de la ville, célèbre outre-Rhin et qui a fait don d'un fonds de plus de 700 oeuvres à la commune, avec également des travaux de jeunesse. L'inauguration est le 5 octobre à partir de 11h00.

A Haguenau, un nouvel espace d'exposition a ouvert également dans la chapelle de l'ancien hôpital, devenu Espace Saint Martin. L'exposition inaugurale était consacrée aux travaux d'Erwin Heyn dont nous avions parlé le 22 juin 2011 quand il exposait à Erstein en 2012 pour son ultièmes (c'était lui qui l'affirmait) exposition... Il parait qu'il en prépare une autre...
La nouvelle exposition est consacrée au bois, thème chéri de la Ville de Haguenau, entouré de sa grande forêt domaniale.
Les artistes - Martine Lutz, Christian Melaye et Adrien, proposent une exposition d’art naturel "Regards orientés - fragments de forêts"  au fil des mots d’Albert Strickler que les lecteur du Blog de la Fleur du Dimanche devraient connaître. Il sera possible  de l'entendre lire ses texte le dimanche 6 octobre à 16h30.

Et le 10 octobre, au Musée Historique, vous pourrez voir dans l'exposition "Pièces Montrées", à l'occasion de la série de manifestations pour les 30 ans du FRAC, une partie des "Pléïades", montrées à Haguenau, Strasbourg, Sélestat et Saint-Louis., 

Au Nord-Ouest de Haguenau, à Uttenhoffen, dans les Jardins de la Ferme Bleue, l'exposition des oeuvres de Vinca Schiffmann  se poursuit, dans le salon de thé, sous la grange et dans l'arrière 
du jardin.

Et pour finir, un autre lieu inhabituel, le Château de Froeschwiller expose les oeuvres de Pierre Gangloff "Allégories, les week-ends de septembre et les deux premiers weeek-ends d'octobre de 15h00 à 18h00. Possibilité de visite en semaine sur rendez-vous.

Vues du parc - Froeschwiller - Pierre Gangloff - Photo: lfdd


Bonnes Expositions

La Fleur du Dimanche.