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vendredi 19 novembre 2021

Final en beauté de JAZZDOR: Bireli et Loueke: Duo de cordes au sommet

 Le Festival JAZZDOR se termine* en beauté à la Briqueterie en partenariat avec Schiltigheim Culture sur une intuition géniale de son directeur Philippe Ochem qu'il a eue en début d'année: faire se croiser sur scène pour une rencontre au sommet Lionel Loueke entre le Luxembourg où il vit et Bâle où il travaille, à Schiltigheim, la salle bien connue de Biréli Lagrène, pas loin de là où ce dernier est né.


JAZZDOR - Schiltigheim Culture - Lionel Loueke - Biréli Lagrène - Photo: lfdd

Ces deux virtuoses des cordes, qui se sont rencontrés lors des concerts avec des "Grands" du Jazz comme Stanley Clarke ou Herbie Hancock se retrouvent comme larrons en foire et se renvoient les notes allègres et virevoltantes. Dans des duos magnifiques, alternant le rôle de poseur de rythme et de mélodistes, sur des morceaux virtuoses ou plus rythmés, on sent une belle entente des deux guitaristes prodiges.


JAZZDOR - Schiltigheim Culture - Lionel Loueke - Biréli Lagrène - Photo: lfdd

Lionel Loueke se prend quelquefois à chanter des airs africains ou des rythmes des iles, tandis que Biréli Lagrène se sert de sa voix comme chambre d'écho, genre "vocoder" pour "augmenter le son de sa guitare. Le dialogue est riche et les courbettes ne manquent pas.


JAZZDOR - Schiltigheim Culture - Lionel Loueke - Photo: lfdd

Le plaisir est partagé, avec la salle, comble pour ce dernier concert, aussi et le public ne refuse pas de frapper des mains pour marquer le rythme. Le swing est bien présent, et à mi-temps, le temps de deux solos nous laisse apprécier les écritures personnelles de chacun.


JAZZDOR - Schiltigheim Culture - Biréli Lagrène - Photo: lfdd

Biréli prend sa basse pour un morceau plus rythmé où Lionel déploie ses accords de guitare. Et le Jazz danse en liberté avec ces deux compères aux doigts agiles. Pour finir un concert de presque deux heures, le rappel balance entre un battement de rythmes profonds et du picking léger et aérien, toute la variété de jeu qui éblouit le public. 

Et l'ons se donne rendez-vous à l'année prochaîne pour le prochain Festival! Non ! déjà la semaine prochaine avec JAZZDOR et toujours à la Briqueterie avec Thomas de Pourquery & Supersonic avec "Back to the Moon", on y retourne le 23 !


La Fleur du Dimanche


* Pour le billet de l'Ouverture du Festival JAZZDOR avec André Minvielle et Papanosh et le piano de Sophia Domancich, voir le billet "36 fleurs pour JAZZDOR: l'Ouverture piano et Prévert"

vendredi 10 mai 2019

Jazzdor à Strasbourg: Concert Nord-Sud et Est-Ouest pour briser les frontières.

Le concert du 10 mai de Jazzdor qui a pris ses quartiers au Centre Socio-Culturel du Fossé-des-Treize se conjugue en deux parties: Nord-Sud et Est-Ouest.


Jazzdorr - Mika Kallio - Verneri Phojola - Photo: lfdd

Pour "Animal Image", nous avons bien le son mais nous avons aussi l'invitation de nous inventer l'image du film pour lequel cette musique a été créée par le duo Mika Kallio aux percussions et Verneri Pohjola à la trompette. La soirée peut commencer: Générique, gongs qui résonnent, trompette qui entonne, étonne, musique lancinante du fond des bois froids de Scandinavie, chuchottée au loin puis se rapproche pour sussurer un air à nos oreilles... Le gong crisse, la forêt s'éveille, le pic frappe l'arbre, non ce sont les percus magiques de Mika Kallio. La trompette bascule en boucles rêveuses, les percus aussi se mettent en boucle, la boite électronique habite l'espace, les sons s'envolent et se font ensorcelants. Le rythme s'accélère puis s'essouffle, non soudain il foisonne. Après un court répit, Verneri Pohjola entame une balade à la trompette, litanie lancinante, les bols tibétains résonnent, les cymbales aussi. Fulgurance de la trompette, Mika caresse les percus, une douce mélopée à la trompette, qui reprend vigueur. Aux percussions, Mika invente des ambiances mystérieuses et Verneri ne manque pas de souffle et de mélodie... La traversée du rêve s'achève dans un dernier bruissement de gong. Le voyage fut magique.
Pour en goûter un moment, je vous en offre un extrait - avec l'image.


azzdorr - Mika Kallio - Verneri Phojola - Photo: lfdd

Entracte ! 


Verneri Pohjola & Mika Kallio / Animal Image from Perttu Saksa on Vimeo.



Pour la deuxième partie, changement de décor, changement de style, changement de pays. "All Set" avec une formation Germano-franco-américaine, composée d'Ingrid Laubrock (d'origine allemande) et Stéphane Payen (le Français de l'étape) aux saxophones, et avec les Américains Chris Tordini à la basse et Tom Rainey à la batterie. Le projet est une écriture proche de la musique contemporaine, partagée à deux, Stéphane et Ingrid.


Jazzdorr -  All Set - Ingrid Laubrock - Stéphane Payen - Chris Tordini - Tom Rainey - Photo: lfdd

Le programme est en huit sets et un rappel.
Pour démarrer, les saxophones s'entremêlent, la frappe du batteur Tom Rainer est nerveuse et la pièce voit s'envoler les saxophones.
Le deuxième morceau est plus vif, rapide, on sent une très bonne entente dans le quatuor.
Pour le troisième morceau, la batterie envoie un rythme tournant, le geste de Tom Rainey est dansant, englobant, habité. Les deux saxophones se répondent en écho.


Jazzdorr -  All Set - Tom Rainey - Photo: Patrick Lambin

Un tic-tac de la batterie réveille la quatrième pièce, intermittence des saxophones et basse en réveil tendre. Le rythme se fait mélodie frappée sur les cercles des caisses - en contrepoint, accélère sans augmenter de volume, frottements, roulements, puis tout prends souffle et volume dans un dernier cri.


Jazzdorr -  All Set - Ingrid Laubrock - Stéphane Payen - Chris Tordini - Photo: Patrick Lambin

La cinquième pièce démarre par un unisson de brefs sons qui se cherchent, petite ritournelle de cirque, puis glop joyeux et endiablé.
La sixième pièce donne le premier rôle au bassiste Chris Tordini, qui nous joue une mélodie lancinante à la basse, reprise par les  deux saxophones. 

Jazzdorr -  All Set - Chris Tordini - Photo: Patrick Lambin

Pour la septième pièce, une mélodie amélodique sérielle et voyageuse nous promène en chemin de fer.


Jazzdorr -  All Set - Ingrid Laubrock - Stéphane Payen - Chris Tordini - Tom Rainey - Photo: Patrick Lambin

La huitième pièce est annoncée comme composition d'Ingrid Laubrock. Elle nous propose une fulgurance de sons qui se libèrent et s'échappent dans tous les sens.
Pour les rappels, les musiciens démontrent leur humour avec une pièce haïku de Stéphane Payen où comme dans une mini-mosaïque les sons s'assemblent et déjà la pièce est achevée.

La soirée, mémorable est appelée "All Set" en hommage à la création par le George Russell et Günther Schuller Orchestra featuring Bill Evans de la pièce "All Set" du compositeur Milton Babbitt en 1957.
Et cette soirée fut à la hauteur de cet évènement historique. Comme l'a dit en introduction Philippe Ochem, cela valait le coup d'attendre. Les musiciens étaient vraiment au top!
Entre les vagues nordiques et les compositions dodécaphoniques interprétées par un vigoureux quatuor qui jouait comme huit, le résultat était d'une très belle tenue. 
Et si vous avez raté la soirée, précipitez-vous à Avignon où elle est jouée ce samedi soir ....


Le Fleur du Dimanche 


samedi 8 novembre 2014

Jazz d'Or le N° 29 est lancé

Chaque automne, le Jazz est fêté à Strasbourg: Jazz d'Or s'installe pendant 15 jours à Strasbourg, en Alsace et de l'autre côté du Rhin, à Offenburg, à la Reithalle qui accueille le festival comme chaque année depuis 12 ans - cette année avec Joe Lovano et le Dave Douglass Quintet le 14 novembre, puis, le 15 avec François Raulin, François Corneloup, Ramon Lopez et le Tomazs Stanko New York Quartet.

En Alsace, le festival voyagera de Wissembourg (Kemik Trio le 9) à Erstein (Michael Wollny en solo), en passant par Bischwiller ("Laisse venir - Dans le silon d'Alain Baschung"), Bischheim (Gaël Mevel), Schiltigheim (Charles Lloyd Quartet "Wild Man Dance"), Lingolsheim (Maggie Nicols, Denis Charolles, David Chevallier) et Illkirch-Graffenstaden ("Une petite histoire de l'Opéra" avec Géraldine Keller).

A Strasbourg, le CEAAC accueillera des concerts gratuits à 17h00 le 12: Anil Erasian Solo "Absorb", le 13 novembre Théo Ceccaldi Trio et le 14 et le 16: "Musique en Chantier, et payants le 8: Olivier Py, et le 16: Samuel Blaser, Benoit Delbecq, Gerry Hemingway "Fourth Landscape".

Concerts gratuits également à la Médiathèque Olympe de Gouge avec le Daniel Erdmann solo le 8 novembre et le Guillaume Roy Solo le 15.  

Pôle Sud, encore partie prenante du Festival accueille trois concerts: Emilie Lesbros, Darius Jones Quintet et Jozef Dumoulin and the Red Hill Orchestra le 11 novembre, l'ONJ Olivier Benoit "Europa/Berlin le 13 et Joëlle Léande/Vincent Curtois + Papanosh & Roy Nathanson & Fidel Fourneyron "Oh Yeh" le 18 novembre.

Ce sera la Cité de la Musique et de la Danse qui assure les premier pas de Jazz d'Or cette année avec l'ouverture (magnifique) avec le Tom Harrel Quartet, puis le 8 novembre: Emile Parisien Quartet et Thomas de Pourquery Supersonic Play Sun Ra et pour couronner le tout, le 9, Double Rainbow invite Michel Portal + "So Long Eric", un quintette rassemblé autour d'Alexander von Schlippenbach qui rend hommage à Eric Dolphy. 

Un merveilleux programme !

La soiré d'ouverture a vu le Quintet de Tom Harrel plein d'énergie: le saxophone ténor Wayne Escoffery bien dans le rythme de Tom Harrel, Danny Grisset déroulant ses gammes roulées au piano et aux claviers, l'énergique Jonathan Blake à la batterie et Ugonna Okewgo, magnifique contrebassiste ayant eu droit à un duo intime avec le maître.


Tom Harrel - Photo: Angela Harrel

Tom Harrel tout en énergie intérieure, l'infusant à ses partenaires pour un concert de presque deux heures - une occasion unique en France (la seule date du quintet), les spectateurs ont apprécié!

Et pour vous en partager un morceau, voici une vidéo d'il y a trois ans:




Et si vous voulez voir quelques extrait pour vous donner envie de voir d'autres concerts, voici:



Bon Festival

La Fleur du Dimanche


mardi 30 septembre 2014

MUSICA - Can you hear me - ré-entendre Léandre

Joëlle Léandre était venue à Musica en 1992. Elle était là ce 30 septembre à l'auditorium de France 3 Alsace - plein à craquer - pour sa création (in progress) "Can oy hear me" et sera de nouveau à Pôle Sud le 18 novembre dans le cadre du Festival Jazz d'Or. Jazz d'Or qui était d'ailleurs co-organisateur de cette soirée.

Magnifique soirée où Joëlle Léandre a tenté le tentet et la tentation a mené au plaisir de tous, musiciens et spectateurs applaudissant chaleureusement a l'issue de cette heure de musique écrite improvisée qui faisait la part belle à l’ensemble des neuf musiciens qui accompagnaient, entouraient, suivaient, et bousculaient les notes mi-classique, mi-jazz, mi-free, creusant la note "ré".
Un chemin était tracé, guidant les musiciens, mais leur participation à tous était également importante et leur dialogue a enrichi la pièce. 


Musica 2014 - Jazz d'Or - Joëlle Léandre - Can you hear me - Photo: lfdd


Il faut les citer tous, venus des quatre coins de l’hexagone pour nous emmener sur des chemin variés: Joëlle Léandre, à la direction artistique, à la composition et à la contrebasse / Jean-Brice Godet, clarinettes / Jean-Luc Capozzo, trompette / Christiane Bopp, trombone / Alexandra Grimal, saxophones alto et ténor / Théo Ceccaldi, violon / Séverine Morfin, alto / Valentin Ceccaldi, violoncelle / Guillaume Aknine, guitare électrique / Florian Satche, percussions, batterie.
Certains ont l'habitude de travailler ensemble, dans la jazz et le classique/contemporain et le résultat est à la hauteur.
Un beau voyage, plein de mélodies "tuilées", de glissements, de grincements de tendresse, de douceur et de violence qui alternent et tournent. Un très beau melting-pot incandescent.

Pour ceux qui auraient raté l'occasion, un passage à l'Arsenal à Metz le 29 janvier 2015 est l'occasion de se rattraper.

Concernant Musica, les prochains spectacles concernent la "Musique en temps réel" (mercredi 1/10 à 18h30) et le "Registre des Lumières" 20h30 à la Cité de la Musique et de la Danse.

Bons spectacles.

La Fleur du Dimanche

dimanche 6 novembre 2011

Liseron de Novembre: dans le jardin de l'Escalier



Le liseron, plante grimpante aime les barreaux comme on a pu le voir la semaine dernière, il aime également ramper dans les champs, tout blanc avec sa robe corolle-clochette qu'on fait tinter, cette fois, il s'est coloré pour faire antenne d'écho de  celui de dimanche dernier.


Liseron avec coeur de feuille - Photo: lfdd


Il est dans le jardin de la Galerie de L'Escalier à Brumath, qui propose d'ailleurs en plus de la visite de son jardin "remarquable", une exposition en haut dudit "Escalier".
Si vous y allez, saluez de ma part les fleurs qui nous regardent de leurs yeux jaunes monter cet escalier:


Fleurs, nez en coeur - Photo: lfdd


Avec un peu de chance, en y allant aujourd'hui, vous y verrez encore l'expo de Cécilien et Valentin Malartre, et Pascal Zagari «Roule ma boule, Roule ta boule», aussi ludique et plus "bricolée" encore que celle de Véronique Moser à Pfaffenhoffen (c'est sur le chemin) dont j'ai parlé mercredi dernier. Je vous laisse découvrir leurs inventions et petites machines ludiques et faire rouler la boule ou tourner la manivelle...


En guise de TVA aujourd'hui et en hommage à Jazz d'Or - qui a démarré sur les chapeaux de roues - et au Cinéma, deux citations de Frederico Fellini - dont le concert* de Richard Galliano rend un hommage à son musicien préféré, Nino Rota.

D'abord le TVA:

"Chaque langue voit le monde d'une manière différente."

"Il n'y a pas de fin. Il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie."

Et puis, pour vous en donner un avant-goût du concert, et qui sait, envie d'y aller, une vidéo sur lui:






Bon dimanche


La Fleur du Dimanche


* Le concert de Galliano aura lieu le mercredi 9 novembre à 20h30 à la MAC de Bischwiller.