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mercredi 23 septembre 2020

Musica: Hommage à Klaus Nomi: encore ! bis ! Et de trois "ter" ! Par l'Original Klaus Nomi

 L'étoile filante de la musique pop Klaus Nomi a marqué une époque, le début des années sida, par sa voix et son excentricité. Et c'est un peu cet esprit qui flotte encore dans cette soirée hommage où l'on retrouve l'Ensemble Intercontemporain qui n'est pas non plus une formation très conventionnelle. La formation créée par Boulez en 1976 n'a pas peur de sortir des sentiers battus et le programme de cette soirée voit ainsi cet hommage en compagnie d'une pièce de Karola Bauckholt Laufwerk (2011) et de Amid (2004) de Simon Steen-Andersen. Il est dirigé ce soir par André de Ridder.

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Carola Bauckholt - Photo: lfdd


La pièce de Karola Bauckholt est sobre, presque minimaliste, car après une introduction pas à pas de mécanisme tournant qui se met en branle, elle alterne entre des moments très bruitistes où l'ensemble des 8 musiciens - plus l'électronique - participent à un mélange compact de frottements, dont un tuyau métallique - le son du reste est à l'avenant - et de moments plus discrets, assez pianissimo où chacun dans l'orchestre prend des aises, se retrouvant quelquefois synchrone - même pour un "tourner de page" de la partition. La pièce ne manque pas d'humour.

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Carola Bauckholt - Photo: lfdd


C'est le cas également de la suivante, Amid de Simon Steen-Andersen où l'on assiste à une alternance encore plus marquée de grappes de sons jouées ensemble par tous les musiciens, entrecoupées de moments plus ou moins longs où les musiciens jouent pianissomo, presque en silence: légers battements de la clarinette, glisser d'une corde du violon, discrète montée de gamme du violoncelle, accord à vide de la guitare, tapottement de la flûte et de la clarinette,... Jusqu'à extinction complète...

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd


La plat de résistance sera la composition d'Olga Neuwirth Hommage à Klaus Nomi (1998) où elle réorchestre neuf airs que l'icône pop-baroque Klaus Nomi avait chanté de son vivant. C'est le contre-ténor Jake Arditti qui interprète ces airs, accompagné des musiciens de l'Ensemble Intercontemporain, en version presque rock (avec guitare et basse électrique, ainsi qu'une batterie et deux pianos). Il n'est pas Klaus mais il a son personnage et arrive très bien à assumer le relais avec son air de démon des Carpates. Et il a l'esprit Rock quand il le faut. Les morceaux adaptés sont, entre autres:

So simple (Simple Man, de Kristian Hoffmann)

Wenn ich mir was wünschen dürfte (chanté par Marlène Dietrich)

Wasting my time qui démarre sur un gros plan sonre sur un métronome et continue en version bien rock. 

Remember me.....  

You don't own me, mélange de rock et de classique avec une mélodie distordue

Total eclipse avec un solo de trompette "à l'espagnole" et des percussions

Le très attendu Cold Song (du Roi Arthur) où Jake Arditti fait sa montée de gamme jusqu'au aigus de haute-contre de Purcell   

Can't help it (Falling in love again - Ich bin von Kopf zu Fuss - la chanson de l'Ange Bleu - Marlène Dietrich) 

The witch (sur Ding Dong)

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd


Cette fin de soirée se change presque en concert rock avec des applaudissements nourris dans la salle et des "bravo" qui fusent, au point que l'artiste nous gratifie, en bis d'un nouveau "Wasting my time" alors que certains sont pressés de voir ailleurs le concert suivant des S.S.A.(voir hier).

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Photo: lfdd

Musica - Hommage à Nomi - Ensemble Intercontemporain - Olga Neuwirth - Bis - Photo: lfdd



Mais comme ici vous avez le temps, je vous gratifie de trois "Ter" puisque je vous ai trouvé:

1. Les débuts de Klaus Nomi dans un bar de New-York, le New Wave Vaudeville, Irving Plaza - il chante à 3'25"


 

2. Klaus Nomi - Total Eclipse 1981 Live Video HD


3. Klaus Nomi - The Cold Song (live) en HD à ne pas rater! 





La Fleur du Dimanche


samedi 25 février 2017

Flexible Silence de Saburo Teshigawara à Chaillot: le silence est d'or, adoré...

Comment imaginer un spectacle de danse qui célèbre le silence quand en plus celui-ci est créé avec des pièces de deux compositeurs de musique moderne et contemporaine: Olivier Messiaen et Rihoko Takemistu? 


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot


Il faut toute la qualité de chorégraphe du silence de Saburo Teshigawara et celle d'interprétation de ses danseuses (Rika Kator, Chiara Mezzadri, Junya Okazaki, Rihoko Sato) et d'Eri Wanikawa et de lui-même comme interprètes de ce silence flexible.

Olivier Messiaen et Rihoko Takemistu: maîtres du silence ?

Dans la grande salle du Théâtre de Chaillot, si ce n'avait été l'hiver, nous aurions entendu les mouches voler, tellement la concentration était intense, autant sur scène que dans la salle. Chacun était attentif à sa propre respiration.


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot

En première partie, sur la partition de la "Fête des belles eaux" d'Olivier Messiaen (1937) magnifique pièce en volutes et en canon jouée sur six ondes Martenot jouée par Imsu Choi, Aurore Dallamaggiore, Cécile Lartigau (élèves du CNSMD de Paris) et Nathalie Forget, Valérie Hatrmann-Claverie, Augustin Viard, la chorégraphie est plutôt chorale, avec un passage de relais entre les danseurs, quelquefois en duo ou trio, souvent portés, emportés par leurs mouvements de bras, par leurs mains qui tracent l'espace. Très dynamiques, bousculés d'un espace à un autre et se passant le relais, pour finir dans des mouvements d'ensemble et quelquefois retrouvant le sol.
Il faut aussi noter la sobriété, en même temps que la force de la mise en lumière créée également par Saburo Kashiwara, qui joue sur un espace fragmenté, ou plutôt circonscrit par des cercles plus ou moins larges, se chevauchant et s'élargissant ou se rétrécissant, glissant de l'un à l'autre pour faire passer le geste d'un danseur/seuses à un(e) autre. Pour finir dans une lumière qui s'élargit et déborde en flaque sur la scène et pousse la ligne de crête de cette fête des eaux.


Flexible Silence - Saburo Teshigawara - TND Chaillot

Pour la deuxième partie, même jeu sur la lumière, qui, cette fois-ci va quadriller ou plutôt découper au scalpel lumineux les duos de danseurs qui dialoguent toujours dans le même silence sur les sept pièces tout en délicatesse et d'une légèreté presque silencieuce de Toru Takemitsu interprétées en solo ou en formation de chambre par les musiciens de l'Ensemble Interconteporain: Odile Aubouin (alto), Frédérique Cambreling (harpe), Jérôme Combe (Clarinette), Gilles Durot (percussion), Hideki Nagano (piano), Emmanuelle Ophèle (flûte), et Jean-Marc Zvellenreuther (guitare).
Il faut saluer la magnifique interprétation tout au long de Rihoko Sato tout en élégance et d'une altière énergie intériorisée. Et pour clore ce duo où les deux se cherchent tout du long, enfin, ils vont se retrouver en toute douceur dans un tableau final.


Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

Flexible Silence Saburo Teshigawara / Ensemble intercontemporain
Au Théâtre National de la Danse à Chaillot
jusqu'au 3 mars 2017

Chorégraphie, décor, lumières, costumes: Saburo Teshigawara
Assistante artistique: Rihoko Sato
Coordination technique, assistant lumières: Sergio Pessanha
Musique: Olivier Messiaen - Fête des belles eaux (1937) et Toru Takemitsu - Air (1995), And then I knew t'was Wind (1992), Toward The Sea (1981), Les Yeux clos II (1988), For Away (1973), Rain Spell (1980).
Avec: Rika Kato, Maria Chiara Mezzadri, Junya Okazaki, Rihoko Sato, Saburo Teshigawara, Eri Wanikawa (danseurs)
Et Odile Auboin (alto), Frédérique Cambreling (harpe), Jérôme Comte (clarinette), Gilles Durot (percussion), Hideki Nagano (piano), Emmanuelle Ophèle (flûte), Jean-Marc Zvellenreuther (guitare) de l’Ensemble intercontemporain.
Et Imsu Choi, Aurore Dallamaggiore, Cécile Lartigau (élèves du département des disciplines instrumentales classiques et contemporaines du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris), Nathalie Forget, Valérie Hartmann-Claverie, Augustin Viard (ondes Martenot). 
Production et coordination: Karas Co Ldt & Richard Castelli – Epidemic. 
En partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (Bruno Mantovani, directeur)

Coproduction: Chaillot – Théâtre national de la danse / Ensemble intercontemporain
Crédits photo: Akihito Abe et Karas

samedi 4 octobre 2014

Musica sur les pas du loup: Spuren d'Endless Steps de Lu(lu)

Musica trace son chemin depuis trente ans et reste fidèle à son chemin: Faire connaître et diffuser la musique contemporaine au plus grand nombre.
Le festival garde également la trace des grand maîtres. Le programme de ce vendredi 3 octobre en est le reflet:
Alban Berg, grand maître de la musique sérielle et dodécaphonique qui au début du XXème siècle a ouvert le chemin de la musique "Contemporaine" - même si la musique contemporaine est celle que l'on fait aujourd'hui, c'est une évidence ! - a clôt le concert avec la "Lulu suite", version "diffusable de son chef d'Oeuvre "Lulu", l'opéra inachevé que Pierre Boulez a créé - version achevée par le compositeur Friedrich Cerha - dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 1979. La version suite, même si ce n'est pas l'Opéra en garde une belle force et nous donnons raison à la soprano Lili Aitkin quand elle chante "Wenn sich die Menschen um meinetweilen umgebracht haben, so setzt das mein Wert nicht herab" - Que des hommes se soient tués pour moi ne diminue pas ma valeur".
Nous retrouvons Pierre Boulez dans la pièce "Endless Steps" d'Ondrej Adamek, à la fois en "initiateur" - Ondrej Adamek en a commencé l'écruture et les premières répétitions lors d'une académie à Lucerne que dirigeait Boulez et il a jeté un regard bienveillant sur les différentes étapes de cette pièce (esquisses et première version) et même par la suite. La version présentée était une "recréation" tout a fait réussie.
Faite de glissements enchevêtrant, de lignes qui montent et descendent en même temps, de moment forts et violents, brefs ou plus longs entrecoupés de passages discrets, la pièce est un plaisir à entendre, tout en surprenant l'auditeur-spectateur qui se délecte du jeu du magnifique Orchestre Symphonique de Bamberg, dirigé par Jonathan Nott (ancien chef de l'Ensemble Intercontemporain - Boulez n'est pas loin ;-)  - d'une main de maître.
Maîtres du Quatuor, le Quatuor Arditti l'est également, qui fête allègrement ses 40 ans, toujours vifs et précis. Il dialogue ici avec l'orchestre en version un peu réduite pour la pièce "Spuren" de Michael Jarrel, beau dialogue entre le quatuor et l'orchestre dont il reprend le discours de manière très fine et acérée. Une pièce délicate de Michael Jarrel qui - est-ce un hasard - est passé par l'IRCAM - ;-)  ...

Pour vous faire regretter de ne pas aller voir la musique contemporaine, et vous donner envie d'y aller à partir d'aujourd'hui, mais aussi pour montrer que la musique contemporaine peut avoir de l'humour, je vous offre deux pièces d'Ondrej Adamek qui n'en manque pas. Tout d'abord, "Le Diner"





Et puis : "Airmachine"





Je vous les laisse découvrir, ainsi que la suite du programme, ce samedi:

A 11h00, salle de la Bourse, dans le cadre des Matinales, les Ateliers Musica:
À l’initiative de Philippe Manoury et du festival, deux groupes de jeunes lycéens se confrontent à l’univers de la création musicale. Avec les élèves du Lycée professionnel Saint Jean de Colmar, les élèves du Lycée professionnel Le Corbusier d'Illkirch-Graffenstaden
 et les Percussions de Strasbourg.
A 17h00 à France 3 Alsace, l'enseble Linéa sous la direction de son chef fondateur, Jean-Philippe Wurtz
Et à 20h30 à la Cité de la Musique et de la Danse, "Te craindre en ton absence", le monodrame du compositeur Hèctor Parra sur un texte original de Marie NDiaye.
Michael Farrel, lui anime une Master Class de composition à 14h00 à Cité de la Musique et de la Danse.

Bons Spectacles.

Le Fleur du Dimanche.