Affichage des articles dont le libellé est Théâtre de la Colline. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Théâtre de la Colline. Afficher tous les articles

vendredi 8 avril 2022

28 i mig au Théâtre de la Colline: la nostalgie du cinéma sort de l'écran pour nous toucher au coeur

 Sur la grande scène du Théâtre de la Colline, pendant qu’au fond passent les nuages, les comédiens du collectif de La Perla 29 arrivent sur scène comme des fantômes. La troupe de Barcelone qui réunit comédiens, chanteurs et danseurs va, pendant presque deux heures, nous conter des histoires sensibles inspirées du cinéma, mais pas seulement. 


28 i mig - La Perla 29 - Photo: Tuong-Vi Nguyen

La pièce, conçue et mise en scène par Oriol Broggi, avec des improvisations de la troupe en 2013, voit ici une nouvelle version avec une équipe renouvelée. Le cinéma italien de Fellini les inspire, le titre de la pièce 28 i mig (28 1/2 en Catalan) est un hommage direct à son film 8 et demi. Et c’est tout le cinéma qui est convoqué, et le théâtre, et la littérature, qui vit devant nos yeux avec la chaleur du spectacle vivant. C’est aussi l’acteur Marcello Mastroianni et les actrices remarquables du cinéma italien qui sont célébrés, avec quelques scènes cultes, dont au début la rencontre dans Une Journée Particulière d’Antonietta (Sophia Loren) et de son voisin (Marcello Mastroianni) et, pour clore le spectacle, la réactivation de la fin du film 8 et demi quand Mastroianni, dans le rôle du réalisateur, à l’image de Fellini, doute et se perd,. Le comédien joue, en direct et en voix, devant l’écran, les scènes du film projetées en grand, puis s’installe à une terrasse en « Marcello ». 


28 i mig - La Perla 29 - Photo: Tuong-Vi Nguyen

Les différents tableaux sont d’une grande beauté formelle, pleins de magie, nous transportant en rêve sur une plage, dans une fête, dans une réunion de famille, sur une plage. Il faut saluer le travail magnifique de Francesc Izern et de ses projections vidéo, en particuliers celle où la mer envahit la scène recouverte de sable ocre. La magie opère aussi quand en fond de scène, un écran doré, nostalgie des vielles salles de cinéma,  s'élève et que les acteurs l'habitent littéralement. Ou encore quand ce petit monde s'agite et défile en passages discrets et humoristiques, une foule de caractères et de mini-tableaux tendres et poétiques. Ou encore les scènes de tournage, comiques et dérisoires.


28 i mig - La Perla 29 - Photo: Tuong-Vi Nguyen


Les choix des textes, de Dante à Shakespeare ou Tchekhov ou bien sûr, pour le cinéma, Scola et Bergman en plus de Fellini forment un bel ensemble. Tout une philosophie de la présence et du souvenir, de l'être ensemble et des relations se tisse dans ce camaîeux de scénettes qui se font écho et qui célèbrent la création, ou plutôt l'irrépressible besoin de création artistique, comme le dit Fellini:

« Non c’è fine. Non c’è inizio. C’è solo l’infinita passione per la vita. »

 « Il n’y a pas de fin. Il n’y a pas de début. Il n’y a que la passion infinie de la vie. »

Et encore :

"Mieux vaut détruire si l’on ne crée pas l’essentiel".


28 i mig - La Perla 29 - Photo: Tuong-Vi Nguyen


Et il ne faut pas oublier tout l’aspect musical. Car entre les airs de musique des films et les mélodies, les chansons de tous styles, mais surtout populaires avec airs d’accordéon et accompagnement de guitares - les guitares qui posent un tapis sonore discret et tendre sur la pièce - tout cela contribue fortement à créer une atmosphère tout à la fois festive et nostalgique. Surtout quand le chanteur Joan Garriga, de sa voix rauque entonne un air nostalgique. Au final, toute une belle dynamique quand tout ce beau monde à l’unisson, chacun avec son instrument, ou sa voix apporte sa note à l’ensemble et contribue à cette fête collective.


La Fleur du Dimanche


28 i mig

Du 16 amrs au 10 avril 2022 au Théâtre National de la Colline


équipe artistique
conception, mise en scène et scénographie Oriol Broggi - La Perla 29
adaptation des textes Jeroni Rubió et Oriol Broggi
avec Laura Aubert Blanch, Guillem Balart, Xavier Boada, Màrcia Cisteró, Enrico Ianniello, Blai Juanet Sanagustin, Clara Segura Crespo, Montse Vellvehí et Joan Garriga, Petete, Marc Serra et un cheval
lumières Pep Barcons
costumes Berta Riera
son Damien Bazin
vidéo Francesc Isern
musique originale Joan Garriga
maquillage et coiffure Àngels Salinas
assistanat à la mise en scène Rita Molina i Vallicrosa
confection des costumes Elisabet Meoz
technicien micros Roger Blasco
répétiteur chants Pablo Puche
dressage du cheval Equi-Event /Josep Maria Segú
traduction en français et régie des surtitres Alba Pagán
montage des sous-titres Ester Nadal
Remerciements à Focus, Jaume Viñas, Ariadna Carreras, Carles Segura, Marco Ruggero, Dagoll Dagom, Anna Castells, au Teatre Lliure et à Sala Beckett à Barcelone.

28 i mig a été créé en juin 2013 à Barcelone. C’est une nouvelle version qui est présentée à La Colline.

vendredi 28 avril 2017

Seuls et (ses) Soeurs: De la geste familiale d'aujourd'hui au grand show contemporain

Wajdi Mouawad est un créateur et un personnage multiple et plein de ressources. Comme le dit Wikipédia: "homme de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, directeur artistique, plasticien et cinéaste libano-canadien". Cette dernière précision, même s'il est maintenant en France - où il a également passé une partie de sa jeunesse et où il dirige aujourd'hui le Théâtre National de la Colline à Paris (autre "métier" non encore répertorié par l'encyclopédie du net) marque très fortement son oeuvre. Son théâtre, entre autres son cycle "Le sang des Promesses" dont on a vu l'année dernière au TNS "Incendies" est marqué par son destin personnel et l'exil. 
Actuellement au Théâtre du Maillon à Strasbourg, nous pouvons assister à deux pièces, début d'un autre cycle "Domestique" qui va raconter son histoire familiale sous forme de portraits de famille.


Seuls - Madji Mouawad - Le Maillon - © Thibaut Baron


Seuls

Premier opus de la série de cinq à venir (voir Soeurs plus bas), Seuls est un portrait intime, domestique en même temps qu'onirique de la trajectoire d'un exilé qui a perdu ses racines (son jardin dans la montagne au Liban, seul souvenir qu'il a gardé du pays) et balance entre sa famille et son activité professionnelle (une thèse sur un metteur en scène de théâtre - Robert Lepage - qui devrait l'amener à devenir professeur d'université). 


Seuls - Madji Mouawad - Le Maillon - © Thibaut Baron


Démarrant par des scènes prosaïques d'une grande sobriété (échanges téléphoniques du quotidien avec père, soeur et professeur), la pièce va creuser l'intime et les relations familiales (les habitudes, les situations bloquées, le besoin de reconnaissance et de considération) et interroger également le parcours professionnel (les métiers rêvés ou choisis) et la création artistique sur des terrains qui se répondent mutuellement: le rapport au père et l'amour (le vrai père encore vivant, mais jusqu'à quand?), les pères (pairs) vivants ou morts qui déterminent la carrière à venir et le père symbolique (celui du tableau de Rembrandt "Le retour du fils prodigue" - et de la bible -Luc 15-21). La pièce, qui oscille entre fiction et autobiographie (avec la constatation de l'auteur qui l'écrit que, dans la réalité, pour la vie "Le brouillon, c'est le propre") finit, après une scène digne des meilleures séances de "stand up", dans un silence créatif et explosif. 


Seuls - Madji Mouawad - Le Maillon - © Thibaut Baron

A vous d'aller le voir...




Soeurs

Alors que "Seuls" (au pluriel) parle de la pluralité des facettes du personnage principal (le narrateur, l'auteur, le comédien, le fils !), "Soeurs" construit un dialogue entre deux personnages qui pourraient être les deux soeurs de l'auteur, celle de la vie, l'exilée (Nayla Mouawad), et celle du théâtre, celle qui est dans la puissance du langage et du jeu (Annick Bergeron, l'interprète). 


Soeurs - Madji Mouawad - Le Maillon -© Pascal Gély


Cette puissance montrée à travers ses différentes facettes (chanson, négociation, imagination, quotidien, modernité et dématérialisation) traverse des moments d'émotion, de relation, d'interrogation dans une mise en scène imaginative et contemporaine (comme d'ailleurs "Seuls"). La pièce nous parle du monde dans lequel nous vivons, que ce soit des problèmes de politique internationale ou de la déshumanisation des rapports du quotidien. Il touche aussi les questions d'identité, d'exil - même dans son propre pays - et des relations humaines et familiales (l'amour - ou son absence, la reconnaissance, les mots si simples à dire comme merci et que l'on oublie de transmettre,..).


Soeurs - Madji Mouawad - Le Maillon -© Pascal Gély


Annick Bergeron nous rend tout cela très proche et émouvant. Et la mise en scène et la scénographie nous réservent quelques surprises qui arrivent à nous transporter dans des situations (la guerre) que nous ne pensions pas trouver dans ce spectacle. 
Alors, à la question "Qui pourrait croire que l'hiver finirait un jour?" la pièce répond par le bleu du ciel qui suffit à nous faire notre habit de marin. Et nous embarquons volontiers pour la croisière...


Wajdi Mouawad est un conteur hors pair qui arrive à nous transporter dans le domaine du coeur et de la sensibilité avec ses histoires touchantes et émouvantes, avec de moyens très simples quelquefois mais aussi avec tous les médias et les techniques et technologies d'aujourd'hui: Le trouvère du XXIème siècle.

Bons Spectacles

La Fleur du Dimanche


Seuls

Au Maillon à Strasbourg
du 27 au 29 avril

Texte, mise en scène et jeu : Wajdi Mouawad
Dramaturgie, écriture de thèse : Charlotte Farcet
Conseiller artistique : François Ismert
Assistance à la mise en scène : Irène Afker
Scénographie : Emmanuel Clolus
Lumière : Éric Champoux
Costumes : Isabelle Larivière
Réalisation sonore : Michel Maurer
Musique originale : Michael Jon Fink
Réalisation vidéo : Dominique Daviet
Construction du décor : François Corbal, Éric Terrien, Yann Malik, Sébastien Grangereau et Benjamin Leroy Sorrin des ateliers du Grand T à Nantes
Générique additif, voix : Nayla Mouawad, Michel Maurer, Isabelle Larivière, Robert Lepage, Abdo Mouawad, Éric Champoux
Musiques additionnelles : Al Gondol de Mohamed Abd-Em-Wahab, Habaytak de Fayrouz, Una furtiva lacrima de Donizetti par Caruso
Texte additionnel : Le Retour du fils prodigue, Luc 15-21, tiré de la traduction de la Bible de Jérusalem
Production : La Colline, Théâtre national / Au Carré de l’Hypoténuse-France & Abé Carré Cé Carré-Québec - compagnies de création / Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie / Grand T théâtre De Loire -Atlantique / Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff / Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale / Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées / Théâtre d’Aujourd’hui, Montréal / Le Manège, Mons
Remerciements particuliers : Patrick Le Mauff, Robert Lepage, Nayla Mouawad, Abdo Mouawad, Marie-Eve Perron, Alain Roy Remerciements : Lynda Beaulieu, Marie Gignac et le Carrefour International de Théâtre de Québec, Pr. Jean-Pierre Farcet, Dr. Hassan Hosseini neurologue, Georges Banu, Jean-François Dusigne, Marcel Martin, Rose Dibilio ; aux équipes du Théâtre national de Toulouse, du Grand T à Nantes et de l’Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie pour le travail accompli au cours des répétitions

Seuls, chemin, texte et peinture est publié aux : éditions Leméac/ Actes Sud-Papiers

Soeurs

Au Maillon à Strasbourg
du 25 au 29 avril

exte et mise en scène : Wajdi Mouawad
Inspiré par : Annick Bergeron, Nayla Mouawad
Interprétation : Annick Bergeron
Dramaturgie : Charlotte Farcet
Assistance à la mise en scène : Alain Roy
Scénographie et dessins : Emmanuel Clolus
Lumière : Éric Champoux
Assisté de : Éric Le Brec’h
Costumes : Emmanuelle Thomas
Conception et réalisation vidéo : Wajdi Mouawad, Dominique Daviet
Direction musicale : Christelle Franca
Composition : David Drury
Réalisation sonore : Michel Maurer
Maquillages : Angelo Barsetti
Avec le concours de : équipe technique du Grand T
Décor construit aux : Ateliers du Grand T
Avec les voix de : Annick Bergeron, Christelle Franca, Aimée Mouawad, Wajdi Mouawad
Musiques additionnelles : Je ne suis qu’une chanson de Ginette Reno, Saat Saat de Sabah, Étude Op. 76 nr2 de Jean Sibélius
Production : La Colline, Théâtre national
Coproduction : Au Carré de l’Hypoténuse-France & Abé Carré Cé Carré-Québec - compagnies de création / Grand T, théâtre de Loire-Atlantique / Théâtre national de Chaillot, Paris / Théâtre de l’Archipel, Scène nationale de Perpignan / Quartz, Scène nationale de Brest
Résidences de création : Athanor, Ville de Guérande / Grand T, Nantes
Remerciements : Deirdre Bergeron, Léandre Bergeron, Mylène Chabrol, Eveline Desharnais, François Douan, Sylvie Fradet, Abdo Mouawad, Louise Otis, Marie-Eve Perron, Jean- Claude Retailleau, Baptiste Vrignaud

Soeurs est publié aux : Éditions Leméac Actes Sud-Papiers

jeudi 27 avril 2017

Le froid augmente la clarté au TNS: un rêve blanc dans une cave de souvenirs glacés

Claude Duparfait nous annonce la couleur dès le départ: ce sera un rêve blanc...


Le froid augmente avec la clarté - Thomas Bernhard - Claude Duparfait - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez


Et ce blanc va remettre en lumière deux épisodes de la vie de Thomas Bernhard, particulièrement fondateurs: son passage dans un institut national-socialiste à l'âge de treize ans puis dans une cave - magasin d'alimentation dans un faubourg de Salzbourg, "porte de l'enfer". Et curieusement nous passons avec lui d'un univers sombre et étriqué où trône le portrait d'Hitler (une mention à la discrète scénographie et au lumières de Gala Ognibene et de Benjamin Nesme) qui va se retrouver remplacé par un noir crucifix à la blanche et crue clarté de la vérité de la cave. 


Le froid augmente avec la clarté - Thomas Bernhard - Florent Pochet - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez

Dans la pièce "Le froid augmente la clarté" qui se base sur deux des romans autobiographiques de Thomas Bernhard - "L'Origine" et "La Cave", Claude Duparfait nous confronte et nous inclut à la vie et aux souvenirs marquants de la jeunesse de l'auteur, interprété ici par quatre figures complémentaires, deux hommes (Claude Duparfait et Florent Pochet) et deux femmes (Pauline Lorillard et Annie Mercier), et la présence rassurante, tendre, miroir et guide du grand-père à qui Thierry Bosc donne toute son étoffe et son ampleur. 


Le froid augmente avec la clarté - Thierry Bosc - Photo: Jean-Louis Fernandez


La narration en devient polyphonique et les paroles et les souvenirs rebondissent de l'un(e) à l'autre. On y touve l'amour de la musique comme des grands auteurs (les citations de Montaigne par le grand-père) et la découverte des horreurs de la guerre et des bombardements, comme la solitude de l'enfance dans la "petite pièce à chaussure" pour arriver au courage d'aller "dans le sens opposé" et de se construire soi-même.


Le froid augmente avec la clarté - Thomas Bernhard - Claude Duparfait - Annie Mercier - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez


Comme le dit Claude Duparfait: "La parole de Bernhard c'est un flux incroyable, une écriture du souffle. Une forêt de mots, de pensées. C'est aussi une langue extrêmement musicale, et ... Tout comme Bernhard, j'aime la musique comme un fou." ... Et encore "La parole de Bernhard cogne, elle réveille". Et c'est cela qui a poussé Claude Duparfait à mettre en scène cette pièce, après "Des arbres à abattre". La pièce permet "d'aller à la rencontre de mes questionnements sur le monde d'aujourd'hui, qui entre en friction ce qu'a vécu, ressenti, puis écrit Thomas Bernhard." Et cela fait du bien, cette friction entre hier et aujourd'hui, parce qu'il faut aussi se souvenir et lire le monde d'aujourd'hui, qui, comme le dit Thomas Bernhard dans "L'Origine": "La ville est peuplée de deux catégories de gens: les faiseurs d'affaires et leurs victimes."
Reste l'interrogation: que signifie "Aller dans le sens opposé" aujourd'hui ?


Le froid augmente avec la clarté - Claude Duparfait -Pauline Lorillard - TNS - Photo: Jean-Louis Fernandez


Et pour ne pas être toujours en opposition, comme le dit encore Claude Duparfait: "Qu'est-ce qui nous rapproche aujourd'hui? Ce que nous avons en commun, c'est peut-être l'inquiétude. Qu'est-ce qui peut en naître? Et quel est le rôle de l'écriture, de l'art en génral face à cette inquiétude? Quand je pense au spectacle, parfois c'est l'image d'une étreinte qui me vient, dans tout ce qu'elle peut avoir de consolateur ou d'incongru."

Pour nous consoler, allons au théâtre...

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche 


Le froid augmente la clarté

Au TNS à Strasbourg 
du 26 avril au 11 mai
Au Théâtre National de la Colline à Paris
du 19 mai au 18 juin

D'après Thomas Bernhard
Librement inspiré de L'Origine et La Cave
Projet de Claude Duparfait
Avec Thierry Bosc, Claude Duparfait, Pauline Lorillard, Annie Mercier, Florent Pochet

Scénographie Gala Ognibene
Lumière Benjamin Nesme
Son et image François Weber
Costumes Mariane Delayre
Assistanat à la mise en scène Kenza Jernite

Coproduction Théâtre National de Strasbourg, La Colline - théâtre national
Avec le soutien du FIJAD, Fonds d'Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Création le 26 avril 2017 au Théâtre National de Strasbourg

Les costumes sont réalisés par les ateliers du TNS

Les récits L'Origine et La Cave sont publiés aux éditions Gallimard