samedi 11 novembre 2017

J'ai la banane et je mettrai une girafe sur ma tombe pour en finir avec la guerre des sexes

Rassurez-vous, je suis toujours là, je ne suis pas mort et j'ai la banane, et même sa fleur, comme vous avez pu le voir la semaine dernière. Ou vous l'avez peut-être raté. elle est toujours là:
Je suis mort... Mais vous allez continuer à me lire parce que je suis éternel... et que j'ai la banane! 


Et la banane continue de pousser (sous la pluie):


Banane - Photo: lfdd

En guise de TVA, un voeux de Sophie Calle qui rêve d'être enterrée au cimetière Montparnasse mais aussi en même temps à Bolinas et à Brooklin, et qui dit :
"Je conçois ma tombe comme un lieu avec lequel je pourrais jouer, auquel je pourrais m'habituer, en la décorant à l'avance. Un lieu où je pourrais emmener mes animaux avec moi."
Cela change des "Monuments aux morts" et elle a demandé à Serane Carone de lui réaliser sa pierre tombale:



Sophie Calle - Serana Carone - Photo: lfdd


Et pour en finir avec la mort et les bananes, une chanson de Renaud - Toujours debout!




Toujours vivant, rassurez vous 
Toujours la banane toujours debout 
J'suis retapé, remis sur pieds 
Droit sur mes guibolles ressuscité 
Tous ceux qui tombent autour de moi 
C'est l'hécatombe, c'est Guernica 
Tous ceux qui tombent, tombent à tour de bras 
Et moi je suis toujours là 


Bon samedi d'Armistice

La Fleur du Dimanche

P.S. Concernant la guerre des sexes, je rappelle l'expression: "peigner le cou de la girafe" dont on suppute un sens second...

P.P.S. 
On m'a demandé l'explication "complète" de l'expression "peigner (le cou) de la girafe". La plus complète est parue dans Libération le 23 août 2017 sous la plume de Catherine Mallaval   « Pourquoi dit-on «peigner la girafe» ? »

« Il y aurait aussi eu à la même époque (en 1827), un gardien au Jardin des plantes réputé pour se tourner les pouces mais doté d’un certain sens de la formule, puisque chaque fois que son supérieur lui demandait où il était passé, il répondait : «Je peignais la girafe.» Les plus coquins qui se passionnent pour cette expression penchent plutôt du côté des pratiques masturbatoires. Oui, la girafe a un long cou, aisément assimilable - par les plus vantards - à un sexe en érection. Cela n’a pas échappé à Boris Vian. Dans Vercoquin et le plancton (1946), il fait explicitement une allusion à l’onanisme : «J’ai tellement peigné ma girafe qu’elle en est morte.» Mais quel rapport avec le fait de ne rien faire ? Comme l’explique le site Expression.fr, il suffit de penser au mot «branleur» pour que tout s’éclaire… On notera enfin que l’expression «peigner la girafe» a de sympathiques équivalences, telles que «pisser dans le sable» (Algérie), «faire un trou dans l’eau» (Grèce), ou «faire un nœud à une goutte d’eau» (Brésil) »

Le Litté cite le Larousse Illustré de 1898 : « Familier : Peigner la girafe : ne rien faire ».
Ailleurs, certain font remarquer qu'il ne faut pas confondre "Peigner la girafe" et la peindre" ou pendre des taches sur son pelage (n'est pas Viallat qui veut)

JAZZdor 2017: Départ en Fan phare

La trente-deuxième édition de JAZZdor est partie sur les chapeaux de roues, ce 10 novembre à la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg avec deux énormes talents.
Tout d'abord, Ralph Towner, nommé "Icône du Jazz" par Paolo Fresu, qui l'a rejoint un peu plus tard sur scène pour un duo enchanteur.
Le guitariste de soixante-dix-sept ans est effectivement un monument du jazz. Il débute la soirée avec des pièces toujours virtuoses mais plutôt dans un genre classique (sa guitare non amplifiée l'est également) mais il sait aussi nous proposer quelques mélodies bien entraînantes. 
Avec lui on peut dire qu'on n'entend plus la guitare, mais on entend la musique - et merveilleusement belle.


Ralph Towner - Jazzdor - Photo: Patrick Lambin


Avec Paolo Fresu la magie opère dans un dialogue guitare et trompette (ou bugle) des plus enchanteurs. L'équilibre est parfait et les morceaux s'enchaînent et glissent en nous prenant dans un cocon de douceur.

La deuxième partie, après un entracte qui permet à tous de fêter la nouvelle édition autour d'un buffet et de partager l'engagement et l’enthousiasme de la nombreuse équipe de bénévoles de l'Association, fidèle depuis ces 32 ans, avec une direction artistique de plus de 28 ans de l'infatigable Philippe Ochem, voit Paolo Fresu rejoint par les trois autres membres de son Devil 4Tet avec la première prestation dans le groupe de Stefano Bagnoli, le batteur.
Le rythme sera souvent plus entraînant et dynamique - sauf pour les berceuses composées par les 3 pères (Paolo, lui-même, Bebo Ferra, le guitariste Paolino Dalla Porta) qui font office de rappel après une superbe et belle soirée.  Soirée qui aura vu les talents et de compositeurs et de musiciens de cette équipe, ainsi que leur capacité de dialogue. Paolo ayant un plaisir particulier pour des "joutes" avec Bebo. 


Bebo Ferra - Paolo Fresu - Devil 4Tet - Jazzdor - Photo: Patrick Lambin


Il flottait un air d'Italie dans la salle, en particulier lors de l’hommage à Fellini - et à la lenteur, le morceaux ayant été composé en 1993 dans le train Florence Bologne en une heure vingt (le Frecciargento faisant aujourd’hui le trajet en 30 minutes, insuffisants pour composer un tel hommage) - mais aussi celui, appuyé, à Chet Baker, le maître (avec Miles Davis) et aux petits hôtels italiens (Paolo ayant dormi - ou plutôt veillé, d'où une pièce écrite pour Chet - dans la chambre N° 13 de l'Hôtel Universo à Lucca.

Que le spectacle continue ! Et cela en vaut le coup: plus de 30 manifestations dans plus de 14 lieux en France (Strasbourg, Bischheim, Bischwiller, Erstein, Lingolsheim, Schiltigheim, Wissembourg) et en Allemagne (Offenbourg): A vos programmes:
http://www.jazzdor.com/programme/


La Fleur du Dimanche 


    

jeudi 9 novembre 2017

Au TNS - NATHAN ! ? De l'anneau au chaos et retour

"Nathan le Sage" de Lessing est une pièce de théâtre du 18ème siècle très connue en Allemagne, et sans doute moins en France. 
Le constat est vrai, et il est même répété à plusieurs fois dans la pièce de Nicolas Steemann "Nathan!?" jouée actuellement au TNS.

Cette pièce, inclusion et relecture de "Nathan la Sage" dans deux textes d'Elfride Jelinek, "Crassier/Bataclan", est un constant voyage dans le temps et un aller-retour vers le proche et le distant. Le texte de l'écrivaine autrichienne Prix Nobel de Littérature est lui-même un texte de 2004 qu'elle a complété suite aux attentats en France - Charlie Hebdo - Hyper Kacher et le Bataclan jusqu'aux dernières répétitions de la pièce. Elle interroge et donne à entendre les paradoxes de notre époque sur la tolérance, l’intégration, l’idéalisme et l’héritage des Lumières, entre fable, invectives, conte et choeur antique.

Nathan?! - Lessing - Jelinek - Nicolas Steemann - TNS

Cela commence d'ailleurs par une double mise à distance où l'on croit assister à une pièce radiophonique brechtienne dans laquelle les protagonistes rejouent l'histoire de Lessing avec le craquements de microsillons qui rappellent le feu qui brûle les maisons  -il y en a deux dans la pièce - et des scories duquel vont émerger les histoires d'amour qui vont changer de statut.

Nathan?! - Lessing - Jelinek - Nicolas Steemann - TNS

Et cela continue dans un dispositif avec pupitre où le texte tantôt lu, tantôt joué tisse sa toile entre fable et théâtre d'hier et d'aujourd'hui pour arriver à une montée en tension qui avec les médias numériques et la vidéo projetée sur fond de scène inclut le spectateur dans un dispositif total de violence pour finir par une réconciliation entre les hommes et les religions dans une fraternité heureuse et apaisée: "Nous devons, devons être amis". La musique de Waël Koudaih, qu'il joue en live avec Yann Pittard continue grandement à construire l'ambiance et le cheminement de la pièce.

Nathan?! - Lessing - Jelinek - Nicolas Steemann - TNS

Mais ni la pièce, ni la mise en scène de Nicolas Steemann ne cherche à se moquer de la fraternité ou soutenir le nihilisme. Il faut rester lucide, éviter les discours moralisants et se battre au présent en s'appuyant sur la mémoire et l'expérience du passé tout en étant conscient de ses limites. La parabole des anneaux n'est qu'un point de vue autour duquel se boucle la lecture et le déroulé de la pièce et son interprétation.

Nathan?! - Lessing - Jelinek - Nicolas Steemann - TNS

Et comme le dit Nicolas Steemann pour éclairer son choix de mise en scène: "Il faut que cela soit fait d'une manière artistique, sensuelle, sensible et non d'une manière rationnelle et politique? Parce que je crois qu'en ce moment, il nous manque des mots pour vraiment comprendre et débattre de ces choses. Les préjugés arrivent très vite, l'envie de poser des identités et de les opposer (chrétiens/musulmans par exemple) est très forte, tout ceci venant bloquer la possibilité de vraiment "faire connaissance". Je crois que le théâtre peut ouvrir un chemin pour cela."

Bon spectacle

La Fleur du Dimanche

NATHAN?!

D'après les textes Nathan le Sage de Ghotthold Ephraim Lessing
et Crassier/Bataclan de Elfriede Jelinek

Mise en scène et adaptation: Nicolas Stemann
Assisté de Mathias Brossard et Nora Bussenius
Traduction et dramaturgie: Mathieu Bertholet
Conseil Dramaturgie: Benjamin Von Blomberg
Scènographie: Katrin Nottrodt
Musique: Waël Koudaih (Rayess Bek)
Lumières: Mattias Bovard
Avec:
Véronique Alain
Lorry Hardel
Lara Khattabi
Mounir Margoum
Serge Martin
Charles Morillon
Elios Noël
Lamya Regragui
et les musiciens: Wael Koudaih (Rayess Bek) et Yann Pittard
Costumes: Marysol Del Castillo
Assistée de Guilia Rossini
Vidéo: Claudia Lehmann

Du mercredi 8 novembre au vendredi 17 novembre 2017

dimanche 5 novembre 2017

Je suis mort... Mais vous allez continuer à me lire parce que je suis éternel... et que j'ai la banane!

Pour le premier novembre, "Toussaint", que l'on confond - ou fond - avec le jour des morts, je vous parlais de fantômes dans mon billet sans paroles "Les Fleurs et les fantômes"..

Aujourd'hui, je vais continuer à vous hanter en vous parlant de la mort... Mais pas tout de suite, un peu plus tard, pour être en accord avec le sujet qui va se découvrir bientôt.

Pour attendre, un ombre de fleur, derrière la sculpture de Picasso "Tête de femme" visible dans l'exposition actuellement au Musée Picasso.


Picasso - Tête de femme et ombre de fleur - Photo: lfdd



Pour vous faire patienter, une chanson de circonstance de Jacques Higelin: "Je suis mort, qui qui dit mieux":




Vous avez deviné, le TVA va traiter de la mort aujourd'hui.


La banane sous la pluie - Photo: lfdd

Dans un premier temps, le rapport "Littérature et mort"

Jean Starobinski nous dit: "Toute littérature suppose la perte de l'objet et son remplacement (je ne dit pas sa représentation) sous les espèces du mot."

Et Jacques Derrida: "A la mort de l'autre, nous sommes voués à la mémoire, et donc à l'intériorisation puisque l'autre, au-dehors de nous, n'est plus rien."

Roland Barthes, de son côté dans le Journal de deuil (concernant sa mère) écrit: "Je vis sans aucun souci de la postérité, aucun désir d'être lu plus tard [...], la parfaite acceptation dde disparaître complètement, aucune envie de "monument" - mais je ne peux pas supporter qu'il en soit ainsi pour mam (peut-être qu'elle n'a pas écrit et que son souvenir dépend entièrment de moi)."  


Philippe Forest, autre écrivain qui écrit autour de la perte de sa fille dit que la littérature: "ne répare rien du désastre de vivre."... et que le geste d'écrire "nous rappelle au rien et nous retient à la vie."

Autre personne - qui ne se qualifie pas d'écrivain - Jean-François Billeter qui a publié les carnets qu'il tenait suite au décès de sa compagne de quarante ans, Wen, dans un petit livre "Une autre Aurélia" écrit, dix jours après sa mort: "La mort n'existe pas. Il n'y a que la vie. Le mal que font tous les autres discours."

Et plus tard: "Mon expérience ne cadrait pas du tout avec les idées convenues qu'on a sur la deuil. C'était plus intéressant que ce qu'on a l'habitude. Il existe, autour de la mort tout un vocabulaire que j'ai récusé: le "décès", la "perte", la "séparation", le "veuvage",... Car ce lexique m'a paru non seulement inadapté pour dire ce que je traversais, mais qui plus est néfaste parce que décourageant."


La banane sous la pluie - Photo: lfdd


Deuxième aspect, l'éternité (ou presque !) qui nous est promise avec les nouveaux outils numériques, réseaux sociaux, intelligence artificielle...

De fait, internet est peuplé de la parole et la présence des morts.
Ne serait-ce que sur Facebook, près de 1% des profils appartiennent à des personnes décédées, ce qui en fait plus de 3 millions et leur nombre continue de croître. Des prospectivistes nous annoncent d'ailleurs plus de morts que de vivants sur Facebookpour la fin du siècle.... C'est déprimant !
Enfin, le profil de personnes décédées sert aussi à garder un contact avec soit la famille, soit les anciens amis et de sauvagarder une communauté.
Mais il arrive aussi (et Facebook l'a prévu) que le "mort" envoie des messages à ses amis ou proches... Même si ce n'est pas un tiers qui gère le compte. Sachez qu'il exite des dispositions pour organiser tout cela (même si ce n'est pas votre préocupation immédiate) et que la "mort numérique" est inscrite dans la loi française depuis le 7 octobre 2016.
Il y a aussi des sites (Eterni.me ou Laviedapres.com After-me.com ou Apreslamort.com) qui permettent de gérer différentes manières cette "résurection". Eterni.me par exemple utilise l'intelligence artificielle pour "construire" l'avatar en se basant sur tous les éléments et les interactions produits par la personne et analysés sur internet pour la cloner le plus finement possible.
D'autres possibilités, plus simples, par exemple envoyer des messages ou des photos à des moments programmés par téléphone ou par mail est également possible. 
Mais comme le dit Tanguy Chatel de l'Observatoire national de fin de vie": "Pendant un temps, les endeuillés savent que la personne est décédée, mais une partie d'eux-même veut crorie qu'elle est encore vivante."  


La banane sous la pluie - Photo: lfdd


Cela nous amène au troisième aspect qui concerne la mort dans l'art contemporain, en particulier avec l'artiste Sophie Calle dont on connait la propension à faire de sa vie une "oeuvre d'art".
Le dernier épisode en date, visible dans son exposition au Musée de la Chasse concerne la mort de son père qui a refusé jusqu'à cet événement de paraître dans l'oeuvre (la mort de la mère, avec son assentiment, ayant été filmée), ce dernier apparaît dans un épisode assez drôle, cet échange téléphonique:





Il faut se rappeler que ses premières photographies étaient des photographies de tombes, à Bolinas, en Californie.

Dernier aspect, La mort dans la chanson, avec deux exemples, le premier, 
c'est Jacques Higelin avec "Je suis mort qui, qui dit mieuxdont vous avez déjà entendu la version disque, et dont je vous offre la version "live":




Je suis mort qui, qui dit mieux 
Ben mon pauv'vieux, voilà aut'chose 
J'suis mort qui, qui dit mieux 
Mort le venin, coupée la rose 
J'ai perdu mon âme en chemin 
Qui qui la r'trouve s'la mette aux choses 
J'ai perdu mon âme en chemin
Qui qui la r'trouve la jette aux chiens.


La banane sous la pluie - Photo: lfdd


Et le deuxième est Charlotte Birkin qui va sortir son disque "Rest" bientôt et sur lequel elle chante à la fois la mort de sa soeur avec la chanson "Kate" et de son père avec "Lying with you". 

Kate - Charlotte Gainsbourg
"Tes cheveux de cendre 
Ton âme trop tendre 
Que rien ne berçait 
Tu disparaissais 
Dressée à l'alcool 
Sans qu'il te console 
Perdue à jamais /
Si seule à t'attendre 
Tiens mon cœur à fendre 
Qu'est-ce que t'en as fait? 
Crois-tu qu'on s'ressemble?
On devait vieillir ensemble.

Le disque est hanté par la mort, et je vous en offre le titre qui donne son nom à l'album : "Rest"





Et quand l'un part et que l'autre reste, cela donne une très belle chanson que je vous offre en point final:




L'un Part, L'autre Reste
Ont-ils oublié leurs promesses ? 
Au moindre rire, au moindre geste 
Les grands amours n'ont plus d'adresse
Quand l'un s'en va et l'autre reste


Bon Dimanche

La Fleur du Dimanche




mercredi 1 novembre 2017

Les Fleurs et les fantômes: Tears ain't blood but, oh, how they flow

Les larmes ne sont pas du sang, les fantômes ne sont pas des os, l'ombre n'est pas la matière, aujourd'hui nous ne célébrons pas les morts, mais en cette année qui a vu quelques proches partir, hier encore j'ai découvert le départ définitif d'une personne qui avait disparu....

La photo suivante devait compléter le sujet de l'oisiveté, mais la fleur étant déjà choisie et le sujet n'étant pas creusé, elle sera sur un sujet à la fois triste et plein d'espoir quand même - ce sera d'ailleurs une histoire sans paroles qui se conclura par une chanson:


Les Fleurs fantômes - oisiveté - photo: lfdd

Les Fleurs fantômes - Paul-Armand Gette - photo: lfdd

Les Fleurs fantômes - Iris - photo: lfdd

Les Fleurs fantômes - Emmanuelle Michaux - photo: lfdd





Bon premier novembre

Le Fleur du dimanche

dimanche 29 octobre 2017

Les Vacances: Lut(h)er - Prostester - Avoir vingt ans et devenir Vieux - avec un bouquet offert par Thomas Fehr

Les vacances ne se terminent jamais. Mais c'est déjà l'heure d'hiver et il faut penser rentrée, commémoration aussi. 
Cependant, il me reste un bouquet à vous offrir, sans TVA et chanson, de la part de Thomas Fehr. 


Bouquet - Photo : Thomas Fehr

Cela tombe bien, Thomas me fait penser à Martin Luther et me fait rebondir sur les célébrations des 500 ans de la Réforme. Je ne m'engagerai pas dans une discussion théologique, sur la réforme, ni sur le protestantisme, mais en guise de TVA, je ne ferai que deux parallèles: une citation de Luther et une de Geluck:

"Si on ne peut pas rire au paradis, je ne tiens pas à y aller"
Martin Luther

"S'il y a une autre vie après la mort, à quoi cela sert de mourir?"
Le Chat - Philippe Geluck


Et pour faire un peu plus sérieux, une deuxième citation de Martin Luther et une phrase du journal de Charles Juliet:

"Vous n'êtes pas seulement responsable de ce que vous dites, mais aussi de ce que vous ne dites pas."
Martin Luther

"Quand j'étais jeune, j'étais vieux, rongé par le travail qui s'opérait en moi, et vivre m'était une épreuve. Devenu vieux et dans le même temps jeune, je connais le bonheur de vivre, l'énergie abonde.


En guise d'illustration musicale, deux morceaux, le premier, qui parle des 20 ans: Hier Encore de Charles Aznavour, chanté par Nara Noïan:

"Hier encore, j'avais vingt ans, je caressais le temps
J'ai joué de la vie
Comme on joue de l'amour et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés
Que je reste perdu, ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre
Hier encore, j'avais vingt ans, je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir, même le devancer
Je n'ai fait que courir et me suis essoufflé
Ignorant le passé, conjuguant au futur
Je précédais de moi toute conversation
Et donnais mon avis que je voulais le bon
Pour critiquer le monde avec désinvolture
Hier encore, j'avais vingt ans mais j'ai perdu mon temps
À faire des folies
Qui me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes avant que d'exister
Mes amis sont partis et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie et mes jeunes années
Du meilleur et do pire en jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent?
À présent
Mes vingt ans" 





Puis, pour rendre un hommage à un inventeur du Rock'n'1roll, qui nous a quitté cette semaine: Fats Domino avec Jambalaya:





Il avait 89 ans et en y rajoutant dix nous arrivons à 99, le nombre de ballons - 99 Luftballons que nous chante Nena en protestation contre la guerre.



Bon Dimanche de Vacances

La Fleur du Dimanche

Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a eu comme invité(e)s les dimanches d'été:  
Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly.
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner
Dimanche 30 juillet 2017: Philippe Lutz
Dimanche  6 août 2017:    Jean Valéra
Dimanche 13 août 2017:    Dominique Haettel
Dimanche 20 août 2017:    Philippe Colignon
Dimanche 27 août 2017:    Anne-Sophie Tschiegg
Dimanche  3 septembre:    Yvonne Sprauel 
Dimanche 10 septembre:    Béatrice S.
Dimanche 17 septembre:    Monique Z.
Dimanche 24 septembre:    Cathy G.
Dimanche 1er octobre:     Mécheri Miloud
Dimanche 7 octobre :      Philippe Lepeut
Dimanche 15 octobre:      Raymond Piela
Dimanche 22 octobre:      Jean-Daniel Berclaz

dimanche 22 octobre 2017

Les Vacances de la Fleur: L'oisiveté, est l'avenir de l'Homme. C'est un Point de Vue dirait Jean-Daniel Berclaz

Les vacances ne devraient jamais se terminer. Certains m'ont reproché de prendre trop de vacances, mais je dis, ce n'est pas assez. 
J'aimerai encore vous offrir mes billets pour vos fleurs, vos textes, vos mots, vos poèmes, vos chansons...
Cependant de tous ceux - et celles - qui m'avaient promis de m'envoyer des fleurs, des poèmes et des chansons, il y en a aussi qui ont pris de longues vacances et ne m'ont envoyé qu'une partie de la liste des courses, alors, je rassemble tout cela dans mon panier et complète à ma sauce en espérant ne pas trop les trahir.  

Le premier de la liste est Jean-Daniel Berclaz, qui ne m'a envoyé qu'une photo. J'espère que le TVA et les chansons que je lui adjoins lui plairont, en tout cas l'intéresseront.

Voici sa photo:


Point de vue : Parterre de fleurs - Photo: Jean-Daniel Berclaz

Comme la thématique va tourner autour des vacances mais plutôt sous  l'angle de l'oisiveté, je vous propose une citation de La Bruyère: 

"La liberté n'est pas oisiveté; c'est un usage libre du temps, c'est le choix du travail et de l'exercice : être libre en un mot n'est pas ne rien faire, c'est être seul arbitre de ce qu'on fait ou de ce qu'on ne fait point; quel bien en ce sens que la liberté!."
La Bruyère

Et rebondis vers un livre de Tom Hodgkinson qui s'appelle "How to be Iddle" comment être oisif - et qui dans la vidéo suivant nous chante "Big Rock Candy Mountain"




One evening as the sun went down
And the jungle fires were burning,
Down the track came a hobo hiking,
And he said, "Boys, I'm not turning
I'm headed for a land that's far away
Besides the crystal fountains
So come with me, we'll go and see
The Big Rock Candy Mountains
In the Big Rock Candy Mountains,
There's a land that's fair and bright,
Where the handouts grow on bushes
And you sleep out every night.
Where the boxcars all are empty
And the sun shines every day
And the birds and the bees
And the cigarette trees
The lemonade springs
Where the bluebird sings
In the Big Rock Candy Mountains.
In the Big Rock Candy Mountains
All the cops have wooden legs
And the bulldogs all have rubber teeth
And the hens lay soft-boiled eggs
The farmers' trees are full of fruit
And the barns are full of hay
Oh I'm bound to go
Where there ain't no snow
Where the rain don't fall
The winds don't blow
In the Big Rock Candy Mountains.
In the Big Rock Candy Mountains
You never change your socks
And the little streams of alcohol
Come trickling down the rocks
The brakemen have to tip their hats
And the railway bulls are blind
There's a lake of stew
And of whiskey too
You can paddle all around it
In a big canoe
In the Big Rock Candy Mountains
In the Big Rock Candy Mountains,
The jails are made of tin.
And you can walk right out again,
As soon as you are in.
There ain't no short-handled shovels,
No axes, saws nor picks,
I'm bound to stay
Where you sleep all day,
Where they hung the jerk
That invented work
In the Big Rock Candy Mountains.
....
I'll see you all this coming fall
In the Big Rock Candy Mountains

Tom Hodgkinson qui a aussi créé une revue (il y a 50 ans) qui s'appelle "The Iddler" dit à propos de l'oisif dans Libération du 27 septembre dans une interview de Simon Blin: "Les Utopies naissent dans les livres, et puis un beau jour...":

"Un oisif est un paradoxe: c'est quelqu'un qui aime faire autre chose qu'un ambitieux. Quelqu'un qui déteste le travail mais qui loue la création: qui a des idées mais doit les transformer en chair. Les oisifs aiment lire, parler , s'asseoir dans les cafés, regarder le monde. Il y a un terme français qui décrit un oisif: "Flaneur". Un flâneur mais créateur aussi. Les oisifs sont à la fois au ralenti mais capable de travailler dans des délais très courts. Ils sont naturellement antiautoritaires."

Plus loin, il parle de la société médiévale:
"Contrairement à une idée très répandue, la société médiévale était socialement très progressiste. Le travail était organisé par le biais du système des guildes et était protégé contre la sous-cotation des prix. L'usure était presque interdite. L'esclavage a été aboli - il est revenu au XVIIème siècle. Des villes autonomes ont été créées. Ils ont ouvert des hôpitaux. Ils ont construit des cathédrales et ont fait de l'art splendide. .... A cette époque, les gens ne travaillaient pas beaucoup et disposaient de nombreux jours de congés pour les fêtes. C'est pourquoi je trouve le Moyen-Âge très intéressant. Il y a beaucoup de bonnes idées pour vivre


Et pour vous donner envie aussi vivre et de ne rien faire, voici un éventail de vidéos, extrait de film ou chansons qui devraient vous pousser à ne rien faire, juste regarder et écouter - à la rigueur, danser sur les morceaux de musique....

Pour commencer, la philosophie d'Alexandre le Bienheureux, vu par son chien:




Puis une chanson d'Anne Sylvestre, qui sonne comme du Brasens: Clémence en vacances:




Puis quelques variations sur l'oisiveté et le temps de vivre

Avec Hâl¢ir - L'Oisiveté:




BROUSSAÏ - Le Temps de Vivre:   




Et Pierre Barouh - Ça va, ça vient:




Bon Dimanche de Vacances

La Fleur du Dimanche

Rappel : La Fleur du Dimanche en vacances a eu comme invité(e)s les dimanches d'été:  
Dimanche 16 juillet 2017: Sylviane Lokay Joly.
Dimanche 23 juillet 2017: Dominique-Anne Offner
Dimanche 30 juillet 2017: Philippe Lutz
Dimanche  6 août 2017:    Jean Valéra
Dimanche 13 août 2017:    Dominique Haettel
Dimanche 20 août 2017:    Philippe Colignon
Dimanche 27 août 2017:    Anne-Sophie Tschiegg

Dimanche  3 septembre:    Yvonne Sprauel 
Dimanche 10 septembre:    Béatrice S.
Dimanche 17 septembre:    Monique Z.
Dimanche 24 septembre:    Cathy G.
Dimanche 1er octobre:     Mécheri Miloud
Dimanche 7 octobre :      Philippe Lepeut
Dimanche 15 octobre:      Raymond Piela